L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays Page d'accueil du forum mondial sur l'éducation
   Côte d'Yvoire
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DEUXIEME PARTIE : SECTIONS ANALYTIQUES

VI – PROGRESSION VERS LES BUTS ET LES OBJECTIFS

Après la présentation des objectifs généraux de l’Education Pour Tous, l’analyse des données statistiques disponibles nous permettra de déterminer la progression vers les buts et objectifs de l’Education Pour Tous de 1990 à 1999, objectifs définis à la Conférence mondiale de l’EPT de Jomtien, au paragraphe 08 du cadre d’action.

A) PROTECTION ET EVEIL DE LA PETITE ENFANCE

L’objectif défini par l’EPT est  l’expansion des activités de protection et d’éveil de la petite enfance, y compris les interventions au niveau de la famille ou de la communauté, particulièrement en faveur des enfants pauvres, défavorisés et handicapés.

En Côte d’Ivoire, la petite enfance constituée par les enfants de 0 à 8 ans représente environ 4 747 000 enfants sur une population estimée à 17 190 000 habitants en 1999 (Source : Institut National de Statistique).

Sur cette tranche de population d’enfants, environ 3.6 % d’entre eux sont pris en charge dans les structures formelles de l’enseignement préscolaire (en 1993-94, ces enfants encadrés représentaient 1,8 %) et 96.4% évoluent dans le cadre familial, dans les structures non formelles et informelles.

Dans l’optique de sensibiliser la population à la protection et à l’éveil de la petite enfance au sein de structures formelles, plusieurs séminaires et ateliers ont été organisés sur :

1 - LES STRUCTURES D’ENCADREMENT ET DE PROTECTION DE LA PETITE ENFANCE

Plusieurs structures de développement et de protection de la petite enfance ont été mises en place pour dispenser une éducation préscolaire selon un programme bien adapté. Ces structures sont reparties dans le secteur étatique, para-Étatique, privé (laïc et confessionnel), informel et associatif (ONG).

a) - SECTEUR ETATIQUE

g Ministère de la Santé Publique

Ce Ministère développe une approche communautaire de l ‘encadrement de la petite enfance basée sur le développement des structures d’accueil. Cette approche intègre les préoccupations de suivi, de protection, et de développement de l’enfant ainsi que celles des familles.

Sur l’ensemble du territoire national, on dénombre :

formations sanitaires tant urbaines que rurales.

Tous ces centres dispensent des soins et sensibilisent à la protection de la petite enfance (cf Tableau N°2 en annexe)

 

A la lecture de ces graphiques, on note une évolution des structures sanitaires. Le nombre des PMI et des SSSU passe de 63 en 1970-1979 à 86 en 1990-1996, soit un taux d’évolution de 73,25%.

En effet, la création de l’Institut National de la Santé Publique en 1970 a donné une nouvelle impulsion à la politique d’éducation sanitaire et de protection de la petite enfance. Toutefois il faut noter le rôle très important des municipalités, dans la construction des structures à partir des années 80.

tableau N°3 Evolution du Suivi Nutritionnel des Enfants de 0 à 8 ans de 1995 à 1997

REGIONS

Districts

1995

1996

1997

ENN MND Total MND % ENN MND Total MND % ENN MND %
MOYEN COMOE

1

25438

575

26013

2,21

26830

1438

28268

5,09

13018

1,98

LAGUNES

1

0

#DIV/0!

28625

866

29491

2,94

23030

3,37

ZANZAN

2

16358

1161

17519

6,63

3178

2713

5891

46,05

2472

11,30

VALLEE BANDAMA

2

17594

561

18155

3,09

55207

1138

56345

2,02

29340

2,00

HAUT SASSANDRA

3

108351

9703

118054

8,22

125934

6477

132411

4,89

30573

4,01

SAVANES

3

10856

1127

11983

9,40

21276

1915

23191

8,26

9494

8,82

MONTAGNES

3

2261

220

2481

8,87

6606

371

6977

5,32

5410

11,60

DENGUELE

1

2520

327

2847

11,49

2427

333

2760

12,07

2242

6,66

BAS CAVALLY

4

4340

527

4867

10,83

13340

989

14329

6,90

5827

7,83

LACS

1

5623

747

6370

11,73

9579

647

10226

6,33

4786

6,72

SUD COMOE

1

15668

347

16015

2,17

11417

542

11959

4,53

4442

2,97

AGNEBY

1

0

#DIV/0!

32890

2083

34973

5,96

45605

4,41

SUD BANDAMA

2

22018

687

22705

3,03

13605

717

14322

5,01

6190

7,54

N'ZI COMOE

1

25100

842

25942

3,25

22835

641

23476

2,73

14607

3,32

MARAHOUE

1

13273

1495

14768

10,12

17719

1455

19174

7,59

20501

5,92

WORODOUGOU

2

1803

320

2123

15,07

3799

251

4050

6,20

3353

7,04

ENSEMBLE

29

271203

18639

289842

6,43

395267

22576

417843

5,40

220890

4,61

Source : MSP

ENN = Etat Nutritionnel Normal MND = Malnutrition Non Dépistée

Parmi toutes les stratégies d’éducation sanitaire, le programme nutritionnel des enfants de 0 à 8 ans a retenu notre attention .L’analyse des statistiques montre que la situation nutritionnelle de l’enfant n’est pas encore satisfaisante sur l’ensemble des structures ; même si l’état normal de nutrition connaît une hausse (92,93%), on note que beaucoup reste à faire au niveau des mentalités pour réduire le taux de malnutrition dépisté qui demeure encore notable (7,07%).

Selon une étude menée au service de pédiatrie du CHU de Treichville en 1993 la malnutrition représentait 3,12% de tous les états morbides et occupait le 4ème rang dans les causes de mortalité enregistrées dans ce service.

De façon générale, plusieurs facteurs sont liés aux problèmes nutritionnels de l’enfant. On peut citer :

g Ministère de l’Education Nationale et de la Formation d Base

Indicateur 1 : Taux brut d’inscription aux programmes d’éveil de la petite enfance, dans les secteur public, privé et communautaire, exprimé en pourcentage du groupe d’âge officiel concerné, s’il en existe un, ou sinon, du groupe d’âge de 3 à 5 ans.

De 108 en 1976-1977, le nombre de classes dans l’enseignement préscolaire est passé à 390 en 1989-1990, soit un taux d’accroissement moyen de 10,3. De 1990 à 1996 , on est passé de 390 à 1 148 classes, soit un taux d’accroissement moyen de 19,7% en seulement 6 ans.

De façon générale, toutes les régions sont couvertes en structures d’encadrement de la petite Enfance. Mais, on note que ces structures sont inégalement réparties sur l’ensemble du territoire(86 écoles à Abidjan contre 05 à San-Pédro). Toutefois une nette amélioration se fait sentir entre 1996 et 1998 où l’on passe de 187 à 226 écoles.

A l’image des structures, les effectifs ont progressé dans les proportions suivantes :

Voir tableau N°5 (annexe) Répartition Régionale des Ecoles Préscolaire de 1996-97 à 1997-98

Tableau N 4 Evolution des effectifs élèves de 1991/92 à 1997/1998

Ces graphiques nous permettent de constater une évolution quantitative régulière des effectifs élèves au niveau de l’enseignement préscolaire. Il révèle également un équilibre entre les effectifs filles et garçons en 97-98; il n’existe plus de disparité de genre au niveau de ce degré d’enseignement, et cela grâce aux efforts conjugués du gouvernement et des différents partenaires au développement dont :

En dépit des variations des effectifs d’une région à une autre (tableau N°4 annexe), la Côte d’Ivoire est couverte dans les dix régions en structures d’encadrement de la petite enfance.

L’enseignement préscolaire qui est un phénomène essentiellement urbain (61,7% a Abidjan et 10,2% a Bouaké), est l’ordre d’enseignement le moins bien réparti. Les données révèlent d’importantes disparités entre les régions. On observe qu’il est :

- plus développé dans le privé que dans le public ;

g Le Ministère de l’Emploi, de la Fonction Publique et de la Prévoyance Sociale

Ce département conduit également une politique de protection et d’éveil de la petite enfance par l’entremise des structures de base qui initient et exécutent des programmes ; on dénombre pour 1999 :

* 56 Centres sociaux dont les activités consistent en des séances de pesées, de vaccination, d’éducation nutritionnelle et de mobilisation sociale.

* 115 Centres de Protection de la Petite Enfance (CPPE) dont 75 privés, et 40 publics encadrent 13 885 enfants de 0 à 6 ans

* 06 pouponnières d’une capacité totale de 435 places encadrent 192 pensionnaires.

* 02 Orphelinats d’une capacité totale de 430 places encadrent 312 pensionnaires soit un taux d’occupation de 72,55%

* 02 Centres d’Action Communautaire pour l’Enfance

Les Centres d’Action Communautaire pour l’Enfance (CACE), structures légères implantées au sein des communautés qui les gèrent, ont pour mission d’assurer, par des activités de développement physique, sanitaire, moteur, intellectuel et socio-affectif, l’épanouissement des enfants de 0 à 6 ans.

Un centre Pilote fonctionne à Grand-Gbapleu dans la commune de MAN et un autre à Anono dans la ville d’Abidjan. Il est prévu la construction de six (06) autres dans les communes de KOUMASSI, ABOBO-ADJAME, WILLIAMSVILLE, et dans les villes de BONDOUKOU, de KORHOGO et d’ODIENNE.

Ces structures sont reparties de la manière suivante :

tableau N° 6 : Répartition des effectifs enfants et personnel d’Encadrement dans les Structures d’éveil de la Petite Enfance 1998 - 1999

Localisation

(Régions)

Nbre

de Structures

Nbre de Classe

Effectif Enfants

Effectif du Personnel

Garçons

Filles

Total

E.S

E.P

EPA

AUX

Qualifiés

Non Qualifiés

Région des Lagunes (Abidjan) 15 + 4 Cellules préscolaires Hospitalières

 

66

 

1 407

 

 

1 327

 

2 734

 

7

 

118

 

67

 

33

 

192

 

33

Région du Haut Sassandra (Daloa)

3

6

98

94

192

 

9

7

0

16

0

Région des Savanes (Korhogo)

2

6

136

121

257

 

4

4

8

8

8

Région de la Vallée du Bandama (Bouaké)

4

10

132

115

247

 

17

16

5

33

5

Région des Lacs (Yamoussoukro)                      
Région du Moyen Comoé (Abengourou)                      
Région des Montagnes ( Man)

4

10

169

161

330

 

5

7

3

12

3

Région du Zanzan ( Bondoukou)

2

6

104

103

207

 

4

3

5

7

5

Région du Bas Cavaly (San-pédro)

3

9

101

94

195

 

5

1

1

6

1

Région du Denguélé (Odienné)

1

3

55

50

105

 

1

4

2

5

2

Région de la Marahoué (Bouaflé)

1

3

52

54

106

 

4

3

0

7

0

Région du N’zi Comoé (Dimbokro)

2

7

57

67

124

 

3

6

3

9

3

Région du Sud Comoé (Aboisso)

1

3

48

45

93

 

1

3

6

4

6

Région du Worodougou (Séguéla)                      
Région du Sud Bandama (Divo)

1

3

55

45

100

 

3

4

2

7

2

Région de l’Agnéby (Agboville)

1

3

55

44

99

 

3

3

0

6

0

 

Totaux

40 + 4 Cellules Préscolaires.

Hospitalières

 

135

 

2 469

 

2 320

 

4 789

 

7

 

177

 

128

 

68

 

312

 

68

Source : MEFPPS

E.S = Educateur Spécialisé

E.P = Educateur Préscolaire

E.P.A = Educateur Préscolaire Adjoint

Aux. = Auxiliaire

La répartition des structures et des effectifs montre une grande disparité entre la région des lagunes et les autres régions du pays. En effet on dénombre :

Dans le domaine de la prise en charge de la petite enfance, le Ministère développe depuis 1993 une approche diversifiée. Ainsi l’activité de protection, d’encadrement et d’éveil de la petite enfance se fait dans les secteurs suivants :

Par ailleurs le Ministère met en place un programme de réadaptation à base communautaire (RBC) en faveur de l’enfance handicapée. La RBC est une stratégie qui s’inscrit dans le cadre de développement communautaire pour la réadaptation, l’égalisation des chances et l’intégration sociale de toutes les personnes handicapées, y compris les enfants de 0 à 8 ans.

g Ministère de la Famille et de la Promotion de la Femme

Ce Ministère participe à la protection et à l’éveil de la petite enfance ainsi qu’à l’éducation au bien-être des familles à travers l’action de ces structures d’encadrement. On dénombre :

* 05 garderies villageoises pour l’encadrement de 90 à 100 enfants par centre et par an en milieu rural

* 78 Institutions de Formation et d’Education Féminine pour la formation des femmes à l’éducation maternelle, à l’économie domestique, à l’hygiène alimentaire, à l’hygiène environnementale, à la cuisine, à la puériculture et l’éducation à la vie familiale en vue de l’encadrement et de la protection de la famille.

Ainsi de 1995 à 1997, un effectif total de 33 000 auditrices ont été formées dans les 78 IFEF à des activités intégrant la protection et l’éveil de la petite enfance.

g Ministère de la Jeunesse et des Sports

Depuis sa création le Ministère de la Jeunesse et des Sports assure la tutelle des Centres de Vacances ou Colonies de Vacances ( C.V) dans notre pays.

En effet, les centres de vacances qui sont des établissements regroupant périodiquement des enfants de 06 à 14 ans en collectivité pendant les vacances scolaires, contribuent à leur éducation et à leur épanouissement au triple plan social, sanitaire et éducatif:

Depuis 1990, ce sont les «Œuvres» c’est à dire les organisations privées qui financent les centres de vacances, avec l’autorisation et sous le contrôle du Ministère de la Jeunesse et des Sports qui forme également le personnel d’encadrement.

De 1992 à 1997, ce sont 72 centres de vacances qui ont été autorisés et organisés avec un effectif global de 9043 enfants encadrés par 1914 moniteurs.

b)LES AUTRES SECTEURS ( privé, informel, ONG)

Des structures non - gouvernementales ainsi que des entreprises privées interviennent en appui aux efforts de l’Etat dans le domaine de l’encadrement et de la protection de la petite enfance. Ainsi, existe-t-il :

Au titre des structures relevant des entreprises privées :

* 29 centres sociaux d’entreprise

* 82 centres d’éducation préscolaire d’entreprise.

Au titre des Organisations Non - Gouvernementales ( ONG) :

* 02 pouponnières

* 01 institut pour sourds-muets

* 02 centres de rééducation pour handicapés physiques

* 04 centres de rééducation pour handicapés moteurs

* 02 villages SOS d’Abobo et d’Aboisso accueillent des enfants de 0

à 11 ans ; ces VESOS ont permis d’encadrer 715 enfants du

niveau préscolaire et primaire.

* ainsi que diverses coopératives professionnelles de handicapés

moteurs et sensoriels ( Source : Analyse de la situation des

femmes et des enfants de Côte d’Ivoire – 96 UNICEF)

Exemple du BICE :

le Bureau International Catholique pour l’Enfance ( BICE) installé en Côte d’Ivoire depuis 1987 est une ONG qui assure l’encadrement des enfants en rupture de banc et de relations avec leur famille, et qui veille à la promotion de la croissance spirituelle, de l’ouverture interculturelle et des droits de l’enfant : il prend toujours en compte l’environnement familial des enfants dont l’âge varie de 0 à 15 ans. Ses actions s’orientent dans trois directions :

- les activités socio-éducatives et culturelles ont touché 7569 enfants

- la formation et la production ont permis de prendre en charge 146 enfants

- les services ont permis de prendre en charge 3002 enfants.

Tableau N°7

 

 

Bilan des Activités du BICE pour le 3E Trimestre 1998


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