| L'évaluation de
l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays |
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AVANT-PROPOS
Le Rapport Bilan de la décennie de lEducation Pour Tous a été
élaboré par une équipe placée sous la supervision générale de Son Excellence
Monsieur Charles ETOUNDI, Ministre dEtat chargé de lEducation
Nationale et composée de :
- Monsieur YAKOUBA YAYA, Coordinateur National EPT, Directeur de
lEnseignement Primaire, Maternel et Normal, en ce qui concerne la 1ère
partie du document ;
- Monsieur TCHAMENI Apollinaire, spécialiste en planification et statistiques de
léducation, Sous-Directeur de la Prospective, responsable de la partie analytique
du Rapport EPT 2 000 du Cameroun, en ce qui concerne la 2ème et la 3ème
partie (calcul des Indicateurs, analyse de la situation et proposition de mesures de
redressement).
Quinze indicateurs sur dix-huit ont pu être calculés. Les trois
autres nont pu lêtre en raison de linexistance des données sur les
âges des élèves, et des informations sur léducation non formelle et la petite
enfance.
Ce rapport reste un document de travail susceptible dêtre
amélioré avant la tenue du forum de lEducation Pour Tous de la décennie prévu en
avril 2 000 à Dakar au Sénégal.
Introduction
Depuis leur accession à lindépendance dans les années 60, les
Etats africains ont accordé une primauté absolue à léducation, parce que
condition sine qua non de tout développement. Les rencontres et réunions organisées à
cet effet en font foi. Citons au passage :
- La conférence dAddis-Abeba ( 1961 )
- La rencontre dAbidjan ( 1964 )
- La rencontre de Lagos ( 1968 )
- Les assises de Hararé ( 1982 )
Malgré de multiples rencontres des Ministres africains de
léducation et nonobstant les efforts consentis par nos gouvernements et nos
partenaires techniques et financiers dans la recherche des solutions idoines aux multiples
problèmes qui entravent le développement de léducation en général et de
lEducation de base en particulier, le constat fait après un quart de siècle de
parcours reste sombre : des millions denfants nont toujours pas accès à
léducation. Par ailleurs, des phénomènes tels que la crise économique,
laccroissement de la dette extérieure, la croissance démographique galopante et
les guerres civiles continuent de freiner laccès à léducation à un grand
nombre denfants.
Cest pourquoi, la communauté internationale, réunie du 5 au 9
mars 1990 à Jomtien en Thaïlande, a pris lengagement de répondre en dix ans aux
besoins éducatifs fondamentaux de tout individu (enfant en âge scolaire, adulte,
adolescent sans distinction de sexe ou dorigine sociale) à travers une éducation
de base pertinente (adaptée à chaque environnement) et de qualité : LEducation
Pour Tous (EPT).
Le présent rapport que nous soumettons à lappréciation de la
communauté internationale est un bilan permettant de :
- Illustrer les efforts déployés par les autorités camerounaises pour réaliser les
objectifs de Jomtien ;
- Montrer les défis que le Cameroun a eus à relever pendant cette décennie ;
- Préciser des stratégies réalistes, des actions à mener à adopter en vue de
réaliser les projets déducation au cours de la décennie à venir.
Il est structuré ainsi quil suit :
PREMIERE PARTIE : CONTEXTE ET FONDEMENTS DE
LEVALUATION DE LEDUCATION POUR TOUS
I/ Rappel des objectifs et buts de lEPT découlant des
différentes déclarations politiques ;
II/ Stratégies et Plans dactions mis en uvre pour
atteindre les objectifs fixés par le gouvernement ;
III/ Prise de décision et gestion de lEPT;
IV/ Evènements majeurs et actions en faveur de lEPT au Cameroun
depuis 1990;
V/ Coopération dans le cadre de lEPT ;
VI/ Investissements faits au profit de lEPT au cours de la
décennie ;
DEUXIEME PARTIE :IMPACT DE LA DECENNIE
VII/ Progrès réalisés au cours de la décennie ;
TROISIEME PARTIE : Propositions de quelques
mesures de redressement ET PERSPECTIVES DAVENIR
VIII/ Propositions de quelques mesures de redressement
IX/ PERSPECTIVES DAVENIR
I - OBJECTIFS ET BUTS DE LEPT
Le gouvernement camerounais ayant souscrit aux plan et cadre
daction de Jomtien a engagé des réflexions susceptibles de déboucher sur des
actions devant lui permettre datteindre le noble objectif fixé à Jomtien.
Ainsi, se situant dans le cadre de lengagement pris par la
communauté internationale à Jomtien en mars 1990 dune part, et faisant leurs les
principes fondamentaux en matière déducation de base adoptés par la 42è session
de la Conférence Internationale de lEducation à genève le 07 septembre 1990
dautre part, les experts camerounais en matière déducation, réunis à
Yaoundé du 21 au 25 janvier 1991 dans le cadre dune table ronde sur
lEducation de Base pour Tous organisée par le gouvernement camerounais avec
lappui de lUNESCO et divers organismes internationaux (Banque Mondiale, PNUD,
UNICEF), ont adopté la Déclaration de Politique Générale dEducation de Base Pour
Tous au Cameroun.
1 ) Objectifs de lEPT découlant de la Déclaration de
Politique Générale adoptée en janvier 1991
Tout en faisant siens les objectifs de lEPT adoptés à Jomtien,
le Cameroun, tenant compte de ses spécificités, sest fixé les objectifs
suivants :
- Tout Camerounais, enfant, adolescent ou adulte, doit pouvoir bénéficier dune
formation conçue pour répondre à ses besoins éducatifs fondamentaux. Ces besoins
concernent aussi bien les outils dapprentissage ( lecture, écriture, expression
orale, calcul, résolution des problèmes ) que les contenus éducatifs fondamentaux (
connaissances, aptitudes, attitudes, valeurs ) dont lêtre humain a besoin pour
survivre, pour développer toutes ses facultés, pour vivre et travailler dans la
dignité, pour participer pleinement au développement, prendre des décisions éclairées
et pour continuer à apprendre.
- Léducation de base doit conférer à tous les Camerounais la capacité ainsi que
la responsabilité correspondante de respecter et de fructifier le patrimoine culturel
linguistique et spirituel commun, de promouvoir léducation dautrui, de
défendre la cause de la justice sociale, de protéger lenvironnement, de se montrer
tolérants envers les systèmes sociaux, politiques et religieux différents du leur, en
veillant que les droits de lhomme et les valeurs humanistes communément admises
seraient sauvegardés et en uvrant pour la paix et la solidarité internationale.
- LEducation de Base pour Tous doit assurer aux Camerounais la transmission et
lenrichissement des valeurs culturelles et morales communes, la canalisation de tous
les efforts vers le renforcement de la production économique des secteurs tant formel
quinformel, la recherche de lefficacité par léconomie du temps et des
moyens, lamélioration de la qualité des produits par une grande compétitivité
nationale et internationale, la promotion de la créativité et de loriginalité
ainsi que la modernisation des techniques agraires, artisanales, sanitaires, etc.
- LEducation de Base Pour Tous doit être pour chaque Camerounais lassise
dune formation et dun développement de lêtre humain sur laquelle
peuvent sédifier de manière systématique dautres niveaux, dautres
types déducation et de formation, notamment dans la recherche dune
compétence toujours plus accrue, le renforcement de lunité nationale, la
redynamisation de la vie communautaire et associative, louverture au monde.
2) Objectifs de lEPT découlant des Etats Généraux de
lEducation ( mai 1995 )
La crise économique qui a secoué le Cameroun depuis la fin des
années 80 na pas permis au gouvernement de réaliser pleinement les objectifs de
lEPT quil sest fixés en 1991. Néanmoins, entre 1989/90 et 1996/97, le
taux brut de scolarisation des garçons a connu une baisse de 11 points et celui des
filles une chute de 9 points pour la même période. Face à cette situation alarmante, le
Chef de lEtat a prescrit la tenue des Etats Généraux de lEducation pour
identifier à travers un diagnostic les maux qui minent le système et proposer des
solutions pour les pallier. Doù les objectifs suivants :
- Cultiver chez lenfant camerounais lesprit de partenariat, damour de
leffort et la quête de lexcellence ;
- Offrir une éducation à lélève avec un accent particulier mis sur les méthodes
actives et interactives en vue de favoriser le succès dun grand nombre et réduire,
voire éradiquer à terme les redoublements et les déperditions ;
- Former à lamour de la patrie de citoyens cultivés, enracinés dans leur culture,
mais ouverts au monde, respectueux de lintérêt général et du bien commun.
- Initier lélève à la culture et à la pratique de la démocratie, au respect des
droits de lhomme et des libertés, de la justice et de la tolérance, au combat
contre toutes les formes de discrimination, à lamour de la paix et du dialogue, à
la responsabilité civique et à la promotion de lintégration sous-régionale.
- Former les enfants camerounais de manière à leur permettre de devenir, à terme,
capables de créativité, dauto-emploi, et à même de sadapter à tout moment
à lévolution de la science, de la technologie et de la technique.
II STRATEGIES ET PLANS DACTION
1 ) Plan daction décennal (1991-2000) découlant de la Table
Ronde de 1991
A lissue de la Table Ronde Nationale sur lEPT organisée du
21 au 25 janvier 1991, les participants ont proposé au Gouvernement camerounais, après
aval des élus du peuple, un plan daction décennal (1991-2000) de lEPT dont
les grandes articulations sont les suivantes :
- La refonte des curricula pour les adapter aux réalités nationales ;
- La formation initiale du personnel enseignant dans les Ecoles Normales
dInstituteurs à raison de 3000 par an.
- La formation continue du personnel sous-qualifié à raison de 3000 par an ;
- La réhabilitation des salles de classe en matériaux provisoires à raison de 2730 par
an ;
- La construction et léquipement de nouvelles salles de classe à raison de 4000
par an ;
- La lutte contre les déperditions scolaires par la sensibilisation des parents,
laménagement du temps scolaire, le frein aux mariages précoces et le renforcement
des moyens logistiques ;
- Limplication des collectivités locales dans le financement de lenseignement
primaire.
2) Plan daction découlant des recommandations des Etats
Généraux de lEducation (1995)
Pour atteindre les objectifs fixés par les Etats Généraux de
lEducation de 1995, lEtat sefforcera de :
- Lutter contre lexclusion scolaire ;
- Réduire les inégalités dorigine géographique ;
- Enrayer les obstacles à léducation des filles ;
- uvrer pour la professionnalisation de léducation.
La lutte contre lexclusion scolaire
Lécole ne devra négliger aucun élève. La lutte contre les
inégalités dorigine sociale passe par le dépistage des handicapés
dorigines diverses (économiques, physiques, sensoriels, dencadrement, etc).
Les sciences sociales et les centres psycho-médicaux, en liaison avec les services
dorientation seront mis à contribution, sinon valorisés au niveau de
lécole.
La réduction des inégalités dorigine géographique
Il existe encore de fortes disparités locales, départementales ou
régionales dans les résultats scolaires, dans lallocation des ressources et dans
la répartition de loffre déducation.
La lutte contre les inégalités dorigine géographique passe par
une égalisation de loffre de formation sur tout le territoire national. Les
politiques daffectation des personnes, des structures daccueil, des
équipements scolaires et daccès aux ressources éducatives devront refléter cette
préoccupation.
Léradication des obstacles à léducation des filles
Au Cameroun, linfluence conjuguée des facteurs historiques,
religieux, économiques et socio-culturels entravent considérablement le développement
de léducation des filles. Cest ainsi quon a enregistré dans certaines
régions du Cameroun en 1996/97 des taux bruts de scolarisation féminins de lordre
22,2% pour la province de lExtrême Nord, 36 % pour le Nord et 40,2% pour
lAdamaoua, la moyenne nationale pour la même année se situant autour de 71,1%.
Parmi les freins au développement de léducation des filles,
lon note :
- Les traditions socio-culturelles véhiculant des stéréotypes sur la condition de la
femme ;
- Le mariage et les grossesses précoces ;
- Labsence dune perception favorable à lécole moderne par les
parents ;
- Lintense exploitation des filles dans les travaux agro-pastoraux et
ménagers ;
- La pauvreté des familles qui sont obligées dopérer des choix sur lenfant
à envoyer à lécole, choix pour la plupart favorables aux garçons ;
- La mentalité de dépendance de la femme.
Pour lever ces différents obstacles à léducation des filles,
une vaste campagne de sensibilisation de toutes les couches de la population a été
menée par lEtat. L'importance de l'éducation des filles a été réaffirmée et
des actions concrètes prises avec la contribution des différents partenaires ; en
effet les femmes qui représentent environ 52 % de la population camerounaise sont en
charge de léducation des enfants au foyer et assurent la plupart des activités
domestiques et agricoles. Doù limportance de leur éducation.
La professionnalisation de léducation
Le système éducatif camerounais est resté tributaire des
orientations de lépoque coloniale qui formait des clercs pour les besoins de
ladministration et les sociétés privées existantes.
Aujourdhui, ce système éducatif forme en grande partie des
consommateurs, des demandeurs et non des créateurs demploi. Le contexte
socio-économique actuel exige la professionnalisation des enseignements. Il sagit
à travers les programmes scolaires dassurer une pré-préparation à
linsertion socio-économique des produits de lécole.
Pour ce faire, lEtat veille à :
- Intégrer dans les programmes détudes des établissements denseignement
général les contenus et méthodes qui permettent le développement daptitudes
susceptibles de faciliter linsertion socio-professionnelle des apprenants en tenant
compte de lenvironnement socio-économique de chaque région ;
- Renforcer dans les établissements denseignement technique et professionnel la
formation en atelier et en entreprise (formation par alternance) et y ouvrir des filières
qui tiennent compte des besoins de léconomie nationale ;
- Créer dans programmes de formation professionnelle pour ceux qui seraient appelés à
quitter à tout moment le système formel.
3) Plan daction triennal découlant du diagnostic fait en 1998
Les plans daction découlant de la Table Ronde Nationale sur
lEPT organisée en janvier 1991 et des recommandations des Etats Généraux de
lEducation qui se sont tenus en mai 1995 sont en fait des activités programmées au
profit de lEPT. Cest le diagnostic du système éducatif fait en 1998 qui a
réellement abouti à un plan daction triennal qui définit de façon claire les
objectifs poursuivis, les activités programmées, le chronogramme, les intervenants, les
coûts, les indicateurs de réussite, les programmes potentiels et les solutions de
secours.
III PRISE DE DECISION ET GESTION DE LEPT
Après la nomination en novembre 1998 du Coordonnateur National EPT par
son Excellence Monsieur le Ministre dEtat chargé de lEducation Nationale,
Président de la Commission Nationale pour lUNESCO, le Comité Consultatif National
et le Comité Technique National ont été constitués en avril 1999.
Le Comité Consultatif National dont le rôle essentiel est de valider
les travaux des 6 sous-comités techniques donne également des orientations au
Coordonnateur National et veille au respect du calendrier des opérations. En dehors du
chef du département de lEducation Nationale et de ses principaux collaborateurs, le
Comité Consultatif National compte dans ses rangs tous les représentants des Ministères
soccupant de lEducation (jeunesse et sports, enseignement supérieur,
recherche scientifique, culture, information, affaires sociales, condition féminine) et
les représentants locaux des parrains de la conférence de Jomtien (PNUD, UNICEF, UNESCO,
FNUAP, BM).
Le Comité Technique National comprend 6 sous-commissions :
- Protection et éveil de la Petite Enfance ;
- Enseignement Primaire ;
- Acquis et Résultats ;
- Alphabétisation des adultes ;
- Formation à des compétences essentielles ;
- Education pour une vie meilleure
Il compte dans ses rangs des professionnels de lEducation, des
ONG (ROCARE, FAWE), des représentants des ministères qui uvrent pour
lEducation de Base, des syndicats denseignants et des mutuelles.
Toute collecte des données tient compte des attributions des
différents départements ministériels impliqués dans la réalisation du BILAN EPT 2000
/ CAMEROUN.
Ainsi les responsabilités dans ces domaines sont réparties de la
manière suivante :
- Protection Infantile (vaccinations) ® Ministère de la Santé
- Petite Enfance 0 à 3 ans (garderies, crèches) ® Ministère des Affaires Sociales
- Préscolaire (4 à 5 ans) ®
Ministère de lEducation Nationale
- Enseignement Primaire ® Ministère
de lEducation Nationale
- Alphabétisation des Adultes ®
Ministère de la Jeunesse et des Sports + ONG
- Acquis et Résultats de lApprentissage ® Ministère de lEducation Nationale
- Formation à des compétences essentielles ® Ministère de lEmploi, Travail et Prévoyance Sociale, Ministère de
lAgriculture, Secteur Privé
- Education pour une vie meilleure ®
Ministères de lInformation, de la Culture, de lEnvironnement, de la Santé,
des Forêts.
IV EVENEMENTS MAJEURS ET ACTIONS EN FAVEUR DE LEPT AU CAMEROUN
DEPUIS 1990
1) Evènements majeurs
Du 21 au 25 janvier 1991 : Table Ronde Nationale sur
lEducation de Base Pour Tous ;
Ces assises se sont soldées par ladoption dune
Déclaration de Politique Générale. Ce document qui tient lieu de plaidoyer en faveur de
lEPT rappelle les principes fondamentaux de lEPT, en fixe les objectifs et les
conditions de réussite en insistant particulièrement sur la mobilisation des ressources.
- Du 25 au 27 mai 1995
: Etats Généraux de lEducation. Il en est
résulté des recommandations relatives aux nouvelles missions et finalités de
lEcole Camerounaise, à loffre conséquente déducation et à la gestion
du système éducatif sur le triple plan pédagogique, administratif et financier.
- 14 avril 1998
: Promulgation de la Nouvelle Loi dOrientation de
lEducation au Cameroun, loi qui fait de lEducation une grande priorité
nationale, assurée par lEtat et les partenaires privés, obligatoire au niveau
primaire et consacrant le bilinguisme à tous les niveaux denseignement.
- En 1998 :
Rachat du Centre dEditions et de Production pour
lEnseignemt et la Recherche (CEPER) par la Mutuelle des Personnels de
lEnseignement du Cameroun (MUPEC) ; et une révision profonde de la politique
du livre scolaire, dans la perspective de démocratiser laccès aux manuels
scolaires pour toutes les couches sociales de la population.
2) Actions en faveur de lEPT
Le gouvernement camerounais, déterminé à redresser son système
éducatif en général et lenseignement de base en particulier, a entrepris avec
laide des partenaires bilatéraux et multilatéraux de réaliser des actions
visant :
2.1 Lamélioration de la qualité de léducation
Ce volet sest traduit par :
- La fourniture de manuels scolaires de base à tous les élèves des écoles primaires
des régions sous-scolarisées (Adamaoua, Nord, Extrême-Nord et Est) par lUnion
Européenne ;
- La fourniture de malettes pédagogiques aux inspecteurs
pédagogiques/darrondissement et aux enseignants par la France dans le cadre du
projet dappui au système éducatif camerounais (PASECA) ;
- La réorganisation des filières dinspection pédagogique dans le sens dune
plus grande responsabilisation des différents maillons de la chaîne pédagogique ;
- La fourniture de moyens de locomotion et de reprographie aux inspecteurs
darrondissement de lenseignement primaire et maternel pour assurer un
encadrement de proximité des écoles ;
- La finalisation des nouveaux programmes de lEcole Primaire, programmes qui
tiennent compte des recommandations des Etats Généraux de lEducation et la
mise en place de nouveaux manuels scolaires dans les écoles maternelles et les niveaux 1
et 2 (SIL et CP) de lenseignement primaire;
- Formation de 150 enseignants en « pédagogie prenant en compte les quetions de
genre » ;
- Formation des moniteurs déducation non formelle sur les techniques
dAnimation Communautaires ;
- Formation de 161 enseignants du public et des parents sur limportance de
léducation de la jeune fille dans les provinces de lAdamaoua, du Nord et de
lExtrême-Nord.
2.2 La promotion de léquité
Ce volet sest traduit par :
- La promotion de léducation des filles dans les provinces septentrionales, à
lEst et dans les quartiers pauvres de Yaoundé et de Douala (cf. Convention liant le
gouvernement camerounais et lUNICEF) ;
- Le développement dune politique de prise en compte des groupes défavorisés
(petite enfance, enfants ayant des besoins spécifiques, jeunes marginalisés, handicapés
sensoriels et sensori-moteurs, handicapés sociaux et économiques, enfants des réfugiés
et des populations déplacées, adultes analphabètes), avec laide des départements
ministériels en charge des jeunes, des femmes et des handicapés ;
- Organisation de deux tables-rondes télévisées sur le thème « Education de base
et développement de la femme » ;
- Organisation dun séminaire de sensibilisation de plus de 3170 parents relevant de
25 associations de parents délèves sur limportance de léducation de
base dans les provinces septentrionales du pays ;
- Organisation dun séminaire de sensibilisation mobilisant 38 autorités
administratives locales et 96 chefs traditionnels pour la promotion de léducation
de la jeune fille ;
- Organisation dun séminaire de sensibilisation des dignitaires musulmans pour la
scolarisation des enfants en général et des filles en particulier.
2.3 Le pilotage institutionnel
Les actions de remédiation relatives à laccès, à la qualité
et à léquité ne peuvent valablement produire les effets escomptés sans une bonne
gestion du système qui se traduit par :
- La responsabilisation de tous les partenaires du système éducatif (comités de
gestion, associations des parents délèves, enseignants, administrateurs scolaires,
élèves, collectivités territoriales décentralisées).
- Le renforcement de la capacité de pilotage stratégique du système éducatif par la
volonté affichée de mise en place de la carte scolaire et dune base de données
statistiques fiables et régulièrement actualisées.
- Ladoption et la mise en uvre du nouveau plan comptable des institutions
scolaires qui consacre leur autonomie financière ;
- Le développement des capacités managériales des hauts responsables par loctroi
de stage de spécialisation et de remise à niveau.
V COOPERATION DANS LE CADRE DE LEPT
Devant lampleur des besoins à satisfaire et compte tenu des
difficultés diverses issues du contexte actuel de récession économique, la mise en
place de lEPT exige plus que jamais la recherche et le développement des
partenaires aux niveaux étatique, local, non gouvernemental et international.
- Au niveau étatique, il sest agi de favoriser les partenaires entre diverses
structures déducation controlées par lEtat, en tenant compte du rôle
spécifique de chacune et des possibilités de complémentarité offertes. A cet effet, le
partenariat entre le Ministère de lEducation et dautres départements
ministériels offrant des formations (Santé Publique, Agriculture, Elevage et Industries
Animales, Information, Culture, Affaires sociales, Condition Féminine, Emploi, Travail et
Prévoyance Sociale) a été renforcé aux fins de la mise en commun des moyens et
structures, de lélaboration multisectorielle des contenus et des programmes, de
lorganisation conjointe et concertée des établissements en fonction des types de
formation recherchés et des spécificités des publics à accueillir.
- Au niveau local, lEtat a toujours sollicité et continuera à solliciter des
communautés, des collectivités territoriales décentralisées, des associations, des
congrégations religieuses ou laïques, des leaders traditionnels, des syndicats, des
élites, etc leurs contributions à lélaboration des programmes éducatifs.
- Au plan non gouvernemental, le secteur privé dans son ensemble a été et sera invité
à participer à la mise en place des structures déducation de base. On y
parviendra grâce à une législation libérale et attractive, grâce aussi à une large
place laissée aux initiatives les plus diverses, aucune ne devant être négligée tant
quelle respecte les normes objectives élaborées en la matière.
- Au niveau international, lappel a été lancé en direction des pays amis, des
organisations internationales, des ONG, des associations de volontaires, etc.
A un an de la fin de la décennie EPT, le Gouvernement camerounais est
encore en négociation avec la Banque Mondiale pour démarrer un projet dappui
logistique au secteur de lEducation dont 60 % de lenveloppe iront à
lenseignement de base. Dans le même ordre didées, un projet dénommé
EDUCATION II est en négociation avec la Banque Africaine de Développement. La composante
« Enseignement Primaire » du projet en question est la plus importante. Par
ailleurs, lONG dénommée « PLAN INTERNATIONAL » se propose de renforcer
les infrastructures scolaires en construisant des salles de classe avec les matériaux
locaux dans quatre provinces.
La Banque Islamique de Développement (BID) exécute un projet de
construction de 48 écoles primaires tandis que le Japon, sur aide non remboursable,
construit et équipe 48 écoles primaires dans les villes de Douala et de Yaoundé.
Dans tous les cas lélaboration, la signature des conventions et
des contrats de partenariat sont indispensables pour définir le cadre des activités
envisagées et préciser le domaine dintervention de chaque partenaire.
Un accent particulier sera mis sur les procédures visant à promouvoir
la planification, la gestion et lévaluation des programmes déducation de
base.
- LUNICEF, dans le cadre dune convention qui la lie au gouvernement
camerounais, exécute un projet à plusieurs volets. Le volet « Education de
Base » est de loin le plus important. Ce projet, financé par le gouvernement
norvégien couvre la période 1998-2000 et met laccent sur léducation des
filles et léducation non-formelle.
- En appui à laction de lUNICEF qui uvre pour la scolarisation des
filles dans les provinces les plus sous-scolarisées (Adamaoua, Nord, Extrême-Nord, Est),
le Programme Alimentaire Mondial (PAM) offre des rations alimentaires complètes aux
élèves et aide les parents qui acceptent dinscrire tous leurs enfants à
lécole. (Cf chiffres 25 les 3 dernières années).
Pour conclure, si les deux projets en cours de négociation (Banque
Mondiale et Banque Africaine de Développement) venaient à connaître un aboutissement
heureux, ils apporteraient des changements notables dans les domaines de loffre et
de la qualité de lEPT.
VI INVESTISSEMENT DE LEPT DEPUIS 1990
Ce volet sest traduit par :
- La création et la mise en fonctionnement de 1800 écoles primaires et 200 écoles
maternelles environ ces 5 dernières années (1992 à 1998) ;
- La construction et léquipement de 130 écoles primaires complètes par an et ce,
depuis lannée budgétaire 1996/1997 dans le cadre des ressources de
lEtat ;
- La construction de 31 écoles primaires complètes dans les villes de Douala et Yaoundé
pour un montant de 17 milliards de Francs CFA (Don japonais) ;
- La construction et léquipement de 48 écoles primaires par la Banque Islamique de
Développement ;
- La construction dun millier de salles de classe en matériaux provisoires par les
communautés.
- Le recrutement de 3000 instituteurs vacataires par an et ce depuis 1996. En 3 ans, 8700
instituteurs ont été recrutés. Il y en a 11 000 en formation dans les 36 Ecoles
Normales dInstituteurs que compte le Cameroun ;
- Il est prévu dans le budget 1999/2000 du MINEDUC, la construction de 773 salles de
classe et de 10 Inspections dArrondissement de lEnseignement Primaire.
La situation de lEPT au Cameroun ne peut mieux sillustrer
quà travers le calcul, lanalyse et linterprétation de certains
indicateurs de couverture, defficacité interne et de qualité du système éducatif
que nous examinerons dans la 2ème partie de ce rapport.