L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays Page d'accueil du forum mondial sur l'éducation
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Perspectives

Le projet va surtout centrer ses activités sur la santé de la reproduction et va tâcher de couvrir toutes les écoles primaires et secondaires.

Depuis la crise d’octobre 1993, le volet Education à la Paix se retrouve à la fois au Bureau d’Education Rurale (BER) du Service National d’Alphabétisation (SNA) et au Bureau d’Etude des Programmes de l’Enseignement Secondaire (BEPES) qui relèvent tous du Ministère de l’Education Nationale.

Objectif : Amener les apprenants, les éducateurs ou les autres citoyens à la découverte et à la compréhension de la confiance, de la solidarité, de l’égalité et de la justice, afin qu’ils développent des aptitudes et des comportements de respect de l’autre.

Le programme a été initialement lancé dans les classes de 5è et 6ème années du primaire, mais progressivement il a été étendu jusqu’en 3è années primaires.

Formation des formateurs

La formation a été donnée à :

Ministère de l’Action Sociale et de la Promotion de la Femme

* Education Spéciale

Une éducation spéciale a été organisée au cours de cette décennie dans un certain nombre de centres tenus par les organisations privées, les confessions religieuses et les ONG.

La contribution des pouvoirs publics reste très limitée même si les responsables de ces centres la voulaient plus importante.

Le tableau suivant montre l’évolution des effectifs des élèves par centre de formation au cours des trois dernières années.

Tableau 38. Evolution des effectifs des élèves par centre de formation.

Centre Type de formation

Effectifs

    1997 1998 1999
1. Centre National de Réadaptation Socio-Professionnelle, 1981
  • Alphabétisation et formation générale(3 ans)
  • Enseignement des métiers (2 ans)
16 15 15
2. Centre National d’appareillage et de rééducation de Gitega, 1988 Soins Kinésithérapeutiques 60 84 107
3. Institut médico-pédagogique de Mutwenzi (Gitega) 1982 - Traitement et exercices de rééducation 24 26 31
Centre pour sourds-muets de Mushasha (Gitega), 1982 - Maîtrise de langage approprié de communication

- Enseignement primaire

 

42 40 50
5. Centre pour handicapés de Makamba, 1997 Soins Kinésithérapeutiques

Enseignement primaire & Métiers

33 27 31
6. Centre pour handicapés de Kiganda, 1969
  • Soins
  • Enseignement des Métiers
43 36 34
7.Centre pour handicapé physique de Muyinga, 1980 Soins Kinésithérapeutiques

Enseignement primaire & Métiers

80 123 595
8. Centre pour handicapés physiques de Kanyinya, 1969 Soins Kinésithérapeutiques

Enseignement primaire & Métiers

82 106 156
9. Centre pour sourds-muets de Buyenzi, 1991 Système de communication appropriée

Enseignement de Base

18 18 25
10. Ecole pour aveugles de Gihanga, 1987 Système communication pour aveugles

Enseignement professionnel

13 13 18
11. Centre AKAMURI de BWIZA, 1992
  • Rééducation motrice
  • Education et développement de l’intelligence
  • Enseignement des Métiers
140 243 86
12. Home Saint KIZITO de Bujumbura, 1965 Enseignement primaire 201 187 187

Sources : Ministère de l’Action Sociale et de la Promotion de la Femme

****** Analyse globale du Système éducatif, Bujumbura, Déc. 1997, p.78

  1. Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture

La mise en place des Centres d’Enseignement des Métiers (CEM) est du ressort du Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture. Ils ont été conçus dans le but de pallier aux insuffisances techniques de la jeunesse déscolarisée et créer ainsi un cadre propice pour son encadrement en vue de son insertion dans le circuit de production.

Mission et objectifs

La mission et les objectifs des CEM visent à former des alternatives et compléments au système d’éducation formelle pour la jeunesse déscolarisée en privilégiant une formation pratique orientée davantage vers le milieu rural.

Le but de cette formation est de :

Résultats

Dans les CEM il y a prépondérance des métiers comme la menuiserie, la maçonnerie, la couture et l’agriculture /élevage.

Avec la crise actuelle, l’offre des CEM a sensiblement régressé.

Ainsi, des 209 CEM recensés avant 1993, il n’en reste que 155 en 1999 dont 66 seulement sont fonctionnels, les autres ayant été pillés ou détruits. Cette diminution est également due au fait que 31 d’entre eux ont été cédés en 1994 au Service National d’Alphabétisation relevant du Ministère de l’Education Nationale.

Le tableau suivant montre la situation des CEM en juillet 1999.

Tableau n°39 : Situation des Centres d’Enseignement des Métiers en 1999

Coordination Fonctionnels Non fonctionnels Total des CEM Unité en place Effectifs élèves
BUBANZA 2 5 7 16 34
BUJA-MAIRIE 6 1 7 79 210
BUJA-RURAL 2 6 8 10 21
BURURI 6 4 10 26 100
CANKUZO 3 7 10 14 44
CIBITOKE 1 7 8 3 -
GITEGA 6 6 12 34 51
KARUSI 3 6 9 7 7
KAYANZA 4 17 21 19 98
KIRUNDO 5 7 12 14 77
MAKAMBA 4 3 7 22 43
MURAMVYA 6 14 20 45 105
MUYINGA 4 13 17 11 55
NGOZI 8 4 12 32 74
RUTANA 4 6 10 18 174
RUYIGI 1 11 12 8 -
CENTRES DE FORMATION ARTISANALE 1 - 1 19 -
TOTAL 66 114 183 377 1093

Source : Note sur l’enseignement des métiers état des lieux et perspectives  d’avenir, Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, Octobre 1998.

Ministère de la Santé Publique

Education pour la santé

C’est un programme qui coiffe toutes les activités de formation organisées au sein du Ministère de la Santé Publique et qui médiatise au profit du grand public des ménages diffusés par les autres programmes.

Au cours des deux dernières années le programme a porté sur :

Programme National de Santé pour la Reproduction (PNSR)

Le PNSR s’est fixé comme objectifs de :

S’agissant de la formation, le programme a pu former en 1989 :

En même temps 58 centres de santé ont été supervisés par le PNSR.

Le tableau suivant montre les résultats obtenus grâce au PNSR de 1993à 1998

Tableau n°40 : Performances réalisées par le PNSR

  1993 1994 1995 1996 1997 1998
Nouvelles acceptantes 45946 22677 25945 29511 34400 33352
Accouchement dans les structures de soin (%) 11,4 8,8 9,1 9,2 12,2 13,2
Mortalité maternelle dans structures de son (pour mille) 445 752 436 826 556 541
Avortement dans les centres de soins 1855 1683 1652 1778 2348 2774
Indice CAP 4272 18152 32341 33850 42612 38886
Taux de prévalence contraceptive 4,0 1,7 2,9 3,0 3,5 3,3
Evolution du taux d’inscription en CPN1 71,0 53,2 71,0 65,5 64,4 66,2
% d’enfants de moins de 2,5kg à la naissance 15,1 15,4 15,6 16,7 16,8 15,0
Taux de mortalité néonatale pour mille 10,7 15,0 14,8 10,3 14,9 17,7

Source : Ministère de la Santé Publique

- Programme de formation et d’éducation en matière d’hygiène

- Programme National de Lutte contre la Tuberculose (PNLT)

- Programme National de Lutte contre les maladies carentielles.

5) Ministère de la Communication

Le Ministère de la Communication est une des structures institutionnelles clé pour soutenir les efforts de l’éducation pour tous. En effet, il a entre autres pour mission la formation, l’information et l’éducation, spécialement dans le domaine informel qui est tout aussi important que le formel ou le non formel.

Projet IEC

Le projet IEC (Information- Education -Communication) a été mis sur pied en 1988 pour épauler le projet SMI/PF(Santé maternelle et infantile – Planification familiale) et sensibiliser le public Burundais aux problèmes de la population.

Réalisations

Les programmes Radio-TV

La RTNB (Radio-Télévision Nationale du Burundi) a développé souvent même avant le début de cette décennie, des programmes et des émissions destinées à faire acquérir des connaissances essentielles à des magazines et émissions produits par la radio nationale qui émet sur deux chaînes : la 1ère chaîne en langue nationale qui de ce fait touche un très large public surtout du monde rural et la 2ème chaîne en langue étrangère (Français, Swahili, anglais)

Tableau 41 : Programme radio chaîne 1 : Section animation /production

Magazine Population cible Objectifs Thèmes Fréquence
1. Magazine des enfants, 1979 Les enfants (milieu urbain et milieu rural)
  • donner la parole aux enfants
  • éduquer aux valeurs traditionnelles
  • éducation à la paix
  • Hygiène
  • scolarisation en général et des groupes défavorisés (filles, pygmées, handicapés, enfants de la rue
  • droits des enfants
  • maladies
30 minutés par semaine
2. Magazine des jeunes, 1981 Les jeunes
  • éducation conscientisante des jeunes
  • donner la parole aux jeunes sur leurs problèmes
  • les valeurs traditionnelles
  • le développement
  • l’avenir des jeunes
30 minutés par semaine
3. Eduquons pour le Burundi, 1994 Les éducateurs
  • sensibiliser les partenaires de l’éducation des jeunes

 

  • éducation des adolescents
  • éducation des populations défavorisées
  • éducation non-formelle
40 minutés par semaine
Magazine Population cible Objectifs Thèmes Fréquence
4. Magazine de la Femme, 1985 Les femmes
  • donner la parole à la femme
  • émancipation de la femme : formation, information
  • La femme et le développement
  • santé reproductive
  • rôle de la femme dans la recherche de la paix
30 minutés par semaine
5. Théâtre radiophonique, 1981 Tous Education /sensibilisation par le divertissement théâtrl
  • la vie de tous les jours
  • les problèmes de la société
60 minutés par semaine

 

6. Ne vous découragez pas, 1994 -Personnes en difficultés (handicapés, orphelins, veuves, traumatisés de guerre, sidéens, etc..
  • soutien aux personnes en difficultés
  • sensibilisation de la population sur les problèmes particuliers des personnes en difficultés
  • thèmes relatifs aux situations des personnes en difficultés
30 minutés par semaine
7. Magazine de développement, 1986 Population rurale - donner des informations sur les techniques nouvelles en vue de l’amélioration de la vie
  • santé
  • développement
  • agriculture
  • élevage etc…
30 minutés par semaine
8. Apprenons en jouant, 1979 Population rurale -Evaluation du niveau de connaissance générale de la population

introduire des changements de comportement

  • domaines variés sous forme de jeux concours
40-60 minutés par semaine

 

Tableau n° 42 : Programme radio chaîne 2

La caboche, 996 Parents, enseignants, décideurs, élèves - Faire connaître l’importance de l’éducation
  • assurer le lieu entre les partenaires de l’éducation
  • fournir les moyens d’actions (stratégies

 

  • Education non formelles, familiale, alphabétisation
  • enseignement : scolarisation universelle, école de la qualité, médiatisation des événements du monde de l’éducation.
  •  

6) La lutte contre le SIDA

Le programme bénéficie de l’action conjuguée des Ministères de l’Education Nationale, et celui ayant en charge la jeunesse. Celui de la Santé Publique n’en est qu’à son plan d’Action 1999-2003 à travers le Programme National de Lutte contre le SIDA (PNLS) mais cette période ne fait pas partie de notre étude.

Le Ministère de l’Education Nationale

L’action de lutte contre le Sida dans les écoles primaires et secondaires est organisée dans deux structures du Ministère de l’Education Nationale à savoir l’atelier de santé scolaire et Animation du Bureau d’Education Rurale (BER) ainsi que la section de l’Animation Educative du Bureau d’Etude des Programmes d’Enseignement Secondaire (BEPES).

La sensibilisation à la lutte contre le Sida dans les écoles primaires et secondaires a commencé en 1989. Le programme s’adresse aux écoliers des 5è et 6ème années primaires et à tous les élèves du secondaire.

Résultats

Au cours de l’année scolaire 1998-1999, près de 20% des écoliers du primaire ont été sensibilisé, soit un total de 147902 dont 74189 en 5ème année et 73713 en 6ème année.

S’agissant de la formation des formateurs, tous les 746 directeurs d’écoles primaires, tous les inspecteurs cantonaux (72) ainsi que les 17 inspecteurs provinciaux de l’enseignement primaire ont été initiés aux techniques de mise en œuvre du programme. Au cours des réunions pédagogiques, ils devraient à leur tour former les 12156 enseignants et spécialement ceux des 5ème et 6ème années.

La réalisation d’une enquête CAP en 1990 a démontré la pertinence de ce programme qui porte actuellement sur 60000 élèves du secondaire tandis que 138 encadreurs provenant de 74 établissements d’enseignement secondaire ont été formés.

Le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture

Le programme de lutte contre le Sida a été introduit en 1992 au Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture.

L’objectif à atteindre est d’informer et sensibiliser les adolescents non scolarisés sur le SIDA/MST afin de pouvoir endiguer chez les jeunes l’infection par le SIDA en recourant entre autres aux stratégies conçues à travers le projet IEC (Information, Education, Communication) créé en 1992.

Les partenaires pour ce programme a savoir l’UNICEF et le Programme National de lutte contre le SIDA(PNLS) arrêtent des mécanismes de suivi et d’assistance –conseil des activités menées sur terrain par les centres de lecture et d’animation culturelles (CLAC), les provinces sanitaires, les associations de lutte contre le Sida, les mouvements et les associations de jeunes.

Résultats

Un changement de comportements à risque est perceptible comme en témoignent une augmentation de la demande de préservatifs, une demande de dépistage volontaire ainsi que des réclamations des séances d’information /sensibilisation.

V.2. LES CONFESSIONS RELIGIEUSES ET ONG

  1. Implication de l’Eglise catholique

Dans le souci d’appuyer l’action de l’Etat en matière d’éducation de base et de réduction de l’analphabétisme, l’Eglise Catholique a mis en place le système dit YAGA MUKAMA(Parle Seigneur). En plus de ces connaissances de base, de nouveaux programmes ont instaurés depuis 1994-1995 pour faire acquérir aux apprenants d’autres compétences essentielles comme le montre le tableau ci-après :

Tableau n° 43 : Projets et objectifs spécifiques de l’Eglise Catholique dans la formation à des compétences essentielles.

Programme /Projet Objectifs spécifiques
1. Alphabétisation fonctionnelle et conscientisante - Acquérir les connaissances en lecture, écriture et calcul qui permettent d’identifier, comprendre et résoudre les problèmes de développement
2. Projet Education de Base pour la Paix
  • Asseoir des mécanismes de tolérance mutuelle, de réconciliation et de cohabitation pacifique au sein de la population surtout les plus jeunes.
  • Inculquer très tôt chez les jeunes le respect des principes fondamentaux des droits de l’homme
3. Projet d’éducation à la prévention et à la sensibilisation de la communauté contre le SIDA
  • Sensibiliser les responsables et les formateurs de YAGA MUKAMA sur le danger du VIH/SIDA.
  • Alerter plus de 10 000 jeunes sur les dangers de ce fléau
  • Doter les élèves YAGA MUKAMA des techniques d’animation communautaire pour la sensibilisation

Réalisations :

En 1998-1999, 241863 étaient inscrites dans les écoles YAGA MUKAMA. La question qui reste posée est de savoir si le type d’alphabétisation de ces centres a été réellement une alphabétisation fonctionnelles et conscientisante telle que elle est présentée au niveau des objectifs ainsi que l’impact qu’elle a eu sur le

comportement et les attitudes des apprenants dans leurs milieux de vie, après la foramation.

Sous le volet de l’éducation de Base pour la Paix, la formation des formateurs a porté sur 528 catéchistes qui sont devenus des animateurs de la paix dans les centres YAGA MUKAMA.

Quant à la lutte contre le Sida, le programme de sensibilisation est encore à ses débuts.

  1. Implication de la Communauté des Eglises de Pentêcote au Burundi (CEPBU)
  2. Le CEPBU a mis en place un programme d’alphabétisation appelé AURORE qui s’atend sur deux ans. Depuis sa création le projet a déjà formé150.000 personnes. Un des objectifs du programme est de permettre aux alphabétisés d’accéder à l’ »information écrite en langue nationale en vue de faciliter la tâche aux encadreurs de la population dans les domaines de l’agriculture, l’élèvage, la santé, la politique nationale, etc.. » (Journées de Réflexion sur l’Education Non formelle au Burundi, du 24 au 26 Juin 1998, Rapport Final).

  3. La part de l’INADES-Formation

L’Inadès-Formation est une ING africaine dont le but principal est la formation des adultes pour l’auto-promotion et pour le développement socio-économique des communautés.

De 1993 à 1997 le cours d’apprentissage agricole organisé par Inadès-Formation a touché 7413 adultes. Les apprenants se regroupent en associations locales de développement et font même des requêtes d’assistance technique et matérielle pour les mini-projets qu’ils souhaitent initier. Les formations reçues affectent positivement les attitudes des bénéficiaires.

II. 8. PRINCIPAUX PROBLEMES RENCONTRES ET PREVUS

VI. 1. La crise socio-politique de 1993

Le Burundi a connu une crise socio-politique grave qui s’est étendue sur la quasi-totalité de la décennie de l’Education Pour tous fixée par la Conférence de Jomtien, même si la situation est allée s’améliorant depuis les années 1997-1998. Cette crise a mis en cause les acquis de l’E.P.T. et a sérieusement compris la réalisation des objectifs de l’E.P.T. en l’an 2000. En effet, les indicateurs de l’éducation, ont fortement chuté comme on l’a indiqué dans la partie analytique du présent rapport. Les nombreuses pertes en vie humaines et les destructions massives d’infrastructures ont également affecté le secteur de l’éducation. Bref, l’insécurité engendrée par cette crise a fortement perturbé le système éducatif.

1. La démobilisation de la population en matière de scolarisation et la

désaffection de la carrière enseignante.

Avec la crise, il y a eu démobilisation générale de la population et le secteur de l’éducation n’y a pas échappé. La réalisation des objectifs de l’E.P.T. n’a pas été aisée en pareilles circonstances.

2. Problèmes de coopération et de financement de l’éducation

Même en période de paix de stabilité politique, les faibles ressources nationales ainsi que les contributions des bénéficiaires ne pouvaient à elles seules, permettre la réalisation des objectifs de l’E.P.T. c’est dire que le Burundi a toujours compté sur des appuis extérieurs dans le cadre des coopérations bilatérale et multilatérale. Ces apports extérieurs de financement, qui s’étaient déjà avérés insuffisants avant la crise l’ont été encore davantage suite à la suspension de la coopération avec notre pays, suspension consécutive aux problèmes politiques engendrés par la crise. Par ailleurs, la paupérisation de la population n’a plus permis aux bénéficiaires de l’éducation de s’acquitter convenablement de leurs obligations.

3. Insuffisance des infrastructures et des équipements scolaires 

Ce problème, qui a été certes accentué par la crise de 1993 suite aux destructions que cette dernière a occasionnées, est certainement lié à la faiblesse des investissements de l’Etat dans ce domaine. La mise en place de ces infrastructures et équipements revient aux collectivités locales appuyées ici et là par la coopération. Dans ces conditions, le rythme de leur mise en place ne correspond pas à celui d’accroissement des effectifs à scolariser.

4. Difficultés de maîtrise des données statistiques.

VI.2. La désaffection de la carrière enseignante.

En dehors des problèmes conjoncturels liés à la crise de 1993, la décennie a été marquée par le problème de plus en plus important de désaffection de la carrière enseignante à cause des conditions de travail assez dures et des rémunérations peu motivantes. C’est ainsi qu’on a observé des départs d’enseignants vers d’autres secteurs offrant un travail plus rémunérateur pendant que les sections du secondaire et les facultés de l’Université débouchant sur l’enseignement étaient boudées. Ce qui a contribué à accentuer le problème d’insuffisance d’enseignants et a même affecté la qualité de l’enseignement.

VI.3. Difficultés de coordination, de suivi et d’évaluation de l’E.P.T

Certes, en mars 1991, une Table Ronde a été organisée par les Ministères de l’Enseignement Primaire et Secondaire et le Ministère de l’Artisanat, de l’Enseignement des Métiers et de la Jeunesse d’alors avec l’appui de l’UNICEF et de l’UNESCO en vue de créer un Comité intersectoriel de suivi de la Déclaration de Jomtien sur l’Education Pour tous, mais ce Comité n’a jamais vu le jour. Les différents acteurs impliqués dans l’E.P.T. ont travaillé de façon isolée, le manque de coordination, de suivi et d’évaluation systématique des activités réalisées dans le cadre de l’E.P.T. ont quelque peu porté préjudice à la réalisation de progrès réels en la matière. L’évaluation de l’EPT 2000 n’a été réalisée que par une équipe de cadres relevant du seul ministère ayant en charge l’éducation.

VII. SENSIBILISATION DU PUBLIC, VOLONTE POLITIQUE ET CAPACITES NATIONALES

Malgré les multiples défis qui restent à relever ainsi que les problèmes conjoncturels rencontrés, liés surtout à la situation de crise au cours d’une bonne partie de la décennie, le Gouvernement du Burundi a toujours réaffirmé sa volonté politique dans la réalisation des objectifs de l’E.P.T. Dans le document de programme du Gouvernement de transition en matière de développement économique et social, cette volonté est réaffirmée

Du discours politique des plus hautes autorités du pays, il ressort ainsi que la scolarisation universelle au primaire reste une priorité. Des mesures concrètes traduisent cette volonté politique :

  1. Bien que le pays soit confronté à d’énormes difficultés financières, le Ministère de l’Education Nationale est un des ministères qui a le privilège de continuer le recrutement de nouveaux agents (enseignants) salariés par la Fonction Publique.
  2. Des mesures d’encouragement des enseignants viennent d’être prises : dès janvier 1999, la prime d’encouragement des enseignants n’ayant pas le diplôme académique est passée de 3.500 FBU à 7.000 FBU et celle des enseignants ayant un diplôme académique de 8.500 FBU à 15.000 FBU. Bien plus, un système de crédit-logement pour enseignants vient d’être mis en place depuis 1998 avec une dotation annuelle de 200.000.000 FBU.
  3. Le Gouvernement vient d’instaurer le service civique obligatoire notamment dans le secteur de l’éducation pour palier au problème d’insuffisance d’enseignants.

La sensibilisation du public s’est poursuivi par l’organisation des campagnes de sensibilisation de la population et des responsables administratifs à différents niveaux en faveur de la scolarisation universelle et cela depuis 1997. Les résultats sont encourageants. Deux Tables Rondes ont été dernièrement organisées à l’intention des différents partenaires éducatifs : la première a eu

lieu en janvier 1998 et la seconde en décembre 1998. De nouvelles orientations allant dans le sens de l’amélioration du système éducatif burundais ont été dégagées lors de ces forums.

La journée internationale d’alphabétisation est célébrée chaque année et est une occasion de sensibilisation de la population et des différents intervenants en faveur de l’alphabétisation au Burundi.

Au sujet de l’acquisition des compétences essentielles et de l’éducation pour une vie meilleure, divers canaux de sensibilisation sont exploités. Ainsi par exemple, les médias publics essentiellement la Radio Télévision Nationale est mise à contribution à travers les émissions éducatives de ses programmes. La célébration des différentes journées nationales et internationales constitue des occasions de sensibilisation de la population sur des thèmes variés. Nous retiendrons à titre illustratif quelques journées qui sont célébrées dans notre pays :

L’action de sensibilisation du public sur la réalisation des objectifs de l’EPT tel que définis par la Conférence de Jomtien doit se poursuivre, car le chemin à parcourir est encore long, surtout que la crise socio-politique qui a éclaté en 1993 et qui perdure a entraîné une démobilisation quasi généralisée dans tous les secteurs de la vie nationale.

VIII. EVALUATION GENERALE DES PROGRES

Jusqu’en 1993, à la veille de la crise socio-politique que connaît le pays depuis lors, les performances réalisées montre que le Burundi était bien parti : taux brut de scolarisation de 70% et taux net de 52% en 1992-1993. La crise a ensuite porté un coup dur à la réalisation des objectifs de l’éducation pour tous à l’an

2000. Le taux brut de scolarisation a chuté jusqu’en dessous de 50%. Mais avec l’année scolaire 1997-1998, les données statistiques montrent qu’il y a reprise de la scolarisation. L’évolution de la situation permet d’espérer qu’en l’an 2000, le pays aura retrouvé les indicateurs d’avant la crise et se fixe l’objectif de réaliser la scolarisation universelle en l’an 2010.


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