L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays Page d'accueil du forum mondial sur l'éducation
   Bénin
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Première Partie :  Section Descriptive

INTRODUCTION

Brève présentation du Bénin

La République du Bénin située au sud de l’Afrique Occidentale entre le 6ème et le 14ème degré de latitude Nord, et entre le 1er et le 4ème degré de longitude Est, couvre une superficie de 114.763 km2. Elle est limitée au Nord par le Burkina-Faso sur 270 km et le Niger sur 120 km, à l’Ouest par le Togo sur 620 km, à l’Est par le Nigéria sur 750 km et au Sud par l’Océan Atlantique sur 125 km.

La République du Bénin présente un relief peu accidenté.

Avec un taux d’accroissement annuel de 3,28%, la population béninoise est estimée en 1998 à 5.985.680 habitants. La densité moyenne de la population est de 52 habitants au km2.

Le Produit National Brut (PNB) par habitant est de 375 US $ en 1998. L’économie du pays est essentiellement basée sur la production agricole (cultures vivrières, coton et palmier à huile), le commerce régional et la petite industrie manufacturière. L’agriculture qui représente environ 40% du Produit Intérieur Brut (PIB) rapporte environ 60% des recettes d’exportation et assure 70% des emplois à la population active.

En 1998, le taux d’analphabétisme était de 69,8% (57% chez les hommes et 81% chez les femmes).

La République du Bénin a pour capitale politique Porto-Novo et pour capitale économique Cotonou. Elle est découpée en six (6) départements que sont : Atacora, Atlantique, Borgou, Mono, Oueme et Zou. Avec le nouveau découpage territorial opéré en 1999, le nombre de départements est passé à douze (12), notre analyse couvrant la période de 1990 à 1998 sera basée sur l'ancien découpage.

Le système éducatif béninois

Au Bénin le système éducatif formel comporte cinq (5) ordres d’enseignement qui sont :

L'éducation formel relève du Ministère de l'Education Nationale et de la Recherche Scientifique.

Au Bénin, l’enseignement non formel (alphabétisation, apprentissage, etc) peut se définir comme une activité organisée en dehors du système d’éducation formelle établi. Elle est assurée pour des durées très variable (de 2 à plus de 4 ans). En dehors des centres organisés et structurés, la durée de la formation est fonction de l'âge du récipiendaire et de son aptitude à maîtriser le métier auquel il est formé. L’apprentissage touche environ 7% de la population active occupée au Bénin selon le recensement de 1992. Cet effectif des apprentis représente plus de 30 fois l’effectif des élèves scolarisés dans les enseignements technique et professionnel formels.

CONTEXTE ET FONDEMENTS DE L’EDUCATION POUR TOUS AU BENIN

Dans le contexte de recherche pour un développement durable, le concept d’éducation ne saurait être séparé de la notion de besoins fondamentaux de la personne et de la société. En effet la déclaration mondiale sur l’Education Pour Tous adoptée à Jomtiem en 1990 stipule que « toute personne – enfant, adolescent ou adultes – doit pouvoir bénéficier d’une formation conçue pour répondre à ses besoins éducatifs fondamentaux » . Selon cette déclaration, la notion de besoins éducatifs fondamentaux comprend aussi bien les outils d’apprentissage essentiels (lecture, écriture, calcul, etc ) que les contenus éducatifs fondamentaux (connaissances, aptitudes, valeurs, attitudes) dont l’être humain a besoin pour :

Les objectifs suivants définis pour l’école béninoise peuvent être perçus à travers la notion de besoins fondamentaux de l’homme et de la société :

L’éducation comprend aussi bien les activités menées dans le cadre formel (primaire, secondaire, technique, professionnel et supérieur) que celles menées dans le cadre non formel (alphabétisation, apprentissage, etc.)

  1. Objectifs et buts de l’Education Pour Tous

Objectifs nationaux

L’école doit être un moyen de transformation de la société béninoise. A ce titre elle doit permettre de former des femmes et des hommes humainement équilibrés, perfomants dans leur domaine d’activités, dotés d’esprit d’initiative et capable de contribuer efficacement au développement du pays. Pour atteindre cette finalité, les recommandations des Etats Généraux de l’Education tenues en octobre 1990, ont fait l’objet du document cadre de politique éducative adopté par le gouvernement le 23 Janvier 1991

La politique éducative de la République du Bénin vise les huits objectifs suivants :

    1. Garantir l’égalité des chances à l’éducation pour tous les enfants béninois de 6 à 15 ans
    2. Dans un pays où s’édifie la démocratie en vue d’un développement harmonieux, l’école doit tendre vers l’égalité des chances pour tous les enfants sans distinction de région, de sexe , de religion ou de condition sociale vers la promotion de la justice sociale. Il s’agira donc de renforcer l’enseignement primaire qui constitue la priorité des priorités. Des efforts particuliers seront déployés pour accroître la scolarisation des filles et celle des personnes handicapées. L’enseignement privé sera encouragé, appuyé techniquement et financièrement.

    3. Renforcer la qualité de l’offre d’éducation 
    4. Ce renforcement s’inscrira à tous les niveaux afin que l’école publique ou privée puisse efficacement jouer son rôle de transmission du savoir et du savoir -faire. Dans ce cadre, des efforts seront faits pour améliorer l’environnement physique, intellectuel et moral de l’école et renforcer la qualité de l’instruction et de l’apprentissage. Le système d’évaluation et l’orientation scolaire et universitaire seront mieux définis : ils devront tenir compte de l’aptitude des apprenants, des objectifs, des programmes d’enseignement et des besoins du pays en matière de compétences et de ressources. Le système éducatif devra tenir compte des besoins des communautés et promouvoir également les cadres dont le pays a besoin pour assurer son développement dans un environnement compétitif. L’enseignement primaire sera développé conformément à la stratégie de l’Ecole de Qualité Fondamentale (EQF) qui définit les normes minimales de qualité pour l’école. Aux niveaux secondaire, technique et supérieur, l’enseignement et la formation seront orientés vers l’acquisition de connaissances générales, techniques et professionnelles et le développement des aptitudes de nature à faciliter l’insertion dans la vie active. L’accent sera mis sur l’amélioration des intrants pédagogiques. La politique du livre scolaire définie dans le cadre de la reforme sera diffusée et rigoureusement appliquée. La formation initiale et continue des enseignants et du personnel du corps de contrôle sera renforcée

    5. Renforcer de cadre institutionnel
    6. L’existence d ‘un cadre institutionnel adéquat est indispensable à la réalisation des objectifs de la politique éducative. Des actions seront entreprises pour renforcer les capacités de gestion et le contrôle de l’enseignement public et privé, dans tous les domaines et aux niveaux central et décentralisé. Les parents d’élèves seront davantage impliqués dans le financement et la gestion transparente de l’école. Pour ce faire, il est nécessaire aujourd’hui d’élaborer et de mettre en œuvre les textes réglementaires précisant les rôles et responsabilités des acteurs et partenaires du système éducatif. La mise en place du système d’information intégré devra être poursuivie. La formation des cadres aux techniques modernes de gestion sera renforcée.

    7. Développer la formation technique et professionnelle 
    8. Il s’agira (1) de promouvoir la formation technique et professionnelle à tous les niveaux et (2) de renforcer l’enseignement technique et professionnel qui constitue la deuxième priorité du système éducatif. Ce type de formation devra être mieux adapté aux réalités économiques et sociales du pays et former à la vie active, à travers la multiplication et la diversification des filières de formation. L’enseignement privé y contribuera et sera, à cet effet, encouragé.

    9. Développer et rationaliser l’éducation non formelle 
    10. Le secteur non formel joue un rôle important dans la formation des ressources humaines du pays. Il prend en charge une couche importante de la jeunesse et contribue à améliorer l’équité des chances d’accès à l’éducation. Des efforts seront faits pour promouvoir et organiser l’éducation non formelle afin qu’elle puisse mieux contribuer au développement national, en harmonie avec le secteur formel de l’éducation. Il s’agira entre autres (1) d’offrir des activités éducatives aux enfants déscolarisés et non scolarisés aux jeunes filles et aux femmes (2) de capitaliser les différentes expériences en vue de leur généralisation.

    11. Développer l’alphabétisation 
    12. Le développement de l’alphabétisation permettra d’améliorer l’équité des chances d’accès à l’éducation aux adolescents et aux adultes qui n’ont pas eu l’opportunité d’acquérir les compétences de base (lecture, écriture, calcul) dans le système scolaire. Des programmes et des structures cohérentes et post-alphabétisation seront mis en place en vue de garantir aux néo-alphabètes une éducation permanente. Des mécanismes seront également établis pour assurer une cohérence entre alphabétisation et l’éducation non-formelle en général. La promotion de l’alphabétisation sera sous-tendue par une politique de développement et d’utilisation des langues nationales.

    13. Rationaliser les différents ordres d’enseignement public et privé et la recherche scientifique
    14. Le développement de l’éducation sera guidé par une vision systémique du secteur en tenant compte des priorités retenues. Il s’agira de promouvoir la cohérence interne au niveau de chaque ordre d’enseignement et, dans la mesure du possible, une plus grande complémentarité entre les divers ordres d’enseignement en prévoyant les passerelles appropriées. La recherche scientifique devra jouer un rôle déterminant dans la conception et la mise en œuvre des innovations éducatives (introduction des langues nationales au primaire ; formation technique et professionnelle à tous les niveaux, etc..)

    15. Mobiliser et gérer rationnellement les ressources

La réalisation des objectifs de la politique éducative exige des ressources financières suffisantes. L’Etat ne peut à lui tout seul fournir ces ressources. Il s’agira de diversifier les sources de financement en mettant en place des mécanismes internes et externes appropriés pour mobiliser des ressources en vue d’assurer la viabilité financière de la politique éducative. Dans ce cadre, des mécanismes seront établis pour rationaliser la participation des communautés. A cet effet l’Inspection Général des Services (IGS) sera renforcé en ressources humaines, matérielles et financières. Les nouvelles procédures de gestion des ressources (budgétaires, humaines et financières) seront diffusées rigoureusement appliquées.

  1. Stratégies de mise en œuvre
  2. Les objectifs nationaux sont applicables et retenus pour l’éducation formelle, l’alphabétisation et l’éducation non formelle. Les stratégies sont donc développées par sous-secteur comme le présente de tableau ci-après :

  3. Prise de décision et gestion de l’Education Pour Tous
    1. Le Bénin après Jomtien

Suite à la conférence de Jomtien, la délégation béninoise a rendu compte au gouvernement notamment à travers la communication n° 590 /90, approuvée par le Conseil des Ministres en sa séance du 16 mai 1990.

Entre autre ce rapport a identifié  trois « tâches urgentes » à exécuter dans le cadre du suivi de la conférence mondiale :

Afin de mener à bien ces tâches, la communication avait proposé que le comité national mis en place pour la préparation de la contribution béninoise à la conférence régionale de Dakar qui a eu lieu du 27 au 30 novembre 1989, soit transformé en «organe permanent de suivi des résolutions de la Conférence mondiale sur l’éducation pour tous».

Ce comité permanent de suivi de la Conférence de Jomtien regroupe les représentants des structures ci-après :

Cet organe n’a malheureusement pas été fonctionnel.

    1. La Gestion de l’Education Pour Tous

Les actions relevant de l’éducation pour tous ont été gérées par différents départements ministériels à savoir :

  1. Principaux évènements et actions en faveur de

l’ Education Pour Tous .

    1. Principaux évènements en faveur de l’Education Pour Tous

A la suite de la Conférence mondiale de Jomtien , le Bénin a participé à plusieurs conférences internationales :

Sur plan interne, les forums spécifiques en faveur de l’Education pour tous sont rares cependant certains évènements peuvent être inscrits ce cadre.

Les Etats Généraux de l’Education organisés en octobre 1990 ont permis aux acteurs, usagers et partenaires de l’école de faire un diagnostic exhaustif du système éducatif béninois et de retenir un certain nombre de mesures pour son développement efficace.

A la suite des Etats Généraux, le gouvernement a adopté en janvier 1991 un Document Cadre de Politique Educative qui consigne les grandes orientations, les objectifs, les stratégies et les priorités devant sous-tendre la mise en œuvre d’un nouveau programme de réforme de système éducatif au Bénin avec l’enseignement primaire comme la première priorité.

La Table Ronde sur le secteur éducation réunie en mai 1997, entre autre a consacré comme deuxième priorité la formation technique et professionnelle.

L’ alphabétisation a bénéficié d’un contexte politique et juridique favorable à son développement :

    1. Principales actions en faveur de l’Education pour tous
    2. Nous allons essayer d’énumérer des actions par rapport à chacun des six aspects contenus dans le plan d’action de Jomtien.

      1. Protection et d’éveil de la petite enfance
      2. L’éducation préscolaire reste inséparable de la protection sanitaire de l’enfant et de la mère. Le Programme National d’Actions en faveur des enfants et des mères pour l’an 2000 a été élaboré et est en cours d’exécution au Ministère de la Santé.

        Des actions spécifiques sont entreprises par l’UNICEF et des Organisations Non Gouvernementales. Le projet Education et Communauté (EDUCOM) démarré en 1994 prévoit par exemple dans les les villages du projet, la prise en charge d’au moins 50% des enfants de moins de six ans. Les enfants en situation difficule font l’objet d’une attention particulière. Divers organismes et ONG appuient les efforts du Gourvement dans ce domaine.

      3. Enseignement Primaire

Les actions menées en faveur de l’EPT s’incrivent en droite ligne dans celles entreprises depuis 1991 dans le cadre de la réforme du système éducatif formel. La réforme du système porte d’abord sur celle de l’enseignement primaire dont l’objectif global est « d’initier un système primaire efficace, efficient,équitable et viable sur une base permanente ». Cet objectif a été traduit par quatre sous-objectifs qui sont :

Chacun des sous-objectifs appelle des sous-progammes, qui correspondent à quinze plans d’action.

Pour le volet Pédagogique : cinq (5) plans d’action

Pour le volet Planification : quatre (4) plans d’actions

Pour le volet réforme institutionnelle : cinq (5) plans d’action

Pour le mobisation des ressources financières : un (1) plan d’action

Cette reforme mise en œuvre en 1992 a eu un impact positif sur l’accès, la qualité et l’équité.

      1. Acquis et résultats de l’apprentissage
      2. Il faut noter, que dans le cadre de la reforme de l’enseignement primaire, il est mis en place un système pour l’évaluation des enfants en cours de formation et à la fin de cycle . Ce système tient compte des nouveaux programmes et va être généralisé en même temps que le nouveau programme d’enseignement du primaire. Ceci constitue un outils appréciable pour la mesure des acquis et résultats de l’apprentissage. Ce mecanisme était quasi enexistant.

      3. Alphabétisation des adultes

Les résultats obtenus au niveau de l’alphabétisation semblent satisfaisants eu égard à l’évolution des dépenses observées. Mais il est difficile de connaître avec précision la tendance du retour à l’analphabétisme. Pour lutter contre ce phénomène, la post-alphabétisation a été mise en œuvre comme un maintien des acquis et n’a pas permis aux néo-alphabètes d’accéder à d’autres programmes de formation. Mais depuis 1990, des actions ont été engagées pour corriger cette situation. Il s’agit notamment des actions de :

L’appui technique de cette cellule a permis la promotion de plusieurs programmes tels que l’alphabétisation/formation des membres de l’Union Régionale des Caisses Locales de Crédit Agricole Mutuel/Union Départementale des Producteurs, la recherche sur les méthodes d’apprentissage du français fondamental, l’éducation civique à travers des radios rurales, etc…

Toutes ces réformes inspirées en totalité ou en partie par les résolutions de Jomtien ont eu un impact sur le terrain dans le domaine de la santé, de l’hygiène, de la gestion et de l’organisation en milieu rural.

      1. Formation à d’autres compétences

Dans le cadre de l’éducation non formelle de nombreuses initiatives actuellement en cours au Bénin contribuent à l’extension et à l’amélioration des services éducatifs de base tels que prescrits par la Conférence de Jomtien. Ces actions se résument comme suit :

      1. Education pour une vie meilleure

Rentre dans le cadre de l’éducation pour une vie meilleure un certain nombre d’actions énuméréées plus haut, telles que : la formation des jeunes ruraux à la mise en place et à la gestion de projets de devéloppement rural intégré ou la formation des filles non scolarisées ou descolarisées. Nous releverons des exemples détaillés dans le développement de la coopération dans le cadre de l’EPT.

  1. Coopération dans le cadre de l’ Education Pour Tous

La mise en œuvre de la réforme et la gestion du système éducatif ont été réalisées grâce à l’exécution d’un certain nombre de projet et de programme dont le financement est assuré par l’Etat, les communautés et les partenaires au développement dont L’USAID, la Banque Mondiale, la Coopération Française, l’UNICEF, le Japon , le Programme Alimentaire Mondial etc…

La contribution du gouvernement se traduit entre autre par les projets et programmes inscrits au Pragramme d’Investissement Publique (PIP). EIle concerne le renforcement de l’offre d’éducation par la construction et /ou la réhabilitation d’infrastructures qui s’effectuent grâce plusieurs projets/programmes à couverture géographique, régionale ou nationale.

5.1. Le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF)

L’UNICEF appui le système éducatif dans le cadre de son de programme de coopération avec le Bénin (1994-1998) à travers, d’une part, le projet Education et Communauté (EDUCOM) et d’autre part et à travers son programme d’Appui au Développement Social (1999-2003) qui comprend deux (2) projets : le projet Education et le projet Enfants ayant besoin de mesures spéciales de protection.

Le projet Education et Communauté (EDUCOM) vise les objectifs ci-après :

Ce projet comporte cinq (5) objectifs principaux :

Ce projet vise les objectifs ci-après :

Plusieurs actions et stratégies sont mises en œuvre pour atteindre ces objectifs et ceci en collaboration avec les autres partenaires en Education pour une meilleure synergie.

Le programme d’Appui au Développement Social est complémentaire des appuis des autres partenaires. Il instaure une nouvelle approche qui implique très concrètement les communautés dans la satisfaction de leurs besoins éducatifs et propose une nouvelle relation entre l’école et la communauté.

5.2. La Banque Mondiale

L’appui de la Banque Mondiale (IDA) se fait à travers un projet d’assistance financière sur une période de cinq ans pour le primaire et le secondaire par la fourniture de manuels scolaires, la réhabilitation des écoles, la promotion de la scolarisation des filles et l’amélioration des capacités de gestion du secteur éducatif.

5.3. Le Programme Alimentaire Mondial (PAM)

Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) au Bénin apporte un appui au pragramme d’alimentation scolaire depuis 1975. Le projet en cours a démarré en avril 1994 et devrait prendre fin en avril 1998. Cependant, le projet est prolongé jusqu’en 1999 sans augmentation de ressources, afin d’assurer l’exécution continue du projet en attendant la mise en œuvre du nouveau programme du Bénin (1999-2003).

L’assistance alimentaire apportée aux cantines scolaires vise à accroître les inscriptions et favoriser la fréqentation scolaire, avec de plus en plus un accent particulier sur la fréquentation des filles. La cantine contribue aussi à améliorer les capacités d’apprentissage des enfants. Un certain accent est mis sur l’appui aux écoles primaires, mais le PAM intervient aussi pour des écoles maternelles, les internats, les orphelinats et au niveau de l’enseignement secondaire.

Cependant, à partir de l’année scolaire 1998-1999, au niveau secondaire, le PAM assiste seulement les filles, surtout à travers les foyers.

Le PAM est aussi engagé dans un programme d’amélioration de l’environnement scolaires (latrines, citernes, jardins …..)

    1. L’Agence des Etats Unis pour le Développement International (USAID)

L’intervention de l’USAID est centrée sur l’enseignement primaire et le renforcement institutionel. Elle vise à œuvrer pour qu’un grand nombre

d’enfants accèdent, sur une base équitable à une éducation de base qui leur permttra de jouer un rôle productif dans la sociéte.

Pour atteindre cet objectif global , cinq (5) résultats intermédiaires sont attendus :

La stratégie pour atteindre ces résultats est basée essentiellement sur l’amélioration de l’efficacité interne du système éducatif, la partcipation communautaire et la formation technique pour les élèves qui abandonnent et quittent le système. Cette stratégie est mise en œuvre de manière intégrée et synergique avec les autres programmes de l’USAID, les agences des Etats-Unis et d’autres partenaires qui interviennent dans le domaine.

L’intervention de l’USAID est matérialisée par le Programme CLEF(Children Learning Equity Foundation) qui a fait l’objet de deux accords de subvention en 1991 : le premier concerne un appui budgétaire sur une période de cinq ans (1991-1996) et le second concerne un projet d’assistance technique sur une période de dix ans (1991-1999) …….(cf DPP …)

Le programme CLEF comporte deux volets :

Les actions appuyées par le CLEF sont celles exécutées dans le cadre des quinze (15) plans d’action énumérés plus haut. (paragraphe 4.2.2.)

Pour atteindre les résultats intermédiaires l’USAID travaille aussi en partenariat avec certaines ONG telles MCDI, IFESH, World Education, SONGAÏ etc...

5.5. La Coopération Française

L’expérience de la coopération franco-béninoise en matière éducative date de 1989.

La France et le Bénin , à partir d’une orientation purement disciplinaire et pédagogique (projet Maths-Français 1989-1993), ont, peu à peu élargi leur champ d’intervention à la fois dans le domaine pédagogique (primaire et Sciences Physiques) et dans le domaine institutionnel (Ressources Humaines, Financières et Planification) avec le Projet d’Appui au Secteur de l’Education (PASE 1994-1997).

L’intervention actuelle de la Coopération Française s’inscrit dans le cadre du Projet d’Appui à l’Enseignement Général (PAEGB 1998-2001). Le projet PAEGB est conçu pour répondre à certaines préoccupations du Bénin dans le secteur. Il a pour ambition d’aider à la réhabilitation de l’enseignement général en intervenant à trois niveaux du système éducatif :

Les actions programmées dans le cadre de ce projet visent à améliorer d’une part, les méthodes de gestion et de management du système éducatif et d’autre part, la qualité de l’enseignement.

5.6. La Coopération avec le Japon

L’intervention du Japon est concrétisée par le Projet de Construction d’Ecoles Primaires dont le financement est un don du gouvernement japonais. Ce projet a été réalisé en deux (2) phases :

5.7. Les Organisations Non Gouvernementales (ONG)

Les ONG comme IFESH, World Education, Peace Corps, MCDI, Aide et Action etc… ont également contribué à divers niveaux à la mise en œuvre de la stratégie nationale d’EPT durant la décennie.

Elle participe aux efforts du Ministère de l’Education pour l’amélioration de la qualité de l’enseignement. Elle développe diverses actions qui visent à augmenter la capacité d’intervention des inspecteurs, des conseillers pédagogiques et des responsables d’unités pédagogiques en vue d’assurer la formation continue des enseignants.

L’IFESH a pour objectifs de :

L’IFESH privilégie la formation de proximité en faveur des acteurs du réseau d’animation pédagogique. Plusieurs créneaux de formation sont offerts à tous les acteurs de réseau d’animation : les visites de classe, l’identification des besoins en formation, les séances d’unités pédagogiques,les sessions de formation en séminaires-ateliers.

Worl Education est une ONG qui intervient au Bénin depuis 1995 à travers le projet Assistance Tehnique aux Associations de parents d’Elèves (ATAPE). Les activités menées par l’ONG au cours de la période 1995-1998 visent le renforcement des ONG nationales et le développement organisationnel des associations des parents d’élèves du primaire à travers des recherches-actions pratiques.

MCDI intervient dans l’éducation au depuis 1996 au Bénin à travers son programme HEPS dont l’objectif est d’améliorer l’environnement sanitaire des écoles primaires suivant les normes de l’Ecole de Qualité Fondamentale afin d’induire des changements de comportements chez les usagers de l’école. Les activités menées par cette ONG ont portent sur :

HEPS offre plusieurs opportunités de collaboration avec divers partenaires tels que l’ IFESH, l’Institut National pour la Formation et la Recherche en Education (INFRE), les Directions Départementales de Santé (DDS), les programmes et agences appuyant les femmes pour les activités génératrices de revenus.

Le Peace Corps s’est implanté au Bénin depuis 1968 pour fournir l’assistance technique dans les quatre programmes suivants :

L’intervention de l’ONG Aide et Action a débuté depuis 1993 après la signature des accords de siège entre elle et le gouvernement du Bénin. Trois objectifs fondamentaux guident les actions de Aide et Action au Bénin :

De multiples stratégies sont engagées pour la réussite des objectifs. Aide et Action diversifie les d’accès pour tous les enfants en âge d’aller à l’école, et ceux ayant dépassé cet âge : ainsi se développent l’expérimentation et le concept «Ecole Evolutive», de même que des filières permettant de former des jeunes non scolarisés ou déscolarisés avec les «classes d’application». Elle s’atelle également à promouvoir la scolarisation des filles et les activités d’éveil de la petite enfance : il s’agit d’appuyer les initiatives des communautés dans la prise en charge des petits enfants, grâce au projet « Apatam Enfance », de mettre à la disposition des mères des technologies adaptées pour limiter le travail des filles en âge de fréquenter, et d’appuyer les activités génératrices de revenus développés par les groupements de femmes.

L’amélioration de la qualité de l’enseignement réside dans la formation et le récyclage des maîtres ; l’amélioration de l’environnement scolaire, notamment par l’équipement en manuels et fournitures scolaires, en matériel pédagogique et d’éducation à la santé ; enfin dans la formation des cellules de pilotage et des associations des parents d’élèves pour les accompagner dans la gestion des ressources de l’école.

Cette coopération intense dans le cadre de l’Education Pour Tous favorise la mise en œuvre d’activités importantes et diverses vers la réalisation des buts et objectifs de l’EPT. Mais il n’est pas toujours facile d’appréhender le coût des investissements réalisés par les partenaires et parfois même par le gouvernement.

  1. Investissements dans l’Education Pour Tous

La mise en application des divers, actions, projets et stratégies dans le cadre de l’Education Pour Tous a engendré plusieurs types investissements. Mais, il est souvent difficile de déterminer avec précision les dépenses en faveur de l’Education Pour Tous.

Les investissements des ONG restent généralement inconnus. Seules les actions sont visibles et appréciées.

En ce qui concerne les dépenses publiques, les informations financières ne sont pas suffisamment détaillées au sein d’un secteur donné. Il n’est pas alors facile de cerner la part des dépenses consacrées uniquement à l’EPT dans les différents secteurs qui interviennent pour la réalisations les buts et objectifs de l’Education Pour Tous.

Les investissements dans le cadre de l’EPT sont examinés successivement dans les sections de l’éducation de base et de l’alphabétisation.

    1. Financement de l’éducation

Le financement des activités de l’éducation repose sur trois sources principales :

La structure du financement de l’ensemble du secteur éducation se présente comme suit en 1996 :

Tableau 2  : Le Financement des activités - 1996

(en millions F CFA.)

Etat et

Collectivités

Parents

ONG &

Extérieur

Auto-financement

Total

Enseignement Maternel

Enseignement Primaire

 

 

487

14 952

 

 

177

2 290

 

 

-

3 394

 

 

23

551

 

 

687

21 187

 

Maternel et Primaire
Enseignements Secondaires et Supérieur

4 373

4 538

2 804

1 447

207

1 188

293

372

7 677

7 545

Total enseignement

 

 

24 350

 

6 718

 

4 789

 

1 239

 

37 096

Administration Générale

Formation Continue- Recherche

Achats par les familles

Bourses et Aides

 

3 251

874

-

1 530

 

178

-

6 871

-1 629

 

1 091

754

-

99

 

 

-

-

-

-

 

 

4 520

1 628

6 871

-

TOTAL

 

 

30 005

 

12 138

 

6 733

 

1 239

 

50 115

Source : Elaboré à partir des tableaux du Compte Economique Général de L’Education - Février 1999.

Cette structure montre les diparités qui existent dans le partage des coûts par catégories d’agent économique dans les différents types d’établissements (établissements publics, établissements communautaires, établissements privés laïques, établissements privés confessionnels).

L’enseignement primaire, qui scolarisent le plus grand nombre d’élèves reçoit le plus fort financement : 21,2 milliards F CFA, soit 42,3 % de la dépense totale d’éducation .

L’administration publique assure la rémunération des enseignants qui sont dans leur majorité des fonctionnaires. Il fournit également l’équipement, les manuels scolaires et le matériel pédagogique à usage collectif puis intervient, dans la mesure de ses moyens dans les constructions d’infrastructures ou la réalisation de gros travaux d’entretien.

Quant aux parents d’élèves, ils financent les fournitures et matériel scolaire à usage individuel de leurs enfants et paient des droits d’écolage par élève. Leur contribution dans le secteur s’étend également aux investissements à travers des cotisations spécifiques et sous forme d’investissement humain dans les travaux de construction.

En ce qui concerne les ONG, elles interviennent également selon leurs objectifs respectifs dans les activités ci-après :

Les agences de coopération apportent leur soutien au développement du secteur sous forme d’assistance techniqueet/ou d’apports financiers pour la réalisation des projets de divers types (constructions, équipement et études) et de divers dons en nature (vivres PAM, ouvrages scolaires). Par exemple de 1993 à1996 , près de 59 millions de dollards US ont été déboursés au profit de l’éducation de base. Ce montant a servi essentiellement au financement des projets d’éducation primaire. Mais on note également le financement de quelques programmes relatifs à l’alphabétisation.

Les décaissements annuels au cours de cette période dont a bénéficié le secteur de l’éducation ont connu une hausse quasi ininterrompue passant de 7 millions de $ environ en 1993 à 18,8 millions de $ en 1996. Cet effort soutenu est essentiellement l’œuvre des Etats-Unis d’Amérique dont la contribution est passée de 6 millions de $ environ en 1993 à 12 millions en 1996, après avoir été de plus de 15 millions de $ pour chacune des années 1994 et 1995.

Les écoles communautaires sont crées à l’intiative d’un village ou d’un groupe de villages. Les investissements nécessaires à leur création (terrain, construction, mobilier) sont supportés par les communautés et le fonctionnement des écoles est pris en charge par l’association des parents d’élèves. Au cours des premières années de leur existence, le recrutement des enseignants et leur rémunération sont assurés par les communautés . L’administration publique dote ces écoles en personnel enseignants lorsque leur taille (effectif des élèves, nombre de classe) devient importante.

Depuis la fin des années 1980, on assiste à une croissance rapide des écoles privées qui contribuent dans une large mesure à l’absorption d’un effectif important d’élèves qui trouvent difficilement des places dans le secteur public, notamment dans les centres urbains. A but lucratif, elles sont pour la plupart situées en zones urbaines et sont crées par des partenaires qui en financent la constrution et l'’quipement et rentabilisent leurs investissements en percevant des droits d'’ncription payés par les familles en contrepartie du service d’enseignement qu’ils leur rendent.

6.2 Les dépenses publiques d’alphabétisation et taux d’alphabétisés

l’évolution des dépenses d’alphabétisation et des taux d’alphabétisés est présenté dans le tableau qui suit :

Tableau  3 : Evolution des dépenses d’alphabétisation et des pourcentages d’alphabétisés par rapport aux inscrits

Années

1992

1993

1994

1995

1996

1997

Dépenses rélles, alphabétisation (en million de F.CFA)

66

92

54

64

77

84

Taux d’accroissement des dépenses d’alphabétisation

-

39,19

-41,3

18,51

20,31

9,09

Effectifs d’alphabétisés

 

21 839

31 304

32 539

28 794

33 738

-

Nombre d’alphabétisés

 

11 968

18 869

17 996

18 311

22 230

 
Nombre de maîtres alphabétiseurs

n.d.

1 534

1 566

1 566

1 566

 
Taux d’alphabétisés inscrits

( %)

54,8

60,3

55,3

63,6

65,9

 
Ecart ou variation absolue des taux d’alphabétisés

-

5,5

-5

8,3

2,3

3,1

Taux d’alphabétisation des adultes (%)

25

n.d.

35,5

n.d.

n.d.

 

Source : Financement des Services Sociaux Essentiels

Initiative 20% - 20% - Août 1998

L’EPT a bénéficié depuis 1990 d’une attention particulière de la part du Gouvernement, des partenaires au développement, des ONG et d’une façon générale de la part de tous les acteurs du système éducatif. Ceci s’est traduit par l’augmentation tout au moins en valeur absolue des ressources mis à la disposition de l’Education et il serait judicieux de se demander l’impact qu’a eu ces actions sur l’EPT.


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