EDUCATION DE BASE DANS LES PRISONS
               TROISIEME PARTIE:  ETUDES DE CAS 
               
               XVII. L'EDUCATION PAR L'ART DANS LES ETABLISSEMENTS
                PENITENTIAIRES DES PAYS-BAS
                Joke Holdtgrefe
                A. La réforme des prisons
                B. La méthode de travail thématique
                C. Une expérience
                D. Reconnaissance officielle
                E. Buts du cours
                F. Programme du cours
                G. Evolution dans les établissements pénitentiaires
                H. Détenus présentant des troubles du comportement
                I. Comment travaillent les PIW
                J. Conclusions
                   Appendice:
                          Centres de créativité et cours d'art pour agents pénitentiaires
                          L'institut néerlandais d'éducation artistique


               
              XVII.  L'EDUCATION PAR L'ART DANS LES ETABLISSEMENTS
              PENITENTIAIRES DES PAYS-BAS
              Joke Holdtgrefe
               
                Les Pays-Bas, qui ont plus de 15 millions d'habitants, comptent environ 8 000 détenus répartis dans 43 établissements, maisons de détention provisoire ou prisons.

                La plupart des établissements où les détenus purgent une peine de longue durée ont travaillé avec les artistes et les enseignants depuis de nombreuses années comme ce fut le cas dans d'autres pays.  Ce qui fait l'originalité des Pays-Bas, c'est que depuis 1984, le personnel des prisons a été formé à superviser les détenus pendant qu'ils pratiquent toutes sortes d'activités.  L'éducation artistique en est une.

                A.  La réforme des prisons

                En 1943, au milieu de la deuxième guerre mondiale, le critique d'art du Royaume-Uni, Sir Herbert Read, a écrit dans son ouvrage intitulé Education through Art que l'éducation ne peut être autre chose que la prise de conscience de nos possibilités en tant qu'individu et en tant que membre de la société [215].  Par conséquent, l'éducation est l'union de ces deux processus qui visent l'un à développer la personne et l'autre à assurer le bien-être de la société.  Read était d'avis que la sensibilité esthétique de l'homme, en particulier, pouvait favoriser cette prise de conscience.  Dans son livre, il se fait donc avec passion l'apôtre de l'éducation artistique.

                Cette idée forme implicitement la base de l'éducation artistique qui est dispensée aujourd'hui dans les prisons des Pays-Bas.  Cette éducation tire son origine de la deuxième guerre mondiale, étant donné que, sous l'occupation allemande, des détenus d'un type totalement différent des délinquants traditionnels ont dû faire l'expérience de ce qu'on appelle l'incarcération.  La première initiative en matière d'éducation artistique est venue après la guerre, des cercles de résistants et d'otages, ceux que l'on a appelé les prisonniers politiques.  Dans les années 50, leur désir de réformer en pratique le système carcéral a abouti à ouvrir plus largement les portes des prisons.  De temps à autre, des artistes et artisans ainsi que ceux qui s'occupaient d'éducation socioculturelle ont été autorisés à réaliser avec les détenus des travaux d'art et d'artisanat.

                Ces expériences, qui consistaient par exemple à travailler les textiles, le cuir et le bois, n'étaient nullement inscrites dans la politique nationale et continuaient donc de reposer sur les efforts de certaines personnes inspirées par un idéal.  Bien souvent, on prêtait plus d'attention à la thérapie par le travail et à sa supervision qu'au développement et à l'encouragement des facultés créatrices.  Dans les années 50 et 60, toutefois, un changement s'est produit graduellement, aboutissant à l'éducation artistique telle qu'on la connaît aujourd'hui.

                Si l'on y pense, il n'est pas étonnant que cette percée se soit produite vers 1970.  La situation avait évolué.  Un certain nombre d'établissements avaient lancé de leur chef des activités dans le domaine des arts plastiques.  Il est difficile de savoir exactement où la première initiative a vu le jour.  Ainsi, pendant ses loisirs, un gardien de prison d'Arnhem a organisé un cours de modelage et de dessin pour ses collègues et a demandé au bout de quelque temps l'aide d'artistes professionnels.  Un groupe d'artistes néerlandais bien connus a été chargé de superviser la réalisation d'une vaste peinture murale par les détenus.

                Ce projet était financé par la Fondation Prince Bernard et d'autres projets de ce type ont été lancés par la suite.  Des activités artistiques ont également été organisées par les agents pénitentiaires d'un certain nombre de maisons de détention provisoire dans tout le pays.  Encouragés par l'expérience de leurs collègues, ils ont invité des professeurs d'art à travailler avec les détenus dans un nombre croissant de maisons de détention provisoire, généralement avec des subventions du Ministère de la culture.

                Dans un certain nombre de cas, les artistes et professeurs étaient employés par le Ministère de la justice.  Aux Pays-Bas, quelque 2 000 artistes et professeurs sont employés dans 140 centres de créativité environ (voir l'appendice au présent chapitre).  Il est de plus de plus en plus fréquent qu'une collaboration étroite s'instaure entre certains de ces centres et les prisons.  Les centres de créativité d'Amsterdam et de Rotterdam ont joué un grand rôle dans les activités entreprises.

                En 1975, un projet a débuté à Rotterdam.  Lancé par un conseiller humaniste, un projet d'éducation artistique pour les détenus âgés de dix-huit à vingt-trois ans a été mis sur pied par la Stichting Kunstzinnige Vorming de Rotterdam (SKVR) ou Fondation pour l'éducation artistique.  L'auteur de la présente étude a été associé de près à ce projet depuis 1977.  A l'origine, la plupart des gardiens de prison de Rotterdam ont considéré ce projet avec méfiance.  Leur tâche avait toujours consisté, et consiste encore aujourd'hui, à maintenir l'ordre et la sécurité.  Ils estimaient que les enseignants ne devaient pas s'occuper autant des prisonniers et ne devaient pas leur faire autant confiance.  Ils ont même été d'avis que les enseignants devaient porter un uniforme.  Les enseignants ont dû apprendre à travailler dans un milieu très particulier dans lequel ils étaient parfois considérés comme des provocateurs.  Des consultations régulières entre gardiens et enseignants ont cependant limité les critiques mutuellement adressées et réduit les difficultés de communication.

                Il est apparu clairement aux professeurs supervisant les travaux qu'il ne serait pas très utile de s'entretenir avec les détenus de certaines caractéristiques de l'art égyptien ou de la troisième symphonie de Beethoven.  La danse classique ne susciterait pas non plus un grand enthousiasme.  Les cours inscrits au programme ont donc été adaptés à l'expérience et au monde des détenus.  En outre, on a utilisé la "méthode de travail thématique".

                B.  La méthode de travail thématique

                Une méthode de travail basée sur un cours consiste à enseigner des techniques et à développer la capacité de s'exprimer de façon figurative en s'attachant aux éléments et principes de la conception (forme, couleur et espace à deux dimensions, traitement des surfaces, espace à trois dimensions, et construction et plasticité).  Lorsqu'on fait appel à la méthode de travail thématique, c'est le thème qui est d'importance primordiale et il est examiné à l'aide de différents moyens d'expression.  Le principal avantage de cette méthode est que l'objectif de l'éducation artistique est atteint en un laps de temps relativement bref.  Un autre avantage de cette méthode est qu'en plus du travail sur les moyens expressifs, elle permet de faire intervenir d'autres disciplines de l'éducation artistique (musique, théâtre, arts audiovisuels et littérature, par exemple).

                Les éléments de l'approche thématique sont esquissés ci-après :

                La première phase.  Le professeur choisit un thème de travail convenant aux détenus.  Vient ensuite la phase de concrétisation.  Par un entretien en groupe, le thème choisi est exposé et ses aspects sociaux et culturels sont étudiés, puis un sujet est choisi.  En conclusion, les intéressés sont autorisés à recueillir des informations sur le sujet choisi, par exemple à la bibliothèque de la prison.

                Prenons par exemple le sujet des "contrastes".  L'enseignant fera l'inventaire de ce que les détenus associent au mot contraste.  Ils diront peut-être : jeune-vieux; beau-vilain; captif-libre, blanc-noir; riche-pauvre, etc.  Le contraste riche-pauvre pourrait être choisi comme sujet de discussion avec les détenus.  On pourrait poser les questions suivantes : comment se fait-il que la richesse soit répartie aussi inégalement ?  Est-ce le résultat d'une politique ou d'une loi de l'économie ?  Est-ce lié à la couleur de votre peau, de votre éducation, etc. ?  Les détenus écouteront les arguments présentés par les uns et les autres et leur répondront.

                La deuxième phase.  La phase suivante consiste à travailler sur le thème de façon expressive.  Ce faisant, on cherche à montrer ce qui peut être exprimé avec le sujet choisi et quels moyens d'expression peuvent être utilisés, y compris l'examen du matériel et des outils nécessaires.  Pendant la réalisation des travaux artistiques, il appartient à l'enseignant de faire des suggestions au sujet de la conception ainsi que des outils et du matériel à utiliser.

                Pour en revenir à l'exemple, l'enseignant demande maintenant aux détenus de traduire de façon expressive leurs idées sur la questions riche-pauvre.  Ils peuvent choisir de le faire par un poème, un dessin, une peinture, un modelage ou autre chose.

                La troisième phase.  La dernière phase consiste en une évaluation des travaux artistiques par le groupe.  Premièrement, on examine les aspects socioculturels.  On met l'accent sur les rapports entre les travaux individuels ou collectifs et le thème.  Ensuite, on s'occupe de l'aspect figuratif en examinant les travaux réalisés sous l'angle de critères comme la conception et la qualité technique.  Enfin, on s'efforce de trouver une réponse à la question suivante : dans quelle mesure l'utilisation de moyens expressifs a-t-elle contribué au développement personnel de l'individu et à un éveil socioculturel ?

                La méthode de travail thématique est très utile si l'on veut prendre comme sujet de débat les préjugés existants, comprendre les points de vue des autres, écouter autrui, apprendre à s'exprimer, développer sa créativité et devenir plus observateur.

                C.  Une expérience

                En 1981 avait commencé une expérience qui, treize ans plus tard, à la date où nous écrivons, peut être considérée comme faisant date dans l'histoire.

                Que s'est-il passé ?  Grâce à une amélioration des communications entre les enseignants et superviseurs de la Fondation pour l'éducation artistique et les agents pénitentiaires, on avait abouti à une meilleure compréhension du projet qui était mieux considéré.  Ensuite, les enseignants avaient interviewé les agents pénitentiaires et il était apparu qu'une minorité importante (le tiers d'entre eux environ) était désireuse de jouer un rôle plus ou moins indépendant dans l'éducation artistique.  Pour ce faire, la Fondation organisa un stage spécial de formation en éducation artistique à l'intention des agents pénitentiaires.  Ceux-ci firent preuve d'enthousiasme, travaillant durement pendant toute la durée du stage, et furent surpris de leurs propres capacités.  Grâce à ce stage de base, les agents pénitentiaires purent mener par eux-mêmes un programme d'éducation artistique, avec l'appui d'un consultant.

                Pourtant, la plupart des projets réalisés dans les maisons de détention provisoire dans les années 70 étaient nés spontanément.  L'initiative ne venait pas du Ministère de la Justice, mais de la direction ou du personnel d'encadrement des établissements eux-mêmes.

                La plupart des projets s'étaient heurtés à des problèmes liés à la nécessité de libérer de  leurs fonctions les agents pénitentiaires et aux conséquences financières de cette libération, de sorte qu'il fallut en discuter sérieusement avec le Ministère de la justice.

                Pour répondre à la demande dont ces projets étaient l'objet, une rencontre fut organisée entre le Ministère de la justice et le Ministère des affaires culturelles.  Celle-ci avait principalement pour objet de contrôler l'établissement et l'exécution des projets et, si possible, de les intégrer dans le cadre politique en place.  Il fut décidé lors de cette réunion de poursuivre l'expérience des projets d'éducation artistique et de la formation en cours d'emploi.

                En 1981, deux stages de formation furent organisés à l'intention du personnel d'encadrement, tous deux subventionnés par le Ministère des affaires culturelles et le Ministère de la justice.  A la maison de détention provisoire de Rotterdam, trois groupes d'agents pénitentiaires suivirent ce stage organisé par la Fondation pour l'éducation artistique.  A celle de Het Schouw, à Amsterdam, un groupe suivit le stage organisé par la Fondation Stichting de Werkschuit.  A Rotterdam, c'est la Fondation elle-même qui s'en était chargée et, à Amsterdam, le stage avait été organisé à la demande des deux ministères.  Dans une étape intermédiaire, les stages furent évalués par le Groupe de recherche en psychologie sociale de l'Université de Leyde.

                En 1981 également, le Ministère de la justice adopta une loi qui donnait un sens nouveau au travail des gardiens pénitentiaires en vue d'humaniser la détention.  En plus de leurs fonctions de sécurité, ceux-ci reçurent pour mission de faire oeuvre de réhabilitation.

                Pour leur permettre d'exécuter cette nouvelle tâche, il fallait adapter le programme de formation, ce qui fut confié à l'Institut central de formation du Ministère de la justice.  Cette nouvelle description des fonctions alla de pair avec un nouveau titre et dorénavant les gardiens de prison furent appelés les travailleurs des établissements pénitentiaires, ou PIW.

                Les nouveaux membres du personnel qui entrèrent à l'Administration pénitentiaire après 1984 reçurent une formation de base de treize semaines pendant leurs deux premières années de service.  Au cours de la troisième et de la quatrième année de service, ils allaient suivre un stage complémentaire portant sur la dynamique de groupe, la façon de traiter les détenus présentant des problèmes de comportement, etc.  Ensuite, ils pouvaient choisir entre le sport, les arts et l'éducation dans le cadre du programme de formation (d'une durée totale de douze semaines).

                D.  Reconnaissance officielle

                En ce qui concerne l'éducation artistique, qui était maintenant officiellement reconnue, l'Institut néerlandais d'éducation artistique (LOKV) d'Utrecht fut appelé à l'aide en 1983 (voir l'appendice au présent chapitre).  Un membre du personnel de cet institut fut désigné comme coordonnateur national du cours et coordonnateur des enseignants et conseillers des neuf centres d'éducation artistique qui participaient au projet.

                Le LOKV établit un programme-cadre d'un cours de 120 heures en éducation artistique, qui tenait compte des recommandations formulées par le groupe de recherche en psychologie sociale.  Un programme détaillé fut mis au point pour les PIW qui suivaient le cours, lequel voulait être à la fois un cours et un ouvrage de référence.

                Neuf centres d'éducation artistique, répartis sur l'ensemble du territoire des Pays-Bas, furent pressentis par le LOKV et invités à participer au projet d'éducation artistique des PIW.  Chacun d'eux devait organiser un cours de 120 heures pour les PIW de leur région.  Pour ce faire, ils conclurent un contrat avec le LOKV et l'Institut central de formation du Ministère de la justice, qui finançait le cours.  Les agents pénitentiaires qui avaient été employés depuis un certain temps et qui ne pouvaient pas suivre le nouveau programme de formation eurent la possibilité de suivre une formation de 100 heures à titre volontaire pour leur permettre d'occuper un poste dans la nouvelle organisation.  Au début, les cours ne furent suivis que par 84 agents pénitentiaires, mais on constata que ces cours soulevaient un énorme intérêt.  Une fois le premier groupe formé, un autre groupe de vétérans reçut une formation de 100 heures.  A la date de rédaction de la présente étude, plus de 400 anciens agents pénitentiaires avaient été formés.

                En 1984 a commencé la formation des premiers PIW par un cours de 120 heures.  Etant donné les tâches et devoirs du PIW, il était indispensable d'inclure un certain nombre de restrictions.  On ne pouvait de toute évidence pas espérer en faire un véritable professeur d'éducation artistique en le faisant suivre un cours d'une durée relativement brève.  Pour y parvenir, il aurait fallu que le PIW possède une formation de base en éducation artistique ainsi que des connaissances suffisantes en pédagogie et en sociologie et qu'il soit aussi capable de travailler dans une discipline artistique.

                E.  Buts du cours

                L'objectif principal du cours est de former les PIW pour leur permettre d'organiser et de donner l'éducation artistique par eux-mêmes.  On s'attache donc à ce qui suit :

                a)Enseigner les connaissances et les techniques de base dans le domaine de l'éducation artistique, y compris les techniques d'enseignement;

                b)Approfondir les connaissances des questions ci-dessus par des ateliers, spécialement au sujet de l'enseignement dans son ensemble, et apprendre à appliquer en pratique certaines techniques;

                c)Apprendre à exécuter et programmer par soi-même des activités d'éducation artistique à l'intention des détenus, en limitant la tâche de l'enseignant au contrôle de la qualité et aux conseils.

                    Lors de l'établissement du cadre du programme de cours, on a tenu compte des conclusions du rapport concernant l'établissement d'un "programme d'activités en régime pénitentiaire", élaboré à l'intention des établissements pénitentiaires par le Ministère de la justice en 1983.  Les deux principales conclusions de ce rapport en matière d'éducation artistique sont les suivantes :

                a)En confiant à un agent pénitentiaire le soin de superviser plusieurs activités de régime pénitentiaire (sports, éducation, éducation artistique) on peut améliorer ses rapports avec les détenus;

                b)Les compétences sociales et les compétences techniques feront partie de la formation.

                Le cours d'éducation artistique vise à établir un lien avec les compétences sociales que les PIW ont acquises pendant leurs cours de formation antérieurs.  Dans le cadre des objectifs généraux établis par le LOKV et par l'Institut central de formation, ces résultats ne peuvent être obtenus qu'avec l'aide de professionnels qui supervisent les travaux.  Pour que les PIW puissent donner un enseignement de qualité, il faut qu'ils aient des relations étroites avec le professeur pendant le cours de formation et bénéficient de conseils par la suite.

                Les objectifs du cours peuvent être considérés sous deux angles différents, social et artistique.  L'expérience a montré que, pour le groupe cible, c'est la méthode de travail thématique qui convient le mieux.  Cette méthode laisse cependant de côté, en tout ou partie, certaines phases du processus d'apprentissage, de sorte qu'il faut imaginer des situations d'apprentissage basées sur le cours qui complètent, précèdent ou suivent le travail sur le thème.

                En cas de besoin, on peut étudier en groupe les aspects élémentaires de l'expression figurative et les techniques.  En plus du travail à l'aide de thèmes et des techniques d'enseignement correspondantes, il faut enseigner pendant la première partie du cours les techniques et la connaissance de l'expression figurative pour permettre aux PIW de les appliquer.

                Pour qu'ils puissent participer au cours d'éducation artistique, il faut que les PIW s'intéressent aux méthodes de travail créatives et soient désireux de suivre le cours.

                F.  Programme du cours

                Fondamentalement, le cours consiste pour un tiers en travail à deux dimensions, pour un tiers en travail à trois dimensions et pour le dernier tiers en méthodologie de l'enseignement.  Cette dernière joue un rôle central dans l'introduction aux méthodes de travail thématiques et aux méthodes fondées sur le cours.

                Un autre élément de la méthodologie de l'enseignement qui est intégré aux classes concerne les principaux facteurs méthodologiques qu'il est important de connaître pour transférer les connaissances et techniques aux détenus, comme la situation de départ, les objectifs des classes, la discussion en groupe, l'addition aux classes d'éléments basés sur le cours, l'observation et l'évaluation.

                Un examen final a lieu devant le professeur et un observateur.  L'observateur peut être un professeur de l'un des autres cours de formation ou le coordonnateur national du LOKV.  Dans le cadre de cet examen, l'étudiant présente ses travaux artistiques et son cahier d'exercice sous forme d'exposition.  Pendant l'examen oral, qui dure 30 minutes, l'étudiant doit montrer qu'il possède les compétences suivantes : technique, expression figurative, relations sociales, aptitude à susciter l'enthousiasme, sens de l'organisation, savoir enseigner, divers.  Un rapport est établi à la fin de l'épreuve.  Après avoir passé avec succès l'examen, le PIW reçoit un certificat attestant qu'il a terminé avec succès sa formation.  Il est alors autorisé à donner un enseignement aux détenus.  Certaines des remarques faites par les PIW pendant la durée du cours sont reproduites ci-après :

                a)"Malheureusement, je ne suis pas devenu un artiste mais mon intérêt, ma motivation et mes connaissances ont beaucoup progressé";

                b)"Mon problème était que je ne pouvais rien dessiner de convenable et je pensais que j'allais me couvrir de ridicule.  La première fois, nous avons immédiatement commencé à dessiner, mais en même temps, on nous a appris quelques techniques ainsi que le sens et l'objet de l'horizon.  De ce fait, les choses sont apparues sous une perspective tout à fait différente";

                c)"Au début je pensais que je ne serais jamais capable de le faire, mais j'ai peu à peu appris à peindre, à dessiner et à modeler l'argile.  J'aime surtout dessiner à la plume et je le fais maintenant souvent à la maison";

                d)"Notre professeur a réussi à nous apprendre beaucoup de choses dans une atmosphère très décontractée.  Si vous regardez nos travaux du début du cours, vous constaterez que la plupart d'entre nous ont fait de réels progrès.  Les gens sont parfois surpris de ce qu'ils réussissent à faire";

                e)"En tant que PIW, vous n'avez pas besoin d'être très bon en dessin ou en peinture, mais vous devez pouvoir motiver et enthousiasmer les détenus, expliquer les techniques et faire des démonstrations";

                f)"Au début du cours, je n'avais pas envie de commencer quelque chose de nouveau avec les détenus comme de la gravure sur linoléum ou du travail thématique.  Je me disais que, de toute manière, la seule chose qu'ils voulaient c'était faire de la gravure sur verre.  Grâce au cours, j'ai découvert un certain nombre de choses que j'aimerais vraiment faire avec un groupe de détenus.  Je crois que ce sera très chic de pouvoir travailler de la sorte.  Je me réjouis de pouvoir le faire";

                g)"Grâce à cette formation, j'ai le sentiment d'être tout à fait capable d'enseigner l'art avec succès, évidemment après m'y être préparé".

                En pratique, il est apparu que le cours de 120 heures n'a donné que des bases relativement modestes aux PIW par rapport à la tâche qui leur était confiée.  Cette insuffisance a été reconnue par la direction de l'Institut central de formation du Ministère de la justice.  Pour répondre aux besoins des PIW, on a décidé en 1987 d'offrir à chaque établissement 80 heures de conseils par an qui sont financées sur le budget du Ministère de la justice.

                Les conseillers, qui sont aussi des professeurs participant aux stages de formation, jouent un rôle de superviseur et donnent des conseils.  L'exécution des tâches est décidée en consultation étroite avec l'établissement pénitentiaire.  Elle peut avoir lieu, par exemple, une matinée tous les 15 jours ou un jour entier par mois, journée qui peut servir à un atelier qui permettra aux PIW de se familiariser davantage avec une technique donnée.  L'atelier pourrait aussi porter sur le transfert des connaissances, les méthodes d'enseignement ou la préparation d'un thème.

                Pour coordonner et appuyer le travail des conseillers et le relier au Ministère de la justice et à l'Institut central de formation, on a désigné le 1er novembre 1988 un membre du personnel du LOKV en tant que coordonnateur national du projet des PIW, dont le poste est entièrement financé par le Ministère de la justice.  Le LOKV s'occupe des questions financières avec le Ministère et les centres.  Pour l'année 1994, un montant total de 470 000 florins a été alloué au projet.

                G.  Evolution dans les établissements pénitentiaires

                L'éducation artistique donnée dans les établissements pénitentiaires relève du Département de l'éducation socioculturelle, qui supervise le travail du personnel dans les domaines des sports, des bibliothèques, de l'éducation et des activités récréatives.  En ce qui concerne les sports, l'éducation et les bibliothèques, le personnel de cadre est nommé par l'établissement.  Les professeurs des diverses disciplines de l'éducation socioculturelle travaillent régulièrement ensemble à un même projet thématique.  En 1990, un projet thématique de quatre mois choisi pour le pays tout entier et intitulé "Au-delà des frontières" a été exécuté dans 65 % des établissements.  La méthode de travail thématique est aussi un moyen d'assurer une certaine cohésion entre des types apparemment différents d'activités éducatives et socioculturelles dans un même établissement.

                D'après la loi, les détenus doivent avoir accès aux sports, à des bibliothèques, à des activités de plein air et à l'éducation.  La loi ne leur donne pas le droit à l'éducation artistique.  Dans ces conditions, ce qui a été fait jusqu'ici est très encourageant.

                L'éducation artistique s'est fait une place dans le domaine de l'éducation socioculturelle.  Dans plusieurs établissements, une salle de classe a été aménagée pour servir à l'éducation artistique.  Dans les plans de construction de nouveaux établissements, on a prévu les locaux nécessaires à l'éducation artistique.

                Il existe une salle où les détenus peuvent dessiner, peindre et travailler la pâte à modeler ou le bois.  Dans certains établissements, on peut faire de la sérigraphie.  Dans 95 % des établissements (prisons et maisons de détention provisoire), il existe des installations appropriées à l'éducation artistique, avec un matériel spécial et des outils, et cet enseignement est dispensé par des spécialistes ou par les PIW.

                Il y a dix ans, on ne voyait guère de travaux artistiques réalisés par les détenus dans les établissements.  Aujourd'hui, la plupart d'entre eux exposent les travaux des détenus (jusque dans la salle du conseil) et il y a des peintures murales dans les couloirs, les salles de récréation, les lieux d'exercice et les locaux d'accueil des visiteurs.  Il existe même un jardin où sont exposées les sculptures.  Les détenus comme le personnel manient ces objets avec soin et il n'y a pas de vandalisme.

                Il y a deux ans, une exposition itinérante des travaux des détenus et des PIW a parcouru tout le pays, s'arrêtant principalement dans les établissements pénitentiaires, au Ministère de la justice, à l'Institut central de formation et à l'Institut de formation des enseignants.  Partout l'exposition a reçu un accueil enthousiaste et elle a incité d'autres établissements à en faire autant.

                H.  Détenus présentant des troubles du comportement

                Les rapports annuels des conseillers sur les établissements dans lesquels ils travaillent montrent à l'évidence que l'éducation artistique est une excellente activité pour le nombre croissant de détenus qui présentent des troubles du comportement.  Dans l'un des ces rapports, un artiste/enseignant qui travaille à titre indépendant avec les détenus dans le département d'orientation individuelle à la prison de Grave écrit ce qui suit :

                "Le département d'orientation individuelle est celui où les détenus dont le comportement ne convient pas à un régime 'ordinaire' font leur temps.  Dans un régime ordinaire, ils auraient une influence perturbatrice ou pourraient même devenir complètement égarés.  Une approche très individualisée serait utile pour stabiliser ou améliorer l'état de ce type de détenus, qui ont besoin d'installations spéciales dans lesquelles ils peuvent recevoir des soins spéciaux.  Les troubles du comportement sont fréquents chez ces détenus, qu'il faut aborder avec grande prudence.  Il faut s'efforcer de gagner leur confiance.  C'est chose difficile parce qu'ils sont très vulnérables et ont tendance à s'isoler.  Dans le passé, bon nombre de détenus de ce département étaient la risée des autres détenus ou l'objet de tracasseries.  Ils manquent souvent de confiance en soi.   Les arts plastiques peuvent être d'une grande aide pour traiter ce genre de problème.

                'Je ne sais pas le faire' est une expression que l'on entend souvent.  Les activités artistiques sont une occasion de montrer qu'on peut faire des tas de choses.  La technique n'est qu'un moyen de représenter ce que l'on voit ou ce que l'on ressent et n'est donc pas toujours nécessaire.

                Le plus important est de réussir à les faire bouger et de leur insuffler le désir de toucher à de nouvelles matières et techniques et de les manipuler, de se demander par exemple ce qu'on peut faire, ce qu'on ne peut pas faire, comment combiner les différentes matières, qu'est-ce qui m'intéresse en définitive et que je voudrais approfondir.

                En prison, tout comme 'à l'extérieur', il y a quantité de lois et règles à respecter.  L'enseignant essaie de leur faire comprendre que, pendant leur travail, ils peuvent oublier ces lois et règles.  Ils peuvent se sentir libres et décider par eux-mêmes la façon dont ils veulent représenter quelque chose sans qu'il y ait aucune forme de pédanterie dans leur environnement immédiat.  Là où règne la liberté, il y a place pour la compréhension.  Sans elle, on ne trouve que restriction et limitation.

                L'enseignant veut inciter chacun à travailler autant que possible à sa façon afin d'exprimer sa personnalité dans son oeuvre (comme on le fait par l'écriture) et surtout d'apprendre à oser faire un tas de choses, même si on a peur de ne pas réussir.  Ce n'est qu'en sortant de sa réserve et en mettant la main à la pâte qu'on peut s'améliorer.  Par conséquent, il suffit bien souvent de changer simplement la mentalité.  Si cette nouvelle façon de voir éveille l'intérêt, ces individus qui ont souvent du mal à s'exprimer verbalement trouveront un nouveau mode d'expression qui sera aussi pour eux une façon très utile de passer le temps.  Bien entendu, il ne faudrait pas considérer ce mode d'expression des détenus comme une thérapie, mais simplement comme un pas en avant qui est créatif, qui les éloigne des restrictions de la prison et les sort un peu de l'isolement dans lequel ils vivent fréquemment.  Leurs travaux révèlent souvent un grand pouvoir d'expression et ont une réelle valeur artistique qui a ses caractéristiques propres et est le reflet d'une vision, d'une conduite, de certaines possibilités et de certaines limitations.  Ce travail fait de chaque être humain quelque chose d'unique, comme il l'est d'ailleurs en réalité."

                 L'éducation artistique peut modifier favorablement la situation de ce groupe de détenus, car elle les aide à exprimer leurs émotions d'une façon acceptable et non menaçante, de sorte qu'ils pourront mieux s'intégrer à l'ensemble de la population carcérale, ce qui aura aussi un effet favorable sur le contrôle de la prison.  La supervision des détenus doit cependant être confiée à des spécialistes et c'est la raison pour laquelle plusieurs établissements des Pays-Bas ont recours à des artistes/enseignants.  Après tout, les PIW n'ont pas les connaissances spécialisées qu'exige ce travail.

                I.  Comment travaillent les PIW

                Aujourd'hui, les établissements pénitentiaires ont formé suffisamment de PIW pour pouvoir donner une éducation artistique aux détenus, soit dans 25 établissements environ.

                Là où l'éducation artistique n'occupe pas encore une place reconnue dans les activités du régime pénitentiaire, on prétend souvent que c'est parce que les conditions nécessaires ne sont pas réunies.  De ce fait, les connaissances et l'expérience acquise sont dispersées, ce qui réduit automatiquement l'incitation à offrir une éducation artistique aux détenus.

                Les renseignements fournis par les établissements montrent que l'un des objectifs principaux - améliorer les relations entre les agents pénitentiaires et les détenus - est maintenant atteint.  Les relations sociales et l'attitude au travail des détenus comme du personnel s'en trouvent profondément modifiées.  L'hostilité dont les PIW faisaient preuve auparavant à l'égard des détenus a fortement diminué.

                L'éducation artistique est une activité qui suppose un travail en équipe et qui influe donc sur les relations des détenus entre eux et peut les amener à adopter un comportement plus positif en société.  Pendant les travaux pratiques, ils se familiarisent avec la culture de leurs camarades et apprennent ainsi à avoir plus de respect les uns pour les autres, de sorte que les préjugés qu'ils pourraient avoir commence déjà à s'effacer pendant leur détention.  Les différences dans les niveaux d'éducation et les milieux d'origine perdent de leur importance car les gens s'entraident et profitent de leur expérience mutuelle.  Ils se font part de leurs idées et de leurs connaissances respectives.  Ces effets sont visibles dans les établissements qui ont un programme d'éducation artistique structuré.  Le contrôle des détenus s'en trouve également facilité.

                L'éducation artistique ignore les barrières de la langue, si bien que les détenus de diverses nationalités qui n'ont pas une connaissance suffisante du néerlandais peuvent travailler ensemble.  Dans les établissements pour étrangers où l'éducation artistique est inscrite au programme, les détenus sont nombreux à y participer.

                L'éducation artistique contribue à donner aux détenus une bonne opinion d'eux-mêmes.  Si on leur a toujours dit qu'ils n'étaient bons à rien et ne faisaient rien convenablement, ils éprouveront un sentiment de fierté en voyant maintenant leurs travaux encadrés et pendus au mur et ils seront motivés pour continuer à découvrir leurs talents.  Ils pourront même éprouver le désir de poursuivre des études, à la rigueur au bout de quelques années.

                Lors des évaluations, les détenus disent souvent qu'ils oublient qu'ils sont enfermés pendant les travaux artistiques.  Ils veulent toujours emporter leurs oeuvres pour pouvoir les montrer à ceux qui leur rendent visite ou les envoyer à leur famille.  Un détenu a dit un jour "je vais l'envoyer à ma maman.  Elle m'a toujours dit que je ne savais rien faire, je me demande ce qu'elle va dire maintenant."

                Parfois les détenus déposent une plainte officielle lorsqu'ils sont transférés dans un établissement qui n'a pas les installations suffisantes pour y dispenser l'éducation artistique ou en est totalement dépourvu.  Pour que les établissements puissent offrir l'éducation artistique, il faut insister fortement sur ses effets d'éducation, d'intégration et de stabilisation et tenir compte de plusieurs conditions à remplir pour que les PIW puissent travailler convenablement, notamment que :

                a)L'établissement devrait avoir une vaste gamme d'activités de régime pénitentiaire;

                b)Le personnel tout comme l'équipement et les locaux devraient être d'une qualité suffisante;

                c)Les PIW devraient avoir acquis des connaissances techniques suffisantes grâce à une formation spéciale;

                d)Les PIW devraient avoir la possibilité de suivre une formation complémentaire pour perfectionner leurs connaissances initiales;

                e)Les PIW devraient être supervisés par des spécialistes;

                f)Les PIW devraient participer à des réunions de travail;

                g)Les PIW devraient être motivés au sujet des activités qu'ils supervisent;

                h)Il faut une continuité dans la performance;

                i)Il faut donner aux PIW suffisamment de temps pour préparer le travail.

                Les établissements qui satisfont aux conditions ci-dessus emploient souvent un conseiller et un professeur pendant plusieurs heures à leurs propres frais, ce qui démontre leur attachement à l'éducation artistique.

                J.  Conclusions

                L'éducation artistique dans les prisons des Pays-Bas est un projet unique en son genre qui n'a pu être réalisé qu'avec l'aide de personnes enthousiastes, notamment des artistes et professeurs qualifiés, les agents pénitentiaires et, spécialement, les décideurs au Ministère de la justice.  Sans leur soutien, le projet n'aurait pu aboutir.

                Appendice
                Centres de créativité et cours d'art pour agents pénitentiaires

                Les centres de créativité sont des établissements d'éducation artistique extrascolaires.  A la date de rédaction du présent rapport, il en existait une centaine aux Pays-Bas.  Ils offrent des cours d'arts plastiques et, dans une moindre mesure, des cours de techniques audiovisuelles, de théâtre et de danse.  La musique est enseignée dans les écoles spéciales de musique.  Pendant les cours, on s'attache principalement au travail en atelier, mais à l'occasion, on enseigne l'histoire de l'art et la critique d'art.  En outre, bon nombre de ces centres ont une fonction de soutien qui est de former et de conseiller les instituteurs d'écoles primaires, les volontaires des centres communautaires, etc.

                La plupart des cours sont ouverts à tous.  Toutefois, il y a aussi des cours et projets destinés à des groupes spéciaux comme les chômeurs et les personnes handicapées.  Chaque semaine, quelque 140 000 personnes se rendent dans un centre de créativité.  Les femmes y sont plus nombreuses que les hommes et la majorité des participants appartiennent aux classes moyennes et à la bourgeoisie.  Les enfants formaient auparavant le groupe le plus important de participants, mais aujourd'hui les adultes sont majoritaires.  Les cours et travaux sont supervisés par des artistes/enseignants.

                Pour enseigner dans un centre de créativité, il faut avoir reçu une formation artistique dans un institut pédagogique.  Les diplômés des écoles de beaux-arts doivent avoir reçu une formation pédagogique complémentaire.  Il existe dans tout le pays des stages de formation sur la théorie de l'éducation et les méthodes d'enseignement qui sont reliés aux écoles des beaux-arts et coordonnés par le LOKV à Utrecht.  Enseigner dans un centre de créativité est souvent un travail à temps partiel qui consiste essentiellement à donner quelques leçons par semaine.  La plupart des enseignants sont des artistes professionnels mais il n'est pas indispensable qu'ils le soient.  C'est pourquoi on utilise l'expression artiste/enseignant.

                La majorité des centres de créativité sont des fondations privées.  Les deux tiers de leur budget sont cependant couverts par les subventions des pouvoirs locaux qui leur sont remboursées en partie par le fonds spécial du gouvernement pour l'éducation socioculturelle.  Les centres de créativité font donc partie des installations socioculturelles des pouvoirs locaux.

                Dans le cas décrit dans le présent rapport, le Ministère de la justice a financé les cours d'art coordonnés par l'auteur.

                L'Institut néerlandais d'éducation artistique

                L'art et l'éducation sont le domaine de compétence de cet institut, ou LOKV, qui est le centre national de formation théorique et pratique en éducation artistique.  On y apprend à connaître les arts et à développer sa personnalité par les arts.

                Les membres du personnel de cet institut s'occupent de toutes les disciplines artistiques : cinéma, photographie, vidéo, arts plastiques, danse, théâtre, musique et littérature.  Ils s'occupent de la théorie, de la pratique, de la formulation des politiques, des innovations et d'activités artistiques dans les loisirs ainsi que dans l'éducation.

                Ils mettent au point le matériel didactique et des formules d'apprentissage, organisent des festivals, des ateliers et des stages de formation en cours d'emploi, donnent des conseils sur la publication d'articles et la recherche, et choisissent et programment des productions artistiques de niveau professionnel pour les enfants et les adolescents.  Cet Institut possède un vaste centre d'information et de documentation.

                L'Institut s'efforce d'améliorer la qualité de l'éducation artistique aux Pays-Bas.  Il a innové et cherche une cohésion entre l'éducation artistique, l'art pratiqué par les amateurs et l'art des professionnels, de manière à contribuer à améliorer les arts et à leur donner une plus grande place dans la culture.  Il assure aussi la coordination des relations internationales dans le domaine des arts et de l'éducation aux Pays-Bas. 



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                  A. La réforme des prisons
                  B. La méthode de travail thématique
                  C. Une expérience
                  D. Reconnaissance officielle
                  E. Buts du cours
                  F. Programme du cours
                  G. Evolution dans les établissements pénitentiaires
                  H. Détenus présentant des troubles du comportement
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                  J. Conclusions
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                            Centres de créativité et cours d'art pour agents pénitentiaires
                            L'institut néerlandais d'éducation artistique