L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays Page d'accueil du forum mondial sur l'éducation
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VII – 2 – 10 : TAUX D’ALPHABETISME DE LA POPULATION AGEE DE 15 à 24 ANS

Ce taux d’alphabétisme permet d’apprécier le niveau de participation et de rétention dans l’enseignement primaire du fait qu’il inculque les connaissances de base de la lecture et de l’écriture. Etant donné que les personnes appartenant à ce groupe d’âges font leur entrée dans la vie adulte, la détermination de leur niveau d’alphabétisme est importante pour définir la politique nationale d’utilisation des ressources humaines ainsi que pour la détermination et les prévisions des progrès en matière d’alphabétisme des adultes.

Au cours de la décennie, le gouvernement camerounais a mis en place un programme national avec le concours de certrains partenaires dont l’UNICEF et l’UNESCO visant à developper l’éducation non formelle.

L’objectif étant de faire acquérir des apprentissages de la vie courante en matière de santé, d’hygiéne, de nutrition, d’environnement, de vie civique et de gestion d’activités simples, etc…

Tableau 18 : Evolution des taux d’alphabétisme par sexe ( population 15 – 24 ans) en %

1988

1989

1990

1991

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

1999

2000

HOMMES

85,29

85,61

85,91

86,21

86,5

86,79

87,07

87,34

87,61

87,87

88,13

88,38

88,63

FEMMES

71,11

71,63

72,15

72,66

73,16

73,64

74,12

74,6

75,06

75,51

75,96

76,4

76,83

Source : Bureau Centrale des Recensements et des Etudes de Population (MINPAT°

Graphique 23 : Evolution des taux d’alphabétisme par sexe (population 15 – 24 ans)

Source : MINEDUC/DPRD/SDPT°

Au regard du tableau ci-dessus, il ressort que le taux d’alphabétisme masculin de la population âgée de 15 à 24 ans est passé de 85,61 % en 1989 à 88,38 % en 1999 soit une amélioration de l’ordre de 2,77 points. Par contre le taux d’alphabétisme des femmes du même groupe d’âge est passé de 71,63 % à 76,40 % soit une amélioration de l’ordre de 4,77 points. Ce resultat beaucoup plus significatif chez les femmes est tributaire des actions de formation et de sensibilisation engagée ces dernières années par le gouvernement avec le concours des partenaires dont l’UNICEF et l’UNESCO. Surtout dans la partie septentrionale du pays où l’analphabétisme reste malgrés tout un problème majeur. Les taux d’analphabétisme les plus élevés du pays se trouvant dans les provinces de l’Etrême-Nord, l’Adamaoua et le Nord avec respectivement pour les hommes 36,25 %, 32,42 % et 28,92 % contre 72,49 %, 66,69 % et 61,14 % pour les femmes. Les provinces du Centre, du Littoral, de l’Ouest et le Sud restent les plus alphabétisées tant en ce qui concerne les femmes que les hommes avec des taux très au dessus de la moyenne nationale.

Graphique 24 : Evolution des taux d’alphabétisme par sexe et par province (Population 15 – 24 ans)

Source : MINEDUC/DPRD/SDP

VII – 3 : ALPHABETISME DES ADULTES

VII – 3 – 1 : EVOLUTION DU TAUX D’ALPHABETISME DES ADULTES (% DE LA POPULATION AGEE DE 15 ANS ET PLUS ET SACHANT LIRE ET ECRIRE)

Tableau 19 : Evolution des taux d’alphabétisme par sexe ( population 15 ans et plus)

1988

1989

1990

1991

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

1999

2000

HOMMES

66,47

67,07

67,66

68,24

68,8

69,36

69,91

70,45

70,98

71,49

72

72,5

73

FEMMES

45,58

46,3

47,01

47,72

48,41

49,1

49,78

50,44

51,1

51,75

52,39

53,03

53,65

Source : Bureau Centrale des Recensements et des Etudes de Population (MINPAT

Graphique 25 : Evolution des taux d’alphabétisme par sexe (population 15 ans et plus)

Source : MINEDUC/DPRD/SDP

L’analyse du tableau ci-dessus revèle que le taux d’alphabétisme masculin de la population âgée de 15 ans et + au Cameroun est passé de 67,07 % en 1989 à 72,50 % en 1999 soit une augmentation annuelle de l’ordre de 0,6 point. Au cours de la même période, le taux féminin est passé de 46,03% à 53,03 % soit une augmentation annuelle de l’ordre de 0,7 point. Cette amélioration sensible s’expliquerait par des actions de sensibilisation et de formation engagées par les pouvoirs publics ces dernières années avec l’appui de l’UNESCO et de l’UNICEF notamment dans les provinces de l’Extrême-Nord, le Nord et l’Est en faveur d’éducation des filles et la réinsertion des Pygmées à la vie active.

L’objectif visé étant l’amélioration de l’accès des groupes les plus vulnérables à des services sociaux essentiels de meilleure qualité (soins de santé primaires, éducation de base, approvisionnement en eau potable, etc) ; la réduction des disparités du genre notamment l’amélioration de la scolarité des filles ; la protection des enfants confrontés à des situations particulièrement difficiles (mineurs en détention, enfants de la rue, enfants travailleurs, etc).

L’analyse des disparités régionales révèle que les taux d’analphabétisme les plus élevés notamment ceux des femmes restent concentrés dans les provinces de l’Extrême-Nord, du Nord et de l’Adamaoua avec respectivement 83,72 %, 72,79 % et 78,15 % alors que la moyenne nationale se situe autour de 46,97 % en 1999. Il en est de même pour les taux d’analphabétisme masculin qui restent élevés dans les dites provinces. L’Etrême-Nord avec 59,41 %, le Nord avec 45,47 % et l’Adamaoua avec 52,19 % ; la moyenne nationale étant de 27,50 %.

Cette situation se justifierait par la pauvreté des parents en général, les coûts directs de scolarité élevés, le coût d’opportunité élevé, la forte demande de la main d’œuvre féminine pour les travaux agricoles et ménagers, la forte demande de la main d’œuvre féminine pour l’alimentation de la famille, la perception négative de l’éducation des filles et des femmes, la précocité des mariages et des grossesses, la fausse interprétation des principes religieux, le bas niveau d’instruction des parents, etc.

Graphique 26 : Evolution des taux d’alphabétisme par sexe et par provinve (population 15 ans et plus)

Source : : MINEDUC/DPRD/SDP

VII – 3 – 2 : INDICE DE PARITE ENTRE LES SEXES EN MATIERE D’ALPHABETISME

Tableau 20 : Evolution de l’indice de parité femme/homme

1988

1989

1990

1991

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

1999

2000

F/M

0,69

0,69

0,69

0,70

0,70

0,71

0,71

0,72

0,72

0,72

0,73

0,73

0,73

Source : : MINEDUC/DPRD/SDP

Graphique 27 : Evolution de l’indice de parité femme/homme en matière d’alphabétisme

Source : MINEDUC/DPRD/SDP

L’indice de parité Femme/Homme a évolué régulièrement passant de 0,69 en 1989 à 0,73 en 1999 soit une augmentation de 0,04 point en dix ans. Cette situation se justifie par l’augmentation beaucoup plus rapide observée au cours de la période du taux d’alphabétisme féminin par rapport au taux masculin en raison des actions suscitées.

VII – 3 – 3 : Formation à des compétences de base essentielleS

L’objectif défini par l’EPT est l’expansion des services d’éducation de base et des formations à d’autres compétences essentielles destinées aux adolescents et aux adultes, l’efficacité des actions étant appréciée en fonction des modifications des comportements et de l’impact sur la santé, l’emploi et la productivité. Au Cameroun le domaine de la formation à des compétences essentielles est diversifié et très actif. Il est au centre des activités d’un nombre important de structures tant formelles que non formelles dont le public cible se retrouve dans toutes les couches de la population.

  1. Le secteur public

Le MINEDUC gère l’enseignement Post-Primaire, niveau d’enseignement qui acceuille des jeunes âgés de 14 ans révolu issus des écoles primaires et n’ayant pas eu accès à l’enseignement secondaire. Cette éviction du secondaire resulte souvent soit du fait d’un âge non réglémentaire des postulants, soit par suite de leur echec au concours d’entrée qui est très sélectif. Par contre l’inscription dans un établissement d’enseignement post-primaire est libre et n’exige aucune condition particulière.

Il existe essentiellement deux types d’établissements à ce niveau d’étude :

Les effectifs des élèves sont passés de 13186 en 1990/91 à 11277 en 1997/98 soit une baisse d’environ 1909 élèves en 8 ans.

Le nombre d’enseignants quant à lui est passé de 1309 à 1116 au cours de la même période soit une diminution de 193 enseignants. Le nombre de salles de salles de classe connaissait une baisse de l’ordre de 149 salles de classe aucours de la même période. Cette situation serait tributaire de la récession économique qui a affecté le système éducatif dans son ensemble aucours de la décennie.

Avec le concours de nombreux partenaires privés, le Ministère des Affaires Sociales supervise un éventail très diversifié de structures d’encadrement non formelles tant publiques que privées. Les maisons de la femme (implantation provinciale en principe), les home-ateliers (implantation départementale en principe), les centres d’éducation en milieu ouvert (Bétamba, Douala, etc), les centres de rééducation et de réhabilitation des handicapés (Etoug-Ebé, Buéa, etc) les orphelinats et diverses autres structures sont à prendre en compte dans ce cadre.

Les effectifs pris en charge au sein de chacune, voire de l’ensemble de ces structures, sont difficiles à dénombrer avec précision, étant donné le caractère non formel des formations dispensées, le manque d’harmonisation des procédures de recrutement et de suivi, ainsi que la forte variation des capacités d’accueil d’une struture à l’autre en fonction de l’intérêt des enseignants, la motivation du public cible et le dynamisme des équipes d’animateurs.

Toutefois, on peut fixer à 36 enfants en moyenne nationale l’effectif de chacune des 6 centres publics de rééducation existant dans le pays, ce qui permet d’envisager une population prise en charge d’environ 3 000 âmes pour l’ensemble des strutures et par an.On peut également postuler que cette population n’est homogène ni en âge, ni en sexe compte tenu des caractéristiques mêmes de la population cible concernée. Cependant une majorité de femmes et de filles environ 2 700 formées par an pourait se dégager au sein des strutures du type maison de la femme ou home-ateliers, conçues dès le départ pour accueillir en priorité ces personnes.

C’est le personnel du corps de l’Assistance sociale qui est techniquement habilité pour l’encadrement, la rééducation et la réhabilitation des handicapés, la récupération socio-économique des groupes dévaforisés et des jeunes inadaptés. Les divers grades constitués dans l’ordre hiérarchique ascendant comprennent des Assistants-Adjoints des Affaires Sociales (AAAS), des Assistants (AAS), des Assistants Principaux (APAS) et des Inspecteurs des Affaires Sociales (IAS).

La Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS) et les congrégations religieuses prennent une bonne part dans la création et la gestion de ces structures. La première intervient surtout dans le cadre de l’éducation et de la protection de la petite enfance ; les autres s’activent dans un cadre plus élargi et impliquant des structures d’éducation spéciale autant que des établissements scolaires conventionnels.

Le Cameroun tire jusqu’à présent de l’agriculture plus de 60% de ses revenus budgétaires ; de plus, « dans la population occupée (dont 53,3% des 6 ans et plus résident en campagne, et 71,05% des 15 ans et plus) 70,9% se sont déclarés agriculteurs, éleveurs, chasseurs et pêcheurs » au dernier recensement général de la population et de l’habitat de 1987, 62,7% de la population. On peut donc estimer à hauteur de 62,7% de la population totale du pays celle qui, trouvant déjà son occupation habituelle dans ce sous-secteur, est donc spécifiquement visée par l’éducation de base non formelle à orientation agro-pastorale ; il pourrait s’agir, globalement, d’environ neuf millions en l’an 2 000.

L’encadrement de cette population est assuré, au niveau moyen et inférieur et à la charge de l’Etat, par des Techniciens et Techniciens Supérieurs d’Agriculture ou des Eaux et Forêts ( TA et TSA, TEF et TSEF), ainsi que des Agents Techniques de Developpement Communautaire, du Developpement Rural ou de Genie Rural.Toutefois, les grandes sociètés agro-pastorales de production (CDC, HEVECAM, SOCAPALM, SEMRY, etc ) ou de transformation (MAISCAM, SODECOTON, etc), les groupements de producteurs, et de nombreuses organisations non gouvernementales intervenant dans ce sous-secteur organisent et animent, avec leurs propres agents, des formations non formelles d’éducation de base à orientation agro-pastorale.

Les sous-secteurs impliqués dans l’éducation de base non formelle liés à l’emploi sont nombreux et divers tant par la nature des activités abordées que par l’importance de la population cible spécifique visée dans chaque cas et l’impact attendu dans l’amélioration du cadre social.On dénombre ainsi plus d’une quinzaine de sous-secteurs distincts susceptibles d’asseoir des actions tant formelles que non formelles d’éducation de base visant l’emploi et la qualification professionnelle d’un large public ; il s’agit notamment de :

  1. La santé et le sous-secteur para-médical ;
  2. L’agriculture et le developpement rural ;
  3. L’enseignement, tous niveaux et ordres confondus ;
  4. La jeunesse et l’animation populaire ;
  5. Les emplois de bureau ;
  6. L’élevage et la pêche ;
  7. L’information et la culture ;
  8. La statistique et la comptabilité ;
  9. L’ingénierie et la technologie industrielle, tous secteurs et toutes spécialités confondus ;
  10. Les postes et télécommunications ;
  11. L’administration et la magistrature ;
  12. La finance et les banques ;
  13. Le commerce et la gestion ;
  14. Les affaires sociales ;
  15. Les transports ;
  16. L’artisanat et les technologies « appropriées ».

Or, depuis 1985, le Cameroun ne compte que 133 établissements publics de formation professionnelle, auquels il convient d’ajouter une vingtaine de structures privées relevant des grandes entreprises et sociétés publiques et privées, des organisations non-gouvernementales, des syndicats, des partis politiques, des congrégations confessionnelles, etc.Il est est évident que ces dispositifs sont nettement insuffisants par rapport à la demande populaire, raison pour laquelle les formations non formelles se doivent d’intervenir en force.

La population cible constituée :

On peut y adjoindre quelques éléments relatifs au personnel d’encadrement et de structures d’acceuil. En ce qui concerne les formateurs, il s’agit principalement des cadres de l’Administration de la Jeunesse et des Sports : les Maîtres et les Professeurs d’Education Physique et Sportive (MPES et PEPS), les Instructeurs et les Conseillers de Jeunese et d’Animation (IJA et CJA), les Inspecteurs de Jeunesse et des Sports (IJS).

Ce personnel est, pour les cadres supérieurs, formé dans un établissement supérieur spécialisé, l’Institut National de Jeunesse et Sport (INJS) doublé récemment d’un Institut International de Jeunesse et Sport (IIJS inauguré en mai 1994) ; les cadres moyens et agents subalternes étaient formés dans les Centres Nationaux de Jeunesse et des Sports (CENAJES) à implantation provinciale, dont le fonctionnement est actuellement suspendu faute de financement. Les structures d’acceuil réservées à la formation non formelle des populations cibles sont surtout :

Il importe de souligner qu’une importante formation se fait en animation socio-culturelle et sportive dans les établissements scolaires et universitaires formels de tous types et niveaux.

Dans ces divers sous-secteurs, la population nationale entière est potentiellement concernée. C’est pourquoi on parle souvent ici de secteurs sociaux de la vie nationale. L’éducation sanitaire non formelle se fait surtout au sein des structures de santé : hôpitaux, centres de santé développée et/ou élémentaires, centres de protection maternelle et infantile, infirmeries, cases-santé, etc.

Toutefois, dans les zones particulièrement enclavées ou insuffisamment équipées en structures sanitaires, il existe des équipes mobiles d’hygiène et de prophylaxie auxquelles se joignent périodiquement des équipes de vaccination.

2) Le secteur informel

Ce secteur est de loin celui qui dispense le plus grand nombre de formations à des compétences essentielles.

Dans tous les secteurs d’activités (menuiserie, mécanique, couture, coifure, petit commerce, transport, informatique, etc) se déroulent d’innombrables activités de formation dont l’interêt réside dans les facteurs essentiels que sont la souplesse, l’accessibilité et le faible coût.

Ces formations s’addressent à un public ayant les caractéristiques suivants :

Les jeunes (hommes ou femmes) ;

Les déperdus scolaires et les non scolarisés ;

Les chômeurs.

La fomation est en général de courte durée (3 mois à un an). Cependant, certains métiers nécessitent plusieurs années d’apprentissage (menuiserie, mécanique par exemple).

L’importance du secteur informel dans l’économie nationale est à la dimension du foisonnement des activités de formation et d’apprentissage qu’il génère.

En effet, ce secteur occupe aujourd’hui plus de la moitié des travailleurs des villes dans le pays.

3) Le secteur associatif et les collectivités locales

La décennie 1990/2000 a connu une explosion du secteur associatif et des collectivités locales avec la création de nombreuses ONG et Communes (plus de 300) dont une grande part des activités est la formation à des compétences essentielles.

Les principaux secteurs d’intervention sont :

Malheureusement nous n’avons pu disposer des données statistiques sur ces structures.


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