| L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays | ||
| Congo |
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Source : Direction des études et de la Planification MEPSSRS 1999

Comme le montre le tableau 6 ci-dessus , le nombre de nouveaux entrants au primaire (tous
âges confondus) a connu une baisse entre 1991 et 1995 malgré la hausse observée en 1992
tel lindique le graphique7. La tendance est la même aussi bien pour les garçons
que pour les filles. Le taux daccroissement sest en moyenne situé autour de
1,0% pour les deux sexes avec 0,3% pour les filles et 1,6% pour les garçons. Quant à la
population dâge légal dadmission, les taux moyens daccroissement sont
de 5,1% pour les deux sexes avec 5,3% pour les garçons et 4,8 pour les filles.
Par contre, lanalyse de ce tableau révèle que le taux brut dadmission au primaire a décru en moyenne de 3,9% pour lensemble. Au cours de la période et malgré cette baisse générale, la proportion des garçons inscrits au primaire est plus importante que celle des filles. Lécart entre les deux sexes est de 0,8 en faveur des garçons.
Entre 1991 et 1995, le taux brut dadmission dans lenseignement public a connu une baisse de près de 10 points passant de 67,9% à 58,8%. Cet écart est globalement le même aussi bien pour les garçons que pour les filles (9,6 et 10,4). La baisse du taux brut dadmission ne saurait être interprétée comme une désaffectation des parents et des enfants vis à vis de lécole. Une frange importante de cette génération est inscrite dans lenseignement privé dont les effectifs ne sont pas maîtrisés.
Au regard de cet indicateur, lobjectif de départ relatif à la consolidation des acquis quantitatifs na pas été atteint. La baisse générale des effectifs constatée depuis 1990 sest maintenu rétrécissant du coup laccès, donc la généralisation de lenseignement primaire public au Congo.
1-2-5- Le taux brut de scolarisation dans le primaire
Tableau 7 : Evolution du taux brut de scolarisation dans le primaire entre 1990 et 1998
Année |
Effectifs tous âges |
Population scolarisable |
Taux brut de scolarisation |
Indice de parité Entre les sexes |
|
1990 |
Total | 492143 |
390229 |
126,1 |
0,9 |
| Garçons | 255758 |
194420 |
131,5 |
||
| Filles | 236385 |
195809 |
120,7 |
||
1991 |
Total | 503918 |
404090 |
124,7 |
0,9 |
| Garçons | 269439 |
201746 |
133,6 |
||
| Filles | 234479 |
202344 |
115,9 |
||
1992 |
Total | 490122 |
419772 |
116,8 |
0,9 |
| Garçons | 254348 |
210017 |
121,1 |
||
| Filles | 235774 |
209755 |
112,4 |
||
1993 |
Total | 510223 |
437516 |
116,6 |
0,9 |
| Garçons | 265401 |
219372 |
121,0 |
||
| Filles | 244822 |
218144 |
112,2 |
||
1994 |
Total | 498961 |
457560 |
109,0 |
0,9 |
| Garçons | 259282 |
229872 |
112,8 |
||
| Filles | 239679 |
227688 |
105,3 |
||
1995 |
Total | 511401 |
480848 |
106,4 |
0,9 |
| Garçons | 277514 |
242043 |
114,7 |
||
| Filles | 233887 |
238805 |
97,9 |
||
1996 |
Total | 512935 |
500898 |
102,4 |
0,9 |
| Garçons | 271855 |
252395 |
107,7 |
||
| Filles | 241080 |
248503 |
97,0 |
||
1997 |
Total | 499485 |
522276 |
95,6 |
0,9 |
| Garçons | 264727 |
263449 |
100,5 |
||
| Filles | 234758 |
258827 |
90,7 |
||
1998 |
Total | 427735 |
545106 |
78,5 |
0,9 |
| Garçons | 226700 |
275152 |
82,4 |
||
| Filles | 201035 |
269854 |
74,5 |
||
Source :Direction des Etudes et de la Planification MEPSSRS 1999
De 1990 à 1998, les effectifs de lenseignement primaire public se distinguent par une décroissance dont la moyenne est de 1,7% tous les sexes confondus. La baisse savère plus prononcée chez les filles que les garçons 2,0% contre -1,5%.
Contrairement à la population scolarisée, la population scolarisable (6 à 11 ans) a connu une augmentation au cours de la même période. Les taux daccroissement pour les deux sexes est de 4,3%, avec 4,4% pour les garçons et de 4,1% les filles.
Le taux brut de scolarisation est passé de 126,1% en 1990 à 78,5 en 1998.Il connaît une baisse très sensible. Celle-ci est de 5,8% pour les deux sexes, de -5,9% pour les garçons et de 5,7 pour les filles. Cette décroissance spectaculaire est probablement le résultat dune population scolarisée qui na cessé de diminuer ces dernières années. Les principales causes de la baisse des effectifs dans le public pourraient être imputées à la libéralisation de lexercice de lenseignement par le privé, à la forte proportion des déperditions dues aux abandons, expression de la faiblesse du système éducatif congolais et à la pauvreté des nombreux ménages qui narrivent plus à satisfaire les besoins élémentaires pour la scolarisation de leurs enfants. Par ailleurs, le déplacement massif des populations en raison des conflits armés pourrait être compté parmi les causes de cette baisse. Le Congo reste cependant capable de scolariser la totalité de sa population en âge de fréquenter lécole primaire malgré les conditions dencadrement difficiles.
La parité quant à elle se révèle en faveur des garçons. Même si lécart nest pas grand par rapport à dautres pays dAfrique, laccès des filles à lécole primaire doit nécessairement tendre vers léquité.

Le taux net de scolarisation ne peut être analysé en raison de linexistence des
informations relatives à la répartition par âge. De toute évidence, ce taux qui se
situait il y a quelques années à près de 90 % ne doit pas échapper à la tendance à
la baisse observée pour le taux brut.
1-2-6- Les dépenses déducation
En matière de financement, loptimisation des ressources, laffectation des moyens en fonction des priorités retenues avaient entre autres été arrêtées comme axes prioritaires de léducation pour tous au Congo. Les résultats atteints dans ce domaine vont ressortir dans les lignes suivantes.
Tableau 8 : Evolution des dépenses publiques ordinaires dans le primaire en Pourcentage du PNB et du total des dépenses publiques denseignement et dépenses publiques par élève du primaire en % du PNB par habitant (millions de FCFA)
Année |
Dépenses du primaire |
Dépenses déducation |
PNB |
% des dépenses du primaire |
Dépenses du primaire en % du PNB |
Dépenses publiques par élèves du primaire en % du PNB par habitant |
1990 |
19029 |
36068 |
776100 |
52,8 |
2,5 |
|
1991 |
32619 |
60679 |
746000 |
53,8 |
4,4 |
20,2 |
1992 |
32665 |
64138 |
776000 |
50,9 |
4,2 |
20,6 |
1993 |
28330 |
58392 |
760000 |
48,5 |
3,7 |
18,2 |
1994 |
29038 |
58253 |
964400 |
49,8 |
3,0 |
15,5 |
1995 |
26213 |
51066 |
1003900 |
51,3 |
2,6 |
13,6 |
1996 |
23965 |
39984 |
1293761 |
59,9 |
1,9 |
10,0 |
1997 |
23596 |
48425 |
|
48,7 |
|
|
1998 |
34902 |
52152 |
|
47,9 |
|
|
Source : Ministère de lEconomie, des Finances et du Budget 1999



Après un effort financier remarquable consenti par lEtat juste après 1990, les
crédits alloués à léducation (tous niveaux) et à léducation de base
nont cessé de décroître. En effet, les dépenses publiques ordinaires
déducation ont sensiblement augmenté entre 1990 et 1992 où elles sont passées en
valeur absolue de 36 068 millions de FCFA à 64 138 millions de FCFA, soit un
accroissement de 33,4%. Après 1992, ces dépenses ont continué de baisser juste avant
1998 où une timide reprise est observée. De manière générale, les dépenses
ordinaires déducation ont augmenté en moyenne de 4,7% entre 1990 et 1998
. Parallèlement, les dépenses ordinaires dans le primaire ont évolué à un rythme plus lent de 3,5% en moyenne par an. Cependant, la part des ressources allouées à lenseignement primaire par rapport aux dotations totales réservées à léducation, est passée de 52,8% en 1990 à 47,9% en 1998 soit un écart de presque 5 points.
Les dépenses ordinaires déducation représentent en moyenne 6,1% du PNB et celles de lenseignement primaire 3,2% en moyenne. La part du PNB que lEtat consacre aux dépenses déducation en général et aux dépenses du primaire en particulier connaît une baisse après 1993.
Les pourcentages relatifs au PNB sont faibles. En 1996 les dépenses publiques ordinaires pour lenseignement primaire représentent 1,9% du PNB et celles par élève du primaire représentent 10,0% du PNB par habitant. La faiblesse du taux de scolarisation pourrait être une explication mais il y a lieu de reconsidérer les allocations de ressources dans le secteur de léducation pour redonner la priorité à luniversalisation de lenseignement primaire.
Les dépenses publiques pour lenseignement primaire représentent de 1990 à 1998 51,5% du total des dépenses publiques ordinaires déducation. Lannée 1996 a été la plus favorable avec 59,9% contre 47,9% en 1998.
Ce pourcentage relativement élevé des dépenses publiques consacrées à lenseignement primaire au Congo dénote la priorité accordée à cet enseignement dans les politiques nationales de léducation et dans lallocation des ressources.
Tableau 9 : Poids des dépenses publiques ordinaires déducation dans le budget de fonctionnement de létat. ( millions de FCFA)
Année |
Budget Etat |
Dépenses totales déducation |
Dépenses du primaire |
||
Valeur |
Pourcentage |
Valeur |
Pourcentage |
||
1990 |
141100 |
36068 |
25,6% |
19029 |
13,5% |
1991 |
209427 |
60679 |
29,0% |
32619 |
15,6% |
1992 |
252240 |
64138 |
25,4% |
32665 |
13,0% |
1993 |
205386 |
58392 |
28,4% |
28330 |
13,8% |
1994 |
210000 |
58253 |
27,7% |
29038 |
13,8% |
1995 |
177454 |
52066 |
28,7% |
26213 |
14,8% |
1996 |
182000 |
39984 |
22,0% |
23965 |
13,2% |
1997 |
204500 |
48425 |
23,7% |
23596 |
11,5% |
1998 |
222400 |
52152 |
23,5% |
24992 |
11,2% |
| Moyenne | 200506 |
52129 |
26,3% |
26716 |
13,7% |
Source : Ministère de lEconomie, des Finances et du Budget 1999

Il ressort de ce tableau que les dépenses totales déducation ont un peu baissé
par rapport au budget de fonctionnement de lEtat : 25,6% en 1990 contre 23,5 en
1998 soit un écart de 2,1 points. Sagissant de lenseignement primaire, la
tendance durant la décennie est la même : 13,5% en 1990 contre 11,2 % en 1998 soit
2,3 points décart. En valeur relative, le poids moyen des dépenses publiques
déducation représente 26,3% et celles propres à lenseignement primaire
13,7%.
Malgré cet apport financier de lEtat au cours de cette décennie marquée par la dévaluation du franc CFA en 1994, les problèmes dinfrastructures du système éducatif nont pas été résolus. Les salaires des enseignants absorbent la quasi-totalité de ces allocations à telle enseigne que les conditions dencadrement ne se sont guère améliorées. On note linsuffisance des salles de classe en plus de leur état vétuste. Les enfants sont assis à même le sol par manque de tables-bancs en plus du fait quils sont dépourvus de manuels scolaires et de matériel didactique.
1-2-7-Les enseignants
Dans la précédente décennie, le Congo avait atteint la scolarisation universelle et avait mis beaucoup de moyens autant matériels, financiers quhumains pour assurer lacte éducatif dans les écoles primaires. Les enseignants avaient été formés dans les écoles normales dinstituteurs Pour combler le déficit causé dû à la pléthore des effectifs, des solutions hâtives avaient été préconisées comme le recrutement des élèves titulaires du Brevet détudes moyennes générales (BEMG) ou du Brevet détudes du premier cycle (BEPC) pour enseigner dans les écoles primaires Le tableau 9 ci-dessous présente lévolution du nombre denseignants effectivement dans les salles de classe de 1990 à 1998.
Tableau 10 : Evolution des enseignants du primaire de 1990 à 1998
Année |
1990 |
1991 |
1992 |
1993 |
1994 |
1995 |
1996 |
1997 |
1998 |
Enseignants |
7639 |
7578 |
7704 |
7344 |
6614 |
6309 |
6025 |
6850 |
6688 |
Source : Direction des Etudes et de la Planification MEPSSRS 1999
a)- les enseignants ayant des titres académiques requis :
Les enseignants des écoles primaires du Congo ont pour diplôme académique minimum le BEMG ou le BEPC. Le baccalauréat de lenseignement secondaire constitue le diplôme le plus élevé. Ainsi, lensemble des enseignants du primaire au Congo peut être considéré comme ayant des titres académiques requis.
b)- les enseignants certifiés pour enseigner selon les normes nationales :
Quel que soit le niveau académique des enseignants tel que mentionné ci- haut, les enseignants des écoles primaires du Congo sont soit des instituteurs - adjoints soit des instituteurs.
Les instituteurs - adjoints font partie de la catégorie des enseignants ayant comme titre académique le BEMG ou le BEPC. Après une formation avant emploi ou en cours demploi, ils obtiennent le certificat de fin détudes des cours normaux (CFECN) qui leur confère ce grade.
Les instituteurs sont dune part les titulaires du baccalauréat pédagogique obtenu après trois ans de formation au lycée, et dautre part, les titulaires du BEMG ou du BEPC qui passaient par lécole normale pour une durée de trois et les bacheliers admis dans la même école pour une année. Il leur est délivré le certificat de fin détudes des écoles normales (CFEEN). Les instituteurs - adjoints peuvent devenir instituteurs après un concours par le jeu de la promotion interne. Ils obtiennent après deux ans le certificat daptitude pédagogique (CAP).
Le Congo compte à ce jour un peu plus de 15000 instituteurs et instituteurs-adjoints émargeant au budget de léducation nationale. Le grade dinstituteurs-adjoints est en voie dextinction pour laisser la place à celui dinstituteur. Ces dernières années, une catégorie denseignants qualifiés dappelés volontaires se recrutent parmi les diplômés sans emploi sortis des écoles de formation denseignants mais non recrutés dans la fonction publique suite à lapplication des mesures dajustement structurel. Tous sont titulaires des titres conférant le grade dinstituteurs.
On peut donc considérer que lensemble des enseignants est effectivement certifié pour enseigner dans nos écoles primaires. Ces enseignants sont malheureusement mal répartis sur létendue du territoire national. Les villes sont mieux loties au détriment des campagnes où lon note la fermeture de nombreuses écoles faute denseignants. Les conflits armés que le pays a connus ont créé une situation de pénurie dans le nord du pays notamment.
La formation initiale des enseignants congolais nest malheureusement pas appuyée par une formation continue conséquente, malgré quelques stages ponctuels organisés de manière très sporadique à loccasion de la promotion dun nouveau manuel. Dans ce cadre, 400 enseignants et personnels dencadrement ont été recyclés, ce fait est plutôt marginal comparativement au nombre total des enseignants dans les classes.
Les connaissances pédagogiques des enseignants congolais tombent dans lobsolescence encore que les inspecteurs et conseillers pédagogiques chargés de leur encadrement sont eux-mêmes logés à la même enseigne et manquent de moyens de travail. Cet état de choses pourrait en partie expliquer les raisons des mauvaises prestations des enseignants dans les classes, ce qui a une influence négative sur lenseignement dispensé donc sur la qualité.
Au total, on compte moins de la moitié des enseignants formés dans les conditions décrites plus haut effectivement dans les classes. Les administrations scolaires au niveau central, régional et local regorgent denseignants dont la démotivation et linconscience professionnelle ont atteint le paroxysme.
1-2-8- Le nombre délèves par maître :
La qualité de lenseignement dépend non seulement de la disponibilité des salles de classe, du matériel didactique, des manuels scolaires mais aussi et surtout des élèves par maître dont le nombre détermine souvent les résultats scolaires donc la qualité de lenseignement dispensé.
Tableau 11 : Conditions dencadrement dans lenseignement primaire en 1990 et en 1998
Années |
Effectifs |
Classes |
Maîtres |
Elèves/ classe |
Elèves/ maître. |
|
1990 |
Total |
492143 |
11634 |
7639 |
42,6 |
64,4 |
Zone urbaine |
277120 |
3306 |
3334 |
83,8 |
83,1 |
|
Zone rurale |
215023 |
8328 |
4305 |
25,8 |
49,9 |
|
1998 |
Total |
427735 |
10294 |
6688 |
41,6 |
64,0 |
Zone urbaine |
161313 |
2930 |
3324 |
55,0 |
48,5 |
|
Zone rurale |
266422 |
7365 |
3364 |
36,2 |
79,2 |
|
Source : Direction des Etudes et de la Planification MEPSSRS 1999
Les effectifs scolaires du primaire ont connu une régression qui se caractérise par un taux daccroissement moyen annuel est de 1,6% entre 1990 et 1998. Cela a eu une influence diverse sur les conditions dencadrement de lenseignement primaire en milieu urbain et en milieu rural. La diminution des salles des classes suite à la vétusté des établissements scolaires aggravée par les destructions dues aux conflits socio-politiques de 1993-1994, 1997 et 1998, a eu pour conséquence laugmentation du ratio élèves/salle de classe en 1998 (64,4 contre 74,4).

En milieu urbain, ce ratio est passé de 83,8 en 1990 à 55,0 en 1998. Cela ne saurait
être interprété comme étant une amélioration significative des conditions
dencadrement. Cette baisse des ratios nest malheureusement pas accompagnée de
mobiliers scolaires et de manuels pour espérer améliorer la qualité de
lenseignement. Ces moyennes cachent des réalités relatives aux disparités entre
petites écoles à maître unique et les écoles pléthoriques des centres urbains.

Les effectifs scolaires ont régressé en moyenne de 1,6% entre 1990 et 1998. Le nombre denseignants effectivement devant les élèves au Congo a lui aussi diminué de manière progressive depuis 1990. Les enseignants qui étaient au nombre de 7639 en 1990 ne sont plus que 6688 en 1998 soit un taux daccroissement moyen annuel de 1,6 %.
Le nombre moyen délèves par maître est resté à 64 en 1990 et en 1998. En zone urbaine, ce nombre a considérablement décru, avec 83,1 en 1990 contre 48,5 en 1998.En zone rurale, il sest produit leffet inverse avec près de 50 élèves par maître en 1990 contre 79,2 en 1998. Cette inversion trouve assurément son explication dans le déplacement massif des population suite aux événements socio-politiques que le Congo a connus.
Ce ratio représente des moyennes nationales qui ne reflètent pas la réalité. En effet, les normes nationales limitent le nombre délèves à 60 par maître. Entre 1990 et 1998, cette norme est loin dêtre respectée notamment dans les centres urbains où se pratique la double vacation et où plus de 100 élèves peuvent être à la charge dun seul maître. En zone rurale, le nombre relativement bas délèves par maître cache lexistence des classes multigrades de six cours à la charge parfois dun seul enseignant.
Dans un cas comme dans lautre, les élèves congolais bénéficient de moins dattention de la part du maître car ce dernier doit soit soccuper dun grand nombre délèves soit dun certain nombre de classe au même moment. Les résultats scolaires dans ces conditions ne sont guère bons et affectent par conséquent la qualité de lenseignement.
1-2-9- Le taux de redoublement par année détudes
Le maintien des acquis quantitatifs dans lenseignement primaire était lun des objectifs à réaliser avec lamélioration de la qualité de léducation pour tous au Congo. Il sagissait notamment de réduire le taux de redoublement compté malheureusement parmi le plus élevé du continent africain : 36%. Ce taux révèle des problèmes defficacité interne qui caractérisent la faiblesse et la mauvaise qualité du système éducatif congolais dans son ensemble.
Le rendement interne est faible du fait dune part de la persistance du taux de redoublement supérieur à 30% et dautre part dun taux dabandon qui a vraisemblablement augmenté du fait des circonstances de la guerre et des conditions dinsécurité, alors quil était traditionnellement réduit.


Tableau 12 : Evolution du taux de redoublement dans lenseignement
primaire de 1990 à1995
| Année | CP1 |
CP2 |
CE1 |
CE2 |
CM1 |
CM2 |
Total |
|
1990 |
Total |
38,1 |
24,8 |
46,1 |
39,9 |
41,1 |
37,0 |
38,3 |
Garçons |
39,2 |
24,5 |
46,8 |
40,5 |
41,3 |
36,8 |
38,7 |
|
Filles |
36,9 |
25,0 |
45,4 |
39,4 |
40,7 |
37,2 |
37,9 |
|
Parité |
0,9 |
1,0 |
1,0 |
1,0 |
1,0 |
1,0 |
1,0 |
|
1991 |
Total |
36,5 |
24,3 |
44,6 |
40,1 |
38,0 |
37,0 |
37,3 |
Garçons |
37,5 |
25,3 |
45,5 |
40,6 |
37,7 |
36,3 |
37,8 |
|
Filles |
35,5 |
23,2 |
43,6 |
39,5 |
38,5 |
37,8 |
36,8 |
|
Parité |
0,9 |
0,9 |
1,0 |
1,0 |
1,0 |
1,0 |
1,0 |
|
1992 |
Total |
33,0 |
18,8 |
43,5 |
31,8 |
31,8 |
20,3 |
32,0 |
Garçons |
33,6 |
17,8 |
43,8 |
33,0 |
32,0 |
29,8 |
32,0 |
|
Filles |
32,3 |
20,1 |
43,2 |
30,5 |
31,6 |
30,8 |
32,0 |
|
Parité |
1,0 |
1,0 |
1,0 |
0,9 |
1,0 |
1,0 |
1,0 |
|
1993 |
Total |
35,9 |
23,1 |
43,2 |
38,0 |
34,5 |
34,5 |
35,5 |
Garçons |
35,9 |
23,4 |
43,1 |
38,7 |
33,8 |
36,5 |
35,7 |
|
Filles |
35,9 |
22,8 |
43,1 |
37,3 |
35,3 |
34,5 |
35,3 |
|
Parité |
1,0 |
1,0 |
1,0 |
1,0 |
1,0 |
1,0 |
1,0 |
|
1994 |
Total |
34,8 |
24,7 |
43,9 |
36,8 |
35,1 |
25,6 |
34,5 |
Garçons |
35,3 |
23,5 |
44,4 |
37,4 |
35,0 |
26,6 |
35,2 |
|
Filles |
34,3 |
23,1 |
43,4 |
36,2 |
35,2 |
24,6 |
33,7 |
|
Parité |
1,0 |
1,0 |
1,0 |
1,0 |
1,0 |
1,0 |
1,0 |
|
1995 |
Total |
35,5 |
24,7 |
45,0 |
37,8 |
36,3 |
29,4 |
35,6 |
Garçons |
37,3 |
27,3 |
47,2 |
39,9 |
36,6 |
31,6 |
37,6 |
|
Filles |
33,6 |
21,9 |
42,5 |
35,5 |
35,9 |
27,1 |
33,4 |
|
Parité |
0,9 |
0,8 |
0,9 |
0,9 |
1,0 |
0,9 |
0,9 |
|
Source : Direction des Etudes et de la Planification MEPSSRS. 1990
Ce tableau fait ressortir que le taux de redoublement par année détudes est resté très élevé au Congo depuis 1990. La relative baisse observée en 1992 avec 32,0 % na rien de significatif car lobjectif visé était de ramener ce taux à 16%.
Dimportantes variations sont observées au niveau de chaque année détudes. Les taux les plus forts par rapport à lensemble du cycle se trouvent en classe de CE1 avec 45 % en moyenne. Les classes de CP1, CE2, CM1 et CM2 ne sont guère meilleures. Les taux les plus faibles concernent la classe de CP2 où sont enregistrées des situations déchecs en lecture ; ce qui a des répercussions sur dautres matières. Les contre-performances des élèves du CE1 pourraient entre autres sexpliquer par le niveau médiocre des promus au sortir de la classe de CP2. Peut-être que les programmes de la classe de CP2 ne préparent pas bien les élèves à affronter la classe de CE1.
Sagissant de la parité entre les filles et les garçons, on note que durant la période, les filles redoublent autant que les garçons sauf en 1995 où la tendance semble se pencher très légèrement en faveur des filles, exception faite de la classe de CM1.
La qualité de lenseignement primaire est en mise cause depuis longtemps. Les taux de redoublement sont incontestablement très élevés. Ce qui, couplé aux déperditions a pour effet daccroître le nombre dannées-élèves requis pour chaque élève qui finit le cycle et augmente en conséquence le coût réel de léducation. Il est donc difficile de ne pas parler de faillite de lenseignement primaire au Congo. Le résultat visible est daccueillir un très grand nombre délèves, mais dans des conditions très défavorables et avec des résultats déplorables
Ces taux très élevés posent de manière fondamentale le problème de lefficacité interne du système éducatif congolais et sont à nen point douter les indices dun niveau dinstruction médiocre. Des études plus approfondies devraient être menées pour déterminer les causes du très fort taux de redoublement dans toutes les années détudes et singulièrement en classe de CE1.
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