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8.6.2 - Analyse de cohortes d’élèves

L’analyse des cohortes d’élèves constitue un moyen plus complet d’évaluation de l’efficacité interne dans l’ EP. Une cohorte d’élèves se définit comme un groupe d’élèves qui entrent en première année d’un cycle donné au cours de la même année scolaire et vivent par la suite chacun à sa façon, les évènements que sont le passage en classe supérieure, le redoublement , l’abandon ou le succès à l’issue de la dernière classe du cycle.

Selon le type de données disponibles, il y a trois manières d’analyser l’efficacité interne d’un système éducatif par la méthode des cohortes d’élèves :

Le moyen idéal d’obtenir une évaluation précise de la déperdition scolaire est d’utiliser la méthode de la cohorte réelle. Il faut pour ce faire disposer des informations fiables sur chaque élève de la cohorte qui sera suivi tout au long du cycle d’étude. Cette méthode a l’inconvénient de coûter chère et de prendre beaucoup de temps. Raison pour laquelle elle n’est pas très utilisée.

En l’absence d’informations individualisées sur les élèves, on peut évaluer le rendement interne de l’enseignement à partir de données relatives aux effectifs inscrits par classe au cours d’au moins deux années consécutives en utilisant soit la méthode de la cohorte apparente, soit celle de la cohorte reconstituée.

La méthode de la cohorte apparente s’applique lorsqu’il n’y a pas de données sur les redoublants.

La méthode de la cohorte reconstituée s’applique lorsqu’on dispose de données sur l’effectif des inscrits par année d’études pendant deux années consécutives, ainsi que des données relatives aux redoublants par classe pour la seconde des deux années scolaires choisies .

8.6.2.1-Les taux de rendement interne

Les données relatives à l’ effectif des inscrits par année d’études pendant les années scolaires 1996-1997 et 1997-1998 ainsi qu’aux données sur les redoublants de l’année scolaire 1997-1998  a permis de faire une estimation des trois principaux taux de flux ou de rendement et de les analyser. Il s’agit de :

Le taux de promotion représente le pourcentage d’élèves admis à passer l’année suivante dans la classe supérieure.

Le taux de redoublement est la proportion d’élèves inscrits dans une classe au cours d’une année scolaire donnée qui étudient dans la même classe au cours de l’année scolaire suivante.

Le taux d’abandon représente le pourcentage d’élèves qui abandonnent une classe, un cycle ou un niveau d’enseignement au cours d’une année scolaire donnée.

Taux de rendement interne en 1996-1997 par année d’études et par sexe

Sexes

Taux de rendement ((%)

Niveau d’études

CI

CP

CE1

CE2

CM1

CM2

 

Total

Taux de promotion  

64.6

 

72.8

 

65.4

 

68.6

 

60.3

 

52.6

Taux de redoublement  

25.6

 

21.8

 

26.4

 

23.7

 

31.3

 

25.9

Taux d’abandon  

9.8

 

5.4

 

8.2

 

7.7

 

8.4

 

21.5

 

Masculin

Taux de promotion  

65.9

 

73.6

 

66.3

 

69.7

 

61.7

 

52.4

Taux de redoublement  

25.4

 

20.5

 

25.7

 

22.8

 

30.3

 

26.1

Taux d’abandon  

8.7

 

5.9

 

8.0

 

7.5

 

8.0

 

21.5

 

Féminin

Taux de promotion  

62.7

 

71.5

 

63.9

 

66.7

 

57.5

 

53.0

Taux de redoublement  

26.0

 

23.8

 

27.6

 

25.4

 

33.3

 

25.5

Taux d’abandon  

11.3

 

4.7

 

8.6

 

7.9

 

9.3

 

21.5

L’examen de ces taux calculés par année d’études et par sexe permet de noter que :

- Les taux de promotion et d’abandon (garçons + filles) évoluent en dents de scie du CI au CM1 . Ils varient entre 52% et 74%. La classe de CP connaît le plus fort taux de promotion :72.8% et la classe de CM2 le plus faible : 52.6%.

- Les taux de redoublement évoluent également en dents de scie du CI au CM1 et sont plus faibles au CP : 21.8% et plus élevés au CM1 : 31.3% .Cette année d’étude connaît malgré son fort taux de redoublement, un taux de promotion relativement élevé.

- Les filles ont des taux d’abandon supérieurs à ceux des garçons sauf pour le CE1et le CM2 tandis que leur taux de promotion est moins élevé du CP au CM1. Les résultats au Certificat d’Etude Primaire par contre ont donné un taux de succès plus élevé chez les filles : 53.0% contre 52.4% chez les garçons.

8.6.2.2 - Les autres indicateurs du rendement interne

La méthode de la cohorte reconstituée a été utilisée pour reconstituer les flux ou mouvement des élèves d’une cohorte afin d’en déduire d’autres indicateurs de l’efficacité interne. Cette reconstitution se fonde sur les hypothèses  selon lesquelles :

- A une classe donnée s’appliquent les mêmes taux de redoublement, de promotion et d’abandon qu’un élève ait atteint le niveau de cette classe directement ou après un ou plusieurs redoublements.

- Il n’y aura d’élèves supplémentaires ( nouveaux entrants ) dans aucune des années suivantes pendant la durée de vie de la cohorte originelle de 1000 élèves.

- Le nombre de redoublement autorisé pour tout élève doit être bien défini.

Pour reconstituer l’histoire des 210553 élèves entrés au CI en 1997, il est préférable d’exprimer cette cohorte de départ sous forme d’indice pour 1000 élèves. Ainsi on applique les taux de rendement de la classe 1 ( CI ) à cette cohorte fictive de 1000 élèves au lieu de 210553. De la même manière ,on applique les taux de rendement de la classe 2 à l’effectif des élèves qui l’ont atteinte et ainsi de suite…. On arrive ainsi à obtenir en plus des principaux indicateurs de rendement , d’autres tels que le taux de survie par classe, le coefficient d’efficacité et le nombre d’année de scolarisation par diplômé.

Survie scolaire par année d’études

Les survivants d’une année d’étude ou classe donnée représentent le nombre d’élèves inscrits dans la 1ère année de l’ EP au cours d’une année scolaire donnée et qui atteignent cette année d’étude avec ou sans redoublement.

Le taux de survie se définit ainsi comme le pourcentage d’élèves d’une cohorte qui atteignent un niveau donné de scolarité, avec ou sans redoublement. Il peut s’interpréter comme la probabilité pour qu’un enfant admis au CI atteigne les différentes classes successives, et a pour objet de déterminer l’efficacité interne du système éducatif et la capacité de celui-ci à retenir les élèves.

* Taux de survie par année d’études et par sexe

Le calcul des taux de survie de la cohorte fictive de 1000 élèves donne les résultats suivants par année d’étude et par sexe en 1990 :

  CI CP CE1 CE2 CM1 CM2 Diplômés
Total Survivants 1000 839 856 756 690 644 376
Taux de survie 100% 83.9% 85.6% 75.6% 69.0% 64.4% 37.6%
M Survivants 1000 855 882 781 722 678 398
Taux de survie 100% 85.5% 88.2% 78.1% 72.2% 67.8% 39.8%
F Survivants 1000 809 806 710 633 581 337
Taux de survie 100% 80.9% 80.6% 71.0% 63.3% 58.1% 33.7%

Sur 1000 enfants rentrant au CI, 839 accèdent au CP, 644 accèdent au CM2, 376 réussissent le Certificat d’Etude Primaire (CEP). Les performances des filles sont inférieures à celles des garçons sur les six années d’études à l’enseignement primaire, c’est-à-dire du CI au. Au CEP également, les garçons ont le dessus : 398 contre 337 diplômés chez les filles .

Par contre en 1997, le calcul des taux de survie de la cohorte fictive de 1000 élèves donne les résultats suivants par année d’étude et par sexe:

  CI CP CE1 CE2 CM1 CM2 Diplômés
Total Survivants 1000 869 808 717 643 559 394
Taux de survie 100% 86.9% 80.8% 71.7% 64.3% 55.9% 39.4%
M Survivants 1000 883 818 729 656 576 406
Taux de survie 100% 88.3% 81.8% 72.9% 65.6% 57.6% 40.6%
F Survivants 1000 847 795 699 623 530 374
Taux de survie 100% 84.7% 79.5% 69.9% 62.3% 53.0% 37.4%

Sur 1000 enfants rentrant au CI, 869 accèdent au CP, 595 accèdent au CM2, 394 réussissent le Certificat d’Etude Primaire (CEP). Les performances des filles sont inférieures jusqu’au CM2 puisque 530 filles accèdent à cette classe contre 576 garçons. Au CEP également , les garçons ont le dessus : 406 contre 374 diplômés chez les filles .

Une étude comparative des deux cohortes montre que les résultats sont meilleurs en fin d’étude en 1997 : 39.4% en 1997 contre 37.6% en 1990. Ceci malgré les taux de survie faibles enregistrés en 1997 par à ceux de 1990.

 

5ème année

6ème année

Année scolaire 1990 1997 1990 1997
Total 69.0% 64.3% 64.4% 55.9%
G 72.2% 65.6% 67.8% 57.6%
F 63.3% 62.3% 58.1% 53.0%

Le taux de survie en 5ème année est le pourcentage d’élèves qui ont été inscrits dans la première année de l’enseignement primaire au cours d’une année scolaire donnée et qui sont parvenus finalement jusqu’à la 5ème année. Le taux de survie en 5ème année indique la proportion des élèves d’une cohorte qui achèvent la 4ème année et parviennent en 5ème année.

Ce taux présente un intérêt particulier du fait que l’achèvement des quatre premières années de scolarité est généralement considéré comme une condition préalable d’un niveau d’alphabétisme durable. La proportion d’élèves inscrits en 1ère année accédant au CM1 ( taux de survie en 5ème année) est en moyenne de 69.0% en 1990 et 64.3% en 1997. Les taux féminins sont inférieurs à ceux des garçons pour les deux années scolaires considérées : 63.3% contre 72.2% pour les garçons en 1990 et 62.3% contre 65.6% pour les garçons en 1997.

Le taux de survie en 6ème année présente le pourcentage des élèves inscrits dans la 1ère année de l’enseignement primaire au cours d’une année scolaire donnée et qui sont parvenus finalement jusqu’à la 6ème année d’étude. Ce taux calculé pour les élèves accédant au CM2 avantage encore les garçons : 67.8% contre 58.1% pour les filles en 1990 et 57.6% contre 53.0% pour les filles en 1997.

Le coefficient d’efficacité est le nombre idéal d’années-élèves nécessaires ( c’est à dire en l’absence de redoublement et d’abandons) pour que les élèves d’une cohorte donnée achèvent le cycle primaire, exprimé en pourcentage du nombre d’années-élèves effectivement utilisé par ces élèves.

Une année scolaire passée dans une classe par un élève est comptée comme une année-élève. En multipliant le nombre de diplômés par le nombre de classes, on obtient le nombre idéal d’années-élèves nécessaires pour produire les diplômés.

Le tableau suivant donne pour les années scolaires 1990 et 1997, le nombre d’années élèves utilisé par la cohorte de 1000 élèves ainsi que les coefficients d’efficacité pour la 5ème et la 6ème année d’études.

Années

scolaires

Nombre d’années-élèves Coefficient d’efficacité
5e année 6e année
1990 Total

6470

59.0%

34.9%

M

6635

61.0%

36.0%

F

6180

55.1%

32.7%

1997 Total

6167

51.6%

38.3%

M

6200

53.1%

39.3%

F

6128

48.9%

36.6%

Le coefficient d’efficacité en 5ème année est de 59.0% en 1990 et 51.6% en 1997. Celui des filles est inférieur à celui des garçons: 55.1% contre 61.0% pour les garçons en 1990 et 48.9% contre 53.1% pour les garçons en 1997.

Le coefficient d’efficacité des filles est également inférieur à celui des garçons au CM2.

La baisse du taux d’efficacité constatée en 1997 traduit un malaise dans le système éducatif béninois qui peut s’expliquer par :

Les taux de survie bas confirment cette réalité.

    1. Acquis scolaires

8.7.1 Taux de réussite au diplôme terminal

Le diplôme terminal à l’enseignement primaire est le Certificat d’Etudes Primaires (CEP).

Taux de réussite au CEP en 1990 et en 1995

DEPARTEMENT SEXE

1990

1995

Présentés Admis %Admis Présentés Admis %Admis
 

ATACORA

T

M

F

2725

2076

649

826

635

191

30,31

30,59

29,43

3701

2879

822

1828

1422

406

49,39

49,39

49,39

 

ATLANTIQUE

T

M

F

11274

6761

4513

5160

3202

1958

45,77

47,36

43,39

17721

10630

7091

10135

6398

3737

57,19

60,19

52,70

 

BORGOU

T

M

F

3581

2506

1075

1324

933

391

36,97

37,23

36,37

5593

3855

1738

3563

2528

1035

63,70

65,58

59,55

 

MONO

T

M

F

3789

3004

785

1724

1390

334

45,50

46,27

42,55

6792

5233

1559

3622

2868

754

53,33

54,81

48,36

 

OUEME

T

M

F

7365

5000

2365

2495

1738

757

33,88

34,76

32,01

10681

7129

3552

6016

4162

1854

56,32

58,38

52,20

 

ZOU

T

M

F

5944

4330

1614

2340

1795

545

39,37

41,45

33,77

9071

6536

2535

4295

3233

1062

47,35

49,46

41,89

 

TOTAL

T

M

F

34678

23677

11001

13869

9693

4176

39,99

40,94

37,96

53559

36262

17297

29459

20611

8848

55,00

56,84

51,15

Les taux de réussite au CEP se sont beaucoup améliorés en 1995 par rapport à ceux obtenus en 1990.

Au niveau national tous sexes confondus, le taux de réussite au CEP est de 55,00% en 1995 contre 39,99% en 1990. Les taux de réussite masculins sont toujours supérieurs à ceux des garçons.

L’analyse des résultats départementaux montre que les filles ont toujours des taux de réussite nettement inférieurs à ceux des garçons sauf dans le département de l’Atacora ou la parité s’est rétablie en 1995. Deux départements ont réalisé des performances supérieures aux autres en 1995. Il s’agit des départements de l’Atlantique et du Borgou qui ont réalisé des taux de réussite avoisinant 65% en 1995.


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