| L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays | ||
| Comores |
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Le corps enseignant est lélément central du développement de léducation : tout le monde saccorde à dire que lenseignant est le symbole de lécole ; la qualité de léducation et la volonté de préparer les enfants à suivre un cursus scolaire aussi long que possible dépendent en grande partie dabord de lintérêt que lenseignant lui même attache à léducation puis du soutien de tous (communauté de base, gouvernement et bailleurs de fonds) dans le processus de transformation des écoles en véritables forces motrices du développement.
Deux indicateurs sont retenus pour mesurer la qualité de lenseignement :
Les pourcentages élevés de ces indicateurs complétés par des facteurs tels que lexpérience, le statut, la motivation et la valorisation des enseignants, les méthodes et les matériels denseignement et les conditions de travail en classe, reflètent la qualité de lenseignement reçu par les élèves.
Le nombre denseignants augmente en moyenne par an de 1,2 %. Le nombre de femmes enseignantes augmente plus vite que celui des hommes. Chaque année leffectif des institutrices croît de 1,4% contre 1,1% pour les instituteurs.
Année |
1988/89 |
1998/99 |
? moyen/an |
|||||||
Région |
MF |
M |
F |
F/M |
MF |
M |
F |
F/M |
M |
F |
Ngazidja |
866 |
640 |
226 |
0.4 |
998 |
736 |
262 |
0.4 |
1,4 |
1.5 |
Mwali |
119 |
92 |
27 |
0.3 |
156 |
121 |
35 |
0.3 |
2.8 |
2.6 |
Ndzuani |
779 |
576 |
203 |
0.4 |
824 |
597 |
227 |
0.4 |
0.4 |
1.1 |
Comores |
1764 |
1308 |
456 |
0.3 |
1978 |
1454 |
524 |
0.4 |
1.1 |
1.4 |
Urbaine |
- |
- |
- |
- |
594 |
351 |
243 |
0.7 |
- |
- |
Rurale |
- |
- |
- |
- |
1384 |
1103 |
281 |
0.3 |
- |
- |
Source : Enquête réalisée en 1999, Direction générale de la planification, Ministère de léducation nationale
Le taux annuel moyen des enseignants est la moitié de celui des élèves. Quand les effectifs délèves au primaire augmente au taux annuel de 2,4% en dix ans, celui des enseignants varie de moitié. La représentativité des femmes par rapport aux hommes est très faible. Les femmes sont encore en nombre insuffisant. La parité Femmes/Hommes varie de 0,3 à 0,4 en 1988/89 et de 0,3 à 0,7 en 1998/99.
Le niveau dinstruction des hommes est plus élevé que celui des femmes. Le nombre denseignants ayant un niveau supérieur ou égal au BAC diminue pendant que ceux des enseignants du niveau BEPC prend de forte proportion. Laugmentation des enseignants de niveau BEPC serait liée aux efforts sous-jacents de perfectionnement des anciens instituteurs peu qualifiés qui ne pourraient pas postuler à un examen professionnel sans le brevet. Mais il faut ajouter à ceux-là les instituteurs contractuels qui se sont joints chaque année aux enseignants de la Fonction Publique depuis de la rentrée scolaire 1994/95 pour combler le déficit créé, surtout à Ngazidja, par les mesures du Programme dAjustement Structurel (PAS).
1988/89 |
1998/99 |
|||||||
Région |
BEPC |
BAC et + |
BEPC |
BAC et + |
||||
%MF |
%F |
%MF |
%F |
%MF |
%F |
%MF |
%F |
|
Ngazidja |
16,11% |
11,50% |
. |
. |
27,56 |
22,52 |
22,85 |
19,85 |
Mwali |
10,92% |
14,81% |
. |
. |
7,69 |
2,86 |
3,21 |
0,00 |
Ndzuani |
26,70% |
28,08% |
. |
. |
24,27 |
20,70 |
5,10 |
4,85 |
Comores |
18,71% |
19,08% |
. |
. |
24,62 |
20,42 |
13,90 |
12,02 |
Urbaine |
. |
. |
. |
. |
18,52 |
13,99 |
6,73 |
4,53 |
Rurale |
. |
. |
. |
. |
27,24 |
25,98 |
16,98 |
18,51 |
Source : Enquête réalisée en 1999, Direction générale de la planification, Ministère de léducation nationale
Il est à noter que léducation nationale emploie toujours des maîtres auxiliaires qui ne possèdent aucun titre académique requis, mais souvent leur expérience en la matière peut aller jusquà dix ans et plus. Les recrutements systématiques des élèves-maîtres, après trois ans de formation à lEcole Normale Nationale des Instituteurs (ENNI), ont permis au Ministère de suivre le rythme de développement de lenseignement primaire dans les années 80.
Le nombre denseignants ayant un diplôme pédagogique requis augmente plus vite chez les hommes que chez les femmes. Pourtant en 1988/89, les institutrices ayant les capacités du métier (32,89%) dépassaient largement les hommes (28,90%). En 1998/99, les effectifs sont presque égaux. La parité est égale à 1.
1988/89 |
1998/99 |
|||||||
Région |
%MF |
%M |
%F |
F/M |
%MF |
%M |
%F |
F/M |
Ngazidja |
25,06 |
24,38 |
26,99 |
1.1 |
35,67 |
35,33 |
36,64 |
1.0 |
Mwali |
27,73 |
23,91 |
40,74 |
1.1 |
48,08 |
47,11 |
51,43 |
1.1 |
Ndzuani |
35,69 |
34,72 |
38,42 |
1.1 |
62,01 |
63,32 |
58,59 |
0.9 |
Comores |
29,93 |
28,90 |
32,89 |
1.1 |
47,62 |
47,80 |
47,14 |
1.0 |
Urbaine |
. |
. |
. |
. |
62,96 |
60,97 |
65,84 |
1.1 |
Rurale |
. |
. |
. |
. |
41,04 |
43,61 |
30,96 |
0.7 |
Source : Enquête réalisée en 1999, Direction générale de la planification, Ministère de léducation nationale
Le nombre de femmes enseignantes par rapport au nombre dhommes est identique en 1988/89 sur lensemble du territoire national. Par contre, en 1998/99, la parité varie de 0,7 à 1,1.
La qualification du corps enseignant résulte tout dabord des formations dispensées dans les écoles de formation des enseignants (lENNI de 1982 à 1995 et les IFERE à partir de 1996), ensuite des sessions dexamens professionnels organisées annuellement pour permettre aux enseignants de niveau inférieur daméliorer leur de qualification.
Le nombre moyen délèves par maître diminue faiblement entre 1988/89 et 1998/99. La diminution annuelle du nombre délèves par maître est de 0,24%.
Tableau 4 : Evolution du nombre délèves par maître selon lîle dans le public
1988/89 |
1998/99 |
|||||
Région |
Nbre total élèves |
Nbre maîtres |
Nbre élèves / maître |
Nre total élèves |
Nbre maîtres |
Nbre élèves / maître |
Ngazidja |
36 035 |
866 |
41,6 |
35 694 |
998 |
35,8 |
Mwali |
4 039 |
119 |
33,9 |
4 511 |
156 |
28,9 |
Ndzuani |
26 252 |
779 |
33,7 |
34 252 |
824 |
41,6 |
Comores |
66 326 |
1764 |
37,6 |
72 522 |
1978 |
36,7 |
Urbaine |
16 668 |
594 |
28,1 |
|||
Rurale |
55 854 |
1384 |
40,4 |
|||
Source : Enquête réalisée en 1999, Direction générale de la planification, Ministère de léducation nationale
Pendant 10 ans, on a eu une augmentation de 6196 élèves soit en moyenne 600 élèves par an. Parallèlement, les enseignants augmentent à raison de 21 par an. Valablement, on peut conclure que les recrutements se font à raison de 30 élèves par maître. Ce nombre, notons-le, est à peu près égal au nombre délèves par maître. Mais il faut comprendre quil ny a pas en ce sens de mesures officielles de réglementation instaurées pour limiter le nombre délèves par maître.
Le développement de lenseignement privé entraîne des répercussions sérieuses en ce qui concerne lutilisation des ressources humaines au niveau de lenseignement primaire. Près de 400 maîtres dont 48% ont un diplôme professionnel (CAE ou CAP) exercent dans ces établissements. Ces enseignants dans leur majorité, pour ne pas dire la totalité, proviennent du personnel du Ministère de léducation nationale. La note de service interdisant formellement aux instituteurs exerçant dans le public denseigner dans le privé, est loin dêtre appliquée en ce sens que les irrégularités de paiement des salaires poussent les enseignants à chercher un salaire de subsistance dans le privé sans pour autant avoir lautorisation expresse du Ministère de tutelle.
Résumé
Lutilisation rationnelle et optimale des ressources de léducation nationale est le fondement de toute action en faveur du développement quantitatif et qualitatif de lenseignement primaire. Le volume de la masse salariale de lenseignement primaire doit correspondre à un niveau donné des effectifs scolarisés dans la mesure où le salaire moyen par maître et le nombre délèves par maître sont deux facteurs qui sont fortement liés aux salaires des enseignants et aux effectifs des élèves. Il serait possible daugmenter le nombre des élèves sans augmenter proportionnellement le nombre des enseignants.
Par contre, la maîtrise des coûts unitaires implique des efforts de conciliation des différents intérêts en étudiant les divergences qui existent. On ne peut que faire allusion dabord aux «rapports de force» qui ne cessent de rendre rigoureusement conservateurs les syndicats des enseignants. Il est clair que le corps enseignant peut faire obstacle au changement. La grande leçon tirée de cette décennie est que le syndicat peut réussir à canaliser les énergies des enseignants vers des objectifs aussi bien constructifs quobstructifs ; aussi, du coté du Ministère de léducation nationale, linefficacité de lenseignement est-elle un message assez clair pour associer tous les groupes dintérêt afin de mener à bien les changements jugés souhaitables.
Enfin, la planification de loffre et de la demande des enseignants mérite dêtre soulignée en raison du fait que le Ministère de léducation na que très peu de mainmise sur le contrôle effectif de lensemble des enseignants gérés par la Fonction Publique. Pour espérer atteindre les objectifs de généralisation de lenseignement primaire, le Ministère de léducation nationale et la Fonction Publique doivent faire preuve de pragmatisme pour une utilisation optimale des ressources aussi bien humaines que financières ; il est certain que le maintien des mécanismes actuels de gestion du personnel enseignant ne laisserait aucune chance de garantir lefficacité du Plan Directeur de léducation et de la formation.
On entend par rendement éducatif la capacité dun système denseignement à donner aux enfants ainsi scolarisés, des connaissances et compétences qui leur serviraient réellement dans la vie socio-professionnelle, mais aussi qui soient plus utiles à la vitalité et au développement du pays. Quant à lefficacité du système, il sagit de sa capacité à scolariser des enfants pour un coût raisonnable. Tenant compte de ce complexe analytique, on examinera trois indicateurs qui décrivent en terme usuel le contexte de léducation :
Entre 1989 et 1992, le taux de redoublement fluctue autour de 40% aussi bien pour les filles que pour les garçons. Les années suivantes, lévolution est à la baisse. En 1988/89 et 1989/90, le taux de redoublement des garçons est plus important que celui des filles. Tandis que les deux années suivantes (1990/91 et 1991/92), on a observé un taux de redoublement des filles supérieur à celui des garçons. Lévolution du taux de redoublement est à la baisse. La parité est presque égale à 1.
Tableau 5 : Evolution des taux de redoublement par sexe au niveau national
1988/89 |
1989/90 |
1990/91 |
1991/92 |
1992/93 |
1993/94 |
1994/95 |
1995/96 |
1996/97 |
1997/98 |
1998/99 |
||
Taux de |
MF |
38,8 |
43,9 |
35,3 |
43,0 |
31,3 |
26,9 |
29,1 |
25,4 |
28,4 |
27,2 |
25,3 |
redouble- |
M |
39,3 |
46,9 |
33,9 |
42,9 |
32,5 |
28,1 |
28,7 |
26,7 |
29,8 |
27,5 |
25,8 |
ment |
F |
38,3 |
40,1 |
37,3 |
43,0 |
29,8 |
25,3 |
30,1 |
23,7 |
26,8 |
26,8 |
24,6 |
F/M |
1.0 |
0.9 |
1.1 |
1.0 |
0.9 |
0.9 |
1.0 |
0.9 |
0.9 |
1.0 |
1.0 |
Source : Enquête réalisée en 1999, Direction générale de la planification, Ministère de léducation nationale
Lévolution du taux des redoublements dans les îles montre une tendance à la baisse. Mais, quelques cas de redoublement observés en 1989/90, 1991/92 et 1994/95 méritent bien dêtre soulignés :
Les trois situations mentionnées ci-dessus correspondent aux années scolaires non validées décrétées «années blanches» dans lensemble du pays. Ce quil est important à souligner est le fait que, malgré les redoublements généraux attendus, quelques passages en classe supérieure sont effectués. De ce point de vue, on peut se demander si la baisse des redoublements nest pas liée à des motifs sociaux de satisfaction pour apaiser les esprits des parents ou des élèves. Elle pourrait sexpliquer en partie par la plus grande mobilité des élèves entre les établissements scolaires publics et privés, qui ne tiennent pas compte parfois des résultats antérieurs de lélève.
Graphique 1 : Evolution des taux de redoublement par sexe selon lîle

Source : Enquête réalisée en 1999, Direction générale de la planification, Ministère de léducation nationale
Lanalyse du rendement interne du système denseignement primaire doit mettre en exergue le déroulement des années scolaires qui ont permis de traduire méthodiquement les passages, les redoublements et les abandons. Pour cette raison, il convient détudier différents aspects qui ont affecté considérablement lannée scolaire 1998/99, mais aussi les évolutions enregistrées au cours de la décennie.
Les taux de promotion ont augmenté de 1988/89 à 1998/99 dans tous les niveaux détudes jusquau CM1. Dans tous les cas, la progression des élèves dans lenseignement primaire se fait de plus en plus rapide à mesure que lenfant passe de classe. Le taux maximum est atteint au CM1. Toutefois, on a constaté de baisses négligeables au CE1, plus importantes pour les filles et que pour les garçons, aussi bien en 1988/89 quen 1998/99.
Années 1987/88 - 1988/89 |
Années 1997/98 - 1998/99 |
|||||||||||||
Niveau d'études |
CP1 |
CP2 |
CE1 |
CE2 |
CM1 |
CM2 |
CP1 |
CP2 |
CE1 |
CE2 |
CM1 |
CM2 |
||
Taux promotion |
54,3 |
62,5 |
57,1 |
61,6 |
60,4 |
56,5 |
66,2 |
61,1 |
67,0 |
68,0 |
||||
MF |
Taux redoublement |
35,6 |
32,4 |
36,1 |
33,3 |
34,8 |
60,9 |
29,3 |
25,5 |
25,3 |
20,1 |
19,7 |
24,9 |
|
Taux d'abandon |
10,2 |
5,0 |
6,8 |
5,1 |
4,8 |
14,2 |
8,3 |
13,6 |
12,9 |
12,4 |
||||
Taux promotion |
53,7 |
60,9 |
57,0 |
60,4 |
56,9 |
55,8 |
65,8 |
59,1 |
64,5 |
68,4 |
||||
M |
Taux redoublement |
35,7 |
32,4 |
38,5 |
34,1 |
34,4 |
60,6 |
30,7 |
26,8 |
26,5 |
21,6 |
21,7 |
26,4 |
|
Taux d'abandon |
10,6 |
6,8 |
4,5 |
5,5 |
8,7 |
13,5 |
7,4 |
14,4 |
13,9 |
9,9 |
||||
Taux promotion |
55,0 |
64,7 |
57,1 |
63,2 |
65,0 |
57,3 |
66,8 |
63,5 |
70,1 |
67,5 |
||||
F |
Taux redoublement |
35,4 |
32,5 |
33,2 |
32,1 |
35,3 |
61,2 |
27,6 |
23,9 |
23,9 |
18,3 |
17,4 |
23,2 |
|
Taux d'abandon |
9,6 |
2,9 |
9,7 |
4,7 |
-0,4 |
15,1 |
9,3 |
12,6 |
11,6 |
15,1 |
||||
Source : Enquête réalisée en 1999, Direction générale de la planification, Ministère de léducation nationale
Les taux de redoublement accusent une baisse régulière du CP1 au CM1 quelle que soit lannée. Entre 1988/89 et 1998/99, les taux diminuent en moyenne par an denviron 2% au CP1 et 6% au CM1. Tandis que les taux dabandon augmentent de 4% au CP1 et 10% au CM1.
Cette analyse globale du rendement interne de lenseignement primaire, particulièrement en 1998/99, masque certaines réalités difficilement appréciables entre les îles dabord, puis suivant les types denseignement, public ou privé. En considérant attentivement les colonnes des taux de promotion du tableau ci-dessous, on saperçoit que, si les passages se font de plus en plus faibles dans les écoles publiques, les établissements privés gagnent énormément effectifs supplémentaires. Autrement dit, les années scolaires mouvementées ou tronquées favorisent les transferts anarchiques des élèves du public vers le privé.
Les taux dabandon confirment cet état des lieux en ce sens que, lorsque les taux du public sont positivement très élevés, ceux du privé le sont négativement. On peut constater quà Ndzuani et à Mwali, malgré les situations socio-politiques difficiles qui ont régné dans le pays pendant les deux années 1997/98 et 1998/99, les élèves ont suivi régulièrement les cours dans les écoles publiques. Contrairement à Ngazidja où beaucoup denseignants ont arrêté les cours dans certaines écoles primaires publiques en suivant un prétexte dune « année blanche » qui ne touchait que les établissements denseignement secondaire.
Le gain excessif des élèves dans le privé à Ndzuani est dû au fait que, sur la côte Ouest de lîle (circonscription scolaire de Sima), plus de dix écoles primaires sont ouvertes, au cours des années scolaires 1997/98 et 1998/99, dans des localités sans école publique. Ces écoles sont gérées par une ONG italienne basée depuis plus dune vingtaine dannées dans cette île.
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