L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays Page d'accueil du forum mondial sur l'éducation
   Algérie
Sommaire du rapport Page d'accueil des rapports des pays Rapports des pays en ordre alphabetique Rapports des pays par régions



Page précédent Page suivant



II Partie: Section Analytique

LES INDICATEURS DE BASE DE L’EPT

Les directives contenues dans le document du FCIEPT proposent 18 indicateurs.

L’indicateur 1 concerne le taux brut d’inscription aux programmes d’éveil de la petite enfance, dans les secteurs publics, privés et communautaires, exprimé en pourcentage du groupe d’âge officiel concerné, s’il en existe un, ou sinon, du groupe d’âge de 3 à 5 ans.

L’indicateur 2 a trait au pourcentage des nouveaux élèves de première année de l’enseignement primaire ayant suivi un type quelconque de programme organisé d’éveil de la petite enfance.

L’indicateur 3 représente le taux brut d’admission: il s’agit du nombre de nouveaux élèves de première année de l’enseignement primaire en pourcentage de la population ayant l’âge officiel d’admission dans cet enseignement.

L’indicateur 4 concerne le taux net d’admission : Il concerne le nombre de nouveaux élèves de première année de l’enseignement primaire ayant l’âge officiel d’admission dans cet enseignement en pourcentage de la population correspondante.

L’indicateur 5 est relatif au taux brut de scolarisation ; il correspond au total des inscriptions dans l’enseignement par rapport à la population en âge d’être scolarisée.

L’indicateur 6 Concerne le taux net de scolarisation ; il correspond au total des inscriptions du groupe d’âge ayant l’âge officiel de fréquenter l’école par rapport à la population ayant l’âge correspondant.

L’indicateur 7 est relatif aux dépenses publiques ordinaires pour l’enseignement primaire

L’indicateur 8 concerne les dépenses publiques pour l’enseignement primaire en pourcentage du total des dépenses publiques d’éducation.

L’indicateur 9 représente le pourcentage des enseignants des écoles primaires ayant les titres académiques requis.

L’indicateur 10 représente le pourcentage des enseignants des écoles primaires certifiés pour enseigner selon les normes nationales.

L’indicateur 11 exprime le nombre d’élèves par maître.

L’indicateur 12 concerne le taux de redoublement par année d’études.

L’indicateur 13 représente le taux de survie en cinquième année (pourcentage de la cohorte parvenant effectivement jusqu’à la cinquième année). Il a été pris l’initiative de calculer les taux de survie jusqu’en 9eme AF et au BEF.

L’indicateur 14 exprime le coefficient d’efficacité (nombre idéal des années de scolarité nécessaires pour qu’une cohorte d’élèves achève le primaire, exprimé en pourcentage du nombre effectif des années de scolarité).

L’indicateur 15 représente le pourcentage des élèves ayant atteint au moins la quatrième année de la scolarité primaire qui maîtrisent un ensemble de compétences de base définies à l’échelon national.

L’indicateur 16 traite du taux d’alphabétisme des sujets âgés de 15 à 24 ans.

L’indicateur 17 exprime le taux d’alphabétisme des adultes : pourcentage de la population âgée de 15 ans et plus sachant lire et écrire.

L’indicateur 18 exprime l’indice de parité d’alphabétisme entre les sexes : rapport entre le taux d’alphabétisation des femmes et celui des hommes.

PROTECTION ET EVEIL DE LA PETITE ENFANCE

Même si, pour des raisons objectives, ce volet n’a pas pu être traité, il est important de rappeler que l’objectif assigné, par l’EPT, à la protection et à l’éveil de la petite enfance est d’évaluer l’expansion des activités de protection et d’éveil de la petite enfance, y compris les interventions au niveau de la famille ou de la communauté, particulièrement en faveur des enfants pauvres, défavorisés et handicapés.

Cet objectif concerne le premier élément de l’éducation de base, qui englobe toute la gamme des activités délibérées et organisées destinées à permettre une croissance saine des enfants, de répondre aux besoins de leur développement de la naissance à l’âge de 8 ans. Il s’agit d’activités assurées sous le contrôle de plusieurs services relevant de l’Etat, comme l’éducation, la santé, la nutrition, la prévoyance sociale, etc. Cet objectif comporte expressément les interventions de la famille et de la communauté, en particulier pour les enfants pauvres, défavorisés et handicapés.

L’impact des programmes de protection et d’éveil de la petite enfance est difficile à apprécier. L’une des méthodes possibles consiste simplement à déterminer quelle est, parmi les enfants qui entrent à l’école, la proportion de ceux qui ont bénéficié d’un soutien de ce type d’éducation.

Le bilan attendu devrait si possible porter plus particulièrement sur les programmes d’éveil de la petite enfance, c’est-à-dire sur ceux qui comportent des activités organisées et systématiques s’appuyant sur une école ou sur un centre et qui visent à favoriser l’apprentissage et le développement affectif et social des enfants.

Indicateur 1. Cet indicateur exprime le taux brut d’inscription aux programmes d’éveil de la petite enfance, dans les secteurs publics, privés et communautaires. Ce taux est égal au nombre total des enfants inscrits à des programmes d’éveil de la petite enfance, quel que soit leur âge, exprimé en pourcentage de l’effectif du groupe d’âge officiel correspondant ou, sinon, du groupe d’âge de 3 à 5 ans. Cet indicateur mesure le niveau général de participation des jeunes enfants aux programmes d’éveil de la petite enfance. Il indique aussi la capacité d’un pays à préparer les jeunes enfants à l’enseignement primaire.

Un taux brut d’inscription aux programmes d’éveil de la petite enfance élevé indique une capacité d’accueil convenable pour ce type de programme, c’est à dire les moyens de s’occuper de tous les enfants du groupe d’âge officiel intéressé par des activités d’éveil de la petite enfance.

La présente étude n’a pas pu faire état des valeurs de l’indicateur 1 car les annuaires statistiques officiels ne contiennent pas les informations s’y rapportant d’une part, et, d’autre part, il n’a pas été possible dans le temps imparti, de lancer une opération de collecte de l’information à travers toutes les institutions aussi bien publiques que privées qui organisent et mettent en oeuvre un programme de protection et d’éveil de la petite enfance.

Indicateur 2. Cet indicateur exprime le pourcentage des nouveaux élèves de première année de l’enseignement primaire ayant suivi un type quelconque de programme organisé d’éveil de la petite enfance.

Il est égal au nombre de nouveaux élèves de première année de l’enseignement primaire ayant bénéficié d’un type quelconque de programme organisé d’éveil de la petite enfance équivalant à 200 heures au moins, exprimé en pourcentage du nombre total de nouveaux admis en première année de l’enseignement primaire. Cet indicateur permet de se faire une idée de la proportion des nouveaux élèves de première année qui ont bénéficié d’une préparation à la scolarité primaire grâce à des programmes d’éveil de la petite enfance.

Un pourcentage élevé de nouveaux élèves de première année de l’enseignement primaire ayant suivi un type quelconque de programme organisé d’éveil de la petite enfance indique qu’une proportion importante de ces enfants a bénéficié d’activités organisées d’apprentissage antérieurement à l’admission à l’école primaire.

Le progrès scolaire dépend souvent des aptitudes cognitives acquises à un très jeune âge. On reconnaît en général qu’une participation préalable à des programmes d’éveil de la petite enfance peut jouer un rôle important dans les études futures de l’enfant parce que ces programmes créent des attitudes envers l’apprentissage et développent des compétences sociales de base, mais l’effet des activités d’éveil sur le développement cognitif des enfants peut varier selon la nature du programme suivi.

Cet indicateur n’a pas pu être calculé pour les mêmes raisons que celles évoquées ci-dessus à propos de l’indicateur 1. Aussi est-il opportun de recommander aux services du Ministère de l’Education Nationale de prévoir dans ses annuaires statistiques de référence une rubrique relative aux élèves ayant suivi un type quelconque de programme organisé d’éveil de la petite enfance, et non pas de se contenter de présenter quelques cas d’élèves ayant poursuivi un cursus d’école maternelle géré par les services de l’éducation.

En guise de première conclusion, l’Etat doit se résoudre à concevoir, élaborer et organiser un programme national d’éveil de la petite enfance. En effet, l’éducation des enfants n’ayant pas atteint l’âge requis pour entrer à l’école revêt une importance capitale pour les phases ultérieures de la scolarité. Si l’éveil de la petite enfance favorise le développement de la personnalité, éveille les sens de l’esthétique, favorise la prise de conscience du corps et permet d’acquérir des habiletés intellectuelles, motrices et psyschomotices, permet la pratique du langage etc, cela implique des ressources matérielles, financières et d’encadrement que l’Etat ne peut, à lui seul, prendre en charge, d’autant plus que cela dépasse les prérogatives qui lui sont assignées par la Constitution. En effet, la Constitution algérienne annonce (article 53) que l’Etat garantit :

L’Etat doit adapter sa législation en matière d’éducation à la lumière des dispositions de la Constitution. Il doit ouvrir au secteur privé la possibilité d’investir dans le système éducatif, notamment dans la prise en charge de l‘éducation préscolaire ; l’Etat, à travers le Ministère de l’Education Nationale restera responsable de l’élaboration des programmes éducatifs, de la définition des normes relatives aux infrastructures, aux équipements et moyens didactiques, de l’organisation du contrôle pédagogique. En outre, l’Etat devra encourager le secteur socio-économique, la société civile, les entreprises publiques et privées, les collectivités locales à investir dans le domaine de l’éducation de la petite enfance. Un dossier en ce sens devrait être soumis au gouvernement.

Il a été relevé la difficulté de collecte des données relatives à l’éducation de la petite enfance. Ce constat conduit à formuler la recommandation suivante, à savoir celle de systématiser la collecte des données relatives à l’inscription des enfants au niveau des programmes d’éveil de la petite enfance, de centraliser l’information et les données statistiques auprès d’une institution ; la plus indiquée demeure celle du Ministère de l’Education Nationale qui possède déjà une organisation et un système de collecte de l’information bien rôdé.

ENSEIGNEMENT FONDAMENTAL

L’objectif assigné au bilan de l’école fondamental est d’apprécier le niveau de concrétisation de la scolarisation universelle. Cet objectif vise à élargir l’accès à l’enseignement fondamental, à vérifier que celui-ci est suivi par tous les enfants ayant l’âge scolaire voulu, à améliorer son efficacité interne, ce qui doit se traduire par l’achèvement du cycle fondamental par tous les élèves dans les temps impartis. Il implique que les ressources et les infrastructures disponibles soient suffisantes et surtout utilisées rationnellement.

Il est opportun de rappeler qu’il ne suffit pas qu’une grande partie, voire toute la population en âge d’entrer à l’école soit scolarisée pour que l’on puisse dire que l’on atteint le niveau de scolarisation universelle. Certes, il s’agit là déjà d’un immense progrès, mais ce dernier doit également répondre à d’autres critères d’efficacité dont celui de faire parvenir tous ceux qui sont entrés à l’école jusqu’à la fin du cursus de scolarité obligatoire. Cependant, il ne doit pas être permis aux élèves entrés pour la première fois à l’école de parvenir à la fin du cursus scolaire en un temps indéfini. L’idéal est qu’ils y parviennent en un nombre d’années équivalent à celui qui organise le système. Pour atteindre un tel objectif, il y a lieu de mobiliser tous les moyens nécessaires permettant d’éviter à tout élève un redoublement ou une exclusion. S’il s’agit là d’une exigence idéale et absolue, l’objectif visé devrait montrer dans la réalité que les résultats observés et affichés au niveau des statistiques scolaires ne diffèrent pas de manière significative de cet énoncé idéal. L’objectif visé devrait être vérifier chez les filles aussi bine que chez les garçons, au niveau de chaque wilaya, chaque commune, chaque établissement scolaire.

Si les taux de redoublement et d’abandon sont excessifs, cela signifie que la qualité de l’enseignement dispensé est médiocre. En outre, lorsqu’un taux de redoublement et/ou d’abandon est anormalement élevé, cela impose l’engagement de dépenses supplémentaires en ressources humaines ainsi qu’en infrastructures (non indispensables pour couvrir la demande de scolarité des enfants en âge d’être scolarisés) sans pour autant que cela favorise une amélioration de la qualité de l’enseignement dispensé. Ce n’est pas en faisant redoubler un élève, et encore moins en l’excluant après quelques années de scolarité, que l’on améliorera ses performances ; bien au contraire, l’élève redoublant est confronté à une situation d’échec démoralisante et cela ne fait que surcharger la taille de la division pédagogique, ce qui n’améliore guère les conditions d’apprentissage.

Les dépenses investies dans la prise en charge des redoublants devraient être employées à tout ce qui a trait à l’amélioration des performances des élèves. L’enjeu est d’améliorer l’indicateur qualité/prix ou coût/bénéfice en investissant dans la formation des enseignants, la recherche pédagogique, la pédagogie de soutien et de rattrapage ; enfin, d’investir dans tout ce qui a trait à l’amélioration qualitative du rendement éducatif. Le profit qui en est retiré est nettement plus appréciable, tant pour l’élève que pour le système. L’amélioration des coûts de l’éducation et des performances pédagogiques du système ne peut pas être résolue par la politique du redoublement et de l’exclusion. Le redoublement doit être banni, il coûte cher en dépenses récurrentes, il maintient les élèves et le système à un niveau très médiocre de performance.

Il faudra retenir que l’enseignement et l’éducation sont organisés pour fournir à tout un chacun, comme le stipule la déclaration de Jomtien «les outils d’apprentissage essentiels (lecture, écriture, expression orale, calcul, résolution de problèmes), les contenus éducatifs fondamentaux (connaissances, aptitudes, valeurs, attitudes) dont l’être humain a besoin pour survivre, pour développer toutes ses facultés, pour vivre et travailler dans la dignité, pour participer au développement, pour améliorer la qualité de son existence, pour prendre des décisions éclairées et pour continuer à apprendre».

Si un élève ne parvient pas à assimiler ce que les programmes sont censés lui communiquer, il est inexact, - voire inconcevable – de dire que cet individu ne possède pas les aptitudes nécessaires pour réussir, cela devient inacceptable lorsqu’il s’agit d’une proportion importante de la population scolarisée qui est accusée de ces maux. Les facteurs d’échec sont à rechercher au niveau des programmes et des méthodes pédagogiques des divers moyens didactiques utilisés, des qualifications de l’encadrement et des conditions matérielles dont les déficiences ne permettent pas de dispenser à l’élève considéré l’éducation préconisée. Toute éducation est censée être conçue, organisée et réalisée pour faire réussir la quasi-totalité des élèves.

Il ne faut pas oublier que pour chaque exclusion recensée cela signifie une dépense d’une ou plusieurs années scolaires/élève, en pure perte, ce qui engendre des surcoûts de l’éducation. En outre, il ne faut pas perdre de vue qu’un élève qui abandonne pour quelque motif que ce soit sa scolarité avant la 5eme année d’études expose cet élève à l’analphabétisme de retour.

Indicateur 3. Le taux brut d’admission (le TBA) : il représente le nombre total des admis en première année de l’enseignement primaire, sans considération d’âge, exprimé en pourcentage de la population ayant l’âge officiel d’entrer à l’école primaire. Cet indicateur traduit le niveau général d’accès à l’enseignement primaire. Il indique également la capacité du système éducatif à assurer l’accès en première année scolaire de la population ayant l’âge officiel d’entrer à l’école.

Les résultats obtenus se présentent comme suit :

RESULTAT NATIONAL

 

TOTAL

FILLES

GARCONS

FIL/GAR

FIL-GAR

TBA

104.12%

102.12%

106.05%

96.29%

3.93%

VARIATION INTER-WILAYA

MIN

86.61%

74.07%

88.04%

73.65%

MAX

118.41%

112.87%

126.31%

106.18%

L’analyse globale des données concernant les nouveaux élèves en 1ere année d’enseignement fait ressortir que le taux brut d’admission à l’échelle nationale dépasse 104%. Ce premier résultat indique que le système éducatif algérien possède les capacités nécessaires pour accueillir et scolariser l’ensemble des enfants âgés de 6 ans. Le taux brut d’admission, affiché par l’Algérie, signifie donc que même si l’ensemble des enfants ayant l’âge requis pour entrer à l’école étaient totalement scolarisés, parmi ces nouveaux entrants se trouveraient des enfants plus jeunes et des enfants plus âgés que l’âge requis. Cette première constatation dénote que les instructions relatives à l’âge légal d’admission à l’école ne sont pas strictement respectées, puisque si l’on avait scolarisé tous les enfants âgés de 6 ans en première année, on aurait quand même recensé plus de 4% des enfants qui n’ont pas l’âge requis sont entrés en première année par dérogation d’âge. La notion de dérogation est mal interprétée : la réglementation prévoit que ne doivent être scolarisés que les enfants ayant 6 ans révolus le jour de la rentrée scolaire ; une dérogation peut être accordée en fonction des places disponibles pour les enfants qui atteindront 6 ans révolus au 31 décembre de l’année civile concernée. Il ne devrait pas exister d’autres formes de dérogation.

Chez les filles ce taux brut d’admission atteint plus de 102%, alors que chez les garçons il dépasse 106%. Même si le taux brut d’admission des filles est inférieur à celui des garçons, il n’en demeure pas moins que le taux brut d’admission observé sur chacun des deux sexes dépasse 100%. En conséquence, on peut admettre qu’il n’existe pas de différence significative entre filles et garçons en ce qui concerne leur accueil pour la première fois à l’école. Cela signifie aussi que l’on scolarise plus qu’il ne faut les filles aussi bien que les garçons. Il reste cependant à déterminer dans cette scolarisation supplémentaire la proportion des enfants plus jeunes ou plus âgés que l’âge officiel de 6 ans.

L’analyse inter-wilaya fait ressortir que globalement, le taux brut d’admission se disperse entre 86.61% (wilaya de Tamanrasset) et 118.41% (wilaya de Naama). En outre, il est relevé que sur les 48 wilayas que compte le pays, 12 d’entre elles affichent un taux brut d’admission inférieur à 100%, et que 36 présentent un taux d’admission supérieur au seuil maximum de 100%. L’écart inter-wilaya le plus élevé atteint 32 points (118.41%-86.61%). Compte tenu de la taille de cet écart, on peut dire qu’il existe un déséquilibre flagrant entre les wilayas. Si le faible taux d’admission enregistré dans la wilaya de Tamanrasset peut être expliqué par les caractéristiques sociologiques et socio-économiques particulières qui caractérisent la wilaya, il est par contre difficile d’expliquer le score atteint par la wilaya de Naama qui est située à la lisière du Sahara et qui connaît également un phénomène de nomadisme. Les écarts inter-wilaya relatifs aux taux bruts d’admission enregistrés indiquent un déséquilibre inter-wilaya important.

A priori, ces résultats signifient aussi que dans le ¼ des circonscriptions administratives algériennes, l’admission en première année scolaire ne répond pas au critère d’universalisation de l’enseignement, même si la plupart des taux recueillis sont proches de 100%.

L’analyse inter-wilaya du taux brut de scolarisation par sexe fait ressortir que le taux brut d’admission se répartit chez les filles entre 74% (wilaya de Ghardaïa) et près de 113% (wilaya de Sidi Bel Abbès) alors que cette répartition se distribue chez les garçons entre 88% (Djefa) et plus de 126% (Naama)

Chez les filles on recense 19 wilayas où le taux brut d’admission est inférieur à 100%, alors que chez les garçons on ne dénombre que 8 wilayas. Ces premiers relevés indiquent que le taux brut d’admission est plus élevé chez les garçons que chez les filles dans la majorité des wilayas.

Au niveau national, le rapport du taux brut d’admission des filles sur celui des garçons dépasse 96% ; cette différence de moins de 4% ne présente pas un caractère significatif dans la scolarisation des filles par rapport à la scolarisation des garçons. Néanmoins, l’analyse inter-wilaya dévoile des disparités remarquables dans les comportements de scolarisation des filles et des garçons. En effet, le rapport entre le taux brut d’admission des filles sur celui des garçons varie entre 73.65% (wilaya de Ghardaïa) et 106.48% (wilaya de Ain Defla). Il faut relever que le taux brut de scolarisation est plus élevé chez les filles au niveau de 13 wilayas et qu’il est plus faible au niveau de 35 wilayas.

Ces différences relevées au détriment des filles laissent entrevoir, à priori, que la scolarisation des filles, contrairement à celle des garçons subit certaines contraintes sociales au niveau de certaines wilayas. Par ailleurs, il faut noter que les élèves scolarisés dans les établissements religieux –garçons et filles – ne sont pas pris en charge par les statistiques officielles, pour la bonne raison que la législation régissant l’éducation ne reconnaît pas l’existence de tes établissements.

En conséquence, on peut dire que même si à l’échelle nationale les taux bruts d’admission en 1ere année se l’enseignement fondamental sont satisfaisants aussi bien chez les filles que chez les garçons, il n’en demeure pas moins que ces résultats laissent supposer que certaines wilays sont déficitaires en moyens de scolarisation alors que d’autres sont nettement plus à l’aise. Cette hypothèse reste à confirmer.

Ce chapitre relatif au taux brut d’admission permet de dégager deux recommandations importantes :

Indicateur 4 . Taux net de scolarisation (le TNA) : Il représente le nombre des nouveaux élèves de première année de l’enseignement primaire ayant l’âge officiel d’entrer à l’école primaire, exprimé en pourcentage de la population du même âge. Cet indicateur fournit une mesure plus précise du niveau d’accès à l’enseignement primaire de la population en âge d’y entrer que ne le fait le taux brut d’admission.

Le taux net d’admission en première année est égal au pourcentage du rapport du nombre des enfants ayant l’âge officiel d’entrée à l’école primaire qui entrent effectivement en première année de l’enseignement primaire sur l’effectif de la population du même âge. Les données relatives aussi bien aux nouveaux élèves qu’à la population utilisée pour le calcul de l’indicateur se référent strictement à l’âge officiel d’entrée à l’école. Un taux net d’admission élevé indique un degré élevé d’accès à l’enseignement primaire pour les enfants ayant l’âge officiel d’entrée à l’école primaire et une proportion élevée d’élèves du même âge en première année de l’enseignement primaire, ce qui peut faciliter l’action pédagogique. Un taux net d’admission élevé constitue une mesure des progrès accomplis en matière de scolarisation universelle.

Le traitement des données relatives au taux net d’admission fait ressortir les résultats suivants :

RESULTAT NATIONAL

TOTAL

FILLES

GARCONS

FIL/GAR

FIL - GAR

TNA

79,86%

78.08%

81.58%

95.71%

-3.50%

VARIATION INTER-WILAYA

MIN

56.53%

53.56%

59.21%

71.95%

MAX

94.74%

95.01%

96.37%

105.18%

Le taux net d’admission en première année de scolarité fait ressortir que compte tenu de l’âge officiel fixé à 6 ans, seulement près de 80% des élèves concernés entrent pour la première fois à l’école. Il est de 78% chez les filles et de plus de 81% chez les garçons. Il s’agit là d’un taux très faible pour un pays qui possède les capacités de scolariser plus de 100% des enfants âgés de 6 ans ; comme cela a été observé lors de l’analyse des taux bruts d’admission. Ce phénomène paradoxal est essentiellement du au fait que de nombreux enfants entrent avant l’âge officiel et qu’en conséquence, lorsque ces derniers atteignent l’âge requis pour être scolarisé, ils l’ont déjà été une ou plusieurs années auparavant. Ces premiers résultats globaux permettent d’énoncer que la différence entre le TNA des filles et celui des garçons n’est pas très significatif et qu’en conséquence, les filles scolarisées dans quasiment les même proportions que les garçons.

Le taux net d’admission en première année ne doit pas être confondu avec le taux de scolarisation des enfants âgés de 6 ans. Au risque de nous répéter, le taux net d’admission ne prend en compte que les enfants qui entrent pour la première fois à l’école et qui ont l’âge requis et non pas tous les enfants qui sont âgés de 6 ans et qui sont scolarisés.

L’analyse inter-wilaya fait apparaître que le taux net de scolarisation (filles et garçons confondus) se disperse entre 56,53% (wilaya de Illizi) et 94,74% (wilaya de Skikda). Cela représente un très important écart estimé à plus de 38 points. Il devient urgent de s’interroger sur une telle faiblesse du taux net d’admission dans certaines wilayas. Il est capital de prendre des mesures immédiates capables de réguler correctement l’entrée à l’école des enfants de 6 ans.

Chez les filles, le taux net d’admission en première année de scolarité se disperse entre 53,56% (wilaya de Illizi) et 95,01% (wilaya de Skikda). Chez les garçons la dispersion varie entre 59,21% (wilaya de Illizi) et 96,37% (wilaya de El Tarf). L’écart inter-wilaya constaté chez les filles s’élève à plus de 41 points, tandis que chez les garçons cet écart dépasse les 37 points. En conséquence, on relève que non seulement les taux nets d’admission sont faibles dans certaines wilayas, mais encore la disparité constatée entre les wilayas est totalement inacceptable tant en ce qui concerne les filles que les garçons.

Ces quelques constatations permettent d’affirmer que le taux net d’admission chez les filles est légèrement plus faible que celui des garçons tant à l’échelle nationale que dans sa dispersion inter-wilaya. Une telle constatation ne permet pas de préjuger de la ségrégation entre sexe ; en effet, il suffit de supposer que les filles entrent plus précocement à l’école pour expliquer la différence constatée entre filles et garçons.

Le rapport du taux net d’admission des filles sur celui des garçons, au niveau nartional, atteint près de 96%, ce rapport proche de 100% ne marque pas suffisamment la différence des taux nets d’admission entre filles et garçons. Cependant, l’analyse inter-wilaya montre un déséquilibre important. En effet, le rapport des taux nets d’admission observés chez les filles sur celui relevé chez les garçons varie entre 72% (wilaya de Ghardaia) et 105,18% (wilaya de Bouira). Si pour la wilaya de Ghardaia on peut facilement trouver une explication sociologique, pour celle de Bouira, l’explication relève du mystére pour le moment.

Idéalement, le taux brut d’admission devrait être égal au taux net d’admission. Cela signifierait que le système n’accueille en première année que les élèves âgés de 6 ans.

Pour tenter de compendre les différences constatées entre les taux bruts et les taux nets d’admission, il a été établi une comparaison différentielle entre ces deux taux d’admission en première année d’enseignement. Cette différence exprimerait la proportion d’enfants plus jeunes et plus âgés que l’âge requis qui rentrent pour la première fois à l’école.

DIFFERENCES ENTRE LE (TBA) ET LE (TNA) :

Les résultats obtenus se présentent comme suit :

RESULTAT NATIONAL

TOTAL

FILLES

GARCONS

TBA - TNA

24.26%

24.04%

24.47%

VARIATION MAXIMUM INTER-WILAYA

MAX

43.96%

40.08%

51.32%

Il y a lieu de noter que les données statistiques utilisées, pour le calcul des deux taux d’admission, ont été limitées aux enfants âgés de 6 ans et à ceux âgés de 5 ans. Les informations concernant les autres catégories d’âge, qui entrent pour la première fois à l’école, n’ont pas été prises en considération dans la mesure où ces informations ne sont pas affichées au niveau des documents officiels de références.

Si l’on considère le biais introduit dans le traitement statistique, on peut énoncer qu’à l’échelle nationale, au cours de l’année scolaire 1998/1999, si les nouveaux entrants représentent plus de 104% par rapport aux enfants ayant atteint l’âge officiel pour entrer à l’école (6 ans), seulement près de 80% de ces derniers entrent pour la première fois à l’école. En d’autres termes cela signifie que plus de 24% des élèves, de première année, entrent à l’école alors qu’ils n’ont pas l’âge requis.

Cette conclusion est vraie aussi bien en ce qui concerne les garçons que les filles. Pour chaque sexe, elle est de l’ordre de 24%.

L’analyse inter-wilaya fait apparaître que les différences entre le TBA et le TNA atteint près de 44% d’écart au niveau de la wilaya d’Illizi pour les deux sexes confondus. Chez les filles un écart maximun légèrement supérieur à 40% est relevé dans la wilaya de Mascara, alors que chez les garçons cet écart atteint plus de 52% au niveau de la wilaya d’Illizi. Les écarts minima n’ont pas été affichés au niveau de ce rapport dans la mesure où les données statistiques ont été jugées peu fiables pour certaines wilayas en particulier celle de Tarf.

Les valeurs des différences entre TBA et TNA constituent des résultats alarmants dans la mesure où ils font ressortir que le recours à la dispense d’âge au profit des enfants de moins de 6 ans révolus est érigé en pratique abusive puisque les bénéficiaires constituent une proportion significative.

Cette situation peut être expliquée par le fait que les parents soucieux de donner une éducation à leurs enfants ne trouvent pas d’établissements d’enseignement préscolaire. Un tel déséquilibre constaté entre le taux brut et le taux net d’admission, exprime de fait qu’à l’échelle nationale près du quart des enfants qui entrent à l’école pour la première fois sont des enfants qui n’y ont pas droit compte tenu de la législation en vigueur. Cela signifie que le quart du potentiel, en termes de ressources, d’infrastructures et d’encadrement, mis à la disposition des nouveaux entrants est indu. Il est donc possible de réaliser des économies qui seront versés au profit de l’amélioration de la qualité de l’enseignement.

Cette ruée, voire ce raz de marée, d’élèves plus jeunes que l’âge requis qui entrent en première année de scolarité, exprime de fait une très puissante demande de prise en charge de ces enfants. Il y a lieu de mettre fin à cette situation en organisant la prise en charge des enfants de moins de 6 ans dans des structures appropriées. Cette préoccupation devrait être celle des secteurs socio-économiques, des collectivités locales, des entreprises, de la société civile, etc. Etant entendu que les programmes éducatifs, les normes relatives aux infrastructures, aux équipements et aux moyens didactiques, l’organisation pédagogique relèveraient de l’Etat.

Avec le développement de l’éducation préscolaire, la non-admission des enfants de moins de 6 ans en 1ere année de l’enseignement primaire allégerait le nombre d’élèves par division pédagogique, ce qui constituerait un facteur non négligeable dans l’amélioration de l’apprentissage scolaire. Cet allégement pourrait également permettre de faire baisser les besoins en termes d’encadrement pédagogique et par contre-coup, réduire les dépenses salariales.

L’analyse des taux bruts et des taux nets d’admission apporte un éclairage sur la manière dont les nouveaux entrants sont scolarisés. Le taux de scolarisation des enfants de 6 ans qui exprime en pourcentage le rapport du nombre d’enfants scolarisés âgés de 6 ans quelle que soit l’année d’études considérée, sur la population vivante âgée de 6 ans qui figure au niveau des indicateurs statistiques publiés par le Ministère de l’Education Nationale ne constitue qu’un leurre qui déforme la réalité et qui camoufle les dysfonctionnement liés à la gestion des effectifs scolaires.

Le taux trompeur de scolarisation des enfants de 6 ans devrait être banni des annuaires statistiques ; sinon il devrait être accompagné des taux bruts et des taux nets d’admission. Les statistiques scolaires nationales devraient absolument afficher les indicateurs de scolarisation tels que définis par l’UNESCO. C’est une manière de marquer sa présence au niveau des instances internationales et de participer au progrès dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement.

Indicateur 5. Le taux brut de scolarisation : (le TBS), il représente le taux brut de scolarisation est égal au pourcentage du rapport du nombre des élèves inscrits dans l’enseignement primaire, quel que soit leur âge, sur la population ayant l’âge officiel de scolarisation à l’école primaire. Le taux brut de scolarisation peut être utilisé conjointement avec le taux net de scolarisation pour mesurer l’importance de la scolarisation des enfants ayant dépassé ou n’ayant pas encore atteint l’âge officiel d’entrée à l’école.

Le taux brut de scolarisation est largement utilisé comme indice du niveau général de participation à l’enseignement primaire et la capacité de celui-ci de prendre en charge les enfants ayant l’âge d’être scolarisé dans l’enseignement primaire.

Un taux de scolarisation brut élevé indique un degré élevé de participation, que les élèves appartiennent au groupe d’âge officiel ou non. Quand la valeur du taux brut approche ou dépasse 100 %, cela indique que le pays est en principe capable de scolariser la totalité de sa population en âge de fréquenter l’école primaire, mais n’indique pas la proportion de cette population qui fréquente effectivement l’école. Parvenir à un taux de scolarisation brut de 100 % est donc une condition nécessaire, mais non suffisante, de l’universalisation de l’enseignement primaire. Quand le taux de scolarisation brut dépasse 90 % pour l’enseignement primaire, le nombre total des places pour les élèves approche le nombre requis pour que le groupe d’âge officiel soit scolarisé en totalité. Toutefois, pour que l’universalisation de l’enseignement primaire soit effectivement réalisée, il faudrait que le nombre des élèves n’ayant pas encore atteint ou ayant déjà dépassé l’âge officiel diminue afin de libérer des places pour les élèves faisant partie du groupe d’âge officiel de fréquentation de l’enseignement primaire.

LE TAUX BRUT DE SCOLARISATION

(TBS) des 6 – 12 ans

Les deux premiers cycles de l’Enseignement Fondamental

Il y a lieu de rappeler que dans l’organisation scolaire algérienne, la période d’obligation scolaire s’étend de l’âge légal d’admission arrêté à 6 ans à 16 ans révolus ; cette période correspond à la durée de l’enseignement fondamental à laquelle est ajoutée une année de redoublement. L’enseignement fondamental – qui regroupe l’ex enseignement primaire et l’ex-enseignement moyen – est organisé en trois cycles de 3 ans chacun. Pour les besoins de ce rapport les taux bruts de scolarisation seront calculés et analysés pour les deux premiers cycles d’enseignement fondamental, soit pour la tranche 6-12 ans puis dans une seconde étape pour la tranche 6-16 ans.

Le traitement des données relatives aux taux bruts de scolarisation 6-12 ans exprime les résultats suivants :

RESULTAT NATIONAL

TOTAL

FILLES

GARCONS

FIL/GAR

FIL – GAR

TBS

96.05%

93.43%

96.57%

96.75%

-3.14%

VARIATION INTER-WILAYA

MIN

77.07%

74.30%

78.47%

75.93%

MAX

134.21%

130.97%

136.58%

116.96%

Le taux brut de scolarisation au niveau de deux premiers cycles de l’enseignement fondamental (enseignement élémentaire) est estimé à plus de 96%.

A priori, on peut dire que le nombre de places pédagogiques offertes est satisfaisant dans le sens où il est très proche du nombre de places requises.

Si l’on considère le taux brut de scolarisation chez filles, il est de l’ordre de 93,43% alors que chez les garçons ce taux est de 96,57%. Il apparaît que le taux de scolarisation des filles est plus faible que celui des garçons ; néanmoins cet écart de 3 points environ ne mérite pas d’être considéré comme étant un écart significatif.

L’analyse inter-wilaya met en exergue des écarts importants ; ainsi on relève que le taux de scolarisation le plus faible est affiché par la wilaya de Djelfa avec 77.07% et que le taux de scolarisation le plus élevé est relevé au niveau de la wilaya de Béjaïa avec plus de 134%, ce qui représente un écart de plus de 57 points. On recense également que 11 wilayas atteignent un taux brut de scolarisation inférieur à 100%. Cette sous-scolarisation ne peut être expliquée par un facteur géographique dans la mesure où pour un même type de région, certaines wilayas dépassent les 100% alors que d’autres n’atteignent pas ce score.

Chez les filles, l’écart inter-wilaya le plus large atteint près de 57 points, en effet, le taux brut de scolarisation le plus élevé est observé dans la wilaya de Béjaïa avec 130.97%, alors que le taux le plus faible est affiché dans la wilaya de Djelfa avec 74.30%.

L’écart inter-wilaya observé chez les garçons atteint moins de 58 points Le taux brut de scolarisation des garçons varie entre 136.58% dans la wilaya de Naama et 78.47% dans la wilaya de Djelfa.

Les écarts entre les taux les plus faibles et les plus élevés, aussi bien pour l’ensemble des élèves que chez les filles et chez les garçons sont sensiblement identiques.

On observe, que chez les filles, les taux bruts de scolarisation, au niveau de 25 wilayas, sont supérieurs à 100%. On en déduit que 23 wilayas accusent des taux inférieurs à 100%. Chez les garçons, le taux brut de scolarisation est inférieur à 100% au niveau de 8 wilayas, il est supérieur à 100% au niveau de 40 wilayas.

Ces observations permettent de déduire que les garçons sont plus scolarisés que les filles. Néanmoins, il faut signaler que le taux de scolarisation des filles est supérieur à celui des garçons au niveau de 4 wilayas (Alger, Ain Temouchent, Bechar, et Batna) même si pour cette dernière wilaya le taux de scolarisation des filles aussi bien que celui des garçons est inférieur à 100%.

Si l’on considère qu’un taux brut de scolarisation supérieur à 100% signifie que l’on scolarise des enfants plus jeunes et plus âgés que l’âge requis, on s’aperçoit que de nombreuses wilayas sont hors normes, surtout lorsque l’on sait que la tranche des 6-12 ans ne peut pas, pour des raisons objectives, être totalement scolarisée. En outre, pour les wilayas dont le TBS est inférieur à 90%, cela signifie que ces dernières n’arrivent pas à absorber la population scolarisable des 6-12 ans ; ou bien qu’une partie de cette population se situe au niveau d’un autre sous-cycle d’enseignement (ce qui serait surprenant). Dans les deux cas, il s’agit d’un grave et sérieux dysfonctionnement du système éducatif.

En guise de conclusion, on peut dire que, même si le taux brut de scolarisation est plus élevé chez les garçons que chez les filles, cela ne se confirme pas au niveau inter-wilaya. En conséquence, on peut dire que grosso-modo les filles ont le même niveau d’accès à l’enseignement que les garçons.

Les taux élevés et faibles recensés au niveau des wilayas indiquent des déséquilibres importants inter-wilaya et marquent un dysfonctionnement grave de l’organisation scolaire. Il est impérieux de se pencher sur ces aspects pour réguler de manière plus convenable le flux des élèves au niveau du cursus scolaire.

Indicateur 6. Le taux net de scolarisation : (le TNS), représente le pourcentage du rapport du nombre des élèves inscrits dans l’enseignement primaire qui font partie du groupe ayant officiellement l’âge de fréquenter l’école primaire par la population du même groupe d’âge.

Le taux de scolarisation net fournit une mesure plus précise de l’étendue de la participation à l’enseignement primaire des enfants appartenant au groupe officiellement en âge de fréquenter l’école primaire.

Un taux net de scolarisation élevé dénote un degré élevé de participation à l’enseignement primaire du groupe d’enfants ayant l’âge officiel de la scolarité primaire. Ce taux peut atteindre au maximum 100 %. Si l’on compare le taux de scolarisation net avec le taux brut, la différence entre les deux taux mesure l’incidence de l’inscription des élèves n’ayant pas encore atteint l’âge officiel et de ceux qui l’ont dépassé. Si le taux de scolarisation net est inférieur à 100 %, la différence entre les pourcentages mesure la proportion des enfants en âge de fréquenter l’école primaire qui ne sont pas inscrits dans l’enseignement primaire. Toutefois, comme certains enfants en âge de fréquenter l’école primaire peuvent être inscrits dans des établissements d’autres degrés, cette différence des pourcentages ne doit en aucun cas être considérée comme indiquant le pourcentage exact des enfants non scolarisés. Le taux de scolarisation par âge constitue un indicateur complémentaire plus précis qui indique le niveau de participation à l’enseignement de la population d’un âge donné.

LE TAUX NET DE SCOLARISATION

(TNS) 6 – 12 ans:

Le traitement des données relatives au taux net de scolarisation de la tranche des 6-12 ans fournit les résultats suivants :

RESULTAT NATIONAL

TOTAL FILLES

GARCONS

FIL/GAR FIL - GAR

TNS

93.62%

91.02%

94.13%

96.70%

-3.11%

VARIATION INTER-WILAYA

MIN

68.50%

67.54%

68.22%

77.33%

MAX

108.86%

107.35%

113.45%

123.77%

 

Il faut relever que les résultats affichés au niveau de 5 wilayas sur les 48 indiquent des taux nets de scolarisation supérieurs à 100%, ce qui est anormal ; cependants cela s’explique par le fait que les transferts d’élèves d’une wilaya vers une autre n’ont pas pu être pris en considération vu leur non publication ce qui gonfle quelque peu les indicateurs calculés. Néanmoins, on peut dire que globalement, le taux net de scolarisation est proche de 94% ; cela signifie qu’au niveau de l’école primaire, 94% des enfants âgés entre et 6 et 12 ans sont scolarisés. Chez les filles le taux net de scolarisation est de l’ordre de 91% alors que chez les garçons il dépasse les 94%.

De tels résultats signifient que la quasi majorité des enfants âgés de 6 à 12 ans sont scolarisés au niveau des deux premiers cycles de l’enseignement fondamental. On ne peut affirmer que les 6% manquants ne sont pas scolarisés, en effet, ils peuvent l’être au niveau du 3ieme cycle ou bien être exclus. En conséquence, la différence par rapport à 100% mesure la proportion des enfants en âge de fréquenter l’école primaire qui ne sont pas inscrits dans l’enseignement primaire et non pas nécessairement ceux qui ne sont pas scolarisés.

L’analyse inter wilaya fait ressortir que le taux net de scolarisation global varie entre 68.50% (wilaya de Djelfa) et 108.86% (wilaya de Blida). Chez les filles, la variation inter-wilaya se distribue entre 67.54% (Djelfa) et 107.35% (Blida) tandis que chez les garçons la dispersion s’étale entre 68.22% (Djelfa) et 113.45% (Naama).

Si pour Djelfa il est évident que le niveau de scolarisation est très faible, le dépassement de 100% de scolarité des 6 -12 ans au niveau de quelques wilayas peut être expliqué par le fait que cette évaluation de l’EPT se situe à un moment où le pays est seulement en train de se relever des tourments qu’il a subi ces dernières années. Il a été signalé des mouvements de population de certaines zones de wilayas, où l’insécurité était importante, vers des chefs lieu de wilayas avoisinantes. Cependant, les annuaires statistiques officiels desquels ont été puisées les données ne font pas état de ces mouvements de population scolaires pour être pris en charge. C’est pourquoi, les résultats présentés doivent être considérés avec circonspection, tant en ce qui concerne les wilayas ayant un fort taux brut de scolarisation que celles ayant de faibles taux de scolarisation.

Si l’on considère la différence entre les taux bruts et les taux nets de scolarisation, cette différence mesure l’incidence de l’inscription des élèves n’ayant pas encore atteint l’âge officiel et de ceux qui l’ont dépassé. Ainsi, la variation inter-wilaya des différences entre taux bruts et taux nets de scolarisation se disperse entre 8.05% (Khenchela) et 30.09% (Béjaïa). Chez les filles cette différence varie entre 5.84% (Batna) et 28.78% (Béjaïa). Chez les garçons la dispersion s’étale entre 9.88% (Khenchela) et 33.07% (Béjaïa).

On peut dire que toutes les wilayas scolarisent au niveau de l’enseignement élémentaire des enfants qui ne remplissent pas les conditions d’âge. Ainsi, le tableau ci-après nous indique le pourcentage par année d’études des élèves plus âgés, moins âgés et ayant l’âge requis.

ANNEE

MOINS ÂGES

NORMAL

PLUS ÂGES

1 AF

14.77%

71.06%

14.17%

2 AF

14.90%

62.86%

22.24%

3 AF

13.37%

57.96%

28.67%

4 AF

11.64%

53.36%

35.00%

5 AF

10.23%

51.69%

38.08%

6 AF

9.66%

45.61%

44.73%

Ce tableau permet de constater que plus on se rapproche de la sixième année, plus la population dépasse l’âge requis normal - cet âge requis normal suppose que l’on est âgé de 6/7 ans en 1ere année, de 7/8 ans en deuxième année, de 8/9 ans en troisième année, ainsi de suite jusqu’à 11/12 ans en 6ieme année-.

Le tableau ci-dessus montre la transformation opérée depuis la première année jusqu’à la sixième année. Ainsi on passe d’une population de 14.17% de plus âgés en première année vers une population de 44.73% de plus âgés en 6ieme année. Si la population vieillit, c’est à cause des redoublements qui ont été enregistrés - compte non tenu de ceux qui ont redoublé puis qui ont abandonné l’école pour quelque motif que ce soit-.

Ce vieillissement de la population indique que le système est très sélectif, ce qui entraîne une forte demande indue en places pédagogiques, cela se traduit par un besoin supplémentaire en postes budgétaires et en dépenses de fonctionnement.

Le tableau ci-après permet de comparer le comportement des filles à celui des garçons.

 ANNEE

Moins âgés

Plus âgés

 

Filles

Garçons

filles

Garçons

1 AF

15.22%

14.46%

12.93%

15.28%

2 AF

15.62%

14.25%

19.67%

24.53%

3 AF

14.45%

12.41%

24.77%

32.11%

4 AF

12.66%

10.74%

30.14%

39.24%

5 AF

11.28%

9.33%

32.43%

42.93%

6 AF

10.69%

8.79%

38.45%

49.99%

Ce tableau comparatif entre sexes montre que la proportion des moins âgés est à l’avantage des filles, et que la proportion des plus âgés est attribuée aux garçons. Ces constatations sont vraies quelle que soit l’année d’études considérée.

Néanmoins la proportion des moins âgées, qui demeure élevée, indique que l’âge requis pour entrer à l’école n’est pas respecté depuis plus de 6 ans au moins. Cette situation dérègle la gestion pédagogique, provoque des besoins en ressources humaines, matérielles et financières qui n’ont pas lieu d’être.

Il faut relever que la proportion des plus âgés demeure importante en première année. Etant donné que les statistiques officielles ne font pas état de l’âge des nouveaux entrants ; il serait hasardeux de se prononcer pour savoir si ce vieillissement prématuré est du aux redoublements en 1ere année ou au fait que certains enfants sont scolarisés après avoir atteint l’âge requis pour entrer à l’école.

On constate toutefois que la proportion des filles plus âgées en 6eme année de scolarité a presque triplé compte tenu de la proportion observée en première année. Chez les garçons ce rapport a plus que triplé. Ces observations permettent d’énoncer que les filles sont moins sujettes à redoubler que les garçons.

La variation inter-wilaya montre, par exemple, que la proportion des moins âgés en 1ere année atteint plus de 30% dans la wilaya de Sidi-Bel-Abbés et que la proportion des plus âgés est affichée par la wilaya d’Illizi avec 33.66%. Au niveau de la sixième année la wilaya de Annaba bat tous les records avec près de 25% de moins âgés. Tizi-Ouzou quant à elle enregistre 88.57% d’enfants plus âgés que l’âge théorique requis.

Chez les filles, au niveau de la première année d’études, la plus forte proportion des moins âgées est enregistrée au niveau de la wilaya de Sidi Bel Abbés avec 29.72% ; la proportion la plus élevée des plus âgées est affichée dans la wilaya de Illizi avec 32.42%. Au niveau de la 6eme année, la plus forte proportion des moins âgées est recensée dans la wilaya de Annaba avec 20.45%, la proportion la plus élevée des plus âgées est attribuée à la wilaya de Tizi Ouzou avec 87.68%.

Chez les garçons, au niveau de la première année d’études, la plus forte proportion des moins âgés est relevée au niveau de la wilaya de Sidi Bel Abbés avec 30.56% ; la proportion la plus élevée des plus âgés est enregistrée au niveau de la wilaya de Illizi avec 34.57%. Au niveau de la 6eme année, la plus forte proportion des moins âgés est recensée au niveau de la wilaya de Annaba avec 28.45% ; la proportion la plus élevée des plus âgés est attribuée à la wilaya de Tizi-Ouzou avec 89.37%.

Ces quelques observations sur la première et la dernière année du premier cycle de l’enseignement fondamental (primaire), montre si besoin est le profond déséquilibre inter-wilaya. Des mesures rigoureuses devraient être prises pour que cesse la scolarisation des enfants qui n’ont pas l’âge requis pour entrer à l’école. En effet, ces derniers sont estimés à près de 124.000, ce qui représente près de 22% des effectifs de 6 ans qui sont entrés pour la première fois à l’école. Cette situation risque de dégénérer et déstabiliser la notion d’accès à l’enseignement tout en favorisant les familles les plus nanties. Il y a lieu d’y mettre fin pour assurer un flux normal des effectifs scolaires. Cependant, cette mesure ne doit pas constituer une raison de mécontentement des familles qui désirent assurer une éducation à leurs enfants âgés de moins de 6 ans. Cette mesure doit être accompagnée d’un développement urgent de l’éducation de la petite enfance, et en particulier de l’enseignement prè-scolaire qui doit être pris en charge par les divers secteurs socio-économiques, la société civile, les communautés, les institutions et les entreprises publiques et privées.

Il devient urgent et indispensable que les institutions gouvernementales prennent à bras le corps ce problème, et fournissent un cadre d’organisation et de prise en charge de cet enseignement. Cela réduira et estompera les perturbations occasionnées au système éducatif tant au niveau de son fonctionnement que de son rendement, d’une part, réduira les dépenses récurrentes en personnels, les dépenses d’investissements en infrastructures, les dépenses en moyens didactiques qui sont enregistrées à l’actif du système éducatif et qui pourtant ne lui incombent pas, d’autre part. Il est à signaler que le nombre d’enfants âgés entre 6 et 12 ans et qui ne sont pas scolarisés au niveau de l’enseignement primaire est estimé à près de 225.000 filles et 153.000 garçons.


Page précédent Page suivant