L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays Page d'accueil du forum mondial sur l'éducation
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Graphique 7 : EVOLUTION DES EFFECTIFS DES ELEVES DU PRIMAIRE PAR SEXE

Source : MINEDUC/DPRD/SDP

Dans la mesure où il précède de peu l’âge de la mojorité légale, l’enseignement primaire au Cameroun correspond à l’éducation de base, c’est-à-dire au minimun de formation dont le citoyen a besoin au sens de la déclaration mondiale sur l’Education Pour Tous de JOMTIEN pour répondre à ses besoins éducatifs fondamentaux. De l’analyse du tableau 5, il ressort que les effectifs scolarisés de l’enseignement primaire sont passés de 1 946 301 élèves en 1989/90 à 2 023 809 en 1997/98 soit une évolution de 77 508 élèves en 9 ans ; après un phénomène de déscolarisation observé de 1991/92 jusqu’en 1996/97 dû probablement aux effets néfastes de la crise économique que connait le Cameroun depuis la fin des années 80. L’accroissement des effectifs observé depuis 1997/98 se justifierait par la reprise de la croissance économique ces dernières années. En 1989/90 les filles représentent 45,9% des effectifs contre 54,1% pour les garçons. En 1997/98 les filles totalisent 45,11% des effectifs contre 54,89% pour les garçons. Les effectifs féminins ont décru de l’ordre de 0,79 point au cours de la période.

L’analyse régionale montre que trois provinces sur les dix que compte le pays à savoir le Centre, le Littoral et l’Ouest totalisent à elles seules 54,25% des effectifs scolarisés pour une clientèle potentielle évaluée à 1000095 enfants âgés de 6-11ans et représentant 38,32 % de la population scolarisable en 1998. La province de l’Extrême-Nord avec une demande potentielle estimée en 1998 à 449352 enfants soit 17,22% de la population scolarisable ne compte que 233239 élèves dans le primaire soit 10,9% des effectifs.

Tableau 6 : EVOLUTION DES TAUX BRUTS DE SCOLARISATION PAR SEXE ET PAR PROVINCE

1989/90

1990/91

1995/96

Provinces

Garçons

Filles

Total

Garçons

Filles

Total

Garçons

Filles

Total

Adamaoua

72,2%

48,8%

60,8%

70,3%

48,8%

59,8%

59,9%

41,9%

51,0%

Centre

128,6%

124,8%

126,7%

130,4%

124,8%

127,6%

109,9%

102,8%

106,3%

Est

113,3%

96,2%

104,9%

111,1%

95,5%

103,5%

94,2%

81,7%

88,0%

Extrême-Nord

69,7%

33,3%

52,0%

63,5%

30,8%

47,6%

48,7%

23,9%

36,5%

Littoral

131,9%

130,7%

131,3%

128,1%

123,6%

125,9%

105,5%

95,3%

100,3%

Nord

78,8%

41,8%

60,9%

77,1%

41,0%

59,6%

61,1%

34,1%

47,9%

Nord-Ouest

81,1%

77,4%

79,3%

79,4%

75,5%

77,5%

61,7%

56,8%

59,3%

Ouest

130,3%

126,4%

128,4%

126,3%

121,3%

123,8%

91,0%

84,2%

87,6%

Sud

146,0%

142,3%

144,2%

143,1%

138,5%

140,8%

123,9%

116,9%

120,4%

Sud-Ouest

92,2%

92,1%

92,1%

88,1%

88,2%

88,1%

68,5%

66,9%

67,8%

Cameroun

101,5%

89,6%

95,6%

98,6%

86,8%

92,8%

78,4%

67,2%

72,9%

 

1996/97

1997/98

1998/99

Provinces

Garçons

Filles

Total

Garçons

Filles

Total

Garçons

Filles

Total

Adamaoua

58,5%

40,2%

49,5%

56,1%

40,4%

48,4%

-

-

52,8%

Centre

117,3%

108,6%

112,9%

115,8%

110,4%

113,0%

-

-

119,8%

Est

93,9%

75,4%

84,7%

84,3%

71,2%

77,8%

-

-

82,7%

Extrême-Nord

46,7%

22,2%

34,6%

48,9%

24,4%

36,8%

-

-

51,9%

Littoral

109,6%

103,9%

106,7%

130,9%

91,8%

111,0%

-

-

113,0%

Nord

67,6%

36,0%

52,0%

71,3%

40,6%

56,2%

-

-

54,9%

Nord-Ouest

62,5%

58,9%

60,7%

67,7%

60,9%

64,3%

-

-

65,5%

Ouest

104,2%

98,8%

101,5%

115,7%

106,8%

111,2%

-

-

104,5%

Sud

133,9%

126,0%

130,0%

125,6%

119,6%

122,6%

-

-

119,6%

Sud-Ouest

68,4%

66,2%

67,3%

81,3%

73,9%

77,6%

-

-

61,6%

Cameroun

82,1%

71,1%

76,6%

87,9%

72,4%

80,2%

-

-

81,8%

Source : MINEDUC /DPRD/SDP

 Graphique 8 : EVOLUTION DES TAUX BRUTS DE SCOLARISATION PAR PROVINCE

Source : MINEDUC /DPRD/SDP

Graphique 9 : EVOLUTION DES TAUX BRUTS DE SCOLARISATION PAR SEXE

Source : MINEDUC /DPRD/SDP

Au niveau de l'enseignement primaire, la demande potentielle d'éducation ou population scolarisable est représentée par la tranche de population âgée de 6-11 ans pour les 8 provinces majoritairement francophones et la tranche de la population âgée de 6-12 ans pour les 2 provinces majoritairement anglophones.

Elle est passée de 2035090 individus en 1989/90 (dont 49 % des filles) à 2609258 individus (dont 50 % des filles ) en 1998/99.

Le Taux Brut de Scolarisation (TBS) qui est le rapport entre la demande effective d'éducation ou effectif scolarisé et la demande potentielle d'éducation ou population scolarisable est passé de 95,6 % en 1989/90 à 92,8 % en 1990/91, puis 72,9 % en 1995/96.

Cette évolution traduit la détérioration qui a affecté la scolarisation dans l'enseignement primaire au plus fort de la crise économique entraînant ainsi une perte de plus de 22 points en 7 ans.

On assiste à un relèvement du TBS à partir de 1996/97 jusqu'en 1998/99, passant respectivement de 76,6 % à 81,8 %, soit un gain de plus de 5 points en 3 ans.

La détérioration du TBS entre 1989/90 et 1995/96 serait tributaire du phénomène de déscolarisation constatée au cours de cette période, justifiée par la récession économique que connaît le Cameroun depuis la fin des années 80.

Les populations ayant connu une baisse de leur pouvoir d'achat suite aux effets conjugués de la réduction des salaires (en moyenne 60 %) et de la dévaluation du F CFA intervenue en 1994 ont ralenti les inscriptions de leur progéniture à l'école.

Situation d'autant plus justifiée par le chômage des aînés qui regagnent la maison familiale après de longues études universitaires. Au même moment, la population d'âge scolaire connaissait en moyenne une croissance de 2,8 % l'an.

Les écarts entre les taux bruts de scolarisation sont très accentués au niveau des régions. Les provinces périphériques économiquement de l'Extrême-Nord, du Nord et de l’Adamaoua ont des taux inférieurs à 55 % en 1998/99. Les taux bruts les plus élevés par contre, se rencontrent dans les provinces urbanisées du Centre (119,8 %), du Littoral (113,0 %), de l'Ouest (104,5 %) avec comme exception la province du Sud (119,6 %).

En 1997/98, l'écart entre les indices de parité filles/garçons est considérable. Les provinces les plus scolarisées en dehors du Littoral (0,7) ont des indices qui se rapprochent de 1, Centre (0,95), Ouest (0,92), Sud (0,95).

Par contre, la province de l'Extrême-Nord est en dessous de 0,50 (Extrême-Nord 0,49). Dans cette province en particulier et les deux autres du Nord et de l'Adamaoua en général, l'effort à accomplir pour atteindre l'objectif du plan d'action de la scolarisation des filles reste important.

Il convient de noter que les taux bruts de scolarisation supérieurs à 100 observés dans certaines provinces par exemple en 1998/99 ; dont le Centre (119,8 %), le Littoral (113,0 %), l'Ouest (104,5 %) et le Sud (119,6 %) signifient qu'il existe dans ces régions, des entrées précoces d'enfants âgés de moins de 6 ans dans le cycle primaire et des sorties tardives d'enfants âgés de plus de 11 et 12 ans. L'âge légal d'admission dans le primaire étant fixé au Cameroun à 6 ans.

Le taux brut de scolarisation reste toutefois un indicateur approximatif de la scolarisation dans un cycle donné, car en identifiant le nombre d'élèves d'un cycle donné comme proportion de la population d'âge scolaire correspondant à un cycle, il méconnaît les enfants qui fréquentent réellement le cycle. Néanmoins, cet indicateur peut fournir des renseignements utiles lorsqu'il n'existe pas de données relatives à l'âge.

Nous noterons aussi que ce taux mesure la capacité du système à accueillir dans un cycle donné les enfants d'âge scolaire correspondant.

Graphique 10 : Evolution de la population scolarisable et de la population scolaire

Source : MINEDUC/DPRD/SDP

 De bonnes performances enregistrées en matière de scolarisation avant 1990 ne se sont pas poursuivies au même rythme pendant la décennie. Aussi, le nombre d’enfants non scolarisés reste important. L’effort à accomplir pour la scolarisation universelle est donc de taille d’autant plus que le taux de croissance démographique et les taux de croissance élevés des effectifs d’élèves observés ces dernières années se maintiennent.

En l’absence des données sur les âges des élèves, nous n’avons pu calculer les taux nets de scolarisation ; indicateur qui fournit une mesure plus précise de l’étendue de la participation à l’enseignement primaire des enfants appartenant au proupe officiellement en âge de fréquenter l’école primaire.

VII – 2 - 3 : Dépenses publiques ordinaires pour l'enseignement primaire

    1. En pourcentage du PIB
    2. Par élève, en pourcentage du PIB par habitant

Tableau 7 : Evolution des dépenses publiques ordinaires de l’enseignement primaire et du PIB par tête

 

1990/91

 

 

1991/92

 

1992/93

 

1993/94

 

1994/95

 

1995/96

 

1996/97

 

1997/98

 

PIB(1) (Prix courant)

 

 

3423

 

3207

 

3125,7

 

3437

 

4150

 

4555

 

4931

 

5250,1

Dépenses Publiques ORDINAIRES de l'enseignement Primaire(2)

 

 

23,1

 

 

21,96

 

 

20,88

 

 

19,8

 

 

1152

 

 

11,88

 

 

12,72

 

 

-

 

PIB/tête(3)

 

 

288617

 

264822

 

249043

 

264883

 

313263

 

335505

 

365740

 

5250,1

Dépenses Publiques ORDINAIRES de l'enseignement Primaire en % du PIB

 

 

 

0,67%

 

 

 

0,68%

 

 

 

66%

 

 

 

0,58%

 

 

 

0,27%

 

 

 

0,26%

 

 

 

0,25%

 

 

 

-

Dépenses Publiques ORDINAIRES de l'enseignement Primaire par élève

 

 

15729 Frs

 

 

15317 Frs

 

 

14551 Frs

 

 

13868 Frs

 

 

8207 Frs

 

 

8416 Frs

 

 

8771,1 Frs

 

 

-

Dépenses Publiques ORDINAIRES de l'enseignement Primaire par élève en % du PIB/tête

 

 

5,45%

 

 

5,78%

 

 

5,84%

 

 

5,23%

 

 

2,61%

 

 

2,50%

 

 

2,39%

 

 

-

Source : Etabli par SDP/DPRD/MINEDUC à partir des données fournies par la Direction du Buget/MINEFI

(1) : En milliards de francs CFA (2) : En milliards de francs CFA (3) :En francs CFA

a) En pourcentage du PIB

Graphique 11 : Evolution des dépenses publiques ordinaires pour l’enseignement primaire en pourcentage du PIB

Source : Direction du Budget/MINEFI – DPRD/MINEDUC

De l'analyse des données disponibles, il ressort que la part de la valeur de la production nationale totale des biens et services (PIB) consacrée à l'enseignement primaire, a au cours de la période allant de 1990/91 à 1996/97 connu une évolution en deux temps :

Cette situation serait tributaire à la grande baisse des salaires de l'ordre de 60% intervenue en septembre 1993, les dépenses salariales représentant plus de 85% des dépenses publiques ordinaires de ce niveau d'enseignement.

b) Dépenses publiques ordinaires par élève du primaire en pourcentage du PIB par tête

Graphique 12 : Evolution des dépenses publiques ordinaires pour l’enseignement primaire par élève en pourcentage du PIB/Habitant

SOURCE : Direction du Budget/MINEFI – DPRD/MINEDUC

Le coût moyen d'un élève du primaire par rapport au PIB par tête a connu sensiblement la même variation au cours de la période allant de 1990/91 à 1996/97 que la précédent indicateur;

A savoir une évolution en deux temps :

Cette situation s'explique par le fait qu'au cours de la phase 2 c'est-à-dire la période allant de 1994/95 à 1996/97, le PIB par tête s'est accru en moyenne de 11,37 % par an, phénomène justifiée sans doute par la dévaluation du F CFA intervenue en 1994 qui a eu pour conséquence l'augmentation substantielle des recettes d'exportation du Cameroun.

Par ailleurs, l'effet induit par la dévaluation sur le PIB n'a pas affecté les budgets alloués à l'enseignement primaire, car non seulement les salaires ont stagné au cours de la période, mais on a plutôt assisté à des départs massifs des maîtres de la fonction publique, du fait du très bas niveau de leurs revenus.

La modicité de la dépense par élève explique d'une part la dégradation des conditions d'enseignement observée dans certaines régions du Cameroun, notamment les provinces du Nord, de l'Adamaoua, de l'Est et surtout de l'Extrême-Nord, où l'on constate l'extrême pénurie en maître avec des ratios élève/maître atteignant parfois 101.

Cette situation a eu également pour conséquence la baisse de la scolarisation dans les mêmes régions du Cameroun du fait de la mauvaise qualité de l'éducation.

Graphique 13 : Evolution du PIB et PIB/tête

SOURCE : Direction du Budget/MINEFI – DPRD/MINEDUC


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