L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays Page d'accueil du forum mondial sur l'éducation
   Bénin
Sommaire du rapport Page d'accueil des rapports des pays Rapports des pays en ordre alphabetique Rapports des pays par régions



Page précédent Page suivant



8.7.2 Evaluation des connaissances en français et en mathématiques au CP et au CM1

Dans le cadre de la réforme du système éducatif béninois, des plans d’actions ont été élaborés et mis en œuvres depuis 1993. Parmi ces plans, figure celui portant sur l’évaluation des connaissances et l’orientation des élèves. Lorsque l’on examine le système d’évaluation actuellement en usage dans les classes, on constate que, dans l’ensemble, les maîtres cherchent à contrôler l’efficacité de leur enseignement en ayant recours aux moyens suivants :

Mais, à la lumière de l’évolution des concepts et des pratiques de l’évaluation pédagogique, il s’avère indispensable de compléter ces formes traditionnelles d’évaluation qui renseignent très peu sur le fonctionnement du système scolaire dans son ensemble. De ce fait, elles ne permettent pas de fournir l’information nécessaire pour prendre les mesures nécessaires à l’amélioration de la qualité de l’enseignement dispensé.

Il s’agit donc de faire de l’évaluation non plus un instrument destiné à contrôler seulement les performances individuelles des élèves ou du personnel enseignant, mais plutôt un processus permettant d’atteindre les objectifs suivants :

Cette nécessité d’introduire, dans les écoles, une nouvelle forme d’évaluation a fait l’objet d’une étude menée dans certaines écoles du Bénin. Cette étude, faute de pouvoir prendre en compte toutes les écoles et tous les élèves de l’enseignement primaire, s’intéresse cependant à une population suffisamment représentative des réalités du monde scolaire béninois. Il s’agit d’une évaluation sur échantillon.

Une évaluation sur échantillon a été administrée en mai 1995. L’échantillon est constitué de cent écoles choisies au hasard dans tous les départements du Bénin. Les trente écoles expérimentales dont dispose le Bénin ont été ajoutées à cet échantillon. Tous les élèves du CP et du CM1 présents dans ces 130 écoles ont été soumis à l’évaluation en français et en mathématique.

En français, les habiletés ou types d’apprentissage à évaluer chez les élèves du CP sont la copie, l’expression écrite, la compréhension orale (écouter et comprendre) et la compréhension écrite. Les contenus notionnels ou domaines devant sous-tendre ces habiletés le texte, la phrase, le mot et la syllabe. Quant aux élèves du cours moyen, première année (CM1), ils ont été invités à répondre à des items relatifs à la compréhension orale et écrite, à l’application des mécanismes de la langue et la production d’écrits. Les contenus donnés à ces habiletés sont le texte, la phrase et le mot.

En mathématique, les apprentissages suivants ont été retenus pour l’épreuve du CP : écrire, compter, classer, effectuer, décompter et résoudre. D’un autre côté, les domaines ayant permis de mesurer ces apprentissages sont les nombres, l’addition, la soustraction, la multiplication, la division et les problèmes. Au CM1, les apprentissages évalués sont les suivants : effectuer, classer, convertir et résoudre. Les contenus donnés à ces apprentissages sont les nombres entiers, les fractions, les longueurs, les surfaces, les analyses, les aires, les volumes et les nombres décimaux.

Les résultats de cette évaluation sont consignés dans le tableau ci-après :

MATIERES

NOMBRE D’ELEVES SOUMIS A L’EVALUATION RESULTATS MOYENS SUR 100
Français au CP

2258

42,0

Français au CM1

2147

31,5

Mathématique au CP

2292

35,3

Mathématique au CM1

2055

28,7

L’analyse statistique et pédagogique des résultats obtenus révèle que, dans l’ensemble, le rendement des élèves en français et en mathématique est décevant (en dessous de 50%) et interpelle tous les acteurs et tous les partenaires de l’éducation nationale.

A travers différents questionnaires adressés aux élèves, aux enseignants, à leurs parents, aux directeurs d’écoles, ils a été possible de recueillir des informations relatives aux conditions socio-économiques des parents, aux conditions matérielles de travail des élèves et des enseignants. Le traitement de ces informations révèle les faits saillants suivants :

Il est indispensable d’entreprendre et de conduire des actions énergiques pour des remèdes conséquents face aux principales insuffisances identifiées. Des suggestions sont formulées dans ce sens. Elles s’adressent :

A l’Etat à qui il revient de :

Aux inspecteurs et aux conseillers pédagogiques qui doivent :

Aux responsables des unités pédagogiques et aux directeurs d’écoles qui devraient :

Aux enseignants qui :

Aux parents d’élèves, aux communautés et autres partenaires de l’école primaire qui devraient :

La prise en compte de ces suggestions permettront d’améliorer considérablement la qualité de l’enseignement et l’efficacité de l’école primaire.

8.8 Dépenses publiques de l’éducation

Le financement de l’éducation en général et de l’enseignement primaire en particulier est assuré par trois sources principales :

8.8.1 Dépenses publiques pour l’enseignement primaire en pourcentage du total des dépenses publiques d’éducation

  1993 1994 1995 1996 1997* 1998*
Dépenses publiques pour l’enseignement primaire

(en milliards de F CFA)

 

8,000

 

11,026

 

12,280

 

14,535

 

17,736

 

21,642

Dépenses publiques d’éducation

(en milliards de F CFA)

 

17,496

 

23,376

 

25,752

 

29,454

 

35,039

 

41,682

Dépenses publiques pour l’enseignement primaire en pourcentage des dépenses publiques d’éducation  

45,72%

 

47,17%

 

47,69%

 

49,35%

 

50,62%

 

51,92%

(*) Les dépenses publiques d’éducation et les dépenses publiques pour l’enseignement primaire en 1997 et 1998 sont des estimations.

Les dépenses publiques d’éducation ont régulièrement augmenté de 1993 à 1998. Elles sont passées de 17,496 milliards de F CFA en 1993 à 29,454 milliards de F CFA en 1996 et s’estiment à 41,682 milliards de F CFA en 1998, ce qui représente un taux moyen d’accroissement annuel de 18,96%.

Dans le même temps, la part revenant à l’enseignement primaire est passée de 8,000 milliards de F CFA en 1993 à 14,535 milliards de F CFA en 1996 pour être estimée à 21,642 milliards de F CFA en 1998, soit un taux moyen d’accroissement annuel de 22,02%.

Le rythme de croissance des dépenses publiques pour l’enseignement primaire a été donc beaucoup plus soutenu que celui des dépenses publiques d’éducation. Autrement dit, la part des dépenses publiques d’éducation revenant à l’enseignement primaire est de plus en plus importante d’une année à l’autre. Elle représente 49,35% en 1996 pour être estimée à 51,92% en 1998, soit plus de la moitié des dépenses publiques d’éducation. Ceci traduit la détermination de l’Etat béninois de faire de l’enseignement primaire sa priorité.

8.8.2 Dépenses publiques ordinaires pour l’enseignement primaire en pourcentage du Produit National Brut (PNB)

  1993 1994 1995 1996 1997* 1998*
Dépenses publiques ordinaires pour l’enseignement primaire

(en milliards de F CFA)

 

8,000

 

10,865

 

12,280

 

13,758

 

16,483

 

19,748

Produit National Brut

(en milliards de F CFA)

 

594,6

 

816,7

 

983,7

 

1118,8

 

1238,1

 

1346,1

Dépenses publiques ordinaires pour l’enseignement primaire en pourcentage du PNB  

1,35%

 

1,33%

 

1,25%

 

1,23%

 

1,33%

 

1,47%

(*) Les dépenses publiques ordinaires pour l’enseignement primaire en 1997 et 1998 sont des estimations.

Le Produit National Brut a régulièrement évolué en passant de 594,6 milliards de F CFA en 1993 à 1118,8 milliards de F CFA en 1996 pour être estimé à 1346,1 milliards de F CFA en 1998 avec un taux d’accroissement moyen annuel de 17,75%.

Quant aux dépenses publiques ordinaires pour l’enseignement primaire, elles sont passées de 8,0 milliards de F CFA en 1993 à 13,758 milliards de F CFA en 1996 pour être estimées en 1998 à 19,748 milliards de F CFA avec un taux d’accroissement moyen annuel de 19,81%.

La part qu’elles représentent dans le PNB est très faible et a régulièrement baissé d’une année à l’autre de 1993 à 1996. Elle est de 1,23% en 1996.

8.8.3 Dépenses publiques ordinaires pour l’enseignement primaire par élève en pourcentage du Produit National Brut par habitant

  1993 1994 1995 1996 1997* 1998*
Dépenses publiques ordinaires pour l’enseignement primaire

(en milliards de F CFA)

 

8,000

 

10,865

 

12,280

 

13,758

 

16,483

 

19,748

Effectif des élèves de l’enseignement primaire  

599830

 

624778

 

677900

 

722161

 

784888

 

843340

 

Population totale

 

5084993

 

5251704

 

5423920

 

5603088

 

5790664

 

5985680

Produit National Brut

(en milliards de F CFA)

 

594,6

 

816,7

 

983,7

 

1118,8

 

1238,1

 

1346,1

Dépenses publiques ordinaires par élève en % du PNB par habitant  

11,40%

 

11,18%

 

9,99%

 

9,54%

 

9,82%

 

10,41%

(*) Les dépenses publiques ordinaires en 1997 et 1998 sont des estimations.

Les dépenses publiques ordinaires par élève pour l’enseignement primaire exprimées en pourcentage du PNB par habitant pour un exercice financier donné mesurent le coût moyen d’un élève dans l’enseignement primaire par rapport au PNB par habitant , déterminant ainsi le rapport entre la dépense moyenne par élève et la moyenne théorique du revenu par habitant.

Au Bénin, ce taux a régulièrement baissé d’une année à l’autre de 1993 à 1996 avant de commencer à remonter à partir de 1997. Il est de 9,54% en 1996.

  1. Education non formelle

9.1 Taux d’alphabétisme des sujets âgés de 15 à 24 ans

Le taux d’alphabétisme des personnes âgées de 15 à 24 ans revêt une signification spéciale dans la mesure où il traduit les résultats récents du processus d’éducation de base. C’est une mesure sommaire de l’efficacité du système éducatif. Un taux élevé chez les sujets de 15 à 24 ans indique un niveau élevé de participation et de rétention dans l’enseignement primaire et le fait que cet enseignement réussit à inculquer les connaissances de base de la lecture et de l’écriture. Etant donné que les personnes appartenant à ce groupe d’âge font leur entrée dans la vie adulte, la détermination de leur niveau d’alphabétisme est importante pour les politiques nationales d’utilisation des ressources humaines ainsi que pour la détermination et la prévision des progrès de l’alphabétisation des adultes.

Evolution des taux d’alphabétisme des personnes âgées de 15 à 24 ans au Bénin

  sexe 1990 1992 1994 1996 1998
Nombre d’alphabètes de 15 à 24 ans T

M

F

278346

175198

103148

308912

197082

111830

343899

222365

121534

383337

251102

132235

427853

283795

144058

Population de 15 à 24 ans T

M

F

930970

489839

441131

816849

379259

437590

908690

436523

472167

996302

493911

502391

1101815

557849

543966

Taux d’alphabétisme des sujets de 15 à 24 ans T

M

F

29,9

35,8

23,4

37,8

52,0

25,6

37,8

50,9

25,7

38,5

50,8

26,3

38,8

50,9

26,5

Hormis le bas taux d’alphabétisme de 29,9% des sujets de 15 à 24 ans enregistré en 199o, les années suivantes ont connu des taux oscillant autour de 38%. Les femmes ont enregistré les plus bas taux d’alphabétisme représentant à peine la moitié de ceux réalisés par les hommes. En 1998, ce taux est de 50,9% pour les hommes contre 26,5% pour les femmes.

9.2 Alphabétisation des adultes

Le taux d’alphabétisme des adultes indique le résultat cumulatif du travail accompli par l’enseignement primaire et par les programmes d’alphabétisation pour inculquer les compétences de base à la population. L’alphabétisme constitue un potentiel pour le développement intellectuel ultérieur de l’individu et une contribution accrue au développement socio-économique et culturel de la société.

Un taux d’alphabétisme élevé indique l’existence d’un système d’enseignement primaire et/ou de programmes d’alphabétisation des adultes efficaces qui ont permis à une proportion importante de la population d’acquérir la capacité d’utiliser l’écrit dans la vie quotidienne.

Evolution des taux d’alphabétisme des adultes de 15 ans et plus au Bénin

  sexe 1990 1992 1994 1996 1998
Nombre d’alphabètes de 15 ans et plus T

M

F

558007

370802

187205

636855

421942

214913

723151

479069

244082

817135

542786

274349

924022

615358

308664

Population de 15 ans et plus T

M

F

2561428

1277242

1284186

2528743

1160012

1368731

2672003

1231939

1440064

2850802

1354312

1496490

3060862

1432680

1628182

Taux d’alphabétisme des adultes de 15 ans et plus T

M

F

21,8

29,0

14,6

25,2

36,4

15,7

27,1

38,9

16,9

28,7

40,1

18,3

30,2

43,0

19,0

Le taux d’alphabétisme des adultes de 15 ans et plus a régulièrement progressé d’une année à l’autre passant de 21,8% en 1990 à 30,2ù en 1998.

Les taux d’alphabétisme des hommes de 15 ans et plus sur la même période sont de loin supérieurs à ceux des femmes de la même tranche d’âge. En 1998 le taux d’alphabétisme des hommes de 15 ans et plus est 43,0% contre 19,0% pour les femmes.

9.3 Formation à des compétences de base essentiellesDe nombreux programmes ont été développés pour donner un minimum de formation aux jeunes déscolarisés. Mais ces programmes, qui touchent un public très limité, sont souvent soutenus par des partenaires extérieurs de manière non concertée, ce qui rend difficile l’appréciation de l’impact des actions menées.

L’une des Organisations Non Gouvernementales (ONG) réalisant ce type de programme au Bénin est le Centre Songhaï.

Le Centre Songhaï s’est fixé pour objectifs de :

- développer des compétences techniques et entreprenariales au sein des communautés en général, de la jeunesse en particulier ;

- établir une structure organisationnelle appropriée pour développer des activités économiques rentables.

Il s’est engagé dans quatre (4) activités principales en interrelation les unes avec les autres. Il s’agit de :

Pour satisfaire la demande de plus en plus croissance de formation, Songhaï a créé depuis 1996, deux (2) centres :

Il est évident que ces formations très pratiques et concrètes, ont permis à ces jeunes de s’insérer dans la vie active, mais l’estimation précise de l’impact est difficile à faire.

9.4 Education pour une vie meilleure

De nombreuses initiatives visant à améliorer la vie quotidienne des populations, en particulier les plus défavorisées, ont été développées dans des domaines extrêmement divers : santé reproductive et planning familial, lutte contre le SIDA, éducation pour la paix, la protection de l’environnement et l’éducation au civisme et à la paix.

Ces initiatives sont soutenues par de nombreux partenaires (FNUAP, UNICEF, ….). Elles sont réalisées en français et dans les langues nationales et sont diffusées grâce aux canaux de communication que sont les ratios, les télévisions, les journaux imprimés ainsi que sous d’autres formes de sensibilisation et de mobilisation sociale de proximité, notamment le théâtre et l’animation.

  1. Problèmes majeurs rencontrés

Il existe des contraintes à l’éducation formelle (enseignement primaire) et non-formelle qui entravent le plein développement de l’éducation de base au Bénin. Ces contraintes sont liées à divers facteurs dont : l’absence d’un cadre juridique adéquat, la manque de ressources, des difficultés de gestion du partenariat, l’absence d’une relation dynamique entre le formel et le non-formel, et l’insuffisance de la recherche.

10.1- Absence d’un cadre juridique adéquat

L’inexistence d’une loi d’orientation de l’éducation nationale garantissant la politique éducative nationale limite la portée des actions entreprises et n’offre pas un environnement adéquat pour les discussions en vue du développement du secteur. Depuis les Etats Généraux de l’Education tenus en 1990 et l’adoption du Document Cadre de Politique Educative en 1991 par le gouvernement, cette loi n’a pas encore été votée par le parlement.

10.2- Difficultés de financement

L’incapacité des pays à mobiliser eux-mêmes les ressources propres pour faire face aux besoins entraîne une grande dépendance vis-à-vis des partenaires aux développements et autres bailleurs de fonds. Cette dépendance est bien souvent une entrave au développement de politiques éducatives autonomes, pertinentes et véritablement novatrices.

10.3- Difficultés de gestion du partenariat

Le partenariat constitue l’une des stratégies essentielles recommandées par Jomtien dans le domaine de l’éducation de base. L’efficacité du partenariat serait renforcée par la mise en œuvre d’actions concertées et cohérentes. Les mécanismes actuels de gestion ou de coordination du partenariat tant au niveau du secteur formel que de celui non-formel permettent pas une concertation et une cohésion efficaces.

10.4- Le manque de relations soutenues entre le secteur formel et le secteur non-formel.

L’insuffisance ou la totale inexistence d’échanges entre l’éducation formelle et l’éducation non-formelle ne permet pas à l’un de bénéficier de l’expérience de l’autre. Le développement séparé de ces deux aspects est défavorables à la réalisation des objectifs de l’éducation pour tous.

10.5- L’insuffisance de la recherche en éducation

Une multitude d’expériences sont actuellement en cours en éducation non-formelle, certaines étant plus prometteuses que d’autres. La plupart de ces expériences ne sont pas connues en raison de l’absence d’activités de recherche soutenues dans ce domaine. Une recherche active et dynamique aurait pu permettre de mieux apprécier ces activités, de les comparer, d’en tirer des leçons pour orienter les activités futures et éclairer les politiques.

10.6- La lenteur de l’administration à instaurer une décentralisation

Cette décentralisation responsabiliserait les communautés dans maints domaines dont celui de l’éducation en particulier.


Page précédent Page suivant