L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays Page d'accueil du forum mondial sur l'éducation
   République démocratique du Congo
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DEUXIEME PARTIE

7. IMPACT DE LA DECENNIE EPT

7.1. PROTECTION ET EVEIL DE LA PETITE ENFANCE (PEE)

Dans le cadre de la protection de la petite enfance, les activités suivantes ont été réalisées :

Toutefois 15 % d’enfants présentent une insuffisance pondérale à la naissance et 34 % d’enfants âgés de 0 à 5 ans avaient un poids insuffisant entre 1990 et 1997.

Quant au programme d’éveil de la petite enfance, on peut signaler une progression très sensible de nouvelles écoles maternelles du secteur privé, particulièrement en milieu urbain, la publication en 1996 du programme national de l’enseignement maternel, la formation des éducatrices maternelles à l’utilisation de ce programme et la mise sur pied d’un calendrier scolaire unique pour toutes les écoles, y compris les maternelles.

Il n’existe pas de programmes de soins de la petite enfance intégrés à la structure pré-scolaire.

Le programme d’éducation pour la santé et l’environnement (PESE), conçu et mis sur pied dans le cadre de l’objectif « Santé et Education Pour Tous », dispense une formation permettant d’assurer une vie saine aux enfants d’âge scolaire et aux adultes.

      1. POLITIQUE NATIONALE ET OBJECTIF
      2. L’éducation de la petite enfance ou l’enseignement maternel a pour but d’assurer l’épanouissement de la personnalité de l’enfant par une action éducative en harmonie avec le milieu familial et social. Il vise principalement à le rendre apte à suivre l’enseignement primaire. Il est organisé en un cycle facultatif de trois ans pour les enfants ayant trois ans révolus. Tel est l’objectif et la politique du gouvernement pour ce niveau d’éducation (1).

        L’uniformisation des programmes de l’enseignement maternel paraît comme la principale innovation du Gouvernement en faveur de l’enseignement pré-primaire.

      3. TAUX BRUT DE SCOLARISATION DANS LES PROGRAMMES  D'EVEIL DE LA PETITE ENFANCE

      Tableau n°1 : Evolution des taux bruts de scolarisation dans les PEE par sexe 1991/1992 – 1997/1998 (en %)

SEXE

1991/92

1997/98

G/F

1,3

1,5

G

1,4

2,0

F

1,2

1,0

F/M

0,9

0,5

Source : Direction de l’Enseignement Général et Normal

La population âgée de 0 à 5 ans en 1997/98 représente 10,8 % de la population totale. Il ressort de ce tableau que la participation de ces enfants aux programmes d’éveil de la petite enfance est faible. Ce qui montre clairement que ces programmes ne sont pas très développés dans notre pays et les disparités entre sexe a tendance à se creuser. Très peu d’enfants sont préparés à la scolarité primaire. Ceux qui ne suivent pas les programmes sont 68 fois plus nombreux que ceux qui en bénéficient. L’accès a cet enseignement est aussi limite par son coût élevé et son caractère facultatif.

Tableau n°2 : Répartition des effectifs élèves de la maternelle selon la localisation géographique et le type d’établissement.

Année

1994/95

1996/97

D/An en %

D/An

Province

Effectifs

PU + Pr

Effectifs

Privé

% Privé

EFFECTIFS PU + Priv2

Effectifs

Privé

% Prive

Effectifs

PU + PR

Effectifs

Privé

Kinshasa

37600

36359

96,7

54217

52837

97,5

13,0

13,3

Bas-Congo

862

633

73,4

917

675

73,6

2,1

2,2

Bandundu

759

645

85,0

502

400

79,7

- 12,9

- 14,7

Equateur

3633

145

4,0

3939

144

3,7

2,7

- 0,2

Prov.Orientale

1832

702

38,3

2090

825

39,5

4,5

5,5

Nord-Kivu

222

105

47,3

295

180

61,0

9,9

19,7

Sud-Kivu

134

134

100,0

302

302

100,0

31,1

31,1

Maniema

72

72

100,0

120

120

100,0

18,6

18,6

Katanga

1815

1815

100,0

3962

3962

100,0

29,7

29,7

Kasaï-Occid.

953

839

88,0

1110

905

81,5

5,2

2,6

Kasaï-Orient.

2566

2115

82,4

4514

4050

89,7

20,7

24,2

Total

50448

43564

86,4

71968

64400

89,5

12,6

13,9

Source : Direction de l’Enseignement Général et Normal

L’interprétation du tableau n° 2 amène le constat suivant :

7.1.4. Taux de passage

Tableau n°3 : Pourcentage de nouveaux inscrits en première année ayant suivi un programme organisé d’éveil de la petite enfance, par année

scolaire, par sexe et par province (en%)

PROVINCE

1991/92

1997/98

 

 

GF

F

GF

F

KINSHASA

15

14,7

22,9

16,6 %

 

Source : Direction de la Planification et des Statistiques Scolaires.

Cet indicateur n’a pu être calculé que pour la Ville de Kinshasa. Il s’est posé un problème de collecte des données pour obtenir toutes les informations nécessaires au calcul de cet indicateur pour les autres provinces.

Il résulte toutefois que sur 100 élèves inscrits en 1ère année primaire à Kinshasa, 23 seulement ont suivi un programme organisé d’éveil de la petite enfance. Si la ville de Kinshasa qui organise plus de 90 % (1) de classe de la maternelle par rapport à d’autres provinces, présente ce faible taux de passage, que dire alors du reste des provinces ?

      1. LEÇONS A TIRER

Au sujet des obstacles à la parité dans le sexe, il est observé ce qui suit :

A l’avenir, les défis suivants sont à relever :

7.2. ENSEIGNEMENT PRIMAIRE

7.2.1. Taux brut d’admission

Tableau n° 4 : Evolution des taux bruts d’admission par sexe entre 1987/88 et 1993/94 (en%)

ANNEE SCOLAIRE

GF

G

F

INDICE DE

PARITE

1987/88

 

1993/94

82,5

 

85,2

90,2

 

92,2

62,5

 

78,1

0,7

 

0,8

Source : Direction de la Planification et des Statistiques Scolaires

il se dégage de ces données que les taux bruts d’admission augmentent au rythme annuel moyen de 0,8 % correspondant à ¼ du taux de croissance démographique annuelle. Le taux brut d’admission pour les filles est, à toutes les années, est inférieur à celui des garçons mais le rythme de sa croissance est à l’avantage des filles.

L’indice de parité entre les filles et les garçons est passé de 0,7 à 0,8. Ce qui relève la persistance des disparités entre les sexes. Il convient toutefois de noter que malgré ces progrès, 14,8 % d’enfants, soit près de 1 enfant sur 5, n’accèdent pas à l’école. Bien que ne disposant pas des informations chiffrées, l’accès à l’enseignement primaire serait en détérioration entre 1994 et 1999 suite à la crise socio-économique que connaît le pays laquelle engendre l’incapacité des parents à faire face aux charges de la scolarité et celle de l’Etat à augmenter la capacité d’accueil.

        1. EVOLUTION DES TAUX BRUTS D’ADMISSION SELON LA LOCALISATION GEOGRAPHIQUE ET LE SEXE

L’absence des données détaillées par province n’a pas permis de présenter cette évolution. Il faut cependant retenir que les disparités entre les sexes sont importantes et semblent persister. Ces disparités observées dès l’entrée à l’école se maintiendront durant tout le cycle.

7.2.2. TAUX NET D’ADMISSION

Tableau n° 5 : Evolution des taux nets d’admission par sexe (en%)

SEXE

1987/88

1994/95 *

GF

G

F

Indice de parité

44,0

49,3

38,7

0,8

22,5

26,1

18,7

0,7

Source : Direction de la Planification et des Statistiques Scolaires

* Enquête nationale sur la situation des femmes et des enfants au Zaïre ( Congo) en 1995.

Ces informations indiquent que les taux nets d’admission sont en train de baisser de 8 % par an pour les deux sexes confondus. Cette régression est par ailleurs plus élevée chez les filles (-8,6 % par an) que chez les garçons.

En comparant les taux bruts et les taux nets d’admission, on remarque que les premiers augmentent tandis que les seconds décroissent. On remarque que les entrées tardives et précoces sont plus importantes en 1987/88 qu’en 1994/95. Ce phénomène a tendance à se développer et davantage chez les filles.

Tableau n° 6 : Répartition des élèves selon l’âge d’entrée à l’école primaire par milieu de résidence et par sexe (en %) en 1995.

Age d’entrée

Urbain

Rural

Ensemble

 

G F GF

G F GF

G F GF

 

Moins de 6 ans

 

6 ans

 

plus de 6 ans

8,1 10,1 9,2

 

60,7 56,8 58,7

 

31,2 33,1 32,2

 

2,2 2,3 2,2

 

25 22,1 23,7

 

72,8 75,6 74,1

 

4,1 5,4 4,7

 

36,7 35,7 36,2

 

59,2 58,9 59,1

 

Total

 

 

100 100 100

 

100 100 100

 

100 100 100

 

Source : Enquête nationale sur la situation des femmes et des enfants au Zaïre en 1995.8.6.9.

Ce tableau montre que seulement 36 enfants sur 100 sont entrés à l’école à 6ans(*). La situation par

milieu de résidence des élèves signale qu’environ 59 élèves sur 100 du milieu urbain sont entrés à l’école à l’âge légal tandis qu’en milieu rural il n y a que 24 enfants qui accèdent à l’école à cet âge. Les grandes distances entre l’école et la maison peuvent être parmi les facteurs explicatifs.

* 6 ans = âge officiel d’entrée en 1ère année primaire.

7.2.3. TAUX BRUT DE SCOLARISATION

        1. EVOLUTION DES EFFECTIFS TOTAUX D’ELEVES ET DE LA POPULATION SCOLARISABLE

Tableau n° 7 : Evolution des effectifs totaux d’élèves par sexe.

SEXE

1987/88

1997/98

D /AN

GF

G

F

Indice de parité

4 356 515

2 511 771

1 844 744

0,7

4 827 679

2 776 487

2 051 192

0,7

1,03

1,0

1,1

 

 

Source : Direction de la Planification et des Statistiques Scolaires.

Tableau n° 8 : Evolution de la population scolarisable

SEXE

1987/88

1997/98

D /AN

 

GF

G

F

Indice de parité

 

5 720 193

2 850 222

2 869 971

1,007

 

7 957 294

3 963 954

3 993 340

1,007

 

 

3,3

3,3

3,3

Source : Estimations de la Direction de la Planification à partir des résultats  du Recensement scientifique de 1984

 

Le tableau n° 7 et 8 renseignent que la croissance annuelle moyenne des effectifs élèves est inférieure à celle de la population scolarisable (6-11 ans). L’indice de parité est resté presqu’infléxible pour les deux cas. Cependant, la croissance annuelle moyenne des effectifs filles paraît légèrement supérieure à celle des effectifs garçons.

Tableau n° 9. : Evolution des taux bruts de scolarisation (en %)

SEXE

1990/91

1997/98

D /AN

 

GF

G

F

Indice de parité

 

72,3

83,2

61,4

0,73

 

60,7

70,0

51,4

0,73

 

- 2,5

- 2,4

- 2,5

Source : Direction de la Planification et des Statistiques Scolaires.

On observe que les taux bruts de scolarisation ont baissé. Le rythme de décroissance annuelle est estimé à 2,5 % pour les deux sexes confondus. L’écart entre les taux par sexe est important et se maintient au même niveau. Le fléchissement du taux brut de scolarisation s’explique par le fait que la croissance de la population scolarisable est supérieure à celle des effectifs élèves.

L’inadéquation observée entre la croissance économique (PNB entre 1990-1996 : - 2,1 %)* et la croissance démographique (3,4 %) ainsi que la dégradation continue des infrastructures en place justifient aussi la situation relevée ci-dessus. C’est grâce à l’apport des promoteurs des écoles privées que ce taux se trouve encore à son niveau actuel. Ainsi, l’objectif visé de 80 % de scolarisation au primaire n’a pas été atteint.

Tableau n° 10 : Taux brut de scolarisation par province et par sexe (en %)

PROVINCE

1990/91

1993/94

1997/98

INDICE DE PARITE EN 1997/98

GF

F

GF

F

GF

F

KINSHASA

BAS-CONGO

BANDUNDU

EQUATEUR

PROVINCE-ORIENT

MANIEMA

NORD-KIVU

SUD-KIVU

KATANGA

KASAI-ORIENT

KASAI-OCCID.

 

73,1

94,3

75,4

76,1

71,1

68,1

55,2

64,7

79,1

64,0

78,2

 

71,6

83,1

65,6

59,2

54,5

57,8

46,1

52,5

64,9

53,2

65,8

66,6

89,5

80,5

75,1

69,9

97,5

48,1

60,5

69,6

69,9

71,8

63,1

79,1

70,2

58,7

60,2

81,2

35,3

48,6

58,9

59,8

60,0

58,0

75,6

79,8

65,2

61,5

64,5

43,0

51,4

50,3

66,4

55,4

58,0

68,5

68,5

60,5

51,5

53,8

31,5

40,3

42,5

55,9

43,9

1

0,83

0,75

0,86

0,72

0,71

0,58

0,64

0,73

0,73

0,66

R.D.C.

72,3

61,4

70,9

60,2

60,7

51,4

0,73

Source : Direction de la Planification et des Statistiques Scolaires.

On constate, d’une façon générale, un fléchissement des taux bruts de scolarisation. La régression annuelle moyenne de ce taux est de 2,5 % indistinctement de sexe. La situation de la scolarisation au niveau des provinces se présente différemment d’une province à l’autre, mais elle est plus préoccupante au Nord-Kivu où ce taux se situe aujourd’hui à moins de 50 %. Des hypothèses peuvent être émises pour expliquer la situation  constatée au Nord-Kivu. D’une part l’élevage de gros bétail où les enfants sont souvent affectés à la surveillance et d’autre part les conflits armés qui se succèdent dans la région depuis l’accession du pays à l’indépendance. Pour le Katanga on peut évoquer les troubles socio-politiques de 1992-1993 qui ont provoqué le déplacement des populations d’origine kasaïenne vers les deux provinces du Kasaï. La baisse généralisée des taux de scolarisation pourrait s’expliquer par le fait que presque tout le poids de fonctionnement des écoles tant publiques que privées repose sur les parents.

Si cette tendance persiste, la République Démocratique du Congo risque de se retrouver avec un taux brut de scolarisation inférieure à 50 % avant l’an 2005.

Les écarts de scolarisation entre les sexes persistent et sont importants entre les provinces. L indice de parité varie entre 0,6 au Nord-Kivu et 1 à Kinshasa.

D’une façon générale, les disparités inter-provinciales sont justifiées par la différence observée dans la répartition spatiale des écoles, faute d’une carte scolaire élaborée, exécutée et mise constamment à jour conformément à une politique éducative juste et équitable. Il y a lieu de noter également les facteurs socioculturels et socio-économiques. Toutes les contraintes relevées plus haut obligent les familles à sélectionner les enfants qui doivent aller à l’école. Dans la plupart de cas, ce sont les filles qui sont les premières victimes.

Quant à la scolarisation des filles, la situation est très alarmante dans les Provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, du Katanga et du Kasaï-Occidental.

Tableau n° 11 : Evolution des effectifs scolaires selon les provinces et le sexe

Année Scolaire.

Province1990/91

    D /AN  

GF

F

% F

GF

F

% F

GF

F

KINSHASA

BAS-CONGO

BANDUNDU

EQUATEUR

PROV.ORIENTALE

NORD-KIVU

SUD-KIVU

MANIEMA

KATANGA

KASAI OCCIDENT.

KASAI ORIENTAL

480 063

385 124

576 910

521 030

487 253

284 801

288 249

113 176

700 699

364 519

360 606

238 800

169 551

253 412

203 182

205 626

119 229

117 399

48 172

287 122

153 270

149 215

49,7

44,0

44,0

39,0

42,2

42,0

40,7

42,6

41,0

42,0

41,4

562 815

369 698

734 769

548 219

542 774

288 718

296 953

127 004

566 507

310 466

479 756

285 177

167 246

318 594

212 799

228 494

106 214

116 642

53 084

239 042

122 839

201 061

50,6

45,2

43,4

38,8

42,1

36,8

39,3

41,8

42,2

39,6

42,0

2,3

- 0,6

3,5

0,7

1,6

0,2

0,4

1,7

- 3,0

- 2,3

4,6

2,6

- 0,2

3,3

0,7

1,5

- 1,6

- 0,1

1,4

- 2,6

- 3,1

4,4

R.D.C.

4562 430 1944978 42,6 4 827 679 2051 192 42,5 0,8 0,8

Source : Direction de la Planification et des Statistiques Scolaires, estimations.

L’évolution des effectifs reprise au tableau 11 signale que la croissance annuelle pour les deux sexes confondus n’atteint pas 1%. Les effectifs ont différemment évolué d’une province à l’autre.

Dans certaines provinces, la situation se détériore, tels sont les cas de Bas-Congo, Katanga et Kasaï occidental. Pour les filles, la situation est préoccupante dans les provinces de Bas-Congo, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Katanga et Kasaï Occidental.

Quant à la participation des filles à l’éducation, en dehors de Kinshasa où la parité est observée dans la scolarisation, la situation reste en défaveur des filles dans les autres provinces où elles accusent un retard par rapport aux garçons.


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