| L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays | ||
| Comores |
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La nouvelle politique de léducation définie dans le Plan Directeur qui vise une harmonie entre léducation et le développement économique et social doit faire face à la complexité et à la diversité de ces activités sans lesquelles beaucoup de jeunes exclus du système seront privés des connaissances utiles pour leur vie dadulte.
Etant donné quun encadrement des jeunes non scolarisés et déscolarisés est rarement assuré par lEtat, les bonnes initiatives sont laissées aux mains des individus et dans un cadre privé. En général, des organisations internationales, des ONG et des collectivités viennent très souvent en appui à ces genres dactions. Cest le cas du Centre des Hirondelles qui a reçu un soutien financier du PNUD, de lISESCO, du projet AMIE et de lAmbassade des Etats Unis. Le Centre National Horticole a pu bénéficier dun appui technique et financier de la Mission française de Coopération de 1993 à 1998.
Il convient de souligner que le PNUD a élaboré un programme de formation très appréciable qui vise à toucher environ plus de 1000 jeunes déscolarisés en leur offrant des métiers dans les domaines de la menuiserie/charpente sur bois, la sculpture sur bois, la céramique/poterie, la construction/carrelage, la soudure/charpente métallique, la plomberie sanitaire, lélectricité/froid/climatisation, la mécanique auto, et lentretien routier. Ces types de formation valorisante et génératrice de revenus qui cadrent parfaitement avec les orientations du Plan directeur et avec des objectifs claires, doivent être suivis et évalués non seulement sur le plan financier mais également pour leur impact dans le développement économique du pays.
Lévaluation des efforts déployés dans le domaine des formations aux compétences essentielles se résume sur quelques cas précis en raison du fait que les informations disponibles nont pas permis de pousser très loin lanalyse :
Objectifs : Acquisition accrue par les individus et les familles, grâce au concours de tous les canaux déducation - y compris les médias, les autres formes de communication modernes et traditionnelles et laction sociale - des connaissances, compétences et valeurs nécessaires à une vie meilleure et un développement rationnel et durable, lefficacité de ces interventions étant appréciée en fonction de la modification des comportements.
Lutilisation des médias à des fins éducatives est un des moyens privilégiés pour lacquisition des connaissances et pour une couverture de la population cible sur un aspect concret de la vie quotidienne. Les principaux modes de transmission de connaissances pour une vie meilleure sont la radio, la télévision, les documents imprimés, les campagnes, le théâtre, etc. Il est à noter que bien que les thèmes abordés touchent en grande partie des aspects qui concernent lensemble de la population, beaucoup de gens semblent isolés par labsence dun réseau de communication développé et par linefficacité des moyens de diffusion.
Cette acquisition des notions de la vie se rapporte généralement aux formes déducation suivantes : santé et nutrition des enfants, santé de la reproduction, lutte contre les MST/SIDA, lutte contre le paludisme, lutte contre le tabac, la drogue et lalcool, protection de lenvironnement, etc. Les groupes principalement ciblés sont les enfants de 0 à 5 ans et les femmes. Les compétences et valeurs nécessaires à la vie quotidienne, telles que léducation à la paix et à la tolérance, la culture de lunité et lapprentissage de la démocratie, etc. ont été souvent négligés.
La plupart des départements ministériels emploient différents modes déducation pour une vie meilleure. On peut constater une série démissions radiodiffusées destinées à la population sur tel ou tel aspect de la vie quotidienne. Le Ministère de la Santé est maître duvre dans les domaines liés à la santé. Le Ministère de la Production intervient aussi sur le terrain pour la sensibilisation, la vulgarisation des techniques dassolement, de lutilisation des engrais et la sensibilisation des agriculteurs sur les maladies des plantes et des animaux.
Les organisations internationales qui interviennent dans ces domaines sont le PNUD, FNUAP, lUNICEF, etc.
Mode de diffusion |
Thème concernant léducation pour la vie |
Groupe cible (niveau, sexe, âge) |
Résultats et impact |
Radio et télévision :
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Chansons et émissions sur les thèmes : - Santé et nutrition des enfants, - Santé de la reproduction, - Lutte contre les MST/SIDA, - Lutte contre le paludisme. |
Lensemble des programmes portent essentiellement sur les enfants de 0 à 5 ans et les femmes en âge de procréation. |
Le ministère de la Santé a déployé des efforts importants pour rapprocher les services de santé plus près de la population cible pour atteindre les objectifs : couverture vaccinale satisfaisante, lutte contre les maladies infantiles, le SIDA, etc. |
- Lutte contre le tabac, la drogue et lalcool. |
Les adolescents, surtout en situation de chômage. |
Le chômage grandissant pousse beaucoup de jeunes adultes au tabagisme et à lalcoolisme. |
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- Protection de lenvironnement. |
Agriculteurs et pêcheurs. |
Le déboisement et la sauvegarde de la mer, sont des domaines très ignorés au profit des agriculteurs et des pêcheurs. |
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- Magazine TV « vers les livres » pour encourager les jeunes à la lecture du livres. |
400 enfants de CM1, CM2, 4ème et 3ème sont directement impliqués. |
7 chaînes de télévision privées pour un public estimé à 12000 personnes. |
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- Education à la paix.
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Des émissions ponctuelles pour sensibiliser les adolescents et les adultes à la paix, à la tolérance et à la culture musulmane, particulièrement quand il y a des événements dramatiques. |
Ces émissions sont essentiellement réalisées par les chefs religieux. LUNICEF a appuyé un atelier organisé à Mwali à loccasion de la Journée mondiale de lenfant africain. |
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- Alphabétisation des adultes - Enseignement à distance pour le perfectionnement des enseignants du primaire. |
Des jeunes hommes déscolarisés et les enseignants moins qualifiés. |
Ces programmes ont cessé depuis 1994 |
Documents imprimés :
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- Des affiches accompagnent et complètent les émissions radio. |
Des personnes alphabétisées en comorien en caractères arabes ou latin et en français. |
Lutilisation des affiches et des journaux est le deuxième mode de diffusion apprécié par son impact. |
Campagnes de sensibilisation et théâtre :
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- Concours de théâtre scolaires et des jeunes. - Récits filmiques de court métrage. - Exposition des uvres. - Conférences sur plusieurs thèmes relatifs à la vie. |
Les enfants en classe terminale du primaire (CM2). |
1400 jeunes ont été touchés : pièces présentées abordant des facteurs socio-économiques et touchant léducation, la santé, lintégration sociale, etc. |
Le théâtre radiodiffusé. |
Touche un public très important de la population de tout âge et de tout milieu. |
Le contenu est très souvent relatif à des aspects sociaux et historiques. |
Les thèmes éducatifs les plus fréquemment abordés pour faire acquérir à la population un savoir utile et la sensibiliser ainsi à améliorer la vie quotidienne sont essentiellement orientés vers la santé des enfants et des femmes. Les professionnels du Ministère de la santé chargés des programmes (PEV, lutte contre le paludisme, planification familiale/maternité sans risque, lutte contre les MST/SIDA, etc.) planifient avec ceux des médias publics et privés les activités à mettre en uvre, avec lappui des organismes daide au développement (PNUD, FNUAP, UNICEF, OMS, etc.) et des OGNs (CARE, Croissant Rouge, etc.). Cette collaboration nest que rarement étendue pour impliquer pleinement les acteurs éducatifs à tous les niveaux du système. On peut toutefois noter les activités de prévention et de protection contre le SIDA menées dans le cadre du programme CARE, par la distribution de brochures imprimées en comorien, en caractères latins, et en français dans des établissements denseignement secondaire. Lopération sest révélée utile pour les jeunes collégiens dans la mesure où ces documents permettent la circulation de linformation et la sensibilisation sur le thème du SIDA, surtout en milieu scolaire, mais aussi au niveau de la famille et de la communauté.
Toutefois, malgré le fait que le domaine de léducation pour une vie meilleure a été fortement appuyé durant cette décennie, peu dévaluations ont eu lieu pour mesurer limpact de ces programmes au niveau de la population cible, particulièrement les auditeurs, spectateurs et lecteurs des médias. Ces évaluations sont importantes en ce sens que les émissions et les articles à contenu éducatif visent à améliorer les comportements des communautés cibles par des pratiques sanitaires, de soins aux enfants, de planification familiale, etc.. Linsuffisance de la couverture médiatique tant orale que écrit, publique que privée, pose la question de savoir comment les localités ou communautés enclavées par des obstacles climatiques ou géographiques réagissent par rapport aux aspects critiques qui touchent leur vie de tous les jours.
Dans tous les cas, ces émissions à caractère éducatif coûtent relativement très cher aux programmes ou projets au profit des médias, à tel point que les campagnes de sensibilisation se trouvent interrompues même si leur nécessité se fait sentir. Limpact de ces émissions reste donc difficile à mesurer. Des résultats plus ou moins satisfaisants et observables sont néanmoins enregistrés par certains programmes.
Résumé
Le développement économique et social dun pays repose sur la capacité de ses ressources humaines. Lanalphabétisme constitue un handicap sérieux à tout développement. Cest pourquoi la bataille contre ce fléau devra sengager sur tous les fronts car « là où lanalphabétisme sévit, il est toujours en interaction avec dautres problèmes liés au sous développement la lutte contre lanalphabétisme est inséparable de la lutte contre le sous développement, et le droit à léducation inséparable du droit à une vie meilleure ».
Lalphabétisation des jeunes de 15 à 24 ans joue un rôle très important dans la qualité et le dynamisme de la société. La comparaison entre le taux dalphabétisation dans au moins une langue donnée reflète une population capable de comprendre et décoder un message transmis par une langue dalphabétisation. La langue maternelle est le comorien en caractères arabes. Les deux autres langues officielles viennent en dernière position après la langue comorienne en caractères latins.
Très souvent, lalphabétisation des adolescents et des adultes est complétée par des formations à des compétences essentielles. Ces formations sont diversifiées et se caractérisent exclusivement par des travaux manuels. La majorité des individus qui les pratiquent sont à lorigine des personnes des milieux ruraux et de niveau déducation peu élevé. Les chances des femmes à bénéficier dun programme dactivités et de formation aux compétences essentielles sont actuellement limitées à lagriculture, la broderie et la couture.
Toutefois, contrairement aux compétences essentielles, léducation pour une vie meilleure est essentiellement orientée aux filles et des femmes. Cette éducation centre son intérêt sur les femmes : santé reproductive, protection de lenfant, le lutte contre les MST/SIDA, etc. Certains programmes et non les moindres, visent aussi bien les femmes que les hommes, jeunes ou adultes. Il sagit des programmes de protection de lenvironnement, de lutte contre le tabac et la drogue et de lutte contre le paludisme. A la fin de cette décennie, à cause de mouvements sociaux aboutissant à des affrontements civils dans le pays, léducation pour une vie meilleure sest étendue à la paix, à la citoyenneté, à lunité, à la démocratie, au respect des droits de lhomme etc.
Le développement économique et social nest possible et durable que par le développement des capacités des ressources humaines du pays. La couverture insuffisante en matière dalphabétisation, de formation aux compétences essentielles et déducation pour une vie meilleure, accentuée par les disparités, menace gravement la qualité de vie de la population comorienne. Les migrations des campagnes vers les villes, le chômage, linsécurité, la violence etc. sont des facteurs de la croissance de la pauvreté dans les milieux urbains. La montée des mécontentements et des tensions sociales dans les grandes villes contre les personnes, soit disant «immigrées», venues déstabiliser léconomie de proximité de la région est la résultante de linsuffisance de couverture des besoins vitaux et des disparités des formations à dautres compétences essentielles et affecte négativement le développement socio-économique et culturel du pays.
La stratégie adoptée par le Ministère pour atteindre les grands objectifs fixés par le plan directeur part du principe que lensemble des établissements denseignement se trouve au même stade de leur évolution pour ce qui est du degré de motivation et dintérêt que les communautés locales accordent à léducation. Pour le Ministère de lEducation, lidéal est daccorder une éducation de base qui remplirait efficacement sa mission fondamentale, cest-à-dire inculquer un ensemble de connaissances de base à une large proportion des enfants scolarisés. On constate que toutes les écoles ne sont pas au même stade de développement en matière de scolarisation. Cette situation explique clairement que lamélioration de lenseignement primaire doit être progressive et dépendra de la compréhension des caractéristiques de chaque élément dune entité denseignement et les ressources nécessaires dont elle aurait besoin pour résoudre les problèmes de scolarisation au niveau local.
Il est évident que cette réforme en profondeur de léducation quest le plan directeur, pour quelle soit réaliste, doit tenir compte des multiples insuffisances imprévues et dont certaines risquent dêtre incompatibles avec les stratégies de mise en uvre. Au niveau de ladministration centrale, on comprend tout à fait les enjeux du Plan Directeur, mais généralement, au niveau de lécole, la capacité deffectuer les changements pose problème. Cela implique une vigilance pour attirer lattention de tous autour de lécole, ce qui peut soulever des questions cruciales telles que la motivation des communautés et la mobilisation des ressources locales, etc.
Lexpérience du plan daction 1999 du programme Education-UNICEF a permis de voir que la réduction du coût de scolarisation accroît rapidement la scolarisation particulièrement des groupes défavorisés : laccroissement des effectifs scolaires, notamment des filles, dans une zone très défavorisée en matière de scolarisation est dû à des actions spécifiques comme la distribution gratuite de fournitures scolaires. Ces mêmes actions ont été conduites dans dautres écoles mais souvent combinées avec une participation financière de la communauté locale. Ce deuxième groupe décoles, appuyées pendant deux ans, enregistre une augmentation très lente des effectifs par rapport à la croissance des effectifs des enfants constatée dans les écoles soutenues en une année scolaire avec un appui spécifique par le même programme. Il ressort clairement que les contributions de la communauté occasionnent en général des coûts directs ou indirects supplémentaires, difficiles à supporter dans la situation dextrême pauvreté dans laquelle la plupart des parents se trouvent.
Dans tous les cas, la stratégie utilisée par le Programme Education-UNICEF est efficace pour accroître la scolarisation. Les parents sont convaincus que léducation est un bien précieux dans la mesure où ils participent au processus éducatif en assurant la disponibilité des enseignants et lentretien de lécole. Il y a lieu de se demander pourquoi la communauté est dynamique dans une localité donnée et moins dynamique dans une autre? Est-ce que cela est fonction de lintérêt et de la solidarité envers lécole ou du degré des possibilités et de la potentialité en matière de mobilisation des ressources financières locales? Les réponses à ces questions nécessitent une recherche approfondie dans le domaine du coût- efficacité de léducation, mais la sensibilisation et la responsabilisation sont tout de même des éléments catalyseurs pour une solution appropriée. Il est important de souligner que le Programme Education-UNICEF prévoit un volet « Plaidoyer et mobilisation sociale » pour justement stimuler la demande déducation et éveiller lattention des populations.
Au cours de toute la décennie, léducation sest heurtée à un certain nombre dobstacles qui compromettent sérieusement son développement. Ces obstacles sont dordre contextuel, économique, socio-politique et éducatif.
Le contexte démographique constitue un frein au développement de léducation par un très fort taux de croissance de la population (2.7%). Le taux daccroissement de la population à scolariser évolue plus rapidement que celui des enfants scolarisés. La capacité de satisfaire les besoins éducatifs fondamentaux de la population est ralentie voire même amoindrie par cette explosion démographique.
La crise socio-économique, renforcée par le poids de lajustement structurel et la dévaluation du franc comorien, a frappé de plein fouet léducation au milieu de la décennie 1990. Ces deux facteurs, qui ont eu des effets pressants sur léducation, ont limité la potentialité et la planification de loffre et de la demande en enseignants. La mise en uvre du PAS a été concrétisée par la définition de cadres organiques et a programmé un redéploiement de certains agents. Les difficultés de mettre en application de telles mesures ont créé une pénurie endémique denseignants qui na pas trouvé de solution efficace et durable durant toute la décennie. Il faut ajouter à cela, linefficacité constatée de lutilisation des enseignants mis à la disposition du ministère de léducation nationale qui, dans la plupart des cas, est source dirrégularité de paiement des salaires. Cette situation, source de nombreuses grèves qui affectent le déroulement de lannée scolaire, entraîne une démotivation générale du personnel enseignant qui est parfois tenté de délaisser lenseignement public pour le privé.
Les facteurs politiques semblent être les principaux éléments de décélération des progrès de la décennie en matière déducation pour tous. La décennie 1990 est marquée par une grande instabilité politique ayant comme corollaire de nombreux remaniements ministériels et des changements fréquents des responsables (15 ministres de léducation et 4 secrétaires généraux se sont succédé en 10 ans) ; ce qui déstabilise le Ministère de léducation nationale.
Ces mouvements socio-politiques (les grèves répétées des enseignants, le processus de décentralisation, etc.) marquent une ouverture démocratique dun côté et, de lautre, des crises et violences politiques culminant en affrontements sanglants. Ils accentuent le dysfonctionnement de l'administration centrale, régionale et locale et favorisent le manque de coordination et de coopération dans le domaine de léducation de base. Cette situation entraîne des difficultés de suivi des actions engagées en faveur de léducation de base.
Enfin, les contrains éducatives sont liés principalement au manque dinfrastructures et déquipements pour élargir laccès à léducation. Le taux de redoublement élevé associé à la forte demande déducation obligent le système éducatif à maximiser la capacité daccueil des écoles par la pratique de la double vacation. Mais cette méthode nest pas une fin en soi pour résoudre les problèmes de léducation parce quelle suppose bien entendu la disponibilité des salles de classe sous employées. Or, dans beaucoup décoles, la demande déducation se fait sentir mais, faute de capacités daccueil suffisante, les enfants en âge légal dadmission à lécole sont rejetés ; ce qui pose le problème de lapplication stricte de la Loi dOrientation sur léducation, qui stipule une scolarisation à partire de 6 ans et un enseignement obligatoire jusquà 14 ans.
forte demande déducation particulièrement en milieu urbain. On assiste à une explosion incontrôlée des établissements denseignement privé dans tous les coins du pays. Représentant actuellement 12,9% des effectifs de lenseignement élémentaire, ces écoles ont des conditions daccueil très disparates ; seule une faible minorité remplit les conditions minimums requises par la Loi dorientation pour être autorisées à fonctionner.
En ce qui concerne les volets qui ne sont pas véritablement pris en compte durant la décennie (la petite enfance, lalphabétisation, les formations aux compétences essentielles et léducation pour une vie meilleure), ils restent insuffisamment approfondis et opérationalisés.
Le partenariat entre lécole et la communauté est une stratégie efficace pour améliorer la demande déducation de base. Il a été approuvé par le programme de coopération Education-UNICEF par les résultats enregistrés dans la période très courte de son exécution perturbée par des événements multiformes. Cela, grâce à linstauration des mécanismes de dialogue entre les acteurs locaux, pour la recherche des solutions appropriées aux problèmes de lécole.
Cette stratégie qui découle dune volonté politique manifestée par ladoption de la Loi dOrientation et lélaboration de Plan Directeur de léducation et de la formation mérite dêtre soutenue et améliorée. La forte mobilisation de tous les acteurs autour de lécole, particulièrement dans la gestion du financement de léducation, est enregistrée dans certaines localités. Cet apport communautaire se manifeste par le soutien que les populations apportent dans la construction et léquipement des écoles et dans la mise sur pied des conseils décole et des associations parents-maîtres pour la gestion des établissements scolaires.
En dépit des multiples défis liés en grande partie à linstabilité socio-politique qui restent à relever ainsi que des problèmes conjoncturels et structurels rencontrés depuis la fin de lannée 1989 jusquaujourdhui, le Gouvernement comorien a toujours manifesté sa volonté datteindre les objectifs de généralisation de léducation de base bien que la mise en uvre de certaines actions concrètes tarde. Evidemment, la scolarisation universelle et lamélioration de la qualité de léducation demeurent une priorité. Cest ainsi quau niveau politique, des actions sont entreprises parmi lesquelles l'élaboration des textes législatifs et réglementaires en faveur de l'éducation de base. Il s'agit de la nouvelle Loi d'orientation, promulguée en 1994, qui rend l'éducation obligatoire à partir de 6 ans jusqu'à 14 ans, lélaboration et du plan directeur de léducation et de la formation qui cadre les orientations stratégiques du pays en matière déducation pour la période de 1997-2001.
La volonté en faveur de léducation de base est également concertée par le fait que, à cause des difficultés financières que traverse actuellement le pays, seul le recrutement des enseignants a été autorisé. En effet, les mesures strictes imposées par le Programme dAjustement Structurel (PAS) limitent sévèrement laccès dautres agents à la Fonction Publique.
Au niveau de léducation non formelle (activités de protection et déveil de la petite enfance, alphabétisation, formation à des compétences essentielles, éducation à une vie meilleure), des initiatives privées, communautaires et étatiques (la contribution à la sensibilisation de la population à travers la radio nationale et les émissions éducatives des différents départements ministériels ) sont mises en uvre pour répondre en partie aux besoins de la société dans ce domaine.
Bien quaucun mécanisme de lEPT nait été mis en place dans le pays depuis Jomtien, de nombreuses initiatives et énoncés dintention en matière de scolarisation et damélioration de la qualité de léducation de base, montrent clairement et sans équivoque une volonté à la fois politique et éducative des autorités comoriennes et des différents partenaires de léducation datteindre en partie les objectifs de la Conférence de Jomtiem. Toutefois, les actions prévues dans le cadre du plan directeur de léducation et de la formation ne sont pas effectivement réalisées. On peut dire que ce plan semble ambitieux et que lenvironnement socio-politique et économique na pas favorisé la réalisation de progrès au niveau de lEPT.
En définitive, la revue globale des actions entreprises en faveur de lEPT, ainsi que leur impact aussi bien au niveau quantitatif, que qualitatif laisse entrevoir un bilan assez alarmant et un long parcours à faire pour latteinte des objectifs de la Conférence.
Même si le pays a participé à la Conférence de Jomtien et a officiellement souscrit aux engagements, aucune structure chargée du suivi na été mise en place. Néanmoins, une loi dOrientation et un Plan directeur de léducation et de la formation reprennent certaines des recommandations de la Conférence limitées aux aspects suivants :
- protection et éveil de la petite enfance
- formation à des compétences essentielles
- éducation pour une vie meilleure
En somme, la vision « élargie » recommandée par la Conférence sur léducation est restée fortement focalisée sur lenseignement primaire.
Eu égard au manque de formation et de moyens adéquats, les structures administratives et dencadrement savèrent souvent incapables daccomplir efficacement leur mission de pilotage, de contrôle et dévaluation. Les services centraux et régionaux ne disposent pas des moyens indispensables pour suivre et contrôler les décisions. Au niveau local, les directeurs décoles nont pas les qualifications requises et leur collaboration avec les communautés semble faire défaut.
Il est à noter que la prise en charge efficace de la petite enfance par lEtat est plutôt inexistante que défaillante. Ce niveau qui est essentiellement représenté par lenseignement coranique (préscolaire traditionnel), dont lobjectif est lapprentissage du Coran et des préceptes fondamentaux de lIslam, est laissée à la charge des communautés villageoises. Par contre, lobjectif et le contenu de lenseignement préscolaire moderne (école maternelle) qui est essentiellement urbain et aux mains dun secteur privé non contrôlé par lEtat, restent à définir précisément.
Des lois et des textes régissent ce niveau éducatif, mais aucune politique na été mise en application en réponse à une forte demande. Cependant, un projet délaboration des programmes vient dêtre initié à la fin de la décennie par lISESCO.
Il faut souligner que les effectifs scolarisés ont progressé très rapidement et que les disparités de scolarisation entre sexes ne sont pas importantes.
Aux Comores, lenseignement primaire est régi par une Lois dOrientation et des plans daction qui ont défini des objectifs quantitatifs et qualitatifs à des horizons déterminés. Le Ministère de lEducation Nationale sefforce de publier régulièrement les résultats des enquêtes annuelles de manière à contrôler la progression vers les objectifs fixés. Au niveau de ce secteur, les faits marquants sont les suivants :
Les perturbations socio-politiques signalées plus haut ont entraîné des fluctuations des taux daccès et entraîné une croissance irrégulière des effectifs. Globalement, bien que les effectifs élèves connaissent une légère augmentation, le taux net de scolarisation, après avoir progressé de 62 à 64% entre 1989/90 et 1993/94, a chuté à 60% en 1998/99 (- 4,1%) avec des disparités entre les CIPR enregistrées surtout dans celles de Uziwani, de Domoni, de Mutsamudu et de Nyumakele où ce taux est au plus bas. La catégorie la plus vulnérable de la population, c'est à dire les filles, en subit lourdement les conséquences.
Des disparités entre milieux urbain et rural sont également marquées, mais aux Comores, il est parfois difficile dans les données démographiques, de distinguer la population rurale et urbaine, ce qui rend difficile dapprécier précisément ce phénomène.
On peut dire que les résultats atteints en matière de scolarisation sont en-deçà de l'objectif quantitatif fixé dans le Plan directeur de l'Education et de la Formation. Ainsi, le nombre denfants restant à scolariser continue à augmenter. Ce qui fait quau cours de la prochaine décennie, leffort restant à accomplir pour atteindre la scolarisation universelle est plus important que pour la décennie précédente.
Loffre déducation, en terme dinfrastructures déquipements et de ressources humaines a sensiblement augmenté, mais elle ne suffit pas à satisfaire la demande grandissante et cela malgré une utilisation plus intensive et plus rationnelle des ressources (double vacation des locaux, augmentation des taux dencadrement )
En effet, dans presque toutes les écoles du pays, les conditions d'accueil sont peu satisfaisantes à cause de la vétusté des infrastructures et des équipements. Sur 1123 salles de classe dont 5% sont en tôles et 6% en paillotes, 785 sont en mauvais état (488 salles sont sans fenêtre et 297 sont sans porte). L'insuffisance des locaux a comme corollaire la diminution de 25h à 20h sur lhoraire officiel hebdomadaire de travail des élèves en classe, malgré une carte scolaire satisfaisante (presque chaque village a son école).
On note également une sous-qualification des enseignants (47,14% ont le diplôme pédagogique requis). Des efforts importants ont été réalisés pour améliorer ce niveau de qualification de manière à améliorer les méthodes denseignement et dapprentissage, mais les conditions financières constituent un handicap majeur à la poursuite de ces activités, notamment la formation initiale et continue des enseignants.
Depuis 19976, au lendemain de lindépendance du pays, des modifications ont été apportée au niveau du contenu des programmes et des méthodes d'enseignement et dapprentissage. Les programmes de formation des enseignants nont pas toujours tenu compte des réalités locales et ont souvent subi des modification contradictoires. Et bien que les derniers programmes denseignement aient été élaborés sur la base dobjectifs pédagogiques précis, et sur la base dacquisitions et de compétences devant répondre aux besoins de la vie quotidienne de la population, leur mise en uvre reste problematique.
Il importe de souligner que ladéquation des contenus avec les besoins et réalités socioculturelles est remise en cause, mais il est difficile de trouver un consensus sur les solutions envisageables aussi bien au niveau des enseignants que des responsables chargés de lélaboration des curriculums.
Au niveau du financement, les ressources allouées à lenseignement primaire ont augmenté en termes courants, mais diminué en terme constant. Le budget de lEtat parvient difficilement à prendre en charge lensemble du fonctionnement du système éducatif. Ce qui fait que les dépenses publiques sont limitées au seul versement irrégulier des salaires des agents de lEtat. Toutefois, tout au long de la décennie, beaucoup dintervenants (communautés, collectivités, ONG, coopération multilatérale comme lUNICEF ) ont participé activement dans ce domaine, surtout dans la prise en charge des infrastructures et des équipements. Ces conditions, parmi lesquelles il faut souligner le soutien de lUNICEF dans les écoles qui connaissent un taux net de scolarisation très bas, ont allégé lapport de lEtat. Lefficacité de lenseignement primaire est faible du fait des difficultés à maîtriser les flux délèves (taux de redoublements et dabandons élevés).
Depuis 1993, le principe dune évaluation régulière des acquis scolaires a été retenu. Cependant, le manque de moyens na pas permis de reconduire ce genre dopération très lourde et onéreuse. Il faut souligner que les résultats des évaluations réalisées montrent que peu denfants maîtrisent les matières de base, à savoir le français et le calcul. Par contre la vie courante laisse présager de bonnes connaissances chez beaucoup denfants. On peut également noter des disparités régionales, sexuelles, entre milieux urbain et rural. Cependant, lévaluation portant sur une seule année ne permet pas de mesurer lévolution des acquis scolaires.
Au niveau du pays, malgré la volonté politique clairement affirmée depuis longtemps, les programmes dalphabétisation sont soutenus essentiellement par des partenaires extérieurs et par la société civile.
Les résultats des campagnes dalphabétisation sont manifestes du fait quils permettent aux néoalphabétisés de prendre part plus activement et plus efficacement à la vie de la communauté et que le pourcentage de lanalphabétisme (population ne sachant ni lire ni écrire au moins une langue donnée) est de 39% (recensement de 1991). Toutefois, si lon tient uniquement compte du français, une des langues officielles et langue denseignement du pays, un long chemin reste encore à parcourir en matière dalphabétisation dans la mesure où ce taux paraît plus important que celui calculé pour au moins une langue donnée.
Une réserve est émise au niveau de lévolution du taux danalphabétisme car, compte tenu du manque de moyens, une enquête na pas été réalisée pour réactualiser les données du dernier recensement.
Une politique de formation a été définie dans le cadre du plan directeur de léducation et de la formation, mais aucune action na été mise en place dans le pays. Seule lEcole Nationale dAdministration et de Commerce est fonctionnelle. Néanmoins, de nombreux centres traditionnels de formation accueillent des jeunes déscolarisés pour leur donner un minimum de formation professionnelle. Mais ces programmes, qui touchent un public très limité, sont laissés aux initiatives privées de manière non concertée. Il faut noter que linsuffisance de lintérêt accordé à léducation non formelle rend difficile lappréciation de limpact des actions menées.
Il est évident que ces formations très pratiques ont permis à beaucoup de jeunes de sinsérer dans la vie active, mais lestimation précise de limpact est difficile à faire.
De nombreuses initiatives visant à améliorer la vie quotidienne des populations, en particulier les plus défavorisées, à travers les canaux dinformation du pays, sont menées dans des domaines extrêmement divers (santé reproductive, planning familial, lutte contre le SIDA, éducation, production, etc.) Ces actions sont soutenues par de nombreux partenaires (différents départements ministériels, FNUAP, UNICEF, ONG...).
Cette vue d'ensemble du constat de l'éducation de base pourrait être le résultat du contexte socio-politique difficile que traverse le pays durant ces deux dernières décennies.
En somme, le système éducatif ne répond pas au développement socio-économique du pays en raison de la qualité de son contenu et du produit quil en résulte. Alors, on est en droit de dire que, globalement, les résultats de cette décennie sont loin de répondre aux besoins fondamentaux en matière déducation, conformément aux objectifs de Jomtien. Ainsi, l'Education Pour Tous pour la prochaine décennie risque de paraître utopique si des mesures d'urgence ne sont pas prises pour contrer les effets négatifs constatés à la fin de la décennie en cours.
A la veille du troisième millénaire, et alors que se profile pour l'ensemble des nations de la planète, le défi de la mondialisation, tous les pays du monde doivent se préparer à affronter les profondes mutations qui s'annoncent et donner à leur peuple les moyens de prendre en main leur destin. Les Comores ambitionnent de jouer leur rôle dans le concert des nations.
Partant du fait que léducation est un instrument pour le bien-être de la société, il faudrait repenser léducation avec une vision plus large de manière à réactualiser les plans daction, à élaborer de nouvelles orientations stratégiques pour qu'en somme, tous les efforts soient orientés vers lEPT dans tous ses aspects, afin déviter que la majeure partie de la population comorienne ne retombe pas dans lanalphabétisme.
Cest dans ces perspectives que le Gouvernement comorien sengage à mettre sur pied une politique éducative ambitieuse et réaliste, qui vise à garantir laccès à une éducation de qualité à tous les enfants comoriens afin de lutter contre les traitements discriminatoires entre les régions (rurales et urbaines) et entre les sexes (filles et garçons) qui continuent d'être infligés involontairement.
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