| L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays | ||
| Comores |
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Tableau 10 : Pourcentages des élèves plus ou moins âgés par année détudes et par sexe
CP1 |
CP2 |
CE1 |
CE2 |
CM1 |
CM2 |
Primaire |
||
% des élèves |
MF |
76,8 |
81,4 |
89,1 |
89,6 |
90,4 |
90,3 |
85,0 |
plus âges |
M |
78,2 |
81,8 |
89,2 |
90,5 |
90,0 |
90,4 |
85,5 |
F |
75,0 |
80,8 |
89,1 |
88,5 |
90,8 |
90,2 |
84,4 |
|
% des élèves |
MF |
5,0 |
4,0 |
2,2 |
2,1 |
1,7 |
2,2 |
3,1 |
moins |
M |
4,6 |
3,8 |
2,0 |
1,8 |
1,7 |
2,2 |
2,9 |
âgés |
F |
5,5 |
4,2 |
2,3 |
2,4 |
1,7 |
2,2 |
3,4 |
Source : Enquête réalisée en 1999, Direction générale de la planification, Ministère de léducation nationale
La situation se présente différemment dans les îles, les milieux urbain et rural et selon les sexes :
Resumé
Le développement de lenseignement primaire résulte ipso facto dune augmentation globale des effectifs des élèves. Laccroissement des effectifs des enfants dans les écoles primaires, enregistré durant cette décennie, est la conséquence directe dune forte pression démographique faisant souvent apparaître des disparités régionales remarquables en matière de scolarisation, plutôt quune politique de scolarisation rationnelle et planifiée. Certaines régions scolarisent mieux les filles que les garçons (particulièrement à Ngazidja) et dautres le font dans le sens inverse (surtout à Ndzuani et Mwali). Le taux daccroissement de la population des enfants en âge scolaire reste supérieur à celui des effectifs élèves du même groupe dâge. Ce qui implique des efforts considérables pour satisfaire la demande déducation insoluble qui fait que beaucoup denfants se voient privés dune scolarisation à cause dune offre déducation inadaptée à cette circonstance. La population des filles, particulièrement dans lîle de Ndzuani, est la plus véritablement exposée à un risque danalphabétisme.
Les taux de scolarisation fournissent des renseignements précis sur le développement de lenseignement primaire. Bien que le taux brut de scolarisation montre une forte participation des enfants à lenseignement, le taux net de scolarisation met en évidence une insuffisance de la couverture de la classe dâge scolaire par le système denseignement primaire. Lobjectif à atteindre la scolarisation universelle se doit de réduire les écarts entre ces taux de scolarisation pour faire en sorte que le système parvienne à faire face à cette explosion démographique menaçante.
Graphique 4: Evolution comparative des taux de scolarisation par sexe
Année scolaire 1988/89 |
Année scolaire 1998/99 |
|
![]() |
Source : Enquête réalisée en 1999, Direction générale de la planification, Ministère de léducation nationale
Toutefois, le fait que le taux net de scolarisation est souvent inférieur au taux brut explique également des retards scolaires dus aux élèves plus ou moins âgés par rapport à lâge normal de scolarisation. Des enfants sont inscrits à lécole bien avant lâge légal dadmission et dautres, déjà inscrits tardivement, subissent le jeu de redoublements élevés qui ralentissent leur progression dans les différents niveaux de lenseignement primaire.
La comparaison des phénomènes de retards scolaires entre 1989 et 1999 fait ressortir clairement que lévolution positive du taux brut de scolarisation découle dun gonflement des effectifs des élèves dû au fait que beaucoup denfants plus âgés continuent à occuper des places dans le primaire, alors quils devaient se trouver dans le cycle supérieur. Ces enfants se localisent partout dans les écoles primaires du pays, particulièrement dans les niveaux détudes allant du CP1 au CM1. Le départ massif des élèves âgés en classe terminale du cycle primaire peut sexpliquer par la demande de poursuivre les études secondaires très sensible à loffre de léducation privée qui fait que lorsque le concours pour accéder en première année du secondaire est très sélectif, les écoles privées servent souvent de tremplin. Mais il peut aussi donner des indications sur les abondons scolaires, surtout dans les endroits où le cycle du primaire est incomplet, ce qui fait que lenfant doit parcourir quelques kilomètres pour aller compléter sa scolarisation primaire. Les stéréotypes de la société comorienne considèrent cet aspect comme un signe dexclusion volontaire de la plupart des enfants en premier rang desquels les filles des familles qui attachent moins dimportance à lenseignement.
Graphique 5 : Evolution des retards scolaires par sexe
Année scolaire 1988/89 |
Année scolaire 1998/99 |
|
|
Source : Enquête réalisée en 1999, Direction générale de la planification, Ministère de léducation nationale
Etant donné que les enfants en âge scolaire augmentent très rapidement, le manque de places à lécole primaire pose un grand problème de scolarisation dans le pays. Un nombre assez important des enfants en âge scolaire ne sont pas inscrits à lécole ou laissent tomber léducation après quelques expériences médiocres. Ce phénomène est tellement grave car lensemble de la population scolarisable ne bénéficiant pas ou ayant peu bénéficié déducation primaire, équivaut à lensemble des enfants scolarisés à Ndzuani (35805 enfants non scolarisés tous sexes confondus dans le pays contre 35280 élèves inscrits à Ndzuani). Pire encore, les filles scolaisables non scolarisées représentent environ lensemble des filles inscrites dans les écoles primaires de Ngazidja (19766 filles non scolarisées dans le pays contre 20895 filles scolarisées à Ngazidja. Cette triste comparaison laisse comprendre le défi majeur à relever pour réussir une «scolarisation obligatoire» stipulée par la Loi dOrientation sur léducation, particulièrement les régions considérées comme zones déducation sensible, et les enjeux du développement économique et social du pays.
Les dépenses publiques ordinaires de léducation exprimées en pourcentage du PNB indiquent la part de la valeur de la production nationale totale des biens et services pour une année donnée qui a été consacrée à lenseignement primaire. Lindicateur permet de mesurer le coût unitaire dun élève scolarisé dans le primaire. Il peut également être utilisé pour déterminer le rapport entre la valeur moyenne des dépenses par élève et la moyenne théorique du revenu par habitant dans le pays.
Les efforts en faveur du développement de léducation peuvent être mesurés en rapportant les dépenses de léducation en général à lensemble des dépenses de lEtat. De même que pour lenseignement primaire, limportance des dépenses déducation consacrées à ce niveau dénote la priorité accordée à cet enseignement par les politiques nationales de léducation. Cela dit, lallocation du budget national de fonctionnement de léducation diminue passant de 27 à 21% du budget total de lEtat entre 1990 et 1996. Cette diminution expose, à cet effet, le système éducatif à un dualisme entre les ressources globales nécessaires et le développement de léducation primaire. La part des dépenses publiques du primaire dans le budget prévisionnel du Ministère de léducation nationale fluctue entre 35% et 61%.
Année |
1990 |
1991 |
1992 |
1993 |
1994 |
1995 |
1996 |
1997 |
1998 |
1999 |
PNB |
67 883,0 |
69 476,0 |
70 882,0 |
79 739,0 |
83 690,0 |
87 502,0 |
92 059,6 |
96 854,7 |
101 899,5 |
107 207,0 |
PNB / Habitant |
150 851 |
153 306 |
152 704 |
167 907 |
172 390 |
176 412 |
181 705 |
187 234 |
193 039 |
199 083 |
Dépenses Education |
2 603 188 |
2 781 941 |
2 829 407 |
2 813 880 |
2 938 047 |
3 380 730 |
2 227 478 |
2 714 441 |
2 669 957 |
2 757 602 |
Dépenses Enseig. Primaire (EP) |
1 057 319 |
1 167 032 |
1 295 111 |
1 456 672 |
1 656 756 |
1 558 844 |
1 214 088 |
1 650 694 |
1 198 981 |
972 061 |
Dépenses EP / élève |
15 589 |
16 030 |
17 291 |
20 172 |
21 263 |
21 020 |
15 561 |
21 235 |
24 664 |
21 170 |
Dépenses EP / Education |
40,6% |
42,0% |
45,8% |
51,8% |
56,4% |
46,1% |
54,5% |
60,8% |
44,9% |
35,3% |
Dépenses EP / PNB |
1,56 |
1,68 |
1,82 |
1,83 |
1,98 |
1,78 |
1,32 |
1,70 |
1,18 |
0,91 |
Dépenses Unitaire EP/ PNB |
10,33 |
10,46 |
11,32 |
12,01 |
12,33 |
11,92 |
8,56 |
11,34 |
12,78 |
10,63 |
Source : Trésor public, Ministère des Finances et PNUD
Lexpression de ces dépenses publiques de lenseignement primaire en pourcentage de la production nationale des biens et services (PNB) indique la part significative du revenu national total consacré à léducation primaire. De 1990 à 1994, la proportion des dépenses publiques pour le primaire par rapport au PNB, augmente progressivement de lordre de 5.1% en moyenne par an passant de 1,56% à 1,98%. Par la suite, de 1995 à 1999, elle baisse de 12.1%. Il est à noter que depuis 1995, beaucoup de mois darriérées de salaires des enseignants sont versés irrégulièrement par rapport aux années scolaires, suite à des pressions exercées par le corps enseignant.
Les dépenses moyennes de scolarisation pour un élève du primaire par rapport au revenu moyen par habitant, mesure le poids des efforts fournis en matière de dépenses sur le revenu théorique de chaque habitant. Cet indicateur évolue au même rythme que celui des dépenses publiques rapportées au PNB.
Les dépenses réellement exécutées pour lenseignement primaire augmentent légèrement de 0.7% par an, entre 1990 et 1998. Ces dépenses couvrent uniquement des salaires du personnel de lenseignement primaire pour les six dernières années à compter de lannée 1994 ; elles étaient à 99% dans les années antérieures, ce qui ne laisse donc que très peu de ressources pour les fournitures de première nécessité (craie, cahier de registre, etc.).
Tableau 12 : Evolution des dépenses publiques ordinaires de léducation
Année |
1990 |
1991 |
1992 |
1993 |
1994 |
1995 |
1996 |
1997 |
1998 |
1999 |
1 047 800 |
1 155 552 |
1 282 281 |
1 445 125 |
1 656 756 |
1 558 844 |
1 214 088 |
1 650 694 |
1 198 981 |
972 061 |
|
% personnel |
99% |
99% |
99% |
99% |
100% |
100% |
100% |
100% |
100% |
100% |
Fournitures |
9 519 |
11 480 |
12 830 |
11 547 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
% fournitures |
1% |
1% |
1% |
1% |
0% |
0% |
0% |
0% |
0% |
0% |
Total Primaire |
1 057 319 |
1 167 032 |
1 295 111 |
1 456 672 |
1 656 756 |
1 558 844 |
1 214 088 |
1 650 694 |
1 198 981 |
972 061 |
Coût / élève (KMF) |
15 589 |
16 030 |
17 291 |
20 172 |
21 263 |
20 649 |
15 461 |
20 892 |
23 171 |
20 461 |
Salaire/maître (KMF) |
611 875 |
650 520 |
683 797 |
863 469 |
953 803 |
1 017 522 |
805 099 |
961 383 |
1 061 045 |
842 341 |
Source : Trésor public, Ministère des Finances
Pour ce qui est des îles, le taux daccroissement moyen annuel des dépenses ordinaires du primaire est de 7.9% à Ngazidja, 10.9% à Mwali et -0.1% à Ndzuani. Le taux négatif observé à Ndzuani est dû au fait que pour lannée 1997, les enseignants du primaire nont perçu que six mois de leurs salaires alors que les collègues des autres îles ont gagné la totalité.
Il est admis que les opinions et les appréciations faites sur léducation dépendent de léquilibre entre les dépenses publique de léducation et la performance de lenseignement. A contrario, la baisse des dépenses publiques consacrées à léducation conduit à une dépréciation de la qualité de léducation. Mais la hausse nest pas signe non plus dune bonne efficacité du système denseignement.
La dépense moyenne annuelle déducation pour un élève augmente de 5.1% dans le pays. En chiffre absolu, La dépense par élève passe de 15 589 KMF en 1990 à 20 461 KMF en 1999. Ce qui montre que la scolarisation de lenfant comorien coûte de plus en plus cher. Autrement dit, lEtat dispense une éducation médiocre qui lui coûte excessivement cher en raison des années non validées ou tronquées occasionnées par les grèves répétées.
Graphique 6 : Evolution des dépenses unitaires par élève du primaire selon les îles

Source : Direction générale de la planification, Ministère de léducation nationale
De plus, une augmentation des dépenses unitaires par élève peut être un indice de faible efficacité du système par le fait que, soit lEtat continue à verser des salaires à des enseignants qui ne travaillent pas, soit les effectifs totaux des élèves ont baissé, soit des arriérées de salaires sont débloqués en grande partie et dune façon intensive sur une période donnée, compte tenu des exigences des syndicats des enseignants. Il est difficile dopter pour une des ces hypothèses seulement, mais la plus vraisemblablement affirmative combine les trois cas de figure.
En faisant un bref aperçu suivant les îles, on se rend compte que les élèves de Mwali coûtent beaucoup plus cher que ceux des autres îles. Les dépenses unitaires consacrées à ces élèves sont allées jusquà 33443 KMF en 1998 alors quà Ngazidja et à Ndzuani, les valeurs maximales enregistrées sont respectivement de 22152 KMF en 1998 et 25091 KMF en 1994. On rejoint lhypothèse selon laquelle, vu la dispersion nettement remarquable des écoles de petites tailles, certaines classes à faible effectifs sont souvent tenues par un seul maître
Du coté des enseignants, le salaire moyen annuel par enseignant évolue régulièrement de 1990 à 1995 ; ensuite, il fluctue entre 1996 et 1999. Dans la première période les retards de paiement des salaires des enseignants nétaient que de moins de trois mois et les salaires impayés ont été souvent versés avant lexercice budgétaire de lannée suivante. Par contre, dans la deuxième période, les arriérés des salaires englobaient jusquà la moitié de salaire annuel (en 1996 par exemple, les fonctionnaires comptabilisaient six mois de salaires impayés). Mais les enseignants peuvent parfois gagner plus que leur salaire annuel (en 1998).
Graphique 7 : Evolution des salaires moyens annuels par maître selon les îles

Source : Direction générale de la planification, Ministère de léducation nationale
Le graphique ci-dessus montre que les salaires moyens des instituteurs de Mwali dépassent ceux des collègues des autres îles. Il faut souligner que la dispersion des valeurs salariales influe beaucoup sur la moyenne des salaires des maîtres. Etant donné que le diplôme et lancienneté jouent sensiblement sur le salaire, le personnel enseignant de Mwali est souvent caractérisé par un nombre élevé des diplômés ou par des instituteurs très expérimentés.
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