L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays Page d'accueil du forum mondial sur l'éducation
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Source : Direction des études et de la Planification MEPSSRS 1999


Comme le montre le tableau 6 ci-dessus , le nombre de nouveaux entrants au primaire (tous âges confondus) a connu une baisse entre 1991 et 1995 malgré la hausse observée en 1992 tel l’indique le graphique7. La tendance est la même aussi bien pour les garçons que pour les filles. Le taux d’accroissement s’est en moyenne situé autour de 1,0% pour les deux sexes avec 0,3% pour les filles et 1,6% pour les garçons. Quant à la population d’âge légal d’admission, les taux moyens d’accroissement sont de 5,1% pour les deux sexes avec 5,3% pour les garçons et 4,8 pour les filles.

Par contre, l’analyse de ce tableau révèle que le taux brut d’admission au primaire a décru en moyenne de –3,9% pour l’ensemble. Au cours de la période et malgré cette baisse générale, la proportion des garçons inscrits au primaire est plus importante que celle des filles. L’écart entre les deux sexes est de 0,8 en faveur des garçons.

Entre 1991 et 1995, le taux brut d’admission dans l’enseignement public a connu une baisse de près de 10 points passant de 67,9% à 58,8%. Cet écart est globalement le même aussi bien pour les garçons que pour les filles (9,6 et 10,4). La baisse du taux brut d’admission ne saurait être interprétée comme une désaffectation des parents et des enfants vis à vis de l’école. Une frange importante de cette génération est inscrite dans l’enseignement privé dont les effectifs ne sont pas maîtrisés.

Au regard de cet indicateur, l’objectif de départ relatif à la consolidation des acquis quantitatifs n’a pas été atteint. La baisse générale des effectifs constatée depuis 1990 s’est maintenu rétrécissant du coup l’accès, donc la généralisation de l’enseignement primaire public au Congo.

1-2-5- Le taux brut de scolarisation dans le primaire

Tableau 7 : Evolution du taux brut de scolarisation dans le primaire entre 1990 et 1998

Année

Effectifs tous âges

Population

scolarisable

Taux brut de scolarisation

Indice de parité

Entre les sexes

 

1990

Total

492143

390229

126,1

 

0,9

Garçons

255758

194420

131,5

Filles

236385

195809

120,7

 

1991

Total

503918

404090

124,7

 

0,9

Garçons

269439

201746

133,6

Filles

234479

202344

115,9

 

1992

Total

490122

419772

116,8

 

0,9

Garçons

254348

210017

121,1

Filles

235774

209755

112,4

 

1993

Total

510223

437516

116,6

 

0,9

Garçons

265401

219372

121,0

Filles

244822

218144

112,2

 

1994

Total

498961

457560

109,0

 

0,9

Garçons

259282

229872

112,8

Filles

239679

227688

105,3

 

1995

Total

511401

480848

106,4

 

0,9

Garçons

277514

242043

114,7

Filles

233887

238805

97,9

 

1996

Total

512935

500898

102,4

 

0,9

Garçons

271855

252395

107,7

Filles

241080

248503

97,0

 

1997

Total

499485

522276

95,6

 

0,9

Garçons

264727

263449

100,5

Filles

234758

258827

90,7

 

1998

Total

427735

545106

78,5

 

0,9

Garçons

226700

275152

82,4

Filles

201035

269854

74,5

Source :Direction des Etudes et de la Planification MEPSSRS 1999

De 1990 à 1998, les effectifs de l’enseignement primaire public se distinguent par une décroissance dont la moyenne est de –1,7% tous les sexes confondus. La baisse s’avère plus prononcée chez les filles que les garçons –2,0% contre -1,5%.

Contrairement à la population scolarisée, la population scolarisable (6 à 11 ans) a connu une augmentation au cours de la même période. Les taux d’accroissement pour les deux sexes est de 4,3%, avec 4,4% pour les garçons et de 4,1% les filles.

Le taux brut de scolarisation est passé de 126,1% en 1990 à 78,5 en 1998.Il connaît une baisse très sensible. Celle-ci est de –5,8% pour les deux sexes, de -5,9% pour les garçons et de –5,7 pour les filles. Cette décroissance spectaculaire est probablement le résultat d’une population scolarisée qui n’a cessé de diminuer ces dernières années. Les principales causes de la baisse des effectifs dans le public pourraient être imputées à la libéralisation de l’exercice de l’enseignement par le privé, à la forte proportion des déperditions dues aux abandons, expression de la faiblesse du système éducatif congolais et à la pauvreté des nombreux ménages qui n’arrivent plus à satisfaire les besoins élémentaires pour la scolarisation de leurs enfants. Par ailleurs, le déplacement massif des populations en raison des conflits armés pourrait être compté parmi les causes de cette baisse. Le Congo reste cependant capable de scolariser la totalité de sa population en âge de fréquenter l’école primaire malgré les conditions d’encadrement difficiles.

La parité quant à elle se révèle en faveur des garçons. Même si l’écart n’est pas grand par rapport à d’autres pays d’Afrique, l’accès des filles à l’école primaire doit nécessairement tendre vers l’équité.

Image64.gif (5073 octets)


Le taux net de scolarisation ne peut être analysé en raison de l’inexistence des informations relatives à la répartition par âge. De toute évidence, ce taux qui se situait il y a quelques années à près de 90 % ne doit pas échapper à la tendance à la baisse observée pour le taux brut.

1-2-6- Les dépenses d’éducation

En matière de financement, l’optimisation des ressources, l’affectation des moyens en fonction des priorités retenues avaient entre autres été arrêtées comme axes prioritaires de l’éducation pour tous au Congo. Les résultats atteints dans ce domaine vont ressortir dans les lignes suivantes.

Tableau 8 : Evolution des dépenses publiques ordinaires dans le primaire en Pourcentage du PNB et du total des dépenses publiques d’enseignement et dépenses publiques par élève du primaire en % du PNB par habitant (millions de FCFA)

Année

Dépenses du primaire

Dépenses d’éducation

PNB

% des dépenses du primaire

Dépenses du primaire en % du PNB

Dépenses publiques par élèves du primaire en % du PNB par habitant

1990

19029

36068

776100

52,8

2,5

 

1991

32619

60679

746000

53,8

4,4

20,2

1992

32665

64138

776000

50,9

4,2

20,6

1993

28330

58392

760000

48,5

3,7

18,2

1994

29038

58253

964400

49,8

3,0

15,5

1995

26213

51066

1003900

51,3

2,6

13,6

1996

23965

39984

1293761

59,9

1,9

10,0

1997

23596

48425

48,7

1998

34902

52152

47,9

Source : Ministère de l’Economie, des Finances et du Budget 1999



Congo 10.gif (6180 octets)


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Après un effort financier remarquable consenti par l’Etat juste après 1990, les crédits alloués à l’éducation (tous niveaux) et à l’éducation de base n’ont cessé de décroître. En effet, les dépenses publiques ordinaires d’éducation ont sensiblement augmenté entre 1990 et 1992 où elles sont passées en valeur absolue de 36 068 millions de FCFA à 64 138 millions de FCFA, soit un accroissement de 33,4%. Après 1992, ces dépenses ont continué de baisser juste avant 1998 où une timide reprise est observée. De manière générale, les dépenses ordinaires d’éducation ont augmenté en moyenne de 4,7% entre 1990 et 1998

. Parallèlement, les dépenses ordinaires dans le primaire ont évolué à un rythme plus lent de 3,5% en moyenne par an. Cependant, la part des ressources allouées à l’enseignement primaire par rapport aux dotations totales réservées à l’éducation, est passée de 52,8% en 1990 à 47,9% en 1998 soit un écart de presque 5 points.

Les dépenses ordinaires d’éducation représentent en moyenne 6,1% du PNB et celles de l’enseignement primaire 3,2% en moyenne. La part du PNB que l’Etat consacre aux dépenses d’éducation en général et aux  dépenses du primaire en particulier connaît une baisse après 1993.

Les pourcentages relatifs au PNB sont faibles. En 1996 les dépenses publiques ordinaires pour l’enseignement primaire représentent 1,9% du PNB et celles par élève du primaire représentent 10,0% du PNB par habitant. La faiblesse du taux de scolarisation pourrait être une explication mais il y a lieu de reconsidérer les allocations de ressources dans le secteur de l’éducation pour redonner la priorité à l’universalisation de l’enseignement primaire.

Les dépenses publiques pour l’enseignement primaire représentent de 1990 à 1998 51,5% du total des dépenses publiques ordinaires d’éducation. L’année 1996 a été la plus favorable avec 59,9% contre 47,9% en 1998.

Ce pourcentage relativement élevé des dépenses publiques consacrées à l’enseignement primaire au Congo dénote la priorité accordée à cet enseignement dans les politiques nationales de l’éducation et dans l’allocation des ressources.

Tableau 9 : Poids des dépenses publiques ordinaires d’éducation dans le budget de fonctionnement de l’état. ( millions de FCFA)

 

Année

 

Budget Etat

 

Dépenses totales d’éducation

 

Dépenses du primaire

Valeur

Pourcentage

Valeur

Pourcentage

1990

141100

36068

25,6%

19029

13,5%

1991

209427

60679

29,0%

32619

15,6%

1992

252240

64138

25,4%

32665

13,0%

1993

205386

58392

28,4%

28330

13,8%

1994

210000

58253

27,7%

29038

13,8%

1995

177454

52066

28,7%

26213

14,8%

1996

182000

39984

22,0%

23965

13,2%

1997

204500

48425

23,7%

23596

11,5%

1998

222400

52152

23,5%

24992

11,2%

Moyenne

200506

52129

26,3%

26716

13,7%

Source : Ministère de l’Economie, des Finances et du Budget 1999


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Il ressort de ce tableau que les dépenses totales d’éducation ont un peu baissé par rapport au budget de fonctionnement de l’Etat : 25,6% en 1990 contre 23,5 en 1998 soit un écart de 2,1 points. S’agissant de l’enseignement primaire, la tendance durant la décennie est la même : 13,5% en 1990 contre 11,2 % en 1998 soit 2,3 points d’écart. En valeur relative, le poids moyen des dépenses publiques d’éducation représente 26,3% et celles propres à l’enseignement primaire 13,7%.

Malgré cet apport financier de l’Etat au cours de cette décennie marquée par la dévaluation du franc CFA en 1994, les problèmes d’infrastructures du système éducatif n’ont pas été résolus. Les salaires des enseignants absorbent la quasi-totalité de ces allocations à telle enseigne que les conditions d’encadrement ne se sont guère améliorées. On note l’insuffisance des salles de classe en plus de leur état vétuste. Les enfants sont assis à même le sol par manque de tables-bancs en plus du fait qu’ils sont dépourvus de manuels scolaires et de matériel didactique.

1-2-7-Les enseignants

Dans la précédente décennie, le Congo avait atteint la scolarisation universelle et avait mis beaucoup de moyens autant matériels, financiers qu’humains pour assurer l’acte éducatif dans les écoles primaires. Les enseignants avaient été formés dans les écoles normales d’instituteurs Pour combler le déficit causé dû à la pléthore des effectifs, des solutions hâtives avaient été préconisées comme le recrutement des élèves titulaires du Brevet d’études moyennes générales (BEMG) ou du Brevet d’études du premier cycle (BEPC) pour enseigner dans les écoles primaires Le tableau 9 ci-dessous présente l’évolution du nombre d’enseignants effectivement dans les salles de classe de 1990 à 1998.

Tableau 10 : Evolution des enseignants du primaire de 1990 à 1998

Année

1990

1991

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

Enseignants

7639

7578

7704

7344

6614

6309

6025

6850

6688

Source : Direction des Etudes et de la Planification MEPSSRS 1999

a)- les enseignants ayant des titres académiques requis :

Les enseignants des écoles primaires du Congo ont pour diplôme académique minimum le BEMG ou le BEPC. Le baccalauréat de l’enseignement secondaire constitue le diplôme le plus élevé. Ainsi, l’ensemble des enseignants du primaire au Congo peut être considéré comme ayant des titres académiques requis.

b)- les enseignants certifiés pour enseigner selon les normes nationales :

Quel que soit le niveau académique des enseignants tel que mentionné ci- haut, les enseignants des écoles primaires du Congo sont soit des instituteurs - adjoints soit des instituteurs.

Les instituteurs - adjoints font partie de la catégorie des enseignants ayant comme titre académique le BEMG ou le BEPC. Après une formation avant emploi ou en cours d’emploi, ils obtiennent le certificat de fin d’études des cours normaux (CFECN) qui leur confère ce grade.

Les instituteurs sont d’une part les titulaires du baccalauréat pédagogique obtenu après trois ans de formation au lycée, et d’autre part, les titulaires du BEMG ou du BEPC qui passaient par l’école normale pour une durée de trois et les bacheliers admis dans la même école pour une année. Il leur est délivré le certificat de fin d’études des écoles normales (CFEEN). Les instituteurs - adjoints peuvent devenir instituteurs après un concours par le jeu de la promotion interne. Ils obtiennent après deux ans le certificat d’aptitude pédagogique (CAP).

Le Congo compte à ce jour un peu plus de 15000 instituteurs et instituteurs-adjoints émargeant au budget de l’éducation nationale. Le grade d’instituteurs-adjoints est en voie d’extinction pour laisser la place à celui d’instituteur. Ces dernières années, une catégorie d’enseignants qualifiés d’appelés – volontaires se recrutent parmi les diplômés sans emploi sortis des écoles de formation d’enseignants mais non recrutés dans la fonction publique suite à l’application des mesures d’ajustement structurel. Tous sont titulaires des titres conférant le grade d’instituteurs.

On peut donc considérer que l’ensemble des enseignants est effectivement certifié pour enseigner dans nos écoles primaires. Ces enseignants sont malheureusement mal répartis sur l’étendue du territoire national. Les villes sont mieux loties au détriment des campagnes où l’on note la fermeture de nombreuses écoles faute d’enseignants. Les conflits armés que le pays a connus ont créé une situation de pénurie dans le nord du pays notamment.

La formation initiale des enseignants congolais n’est malheureusement pas appuyée par une formation continue conséquente, malgré quelques stages ponctuels organisés de manière très sporadique à l’occasion de la promotion d’un nouveau manuel. Dans ce cadre, 400 enseignants et personnels d’encadrement ont été recyclés, ce fait est plutôt marginal comparativement au nombre total des enseignants dans les classes.

Les connaissances pédagogiques des enseignants congolais tombent dans l’obsolescence encore que les inspecteurs et conseillers pédagogiques chargés de leur encadrement sont eux-mêmes logés à la même enseigne et manquent de moyens de travail. Cet état de choses pourrait en partie expliquer les raisons des mauvaises prestations des enseignants dans les classes, ce qui a une influence négative sur l’enseignement dispensé donc sur la qualité.

Au total, on compte moins de la moitié des enseignants formés dans les conditions décrites plus haut effectivement dans les classes. Les administrations scolaires au niveau central, régional et local regorgent d’enseignants dont la démotivation et l’inconscience professionnelle ont atteint le paroxysme.

1-2-8- Le nombre d’élèves par maître :

La qualité de l’enseignement dépend non seulement de la disponibilité des salles de classe, du matériel didactique, des manuels scolaires mais aussi et surtout des élèves par maître dont le nombre détermine souvent les résultats scolaires donc la qualité de l’enseignement dispensé.

Tableau 11 : Conditions d’encadrement dans l’enseignement primaire en 1990 et en 1998

Années

Effectifs

Classes

Maîtres

Elèves/ classe

Elèves/ maître.

 

1990

Total

492143

11634

7639

42,6

64,4

Zone urbaine

277120

3306

3334

83,8

83,1

Zone rurale

215023

8328

4305

25,8

49,9

 

1998

Total

427735

10294

6688

41,6

64,0

Zone urbaine

161313

2930

3324

55,0

48,5

Zone rurale

266422

7365

3364

36,2

79,2

Source : Direction des Etudes et de la Planification MEPSSRS 1999

Les effectifs scolaires du primaire ont connu une régression qui se caractérise par un taux d’accroissement moyen annuel est de –1,6% entre 1990 et 1998. Cela a eu une influence diverse sur les conditions d’encadrement de l’enseignement primaire en milieu urbain et en milieu rural. La diminution des salles des classes suite à la vétusté des établissements scolaires aggravée par les destructions dues aux conflits socio-politiques de 1993-1994, 1997 et 1998, a eu pour conséquence l’augmentation du ratio élèves/salle de classe en 1998 (64,4 contre 74,4).

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En milieu urbain, ce ratio est passé de 83,8 en 1990 à 55,0 en 1998. Cela ne saurait être interprété comme étant une amélioration significative des conditions d’encadrement. Cette baisse des ratios n’est malheureusement pas accompagnée de mobiliers scolaires et de manuels pour espérer améliorer la qualité de l’enseignement. Ces moyennes cachent des réalités relatives aux disparités entre petites écoles à maître unique et les écoles pléthoriques des centres urbains.

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Les effectifs scolaires ont régressé en moyenne de –1,6% entre 1990 et 1998. Le nombre d’enseignants effectivement devant les élèves au Congo a lui aussi diminué de manière progressive depuis 1990. Les enseignants qui étaient au nombre de 7639 en 1990 ne sont plus que 6688 en 1998 soit un taux d’accroissement moyen annuel de –1,6 %. 

Le nombre moyen d’élèves par maître est resté à 64 en 1990 et en 1998. En zone urbaine, ce nombre a considérablement décru, avec 83,1 en 1990 contre 48,5 en 1998.En zone rurale, il s’est produit l’effet inverse avec près de 50 élèves par maître en 1990 contre 79,2 en 1998. Cette inversion trouve assurément son explication dans le déplacement massif des population suite aux événements socio-politiques que le Congo a connus.

Ce ratio représente des moyennes nationales qui ne reflètent pas la réalité. En effet, les normes nationales limitent le nombre d’élèves à 60 par maître. Entre 1990 et 1998, cette norme est loin d’être respectée notamment dans les centres urbains où se pratique la double vacation et où plus de 100 élèves peuvent être à la charge d’un seul maître. En zone rurale, le nombre relativement bas d’élèves par maître cache l’existence des classes multigrades de six cours à la charge parfois d’un seul enseignant.

Dans un cas comme dans l’autre, les élèves congolais bénéficient de moins d’attention de la part du maître car ce dernier doit soit s’occuper d’un grand nombre d’élèves soit d’un certain nombre de classe au même moment. Les résultats scolaires dans ces conditions ne sont guère bons et affectent par conséquent la qualité de l’enseignement.

1-2-9- Le taux de redoublement par année d’études

Le maintien des acquis quantitatifs dans l’enseignement primaire  était l’un des objectifs à réaliser avec l’amélioration de la qualité de l’éducation pour tous au Congo. Il s’agissait notamment de réduire le taux de redoublement compté malheureusement parmi le plus élevé du continent africain : 36%. Ce taux révèle des problèmes d’efficacité interne qui caractérisent la faiblesse et la mauvaise qualité du système éducatif congolais dans son ensemble.

Le rendement interne est faible du fait d’une part de la persistance du taux de redoublement supérieur à 30% et d’autre part d’un taux d’abandon qui a vraisemblablement augmenté du fait des circonstances de la guerre et des conditions d’insécurité, alors qu’il était traditionnellement réduit.

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Tableau 12 : Evolution du taux de redoublement dans l’enseignement primaire de 1990 à1995

Année

CP1

CP2

CE1

CE2

CM1

CM2

Total

 

 

1990

Total

38,1

24,8

46,1

39,9

41,1

37,0

38,3

Garçons

39,2

24,5

46,8

40,5

41,3

36,8

38,7

Filles

36,9

25,0

45,4

39,4

40,7

37,2

37,9

Parité

0,9

1,0

1,0

1,0

1,0

1,0

1,0

 

 

1991

Total

36,5

24,3

44,6

40,1

38,0

37,0

37,3

Garçons

37,5

25,3

45,5

40,6

37,7

36,3

37,8

Filles

35,5

23,2

43,6

39,5

38,5

37,8

36,8

Parité

0,9

0,9

1,0

1,0

1,0

1,0

1,0

 

 

1992

Total

33,0

18,8

43,5

31,8

31,8

20,3

32,0

Garçons

33,6

17,8

43,8

33,0

32,0

29,8

32,0

Filles

32,3

20,1

43,2

30,5

31,6

30,8

32,0

Parité

1,0

1,0

1,0

0,9

1,0

1,0

1,0

 

 

1993

Total

35,9

23,1

43,2

38,0

34,5

34,5

35,5

Garçons

35,9

23,4

43,1

38,7

33,8

36,5

35,7

Filles

35,9

22,8

43,1

37,3

35,3

34,5

35,3

Parité

1,0

1,0

1,0

1,0

1,0

1,0

1,0

 

 

1994

Total

34,8

24,7

43,9

36,8

35,1

25,6

34,5

Garçons

35,3

23,5

44,4

37,4

35,0

26,6

35,2

Filles

34,3

23,1

43,4

36,2

35,2

24,6

33,7

Parité

1,0

1,0

1,0

1,0

1,0

1,0

1,0

 

 

1995

Total

35,5

24,7

45,0

37,8

36,3

29,4

35,6

Garçons

37,3

27,3

47,2

39,9

36,6

31,6

37,6

Filles

33,6

21,9

42,5

35,5

35,9

27,1

33,4

Parité

0,9

0,8

0,9

0,9

1,0

0,9

0,9

Source : Direction des Etudes et de la Planification MEPSSRS. 1990

Ce tableau fait ressortir que le taux de redoublement par année d’études est resté très élevé au Congo depuis 1990. La relative baisse observée en 1992 avec 32,0 % n’a rien de significatif car l’objectif visé était de ramener ce taux à 16%.

D’importantes variations sont observées au niveau de chaque année d’études. Les taux les plus forts par rapport à l’ensemble du cycle se trouvent en classe de CE1 avec 45 % en moyenne. Les classes de CP1, CE2, CM1 et CM2 ne sont guère meilleures. Les taux les plus faibles concernent la classe de CP2 où sont enregistrées des situations d’échecs en lecture ; ce qui a des répercussions sur d’autres matières. Les contre-performances des élèves du CE1 pourraient entre autres s’expliquer par le niveau médiocre des promus au sortir de la classe de CP2. Peut-être que les programmes de la classe de CP2 ne préparent pas bien les élèves à affronter la classe de CE1.

S’agissant de la parité entre les filles et les garçons, on note que durant la période, les filles redoublent autant que les garçons sauf en 1995 où la tendance semble se pencher très légèrement en faveur des filles, exception faite de la classe de CM1.

La qualité de l’enseignement primaire est en mise cause depuis longtemps. Les taux de redoublement sont incontestablement très élevés. Ce qui, couplé aux déperditions a pour effet d’accroître le nombre d’années-élèves requis pour chaque élève qui finit le cycle et augmente en conséquence le coût réel de l’éducation. Il est donc difficile de ne pas parler de faillite de l’enseignement primaire au Congo. Le résultat visible est d’accueillir un très grand nombre d’élèves, mais dans des conditions très défavorables et avec des résultats déplorables

Ces taux très élevés posent de manière fondamentale le problème de l’efficacité interne du système éducatif congolais et sont à n’en point douter les indices d’un niveau d’instruction médiocre. Des études plus approfondies devraient être menées pour déterminer les causes du très fort taux de redoublement dans toutes les années d’études et singulièrement en classe de CE1.


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