L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays Page d'accueil du forum mondial sur l'éducation
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VII – 2 - 4 : Dépenses publiques pour l'enseignement primaire en pourcentage du total des dépenses publiques d'éducation

Tableau 8 : Evolution des dépenses publiques de l’enseignement primaire et dépenses publiques totales d’éducation

 

1990/91*

 

1991/92

 

1992/93

 

1993/94

 

1994/95

 

1995/96

 

1996/97

 

1997/98

Dépenses de fonctionnement (en milliards de FCFA)

 

*Formation

 

*Salaires

 

*Autres dépenses

 

 

23,1

 

 

20,96

 

 

18,88

 

 

17,3

 

 

11,22

 

 

11,08

 

 

10,32

 

 

-

 

0,4

 

,1

 

0,1

 

0,1

 

0,1

 

0,1

 

0,1

 

-

 

22,3

 

20,1

 

18,48

 

16,8

 

10,52

 

9,88

 

8,28

 

-

 

0,4

 

0,4

 

0,3

 

0,4

 

0,6

 

1,1

 

2

 

-

Dépenses d'investissement (en milliards de FCFA)

 

 

1

 

 

2

 

 

2,5

 

 

0,3

 

 

0,8

 

 

2,4

 

 

-

Total dépenses de l'enseignement primaire(1) (en milliards de FCFA)

 

 

23,1

 

 

21,96

 

 

20,88

 

 

19,8

 

 

11,52

 

 

11,88

 

 

12,72

 

 

-

Total dépenses publiques d'éducation (MINEDUC+MINESUP)(2) + 40% MINASCOF

 

 

96,7(1)

 

 

106,6

 

 

116

 

 

101,4

 

 

66,2

 

 

69,8

 

 

74,5

 

 

96,492

Dépenses publiques pour l'enseignement primaire en % des dépenses publiques totales

 

 

23,90%

 

 

20,26%

 

 

18,00%

 

 

19,53%

 

 

17,40%

 

 

17,02%

 

 

17,07%

 

 

-

Source : Direction du Budget/MINEFI – DPRD/MINEDUC

(1) Non compris dépenses d’investissement

(2) Dépenses d ‘éducation formelle et non formelle ( 40% MINASCOF)

Graphique 14 : Evolution dépenses publiques de l’enseignement primaire et dépenses publiques totales d’éducation

Source : Direction du Buget/MINEFI – DPRD/MINEDUC

(1) En milliards de francs CFA

(2) Dépenses d’éducation formelle et non formelle

De l'analyse de cette évolution, il ressort que la part relative des dépenses publiques consacrées à l'enseignement primaire au cours de la période 1990/91 et 1996/97 a régressé annuellement en moyenne de 1,15 points.

Cette situation trouve une justification sur la baisse moyenne de l'ordre de 5 % par an des dépenses publiques du primaire observée entre 1990/91 et 1993/94.

La chute est significative entre 1993/94 et 1994/95 et se situe autour de 42 % malgré la légère hausse de l'ordre de 0,84 point observée entre 1995/96 et 1996/97.

Cette régression des dépenses publiques est justifiée par les effets néfastes de la crise économique qui sévit au Cameroun depuis la fin des années 80 et qui a amené les pouvoirs publics à conclure avec les institutions de Bretton Woods les différents Programmes d'Ajustement Structurel (PAS). Il s'en est suivi d'une part un gel des recrutements des enseignants du Primaire dans la fonction publique, les Ecoles Normales d'Instituteurs ayant d'ailleurs été fermées, et d'autre part une réduction drastique des dépenses salariales en septembre 1993 de l'ordre de 60 %.

Les dépenses ordinaires non salariales restent négligeables et se situe en moyenne autour de 5,9 % au cours de la période d'analyse (1990/91 à 1996/97).

De cette brève analyse, se dégage l'impression globale que les dépenses de personnel prennent une place croissante dans l'ensemble des dépenses publiques de l'enseignement primaire, au détriment d'autres dépenses (équipements, manuels scolaires, matériels didactiques par exemple) qui contribuent davantage à la qualité de l'enseignement dispensé.

VII.- 2.- 5 : Les enseignants

Tableau 9 : EVOLUTION DES EFFECTIFS DES ENSEIGNANTS PAR PROVINCE

1989/90

1990/91

1996/97

1997/98

ADAMAOUA

1085

1093

833

863

CENTRE

7356

7856

8205

8767

EST

1972

2002

1577

1507

EXTRÊME-NORD

2772

2806

1481

1805

LITTORAL

5780

5728

5068

5779

NORD

1260

1367

1223

1249

NORD-OUEST

4574

4801

4312

4253

OUEST

6854

6864

6234

7416

SUD

2596

2507

2515

2591

SUD-OUEST

3555

3405

2938

3000

TOTAL NATIONAL

37804

38429

34386

37230

Source : MINEDUC/DPRD/SDP

Graphique 15 : Evolution des effectifs des enseignants par province.

Source : MINEDUC/DPRD/SDP

Le nombre d'enseignants est passé de 37804 à 38429 entre 1989/90 et 1990/91, ce qui représente près de 625 maîtres supplémentaires par an.

On observe à partir de 1991/92 une décroissance des effectifs des maîtres jusqu'en 1996/97, ce qui correspond à une perte de l'ordre de 4013 maîtres en 6 ans, soit en moyenne 669 maîtres par an.

Cette situation s'explique d'une part par le gel de recrutement observé depuis l'année 1987, la fermeture des Ecoles Normales d'Instituteurs intervenue en 1991 et d'autre part par le départ massif de nombreux enseignants à la retraite. A ceci, il convient d'ajouter les départs volontaires du personnel fonctionnaire suite aux mesures d'ajustement structurel prescrites par le Fonds Monétaire International (FMI) comme solution à la récession économique que connaît le Cameroun depuis la fin des années 80.

Bien que depuis 1996, le gouvernement ait recruté 8000 instituteurs vacataires pour freiner l'hémorragie, le gap reste important . L'analyse par région montre que les disparités entre les provinces du Cameroun sont significatives. Les provinces de l'Adamaoua, du Nord et de l'Extrême-Nord sont les moins dotées en personnels enseignants, zones où les conditions de vie sont généralement difficiles (absence de logements, aridité du climat etc…). La situation la plus favorable est enregistrée dans la province du Centre environ 23,8 % des effectifs.

Toutefois, l'analyse des ratios élèves/maîtres et élèves par classe permet de mieux apprécier les conditions d'encadrement des élèves.

VII –2 –5 -1 : Nombre d'élèves par maître

Tableau 10 : EVOLUTION DES RATIOS ELEVES/MAÎTRES DU PRIMAIRE PAR PROVINCE

1989/90

1990/91

1996/97

1997/98

ADAMAOUA

52

53

68

66

CENTRE

48

47

47

45

EST

45

45

56

55

EXTRÊME-NORD

66

62

101

90

LITTORAL

52

52

59

55

NORD

72

68

78

85

NORD-OUEST

54

53

55

60

OUEST

52

52

55

52

SUD

35

36

40

37

SUD-OUEST

52

54

57

56

TOTAL NATIONAL

52

51

56

55

Source : MINEDUC/DPRD/SDP

Graphique 16 : Evolution des ratios élèves/maître du primaire par province

Source : MINEDUC/DPRD/SDP

Tableau 11 : Evolution des ratios élèves/classe du primaire par province

1989/90

1990/91

1996/97

1997/98

ADAMAOUA

56

52

62

61

CENTRE

48

49

58

57

EST

40

42

61

60

EXTRÊME-NORD

66

58

66

64

LITTORAL

59

58

58

62

NORD

67

64

63

63

NORD-OUEST

50

49

56

52

OUEST

50

50

53

51

SUD

36

36

37

36

SUD-OUEST

55

53

50

49

TOTAL NATIONAL

52

51

56

55

Source : MINEDUC/DPRD/SDP

Graphique 17 : Evolution des ratios élèves/classe du primaire par province

Source : MINEDUC/DPRD/SDP

Avec le développement des classes à double flux en milieu urbain, les indicateurs qui permettent de mieux apprécier les conditions d'encadrement sont le nombre d'élèves par maître et par classe; c'est-à-dire le nombre d'enfants que le maître a en face de lui en même temps. Cela signifie que les classes à double flux sont comptabilisées comme deux classes.

L'examen des données disponibles montre que le ratio élève/maître qui était de l'ordre de 52 tous ordres d'enseignement confondus en 1989/90 s'est stabilisé autour de 55 au cours de la décennie. Le ratio élève/classe a connu sensiblement la même évolution au cours de la période d'analyse.

Dans le secteur privé, le ratio élève/maître est passé de 47 en 1989/90, pour se stabiliser autour de 46 en 1997/98.

Par contre le nombre d'élèves par classe variait de 42 en 1989/90 à 45 en 1997/98.

Ces conditions d'encadrement apparemment satisfaisantes dans la mesure où la norme nationale requise est de 60 élèves par classe et pour 1 maître cachent d'énormes disparités, car ces enseignants notamment ceux du sexe féminin restent concentrés dans les grands centres urbains en raison du regroupement familial. Les zones rurales affichent parfois des ratios atteignant plus de 100 élèves pour un seul enseignant.

L'analyse régionale révèle que les provinces où la situation reste préoccupante en 1997/98 sont respectivement l'Adamaoua avec en moyenne 66 élèves pour un maître et 62 élèves par classe, l'Extrême-Nord avec en moyenne 90 élèves pour un maître et 64 élèves par classe et le Nord avec en moyenne 85 élèves pour un maître et 64 élèves par classe.

Nous en tenant à la population scolaire actuelle et aux contraintes des normes économiques de 60 élèves par maître et par classe, le nombre d'enseignants en activité dans l'Adamaoua, le Nord et l'Extrême-Nord ne représente respectivement que 91 %, 94 % et 71 % des effectifs d'enseignants nécessaires pour ces provinces. Ce qui y illustre à souhait des mauvaises conditions d'encadrement pédagogique.

La situation semble être plus favorable dans les provinces du Sud et du Centre avec respectivement des ratios élèves/maîtres de l’ordre de 37 et de 45 en 1997/98 et des ratios élèves/classe de 57 et 36 au cours de la même année.

Les ratios étant des moyennes, il est à noter que leur analyse comporte des limites ; car même dans les provinces suscitées, où les conditions d’encadrement semblent satisfaisantes, il n’est pas rare de trouver des salles de classe avec des effectifs supérieurs à 80 élèves notamment dans les grands centres urbains que sont Yaoundé, Ebolowa, Sangmélima etc…

Ce constat dénote les mauvaises conditions d’encadrement dans la partie septentrionale du pays, situation tributaire aux conditions de vie difficiles dans ces régions, en raison non seulement de l’aridité du climat, mais aussi de l’absence de logements notamment en zones rurales etc…

Les autorités réfléchissent de plus en plus sur les mesures incitatives telles que les primes spéciales et les logements de fonction pour les maîtres affectés dans cette partie, de même, la priorité du recrutement des vacataires est accordée à ces régions.

VII – 2 – 5 - 2 : Pourcentage des maîtres qualifiés dans le Primaire en 1997/98 par province

Tableau 12 : Effectifs des maîtres, des maîtres qualifiés en 1997/98

Province

Effectifs des maîtres

Effectifs des maîtres qualifiés

Pourcentage de maîtres qualifiés

Adamaoua

863

782

90,60

Centre

8889

8116

91,30

Est

1507

1382

91,68

Extrême-Nord

1805

1688

93,52

Littoral

5780

5078

87,85

Nord

1249

1089

87,19

Nord-Ouest

4253

3923

92,24

Ouest

7416

6496

87,60

Sud

2591

2435

93,98

Sud-Ouest

3000

2766

92,20

Cameroun

37352

33692

90,20

Source : MINEDUC/DPRD/SDP

Graphique 18 : Evolution des effectifs des maîtres par province

Source : MINEDUC /DPRD/SDP

En 1997/98, la tendance générale observée est la qualification d'un grand nombre d'enseignants. La moyenne nationale se situe autour de 90,20 %.

L'analyse régionale révèle de lègères disparités :

Les provinces du Sud, de l'Extrême-Nord, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest se distinguent avec des pourcentages de plus de 92 % d'enseignants qualifiés.

Le Nord, l'Ouest et le Littoral détiennent les pourcentages de qualification les plus bas (87,5 %) en moyenne.

Le taux de 100 % qui est la norme nationale n’est pas atteint par toutes les provinces à cause de la forte proportion dans certaines régions (Littoral et Ouest) des établissements privés qui utilisent parfois un personnel non qualifié. La qualification étant déterminée par le passage dans une école normale et l’obtention d’un diplôme professionnel.

De cette brève analyse, se dégage l’impression qu’une majorité du corps enseignant est formée et possède les compétences pédagogiques nécessaires pour enseigner et utiliser efficacement les matériels didactiques disponibles.

Il convient de noter que le niveau de qualification ici ne tient pas compte des différences existant dans l’expérience et le statut des maîtres, dans les méthodes d’enseignement, dans les matériels didactiques et dans les classes, facteurs qui influent sur la qualité de l’enseignement/apprentissage.

VII – 2 –5 – 3 : Pourcentage des enseignants des écoles primaires ayant des titres académiques requis.

En règle générale, le personnel enseignant dans les écoles primaires publiques et privées est titulaire à 90 % d'au moins du BEPC, titre académique minimum requis par les pouvoirs publics pour l'enseignement primaire au Cameroun.

Une partie du personnel (10 % environ) est cependant constituée des bénévoles et auxiliaires, titulaires pour la majorité du CEPE, recrutés principalement avant 1980.

Depuis la réouverture des écoles normales d'instituteurs (ENI) intervenue en 1995, les maîtres sont recrutés en qualité de vacataires dans les écoles sur la base d'un diplôme professionnel.

L'entrée dans les ENI se fait uniquement sur concours. Les postulants sont :

La sortie est sanctionnée par l'obtention du Certificat d'Aptitude Pédagogique des Instituteurs de l'Enseignement Général.


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