ANNEXE V Allocution de M. Federico Mayor, directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO)
Monsieur le Président de la République fédérale d'Allemagne,
Madame le Premier ministre de la République populaire du Bangladesh,
Madame la Présidente du Bundestag,
Monsieur le Maire de la Ville libre et hanséatique de Hambourg,
Excellences, chers collègues, Mesdames, Messieurs,
En temps de crise - disait Albert Einstein - une seule chose compte plus que le savoir : l'imagination. L'éducation en général, et l'éducation des adultes en particulier, est un domaine où plus qu'ailleurs il faut savoir faire preuve d'imagination, savoir innover. Je vous invite à réaffirmer votre attachement à l'éducation pour tous. Je vous engage à faire preuve d'audace dans vos conceptions et vos recommandations afin que la Conférence de Hambourg puisse faire date dans l'histoire de l'éducation.
Soyez les bienvenus à Hambourg et à cette séance
inaugurale de la cinquième Conférence internationale
sur l'éducation des adultes. Que la présente réunion
ait lieu dans cette ville moderne et dynamique qui, aujourd'hui
comme hier, est un grand centre d'échanges et de coopération
à l'échelle internationale, me paraît particulièrement
approprié. Depuis la dernière Conférence,
tenue sur le même thème à Paris en 1985, la
situation mondiale
- culturelle, politique, économique et sociale - a
radicalement changé. Nous vivons en réalité
déjà dans un autre siècle, même si
cela n'apparaît pas encore dans le calendrier. Ce qu'il
nous appartient de faire, c'est de définir les rôles
que l'éducation des adultes doit jouer désormais
pour satisfaire les aspirations des femmes et des hommes de tous
les pays dans le monde nouveau qui prend forme autour de nous.
Mais permettez-moi tout d'abord de vous dire combien je ressens profondément le vide que laisse la mort de l'un des éducateurs les plus éminents de notre temps, le regretté Paulo Freire, du Brésil, qui nous avait confirmé, il y a seulement deux mois, son intention d'être des nôtres aujourd'hui, à Hambourg. Le lien qu'il a établi entre alphabétisme et libération a totalement révolutionné notre conception de l'éducation. Il s'est distingué par la probité de sa pensée, qui en fit le champion des faibles et des opprimés, et celle de son action, fondée sur un perpétuel dialogue entre la théorie et la pratique. Hélas, Paulo Freire nous a quitté. Le monde a perdu un grand homme, l'UNESCO a perdu un partenaire dévoué et pour ma part, j'ai perdu un ami très cher. Les Paulo Freire cependant ne disparaissent pas : ils ne font que devenir invisibles, car il n'est qu'une pédagogie - la pédagogie de l'exemple. Et l'esprit de Paulo Freire demeure parmi nous grâce à l'exemple durable de sa vie et de son oeuvre.
J'ai consulté le Gouvernement brésilien et les autres Etats membres de l'UNESCO quant au meilleur moyen de garder en vie l'héritage de Paulo Freire, et j'ai le plaisir de vous annoncer que l'Organisation a l'intention de créer une distinction internationale pour célébrer et perpétuer son oeuvre. Je vous invite à présent, Mesdames, Messieurs, à observer une minute de silence en souvenir de Paulo Freire Je vous remercie. Jeudi soir, nous participerons à une cérémonie spéciale à la mémoire de Paulo Freire et de Dame Nita Barrow de la Barbade, grande citoyenne du monde qui a consacré sa vie à la cause de l'autonomisation des femmes et de tous les citoyens.
Monsieur le Président,
La présente Conférence, organisée par l'UNESCO à l'invitation du Gouvernement allemand et de la Ville hanséatique de Hambourg, a été activement préparée, pendant plus de deux ans, dans toutes les régions du monde. Elle réunit les représentants de la communauté internationale autour d'un sujet d'une importance croissante : l'éducation et l'apprentissage des adultes. L'UNESCO bénéficie dans cette entreprise du concours d'institutions soeurs du système des Nations Unies - la FAO, l'OIT, l'OMS, le FNUAP, le PNUD et l'UNICEF - ainsi que de l'Union européenne, de l'OCDE et de la Banque mondiale. Nous souhaitons la bienvenue à ces institutions et aux autres organismes intergouvernementaux de toutes les régions du monde qui sont représentées ici. Permettez-moi de saisir l'occasion qui m'est offerte aujourd'hui pour évoquer le souvenir d'un autre grand homme, Jim Grant, ancien directeur général de l'UNICEF, avec lequel nous avons lancé conjointement le processus international de l'éducation pour tous, à qui je tiens à rendre hommage. Je voudrais également saluer Richard Jolly, qui était son ami et son plus proche collaborateur, et qui est aussi un de mes bons amis.
Cette Conférence se distingue de la précédente dans la mesure où elle vise à instaurer un dialogue et un partenariat suivis entre les gouvernements et les ONG et les institutions qui proposent des programmes d'éducation des adultes. Bien que les résultats auxquels elle aboutira dépendent des Etats membres, nous estimons que ces derniers devraient y travailler en étroite collaboration avec les représentants de la société civile. C'est pourquoi, au lieu de réunir les ONG parallèlement à la Conférence, nous avons préféré rassemblé tous les acteurs, publics et privés, afin qu'ils siègent ensemble pendant toute la durée de cette rencontre. C'est une véritable gageure. Mais si l'entreprise réussit, ce sera déjà un résultat appréciable, et peut-être nous engagerons-nous ainsi dans une voie nouvelle. Les ONG de même que les employeurs, les syndicats et les autres partenaires sociaux jouent un rôle de plus en plus déterminant dans toutes les formes d'éducation des adultes. Les gouvernements, ONG et institutions partenaires de l'UNESCO représentés ici ont, tous ou presque, contribué, sur le plan intellectuel ou matériel, à la mise sur pied de la Conférence. Vous êtes trop nombreux pour que je remercie chacun personnellement, mais soyez assurés de notre extrême gratitude. A vrai dire, sans ces contributions et sans votre soutien, la présente Conférence n'aurait pu avoir lieu.
La participation du Président de la République fédérale d'Allemagne, M. Roman Herzog, à la séance d'ouverture de notre Conférence est un immense honneur pour l'UNESCO. Votre présence ici, Monsieur le Président, atteste le prix que l'Allemagne attache à la coopération internationale dans le domaine de l'éducation et, plus particulièrement, la place grandissante que l'éducation des adultes et l'apprentissage tout au long de la vie occupent tant en Allemagne que dans le monde. Nous savons gré à l'Allemagne de l'attachement dont elle a toujours fait preuve à l'égard de l'UNESCO et de son objectif essentiel - "atteindre graduellement, par la coopération des nations du monde dans les domaines de l'éducation, de la science et de la culture, les buts de paix internationale et de prospérité commune de l'humanité". Votre soutien généreux à l'Institut de l'UNESCO pour l'éducation, dont l'Allemagne et la ville-Etat de Hambourg sont les hôtes depuis 1951, témoigne de cet attachement. L'Institut, comme vous le savez, a joué un rôle de premier plan dans l'organisation de la Conférence, ce en étroite collaboration avec le Siège de l'UNESCO, avec les bureaux de l'Organisation dans plus de 60 pays et avec les institutions partenaires de l'UNESCO.
Nous vous sommes aussi très reconnaissants, Madame le Premier ministre, d'avoir trouvé le temps - comme vous l'avez fait pour la dernière conférence sur les micro-services bancaires et malgré les lourdes responsabilités inhérentes à la charge élevée que vous occupez - d'être venue ici nous expliquer comment vous oeuvrer en faveur de l'autonomisation de tous, mais en particulier des femmes, en leur facilitant l'accès à l'éducation et en les aidant à formuler leurs espoirs et leurs aspirations.
Il y a près d'un demi-siècle, la première Conférence internationale sur l'éducation des adultes avait lieu à Elseneur, au Danemark. Ce qui frappe dans les travaux de cette Conférence, c'est cette profonde conviction que les citoyens eux-mêmes - s'ils disposent des ressources et des possibilités voulues pour s'informer et apprendre - peuvent jouer un rôle moteur dans la consolidation de la paix mondiale ainsi que la clairvoyance que révèlent les décisions qu'elle a prises pour promouvoir l'éducation des adultes en tant que moyen de façonner un monde plus juste et plus pacifique. Qui, aujourd'hui, mettrait en doute la nécessité croissante de l'éducation des adultes dans un monde où le changement devient, chaque jour un peu plus, notre seule certitude ?
Quel souvenir aura laissé la Conférence de Hambourg dans 50 ans ? Cela dépendra de notre clairvoyance et des engagements que nous assumerons, maintenant et par la suite. Des progrès sensibles ont été réalisés au cours du dernier demi-siècle et l'UNESCO est elle-même en mesure d'affirmer qu'elle a apporté une contribution appréciable au développement de l'éducation des adultes, qu'il s'agisse de l'élaboration de principes d'action, de la mise en oeuvre de stratégies, de la recherche et de la formation ou de la définition de normes. Sa Recommandation de 1976 sur le développement de l'éducation des adultes, qui reste l'instrument le plus complet en la matière, contient des principes directeurs toujours valables pour l'avenir. Nous devons oeuvrer sur ces bases en prenant en compte les grands défis et les possibilités propres à notre époque pour ce qui est de l'éducation des adultes et de l'éducation permanente.
Une tâche suprême s'impose à nous comme à ceux qui nous précédèrent à Elseneur : jeter les bases d'une paix durable. Bien sûr, la situation a énormément changé depuis lors. A l'heure actuelle, c'est moins entre les sociétés qu'au sein de ces dernières que se dressent les principaux obstacles à la paix. Il faut d'autre part - comme le Président Herzog l'a souligné - voir la paix non seulement comme une fin mais aussi comme une condition préalable : comme la condition préalable du développement durable, qui ne peut aller sans la démocratie, la justice, l'égalité, la solidarité et la liberté. D'où la nécessité d'apprendre pour pouvoir participer à la vie de la société, assumer pleinement sa qualité de citoyen et prendre son sort en main. Cela suppose que les budgets nationaux soient réaménagés de manière à consolider des démocraties vulnérables et fragiles.
Nous devons développer le potentiel humain par une éducation adaptée aux conditions locales, dispensée dans la langue du pays et ancrée dans une formation pratique intensive. Pour ce faire - je tiens à le souligner - point n'est besoin de stratégies conçues dans une tour d'ivoire, loin des communautés concernées. Par ailleurs, nous devons nous attaquer aux problèmes qui empêchent les êtres humains de devenir des apprenants - je pense ici aux millions de femmes qui dans le monde sont obligées d'aller chaque jour chercher de l'eau et de ramasser du bois pour faire bouillir cette eau et la rendre potable. Nous devons leur donner des puits et des réchauds solaires afin qu'elles aient la possibilité d'apprendre et de se livrer à des activités rémunératrices. D'autre part, nous ne devons jamais oublier qu'analphabétisme n'est pas synonyme d'ignorance. La sagesse, si j'en juge par ma propre expérience, se rencontre plus souvent chez ceux qui sont sans instruction que chez les autres. Et l'éducation des adultes elle-même peut faire concourir cette sagesse au processus d'autonomisation qui permet à l'individu de prendre sa place dans la vie de la société, dans l'intérêt du développement, de la démocratie et de la paix.
La paix - qui est l'enjeu essentiel - continuera de nous échapper aussi longtemps que nous investirons en fonction de guerres improbables au lieu de nous attaquer aux problèmes qui menacent le plus la sécurité humaine. Depuis plus d'une décennie, je ne cesse de dire que nous devons être prêts à payer le prix de la paix comme nous avons toujours été prêts à payer le prix de la guerre. A cette fin, nous devons investir non dans l'armement, mais pour mettre les hommes et les femmes en état de dialoguer et de comprendre et de contribuer à la réalisation de l'objectif du développement durable. Une telle décision ne peut être prise pour nous, elle ne peut l'être que par nous. Elle exige une transformation radicale de notre perception du monde - transformation qui doit venir de l'intérieur et passer par un processus d'éducation tout au long de la vie au sens le plus plein et le plus noble du terme. Cette Conférence est l'occasion pour nous de réfléchir ensemble à la manière dont l'éducation des adultes et l'éducation permanente peuvent contribuer plus efficacement à la réalisation de ce but.
Monsieur le Président de la République,
Mesdames, Messieurs,
Il est clair que, sans conscience d'une citoyenneté planétaire, le monde de demain ne pourra relever les défis qui s'annoncent. Comme vous vous en doutez, je suis très déçu par les résultats du deuxième Sommet de la Terre qui s'est tenu récemment à New York. La gravité des périls se confirme, et que font les responsables politiques ? Trop peu. Si, malgré tout, nous demeurons optimistes, c'est précisément parce que nous voyons apparaître dans toutes les régions du monde des sociétés civiles conscientes et responsables, qui sonnent l'alarme, participent à la recherche de solutions et contribuent à l'action concrète. Encore faut-il que ces hommes et ces femmes puissent développer leurs compétences pour intervenir, parer aux risques écologiques et aux dangers d'épidémies, améliorer les conditions de vie et promouvoir ainsi le développement, maîtriser l'évolution démographique, etc. C'est d'abord en faisant fond sur les personnes, en investissant dans la créativité et la capacité d'initiative, que nous pourrons affronter les problèmes de demain. Le courage et l'imagination de l'être humain sont nos meilleurs atouts ; il faut permettre à ces qualités de s'épanouir en y associant la connaissance.
Je rêve que les femmes et les hommes de tous les pays puissent chaque jour, ne serait-ce que pendant une heure, apprendre, se recycler, progresser. Je rêve, avec l'évêque Grundvig, Dame Rita Barrow, Paulo Freire et Julius Nyerere, de voir partout des millions de personnes se réunir, parler, prendre des initiatives. Pour survivre, pour mieux vivre, pour jouir d'une qualité de vie appréciable, les hommes et les femmes d'aujourd'hui doivent pouvoir continuer d'apprendre tout au long de leur vie. Pour sortir vainqueurs des crises économiques qui les assaillent, tous les pays doivent faire en sorte que tous leurs ressortissants, quel que soit leur statut socioprofessionnel, améliorent en permanence leurs connaissances et leurs compétences et participent ainsi tant à l'effort d'accroissement de la productivité qu'au résultat d'un travail devenu plus productif. Afin que ce but puisse être atteint, il faut une continuité de l'Etat, au travers des gouvernements successifs ; il faut que soient conclus et respectés des pactes à cette fin, qui engagent les responsables de l'Etat. Il faut donc que tous les partenaires se sentent parties prenantes et agissent comme tels - je pense aux parlementaires, aux médias, aux institutions militaires, aux responsables confessionnels, etc.
L'éducation des adultes connaît depuis deux décennies un développement rapide. Le nombre des adultes qui, chaque année, bénéficient d'activités de formation dépasse même, dans certains pays, le nombre total de jeunes inscrits à l'école obligatoire. Toutefois - on ne le répétera jamais assez - tous n'y ont pas accès, loin s'en faut. L'éducation et la formation des adultes demeurent encore le privilège des populations les plus fortement scolarisées, des hommes plus souvent que des femmes, des pays les plus riches, des zones urbaines les mieux équipées. Trop souvent, les offres de formation ne tiennent pas assez compte de la diversité culturelle. Or, aucun être humain ne peut continuer à se former tout au long de sa vie s'il ne peut pas d'abord le faire dans sa langue, s'il ne peut intégrer ce qu'il apprend à sa propre expérience, s'il ne peut établir les liens qui donnent sens et pertinence au savoir extérieur. Il nous faut donc reconsidérer l'objectif d'égalité des chances, pour l'insérer dans le contexte d'un monde pluriel où l'égalité et la diversité soient reconnues comme des dimensions complémentaires et prises en compte comme telles dans les systèmes et les projets éducatifs. Il s'agit de favoriser l'évolution vers des sociétés "arc-en-ciel", où tous les citoyens puissent tout au long de leur vie s'épanouir, forger leur identité et dialoguer avec les autres.
Aujourd'hui, au seuil du cinquantenaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, il importe plus que jamais d'affirmer que c'est par l'éducation que les droits et libertés fondamentales pourront être garantis. La révolution des technologies de l'information, lourde de conséquences pour toutes les activités humaines, pose un double défi : comment permettre à chacun d'accéder à la technologie et comment mieux utiliser la technologie à des fins éducatives. Il faut surtout veiller à ce que les nouvelles technologies - qu'il s'agisse des télécommunications ou de l'informatique - puissent profiter à tous. Un effort international non négligeable doit être consenti à cette fin.
N'ayons garde d'oublier, toutefois, que la technologie ne résume pas tout. Ce qui compte le plus dans le processus d'apprentissage, c'est l'enseignant, pierre angulaire de l'avenir du monde. Il faut accorder une haute priorité à la formation et au recyclage de tous les éducateurs. Il faut aussi revoir les contenus de l'enseignement, en valorisant l'instruction civique et tous les aspects qui concernent la transmission des valeurs d'une société.
Et comment passer sous silence la nécessité impérieuse de mettre en pratique le droit universel à l'éducation de base ? Aujourd'hui, plus de 800 millions d'êtres humains sur Terre ne savent ni lire, ni écrire, et d'autres millions encore l'ont su, et l'ont oublié. Partout, l'alphabétisation est incontournable pour qui veut participer pleinement à la vie sociale, comprendre les interrelations entre les réalités privées, locales et le contexte régional et mondial. L'égalité des chances au niveau de programmes non formels d'alphabétisation et d'éducation élémentaire est indispensable si l'on vise à permettre aux populations de contribuer pleinement à la société et de continuer à apprendre tout au long de la vie.
Mesdames, Messieurs,
On juge du succès d'une conférence à son suivi. La considération des nouveaux enjeux sociaux de l'éducation tout au long de la vie et des politiques et actions nécessaires feront de la Conférence mondiale de 1997 sur l'éducation des adultes un moment privilégié et un espace inédit pour étendre le débat et susciter des engagements concrets. Au-delà, et paradoxalement, cette Conférence se préoccupera surtout d'investissements. Investir, oui, mais alors d'abord dans les êtres humains, pour libérer les réserves de productivité culturelle, sociale et économique existant au sein des populations adultes.
Ce sera la reconnaissance de la nécessité de cet investissement social et des partenariats requis pour l'assurer qui fera de la Conférence de Hambourg un succès. Celle-ci prendra ainsi le relais des propositions adoptées par le Sommet de Copenhague sur le développement social en 1994, du Plan d'action adopté à Beijing en 1995 en conclusion de la deuxième décennie sur les femmes, de l'"Agenda 21" de Rio et des recommandations faites en 1993 au Caire sur les questions de population et en 1996 au Sommet de Rome sur l'alimentation. Chacune de ces conférences concluait à la nécessité d'une participation active des populations et de la prise d'initiatives par les collectivités locales. Il convient ici, à Hambourg, de faire des propositions concrètes pour que les femmes et les hommes de cette planète puissent accroître leur capacité d'agir et poursuivre leur formation sur la durée de leur vie.
L'éducation est un instrument stratégique indispensable au développement humain durable. C'est un outil. Mais c'est aussi un droit de chaque personne, le droit de devenir un citoyen actif et créatif. Apprendre, c'est enfin une joie, car chacun y trouve un sentiment de liberté, d'épanouissement et d'autonomie. Une fois goûtée, la joie d'apprendre ne s'oublie pas ; elle se répète et se reproduit, tout au long de la vie ; elle ne s'épuise jamais.
Je vous remercie.