L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays Page d'accueil du forum mondial sur l'éducation
   Cap Vert
Sommaire du rapport Page d'accueil des rapports des pays Rapports des pays en ordre alphabetique Rapports des pays par régions



Page suivant



I.SECTION DESCRIPTIVE

Introduction

Le présent rapport vient déterminer la participation du Cap Vert à l’établissement du Bilan de l’Education pour tous.

Petit pays, indépendant depuis 1975 et dépourvu de ressources naturelles, le Cap Vert parie fort sur le développement de ses ressources humaines.

La pyramide des âges témoigne de la jeunesse de la population, dont 45% a moins de 15 ans et 55% a moins de 20 ans. Il faut ajouter que le taux moyen de croissance annuel de la population, qui se situait à 1,45% entre 1980 et 1990, devrait se situer à 2,56% entre 1990-2000, d’après les estimations toutes récentes ; et dans un environnement mondial qui ne favorise pas l’émigration, le système éducatif est appelé à répondre à la forte demande d’éducation. C’est dans ce cadre défavorable que l’enseignement de base est appelé à évoluer.

1.Objectifs et Buts de l’Education pour Tous

Depuis la Conférence Mondiale sur l’Education pour Tous, les autorités nationales ont défini les buts et les objectifs se cadrant dans les « six aspects clés » figurant au paragraphe 8 du Cadre d’ Action pour répondre aux besoins éducatifs fondamentaux.

Le Ministère de l’Education a organisé une Table Ronde, avec l’aide de l’UNESCO et de l’UNICEF, regroupant les différents acteurs impliqués dans l’Education pour Tous (l’EPT). Il a été fixé des objectifs généraux et spécifiques suivants:

Objectifs généraux:

Universaliser l’accès à l’Education de Base et promouvoir l’équité et l’assurance d’une éducation satisfaisante.

promouvoir l’Education de Base dans le sens d’une acquisition effective des connaissances, aptitudes et valeurs ;

Elargir le champ de l’Education de Base ;

Améliorer les conditions d’apprentissage.

Objectifs spécifiques:

Universaliser l’accès à l’Education primaire pour tous les enfants agés de 7 ans ;

élargir la scolarité obligatoire (Enseignement primaire) de 4 à six années d’études ;

améliorer les résultats de l’apprentissage ;

appuyer des initiatives visant le développement du Pré-scolaire  (3-6 ans);

encourager le développement de l’enseignement privé ;

réduire le taux global d’analphabétisme des adultes à 12% et érradiquer l’analphabétisme en l’an 2000 ;

promouvoir la formation professionnelle des jeunes et des adultes, en privilégiant le milieu rural et les périphéries urbaines ;

utiliser des canaux d’information et introduire de nouvelles technologies éducatives ;

améliorer la capacité de gestion et d’analyse des données en vue de l’efficacité du système éducatif ;

élargir les capacités d’accueil du système éducatif  et équiper les établissements de façon à promouvoir un enseignement de qualité ;

revoir les programmes et les plans d’études, en adaptant les contenus aux réalités nationales et au processus de développement.

2. Stratégies pour l’ EPT

La responsabilité de plusieurs acteurs est requise dans la mise en place de toute stratégie visant l’EPT.

L’EPT, n’étant pas un programme à part, elle devait se faire dans le cadre du développement du système éducatif. Or ce développement s’insère dans les Plans Nationaux de Développement (PND). Après Jontiem, il a été adopté le III Plan National de Développement de la 1ère République et le I Plan National de Développement de la 2ème République.

Les stratégies adoptées par le III PND ont eu trait à : la mobilisation des partenaires nationaux devant jouer un rôle dans l’EPT; le renforcement de la coopération bilatérale et multilatérale ; information de la population sur les objectifs et le priorités de l’EPT en vue de la sensibiliser et d’obtenir sa participation aux efforts d’éducation ; renforcement des couches les moins favorisées en leur fournissant l’appui social scolaire ; promotion de l’utilisation de la langue nationale dans le processus d’enseignement – apprentissage ; mise en place d’un système de post-alphabétisation ; élaboration de systèmes de suivi et d’évaluation du processus et des résultats de l’apprentissage ; acquisition de matériels et d’équipements en vue d’appuyer les actions éducatives ; formation des utilisateurs de moyens technologiques ; mise en place d’une nouvelle méthodologie d’enseignement de la langue portugaise (enseignement du portugais comme deuxième langue) ; formation du personnel d’éducation (initiale et en cours d’emploi) ; développement de la capacité de gestion et de planification au niveau national, régional et local.

Trois grands domaines d’activités ont constitué l’essentiel du Plan d’Action pour l’EPT élaboré lors de la Table Ronde organisée par le Ministère de l’Education après la Conférence de Jontiem: renforcement institutionnel à tous les niveaux de l’administration de l’éducation ; formation du personnel technique (administrateurs et gestionnaires de l’éducation, alphabétiseurs, coordonnateurs pédagogiques, pédagogues, inspecteurs d’éducation pour l’enseignement de base) ; amélioration des conditions d’apprentissage (à travers l’élargissement du réseau scolaire, fourniture de manuels scolaires et de matériel didactique, cantine scolaire et santé scolaire).

3 .Prise de décision et gestion de l’EPT

Un Comité Consultatif National a été mis en place après la Table Ronde Nationale sur l’EPT. Malheureusement ce Comité n’a pas eu la visibilité nécessaire, compte tenu de la répartition implicite des responsabilités en matière de décision concernant l’éducation d’une manière générale. En outre il était devenu difficile d’avoir une approche coordonnée, compte tenu de la dispersion des divers acteurs intervenant dans l’EPT et de la tendance à ne voir les questions relevant de l’éducation n’être traitées que par le Ministère de l’Education. Chaque acteur a continué à avoir une intervention en quelque sorte séparée et il a été perdu en partie la vision d’ensemble de tous les aspects élus comme des domaines devant mériter l’attention dans le cadre de l’EPT.

4.Principaux événements et actions en faveur de l’EPT

La Loi d’Orientation du Système Educatif, qui définit les principes de base, les buts et les objectifs de l’éducation a été adoptée en décembre 1990. Les principes, les buts et les fondements de l’enseignement de base ont été définis, de même que le cadre du développement de l’éducation préscolaire.

L’Enseignement de Base obligatoire a été élargi à six années d’études et le réseau des établissements scolaires a été adapté de façon à pouvoir abriter l’ensemble des élèves inscrits à ce niveau. Etant un enseignement à caractère électif, le système d’évaluation a été adapté de façon à tenir compte du développement cognitif de l’élève du primaire. Ce cycle d’études a été organisé par phases de deux années chacune et il a été défini les objectifs que l’élève doit atteindre à la fin de chaque année , de chaque phase et à la fin du cycle (il n’y a d’examens qu’à la fin de chaque phase). Egalement, de nouveaux programmes et de nouveaux manuels scolaires ont été adoptés dans le cadre de la réforme du système éducatif.

Les maîtres ont pu suivre les actions de mise à niveau, ce qui a permis d’avoir un corps enseignant passant de 15% à 68% ayant le niveau requis, entre 1990 et 1998.

L’éducation des adultes a pu lier les activités d’alphabétisation avec la formation professionnelle, en plus de la création de modules de formation relative à l’éducation pour le développement (alphabétisation fonctionnelle). Il a été mis en place le développement de micro-projets de formation professionnelle.

5.Coopération dans le cadre de l’ EPT

Les années 1990 sont pour l’Education au Cap Vert une période de grands changements dans le Système Educatif. En effet, les mesures de politique éducatives ont eu comme première conséquence une forte demande de scolarisation, avec un taux moyen de croissance des effectifs de l’ordre de 3,2% entre 1990/91 et 1998/99 ; la croissance relative pendant cette période a été de 28,9%.

Un grand projet de développement de l’Enseignement de Base a eu lieu et a permis l’élargissement du cycle de l’Enseignement de Base de 4 à 6 années, l’adoption de nouveaux programmes et de nouveaux manuels, la construction de 14,4% des salles de classes existantes aujourd’hui, la formation en cours d’emploi de 85% des enseignants et le relèvement du niveau salariale des maîtres du primaire de l’ordre de 20% .

L’ Etat a pris l’engagement d’affecter aux dépenses d’Education 18,5% du Budget Général de l’Etat entre 1990 et l’an 2000 et 18% au-delà.

L’effort d’éducation que toutes ces mesures de réforme ont exigé est partagé entre l’Etat, les collectivités, les parents d’élèves, les ONG’s et les partenaires extérieurs du développement.

Au niveau national, les institutions publiques participant aux activités d’Education de Base sont les Ministères de l’Education Nationale, du Travail, de la Santé, de l’Agriculture, quelques institutions religieuses et les Municipalités . Les collectivités locales, les « parrains » des écoles et les parents d’élèves participent aux activités de construction scolaire en apportant de la main-d’œuvre et contribuent financièrement aux petites dépenses de fonctionnement de l’école.

Au niveau des partenaires extérieures du développement, la contribution à l’effort d’Education de Base est donnée par le PNUD, l’UNESCO, l’UNICEF, le FNUAP, le FENU, l’OMS, la FAO, le BIT, le PAM, la Fondation Calouste Gulbenkian, les coopérations française, Suisse, Suédoise, Allemande, Autrichienne, Belge, Luxembourgeoise, Portugaise, Néerlandaise, Marocaine, Nigériane, Japonaise, l’Union Européenne, la Banque Mondiale et la Banque Africaine de Développement. Parmi ces derniers, ceux qui participent étroitement avec le Gouvernement dans la définition et la mise en œuvre de la stratégie d’Education pour Tous sont le PNUD, l’UNICEF, l’UNESCO, le FNUAP, OPEP, AID, la Banque Mondiale et la Banque Africaine de Développement.

5. Investissement dans l’ EPT depuis 1990

  1. Investissements dans le cadre des Plans Nationaux de Développement
    1. III Plan National de Développement (1991 –1995)
  1. Infrastructures
  2. La capacité d'accueil a été augmentée avec la construction de salles de classes et d'infrastructures scolaires dans le cadre de plusieurs projets financés avec des crédits et de l'apport direct de quelques partenaires, dont les plus importants :

    · Projet de restructuration et d'expansion du système éducatif (PRESE): prêt de la BAD, d'un montant de 14 millions de Dollars des EU. Dans le cadre de ce projet l'éducation de base a bénéficié de la construction et équipement de 160 salles de classe pour l'enseignement primaire;

    · Projet de constructions scolaires du Fonds d'Equipement des Nations Unies (FENU) : projet d'un montant de 2,65 millions de dollars des EU, financé à 8,86% par le FENU, 45,6% par le PNUD et 13,58% par le Gouvernement Cap- verdien. Ce projet a permis la construction et l'équipement de 48 salles de classe.

    · Prêt de l'OPEP, d'un montant de 2,41 millions de dollars des EU a consisté essentiellement en la construction de 44 salles de classe pour l'enseignement primaire entre 1992 et 1994.

    · Projet de Rénovation et d'Extension de l'Enseignement de Base (PREBA): crédit IDA, d'un montant de 4,2 millions de Dollars des EU. A ce crédit s'est ajouté 1,1 millions de Dollars des EU, partagés entre la contrepartie nationale et l'apport de la Fondation Calouste Gulbenkian. Ce projet a permis la construction et l'équipement de l'Institut Pédagogique national (Ecole de formation des maîtres).

  3. Amélioration de la qualification des maîtres

Les maîtres ont reçu une formation en cours d’emploi en vue de leur permettre de s’adapter aux nouveaux programmes d’enseignement.

  1. Investissements dans le cadre du Plan National de Développement en cours (1997 – 2000)
  1. Infrastructures

Dans le cadre de plusieurs projets financés avec des crédits et de l'apport direct de quelques partenaires, il y a lieu de relever les interventions ci-après :

· Le PREBA a eu une 2ème Phase, qui a démarré en 1995 (Projet d'Education de Base et Formation) et dans ce cadre il a déjà été construit 43 salles de classe et il est prévu d'en construire encore 60 salles.

· Avec des ressources affectées par le Trésor Public un grand effort a été entrepris, visant la construction et la réhabilitation de salles de classes: réhabilitation de 9 écoles et construction de 13 salles de classe en 1998.

· avec l'appui des partenaires extérieurs, il a été construit et équipé 5 jardins d'enfance et réhabilité 5 autres.

Avec tout l'effort consenti il existe encore 14% de salles de classes qui n'appartiennent pas à l'Etat. Ces salles sont louées chez les particuliers ou prêtées par ceux-ci. Il faut remarquer que le déficit de salles de l'Etat était de 15,6% en 1997/98.

b) Amélioration de la qualification des maîtres

Des actions de formation en cours d'emploi ont bénéficié les moniteurs et les éducateurs d'enfance.

Un centre de formation continue des maître a déjà été installé à l'Institut Pédagogique et le réseau des encadreurs de cette formation (au nombre de 26) a déjà été mis en place, ce dans le cadre du Projet de Consolidation des Systèmes Educatifs (PCSE) financé par l' Union Européenne.

Il a été conclus la 2éme phase de la formation des animateurs en éducation d'adultes. Ces animateurs bénéficient désormais du "Statut de la Carrière du Personnel Enseignant".


Sommaire Page suivant