3. Etat actuel de la planification
pour l'EPT
Comme on l'a déjà
noté, les éléments de base des progrès
de l'EPT sont les plans d'action nationaux élaborés
par chaque pays. Il importe toutefois de souligner que les
plans nationaux ne sont qu'une petite partie du processus
de réalisation de l'EPT. Etant donné qu'on
ne dispose à ce jour que d'informations limitées
sur les progrès accomplis par les différents
pays, le présent rapport sera centré sur les
progrès de la planification. Les futurs rapports
contiendront davantage d'informations sur les processus
nationaux, y compris des descriptions des travaux de divers
partenariats.
Tous les pays incluent les
objectifs de l'EPT dans leur planification nationale et
leurs consultations autour de l'EPT. Il faut qu'il en soit
ainsi même lorsque les plans nationaux sont, pour
ce qui est des éléments de base, antérieurs
au Cadre d'action de Dakar. Le processus de réflexion
sur la façon dont les objectifs nationaux se relient
aux objectifs de l'EPT est plus important que le document
lui-même.
En invitant les pays "
à définir des plans d'action nationaux ou
à renforcer ceux qui existent déjà
avant 2002 au plus tard ", le Cadre d'action spécifie
les normes et conditions que doit respecter l'élaboration
de ces plans. Il souligne que ceux-ci doi-vent être
articulés aux Bilans communs de pays et aux Plans-cadres
de Nations-Unies. Ils doivent aussi, entre autres :
- être définis
avec le concours d'un large éventail de parties prenantes
de l'éducation, y compris les organisations de la
société civile ;
- être coordonnés avec les plans nationaux
de développement ;
- être reliés aux objectifs et stratégies
retenus à Dakar ;
- comporter des dispositions relatives au suivi des progrès
de l'EPT.
Actualisation des informations
sur les actions au niveau national
La finalisation des plans
d'action nationaux pour 2002 au plus tard représente
un repère initial important en vertu du Cadre d'action
de Dakar pour ce qui est de la réalisation de l'objectif
de l'EPT. C'est pourquoi, en vue de déterminer l'état
actuel de la préparation des plans et d'identifier
les domaines clés devant bénéficier
d'un soutien technique, l'UNESCO a entrepris en mai 2001
une enquête par questionnaire au niveau national,
enquête menée par l'intermédiaire des
représentants hors siège de l'UNESCO et d'autres
institutions partenaires de l'EPT, notamment les Centres
d'information des Nations Unies (UNIC). En septembre 2001,
66 pays et territoires avaient répondu au questionnaire.
On trouvera ci-après un résumé de ces
réponses.
Création de forums
nationaux sur l'EPT
L'enquête montre que
des efforts notables ont été faits dans de
nombreux pays et que des initiatives innovantes ont été
prises au niveau des régions. La majorité
des pays en développement ont mis en place des organes
et mécanismes institutionnels appropriés pour
l'élaboration et le suivi de plans d'éducation
aidant à réaliser les objectifs de l'EPT.
Sur les 66 pays qui ont répondu, 45 (68 %) ont indiqué
qu'ils avaient déjà créé des
forums sur l'EPT ou des organes similaires tandis que 21
(32 %) ne l'avaient pas encore fait.
Rédaction de plans
d'action nationaux
Selon l'enquête, il
existe déjà dans la plupart des pays un plan
de développement de l'éducation. Quarante
et un des 66 pays (62 %) ont indiqué l'existence
d'un plan et 18 (27 %) ont dit qu'ils étaient en
train d'en élaborer un. Sept pays seulement (11 %)
ont déclaré ne pas en avoir. Trente-neuf des
41 plans avaient été élaborés
avant le Forum de Dakar, dans quelques cas plus de 10 ans
avant.
Données sur la
coopération avec la société civile
Une sérieuse lacune
des rapports actuels sur les progrès de l'EPT est
qu'ils n'indiquent pas combien de pays ont associé
les syndicats d'enseignants, les ONG et les autres représentants
de la société civile à leurs processus
de planification. Pour évaluer les progrès
accomplis, il est important de déterminer non seulement
dans quelle mesure les gouvernements ont sollicité
la coopération de la société civile
pour la rédaction de leurs plans mais aussi s'ils
ont cherché à faire appel aux représentants
des parties prenantes les plus importantes hors de la sphère
gouvernementale. Mettre au point un mécanisme pour
suivre la coopération avec la société
civile devrait être une priorité de la collecte
des données à l'avenir.
Qualité
variable des plans nationaux
La qualité des plans
nationaux existants décrits ci-dessus est très
variable. Le fait que beaucoup de ces plans de développement
de l'éducation ne sont pas conformes aux principes
de base énoncés dans le Cadre d'action de
Dakar pour l'élaboration des plans d'action nationaux
est une cause majeure de réoccupation.
Plus précisément :
- Beaucoup de ces plans n'ont
pas été élaborés selon le processus
EPT de large consultation des parties prenantes.
- Une certaine confusion
continue à régner dans certains pays, dont
les gouvernements considèrent les plans relatifs
à l'EPT comme des documents axés sur les bailleurs
de fonds, ayant en vue la mobilisation de ressources externes.
Ils ne les envisagent pas comme des plans nationaux à
élaborer avec la participation de toutes les parties
prenantes en vue de la mobilisation et de l'utilisation
rationnelle de toutes les res-sources, internes comme externes.
- Certains gouvernements
ont institué des forums parallèles pour la
formulation de leur plan EPT, avec pour résultat
l'existence de deux plans. Lorsque les pays disposent déjà
d'un plan, l'idée est d'y incorporer les objectifs
de l'EPT plu-tôt que de créer un nouveau plan.
Peu nombreux sont, parmi
les 41 pays, ceux qui ont indiqué avoir élaboré
des plans répondant aux critères de l'EPT
: ce qui fait défaut à leurs plans, c'est
non seulement une analyse sectorielle et des énoncés
des politiques adoptées qui soient fondés
sur des données empiriques et statistiques mais aussi
des plans d'action détaillés en vue de la
réalisation des objectifs de l'EPT sur une certaine
période en fonction des capacités et des caractéristiques
des pays.
Sur les 41 pays dotés
de plans, 29 (71 %) ont indiqué que leur plan englobait
tous les sous-secteurs de l'EPT et 12 (29 %) que tel n'était
pas le cas. De plus, 34 (83 %) ont indiqué que leur
plan couvrait tous les groupes cibles de l'EPT et 7 (17
%) que tel n'était pas le cas.
Les réponses révèlent
que la moitié des plans n'ont pas dépassé
le stade de la formulation des politiques et ne sont donc
pas encore tout à fait des plans d'action. Dans 31
des 39 pays où il existe un plan de développement
de l'éducation, les gouvernements disent qu'ils vont
le réajuster pour l'adapter aux objectifs de l'EPT,
ce qui veut dire que 58 (88 %) des 66 pays ayant répondu
doivent encore mettre au point leur plan ou, l'ajuster aux
plans de développment en fonction des objectifs de
l'EPT.
Mesures de suivi
A moins 48 des 66 pays ne
paraissent pas disposer de capacités fiables pour
rassembler, traiter et/ou analyser les données en
vue d'élaborer des plans d'EPT. De plus, dans la
majorité des pays, les systèmes d'information
sur l'éducation qui sont indispensables pour fournir
les données et informations nécessaires à
l'EPT sont, semble-t-il, faibles et auraient besoin d'être
améliorés du point de vue de la collecte,
de l'analyse ou de l'utili-sation
des données.
La plupart des pays en développement
ont indiqué qu'ils auraient besoin d'un soutien méthodologique
et technique pour élaborer des plans d'EPT ou renforcer
les plans existants. Plus précisément, 55
(83 %) des pays ayant répondu au questionnaire ont
indiqué qu'ils ont besoin d'un soutien tandis que
sept seulement (11 %) ont dit pouvoir se passer de soutien.
Quatre pays (6 %) n'ont pas répondu à cette
question.
En résumé,
il est clair que la plupart des pays doivent revoir leurs
plans ou les élaborer en conformité avec les
critères de l'EPT, et que la plupart ont besoin d'une
aide pour y parvenir.
Renforcement des capacités
Les problèmes décrits
plus haut semblent montrer qu'il faudrait d'urgence concevoir
et monter une sérieuse stratégie de coopération
afin que les institutions puissent fournir le soutien technique
et financier requis aux fins de l'élaboration et
de l'ajustement des plans. Cette stratégie devrait
se fonder sur les avantages comparatifs et les capacités
respectives des institutions partenaires - nationales, régionales
et mondiales - en vue d'accroître l'efficacité
et l'efficience du soutien. Cette aide doit revêtir
deux formes : soutien technique et aide financière.
Soutien technique
Les 55 pays demandant un
soutien extérieur ont spécifié les
besoins suivants :
Organisation des forums nationaux
sur l'EPT 17
Données et système d'information 34
Analyse sectorielle et évaluation des politiques
23
Formulation d'une nouvelle politique d'éducation
17
Etudes sur certains aspects de l'éducation 36
Techniques de simulation des politiques 31
Dépenses et financement de l'éducation 33
Cadre macroéconomique 31
Suivi et évaluation 37
Organisation de tables rondes des bailleurs de fonds 32
Aide financière
Des arrangements de coordination
entre les bailleurs de fonds concernant les soutiens financiers
ont déjà été mis en place dans
certains pays comme le Maroc et le VietNam. Des arrangements
similaires pourraient être conclus dans tous les pays
bénéficiaires d'un appui pour l'élaboration
des plans d'EPT. Il est suggéré, entre autres,
de désigner comme point focal le représentant
d'un bureau de l'UNESCO ou d'une autre agence de développement,
qui consulterait les autorités nationales compétentes
pour évaluer l'ampleur du travail ainsi que la nature
et le coût des services à fournir pour le mener
à bien.
Informations actualisées
sur les actions au niveau régional
Sous la direction de l'UNESCO,
un certain nombre de mécanismes sont mis en place
pour coordonner l'identification des besoins, la collecte
des fonds, l'aide aux pays pour l'élaboration des
plans d'action nationaux, le renforcement des capacités
des ministres de l'éducation, etc. Nombre de régions
ont rendu compte des progrès réalisés
à cet égard.
Afrique subsaharienne
Il est hors de
doute que les 46 pays d'Afrique subsaharienne doivent relever
certains des plus formidables défis pour atteindre
les objectifs de l'EPT. Des problèmes comme l'ampleur
de la pauvreté, les pressions de la croissance démographique
et le lourd poids de la dette y sont aggravés par
l'instabilité politique, les conflits armés
et la pandémie du VIH/sida, entre autres.
Les pays de la région
se sont engagés à collaborer entre eux et
dans le cadre de divers partenariats pour réaliser
les objectifs de l'EPT. Quarante-cinq des ces 46 pays ont
désigné des coordonnateurs nationaux de l'EPT
et ils ont promis de " mobiliser toutes les parties
prenantes et tous les partenaires et gouvernements "
afin de veiller à ce que chaque pays ait finalisé
son plan d'action national d'ici à septembre 2002.
Le plan demande une synthèse régionale qui
sera approuvée par les ministres africains de l'éducation
en décembre 2002.
Un plan d'action régional
participatif pour l'EPT a été rédigé
et examiné avec le concours de nombreux organismes
qui patronnent l'EPT. La mise en réseau et les consultations
régionales ont été menées avec
les ONG et les partenaires bilatéraux et multilatéraux
et des mémorandums d'accord ont été
conclu avec divers organismes des Nations Unies au sujet
de la mobilisation des ressources. Le bureau régional
de l'UNESCO à Dakar, Sénégal (BREDA)
a participé à de nombreuses réunions
nationales, régionales et internationales et a dressé
une liste d'experts régionaux. Un soutien technique
a aussi été proposé pour l'élaboration
des plans nationaux.
Etats arabes
L'amélioration de
la qualité de l'éducation est une priorité
de la plupart des Etats arabes, et la majorité des
20 pays de la région ont entrepris des réformes
de l'éducation durant les années 90. Au moins
la moitié ont fait de l'EPT un point focal de ces
réformes et institué un Forum de l'EPT sous
une forme ou une autre.
Dans un certain nombre de
cas, les plans de réforme existants, dont certains
étaient antérieurs au Cadre d'action de Dakar,
sont actuellement mis à jour de façon à
inclure les objectifs de l'EPT en général
et les stratégies du Cadre d'action en particulier.
Beaucoup d'Etats arabes ont identifié l'amélioration
de l'éducation des filles et la promotion de la protection
et de l'éducation de la petite enfance comme deux
domaines prioritaires importants de leur développement
socio-économique.
Les pays de la région
disent qu'ils ont besoin d'un soutien financier, notamment
d'un allègement de leur dette, pour être en
mesure d'honorer leur engagement concernant l'EPT. La plupart
indiquent aussi qu'il leur faudrait améliorer sur
les plans méthodologique et technique leurs systèmes
d'information, surtout pour ce qui est de la collecte et
de l'analyse des données, et obtenir une aide en
matière de suivi et d'évaluation. Pareil soutien
est déjà fourni dans cer-tains pays par les
organismes des Nations Unies et les ONG internationales.
Asie et Pacifique
Les activités régionales
les plus vigoureuses à l'appui de l'EPT ont été
menées en Asie du Sud-Est/Asie orientale où
un forum sous-régional a été constitué
avec de nombreux partenaires bilatéraux et multilatéraux.
Des réunions annuelles des coordonnateurs nationaux
de l'EPT ont été organisées en collaboration
avec un groupe de travail technique de la Commission économique
et sociale des Nations Unies pour l'Asie et le Pacifique
(CESAP) sur l'EPT. La plupart des pays de la sous-région
ont affiné les plans d'éducation de base existants,
et certains les ont étroitement articulés
avec les plans concernant l'ensemble du secteur de l'éducation.
Des mécanismes et procédures de planification
détaillés sont en place dans la plupart des
pays, encore qu'ils ne s'accompagnent pas de l'existence
de forums nationaux ou d'une large participation de la société
civile.
Asie du Sud
La décision de créer
un forum sous-régional a été prise
à une réunion interministérielle en
avril 2001. Des projets de plans d'action nationaux ont
été présentés par tous les pays
à la réunion interministérielle d'avril
mais il a été estimé que la participation
des ONG avait été insuffisante et que les
principaux partenaires de l'EPT n'avaient pas joué
un rôle actif dans ce processus. La plupart des pays
ont constitué un Groupe de sou-tien technique de
l'EPT et la formation d'un forum régional de l'EPT
pour les pays d'Asie du Sud est attendue. Le Pakistan a
été choisi pour accueillir la prochaine réunion
ministérielle de l'Asie du Sud en 2003. Des activités
sous-régionales sont actuellement mises en place
dans les domaines de l'élaboration des programmes
d'enseignement, des résultats scolaires, du suivi
des progrès de l'EPT et de l'éducation non
formelle.
Des tables rondes nationales
sur l'EPT ont été organisées dans la
plupart des pays d'Asie centrale/Caucase et un forum tour-nant
sur l'EPT rassemblant cinq pays doit être établi
en octobre. Des réunions sous-régionales et
nationales ont été organisées sur le
suivi des résultats de l'apprentissage, l'action
à mener pour atteindre les exclus, l'éducation
non formelle, le sida et d'autres sujets. Une étroite
collaboration est assurée avec l'UNICEF et les ONG
nationales et internationales. Dans le cadre du suivi de
l'EPT, un projet d'élaboration de manuels scolaires
d'une durée de deux ans est exécuté
depuis mai 2000 au Tadjikistan.
Des plans d'action nationaux
ont été finalisés dans 13 pays du Pacifique.
La tâche a été facilitée par
un fort sentiment d'identité régionale et
de coopération, mais la participation de l'ensemble
des partenaires de l'EPT est insuffisante. Les gouvernements
attendent maintenant le soutien promis dans le Cadre d'action
de Dakar.
Les ONG et les organisations
de la société civile de la région Asie-Pacifique
sont de plus en plus désireuses de s'associer à
l'EPT mais ce désir n'est pas toujours récompensé
par les encouragements des gouvernements. La réalité
de l'encouragement à la planification de l'EPT dépend
de la solidité de l'engagement des bailleurs de fonds
mais un travail important a été fait aux Philippines
non seulement par les bailleurs de fonds mais aussi par
les organisations de la société civile, dont
les ONG. Un des problèmes à surmonter est
le défaut de mécanismes ou de critères
objectifs - à l'échelon national ou régional
- pour déterminer la crédibilité des
plans d'action nationaux en vue d'obtenir davantage de ressources
financières.
Amérique latine
et Caraïbes
La plupart des pays latino-américains
disposent déjà de leurs plans d'éducation,
et les réformes de l'éducation menées
dans les années 90 restent en place. Si les plans
de certains pays ne se réfèrent pas au Cadre
d'action de Dakar ou ne le prennent pas en compte, d'autres
pays demandent un soutien extérieur pour adapter
les leurs au Cadre d'action. Généralement,
les pays manifestent un plus ou moins grand intérêt
pour l'élaboration des plans d'EPT. Le Plan d'action
des Caraïbes pour l'EPT (2000-2015) est en rapport
avec les préoccupations spécifiques de cette
sous-région, dont certains pays ne ressentent pas
la nécessité de plans d'action nationaux.
Bien que les gouvernements
continuent d'accorder une grande importance à l'éducation,
l'EPT, ou le suivi de Dakar, ne béné-ficie
pas en soi d'un grand enthousiasme et tend à être
consi-dérée comme un des différents
programmes internationaux ou régionaux similaires
en concurrence qui viennent de l'extérieur. C'est
pourquoi, en termes de stratégie, les activités
de suivi de Dakar devraient être promues dans des
contextes plus larges ayant une spécificité
régionale. Le Cadre d'action de Dakar inclut six
cadres régionaux que l'on est en train de revoir
et d'adapter aux besoins des différentes régions.
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Etablir
la crédibilité des plans nationaux
La qualité des
plans nationaux d'EPT conditionne de manière
fondamentale leur crédibilité auprès
des institutions nationales comme internationales.
Cette qualité est subordonnée aux
conditions suivantes :
Il faut un processus
de planification de l'éducation qui soit pleinement
participatif. Ce processus doit inclure les grandes
institutions de la société civile afin
de garantir l'appropriation du processus de réforme
de l'éducation par l'ensemble de la nation.
Les plans doivent être complets, c'est-à-dire
englober les six objectifs de l'EPT adoptés
à Dakar ainsi que les questions sur lesquelles
portent les programmes phares (voir chapitre 4).
Les plans d'EPT doivent être directement reliés
aux plans na-tionaux de lutte contre la pauvreté.
L'éducation est, après tout, l'instrument
le plus puissant de cette lutte. Il est essentiel
que les plans d'EPT soient réalisables. Il
faut qu'il soit possible de les mettre en oeuvre dans
un environ-nement financier et institutionnel prévisible
et compte tenu des ressources humaines disponibles.
L'établissement des plans d'EPT n'est pas une
simple opéra-tion technique. Les pays ont besoin
de lancer une campagne de soutien public qui soit
à la mesure de l'importance de l'EPT pour leur
avenir. Cela implique une action permanente de sensibilisation
et de promotion de haut niveau et des ac-tivités
de relations publiques et de communication propres
à convaincre ceux qui en sont la cible.
Les pays doivent faire en sorte que chaque domaine
visé par l'EPT soit doté d'indicateurs,
de cibles et de mesures de la qualité. Il faut
que soient prévus les moyens de garantir l'ob-tention
des informations de base et de rendre pleinement compte
des résultats à chaque étape
de la mise en oeuvre des plans nationaux.
Les structures
régionales peuvent aussi jouer un rôle
impor-tant dans l'établissement et l'affirmation
de la crédibilité des plans nationaux.
Le respect des critères énoncés
ci-dessus place très haut la barre de ce qui
est exigé sur le plan de la gestion mais, en
l'occurrence, les nations forgent la clé qui
peut leur ouvrir la porte d'un développement
durable, d'une plus grande pros-périté,
d'un environnement culturel plus riche et d'une co-hésion
sociale plus étroite. Des objectifs aussi vitaux
ne sau-raient être atteints aisément,
mais ils sont réalisables pourvu qu'ils deviennent
la priorité de chaque nation.
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