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Rapport de suivi sur l'éducation pour tous, 2001


5. Coopération avec les organisations de la société civile

Le Cadre d'action de Dakar dit clairement que l'Education pour tous ne peut être une réalité que si elle est soutenue par un large mouvement auquel participent non seulement les gouvernements mais aussi les " organisations de la société civile " (OSC). Ces organisations comprennent les ONG et les réseaux de différentes campagnes, les syndicats d'enseignants et les organisations religieuses, les associations communautaires et les réseaux de recherche, les associations de parents et les organes professionnels, les organisations d'étudiants et les groupes de femmes. Ces organisations de base ont adopté des méthodes et des approches mieux adaptées aux besoins et aux conditions de vie des pauvres, en particulier dans le domaine de l'éducation non formelle. Elles sont donc particulièrement bien placées - mieux que les autres partenaires de l'EPT - pour atteindre les personnes marginalisées et exclues auxquelles il faut offrir des possibilités d'éducation si l'on veut pleinement réaliser les objectifs de l'EPT.

Les OSC ont l'avantage d'être plus souples que l'Etat, plus proches de la base et des cultures locales et plus innovantes. Elles sont donc bien placées pour offrir des services parallèles là où l'Etat est absent ou ses services insuffisants, par exemple pour l'organisation de programmes d'alphabétisation ou la formation des compétences. Dans de nombreux pays en développement, elles assument des responsabilités majeures dans le fonctionnement des programmes d'éducation non formelle.

Les approches innovantes adoptées par de nombreuses OSC font qu'elles sont à la source des nouvelles idées et pratiques qui sont si importantes si l'on veut que le concept d'EPT évolue et réponde au changement. Les OSC peuvent aider à combler le " déficit d'idées ", en collaboration avec les autres partenaires de l'EPT, dans des domaines tels que l'impact de la mondialisation sur l'éducation.

Nombre d'OSC sont des critiques perspicaces et des avocats éloquents concernant toute une série de questions de développement. Ces dernières années, des campagnes collectives d'ONG ont exercé des pressions en faveur d'une éducation gratuite et obligatoire de qualité pour les enfants et de programmes d'éducation à l'intention des jeunes et des adultes non scolarisés. Elles ont aussi soulevé des questions importantes et contribué à donner forme à l'agenda actuel de l'EPT. Lors du Bilan de l'EPT, par exemple, une évaluation collective par les ONG de leurs propres programmes et rôles concernant l'EPT a montré l'efficacité des organisations dans des domaines comme la participation communautaire, l'autonomisation, l'alphabétisation, les écoles communautaires, la santé génésique et l'éducation de la petite enfance.

Les ONG ont aussi apporté d'utiles contributions au Cadre d'action de Dakar, et les participants du Forum de Dakar se sont engagés à " faire en sorte que la société civile s'investisse activement dans la formulation, la mise en oeuvre et le suivi de stratégies de développement de l'éducation. "

Exemples d'actions de la société civile dans différents pays

De multiples exemples montrent comment les organisations de la société civile ont apporté à l'EPT le type de contributions décrit ci-dessus. En Zambie, par exemple, le People's Action Forum, ONG à base rurale, a collaboré avec d'autres organisations pour diffuser des informations sur les résultats de Dakar à d'autres partenaires et au public. Il a aussi joué un rôle pré-pondérant dans la création de la Coalition des OSC zambiennes pour l'éducation nationale. Aux Philippines, l'Education Network (E-Net) a été créé pour trouver une solution au défaut flagrant de participation à l'EPT des parents, des communautés et des organisations de la société civile. Il a constitué une " grande alliance " avec les organisations partenaires qui cherchent à apporter une contribution aux plans gouvernementaux.

Maintenant que la société civile est reconnue comme un atout essentiel pour réaliser l'EPT, et que sa participation à l'élaboration des politiques est inscrite dans le Cadre d'action de Dakar, il faut faire en sorte que ces alliances puissent devenir une réalité au niveau des pays. Dans certains pays, il se peut que les OSC aient très peu de latitude pour s'engager pleinement dans Coopération avec les organisations de la société civile Le Cadre d'action de Dakar dit clairement que l'Education pour tous ne peut être une réalité que si elle est soutenue par un large mouvement auquel participent non seulement les gouvernements mais aussi les " organisations de la société civile " (OSC). Ces organisations comprennent les ONG et les réseaux de différentes campagnes, les syndicats d'enseignants et les organisations religieuses, les associations communautaires et les réseaux de recherche, les associations de parents et les organes professionnels, les organisations d'étudiants et les groupes de femmes. Ces organisations de base ont adopté des méthodes et des approches mieux adaptées aux besoins et aux conditions de vie des pauvres, en particulier dans le domaine de l'éducation non formelle. Elles sont donc particulièrement bien placées - mieux que les autres partenaires de l'EPT - pour atteindre les personnes marginalisées et exclues auxquelles il faut offrir des possibilités d'éducation si l'on veut pleinement réaliser les objectifs de l'EPT. l'EPT, et les autorités ont besoin d'être encouragées à mettre en place des processus politiques plus démocratiques et plus ouverts. Il faut des systèmes qui établissent des principes permettant de déterminer qui a qualité pour représenter qui dans le dialogue entre société civile et gouvernement, et comment le rôle de la société civile s'insère dans les structures électorales et démocratiques existantes.

Réseaux de la société civile

Les réseaux de la société civile existant aux niveaux régional et national ont été renforcés et de nouveaux réseaux ont été créés. En juillet 2001, la réunion annuelle de la Consultation collective des ONG sur l'EPT s'est tenue à Bangkok, où une centaine de représentants de toutes les régions du monde sont convenus de mettre sur pied un nouveau mécanisme de partenariat pour l'EPT afin d'améliorer le dialogue, la réflexion commune, la recherche, le renforcement des capacités, le suivi et l'évaluation. Les participants ont débattu des moyens de susciter et d'élargir la consultation avec la société civile.

Des réseaux régionaux et nationaux de la société civile ont été créés ou renforcés ; leur développement a été soutenu par des ONG internationales comme Action Aid. La Campagne du Réseau africain et le Bureau de l'Asie et du Pacifique Sud pour l'éducation des adultes sont des exemples d'organisations qui développent la capacité des ONG/OSC.

La Campagne mondiale pour l'éducation

En octobre 1999, une large coalition d'ONG de développement et de syndicats d'enseignants ont uni leurs forces pour lancer la " Campagne mondiale pour l'éducation ". Cette coalition réunit des organisations travaillant dans plus de cent pays, dont Oxfam International, l'Internationale de l'éducation et la Marche mondiale contre le travail des enfants, Action Aid et des dizaines de coalitions nationales d'ONG dans les pays en développement.

La Campagne mondiale pour l'éducation mène une action de promotion de l'éducation comme droit fondamental de la personne humaine et mobilise l'opinion publique pour qu'elle fasse pression sur les gouvernements et la communauté inter-nationale afin qu'ils offrent, comme ils s'y sont engagés, une éducation de base publique obligatoire à tous, et en particulier aux enfants, aux femmes et à " tous les groupes défavorisés, démunis, de la population. "

Depuis Dakar, cette coalition a conduit la revendication par la société civile d'un accroissement des ressources consacrées à l'EPT en continuant à faire pression sur l'UNESCO et d'autres institutions en faveur de cet objectif. Une réunion tenue à New Delhi en février 2000 a rassemblé quelque 150 participants qui se sont dits fortement préoccupés par la lenteur de la communauté internationale à trouver de nouvelles ressources et à prendre de nouvelles initiatives pour faire avancer la mise en oeuvre du Cadre d'action de Dakar. Ils ont aussi appelé l'UNESCO à accélérer les efforts visant à assurer l'élaboration des plans nationaux d'EPT.

Réseaux régionaux

Des ONG internationales comme Action Aid se sont donné comme priorité de soutenir le développement des réseaux de la société civile. Des réseaux régionaux comme la Campagne du Réseau africain sur l'EPT ont été établis dans le but de ren-forcer les capacités de la société civile et des ONG ainsi que de suivre la mise en oeuvre de l'EPT. En Asie, le Bureau de l'Asie et du Pacifique Sud pour l'éducation des adultes, qui existe depuis longtemps, a étendu son réseau depuis Dakar. Les réseaux d'Amérique latine ont également continué à se développer. Dans toutes les régions, la constitution de réseaux thématiques spécifiques entre OSC et ONG a progressé.

Réseaux nationaux

Des réseaux de la société civile et des ONG consacrés à l'EPT ont été créés dans 24 pays d'Afrique. Les réseaux nationaux existants d'Asie et du Pacifique ont rehaussé leur profil - le Bangladesh, les Philippines et Fidji offrant à cet égard des exemples remarquables. Ces évolutions aux niveaux national et régional sont importantes pour deux raisons. D'abord, la coordination et la coopération entre ONG n'étaient pas, auparavant, en tête de l'agenda de la société civile. Ensuite, particulièrement en Afrique, le secteur des ONG a dans de nombreux pays été notablement renforcé, tant du point de vue du champ de ses activités que de celui de sa confiance en lui-même, grâce aux réseaux créés à la suite de Dakar. Ces nouveaux réseaux, plus puissants, donneront à la société civile un profil plus visible et plus reconnaissable et permettront d'exprimer les positions communes de ceux qui composent la société civile.