EDUCATION DE BASE DANS LES PRISONS
                 TROISIEME PARTIE: ETUDES DE CAS 
                Introduction
                On a vu, dans la première partie, que les prisons et autres établissements pénitentiaires sont loin, en raison de leur caractère coercitif, de constituer un cadre favorable à l'éducation.  On tente, cependant, d'y dispenser une éducation correspondant aux besoins des détenus.  Dans la deuxième partie, on ne se propose pas de donner seulement des exemples d'une bonne pratique, sans essayer cependant de dresser un tableau exhaustif de l'éducation en prison dans les différentes régions du monde et on a surtout choisi des études de cas représentant différents aspects de l'éducation de base dans les prisons.

                 Dans cette deuxième partie, les chapitres ont été structurés de façon à présenter des exemples des systèmes nationaux existants, en y examinant notamment les moyens d'offrir une éducation malgré des ressources insuffisantes, en passant en revue les vues des détenus sur le contenu d'une telle éducation, et en exposant enfin des projets novateurs.  Cela ne revient pas à dire que tout système ressemble à celui de la Finlande ou de la Chine, ou doive être remplacé par celui du Costa Rica.  Les conditions varient considérablement selon les pays et les cultures, et on s'est limité, dans le présent rapport, à illustrer une série de pratiques et propositions actuelles.  Aucune recommandation n'est formulée sur la base des études de cas ou d'autres informations reçues, si ce n'est qu'il est nécessaire de revoir la nature et la finalité de l'éducation dans les prisons, notamment au niveau de base, et de prendre des mesures appropriées.  Le rapport aura rempli son but si les exemples qui y sont cités et l'étude générale figurant dans la première partie donnent quelques indications sur les moyens possibles de procéder à cet égard.

                 Les études de la Finlande et de la Chine, par lesquelles on commence, présentent des systèmes nationaux : alors que la Finlande revoit actuellement l'éducation de base qu'elle fournit, eu égard aux premières évaluations du degré d'instruction et des besoins des détenus en la matière, le système chinois fait déjà suivre à presque tous les détenus des programmes éducatifs de réinsertion.  Les études qui suivent de Sri Lanka et du Botswana font ressortir la possibilité de participation d'organisations non gouvernementales à l'éducation dans les prisons, ainsi que le potentiel éducatif des pays en développement ayant peu de ressources.  Dans chaque cas, les études sont basées sur les vues formulées par des détenus dans des interviews.  Une telle approche est également celle qui a été adoptée dans l'étude de l'Allemagne, axée sur la proportion croissante de migrants relevée dans la population carcérale.

                 L'étude des Etats-Unis souligne les liens existant entre la participation à des programmes éducatifs et le comportement ultérieur des détenus (question déjà traitée moins formellement dans l'étude du Botswana).  Cette étude est suivie de rapports sur deux projets de conception très différente : l'introduction d'un programme de rééducation sociale dans une prison agricole en Egypte; et le programme d'éducation artistique aux Pays-Bas.  Ce sont des exemples d'éducation de base allant au-delà de l'alphabétisation, de l'enseignement du calcul et de la formation professionnelle et tendant à donner aux délinquants une personnalité équilibrée qui leur permette de se réinsérer vraiment après leur libération.

                 La dernière étude rend compte du plan d'éducation dans les prisons lancé au début de 1994 au Costa Rica sur la base de l'hypothèse d'un échec du traitement de réadaptation, et qui cherche donc à prévoir une éducation de base élargie.



                © United Nations and UNESCO-Institute for Education
                 
                back to the top