| L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays | ||
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3. Stratégie pour le développement de lÉducation pour tous
Depuis la fin des années 1980, les différents secteurs de la Communauté française de Belgique directement en charge des questions de léducation pour tous ont connu plusieurs évolutions qui ont pour une large part visés à mieux prendre en compte la diversification des besoins des différents publics concernés, ainsi que daugmenter la qualité des dispositifs offerts.
a. La protection et léveil de la petite enfance
Pour laccueil de la petite enfance, les stratégies récentes se sont orientées vers la mise en place de dispositifs visant à favoriser laccès aux institutions et à en garantir une qualité toujours accrue.
a.1. Le renforcement de laccès
La Charte de la petite enfance de 1991 reconnaît que laccès à un milieu daccueil est un droit pour lenfant et cela quelle que soit la situation des parents, quils travaillent ou non. Larrêté du 29 mars 1993 dans ses attendus confirme cette option.
Dans les milieux daccueil subventionnés par lO.N.E., la participation financière des parents est proportionnelle à leurs revenus (elle correspond plus ou moins à 11% du revenu net cumulé mensuel des ménages). Le prix plancher est de 71 Frs/jour ce qui correspond plus ou moins au prix dun repas pris dans une collectivité. Sur base dune enquête sociale, ce montant peut encore être diminué. Le prix maximum est de 700 FB.
Laccessibilité financière des parents est une préoccupation constante de lO.N.E. et a fait lobjet de nombreuses études. Sur base de la réglementation des milieux daccueil subventionnés, aucun enfant ne pourrait donc être théoriquement exclu en fonction de la situation de ses parents. Il faut souligner que laccueil financé par lO.N.E. représente environ 75% de loffre daccueil pour les enfants de moins de 3 ans. Néanmoins, de la situation vécue, on peut estimer, malgré une évolution favorable, quil y a encore pénurie de places et que celle-ci joue surtout en défaveur des populations précaires. Notons encore que lO.N.E. met en place un système de cotisation de solidarité (rétrocession dune partie des recettes parentales) qui soriente vers une formule de péréquation des participations financières parentales.
Depuis quelques années, lO.N.E. procède à une évaluation du taux de couverture de laccueil qui mesure le rapport entre le nombre de places théoriques et les naissances multipliées par 2,5 (soit une approximation du nombre denfants en âge de fréquenter les milieux daccueil).
Les taux de couverture peuvent évidemment fortement varier dun arrondissement à lautre ou dune commune à lautre tandis que le besoin réel en places névolue pas forcément de la même manière. Ils ne sont donc quun repère permettant des comparaisons géographique et temporelle qui ne tiennent pas nécessairement compte de facteurs tels que limportance du travail féminin, la dynamique de linitiative locale en matière de petite enfance, la disponibilité des grands-parents, le champ daction plus ou moins grand des structures daccueil, la mobilité géographique des populations, les facteurs sociaux.
Conscient de cette situation lO.N.E. sest orienté vers lidée dune programmation de nouvelles places. Dans ce cadre général, il examine la création de places daccueil à partir de louverture dune base élargie de critères, notamment socio-économiques, tels que lutilisation des structures existantes, le taux de chômage, le revenu moyen par habitant, le taux de monoparentalité, etc.
Laccueil sest dabord implanté dans les régions économiquement plus favorisées, et là où lactivité féminine sest développée. Cest ainsi que les taux de couverture sont plus favorables à Bruxelles et dans le Brabant wallon, et plus faible dans les régions dancienne industrialisation. Néanmoins, lO.N.E. tente de corriger cette tendance en privilégiant le rattrapage des régions ou des sous-régions plus défavorisées, en tout cas lorsque les moyens financiers permettent la programmation douverture de places.
Par ailleurs, grâce au financement du FESC, mais aussi du Fonds Social européen, des formules daccueil " durgence " ont pu être développées afin daccueillir les enfants dont les parents sont en formation ou réintègrent le marché du travail car il est clair que là où il y a pénurie de places, les premiers lésés sont les enfants des travailleurs les plus précaires. En ce qui concerne les enfants ayant des besoins spécifiques (enfants handicapés ou socialement défavorisés), lO.N.E. a exprimé le souhait quils fréquentent les milieux daccueil ouvert à tous les enfants. Certaines structures se sont cependant spécialisées. Toutefois, pour être financées, elles ne peuvent accueillir au maximum quun tiers denfants porteurs de handicaps.
Les données relatives aux milieux daccueil agréés et/ou reconnus sont centralisées à lO.N.E. et actualisées régulièrement. Pour les autres formules, et notamment celles qui se sont créées récemment, les données nont pas le même degré de fiabilité. Néanmoins, le nouveau décret étend les missions de lO.N.E. au-delà de 6 ans ; ce qui signifie quà lavenir, les données seront également centralisées.
a.2. La volonté de développer la qualité
Le développement de la qualité est un objectif essentiel et continu du secteur de laccueil. Il est passé par trois moments distincts : dans un premier temps, la volonté dassurer correctement la mission sanitaire des institutions; ensuite, le souhait de professionnaliser les personnels, et, enfin, lexigence dune pratique pédagogique adaptée.
Les premières réglementations, ainsi que les premières missions confiées à linspection, concernaient surtout les aspects sanitaires et sociaux, mais progressivement les milieux daccueil vont voir leur fonction éducative valorisée et mieux prise en compte. A lorigine, la qualité était essentiellement perçue en termes de risques à éviter en matière de sécurité, dhygiène et de santé. Cela étant, la préoccupation dassurer une bonne santé des enfants reste une des fonctions de base de laccueil. La prise en compte de la santé globale du jeune enfant est essentielle eu égard notamment à son jeune âge, qui requiert une attention toute particulière. Lentrée dans les milieux daccueil est dailleurs relativement précoce (4 mois en moyenne). Une surveillance médicale (gratuite) est donc organisée par lO.N.E. dans tous les milieux daccueil pour les enfants de moins de trois ans.
Le changement de législation concernant le financement des milieux daccueil avait ouvert la voie de la professionnalisation de la fonction daccueillante. Mais cest surtout depuis la fin des années 1980 et le début des années 1990, que le débat sur la qualité est posé sur la place publique. Ce débat passe notamment par la question dune plus grande professionnalisation des personnels. Lévolution des connaissances sur le développement de lenfant, les recherches actions, les formations destinées aux professionnel(le)s du secteurs mises en place dans les années 1980 vont y contribuer. Les associations de professionnels du secteur - lassociation des puéricultrices (Apropuer) et lassociation des professionnels de la petite enfance (Nouvelle Orientation Enfance) - vont mettre laccent sur cette volonté de développer une réflexion nouvelle. Elles seront relayées par des coordinations locales. Leurs revendications seront appuyées par les mouvements associatifs et déducation permanente féminine, ainsi que par des comités de parents inter crèche et les organisations de femmes.
Enfin, les Tables rondes de la petite enfance associant mandataires, représentants du monde associatif, professionnels et usagers des milieux daccueil, débouchent, en 1991, sur lélaboration dune Charte de la Petite Enfance qui défend le principe dune prévention générale, et considère que laccès à un accueil de qualité constitue un droit pour lenfant, quelle que soit la situation sociale, familiale de ses parents. Cette option de principe est intégrée dans la réglementation des milieux daccueil subventionnés (1993), et elle inspire largement le Plan pour une politique coordonnée de lenfance (1994) de la Ministre-Présidente de la Communauté française qui prévoyait la mise en place de nouveaux dispositifs et de nouvelles fonctions au sein de lO.N.E.
Afin daméliorer la qualité de laccueil et la prise en charge de sa dimension éducative, trois projets se concrétisent actuellement. Il sagit de la spécialisation du service de linspection, de lélaboration dun référentiel sur la qualité psychopédagogique de laccueil et de la mise en place dune fonction de conseiller(ère) pédagogique.
Elle concerne, dune part, la mise en place dune évaluation qualitative de laccueil et, dautre part, laccompagnement des milieux daccueil.
Fruit dune élaboration collective regroupant des personnes qui assument un rôle de changement et de réflexion dans le champ des milieux daccueil, le référentiel psychopédagogique" Accueillir les tout-petits Oser la qualité " construit un cadre de références à létude de la nature et de la dynamique des échanges entre les partenaires impliqués dans les processus daccueil : enfants, parents, professionnels, équipes Ce document propose des principes daction éducative spécifiques à la situation de laccueil. Ceux-ci sont basés sur des fondements éthiques et scientifiques explicites, dont lambition est de renforcer les professionnels de lenfance dans leur action et de les soutenir dans leur réflexion. La qualité y est envisagée de manière relative. Ce document énonce les différents points critiques à traiter dans les milieux daccueil. Il fait le point des connaissances et invite à une mobilisation des compétences dans des milieux daccueil reconnus dans limportance de leurs rôles et de leurs missions, des milieux daccueil, dont il est rappelé et souligné que lenfant constitue le centre. Il existe deux autres référentiels psychopédagogiques : " Léquipe éducative, la puéricultrice et moi , Grandir à lécole maternelle " - Administration générale de lEnseignement et de la Recherche Scientifique et " Réussir lécole ".
Cette fonction a, elle aussi, été expérimentée dans le cadre dune recherche-action. Elle devrait prochainement sintégrer dans un dispositif destiné à renforcer la prise en compte de la dimension psychopédagogique de laccueil et son accessibilité.
Ces trois projets doivent soutenir lO.N.E. dans son rôle de référent en la matière. Lexistence dun organisme centralisé susceptible dimpulser une dynamique dans lensemble des milieux daccueil constitue certainement lun des atouts majeurs pour la Communauté française.
Le tout récent Code de Qualité , qui sera dapplication en juillet 2000, constitue un premier pas vers une harmonisation de la réglementation de la qualité de laccueil pour lensemble des milieux daccueil des enfants de moins de 12 ans. Son application ne résoudra pas tous les problèmes, mais elle apportera plus de cohérence dans un secteur qui sest profondément diversifié. Le Code de Qualité envisage à la fois la qualité de vie des enfants dans les milieux daccueil et le service rendu aux parents et à la société. Il définit des objectifs de qualité généraux qui sinspirent directement de la Convention Internationale des Droits de lEnfant et des recommandations des Communautés européennes concernant la garde des enfants.
Les objectifs concernent : légalité des chances, laccessibilité, la non-discrimination, ainsi que la conciliation des notions de garde (fiabilité pour les parents) et daccueil. A côté de ces objectifs généraux, des objectifs spécifiques sont conçus en fonction du mode et du type daccueil.
Les projets daccueil élaborés par les pouvoirs organisateurs, serviront de base à lévaluation de laccueil. Ce sera à lO.N.E. que reviendra la tâche de comparer la réalité du terrain et de délivrer (ou de retirer) une attestation de qualité en fonction dune évaluation.
b. Laccès à léducation primaire et laccomplissement du cursus
Les récentes réformes réalisées en Communauté française sont contenues dans trois décrets. Ces réformes sinscrivent directement dans la perspective de renforcer la qualité de lenseignement et de mieux prendre en compte lensemble des besoins exprimés pour lenseignement fondamental ou pour des publics spécifiques.
b.1. Le décret portant sur les missions de lécole
Le décret du 24 juillet 1997 portant sur les missions de lécole définit, pour lensemble des réseaux, les objectifs généraux de lenseignement obligatoire, structure lensemble du parcours scolaire en cycle et arrête le principe des compétences à atteindre en fin de cycle. Cette définition des compétences permettra datteindre les objectifs de qualité et de rendement du système scolaire souhaité.
Ce décret définit des objectifs fondamentaux pour lenseignement fondamental et secondaire, tous réseaux confondus. Ils visent à :
Pour lenseignement maternel, des objectifs spécifiques, complétant les objectifs généraux, ont été arrêtés. Ils visent à :
Le décret prévoit également que la formation de lenseignement maternel et les huit années de la scolarité obligatoire constituent un continuum pédagogique structuré en trois étapes, visant à assurer à tous les élèves, les socles de compétences nécessaires à leur insertion sociale et la poursuite de leurs études. Par cette disposition, le législateur a voulu renforcer les liens structurels et pédagogiques qui existent entre lenseignement maternel et lenseignement primaire. En effet, la première étape débute à lentrée dans lenseignement maternel (dès 2 ans et demi) et sachève à la fin de la deuxième année primaire (7 ans). Cette première étape est elle-même constituée de deux cycles : le premier, de lentrée en maternelle à 5 ans et, le second, de 5 ans à la fin de la deuxième année primaire. Le lien entre enseignement maternel et primaire est donc très fortement assuré.
En outre, et afin dorganiser un passage harmonieux lors des années charnières, notamment entre 2 et 3 ans, il faut signaler des initiatives innovantes prises par les pouvoirs organisateurs en ce domaine. Il peut sagir, par exemple, de certaines crèches ou maisons communales daccueil de lenfance sous la responsabilité de lO.N.E. qui sont annexées à des écoles maternelles organisées par la Communauté française. Le passage de lune à lautre se fait avec beaucoup de facilité.
Le nouveau décret de juillet 1997 organise également un système de contractualisation sur les objectifs et les modalités pour les atteindre à chaque niveau denseignement pour tous les partenaires de lécole. Cette construction repose sur une architecture en trois temps allant du général au particulier.
Le projet éducatif définit les valeurs à portée générale, comme par exemple :
Le projet pédagogique définit les visées pédagogiques et les choix méthodologiques qui permettent à un pouvoir organisateur ou à un réseau denseignement de mettre en uvre son projet éducatif.
Le projet détablissement concrétise les actions pédagogiques au sein dun établissement (enseignement fondamental et secondaire) à entreprendre pour atteindre les missions prioritaires de lenseignement. Ce projet tient compte des priorités retenues par lensemble des partenaires de lécole réunis au sein dun conseil de participation en fonction des réalités sociales. Le développement des projets décole assure la cohérence entre les différents niveaux denseignement au sein dune communauté scolaire et le mérite de tenir compte des réalités du terrain pour atteindre les objectifs prioritaires cités ci-dessus. Dans le cadre de ces projets décole, les établissements développent la collaboration, le dialogue entre enseignants, élèves et parents pour :
Avec le décret " Missions ", une nouvelle stratégie a été adoptée pour assurer une plus grande cohérence dans les apprentissages pour toutes les écoles quelle que soit leur appartenance. Cette stratégie comprend deux niveaux : la définition de " socles de compétences ", préparés par des groupes de travail comprenant des représentants des trois réseaux denseignement fondamental (subventionné libre, subventionné officiel et Communauté), ensuite adoptés par le Parlement de la Communauté française et applicables dès lors à toutes les institutions et, enfin, les programmes qui en sont la traduction au niveau des réseaux et des pouvoirs organisateurs. De nouveaux programmes sont donc à concevoir à partir de la référence obligatoire aux socles de compétences qui assure lhomogénéité des niveaux de compétences exigés dans tous les réseaux et la cohérence dans la formation des élèves. Les nouveaux programmes seront terminés pour avril 2000 et soumis pour avis à la Commission des programmes comprenant des membres des trois réseaux, puis transmis au ministre pour approbation.
b.2. Le décret sur les discriminations positives
Depuis le début des années 1990, la Communauté française de Belgique a pris plusieurs mesures visant notamment la lutte contre léchec et le décrochage scolaires. Dans la perspective du décret de juillet 1997 portant sur les missions de lécole, le Parlement a adopté en juin de 1998 un nouveau décret plus spécifique ayant pour objectif de mieux "assurer à tous les élèves des chances égales démancipation sociale". Ce décret regroupe un ensemble de dispositions qui existaient pour certaines depuis plusieurs années. Par ce regroupement, il cherche à renforcer lefficacité des moyens consentis et à rendre la politique suivie mieux observable et évaluable.
Deux types de mesures sont prescrites :
b.3. Le décret sur lenseignement fondamental
Adopté en juillet 1998, ce décret opère une redéfinition des objectifs et des moyens à mettre en uvre dans lenseignement fondamental ordinaire et spécial. Par toute une série de mesures portant sur lorganisation des écoles (adaptation des jours de classe annuels, du calcul de lencadrement et de son affectation, de lhoraire des enseignants et des élèves), par un apprentissage linguistique par limmersion, ce décret vise à :
b.4. Lutte contre le décrochage scolaire
Depuis dix ans, de nombreuses actions ont été mises en oeuvre dans le but de lutter contre le décrochage scolaire. Un des grands progrès en la matière est la prise de conscience d'une nécessaire concertation entre le milieu scolaire et le milieu extrascolaire. Ces actions ont été mises en place tantôt au départ du Ministère tantôt au niveau local.
Au niveau du Ministère, le système de la carte scolaire a vu le jour. Le système permet de repérer, en partant du registre national, la population qui ne remplit pas l'obligation scolaire. En plus des élèves scolarisés dans le système de la Communauté française, le Bureau de l'Inscription scolaire (BIS) en charge de collecter les informations, a recensé les élèves inscrits dans les écoles privées, dans les écoles européennes, dans les formations des classes moyennes, ainsi que les jeunes ayant réussi l'enseignement secondaire avant d'être dans leur 18ème année ou encore les jeunes dispensés de l'enseignement pour des raisons bien malheureuses.
Enfin, le BIS suit très attentivement les abandons scolaires en cours d'année. Il s'adresse aux parents pour connaître la manière dont le jeune continue à bénéficier de son droit à l'enseignement, informe l'inspecteur cantonal quand cela s'avère nécessaire, lequel inspecteur procède à une enquête, menace éventuellement et si nécessaire, dénonce au Procureur du Roi tout abandon de la scolarité. A titre d'exemple, dans l'enseignement secondaire, une cinquantaine de situations a été recensée. A chaque fois, il s'agissait de cas sociaux.
A un niveau local, le "Dispositif Accrochage scolaire" est né en 1992 à Bruxelles et généralisé par la suite à lensemble de la Communauté française de Belgique. Celui-ci s'articule autour de trois axes :
- l'axe scolaire avec affectation de médiateurs scolaires dans des écoles secondaires francophones,
- l'axe judiciaire avec l'ouverture de dossiers par le parquet pour des seuls faits d'absentéisme, la mobilisation de membres des contrats de sécurité et l'organisation d'opérations de 'brosses",
- l'axe communal avec la mise en place de concertation communale sur la problématique devant notamment entraîner la multiplication de partenariats entre le monde scolaire et extrascolaire (associations, services sociaux communaux ... ).
Depuis 1993, la coordination de ce dispositif est assurée au Centre pour l'Égalité des Chances et la Lutte contre le Racisme.
b. 5. Lenseignement obligatoire à temps partiel
Pour satisfaire à lobligation scolaire à temps partiel à partir de 15/16 ans, plusieurs voies de formation existent dont lapprentissage ou les formations organisées dans les CEFA.
La formation dapprenti organisée au sein des Classes moyennes est une formation qui vise à permettre lacquisition des connaissances générales et professionnelles nécessaires à lexercice dune profession indépendante représentée au sein du Conseil supérieur des Classes moyennes (cest-à-dire dans le domaine de lartisanat, du petit commerce et de certaines professions intellectuelles). La formation de base permet dacquérir les compétences nécessaires à lexercice dune profession indépendante. Elle se traduit par ladoption dun contrat dapprentissage entre lapprenti et le chef dentreprise formateur qui implique une formation pratique en entreprise à raison de 28h/semaine en 1ère année et de 32h/semaine en 2e et 3e années, conjuguée à une formation théorique complémentaire de 360h en 1ère année et de 256h en 2e et 3e années.
La formation assurée dans les Centres dEducation et de Formation en Alternance (CEFA) est destinée à des jeunes de 15 à 18 ans, mais également plus âgés (jusquà 25 ans). Les quarantes CEFA sont directement rattachés à un établissement secondaire de plein exercice. Ils dispensent un enseignement, comprenant tout à la fois une formation générale et une préparation à lexercice dune profession, et ce, à raison de 600 périodes de 50 minutes, réparties sur 20 semaines par an.
b.6. stratégies complémentaires
Le chapitre COMENIUS propose une série dactions visant à stimuler la coopération entre écoles, à y accroître la dimension européenne, à développer de nombreux aspects de la profession denseignant, et groupées essentiellement autour des partenariats entre établissements scolaires, dont lobjectif est de développer un ou plusieurs sujets dintérêt européen (patrimoine culturel, environnement, histoire, sciences et technologies, arts, etc.) grâce à des activités éducatives permettant aux enseignants de diverses matières une approche interdisciplinaire et transnationale des thèmes abordés.
c. Lamélioration des résultats de lapprentissage
Le décret de juillet 1997 a mis laccent sur la nécessité de renforcer le pilotage de lenseignement. La définition de socles de compétences, ainsi que de compétences terminales à la fin de lenseignement secondaire, doit également permettre à terme une plus grande fiabilité et une plus grande homogénéité des résultats obtenus par les élèves.
Il faut noter également linscription de la Communauté française dans une série denquêtes internationales sur les acquis des élèves dans le cadre de lIEA ou de lOCDE (programme PISA).
d. La réduction de lanalphabétisme
Les objectifs de lalphabétisation se posent toujours en terme denjeux et de défis : le droit de tous les adultes à une formation de base, le projet dune société démocratique à laquelle chacun puisse participer impliquent un engagement simultané sur quatre fronts.
Sa richesse tient notamment au fait quil permet de répondre à la demande de formation dans les contextes variés où elle sexprime. Il permet de prendre en compte cette demande non pas comme celle de personnes illettrées, mais comme celle de citoyens dans le cadre de leur situation et de leur projet.
Le risque inhérent à ce modèle est quil ne permet pas de répondre à la demande de formation des personnes qui nappartiennent pas aux publics-cible des différents dispositifs reconnaissant ou subventionnant lalphabétisation, et dont aucun na la formation de base des adultes comme objectif premier.
Lenjeu à cet égard est de développer dans les différents secteurs une offre de formation multiple qui corresponde aux besoins et publics multiples. Actuellement, cest surtout dans le secteur de linsertion socio-professionnelle que cette offre sest le mieux développée, et dans une moindre mesure pour les publics immigrés. Mais dautres publics aussi devraient pouvoir être davantage rencontrés. Ce qui importe surtout est que loffre de formation atteigne un volume suffisant et soit accessible pour tous les adultes qui veulent se former, et cela quel que soit leur niveau de départ et celui quils souhaitent atteindre, correspondant au projet de leur choix.
Sur ces plans, certaines associations ont consacré beaucoup defforts à acquérir ou à créer des outils, des méthodes, à interroger leurs pratiques. Mais de manière générale, les " alphabétiseurs " se sont pour ainsi dire faits sur le tas, et la qualité des actions dépend du temps et des moyens quils peuvent (ou veulent) consacrer à se former et à sinformer. Cette question se pose de manière dautant plus aiguë quune grande partie du personnel est bénévole.
Lenjeu est ici de développer la formation des formateurs, et également que le réseau dalphabétisation, qui est peu formalisé et ne subit pas de contrainte extérieure à cet égard, se forge progressivement des critères de qualité.
On ajoutera que cette " professionalisation " des acteurs doit trouver un répondant du côté des politiques : reconnaissance explicite de lalphabétisation, lignes budgétaires spécifiques, coordination des secteurs, etc.
e. Acquisition accrue par les individus et les familles des connaissances, compétences et valeurs nécessaires à une vie meilleure grâce au concours de tous les canaux déducation
La politique déducation permanente est fondamentalement liée à laction volontaire du monde associatif. Les stratégies ont donc principalement porté sur le renforcement des moyens financiers mis à la disposition des organisations ainsi que sur la reconnaissance et la valorisation de la professionnalisation des animateurs oeuvrant au sein de ces organisations.
Toutefois, régulièrement des politiques programmatiques sont mises en place pour accentuer certaines priorités telles que la lutte contre la pauvreté et lexclusion sociale, linterculturalité de la société (éducation à la compréhension interculturelle), la solidarité entre les générations, lalphabétisation, les liens entre culture et éducation permanente, la créativité, légalité des chances entre les hommes et les femmes, la formation des cadres culturels, léducation au développement et à la solidarité internationale qui sont autant de formes déducation à la citoyenneté et au développement démocratique.
La crise économique qui frappe la Belgique, comme tous les pays dEurope, depuis les années 1980 a provoqué des répercussions importantes sur le développement de la politique culturelle et éducative dans le cadre de laquelle sont soutenues les organisations déducation permanente.
Premièrement, la crise économique a provoqué une restriction des dépenses publiques et en particulier des dépenses culturelles: le budget réservé au développement de léducation à la citoyenneté a globalement stagné jusquen 1999.
Deuxièmement, laccroissement de la pauvreté est une réalité dont la reprise économique actuelle na certainement pas encore résorbé les effets. Les taux de chômage et de personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté sont importants. Cest ainsi quon a vu les organisations dont lobjectif prioritaire était la promotion socio-culturelle des travailleurs et léducation populaire orienter leurs actions vers des publics encore plus défavorisés.
Les priorités de développement culturel ont ainsi été doublées et, vu les moyens financiers disponibles, parfois court-circuitées par des urgences culturelles et sociales qui ont nécessité le déploiement de programmes particuliers et qui ont suscité la création dorganisations orientant de manière privilégiée leurs actions vers les publics défavorisés sur le plan social et financier (et plus essentiellement culturel et éducatif).
4. Investissements dans lÉducation pour tous depuis 1990
Les ressources allouées aux secteurs de laccueil, de lenseignement ou de léducation permanente sont très diverses. La Communauté française est au cur des dispositifs de financement, mais elle nagit pas seule. Plusieurs niveaux de pouvoirs interviennent également ce qui rend délicat lexercice dune estimation du coût total des dépenses pour la conduite de ces politiques. En plus de la diversification des sources de financement et des soutiens régionaux apportés aux politiques communautaires, il convient également de mentionner les interventions complémentaires reçues dans le cadre du Fonds social européen (Objectif 1 dans le Hainaut et lObjectif 3) qui a permis le soutien à des projets spécifiques tant dans le secteur de laccueil que dans celui de lenseignement.
a. La protection et léveil de la petite enfance
Le financement du secteur de laccueil sest diversifié pour sadapter aux besoins des parents et à la flexibilité du marché du travail. Le système reste complexe car il est inscrit dans le secteur du " non-marchand ", il doit faire face à une demande forte relayée par les partenaires sociaux et les pouvoirs locaux et il doit prendre en compte une grande multiplicité des fonctions daccueil (garde, éducation, intégration sociale). Les principales sources de financement sont les suivantes :
Les crèches et les prégardiennats perçoivent des subventions traitements dont le montant correspond à lencadrement minimum requis par les puériculteur(trice)s et les encadrant(e)s (assistant(e)s sociaux(ales)/infirmier(ère)s. Les estimations les plus crédibles font état, pour ces institutions, dune part des dépenses couvertes par lO.N.E. à hauteur de 50 à 60%, dune prise en charge parentale de 17 à 25%, le restant étant couvert par des contributions des communes, du F.E.S.C., des Régions et par des fonds propres. Pour les services des gardiennes encadrées, lO.N.E. prend en charge les frais de rémunération du personnel dencadrement et garantit un prix de journée dun montant de 526 francs par jour, indexé en 1998. Dans le cas des Maisons Communales dAccueil de lEnfance (M.C.A.E.), lO.N.E. garantit un prix de journée de 700 frs. maximum pour un maximum de 12 enfants et participe aux frais de fonctionnement et de rémunération du travailleur social.
Dans les milieux daccueil non subventionnés, lO.N.E. assure la surveillance médicale et linspection.
b. Laccès à léducation primaire et laccomplissement du cursus
Lexistence de trois réseaux denseignement conduit à une répartition des dépenses selon deux modes distincts. Les établissements directement organisés par la Communauté française reçoivent des dotations de fonctionnement et du personnel en fonction du nombre délèves qui y sont inscrits.
Pour lenseignement subventionné (les réseaux de lenseignement officiel et de lenseignement libre confessionnel ou non confessionnel), le régime est celui de loctroi de subventions. Pour être subventionnée, une école est tenue de se conformer aux dispositions normatives concernant lorganisation des études et lapplication des lois linguistiques. Elle doit :
Les subventions accordées par la Communauté française, lorsque sont remplies les conditions précédemment énoncées, sont dune triple nature :
Il est à noter que chaque pouvoir organisateur peut également disposer de fonds propres qui lui permettent de renforcer et dintensifier son action.
Le contrôle de la bonne utilisation des subventions octroyées aux pouvoirs organisateurs a été confié à un service spécifique de vérification. Un double corps dinspection, lun pour lenseignement de la Communauté française et lautre pour lenseignement subventionné, remplit également des tâches de contrôle.
Dans le cadre de léducation pour tous, le budget de la Communauté française consacre des moyens importants pour couvrir les frais dorganisation de lenseignement obligatoire. Le tableau repris en annexe 2 indique que les moyens mis à la disposition pour les dépenses denseignement représentèrent 75,11 % du budget total des dépenses de la Communauté française en 1989 pour une part réduite à 74.25 % prévu en 2000, malgré une augmentation à prix courants de près de 50 milliards de FB.
Pour l enseignement obligatoire, il faut souligner les évolutions suivantes :
c. Lamélioration des résultats de lapprentissage
Actuellement, plusieurs actions ont été mises en oeuvre qui concourent toutes à lamélioration des résultats de lapprentissage. Ces mesures qui vont du renforcement de la formation continue des enseignants à la mise en oeuvre de lalternance tout en passant par les dispositifs de pilotage (y compris lorganisation dépreuves externes) sont toutes directement comptabilisées dans le budget de la Communauté française.
d. La réduction de lanalphabétisme
En 1990, lannée internationale de lalphabétisation a permis une sensibilisation importante des pouvoirs publics et des acteurs culturels et éducatifs à tous les niveaux de pouvoir et dans plusieurs domaines de compétence (éducation, culture, enseignement de promotion sociale, centre déducation et de formation en alternance, insertion socio-professionnelle,...) à lalphabétisation en général et à lampleur du problème dans la partie francophone de la Belgique.
De nombreux dispositifs ont été mis en place et se sont développés.
Toutefois, la lutte contre lanalphabétisme est encore en grande partie prise en charge par du bénévolat (60% du personnel travaille de manière bénévole dans ce secteur). Des moyens complémentaires devraient être dégagés pour couvrir les besoins et pour permettre une totale professionnalisation du secteur. Il faut souligner que loffre de formation reste inférieure à la demande qui a quadruplé en 10 ans.
e. Laccès des jeunes et des adultes à léducation de base et aux autres formations essentielles
Lensemble des investissements consentis dans le cadre de la promotion sociale et les cours à distance, pour la période allant de 1989 à 1999, est compris dans le tableau du budget de la Communauté française.
La part de lenseignement de promotion sociale est également passée de 2,14% de la part du budget enseignement en 1989 à 2,67% en 2000. Il faut noter que cet enseignement trouve des ressources importantes auprès du fonds social européen, auprès des opérateurs de la formation continue ou des acteurs du monde socio-économique.
Les dépenses pour lenseignement à distance nont que peut évolué pendant la période concernée.
f. Acquisition accrue par les individus et les familles des connaissances, compétences et valeurs nécessaires à une vie meilleure grâce au concours de tous les canaux déducation
En 10 ans, les crédits octroyés à léducation permanente sont passés de 511.661.000 de FB à 638.200.000F, soit une augmentation de 126.500.000FB. Ces montants sont intégrés dans la rubrique des dépenses pour la culture et les affaires sociales (CAS-2ème ligne) du tableau budgétaire (annexe 2).
La plus grande partie de cette augmentation est répartie sur les années 1999 et 2000 en raison de laugmentation significative de la subvention des permanents qui a été consentie en 1999.
Pensé et élaboré au cours des années 1970, le décret davril 1976 met laccent sur la promotion socio-culturelle des travailleurs: insistant sur la nécessité de reconnaître et valoriser au niveau de la société tout entière lapport culturel des classes populaires ou défavorisées économiquement. Lévolution de la société et notamment la croissance du chômage avec tous les effets quelle entraîne a obligé les acteurs de léducation permanente à prendre en considération des dimensions nouvelles (par exemple toutes les questions culturelles concernant linsertion professionnelle) dans leur action et à tourner celle-ci également vers les publics sans emploi, le quart monde. De même, ce contexte a modifié totalement la perception de la notion de temps libre ainsi que celle de la relation au travail.
En matière déducation permanente, la demande de reconnaissance, doctroi de personnel supplémentaire et de soutien ponctuel na cessé de croître en raison des tensions et contradictions existantes au sein de la société qui ont suscité la création et le développement dassociations et d actions adoptant une démarche déducation permanente.
Les années 1988-1990 constituent un tournant important dans lorientation de la politique déducation permanente; celui-ci se concrétise par le lancement dun programme de lutte contre lexclusion et la pauvreté.
Dans un contexte de limites budgétaires, priorité a été accordée dès 1988 aux initiatives de lutte contre lexclusion sociale et la pauvreté. Lannée suivante, lExécutif de la Communauté française déclarait 1989 Année de la solidarité et lançait des programmes destinés à jouer un rôle en ce domaine. Depuis lors, les Ministres qui se sont succédé ont accordé une priorité à ce secteur de léducation permanente tant en matière de reconnaissance des organisations quen matière de subvention pour leur personnel et doctroi de subventions pour laide aux projets.
Depuis 1995, un crédit spécifique pour le soutien aux actions dalphabétisation est inscrit au programme déducation permanente du budget et concrétise cet axe prioritaire.
Si les premières années ont été marquées par des initiatives de service aux personnes, très rapidement les organisations ont pris conscience quun travail de lutte contre lexclusion qui ne sarticulerait pas sur la culture (expression culturelle, maîtrise des langages et des codes, développement de la participation et de la citoyenneté chez ceux qui en sont souvent les plus éloignés) serait sans effet suffisant. Si bien que sans pour autant restreindre les nouveaux services, les initiatives des organisations ont davantage intégré les dimensions culturelles dans leur action éducative.
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