L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays Page d'accueil du forum mondial sur l'éducation
   Côte d'Yvoire
Sommaire du rapport Page d'accueil des rapports des pays Rapports des pays en ordre alphabetique Rapports des pays par régions



Page précédent Page suivant



* les écoles coraniques

L’école coranique est une réalité vivante et incontournable dans certaines régions du pays, notamment celles de Bondoukou et d’Odienné. Elle fait partie de la vie quotidienne. A l’image de l’islam, dans la région d’Odienné par exemple, chaque village dispose d’une école coranique, où un enseignement de Coran est dispensé par un marabout. On dénombre 106 écoles coraniques dans la région de Bondoukou (1993-94).

Les effectifs de ces écoles rivalisent parfois avec ceux de l’école moderne (cas de Kouroukoro – Matélé à Odienné. L’éducation religieuse donnée à des enfants y compris ceux de 3 à 8 ans dans ces écoles, s’interrompt quelquefois dès que l’enfant atteint l’âge d’entrer au CP. (cf Tableau N°9 annexe)

L’école coranique est une réalité qui s’impose partout en Côte d’Ivoire. De 1993 à 1998 ses effectifs ont progressé au rythme de 6,1 % l’an, passant de 410 498 à 552 747.

Ce graphique indique l’évolution les effectifs des écoles coraniques au niveau régional. Le taux de participation de la population (tout âge confondu) à cette forme d’éducation illustre cette réalité. Trois régions : Korhogo, Abengourou et San-Pédro prédominent avec un taux de participation supérieur ou égal à 5 %.

De 1993 à 1998, le taux de participation a augmenté dans toutes les régions, excepté celle d’Abidjan. Cependant, bien que ce taux soit tombé de 4,3 % à 2,6 %, cette région vient en tête en valeur absolue avec un effectif de 215 842 scolarisés dans l’enseignement coranique. Cela est à mettre en rapport avec la très forte concentration de population islamisée en milieu urbain.

L’enquête EPT 99, menée dans les directions régionales pour se rendre compte de l’ampleur du phénomène "école coranique" a permis de faire le constat suivant :

L’on retient de cette enquête que les parents ont 2 préoccupations :

*donner une formation religieuse à leurs enfants

*les préparer à entrer soit au primaire à moindre coût, soit dans la vie active.

Et les fondateurs sont conscients de la nécessité d’intégrer dans leur enseignement, le programme officiel; ils doivent être encadrés et soutenus. Le secteur a besoin d’être organisé.

* les écoles informelles

Par ailleurs, des écoles informelles sont créées de façon spontanées pour répondre aux besoins d’encadrement des enfants, surtout dans la région frontalière ivoiro–libérienne et dans les arrières cours des quartiers populeux d’Abidjan, notamment à Adjamé où il en existe une cinquantaine qui encadre des enfants de 2 à 6 ans.

Au cours de l‘enquête EPT relative à l’impact de la préscolarisation sur le primaire, l’équipe a découvert que la ville industrielle de San-Pédro regorgeait de nombreux établissements informels; situation due à la densité de la population régionale, à l’existence d’une forte population scolarisable, à l’insuffisance des structures formelles et à la cherté de la scolarisation. Dans le bidonville de BARDOT, on dénombre 27 écoles informelles qui encadrent plus de 2000 enfants dont 800 filles.

TABLEAU N° 9 STATISTIQUE DES GARDERIES NON FORMELLES DE SAN–PEDRO

 

DENOMINATION

EFFECTIF DES ENFANTS

NIVEAU DU PERSONNEL D’ENCADREMENT

GARÇONS

FILLES

TOTAL

GARDERIE Séwéké 1

42

40

82

4ème 3ème 5ème
CENTRE d’Alphabétisation Séwéké3

43

37

80

5ème 4ème 2nd
GARDERIE Moderne Bardot Dallas 18

64

69

133

6ème 3ème 1ère
GARDERIE St Pierre Bardot 4

102

80

182

6ème 5ème Tle Bac
GARDERIE Les Montagnes Bardot 18

21

19

40

6ème CM2
GARDERIE de l’Ouest Bardot 5

23

15

38

3ème
GARDERIE de la Cité

27

15

42

5ème 3ème
GARDERIE Mont Nion Colas

50

17

67

3ème CM2
GARDERIE Centre Apha de la Paix

52

49

101

5ème CM2
GARDERIE de l’Océan

54

31

85

3ème CM2
GARDERIE Victor Ballet

22

14

36

5ème
GARDERIE St Joseph        
GARDERIE Gaoudi et Fils

70

30

100

 
GARDERIE L’Amitié

96

36

132

1ère 4ème
GARDERIE de POPO

57

25

82

CM2
GARDERIE d’enfants CC

61

39

100

CM2
GARDERIE de l’Eglise Evangélique    

150

 
GARDERIE Le succès

41

14

55

3ème
GARDERIE les lions

36

17

53

CM2
GARDERIE Horizon

39

21

60

5ème
GARDERIE Les anges noirs

49

24

73

2nd
GARDERIE les anges

30

23

53

3ème 4ème
GARDERIE MUSAMA Disco Chisto church

68

62

130

Tle
GARDERIE Espoir

22

21

43

4ème
GARDERIE les Mignons

28

12

40

4ème
GARDERIE PENEL

14

16

30

CM2
TOTAL

1 331

796

2 107

 

 

2 –L’ENCADREMENT DE LA PETITE ENFANCE HANDICAPEE

La tranche d’âge concernée se situe entre 0 à 15 ans ; c’est celle qui prépare à une pré-adolescence, à une adolescence et à une vie adulte satisfaisante.

  1. – STRUCTURES D’ENCADREMENT

Quatre (4) Ministères ont à charge l’encadrement de la petite enfance handicapée ou à risque :

Le secteur privé, associations et des ONG s’occupent également de la petite enfance handicapée ou à risque.

tableau N°10: Situation des structures et du personnel chargé de l’enfance handicapée

Ministères

Directions

Structures Spécialisées

Personnel qualifié

M.S.P

04

08

79

MENFB

01

36

1232

MEFPPS

01

20 + 7 associations

1321

MFPF

01

62 ONG + 9 structures privées

Travailleurs sociaux

On constate à partir de ce tableau que la plupart des activités sont initiées à travers les ONG et les structures privées. Cependant, on note une réelle satisfaction au niveau du personnel d’encadrement. Ce sont en général les travailleurs sociaux formés à l’INFS.

  1. – LES DIFFERENTS TYPES DE HANDICAP

En Côte d’Ivoire, on désigne par ‘’Enfant en circonstance extrêmement difficile’’ les catégories suivantes :

Il existe une école pour les mal voyants et une autre pour les sourds muets. Les prestations de ces écoles restent encore insignifiantes car sur près de huit mille (8000) cas recensés seulement 2% sont pris en compte.

 

d’œuvre et leur paie revient à d’autres personnes. Ici les filles sont les plus

concernées.

Ces enfants sont tous en situation de risque de marginalisation et de rejet social ; ils sont donc des enfants à risque pour qui, un encadrement adéquat peut donner encore des chances d’insertion.

3 - L’IMPACT DU PRESCOLAIRE SUR LE CP

Indicateur 2 : Pourcentage des nouveaux élèves de première année de l’enseignement primaire ayant suivi un type quelconque de programme organisé d’éveil de la petite enfance.

La préscolarisation a pour objectif de développer chez le jeune enfant toutes les potentialités physiques, intellectuelles et socio-éducatives, et de le préparer par des activités de préapprentissage à aborder le primaire avec toutes les chances de réussite.

L’accès aux structures préscolaires est encore rendu difficile par l’absence d’infrastructures, la distance qui sépare souvent les centres des lieux d’habitation et le coût. Ce sont en général les enfants des cadres moyens et supérieurs qui fréquentent les établissements au détriment des autres couches sociales.

Selon l’enquête du ROCARE, le taux de préscolarisation varie en fonction du niveau d’instruction des parents :

La moitié des infrastructures se trouvent concentrée à Abidjan et sa région. En plus, elles sont implantées en milieux urbains. Par conséquent, les enfants des zones rurales et des couches défavorisées des milieux urbains n’ont pas la chance de bénéficier d’un encadrement préscolaire avant leur entrée au CP1.

Tableau N°11 Effectifs des enfants inscrits au CP1 dans les régions d’Abidjan et de Man

ayant reçu ou non une formation préscolaire avant leur admission au CP1 1997 / 1998.

A l’analyse de ce graphique, il ressort qu’il y a une égalité entre les enfants formés et les enfants non formés dans la région d’Abidjan. Ce qui corrobore le constat selon lequel Abidjan offre plus d’infrastructures que les autres régions.

Par contre dans la région de Man, les enfants non formés sont nombreux,1084 enfants, soit 64,63% des effectifs admis au CP1.

Malgré ces insuffisances, on remarque que le préscolaire a un impact indéniable sur l’enfant :

L’enfant formé en 3 ans dans une école préscolaire s’exprime mieux en français et communique plus facilement avec le maître et les autres élèves.

Il développe sa capacité à intégrer un groupe, à respecter les règles de conduite. Il apprend à aimer et à se sentir aimer, mieux, il sait s’affirmer dans le groupe.

Les activités motrices exécutées au Préscolaire développent les aptitudes physiques de l’enfant, à savoir l’équilibre du corps, la coordination des gestes, la latéralisation.

Les activités motrices et sensorielles sont de meilleurs moyens pour déceler les handicaps physiques ou sensoriels chez l’enfant. De ce fait, l’enfant qui a bénéficié d’un enseignement préscolaire est plus apte à aborder un cours préparatoire. Selon l’enquête du ROCARE, elle réduirait le taux de redoublement de 2/3 au CP1 et de 50% au CP2.

Tableau N°10

 

Effectifs des enfants admis de CP2 ayant reçu une formation préscolaire ou non dans les régions d’Abidjan et de Man CP1 (1997 / 1998)

Ces graphiques montrent que dans l’ensemble les redoublants non formés dans un cycle préscolaire sont nombreux. Ils représentent 14,83% contre 3,23%.

Par ailleurs, la préscolarisation mobilise très tôt les parents autour de l’encadrement de l’enfant.

La volonté du gouvernement et des autres structures, de promouvoir les activités de protection et d’éveil de la petite enfance est réelle ; et cela se manifeste à travers les nombreuses campagnes de sensibilisation et l’implantation des structures d’accueil sur l’ensemble du pays, et la mise en œuvre des projets.  Cependant des difficultés subsistent.

4 - Difficultés rencontrées dans l’encadrement de la petite enfance

1 – Au niveau politique :

2 – Structures d’encadrement :

3 – Equipement :

4 – Formation :

. Personnel d’encadrement

. Parents

5 – Collaboration :

B) - ENSEIGNEMENT PRIMAIRE

L’objectif visé par l’Education pour Tous (EPT) est l’universalisation de l’Enseignement Primaire (ou de l’Education de base) à l’an 2000.

L’Enseignement Primaire en Côte d’Ivoire a pour population cible les enfants de 6 à 11 ans. Cette tranche d’âge représente 2 930 000 enfants soit 17, 8 % de la population totale en 1998, selon l’Institut National de la Statistique.

L’Enseignement Primaire est le secteur qui illustre le mieux les succès des politiques nationales visant à doter chaque citoyen du minimum de formation indispensable à une bonne insertion sociale.

L’objectif sus-cité se résume en trois points :

L’Enseignement Primaire est le degré d’enseignement qui draine les plus importants effectifs d’élèves, et qui nécessite un plus grand nombre de structures (12 sur les 18 indicateurs de base de l’EPT permettent de mesurer les progrès réalisés).

1 – EVOLUTION DE LA SCOLARISATION

Indicateur-3 Taux brut d’admission : nouveaux élèves de la première année de l’enseignement primaire en pourcentage de la population ayant l’âge officiel d’admission dans cet enseignement

Tableau N° 12

En 1997-98, au plan national, le taux brut d’admission est de 61 % ; ce qui représente un recul de 03,2% par rapport au taux de 1996-97 qui était de 64,2%. En cette même année1997-98, 67,1% des garçons ont accès à l’école contre 54,7% pour les filles.

Ce taux national ne traduit pas encore assez les efforts consentis par le Gouvernement pour améliorer l’accès à l’Enseignement Primaire.

En outre, il cache des disparités régionales : En 1997 – 98, la région la moins scolarisée est celle de San-Pédro (sud–ouest) avec un taux brut d’admission de 19,7% contre 91,7% pour la région la plus scolarisée qui est celle d’Abidjan.

Indicateur 4 : Taux net d’admission : Nouveaux élèves de première année de l’enseignement primaire ayant l’âge officiel d’admission dans cet enseignement en pourcentage de la population correspondante.

En Côte d’Ivoire, l’âge d’admission au CP1 est de 6 ans.

Les statistiques de 1997-1998 indiquent 23,10% de taux net d’admission au CP1 au plan national contre 25,4% en 1996 - 97. Le pourcentage des garçons est de 25,6%, alors que celui des filles est de 20,5%. Tout comme le taux brut d’admission, le taux net reste encore faible et traduit également des disparités entre les garçons et les filles, ainsi qu’entre les régions.

Tableau N° 13

La faiblesse du Taux Net d’admission s’explique par le fait que les enfants de moins de 6 ans (enfant ayant fait le préscolaire) et ceux de plus de 6ans (enfants retardés pour insuffisance d’infrastructures – 7 et 8 ans) représentent les 2/3 des enfants admis au CP1 au détriment des enfants de 6 ans .

Tableau N°14 des Tranches d’âge d’Enfants Scolarisés

Régions

Enfants de moins de 6ans

Enfants de 6ans

Enfants de plus de 6ans

G

F

T

G

F

T

G

F

T

Abengourou

842

676

1518

1843

1523

3366

1544

1187

2731

Abidjan

16490

16400

32890

21938

18546

40484

19053

16695

35748

Bondoukou

1796

1561

3357

3956

3112

7068

3345

2600

5949

Bouaké

3336

2783

6119

5861

4618

10479

5888

4379

10267

Daloa

4203

3205

7408

9590

6478

16068

11411

7709

19120

Korhogo

1936

1547

3483

3382

2547

5929

2895

1932

4827

Man

4165

3239

7404

6122

4417

10539

7940

5286

13226

Odienné

1452

1274

2726

2354

1820

4174

3222

1942

5164

San-pédro

1820

1457

3277

3943

2741

6584

5263

3751

9014

Yamoussoukro

3135

2586

5721

6107

4957

10064

5670

4810

10480

Total

39175

34728

73903

64996

50759

115755

66235

50291

116526


Page précédent Page suivant