5. Coopération avec
les organisations de la société civile
Le Cadre d'action
de Dakar dit clairement que l'Education pour tous ne peut
être une réalité que si elle est soutenue
par un large mouvement auquel participent non seulement
les gouvernements mais aussi les " organisations de
la société civile " (OSC). Ces organisations
comprennent les ONG et les réseaux de différentes
campagnes, les syndicats d'enseignants et les organisations
religieuses, les associations communautaires et les réseaux
de recherche, les associations de parents et les organes
professionnels, les organisations d'étudiants et
les groupes de femmes. Ces organisations de base ont adopté
des méthodes et des approches mieux adaptées
aux besoins et aux conditions de vie des pauvres, en particulier
dans le domaine de l'éducation non formelle. Elles
sont donc particulièrement bien placées -
mieux que les autres partenaires de l'EPT - pour atteindre
les personnes marginalisées et exclues auxquelles
il faut offrir des possibilités d'éducation
si l'on veut pleinement réaliser les objectifs de
l'EPT.
Les OSC ont l'avantage d'être
plus souples que l'Etat, plus proches de la base et des
cultures locales et plus innovantes. Elles sont donc bien
placées pour offrir des services parallèles
là où l'Etat est absent ou ses services insuffisants,
par exemple pour l'organisation de programmes d'alphabétisation
ou la formation des compétences. Dans de nombreux
pays en développement, elles assument des responsabilités
majeures dans le fonctionnement des programmes d'éducation
non formelle.
Les approches innovantes
adoptées par de nombreuses OSC font qu'elles sont
à la source des nouvelles idées et pratiques
qui sont si importantes si l'on veut que le concept d'EPT
évolue et réponde au changement. Les OSC peuvent
aider à combler le " déficit d'idées
", en collaboration avec les autres partenaires de
l'EPT, dans des domaines tels que l'impact de la mondialisation
sur l'éducation.
Nombre d'OSC sont des critiques
perspicaces et des avocats éloquents concernant toute
une série de questions de développement. Ces
dernières années, des campagnes collectives
d'ONG ont exercé des pressions en faveur d'une éducation
gratuite et obligatoire de qualité pour les enfants
et de programmes d'éducation à l'intention
des jeunes et des adultes non scolarisés. Elles ont
aussi soulevé des questions importantes et contribué
à donner forme à l'agenda actuel de l'EPT.
Lors du Bilan de l'EPT, par exemple, une évaluation
collective par les ONG de leurs propres programmes et rôles
concernant l'EPT a montré l'efficacité des
organisations dans des domaines comme la participation communautaire,
l'autonomisation, l'alphabétisation, les écoles
communautaires, la santé génésique
et l'éducation de la petite enfance.
Les ONG ont aussi apporté
d'utiles contributions au Cadre d'action de Dakar, et les
participants du Forum de Dakar se sont engagés à
" faire en sorte que la société civile
s'investisse activement dans la formulation, la mise en
oeuvre et le suivi de stratégies de développement
de l'éducation. "
Exemples d'actions de
la société civile dans différents pays
De multiples exemples montrent
comment les organisations de la société civile
ont apporté à l'EPT le type de contributions
décrit ci-dessus. En Zambie, par exemple, le People's
Action Forum, ONG à base rurale, a collaboré
avec d'autres organisations pour diffuser des informations
sur les résultats de Dakar à d'autres partenaires
et au public. Il a aussi joué un rôle pré-pondérant
dans la création de la Coalition des OSC zambiennes
pour l'éducation nationale. Aux Philippines, l'Education
Network (E-Net) a été créé pour
trouver une solution au défaut flagrant de participation
à l'EPT des parents, des communautés et des
organisations de la société civile. Il a constitué
une " grande alliance " avec les organisations
partenaires qui cherchent à apporter une contribution
aux plans gouvernementaux.
Maintenant que la société
civile est reconnue comme un atout essentiel pour réaliser
l'EPT, et que sa participation à l'élaboration
des politiques est inscrite dans le Cadre d'action de Dakar,
il faut faire en sorte que ces alliances puissent devenir
une réalité au niveau des pays. Dans certains
pays, il se peut que les OSC aient très peu de latitude
pour s'engager pleinement dans Coopération avec les
organisations de la société civile Le Cadre
d'action de Dakar dit clairement que l'Education pour tous
ne peut être une réalité que si elle
est soutenue par un large mouvement auquel participent non
seulement les gouvernements mais aussi les " organisations
de la société civile " (OSC). Ces organisations
comprennent les ONG et les réseaux de différentes
campagnes, les syndicats d'enseignants et les organisations
religieuses, les associations communautaires et les réseaux
de recherche, les associations de parents et les organes
professionnels, les organisations d'étudiants et
les groupes de femmes. Ces organisations de base ont adopté
des méthodes et des approches mieux adaptées
aux besoins et aux conditions de vie des pauvres, en particulier
dans le domaine de l'éducation non formelle. Elles
sont donc particulièrement bien placées -
mieux que les autres partenaires de l'EPT - pour atteindre
les personnes marginalisées et exclues auxquelles
il faut offrir des possibilités d'éducation
si l'on veut pleinement réaliser les objectifs de
l'EPT. l'EPT, et les autorités ont besoin d'être
encouragées à mettre en place des processus
politiques plus démocratiques et plus ouverts. Il
faut des systèmes qui établissent des principes
permettant de déterminer qui a qualité pour
représenter qui dans le dialogue entre société
civile et gouvernement, et comment le rôle de la société
civile s'insère dans les structures électorales
et démocratiques existantes.
Réseaux de la
société civile
Les réseaux de la
société civile existant aux niveaux régional
et national ont été renforcés et de
nouveaux réseaux ont été créés.
En juillet 2001, la réunion annuelle de la Consultation
collective des ONG sur l'EPT s'est tenue à Bangkok,
où une centaine de représentants de toutes
les régions du monde sont convenus de mettre sur
pied un nouveau mécanisme de partenariat pour l'EPT
afin d'améliorer le dialogue, la réflexion
commune, la recherche, le renforcement des capacités,
le suivi et l'évaluation. Les participants ont débattu
des moyens de susciter et d'élargir la consultation
avec la société civile.
Des réseaux régionaux
et nationaux de la société civile ont été
créés ou renforcés ; leur développement
a été soutenu par des ONG internationales
comme Action Aid. La Campagne du Réseau africain
et le Bureau de l'Asie et du Pacifique Sud pour l'éducation
des adultes sont des exemples d'organisations qui développent
la capacité des ONG/OSC.
La Campagne mondiale
pour l'éducation
En octobre 1999, une large
coalition d'ONG de développement et de syndicats
d'enseignants ont uni leurs forces pour lancer la "
Campagne mondiale pour l'éducation ". Cette
coalition réunit des organisations travaillant dans
plus de cent pays, dont Oxfam International, l'Internationale
de l'éducation et la Marche mondiale contre le travail
des enfants, Action Aid et des dizaines de coalitions nationales
d'ONG dans les pays en développement.
La Campagne mondiale pour
l'éducation mène une action de promotion de
l'éducation comme droit fondamental de la personne
humaine et mobilise l'opinion publique pour qu'elle fasse
pression sur les gouvernements et la communauté inter-nationale
afin qu'ils offrent, comme ils s'y sont engagés,
une éducation de base publique obligatoire à
tous, et en particulier aux enfants, aux femmes et à
" tous les groupes défavorisés, démunis,
de la population. "
Depuis Dakar, cette coalition
a conduit la revendication par la société
civile d'un accroissement des ressources consacrées
à l'EPT en continuant à faire pression sur
l'UNESCO et d'autres institutions en faveur de cet objectif.
Une réunion tenue à New Delhi en février
2000 a rassemblé quelque 150 participants qui se
sont dits fortement préoccupés par la lenteur
de la communauté internationale à trouver
de nouvelles ressources et à prendre de nouvelles
initiatives pour faire avancer la mise en oeuvre du Cadre
d'action de Dakar. Ils ont aussi appelé l'UNESCO
à accélérer les efforts visant à
assurer l'élaboration des plans nationaux d'EPT.
Réseaux régionaux
Des ONG internationales comme Action Aid se sont donné
comme priorité de soutenir le développement
des réseaux de la société civile. Des
réseaux régionaux comme la Campagne du Réseau
africain sur l'EPT ont été établis
dans le but de ren-forcer les capacités de la société
civile et des ONG ainsi que de suivre la mise en oeuvre
de l'EPT. En Asie, le Bureau de l'Asie et du Pacifique Sud
pour l'éducation des adultes, qui existe depuis longtemps,
a étendu son réseau depuis Dakar. Les réseaux
d'Amérique latine ont également continué
à se développer. Dans toutes les régions,
la constitution de réseaux thématiques spécifiques
entre OSC et ONG a progressé.
Réseaux nationaux
Des réseaux de la
société civile et des ONG consacrés
à l'EPT ont été créés
dans 24 pays d'Afrique. Les réseaux nationaux existants
d'Asie et du Pacifique ont rehaussé leur profil -
le Bangladesh, les Philippines et Fidji offrant à
cet égard des exemples remarquables. Ces évolutions
aux niveaux national et régional sont importantes
pour deux raisons. D'abord, la coordination et la coopération
entre ONG n'étaient pas, auparavant, en tête
de l'agenda de la société civile. Ensuite,
particulièrement en Afrique, le secteur des ONG a
dans de nombreux pays été notablement renforcé,
tant du point de vue du champ de ses activités que
de celui de sa confiance en lui-même, grâce
aux réseaux créés à la suite
de Dakar. Ces nouveaux réseaux, plus puissants, donneront
à la société civile un profil plus
visible et plus reconnaissable et permettront d'exprimer
les positions communes de ceux qui composent la société
civile.