A. Le système d'éducation de base en Finlande Trois jalons ressortent dans la mise au point des politiques finlandaises d'éducation au XXème siècle [164]. On peut considérer que le premier d'entre eux est l'enseignement scolaire obligatoire, qui a été introduit dans les années 20 et qui a été précédé d'une expansion de l'éducation. Un autre objectif plus vaste que l'enseignement scolaire obligatoire a été atteint avec l'introduction progressive du cycle scolaire d'enseignement général dans les années 70. Le principe de l'éducation permanente constitue le troisième jalon. Ce principe, qui a été adopté en tant que fondement de l'ensemble du système éducatif, a été établi dans les années 80 avec l'expansion de l'éducation des adultes. Cette période a été caractérisée par la croissance la plus rapide de l'éducation enregistrée jusque-là en Finlande.Le système d'éducation finlandais comprend les établissements d'enseignement général et d'enseignement secondaire supérieur, les instituts de formation professionnelle et les universités. Il n'y a pas à proprement parler d'établissements préscolaires en Finlande, bien qu'une certaine instruction soit dispensée dans les garderies d'enfants, qui relèvent de l'administration de la protection sociale. Les adultes peuvent s'inscrire dans des établissements d'enseignement secondaire, des centres d'éducation pour adultes et des universités ouvertes.
Le cycle scolaire d'enseignement général de neuf ans est obligatoire pour le groupe d'âge allant de 7 à 16 ans, y compris les handicapés, des facilités particulières étant fournies aux élèves qui ne sont pas en mesure de suivre l'enseignement ordinaire. Les enfants présentant des problèmes d'ajustement par suite de troubles émotifs ou d'autres facteurs et qui ont donc besoin d'un enseignement spécial peuvent également bénéficier de ces facilités. On estime que 1 % environ des enfants du groupe d'âge considéré n'arrivent pas à obtenir le certificat sanctionnant ce cycle d'enseignement. Les établissements correspondants sont gérés par les collectivités locales.
L'enseignement spécial dispensé dans les établissements d'enseignement général est destiné aux élèves présentant des problèmes en matière d'aptitude à lire et à écrire. Cet enseignement est donné par des enseignants spécialement formés, avec le concours d'enseignants ordinaires et d'enseignants du finnois. La formation correspondante pour adultes est organisée dans des groupes d'études dans certaines écoles civiques ainsi que dans le cadre de cours d'enseignement pour adultes [83].
L'accès à l'éducation s'est régulièrement accru en Finlande, et le niveau d'éducation s'est amélioré au cours des dernières décennies. Le nombre de certificats et de diplômes délivrés est un signe du niveau plus élevé d'éducation et de connaissances. Le nombre de personnes ayant achevé des études secondaires supérieures, une formation professionnelle ou des études universitaires a doublé en 20 ans. Plus de 80 % des jeunes Finlandais entreprennent ou ont entrepris des études secondaires, pourcentage supérieur à celui des autres pays nordiques et un des plus élevés du monde. Des moyens accrus d'éducation et de formation pour adultes sont également offerts. Les différences régionales dans le niveau d'éducation ont d'autre part diminué [164].
Les résultats de l'enseignement ont fait l'objet de peu d'études comparatives. L'étude la plus remarquable a été réalisée en 1990/91 par l'Association internationale pour l'évaluation du rendement scolaire en ce qui concerne l'aptitude à lire des enfants et des jeunes. Cette étude mondiale a montré que les enfants finlandais âgés de 9 à 14 ans étaient les meilleurs lecteurs des cohortes nationales testées dans cette tranche d'âge. L'étude sur les connaissances en mathématiques réalisée par cette même Association au début des années 80 a montré que les enfants finlandais de septième année avaient des connaissances moyennes en la matière, tandis que les connaissances des élèves des établissements d'enseignement secondaire supérieur étaient bien au-dessus de la moyenne [164].
Difficultés des adultes en matière d'aptitude à lire et à écrire L'expansion de l'éducation à laquelle le grand public peut avoir accès et le haut niveau d'éducation n'ont pas entièrement abouti à éliminer en Finlande les difficultés de certains adultes en matière d'aptitude à lire et à écrire, comme on le verra dans la section suivante consacrée à la population carcérale. Ces difficultés soulèvent un ensemble complexe de questions liées à différents problèmes d'instruction élémentaire et de connaissances mathématiques de base et ont fait récemment l'objet d'une certaine attention en Finlande.En 1991, le Ministère de l'éducation a établi un groupe de travail sur la nature et l'importance des difficultés des adultes en Finlande à cet égard. Le groupe de travail devait également mettre au point des méthodes permettant de mieux déceler de telles difficultés et élaborer un projet de programme d'éducation pour les adultes qui en étaient victimes. Dans son rapport, le groupe de travail n'a fait état que d'un petit groupe d'adultes souffrant de ce qui a été diagnostiqué comme une dyslexie aiguë. Des insuffisances en la matière peuvent être cependant également relevées dans les cas de personnes ayant une capacité intellectuelle et sensorielle normale, mais dont l'aptitude à lire et à écrire ne correspond pas à leur capacité d'apprendre. De telles insuffisances nuisent à l'aptitude d'une personne à étudier et à travailler ainsi qu'à participer à des activités sociales et politiques. Ces insuffisances sont, d'une manière générale, accompagnées de sentiments d'infériorité et de honte qui affectent aussi la vie privée de ceux qui en sont affligés. Certains individus, victimes de telles insuffisances, peuvent se sentir découragés et quitter l'école. Quelques-uns doivent se livrer à une lutte constante pour s'assurer un poste d'étude ou de travail ([202], p. 36 à 39).
Dans son rapport, le groupe de travail se réfère aux conclusions d'études sur la fréquence des difficultés en matière d'aptitude à lire et à écrire. Pour donner un exemple, un groupe de travail du Conseil national de la formation professionnelle a réalisé une étude sur la fréquence des troubles en matière d'aptitude à lire et à écrire parmi les étudiants entrant dans les établissements de formation professionnelle (N=1 546) en 1983. Selon cette étude, 11 % de ces étudiants avaient besoin d'une formation de rattrapage en matière d'aptitude à lire et à écrire. De telles difficultés chez les étudiants adultes ont fait l'objet d'une autre étude [148], dont les résultats ont indiqué que certains étudiants avaient des difficultés à comprendre ce qu'ils lisaient, et manquaient donc de connaissances adéquates dans le marché du travail actuel. Plus de 20 % de tous les étudiants n'avaient pas une aptitude suffisante à lire. Selon cette même étude, les étudiants adultes d'aujourd'hui manquent des connaissances requises pour pouvoir lire de manière complète et efficace, connaissances que les élèves instruits selon les méthodes modernes peuvent ordinairement acquérir à l'école. Une telle situation appelle un traitement particulier de l'éducation pour adultes.
Les constatations ci-dessus sont conformes aux conclusions d'une thèse récente [165]. Lehtonen est arrivé à la conclusion qu'il y avait des différences considérables dans l'aptitude à la lecture chez les étudiants ayant achevé le cycle d'enseignement général. Selon cette thèse, une aptitude insuffisante à la lecture nuisait aux études de 15 % d'entre eux. Presque la moitié des études réussies étaient imputables au bon niveau d'aptitude à lire. Il a été également conclu que les premières expériences positives dans l'apprentissage de la lecture étaient d'une très grande importance pour le développement ultérieur de l'aptitude à lire d'un élève et le succès de ses études.
B. Besoins des prisonniers en matière d'éducation 1. La population carcérale en Finlande Il y a quelque 3 500 détenus en Finlande, dont la population totale est d'environ 5 millions d'habitants. Il existe, pour ces détenus, 20 établissements fermés et 15 établissements ouverts (ces derniers comprenant trois prisons ouvertes et 12 colonies de travail). Quelque 9 000 délinquants sont chaque année envoyés dans des établissements de redressement.La plupart des détenus sont âgés de 25 à 39 ans (voir tableau 1). La moyenne d'âge est d'environ 33 ans. Ceux qui font l'objet d'une première détention représentent à peu près le quart de la population carcérale. Celle-ci compte 3,5 % de femmes.
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La moitié à peu près des détenus (53 %) passaient trois mois au plus en prison, tandis que 4,3 % purgeaient une peine de plus de deux ans. Les détenus passaient en moyenne 5,5 mois en prison [268].
La première étude [150] est basée sur une enquête effectuée en 1988, dont les résultats ont été comparés avec ceux d'une étude antérieure sur la main-d'oeuvre (1987). Cette étude a été réalisée avec la participation de 575 hommes détenus choisis au hasard.
7 % des détenus participants n'avaient pas fini le cycle scolaire d'enseignement général ni aucun autre cycle d'enseignement de base. S'agissant des très jeunes détenus, à savoir ceux âgés de 15 à 20 ans, un tiers n'avaient pas d'éducation de base. 2 % seulement des détenus avaient passé l'examen sanctionnant les études secondaires supérieures, la proportion correspondante pour l'ensemble de la main-d'oeuvre étant de quelque 20 %.
40 % des détenus n'avaient reçu aucune formation professionnelle, 30 % avaient suivi un cours de formation (généralement court), 29 % avaient un certificat de formation professionnelle et 1 % un diplôme universitaire.
Un quart des détenus avaient reçu une éducation pendant leur séjour en prison. Le plus souvent, cette éducation avait consisté en un cours de formation professionnelle.
L'étude comprenait une enquête sur les activités auxquelles les détenus souhaitaient participer durant leur incarcération. Plus du tiers des détenus (37 %) souhaitaient étudier durant leur séjour en prison. Aucun domaine d'éducation souhaité n'était précisé dans un cinquième des réponses. Les détenus se prononçaient en revanche en faveur d'une formation professionnelle assortie d'un certificat. Parmi les domaines d'éducation précisés, les techniques de la mécanique, des métaux et de la construction étaient les plus souvent mentionnées. Un petit nombre de détenus (moins de 5 %) souhaitaient suivre des études d'enseignement général, et un autre groupe de 15 % d'autres études générales, comme des études secondaires supérieures et des études de langue ou d'informatique.
L'étude a fait ressortir le très faible niveau d'éducation générale des détenus. La population carcérale présentait à cet égard des caractéristiques très différentes de celles de la population générale. Un dixième de la population générale en âge de travailler avait réalisé des études universitaires ou des études équivalentes, alors que la proportion correspondante de la population carcérale n'était que de 1 %. Plus de la moitié de la population générale (57 %) avait reçu une éducation dépassant le niveau de base, tandis que 28 % seulement des détenus avaient reçu une telle éducation. Une légère amélioration du niveau d'éducation des détenus au cours des deux dernières décennies était cependant probablement imputable à la réforme des établissements d'enseignement général en Finlande durant les années 70. Une certaine amélioration avait été également relevée sur le plan de la formation professionnelle.
En 1990, on a d'autre part réalisé une enquête sur le degré d'éducation de 70 femmes détenues [127] en vue de compléter l'étude ci-dessus. Parmi ces femmes détenues, 17 % n'avaient achevé aucun cycle d'éducation de base. Quelque 40 % des participantes avaient fini un type ou un autre de cours de formation professionnelle, la plupart du temps dans le secteur du textile ou en matière de travail de bureau. Seulement 10 % d'entre elles avaient une qualification professionnelle, tandis que 46 % n'avaient reçu aucune formation professionnelle. Une seule était titulaire d'un diplôme universitaire. 30 % avaient, pendant qu'elles purgeaient leur peine, reçu une éducation, dont la moitié avait consisté en des cours de formation professionnelle. Une proportion plus grande d'entre elles, à savoir 48 %, souhaitaient étudier pendant la durée de leur détention.
Une étude sur les insuffisances à l'égard de l'aptitude de base à lire et à écrire et des connaissances en mathématiques des détenus âgés de 18 à 20 ans a été réalisée en 1987 [166]. On a estimé dans l'étude que seule une personne pouvant lire et écrire convenablement et ayant des connaissances de base en mathématiques pouvait acquérir des connaissances supplémentaires par le biais d'une éducation ou d'une auto-instruction systématique. L'étude comparait également les connaissances des détenus considérés avec celles des personnes ayant bénéficié d'un enseignement scolaire général.
Cette étude portait sur 51 détenus (50 hommes et une femme) de 18 à 20 ans, qui avaient dépassé l'âge de la scolarité obligatoire et eu l'occasion d'achever le cycle d'enseignement scolaire général. Des tests ont été réalisés dans cinq établissements fermés pendant une journée ou deux demi-journées. Huit différents types de tests ont été effectués, dont cinq tests pour évaluer l'aptitude à lire et à écrire et les connaissances en mathématiques et trois tests d'intelligence.
L'étude n'a pas fait ressortir de grandes insuffisances dans l'aptitude à lire des détenus considérés. Un peu plus de 10 % seulement des participants présentaient plus ou moins d'insuffisances à cet égard. De petites insuffisances dans l'aptitude à écrire ont été observées chez la moitié à peu près des intéressés. Les fautes concernaient généralement certains domaines (tels que les dimensions des lettres initiales et les mots composés) et pouvaient être aisément corrigées par des exercices. Aucune grave inaptitude à écrire n'a été relevée.
Les connaissances en mathématiques des détenus faisant l'objet de l'étude étaient particulièrement insuffisantes. On a estimé que quelque 60 % des détenus âgés de 18 à 21 ans avaient besoin d'une formation supplémentaire. D'autre part, les participants ont obtenu de bons résultats dans les tests d'intelligence, où la moitié d'entre eux ont atteint au moins la moyenne.
Un tiers des participants n'avaient pas achevé le cycle scolaire d'enseignement général. Un quart d'entre eux suivaient des cours en prison au moment de l'étude, pour la plupart des cours d'enseignement général [166].
Une autre étude sur les difficultés présentées par les détenus en matière d'aptitude à lire et à écrire a été réalisée en 1992 à l'Institut pédagogique de l'Université d'Helsinki, en tant que contribution à un projet de recherche national sur les difficultés des adultes à cet égard. L'étude [1] visait à faire ressortir l'étendue et la nature de ce genre de difficultés dans la population carcérale. Une enquête a été réalisée dans quatre prisons centrales, avec la participation de tous les détenus recevant une instruction et de 10 % d'autres détenus choisis au hasard. Au total, 88 détenus ont participé à cette étude.
La plupart des participants (60 %) étaient âgés de 21 à 30 ans; 17 % n'avaient pas fini le cycle scolaire d'enseignement général. Au moment de l'étude, un tiers environ des participants suivaient des études d'enseignement général, 18 % étudiaient en vue d'un examen sanctionné par un certificat et 25 % suivaient des cours de formation professionnelle ou des cours préparatoires à une formation professionnelle. 23 % des détenus participants ne suivaient pas de cours. Une instruction spéciale avait été donnée à 27 % des participants. Des 9 841 détenus admis en 1992 dans les établissements pénitentiaires, 1 937 (à savoir 20 %) étudiaient durant leur séjour en prison. Les chiffres montrent que la proportion des détenus suivant des études était considérablement plus élevée dans le groupe considéré que dans l'ensemble de la population carcérale.
Tous les sujets avaient atteint le niveau d'une lecture mécanique, et presque tous ont répondu aux questions dont le texte fournissait clairement la réponse. Les sujets présentant des insuffisances en matière d'aptitude à lire et à écrire ont eu des difficultés à répondre aux questions appelant un rassemblement de renseignements éparpillés dans le texte. La conception d'idées originales et leur formulation par écrit posaient encore plus de difficultés pour eux.
De courtes compositions ont fait ressortir des difficultés à s'exprimer, ainsi que le manque de la pratique de l'écriture et un vocabulaire actif limité. Quant aux habitudes de lecture, 88 % des participants ont déclaré lire souvent le journal, tandis qu'un tiers seulement ont dit lire fréquemment des ouvrages de fiction.
Les principes généraux de l'application des peines ont été posés par le décret relatif au traitement des délinquants, qui stipule que la peine doit être appliquée de manière à ne pas entraver inutilement la réadaptation du détenu, mais au contraire à la faciliter. Les effets nuisibles dus à la perte de liberté doivent être évités autant que possible. Les conditions de fonctionnement des établissements pénitentiaires doivent être déterminées de manière à correspondre autant que possible aux conditions de vie de la société en général.
Les dispositions relatives à l'éducation des détenus font l'objet de deux décrets, le décret concernant l'application des peines et le décret relatif au traitement des détenus. Ces décrets prévoient que :
a) Les détenus sont tenus de travailler pendant la durée
de leur peine. S'ils suivent cependant en prison des études
susceptibles d'être considérées comme pouvant leur
être utiles à leur libération, le directeur peut les
exempter entièrement ou partiellement de travail;
b) Une formation professionnelle adéquate et toute autre
formation jugée nécessaire doivent être prévues
dans les établissements pénitentiaires;
c) La formation professionnelle devrait améliorer les
connaissances professionnelles des détenus et faciliter leur emploi
et une formation supplémentaire;
d) Le certificat d'études ou de formation ne doit pas
indiquer que l'intéressé a suivi l'enseignement correspondant
en prison;
e) Les progrès réalisés par les détenus
dans leurs études doivent être suivis et les détenus
doivent recevoir tout l'appui et tous les conseils possibles;
f) Si les détenus exemptés de travail pour pouvoir
suivre des études négligent ces dernières, l'exemption
dont ils bénéficient peut être levée pour un
temps limité ou jusqu'à nouvel ordre.
Des dispositions distinctes visent les études dans des établissements d'enseignement en dehors des prisons. Les détenus peuvent se voir accorder l'autorisation de fréquenter un établissement d'enseignement en dehors des prisons (libération éducative), si les intéressés sont considérés fiables et susceptibles de se conformer aux conditions de leur libération et si leurs études peuvent être supervisées.
Les autorités finlandaises préparent actuellement
une révision des dispositions concernant l'application des peines.
Il est proposé dans le projet correspondant que l'obligation actuelle
de travailler soit remplacée, d'une manière générale,
par l'obligation et le droit de participer aux activités d'éducation
et de réadaptation prévues en milieu pénitentiaire.
Bibliothèques et activités de loisirs
Conformément au décret relatif au traitement des délinquants, les bibliothèques des établissements pénitentiaires doivent comprendre des ouvrages éducatifs et autres, ainsi que des journaux et des magazines. Les détenus doivent, dans tout la mesure possible, bénéficier d'une assistance dans l'utilisation des services de bibliothèque. Les détenus doivent avoir la plus grande possibilité d'emprunter des livres auprès des bibliothèques publiques. Le décret prévoit aussi des dispositions concernant les activités des détenus durant le temps libre dont ils disposent, stipulant l'organisation d'activités telles que cours, conférences et discussions, ainsi que la possibilité, pour les détenus, de se livrer à des activités de loisirs convenant aux conditions pénitentiaires. Les détenus doivent être orientés et assistés dans de telles activités. Des personnes et des associations privées extérieures aux établissements pénitentiaires doivent être autorisées à organiser des activités de loisirs dans ces établissements. Les détenus doivent se voir accorder la possibilité de participer à la planification et à l'organisation de ces activités.
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Une éducation de base et une éducation secondaire supérieure sont organisées de manière systématique dans sept prisons par des établissements locaux d'enseignement secondaire supérieur pour adultes. Ces établissements organisent cette éducation de base et cette éducation secondaire supérieure tant pour des détenus adultes que pour des détenus mineurs. Ils doivent obtenir à cet effet une autorisation du Ministère de l'éducation, étant donné que les modalités d'enseignement dans les prisons sont à certains égards différentes. Les établissements secondaires supérieurs pour adultes peuvent, par exemple, également dispenser des cours en prison durant l'été et dépasser le nombre normal de jours de cours d'une année universitaire. L'éducation de base peut être organisée de manière à ce que les intéressés puissent atteindre le niveau de base dans le délai minimum d'un an. Les étudiants sont cependant appelés à faire preuve des aptitudes et connaissances associées au niveau de base, même avec des heures d'instruction réduites.
Outre les arrangements susmentionnés, qui s'appliquent
à sept prisons, les détenus d'autres établissements
pénitentiaires peuvent suivre des cours d'enseignement général
et obtenir des certificats d'études. Les enseignants et les
conseillers d'études extérieurs correspondants sont recrutés
par ces établissements pénitentiaires. Les certificats
sont délivrés par les établissements locaux d'enseignement
général et d'enseignement secondaire supérieur pour
adultes.
2.
Education élémentaire pour les Tsiganes
En 1992, 10 prisons organisaient des cours d'aptitude à
lire et à écrire pour les Tsiganes, ces cours étant
dispensés parallèlement à des cours de langue et de
culture tsiganes. Les prisons donnant une éducation élémentaire
systématique pour les Tsiganes ont dispensé plus de 1 800
heures d'instruction primaire en 1992. Ces prisons se sont efforcées
de s'assurer le concours d'un enseignant tsigane pour ces groupes, quoique
certaines d'entre elles aient eu du mal à le faire.
3. Autres
formes d'éducation de base
Outre les formes susmentionnées d'éducation de
base, de nombreux types différents de cours tendant à préparer
les intéressés à entrer dans le marché du travail
ou à suivre des cours spécifiques peuvent être considérés
comme des formes d'éducation de base. Ces types d'enseignement
comprennent généralement une formation civique et des études
sociales, ainsi qu'en ce qui concerne les besoins de la vie quotidienne,
comme les activités de blanchissage, de repassage et de préparation
culinaire, la manière de faire face à des problèmes
de drogue ou d'alcool et la gestion de sa propre vie. En 1992, sept
prisons dispensaient 16 cours préparatoires de ce genre, d'une durée
de 2 à 17 semaines (6 semaines en moyenne), à un total de
127 participants.
4.
Financement de l'éducation de base dans les prisons
Le financement de l'éducation de base organisée
dans les prisons par des établissements locaux d'enseignement secondaire
supérieur pour adultes est assuré en partie par l'Etat et
en partie par les municipalités, selon les mêmes principes
que le financement des autres systèmes d'éducation de ces
établissements. Selon la nouvelle législation concernant
le financement par l'Etat, qui a été adoptée au début
de 1993, l'administration pénitentiaire doit également participer
au financement de l'éducation dans les prisons.
Les prisons où l'éducation n'est pas organisée par des établissements locaux d'enseignement secondaire supérieur pour adultes ont recours à des enseignants et des conseillers d'études temporaires. Les détenus passent leurs examens dans des établissements locaux d'enseignement général ou d'enseignement secondaire supérieur pour adultes.
L'éducation élémentaire pour les Tsiganes
est organisée par les établissements pénitentiaires
ou des associations civiques bénéficiant d'une subvention
publique spéciale en matière d'éducation. Un
enseignement élémentaire supplémentaire est dispensé
par les conseillers d'études des prisons ou des conseillers d'études
temporaires, rémunérés à l'heure.
5.
Instruction et méthodes et matériels d'enseignement
La taille des groupes recevant une éducation de base varie
d'une prison à l'autre selon le nombre des détenus qui étudient
dans la prison et dépend de la question de savoir si une instruction
systématique est donnée par les établissements locaux
d'enseignement secondaire supérieur pour adultes. Dans les
sept prisons où une instruction est fournie par un établissement
local d'enseignement secondaire supérieur pour adultes, les groupes
comprennent de 4 à 12 étudiants, le plus souvent 7 ou 8.
Dans d'autres prisons, seul un petit nombre de détenus suivent un
enseignement général à un moment donné.
En fait, ces détenus bénéficient d'une instruction
individuelle. Les détenus reçoivent un enseignement
de la part d'un enseignant à temps partiel ou d'un conseiller d'études
de la prison. Pour ce qui est de l'enseignement élémentaire
(aptitude à lire et à écrire, calcul), les groupes
comprennent un maximum de cinq étudiants dont s'occupe un enseignant.
En réponse aux enquêtes réalisées sur les méthodes d'enseignement et les matériels d'études, les prisons ont communiqué que les méthodes d'enseignement en matière d'éducation de base étaient celles qui étaient normalement utilisées par les établissements d'enseignement secondaire supérieur pour adultes. En outre, les prisons ont souligné que les méthodes d'enseignement étaient choisies dans une grande mesure conformément à leurs besoins et plans d'études correspondants. Lorsque les détenus se livrent surtout à l'auto-instruction, l'éducation individuelle prend une importance accrue sur le plan de la réadaptation. On a également relevé que les détenus adultes peuvent avoir des difficultés d'apprentissage en groupe.
L'enseignement général pour détenus utilise normalement les mêmes manuels et autres matériels que les établissements d'enseignement secondaire supérieur pour adultes, le choix à cet égard revenant à l'enseignant ou à l'établissement concerné. Il y a le plus grand choix de manuels pour adultes en ce qui concerne les langues étrangères et la chimie. Pour d'autres sujets, les manuels d'enseignement général peuvent être utilisés. D'autres matériels auxquels on peut avoir recours selon les besoins comprennent les matériels supplémentaires fournis par les enseignants, ainsi que des fiches d'information, journaux, dictionnaires de bibliothèque, cassettes pour l'enseignement des langues et vidéocassettes éducatives.
S'agissant d'enseignement élémentaire, il existe un manuel spécial destiné à l'enseignement des Tsiganes adultes. Ce manuel, quoique utilisé comme matériel de lecture, contient des informations concernant la formation civique. Certaines prisons ont également recours à du matériel destiné à la formation des adultes en matière d'aptitude à lire et à écrire ou à un manuel de mathématiques élémentaires pour adultes. Les manuels des établissements d'enseignement général sont fréquemment utilisés selon qu'il convient, notamment certains manuels de mathématiques et des cahiers d'exercice d'écriture. Le matériel destiné à l'enseignement correctif dans les établissements d'enseignement général ou à apprendre le finnois à des étrangers peut être également utilisé. Les enseignants complètent habituellement ce matériel avec des fiches d'information sur la langue et la culture tsiganes. On donne parfois aux détenus des matériels, fiches d'information et bulletins mis au point par l'enseignant. Il ressort des réponses données aux enquêtes que les prisons ont des avis différents sur la mesure dans laquelle les matériels des établissements d'enseignement général conviennent à l'enseignement élémentaire dans les prisons. Certaines prisons considèrent ces matériels adéquats, notamment si les manuels sont choisis de façon à répondre aux besoins spéciaux des détenus. Les manuels des établissements d'enseignement général sont jugés assez faciles à lire. D'un autre côté, certaines prisons sont d'avis que les manuels des établissements d'enseignement général, notamment les abécédaires, sont trop enfantins pour des étudiants adultes et leurs thèmes trop éloignés de la vie carcérale.
Les suggestions faites par les prisons pour la mise au point de
dispositifs d'éducation de base indiquent la nécessité
d'une approche plus pratique et novatrice en matière d'enseignement.
Il s'agit, d'une part, de motiver les détenus (notamment ceux qui
n'ont pas achevé le cycle scolaire d'enseignement général)
et, d'autre part, d'enseigner des sujets difficiles. Nombre de ces
sujets difficiles, comme les langues étrangères, les mathématiques,
la chimie et la physique, sont considérés comme très
ardus pour les détenus ayant reçu une instruction dans des
cours spéciaux ou des foyers communautaires (écoles de redressement).
Autrement dit, il existe de pressants besoins d'instruction spéciale
et corrective et il convient d'améliorer ces formes d'enseignement.
Il est également important de perfectionner les matériels
d'étude, comme les matériels d'aptitude à lire et
à écrire destinés aux adultes.
6.
Intégration de l'éducation de base avec d'autres formes d'éducation
Ainsi qu'il a été noté ci-dessus, l'éducation
de base est principalement dispensée de manière séparée
dans les prisons finlandaises. L'enseignement a lieu durant les heures
de travail et il est donné par des établissements d'enseignement
extérieurs. Ces établissements font passer des examens
aux détenus et délivrent des certificats. Ces arrangements
tendent à assurer que ces certificats sont tout à fait comparables
à ceux d'autres établissements d'enseignement, et les détenus
peuvent donc, une fois libérés, poursuivre leurs études
ailleurs.
Certaines prisons dispensent parfois un enseignement général limité dans le cadre d'un programme de formation professionnelle. La formation professionnelle de base comprend certains sujets généraux tels que le finnois et le suédois, les mathématiques, des langues étrangères et l'informatique. Une telle éducation ne fait cependant pas nécessairement partie de l'enseignement général et on n'en traitera pas ici.
Les cours préparatoires à l'entrée dans le
marché du travail ou à d'autres études peuvent notamment
porter sur les mathématiques, le finnois, l'informatique et d'autres
sujets d'enseignement général. L'intégration
de l'éducation de base à d'autres formes d'éducation
est cependant limitée.
7.
Rémunération des détenus suivant des études
D'une manière générale, les détenus
qui étudient, en recevant notamment une éducation de base,
sont rémunérés aux mêmes conditions que les
détenus qui travaillent. Dans les prisons fermées,
la rémunération du travail relève de cinq catégories
différentes. Ces mêmes catégories s'appliquent
à la rémunération des détenus qui suivent des
études. L'éducation de base n'est habituellement dispensée
que dans les prisons fermées.
La rémunération des détenus dans les prisons ouvertes, où les détenus reçoivent ordinairement des salaires normaux, est considérablement plus élevée que dans les prisons fermées. La rémunération des détenus qui suivent une formation professionnelle dans les prisons ouvertes équivaut à peu près au salaire le moins élevé versé dans ces prisons.
Les détenus qui suivent un enseignement hors milieu pénitentiaire
ont droit à presque tous les mêmes avantages sociaux que la
population générale, mais doivent payer pour cet enseignement
comme le font les autres étudiants de l'établissement d'enseignement
considéré.
8.
Services de bibliothèque pour les détenus
Tous les établissements pénitentiaires disposent d'une
bibliothèque comprenant des ouvrages de fiction et autres.
Les matériels d'information des bureaux de travail et autres sources
publiques sont également disponibles. Outre les bibliothèques
de prison, les bibliothèques publiques ouvrent leurs services aux
détenus dans beaucoup de villes, dans le cadre de la bibliothèque
de la prison, par le biais d'une bibliothèque mobile, en envoyant
aux détenus des livres par l'intermédiaire des services de
bibliothèque de la prison ou en incluant la prison dans l'itinéraire
de l'autobus de la bibliothèque. Au moins 14 prisons et plusieurs
colonies de travail sont desservies par un autobus de bibliothèque.
Les collections des bibliothèques de prison varient considérablement
selon, par exemple, que la prison utilise les services de la bibliothèque
publique locale ou d'un autobus de bibliothèque. Le nombre
total de volumes dont disposaient les bibliothèques de prison en
1992 s'élevait à 80 500. Beaucoup de prisons prêtent
également des cassettes. Plusieurs bibliothèques de
prison sont utilisées comme salles de lecture durant les heures
d'ouverture, ou disposent d'une salle de lecture séparée
pour la lecture de livres et de journaux.
E. Conclusions
En Finlande, l'éducation dans les prisons s'est rapidement
développée au cours des dernières années.
La politique actuelle s'efforce d'accroître le nombre de services
éducatifs en permettant aux prisons de mettre au point leurs programmes
d'enseignement. Un plus grand nombre de programmes divers sont maintenant
offerts aux détenus, notamment en ce qui concerne la formation professionnelle.
L'éducation de base fait également l'objet d'une attention
particulière.
De futures réformes législatives remplaceront probablement l'obligation de travailler des détenus par celle de participer aux activités prévues dans les prisons. On tend ainsi à offrir plus d'activités répondant aux besoins individuels des détenus et à leurs capacités. Cet objectif a évidemment des incidences sur la portée et la diversité des services d'enseignement des prisons.
Le niveau d'éducation de base de la population carcérale finlandaise est relativement élevé. Peu de détenus sont analphabètes et 90 % ont suivi les neuf années du cycle scolaire d'enseignement général. Tout en purgeant leur peine, les détenus ont l'occasion d'achever leur enseignement général ou d'améliorer les connaissances qu'ils ont déjà à ce titre. L'enseignement élémentaire pour Tsiganes a une longue tradition dans le système d'éducation de base des prisons finlandaises. On s'efforce toujours de combiner la formation des Tsiganes en matière d'aptitude à lire et à écrire avec l'enseignement de la langue et de la culture tsiganes.
L'enseignement de base et l'enseignement secondaire supérieur sont organisés dans les prisons finlandaises par des établissements d'enseignement extérieurs. Les prisons n'ont pas leurs propres enseignants. Le principe fondamental d'éducation dans les prisons finlandaises diffère ainsi de celui de nombreux autres pays à cet égard. Si des arrangements normalement prévus ne peuvent être mis en pratique en raison du petit nombre d'étudiants ou du caractère sporadique des besoins en matière d'éducation, la prison recrute un enseignant ou un conseiller d'études temporaire à cet effet.
Les prisons organisent différents types d'activités
de loisirs, tels qu'exercices, groupes de discussion, services de bibliothèque,
activités musicales, métiers d'art, qui offrent aux détenus
l'occasion de s'épanouir. Il existe des plans pour développer
de telles activités et l'éducation de base dans un proche
avenir, grâce au lancement de programmes dans lesquels les détenus
pourront développer leur personnalité et améliorer
leurs connaissances et aptitudes sociales.
A. Le système d'éducation de base en Finlande
B. Besoins des prisonniers en matière d'éducation
1. La population carcérale
en Finlande
2. Informations générales
sur le dégre d'éducation
de type classique des
détenus
3.Etudes sur
les besoins des détenus en matière de formation
à l'aptitude
à lire et à écrire et autres formes d'éducation
de base
C. Législation en matière d'éducation dans les prisons
D. Education de base dans les prisons
1. Portée de l'éducation
de base
2. Education élémentaire
pur les Tsiganes
3. Autres formes d'éducation
de base
4. Financement
de l'éducation de base dans les prisons
5. Instuction et méthodes
et matérials d'enseignement
6. Intégration
de l'éducation de base avec d'autres formes d'éducation
7. Rémunérattion
des détenus suivant des études
8. Services de
bibliothèque pour les détenus
E. Conclusions