L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays Page d'accueil du forum mondial sur l'éducation
   Bénin
Sommaire du rapport Page d'accueil des rapports des pays Rapports des pays en ordre alphabetique Rapports des pays par régions



Page précédent Page suivant



Deuxième Partie :

IMPACT DE LA DECENNIE EDUCATION POUR TOUS

7.Programme d’éveil et de protection de la petite enfance (PEE)

7.1 Politique nationale et objectif

Le programme d’éveil et de protection de la petite enfance est dispensé dans les écoles maternelles aux enfants de 3 à 5 ans.

Le personnel d’encadrement de ces enfants est composé d’animateurs et d’éducateurs. Les animateurs reçoivent une formation pédagogique après un recrutement sur concours organisé à l’intention des candidats titulaires d’un Brevet d’Etudes du Premier Cycle (BEPC). Ces animateurs forment les enfants en se conformant au programme officiel d’éveil et de protection de la petite enfance.

Quant aux éducateurs généralement très peu nombreux, il n’est exigé d’eux aucun niveau de base. Recrutés localement, ils sont formés sur le tas et aident à l’encadrement des enfants sous la supervision des animateurs. Ils veillent aux petits soins des enfants ; ils s’occupent entre autres de leur manger pendant la récréation, de leur toilette et de leur garde en l’absence des parents.

7.2 Taux brut de scolarisation dans les PEE

2.1 Evolution des effectifs d’enfants des écoles maternelles de 1989/90 à 1996/97

 

1989/90

1990/91

1991/92

1992/93

1993/94

1994/95

1995/96

1996/97

MF

13164

13623

13827

14814

14512

15979

16738

18221

M

7606

8235

8269

8011

7723

8379

8809

9531

F

5558

5388

5558

6803

6789

7600

7929

8690

F/M

0,73

0,65

0,67

0,85

0,88

0,91

0,90

0,91

L’effectif des enfants des écoles maternelles est passé de 13164 en 1990 à 18221 en 1997 ; ce qui représente un taux moyen d’accroissement annuel de 4,75 %. Le rythme de croissance des effectifs féminins a été plus soutenu que celui des garçons : 6,59 % contre 3,28 %. De même l’indice de parité filles/garçons s’est sensiblement amélioré passant de 0,73 en 1990 à 0,91 en 1997. Ceci traduit l’effet positif de la politique de gratuité de scolarisation des filles en milieu rural. En effet depuis quelques années, l’Etat béninois, dans la mise en oeuvre de sa politique de promotion des femmes, a supprimé le payement des contributions scolaires aux jeunes filles des établissements publics en milieu rural.

7.2.2 Evolution des taux bruts de scolarisation dans les PEE par sexe

 

1989/90

1990/91

1991/92

1992/93

1993/94

1994/95

1995/96

1996/97

MF

2,48

2,51

2,49

2,60

2,48

2,67

2,74

2,91

M

2,78

2,94

2,89

2,73

2,58

2,74

2,84

3,01

F

2,16

2,04

2,06

2,46

2,39

2,60

2,64

2,81

F/M

0,78

0,69

0,71

0,90

0,93

0,95

0,93

0,93

Le taux brut de scolarisation des enfants tous sexes confondus est assez faible et a connu une évolution en dents de scie les quatre premières années avec une tendance légèrement à la hausse sur la période de 1990 à 1997 en passant de 2,48 % à 2,91 %.

L’écart observé entre les taux masculin et féminin est à peine remarquable à partir de 1993. Cette réalité se trouve confirmée par l’indice de parité entre les deux taux situé au-dessus de 0,90 à partir de 1994.

7.2.3 Répartition des effectifs des PEE selon la localisation géographique et le type d’établissement en 1989/90 et 1996/97

Année

19989/90

1996/97

Taux ac.

Effectifs Pu + Pr

Taux ac.

Effectifs Privé

Région Effectifs Pu + Pr Effectifs Privé % Privé Effectifs Pu + Pr Effectifs Privé % Privé
ATACORA 1455 0 0 2076 119 5,73 5,21  
ATLANTIQUE 3459 1249 36,11 4932 2129 43,17 5,20 7,92
BORGOU 1834 0 0 3516 239 6,80 9,74  
MONO 1344 0 0 1774 0 0 4,05  
OUEME 2937 0 0 3208 349 10,79 1,27  
ZOU 2135 18 0,84 2715 0 0 3,49  
TOTAL NATIONAL 13164 1267 9,62 18221 2836 15,56 4,75 12,20

Avec un taux d’accroissement moyen annuel de 12,20 % des effectifs d’enfants enregistré au niveau national sur la période de 1990 à 1997, le secteur privé se développe à un rythme de croissance plus élevé que celui du secteur public.

Le département de l’Atlantique a accueilli en 1997 le plus grand effectif d’enfants avec une proportion de 43,17 % revenant au secteur privé. Ceci se justifie par la forte concentration de la population urbaine dans cette région.

7.3 Pourcentage de nouveaux inscrits en 1ère année du primaire ayant suivi un PEE

Année

19989/90

1996/97

Région Nouveaux entrants 1ère année Effectifs avec expérience PEE % nouveaux entrants avec expérience PEE Nouveaux entrants 1ère année Effectifs avec expérience PEE % nouveaux entrants avec expérience PEE
ATACORA 8724 693 7,94 21301 953 4,47
ATLANTIQUE 30588 1580 5,17 33303 1999 6,00
BORGOU 10214 907 8,88 21520 1522 7,07
MONO 15357 774 5,04 26953 990 3,67
OUEME 23853 1522 6,38 28741 1859 6,47
ZOU 19512 864 4,43 27970 1807 6,46
TOTAL NATIONAL 108248 6340 5,86 159788 9130 5,71

L’effectif des nouveaux inscrits avec une expérience PEE s’élève à 9130 en 1997 et représente 5,71 % de l’effectif global des nouveaux inscrits au niveau national qui est de 159788. Ce faible pourcentage a connu une légère baisse de 0,15 % par rapport à celui de 1990 qui s’élevait à 5,86 %. Cette situation traduit le peu d’intérêt que les parents accordent à l’inscription de leurs enfants dans les écoles maternelles. La plupart des parents préfêrent inscrire leurs enfants directement dans les écoles primaires.

Par ailleurs, alors que l’effectif des nouveaux inscrits en 1ère année au niveau national est passé de 108248 à 159788 de 1990 à 1997 avec un taux moyen d’accroissement annuel de 5,72 %, celui des nouveaux inscrits avec une expérience PEE est passé de 6340 à 9130 avec un taux moyen d’accroissement annuel de 5,35 %. Ces deux taux traduisent pratiquement le même rythme de croissance des effectifs.

Les pourcentages d’effectifs des nouveaux inscrits avec une expérience PEE enregistrés au niveau national cachent des disparités au niveau départemental. C’est seulement au niveau des départements de l’Atlantique, de l’Ouémé et du Zou qu’on note une légère augmentation des pourcentages de nouveaux inscrits avec une expérience PEE en 1997 par rapport à ceux de 1990. Certainement parce que ces départements enregistrent une forte population urbaine.

7.4 Leçons à tirer

Le taux brut de scolarisation dans les écoles maternelles au Bénin est encore faible. Il ne franchit pas encore la barre de 3 % au niveau national.

Le pourcentage de nouveaux inscrits en première année du primaire ayant une expérience PEE est également assez faible. Il est de 5,71 % en 1997 et connaît une baisse par rapport à celui de 1990.

Ces deux constats mettent en exergue le peu d’intérêt accordé par les parents à l’inscription de leurs enfants dans les écoles maternelles.

Par contre l’effet positif constaté est l’amélioration de l’indice de parité filles /garçons qui tend vers l’unité. Ce constat résulte certainement de la suppression du payement des contributions scolaires aux jeunes filles des établissements primaires publics en milieu rural.

8. Enseignement primaire

 8.1 Le Taux Brut d’Admission ( TBA )

 Le Taux Brut d’Admission traduit le niveau général d’accès à l’Enseignement Primaire (EP). Cet indicateur présente la proportion de nouveaux admis en 1ère année de l’enseignement primaire sans considération d’âge, exprimé en pourcentage de la population ayant l’âge officiel d’entrée à l’école primaire.

Au Bénin, l’âge officiel d’entrée à l’EP est de six ans.

L’analyse de l’évolution de ce taux débutera par celle des effectifs des nouveaux inscrits en 1ère année de tous les âges et de la population scolarisable de six ans ; grandeurs entrant en ligne de compte pour le calcul de cet indicateur.

8.1.1- Evolution des nouveaux élèves inscrits en 1ère année et de la population ayant l’âge officiel d’admission

8.1.1.1- Evolution selon le sexe

*Evolution des nouveaux élèves inscrits en 1ère année

Tableau N°1 Evolution des nouveaux élèves inscrits en 1ère année

selon le sexe de 1990 à 1998

  1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998
Total

M

F

108248

70818

37430

122006

82525

39481

116847

76846

40001

128296

83152

45144

122015

73532

48483

134071

81485

52586

140303

83596

56707

159788

94577

65211

169925

100741

69184

Indice de

Parité

0.53

 

0.48 0.52 0.54 0.66 0.64 0.68 0.69 0.69

Source : Service Statistique et Gestion de l’ Information / Direction de la Programmation et de la Prospective (SSGI/DPP)

Les effectifs des nouveaux inscrits en 1ère année de l’Enseignement Primaire sont passés de 108248 en 1990 à 169925 en 1998 avec un taux moyen d’accroissement annuel de 5.8%. Ces effectifs ont évolué en dents de scies jusqu’en 1994, année à partir de laquelle ils ont régulièrement progressé ; soit un taux moyen d’accroissement annuel de 8.6% entre 1994 et 1998.

Le rythme de croissance des effectifs des filles : 8% a été plus soutenu que celui des garçons :4.5% . Par conséquent, l’indice de parité filles /garçons a été amélioré .

* Evolution de la population de six ans

La population scolarisable de 6 ans quant à elle (voir tableau N° 2) a évolué à un taux moyen de croissance annuelle de 3%. Le rythme de croissance de la population féminine de 6 ans : 3.09% a été légèrement plus soutenu que celui de la population masculine de cet âge :3.00% entre1992 et 1998.

Un rapprochement des taux d’évolution de l’effectif des nouveaux inscrits en 1ère année :5.8% de ceux de la population scolarisable de 6 ans :3% montre que les nouveaux entrants ou inscrits en 1ère année de tous les âges augmentent plus vite que la population scolarisable de 6 ans à laquelle cet effectif se rapporte pour donner le taux brut d’admission. L’écart entre les deux taux est de 2.8%. Cette différence peut s’expliquer par l’importance des entrées précoces et tardives en 1ère année du primaire.

Tableau N°2 : Evolution de la population de 6 ans selon le sexe de 1990 à 1998

  1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998
Total

M

F

191411

98504

92907

197196

101089

96107

203166

104386

98780

209326

107495

101831

215682

110706

104976

222241

114023

108218

229011

117450

111561

235999

120993

115006

243209

124651

118558

Indice 0.94 0.95 0.94 0.95 0.95 0.95 0.95 0.95 0.95

Source : INSAE

        1. Evolution selon les départements et le sexe

L’examen du tableau d’évolution de l’effectif des nouveaux élèves inscrits en 1ère année selon les départements et le sexe (voir tableau A en annexe), montre au niveau des départements que ces effectifs ont évolué en général en dents de scie surtout dans l’Atlantique qui regroupe à lui seul 28.3% des nouveaux inscrits en première année en 1990 et 20.4% en 1998.

Quelque soit le département, les filles ont toujours été moins scolarisées que les garçons, néanmoins il est noté des écarts moins importants dans l’atlantique.

La population scolarisable de 6 ans a régulièrement progressé dans tous les départements ( voir tableau B en annexe) .

8.1.2 Evolution des taux bruts d’admission (TBA)

8.1.2.1 Evolution des taux bruts d’admission selon le sexe

Tableau N°3 : Evolution des TBA selon le sexe de 1990 à 1998

  1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998
Total

M

F

56.55

71.89

40.29

61.87

81.64

41.08

57.51

73.62

40.50

61.29

77.35

44.33

56.60

66.40

46.20

60.33

71.46

48.59

61.26

71.18

50.83

67.71

78.17

56.70

69.87

80.82

58.35

Indice de

Parité

0.56 0.50 0.55 0.57 0.70 0.68 0.71 0.73 0.72

Source : SSGI/ DPP

Le TBA qui indique également la capacité du système éducatif à assurer l’accès en 1ère année de la population ayant l’âge officiel d’entrer à l’école n’a régulièrement progressé que depuis 1994 pour tout le Bénin. Il est passé de 56.60% au cours de cette année à 69.87% en 1998, indiquant ainsi une amélioration de l’accès à l’Enseignement Primaire (E P).

Les taux masculins ont subi une croissance soutenue depuis 1996 et les taux féminins depuis 1992. Ces derniers sont restés inférieurs à ceux des garçons sur toute la période : 1990-1998. Néanmoins il faut noter que les écarts observés évoluent à la baisse depuis quelques années eu égard aux multiples actions entreprises pour promouvoir la scolarisation des filles. Entre autres actions citons la sensibilisation des parents d’élèves par le canal des médias et la suppression des contributions scolaires au niveau des filles en milieu rural dans les établissements primaires publics.

8.1.2.2- Evolution des taux bruts d’admission selon les départements et le sexe

Les TBA (voir tableau C en annexe), varient d’un département à un autre. Ils sont plus élevés dans les départements de l’atlantique, de l’ouémé et du zou. En effet ces trois départements qui sont plus peuplés et urbanisés semblent mieux bénéficier des actions entreprises en faveur de l’accès à l’école, particulièrement la sensibilisation des parents d’élèves par le canal des médias.

8.2 Taux Net d’Admission

Le taux net d’admission (TNA) fournit une mesure plus précise du niveau d’accès à l’ EP, de la population en âge d’y accéder. Cet indicateur présente la proportion de la population de six ans qui s’est inscrite pour la première fois en 1ère année à l’âge de six ans.

Il convient donc avant de décrire l’évolution de ce taux d’ examiner celle des nouveaux inscrits en 1ère année à l’âge de six ans.


Page précédent Page suivant