| L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays | ||
| Comores |
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Le taux net dadmission donne le nombre des nouveaux élèves en première année détudes primaires ayant lâge officiel dentrée à lécole primaire, exprimé en pourcentage de la population du même âge. Cet indicateur fournit une mesure précise de la proportion denfants ayant lâge légal dadmission, effectivement inscrits à lenseignement primaire.
Lobservation des résultats du taux net dadmission au niveau du pays montre, en 1996, une baisse de cet indicateur aussi bien pour les filles que pour les garçons. Cette année correspond à la période de référence selon laquelle la Loi dOrientation sur léducation a été promulguée par décret présidentiel du 20 décembre 1994 et diffusée largement par le bulletin officiel de léducation n°1 du 15 novembre 1995.
En tenant compte de lâge légal dadmission à lécole, on constate que le nombre des filles admises est presque égal au nombre des garçons du même âge.
Tableau 6 : Evolution des taux nets d'admission au niveau national par sexe
1988/89 |
1989/90 |
1990/91 |
1991/92 |
1992/93 |
1993/94 |
1994/95 |
1995/96 |
1996/97 |
1997/98 |
1998/99 |
|
MF |
26,5 |
25,2 |
29,0 |
28,9 |
28,8 |
30,2 |
28,7 |
15,3 |
18,1 |
17,8 |
17,5 |
M |
30,2 |
29,7 |
32,8 |
32,5 |
32,3 |
31,5 |
31,8 |
15,5 |
18,7 |
18,2 |
17,8 |
F |
22,8 |
20,5 |
25,2 |
25,2 |
25,3 |
28,8 |
25,5 |
15,1 |
17,5 |
17,4 |
17,3 |
F/M |
0.8 |
0.7 |
0.8 |
0.8 |
0.8 |
0.9 |
0.8 |
1.0 |
0.9 |
1.0 |
1.0 |
Source : Enquête réalisée en 1999, Direction générale de la planification, Ministère de léducation nationale
Ces dernières années, lécart entre le nombre des garçons et le nombre des filles admis au CP1 est nul. Ce quil faut remarquer ici cest lévolution inverse des taux nets dadmission par rapport aux deux sexes. Durant quatre années consécutives, les TNA des garçons baisse sensiblement pendant que celui des filles évolue positivement.
Le phénomène qui caractérise la période allant de 1990/91 à 1993/94 se répète cette fois au niveau des filles seulement durant les quatre dernières années, après une alternance en 1994/95.
La proportion denfants en âge légal dadmission ayant accès à léducation évolue conjointement pour les deux sexes à Ngazidja. Il est passé de 29,9% à 16,4%. A Mwali, depuis le début de la décennie, le TNA continuait à baisser progressivement, mais le passage de lâge légal daccès à lécole de 7 à 6 ans a entériné une situation déjà compromise qui fait passer le taux net dadmission de 39,9% à 14,4% chez les filles et de 46,7% à 23,9% chez les garçons entre 1989 et 1999. En ce qui concerne Ndzuani, le TNA des garçons est gravement affecté par la mesure de réglementation de laccès à léducation qui fait réduire le TNA de 28,1% à 19,4%. La population scolaire féminine de cette île souffrait depuis longtemps dun mal chronique à laccès à lécole.
Tableau 7 : Evolution des taux nets dadmission selon les îles et le milieu rural et urbain par sexe
1988/89 |
1998/99 |
||||||||
Région |
Taux net d'admission au CP1 |
Indice parité |
Taux net d'admission au CP1 |
Indice parité |
|||||
MF |
M |
F |
F/M |
MF |
M |
F |
F/M |
||
Ngazidja |
29,9 |
30,5 |
29,2 |
1.0 |
16,4 |
15,4 |
17,4 |
1.0 |
|
Mwali |
43,4 |
46,7 |
39,9 |
0.9 |
19,2 |
23,9 |
14,4 |
0.8 |
|
Ndzuani |
21,5 |
28,1 |
14,6 |
0.5 |
18,5 |
19,4 |
17,5 |
0.8 |
|
Comores |
26,6 |
32,2 |
20,8 |
0.8 |
17,5 |
17,8 |
17,3 |
0.9 |
|
Zone rurale |
. |
. |
. |
. |
20,1 |
20,2 |
19,9 |
0.9 |
|
Zone urbaine |
. |
. |
. |
. |
12,2 |
12,7 |
11,8 |
0.9 |
|
Source : Enquête réalisée en 1999, Direction générale de la planification, Ministère de léducation nationale
Les TNA au CP1 baissent considérablement entre 1993/94 et 1998/99 de 10,21%. La circonscription scolaire de Moroni est la plus sévèrement touchée. Le TNA enregistré cette année est de 6% quel que soit le sexe. Cette situation sexplique par une contradiction sur la définition du type de localité, rurale ou urbaine. La Direction Générale du Plan a identifié des quartier, notamment Basha et Irongudjani, comme étant des localités rurales alors que dans la Carte Scolaire, lEcole dApplication implantée à Basha est considérée comme école urbaine et les enfants qui la fréquentent sont dans la majorité issus de ces deux quartiers.
On peut se demander si cette baisse très sensible du niveau daccès à léducation nest pas due au fait que, comme le réseau scolaire nest pas assez développé pour desservir les trois écoles sur quatre localisées au centre de la capitale dans un rayon denviron un kilomètre, les familles résidant dans les zones périphériques de la capitale refusent de laisser leur enfant de six ans parcourir et traverser des routes non aménagées pour se rendre à lécole. Autrement dit, les familles doivent prendre certaines dispositions pour assurer la protection de lenfant avant et après chaque cours. Ce qui peut engendrer des coûts supplémentaires directs ou indirects pour elles.
Résumé
Laccès à léducation est la condition principale de toute scolarisation. Dans le cadre du système éducatif, la majorité des enfants comoriens font leur premier contact avec léducation à lécole primaire publique. Le Ministère de lEducation Nationale na pas immédiatement mis en place les mesures daccompagnement nécessaires pour faire appliquer la nouvelle Loi dOrientation sur léducation. Force est dadmettre que cette Loi, quatre ans après sa diffusion, na pas connu une application rigoureuse et systématique et que les résultats enregistrés en matière daccès à lécole sont inquiétants.
Année scolaire 1988/89 |
Année scolaire 1998/99 |
|
|
Source : Direction générale de la planification, Ministère de léducation nationale
Le taux brut dadmission ne semble guère être affecté par la mesure du passage de lâge légal dadmission de 7 ans à 6 ans en cours de décennie ; contrairement au taux net qui tombe à un niveau très bas dès la mise en vigueur de la Loi dOrientation sur léducation. Les mouvements de fluctuation des taux dadmission observés à Ndzuani influent sensiblement sur lévolution nationale de laccès à léducation. De toute manière, si ladministration de léducation nationale se fixe lobjectif duniversalisation de lenseignement primaire, il convient de promouvoir laccès à léducation en stimulant la demande et daméliorer légalité daccès à lenseignement primaire.
Pour relever le défi de léducation universelle, il convient de promouvoir laccès à léducation de bon nombre denfants comoriens, particulièrement les filles, dans les zones quon peut qualifier de zones déducation sensible.
Le taux brut de scolarisation rapporte lensemble des inscrits dans lenseignement primaire, sans distinction dâge, exprimé en pourcentage de la population officiellement scolarisable (6-11 ans). Il mesure le niveau général de participation et la capacité du développement de lenseignement primaire.
Lensemble des effectifs inscrits à lécole primaire publique et privée sont passés de 66 326 élèves en 88/89 à 82 789 élèves en 98/99, soit un taux daccroissement de 25% sur la période et un taux annuel moyen de 2,8%. La croissance a été régulière beaucoup plus au début des quatre premières années (de 88/89 à 91/92). On observe un taux daccroissement annuel de 4,14% avant de connaître des baisses sensibles en 92/93 et en 94/95. Malgré cette légère baisse, la tendance est à la hausse. Un phénomène similaire caractérise les trois années qui couvrent la période de 1995 à 1998. Lannée 1998/99, les effectifs diminuent de 3,7% par rapport à lannée précédante.
Tableau 8 : Evolution des effectifs nationaux des élèves par sexe
1988/89 |
1989/90 |
1990/91 |
1991/92 |
1992/93 |
1993/94 |
1994/95 |
1995/96 |
1996/97 |
1997/98 |
1998/99 |
|
MF |
66 326 |
67 825 |
69 159 |
75 577 |
73 758 |
77 919 |
78 615 |
78 527 |
79 010 |
85 983 |
82 789 |
M |
37 026 |
40 027 |
38 462 |
41 379 |
40 860 |
45 541 |
43 369 |
43 169 |
43 394 |
46 862 |
45 251 |
F |
29 300 |
27 798 |
30 697 |
34 198 |
32 898 |
32 378 |
35 246 |
35 358 |
35 616 |
39 121 |
37 538 |
F/M |
0.8 |
0.7 |
0.8 |
0.8 |
0.8 |
0.7 |
0.8 |
0.8 |
0.8 |
0.8 |
0.8 |
Source : Enquête réalisée en 1999, Direction générale de la planification, Ministère de léducation nationale
On signalera, par ailleurs, la part prépondérante des garçons dans les effectifs délèves. Toutefois, si les filles paraissent sous représentées par rapport à lensemble des effectifs, on remarque que lévolution de leur effectif est restée croissante la plupart des années. En conséquence, lindice de parité filles/garçons varie de 0,7 à 0,9. Lécart entre léducation des filles et celle des garçons est à la baisse.
Durant dix ans (1980/81 1990/91), laugmentation annuelle de la population scolarisable est plus importante chez les filles que chez les garçons. Il en est de même pour les effectifs délèves. Le phénomène reste identique pour la période 1990/91-1998/99 avec cependant une différence très légère. Au cours de cette période, la population scolarisable et les effectifs ont évolué respectivement au rythme de 2.1% et de 2.3% en moyenne par an.
V 80/81-90/91 |
V 90/91-98/99 |
|||
Population scolarisable |
Effectifs élèves |
Population scolarisable |
Effectifs élèves |
|
MF |
1.5 |
1.5 |
2.1 |
2.3 |
M |
1.4 |
1.0 |
2.0 |
2.1 |
F |
2.1 |
2.2 |
2.2 |
2.5 |
Source : Enquête réalisée en 1999, Direction générale de la planification, Ministère de léducation nationale
Laugmentation des effectifs scolaires subit la pression de la croissance de la population scolarisable depuis les années 1980 jusquà la décennie 1990 où le phénomène prend une ampleur considérable.
Dans lîle de Mwali, lévolution des enfants scolarisés dans la période de 1981 à 1991 manifeste une très forte augmentation soutenue par une population scolaire galopante particulièrement chez les filles. Les autres îles présentent une situation modérée pour la même période. Dans la décennie en cours, laccroissement des enfants en âge scolaire a été plus rapide que celui des effectifs scolarisés. A Ndzuani, on enregistre lévolution inverse.
Le développement de lenseignement primaire na pas connu une véritable expansion au cours des années 90. Le taux brut de scolarisation, tous sexes confondus, a pratiquement stagné dans le pays et les écarts du niveau général de participation à léducation entre filles et garçons restent constants. Ce taux se situe en général entre les deux valeurs 80% et 100% aussi bien pour les filles que pour les garçons. Un seul pic du TBS des garçons manifesté en 1994 et une phase de décollage du TBS des filles en début de la décennie ont franchi les bornes de lintervalle observé.
Tableau 10 : Evolution des taux bruts de scolarisation au niveau national par sexe
1988/89 |
1989/90 |
1990/91 |
1991/92 |
1992/93 |
1993/94 |
1994/95 |
1995/96 |
1996/97 |
1997/98 |
1998/99 |
|
MF |
84,0 |
87,6 |
91,4 |
96,4 |
91,3 |
89,0 |
91,6 |
92,8 |
89,7 |
93,8 |
92,0 |
M |
91,6 |
101,2 |
99,0 |
102,8 |
98,4 |
98,8 |
98,3 |
100,4 |
96,5 |
100,5 |
99,1 |
F |
76,0 |
73,3 |
83,4 |
89,6 |
83,8 |
78,6 |
84,5 |
84,9 |
82,7 |
86,9 |
84,8 |
F/M |
0.8 |
0.7 |
0.8 |
0.9 |
0.9 |
0.8 |
0.9 |
0.8 |
0.9 |
0.9 |
0.9 |
Source : Enquête réalisée en 1999, Direction générale de la planification, Ministère de léducation nationale
Dans lanalyse des disparités régionales du taux brut de scolarisation, on saperçoit quil y a deux groupes de circonscriptions scolaires se situant de part et dautre de lhorizontale qui donne le TBS des filles correspondant à 70%. Ainsi, les circonscriptions qui font apparaître un faible taux de participation à la scolarisation des enfants, particulièrement des filles, sont celles des régions de Domoni et de Nyumakele pour lîle de Ndzuani et Uziwani à Ngazidja. Les autres circonscriptions du pays affichent des TBS de niveau acceptable, cest-à-dire supérieur à 80% pour les filles inscrites à lécole. Les milieux urbains salignent dans le rang des régions à faible scolarisation des filles.
Source : Enquête réalisée en 1999, Direction générale de la planification, Ministère de léducation nationale
Le graphique ci-dessus de dispersion des circonscriptions scolaires en fonction des taux bruts de scolarisation des garçons et des filles illustre le fait que les stratégies délimination des inégalités à léducation méritent beaucoup dattention et defforts. Il en résulte que dans les îles de Mwali et Ndzuani, même si certaines de leurs circonscriptions accusent des taux bruts de scolarisation meilleurs, la participation à léducation est toujours dans la plupart des cas en faveur des garçons.
Lévolution de la variation annuelle des effectifs fait apparaître une disparité régionale : lexamen de lévolution des effectifs montre que Ndzuani enregistre la variation la plus élevée avec 3% contre 2% pour les deux autres îles (Ngazidja et Mwali). Les effectifs des filles ont augmenté plus rapidement que ceux des garçons à Ngazidja et Ndzuani. Par contre à Mwali, on a observé que les effectifs des garçons augmentent plus vite que ceux des filles. Toutefois, quelle que soit lîle, les filles représentent une part moins importante en effectifs scolarisés ces dix dernières années.
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