L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays Page d'accueil du forum mondial sur l'éducation
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Tableau 7 : Taux de rendement interne par sexe selon les îles et les types d’établissement en 1997/98 et 1998/99

 

Taux de promotion

 

Taux de redoublement

 

Taux d’abandon

Régions

MF

M

F

 

MF

M

F

 

MF

M

F

Ngazidja

54,3

53,6

55,1

 

21,9

23,3

20,5

 

23,7

23,1

24,4

Mwali

61,3

63,2

58,8

 

26,9

26,7

27,3

 

11,7

10,1

13,9

Ndzuani

60,3

58,8

62,5

 

30,7

31,9

28,9

 

9,0

9,3

8,6

Total Public

57,1

56,5

57,9

 

25,8

27,5

23,9

 

17,0

16,1

18,2

Ngazidja

125,7

121,4

130,4

 

10,8

10,6

11,1

 

-36,6

-32,0

-41,5

Mwali

91,2

97,1

86,4

 

12,3

9,3

14,7

 

-3,5

-6,4

-1,1

Ndzuani

107,9

115,7

100,1

 

20,4

21,9

20,4

 

-28,3

-37,6

-19,0

Total Privé

119,2

118,9

119,5

 

12,7

11,9

13,5

 

-31,9

-30,9

-33,0

Source : Enquête réalisée en 1999, Direction générale de la planification, Ministère de l’éducation nationale

Enfin, il faut noter qu’à Ndzuani, les redoublements sont très élevés par rapport aux autres îles quel que soit le type d’enseignement. Il n’y a pas d’explication précise, mais l’insécurité sociale qui a régné à la fin de l’année scolaire 1997/98 pourrait être l’une des causes de ces redoublements élevés même dans le secteur de l’enseignement privé.

        1. Survie scolaire par année d’études

On ne peut pas aborder l’analyse des survies scolaires sans rappeler l’intérêt de la méthode de cohorte reconstituée. Cette méthode est fondée sur le modèle de flux des élèves dans le cycle d’enseignement primaire. Elle utilise les trois taux analysés ci-dessus, à savoir le taux de promotion, le taux de redoublement et le taux d’abandon, pour traduire la progression des élèves d’un niveau à l’autre dans le cycle primaire. Ainsi, certaines hypothèses sont retenues pour interpréter correctement le rendement interne du système telle que l’homogénéité du comportement qui fait que les taux sont appliqués de la même manière à tous les élèves admis directement ou avec redoublement. Ce qui suppose donc des taux constants au cours du cycle.

La progression des effectifs des survivants montre que 31,9% arrivent à terminer tous les niveaux du primaire. Par ailleurs, les garçons survivent beaucoup plus que les filles au cours de ces niveaux scolaires : on a 32,6% des garçons qui achèvent le cycle primaire contre 31,2% pour les filles. Ceci montre que le système scolaire rejette beaucoup plus de filles que de garçons.

Tableau 8 : Survivants par année d’études par sexe avec ou sans redoublement au niveau national

Niveau d'études

CP1

CP2

CE1

CE2

CM1

CM2

Survivants avec /sans redoublement MF

1000

780

663

509

402

319

Survivants avec /sans redoublement M

1000

775

656

516

422

326

Survivants avec /sans redoublement F

1000

782

669

503

387

312

             

Survivants sans redoublement MF

1000

565

374

228

153

104

Survivants sans redoublement M

1000

573

383

241

169

114

Survivants sans redoublement F

1000

558

367

218

141

96

Source : Enquête réalisée en 1999, Direction générale de la planification, Ministère de l’éducation nationale

La proportion des survivants sans redoublement, par rapport à l’ensemble des survivants, diminue régulièrement dans tous les niveaux d’études. La diminution des filles se fait très rapidement passant de 71% à 31%, soit un écart de 41% ; alors que les garçons passent de 74% à 35%, soit 39% d’écart. On peut constater que sur 1000 élèves inscrits, 10% seulement ont la chance d’accéder au CM2.

De la même façon, le graphique 13 montre que, si les facteurs ayant affecté le système d’enseignement primaire au cours des années scolaires 1997/98 et 1998/99 sont les mêmes durant les six prochaines années, 507 filles sur 1000, soit 51%, et 524 garçons sur 1000, soit 52%, abandonneront l’enseignement primaire au niveau du CM1. Autrement dit, 32% des filles et 34% des garçons survivront jusqu’en CM1 avec des risques de redoublements alors que 17% des élèves féminins et 14% des élèves masculins passeront avec succès les différents niveaux d’études dans le cycle primaire.

Graphique 2 : Comparaison de la survie d’une cohorte théorique au niveau national entre garçons et filles en 1997/98 -1998/99

Les garçons

Les filles

Source : Enquête réalisée en 1999, Direction générale de la planification, Ministère de l’éducation nationale

Les résultats ressortis d’une cohorte permettent de comprendre l’importance des redoublements et des abandons des élèves et le degré de «gaspillage» des ressources de l’éducation. C’est de cette façon qu’on mesure la survie scolaire comme étant le nombre d’élèves ayant accompli les années d’étude successives.

Lorsque l’enfant progresse dans le cycle primaire, il survit bien entendu, accumule des années scolaires et utilise des ressources pour qu’il soit enfin un «produit sorti» du système d’enseignement. A cet effet, plus l’enfant reste longtemps dans le système scolaire, plus il consomme une quantité énorme des ressources exprimées non monétaire par le nombre d’années-élèves consommées. L’efficacité interne du système, le «gaspillage de ressources», étant donc mesuré par le coefficient d’efficacité ou le ratio intrants/extrants.

Tableau 9 : Evolution des Taux de survie et coefficient d’efficacité en 5ème année d’études par sexe selon les îles entre 1989 et 1999

 

Taux de survie

 

Nb années-élèves consommées

 

Coefficient d’efficacité

 

Ratio intrants/extrants

Régions

MF

M

F

 

MF

M

F

 

MF

M

F

 

MF

M

F

Ngazidja

36,3

35,8

36,7

 

418

418

417

 

38,2

37,9

38,6

 

2.62

2.64

2.59

Mwali

69,1

63,9

77,1

 

886

809

1005

 

53,1

51,0

56,0

 

1.88

1.96

1.79

Ndzuani

69,3

65,0

76,0

 

948

910

1008

 

47,6

46,5

49,1

 

2.10

2.15

2.04

Total 1999

48,4

47,6

49,3

 

599

604

594

 

42,8

42,4

43,3

 

2.34

2.36

2.31

Ngazidja

55,8

61,2

50,9

 

777

853

707

 

46,7

49,2

44,0

 

2.14

2.03

2.27

Mwali

59,3

51,5

71,1

 

841

702

1060

 

41,7

32,4

55,1

 

2.40

3.09

1.41

Ndzuani

74,2

65,3

91,3

 

1203

1028

1558

 

47,8

39,3

64,7

 

2.09

2.54

1.55

Total 1989

62,1

62,2

62,2

 

923

916

934

 

47,0

43,9

51,1

 

2.13

2.28

1.96

Source : Enquête réalisée en 1999, Direction générale de la planification, Ministère de l’éducation nationale

La comparaison d’une analyse de cohorte en 1989 et en 1999 fait apparaître une amélioration des taux de survie et du coefficient d’efficacité à Mwali, alors que ces indicateurs sont en baisse partout ailleurs. Ce qui implique que le système actuel perd énormément de ressources à Ndzuani et à Ngazidja, perte due aux redoublements et aux abandons. Le ratio intrants/extrants étant l’indice des effets des «gaspillages» des ressources ; il démontre que, durant toute la décennie, le système gaspillait plus de 200% des ressources de l’éducation pour retenir moins de 50% d’élèves jusqu’en classe de CM1.

La même comparaison entre les types d’établissements d’enseignement primaire renseigne que ce gaspillage de ressources s’effectue dans le système d’enseignement public, plus particulièrement à Ngazidja où plus de 400% des ressources sont perdues, soit environ le double de celles des autres îles. Le privé, quant à lui, dépense moins de 85% de ces ressources pour former des élèves jusqu’au CM1 dans toutes les îles.

Tableau 10 : Taux de survie et coefficient d’efficacité en 5ème année d’études par sexe et type d’établissements selon les îles

 

Taux de survie

 

Nb années-élèves consommées

 

Coefficient d’efficacité

 

Ratio intrants/extrants

Régions

MF

M

F

 

MF

M

F

 

MF

M

F

 

MF

M

F

Ngazidja

23,8

24,3

23,3

 

277

287

267

 

23,1

23,2

23,0

 

4.33

4.31

4.35

Mwali

47,3

51,5

41,9

 

603

647

545

 

36,7

41,1

31,1

 

2.72

2.43

3.22

Ndzuani

58,5

54,3

65,2

 

805

765

872

 

41,1

40,0

42,7

 

2.43

2.50

2.34

Total Public

35,9

36,6

35,0

 

450

470

428

 

30,5

31,2

29,8

 

3.28

3.21

3.36

Ngazidja

376,9

313,7

456,7

 

4164

3506

4991

 

234,1

221,3

246,1

 

0.43

0.45

0.41

Mwali

65,7

62,2

74,3

 

657

622

743

 

124,4

117,7

131,0

 

0.80

0.85

0.76

Ndzuani

291,0

396,7

211,7

 

3474

4912

2439

 

160,7

203,1

124,9

 

0.62

0.49

0.80

Total Privé

320,9

288,1

357,8

 

3586

3275

3935

 

211,8

212,3

211,0

 

0.47

0.47

0.47

Source : Enquête réalisée en 1999, Direction générale de la planification, Ministère de l’éducation nationale

L’analyse de l’efficacité du système d’enseignement primaire ne serait appréciée que si les « produits » ainsi sortis du système (les extrants) possèdaient des valeurs et des connaissances nécessaires et suffisantes pour leur développement individuel en rapport avec le développement économique et social du pays. Il serait intéressant de voir le processus dans son ensemble en liant l’apprentissage, l’acquisition des connaissances par les élèves et l’achèvement du cycle primaire.

      1. Acquis scolaires
      2. Pour compléter l’analyse du rendement interne du système d’enseignement primaire, il convient de mesurer si les enfants ayant atteint la 4ème année d’études (ou niveau supérieur du cycle primaire) ont effectivement obtenu les résultats escomptés en matière d’apprentissage. Cet indicateur lie les efforts de développement de l’éducation avec le processus pédagogique, l’acquisition des connaissances et l’achèvement du cycle primaire.

        Durant toute la décennie, le Ministère de l’Education nationale n’a procédé qu’à une opération d’évaluation de l’efficacité du système d’enseignement du CM2, en 1993, qui a servi à l’élaboration du Plan directeur ; mais les données brutes et le rapport définitif ne sont pas exploitables pour pouvoir présenter les résultats ressortis de cette évaluation. Une enquête spécifique a été réalisée en août 1999 sur l’ensemble du territoire national pour justement combler le domaine des acquis scolaires des élèves de 4ème année d’études. Toutefois, ces informations recueillies, particulièrement dans toutes les écoles suivies par le programme Education-UNICEF, constituent une « occasion manquée » compte tenu du fait qu’un blocage financier a freiné leur exploitation. C’est la raison pour laquelle on a jugé utile de proposer les résultats du concours d’entrée au premier cycle du secondaire de l’année scolaire 1995/1996, la dernière année pour laquelle les données sont disponibles sur l’ensemble du pays, en attendant que les résultats de l’enquête « acquis et résultats de l’apprentissage scolaires » soient exploités.

        1. Pourcentage d’élèves de la 6ème ( au lieu de 4ème ) année d’études maîtrisant un ensemble de compétences de base défini à l’échelon national

L’interprétation des résultats du concours d’entrée en 6ème (première année du secondaire) mérite beaucoup d’attention et de précaution en ce sens que le jugement fait à l’égard des enfants en matière de résultats scolaires peut différer avec l’objectif de l’évaluation des acquis scolaires. Cette dernière mesure les compétences de base effectives des élèves par rapport au processus de l’apprentissage. Ce qui permet de déterminer les facteurs qui influent sur les résultats afin de trouver les possibilités d’y remédier. Par contre, les notes attribuées à l’élève dans les concours d’entrée en sixième peuvent être influencées par l’idée que le correcteur se fait de l’élève et de l’objectif final. Ainsi, un enfant réussit il souvent son concours sans les compétences de base déterminées au niveau national.

Pour aborder cet aspect d’acquisition des connaissances par les élèves en ce cas précis, il convient de voir à quelle note minimale l’élève est censé maîtriser un niveau donné de compétences définies à l’échelle du pays, dans la mesure où les données qu’on analyse sont issues d’un «examen de compétences» fondé très souvent sur ce que l’élève a effectivement étudié au cours de l’année scolaire et rarement sur ce qu’il devait recevoir comme enseignement de base en fin du cycle. A défaut d’indications précises, on considère simplement les élèves ayant reçu une note supérieure à la moitié du «barème fixé» comme maîtrisant un «certain niveau d’acquisition des connaissances jugées nécessaires».

Tableau 11 : Pourcentage d’élèves ayant obtenu la moyenne dans le concours d’entrée en 6ème par sexe et par matière selon l’île (session 1996, dans le public)

 

Lecture/Ecriture

 

Mathématiques

 

Vie courante / Autres

 

Toutes matières

Régions

MF

M

F

 

MF

M

F

 

MF

M

F

 

MF

M

F

Ngazidja

28,1

28,6

27,6

 

30,9

31,5

37,0

 

92,4

93,4

91,2

 

41,8

42,7

40,9

Mwali

47,1

45,0

49,6

 

26,4

27,8

24,6

 

92,4

93,4

91,2

 

51,0

52,2

49,6

Ndzuani

29,3

31,7

26,3

 

37,0

37,7

36,1

 

83,8

85,8

81,3

 

42,1

43,2

40,7

Total

30,3

31,5

29,0

 

33,2

34,0

32,2

 

88,4

90,0

86,6

 

42,7

43,8

41,6

Source : Office National des Examens et Concours, Ministère de l’éducation nationale

Le tableau 34 traduit, à cet effet, que le niveau de connaissances des élèves en classe terminale du cycle primaire (CM2) est très faible en lecture, écriture et calcul. Cela étant, moins de 50% des élèves de l’enseignement public présentés au concours d’entrée en 6ème en 1996 ne savaient pas lire ni écrire correctement en français. C’est à Mwali qu’on a enregistré un pourcentage élevé des élèves sachant mieux lire et écrire par rapport aux autres. Le niveau le plus bas est situé à Ndzuani avec 26,3% des filles qui maîtrisent la lecture et l’écriture.

Graphique 3 : Résultats des élèves au concours d’entrée en 6ème en lecture/écriture et mathématiques selon l’île pour l’année 1996

Source : Office National des Examens et Concours, Ministère de l’éducation nationale

Les connaissances en mathématiques pour les élèves du CM2 sont encore faibles, moins de 40% quel que soit le sexe ou l’île. Le niveau des élèves de la sixième année d’enseignement public est presque le même partout. Les pourcentages les plus élevé se trouvent à Ndzuani avec 36% pour les filles et 38% pour les garçons. A Mwali, les résultats sont nettement inférieurs par rapport aux autres îles, particulièrement chez les filles.

Dans le domaine de la vie courante, les élèves du public présentent des performances extraordinaires : plus de 90% des élèves présentés au concours possèdent des notions de la vie quotidienne à Ngazidja et Mwali. A Ndzuani, 81% des filles ont répondu correctement aux exercices d’étude du milieu contre 86% des garçons.

Graphique 4 : Résultats des élèves au concours d’entrée en 6ème en étude du milieu (Vie courante) et toutes matières confondues selon les îles pour l’année 1996

Source : Office National des Examens et Concours, Ministère de l’éducation nationale

En conséquence, moins de la moitié des élèves du public présentés à l’examen d’entrée en 6ème en 1996 ont répondu correctement à toutes les matières proposées. Cela ramène à la conclusion selon laquelle les élèves admis au collège n’ont pas un niveau acceptable de français et de mathématiques.

La situation relatée ci-dessus semble affecter uniformément l’enseignement public et privé. Il y à lieu de se demander si ces résultats sont liés aux moyens d’enseignement (programmes, matériels, enseignants, durée d’études) ou à la réceptivité des enfants (aptitude à apprendre, santé et la nutrition). En tous cas, ces deux paramètres doivent être vus du côté de la gestion du système d’enseignement et du degré d’interaction des parents envers l’école.


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