L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays Page d'accueil du forum mondial sur l'éducation
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7.3 EDUCATION NON FORMELLE

Tableau n° 24 : Taux d’alphabétisme des adultes (15 ans et plus) par année civile, par sexe et par Province (en %).

 

R.D.C.

1990

1995

HF

F

HF

F

71,8

32,9

67,3

54,1

Source : (1995) : Enquête sur la situation des femmes et des enfants au Zaïre en 1995. P. 66

(1990) : Rapport mondial sur le développement humain/PNUD, série 1990-1998

Ces taux accusent une décroissance annuelle de 0,9 % pour les deux sexes pris ensemble. Quant aux femmes, on assiste à une progression annuelle de 4,2 %. Cet effort de réduction de taux d’analphabétisme féminin serait dû aux activités intégrées de développement menées par les ONG et les confessions religieuses. On note toutefois que les femmes sont plus touchées par l’analphabétisme (46 % en 1995). Bien que le taux d’analphabétisme des hommes décroisse, celui-ci reste cependant supérieur à celui des femmes.

Il convient aussi de retenir que l’objectif visé de réduire de 15 % le taux d’analphabétisme des femmes a été largement dépassé.

Tableau n° 25 : Taux d alphabétisation des adultes en 1995 (en %)

PROVINCE

H

F

HF

INDICE DE PARITE

Kinshasa

Bas-Congo

Bandundu

Equateur

Prov.Oriental

Ex Kivu

Katanga

Deux Kasaï

RDC

96,8

90,5

85,4

75,4

70,9

73,3

87,6

84,5

82,5

89,2

69,0

56,1

36,1

42,1

34,7

55,4

55,2

54,1

92,6

79,1

69,6

55,2

55,1

52,9

70,5

68,9

67,3

0,92

0,76

0,66

0,48

0,59

0,47

0,63

0,65

0,66

Source : Enquête nationale op.cit.p.66

Il ressort de ce tableau que les hommes sont plus alphabétisés que les femmes. L’indice de parité varie de 0,47 à l’ex KIVU à 0,92 à Kinshasa. L’ex KIVU et l’Equateur présentent des taux inférieurs à 50 %. Chez les hommes, les taux les plus élevés ont été enregistrés à Kinshasa et au Bas-Congo tandis que les taux les plus faibles sont signalés dans la province orientale et l’ex Kivu.

Chez les femmes, l’analphabétisme est préoccupant. A l’exception de Kinshasa où ce taux se situe à 10,8 %, dans toutes les autres provinces on enregistre des taux élevés d’analphabétisme (entre 31 et 65,3 %).

Taux d’analphabétisme

Tableau n° 26 : Taux d’analphabétisme par milieu et par sexe (en %).

Milieu + Sexe

Taux

Urbain

Rural

Ensemble

H

F

T

H

F

T

H

F

T

Taux

3,3

12,9

8,5

23,4

59,9

42,8

17,5

46,0

32,8

Source : UNICEF – Gouvernement : Instruction et fréquentation scolaire, août 1995, p.2.

Il découle des données de ce tableau qu’il y a une forte proportion d’analphabètes davantage en milieu rural qu’en milieu urbain. L’analphabétisme est plus accentué chez les femmes dans les deux milieux. Le taux féminin en milieu rural est presque quatre fois celui des femmes urbaines.

La disparité selon le sexe et le milieu combinés est importante lorsqu’on constate en effet que les femmes analphabètes en milieu rural sont dix-huit fois plus nombreuses que les hommes en milieu urbain.

Programmes d’alphabétisation

Le service public exploite quatre programmes et en expérimente trois, soit un total de sept programmes liés essentiellement à la santé et à la nutrition, à l’hygiène et à l’agriculture, à la planification familiale, aux français et au civisme.

Ces programmes couvrent l’ensemble du pays, mais actuellement, les activités sont réduites.

FORMATION A DES COMPETENCES ESSENTIELLES

En République Démocratique du Congo, la formation à des compétences essentielles est en expansion. Elle est assurée par des structures d’encadrement publiques et privées disséminées à travers toutes les provinces. Ces activités visent toutes les couches de la population et elles sont essentiellement orientées pour une prise en charge personnelle.

7.3.2.1. SECTEUR DE L’EDUCATION

7.3.2.1.1. Structures publiques

Des actions de formation sont assurées par les ministères ci-après :

Ces actions de savoir-faire concernent les domaines suivants :

A titre d’exemple, le ministère de la jeunesse a formé de 1994 à 1998 environ 60240

adolescents et adultes dans les domaines cités ci-dessus. Le ministère de la santé avec certains particuliers assurent la formation du personnel médical.

  1. Structures privées

En ce qui concerne les structures privées, ces actions sont menées par :

Les domaines de formation touchés par leurs actions sont les suivantes :

La fédération des femmes protestantes par exemple, a formé :

  1. SECTEUR DE LA SANTE

Le ministère de la santé organise 306 zones de santé à travers tout le pays. Ces zones de santé ont pour tâche : la formation permanente des femmes en matière de la nutrition, de la vaccination, de la planification familiale, des consultations prénatales, des soins de santé primaires, des matrones (accoucheuses traditionnelles) pour les premiers soins dans les campagnes.

Le Projet SIDA et quelques ONG œuvrent ensemble dans le programme de lutte contre les maladies sexuellement transmissibles et dans la prévention contre le SIDA et les drogues.

7.3.2.3. SECTEUR DE LA PRODUCTION

Les activités liées à l’amélioration de la production sont menées conjointement par le Ministère de la Reconstruction Nationale, les ONG et les particuliers. Elles se rapportent aux domaines ci-dessous :

A titre indicatif, la fédération des femmes protestantes a formé 906 femmes de 1990 à 1999 en savonnerie et salaison, tandis que le mouvement de la jeunesse adventiste a formé entre 1996 et 1997 417 jeunes dans la fabrication des jus.

Entre 1997 et 1998, ils ont aussi formé 800 jeunes dans la fabrication des désinfectants.

EDUCATION POUR UNE VIE MEILLEURE

Ce type d’éducation est rendu possible grâce aux médias électroniques, aux imprimés et aux théâtres. La République Démocratique du Congo compte aujourd’hui :

En ce qui concerne le programme radio (publique et privée) les

émissions éducatives diffusées représentent 41,46 % de programme d’ensemble entre 1997 et 1998 soit 1350 émissions pour 546 heures 24 minutes reparties de la manière suivante :

Quant aux programmes de Télévision ; on compte 404 heures 35 minutes, soit 14,4 % de l’ensemble des programmes consacrés aux émissions éducatives.

Il convient de noter que 22 heures d’émission par semaine soit 88 heures par mois sont réservées aux émissions éducatives.

Les contenus des programmes de la Radio Nationale par exemple concernent les émissions suivantes.

      1. Allo ! les jeunes, diffusé en 30’
      2. La voix de l’enfant 30’
      3. L’enfant dans son milieu 30’
      4. Tribune de la jeunesse 30’
      5. La demi-heure de l’enseignant 30’
      6. Le boulevard des Enfants 30’
      7. L’éducation à la vie 30’

8) Antenne scolaire (en français) 30’

9) Education et société en 4 langues nationales 30’

10) Droit et devoirs du citoyen (en français et en langue nationale 35’

11) A l’école de la démocratie (en français et en 4 langues nationales) 30’

12) Profil du Congo (en français en 4 langues nationales) 40’

13) Les grands moments de l’histoire ( en français et en 4 langues nationales) 30’

14) Chronique : une page d’histoire : (4 fois par semaine) 5’

15) Visa pour la santé (en français) 30’

16) Santé pour tous (en français) 15’

17) Chronique santé ( en français) 5’

18) Société nouvelle ( en français) 55’

19) L’espace féminin (en français) 30’

20) Alphabétisation des adultes en français et 4 langues nationales 30’,

émission coproduite avec les affaires sociales.

21) Développement rural avec plusieurs chroniques en français et 4 langues

nationales avec trois rubriques 15’

Õ le courrier du paysan en français et lingala 25’

Õ la demi-heure du paysan en français 30’

Õ chronique radio-rurale 15’

22) Notre environnement en français 30’

En plus de ces programmes susmentionnés, il convient d’ajouter les pièces théâtrales diffusées sur toutes les chaînes télévisées et Stations de radio. Ces pièces sont présentées en langues nationales et en français. Elles passent souvent aux environs de 21 heures.

Il y a lieu de noter aussi que certains centres tels que Centre Education à la vie et le Centre Bomoto organisent des activités spécifiquement liées à l’éducation à la vie. Entre 1994 et 1999 le Centre d’éducation à la vie a formé 58768 personnes à Kinshasa et dans les provinces sur le SIDA, les MST… tandis que le centre Bomoto en avait formé de 1998/1999 651 400 jeunes sur les mêmes sujets.

Compte tenu des difficultés du moment, la fréquentation des bibliothèques tant publiques que privées diminue de plus en plus. Mais, on remarque aussi que la population s’intéresse davantage à la lecture de la Bible. Pour des raisons avancées plus haut, il sied de signaler que la disponibilité des bibliothèques et l’accès aux journaux sont limités.

8. EFFICACITE DE LA STRATEGIE DE L’EPT

La République Démocratique du Congo s’efforce de remplir les engagements pris à l’issue de la Conférence de Jomtien. C’est dans ce sens qu’une stratégie a été mise sur pied à l’issue de la Table Ronde de N’Sele en 1991. Mais celle-ci était trop ambitieuse. Elle n’a pas tenu compte des effets de la crise que connaît le pays.

Aussi, sa mise en œuvre a souffert du manque de ressources. Car, au départ, on n’avait pas ciblé ou identifié les ressources pouvant aider les ministères et le comité de suivi à organiser des activités.

Il y a lieu de reconnaître que les résultats obtenus sont proportionnels aux efforts consentis. C’est ainsi qu’on peut épingler quelques-uns :

9. PRINCIPAUX PROBLEMES RENCONTRES ET PREVUS

Les principales difficultés rencontrées dans la mise en œuvre des programmes d’éducation pour tous se résument en ces points :

D’autres problèmes risquent encore de freiner les efforts déployés :

10..PRISE DE CONSCIENCE COLLECTIVE, VOLONTE POLITIQUE ET CAPACITES NATIONALES

Il y a une forte demande d’éducation fondamentale. Car, au niveau primaire, on rencontre des classes pléthoriques surtout en milieu urbain et semi-urbain. Du côté non formel, un engouement est observé de la part des jeunes filles et garçons ainsi que des femmes pour bénéficier de l’éducation fondamentale. Les parents des élèves continuent à prendre en charge le financement des écoles tandis que les promoteurs privés prennent la relève suite aux difficultés actuelles de l’Etat. Et, cela malgré la crise profonde qui frappe la population.

Après la Table Ronde de N’sele, le Ministre de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel a pris la décision n° MINEPSP/CABMIN/001/0124/91 du 13.02.1991 pour mettre en place le comité de suivi devant coordonner toutes les activités de l’EPT. Le plan triennal du Gouvernement ainsi que le Plan-cadre de reconstruction du système éducatif reprennent l’Education Pour Tous comme étant l’une des priorités de reconstruction nationale. Le bilan de l ‘EPT établi par l’Etat Congolais et suivi d’un plan d’action pour la prochaine décennie, sont autant d’actes positifs qui témoignent la volonté politique bien que celle-ci ne soit pas suivie d’octroi des ressources indispensables.

Les ressources humaines capables de mener et de conduire différentes actions pouvant rendre l’EPT une réalité au Congo sont disponibles. Cependant, les capacités nationales sont limitées en ce qui concerne la mobilisation des ressources financières et matérielles nécessaires.


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