| L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays | ||
| France |
I Partie: Section Descriptive
Aperçu du système éducatif français
Ce rapport est présenté par la France au Forum Consultatif International sur LEducation pour Tous. Près de dix ans après la Conférence Mondiale sur LEducation pour Tous qui sest tenue à Jomtien, en Thaïlande, du 5 au 9 mars 1990, il présente le bilan à lan 2000 des efforts entrepris par la France dans cette direction. Ce bilan de la première décennie du processus de Jomtien constitue en même temps la contribution de la France à la préparation de la prochaine Conférence Mondiale sur lEducation pour Tous, prévue à Dakar en avril 2000
Schéma densemble
(organigramme des pages 16-17 de RERS) not available
Sigles et abréviations utiles
AFPA Association pour la formation professionnelle des adultes
ANPE Agence nationale pour lemploi
BEP Brevet détudes professionnelles
BOEN Bulletin officiel de déducation nationale
BT Brevet de technicien
BTS Brevet de technicien supérieur
CAP Certificat daptitude professionnelle
CE1 Cours élémentaire première année
CE2 Cours élémentaire deuxième année
CFA Centre de formation dapprentis
CFI Crédit formation individualisé
CIEP Centre international détudes pédagogiques
CIF Congé individuel de formation
CIO Centre dinformation et dorientation
CLIPA Classe dinitiation préprofessionnelle par alternance
CLIS Classe dintégration scolaire
CM1 Cours moyen première année
CM2 Cours moyen deuxième année
CNAM Conservatoire national des arts et métiers
CNED Centre national denseignement à distance
CP Cours préparatoire
CPA Classe préparatoire à lapprentissage
CPGE Classe préparatoire aux Grandes Ecoles
DEUG Diplôme détudes universitaires générales
DEUP Diplôme détudes universitaires professionnalisées
DEUST Diplôme détudes universitaires en sciences et techniques
DUT Diplôme universitaire de technologie
EPT Education pour tous
EREA Ecole régionale denseignement adapté
FSE Fonds social européen
GRETA Groupement détablissements (du secondaire)
INSEE Institut national de la statistique et des études économiques
IUFM Institut universitaire de formation des maîtres
IUT Institut universitaire de technologie
LEGT Lycée denseignement général et technologique
LP Lycée professionnel
PAIO Permanence daccueil, dinformation et dorientation
RASED Réseau daides spécialisées aux enfants en difficulté
REP Réseau déducation prioritaire
SEGPA Section denseignement général et professionnel adapté
STS Section de techniciens supérieurs
ZEP Zone déducation prioritaire
Définition des niveaux de formation
(insérer ici le texte de la page 75 de létat de lécole, octobre 1999) not available
Présentation du rapport national de la France
Rappel de la Déclaration de Jomtien sur lEducation pour tous
Il y a 10 ans, la Déclaration Mondiale sur LEducation pour Tous adoptée à lissue de la Conférence de Jomtien (5-9 mars 1990) a déterminé un ensemble dobjectifs et de priorités constituant une réponse aux besoins éducatifs fondamentaux. Elle rappelle dabord que « léducation est un droit fondamental pour tous », qui peut « contribuer à améliorer la santé, la prospérité et léquilibre écologique », mais seulement à condition den « améliorer la pertinence et la qualité tout en rendant laccès universel » et doffrir aux générations présentes et futures « une vision élargie de léducation fondamentale et un engagement renouvelé en faveur de celle ci ».
Sur ces bases, la Déclaration de Jomtien a fixé six objectifs principaux :
Signification particulière de lEnseignement pour Tous en France
Les six objectifs rappelés de Jomtien ne sinterprètent évidemment pas de la même manière dans tous les pays du monde. Pour la France, où les efforts en faveur de léducation pour tous sont déjà anciens et représentent une priorité nationale qui sest progressivement affirmée, deux aspects de la Déclaration revêtent une importance particulière :
Par ailleurs, laction de la France en faveur de lEducation pour tous ne saurait se limiter au territoire national. La Déclaration de Jomtien fait expressément référence à la solidarité internationale, et une partie conséquente des efforts de la France en faveur de lEducation pour Tous, et en particulier de lEducation de base, sest portée vers la coopération avec dautres pays.
Structure du rapport national français
Compte tenu de ce qui précède, et afin de représenter au mieux lensemble des actions entreprises par la France dans le cadre de lEducation pour Tous, le présent rapport national pour la France ne pourra pas se conformer exactement à la « proposition de plan pour la rédaction des rapports de pays » proposée par le Forum Consultatif International sur lEducation pour Tous. Il sen éloignera cependant plus dans la forme que sur le fond, et couvrira lensemble des aspects nécessaires à létablissement dun bilan réel de la première décennie du processus de Jomtien.
Le rapport est structuré en deux grandes parties principales :
Chacune de ces deux parties inclut une brève description des principaux dispositifs mis en place, une analyse des progrès réalisés et des obstacles rencontrés, et des conclusions sur les perspectives davenir. Là réside la principale différence avec le plan type proposé, dans lequel lensemble des sections descriptives étaient réunies en une première partie, lensemble des analyses en une seconde partie, et lensemble des conclusions et perspectives en une troisième partie.
On trouvera bien entendu en fin de rapport un petit nombre de conclusions densemble portant sur les principales leçons de la première décennie, et présentant quelques priorités qui, du point de vue de la France, devraient orienter la réflexion à Dakar et laction future.
Afin de faciliter le travail de consolidation des « indicateurs de base de léducation pour tous », les données disponibles sur les 18 indicateurs proposés ont été regroupées dans la seconde moitié de lannexe statistique.
Le rapport est émaillé dun petit nombre dencadrés (ou de « fenêtres ») sur fond grisé, destinés à illustrer de manière plus concrète ou plus détaillée un propos particulier de lanalyse. Cette fonction dillustration est véritablement la seule que doivent jouer ces encadrés, qui ne doivent pas être confondus avec une possibilité de lecture rapide des conclusions ou des éléments les plus importants.
Le présent rapport résulte du travail dun groupe interministériel réduit, constitué de représentants des principaux ministères et organisations concernés, qui sest réuni à plusieurs reprises durant lété et lautomne 1999. Le rapport représente une synthèse des données chiffrées, des documents et rapports officiels et des analyses politiques communiquées par les participants. Dautres sources documentaires ont été également été consultées, à titre de complément, pour la rédaction du rapport; une liste des principales références utilisées est fournie en fin de document, avant lannexe statistique.
Introduction :léducation pour tous, une priorité de la France
Durant les dix dernières années depuis la Conférence de Jomtien, de nombreux efforts en faveur de léducation pour tous et de réels progrès ont été accomplis par le système éducatif français. Lobjectif déducation pour tous, solennellement rappelé à Jomtien, constitue en effet en France une priorité politique nationale, ancienne et affirmée.
Léducation publique, coeur séculaire du projet républicain français
La politique déducation pour tous sappuie en France sur une très longue histoire.
En 1882, les lois Jules Ferry, elles-mêmes précédées de diverses mesures partielles, instituent linstruction primaire libre, gratuite, obligatoire (de 7 à 13 ans) et laïque.
Les Constitutions de 1946 et de 1958 énoncent dans leurs préambules la garantie dun égal accès de lenfant et de ladulte à linstruction, à la formation professionnelle et à la culture et font de lenseignement public, gratuit et laïque à tous les niveaux un devoir essentiel de lEtat.
La durée de la formation initiale pour tous sest ensuite allongée par étapes. En 1959, la loi Berthoin a prolongé la scolarité obligatoire jusquà lâge de 16 ans, et les écoles maternelles ont progressivement accueilli des enfants de plus en plus jeunes, ce qua confirmé la loi Haby de 1975. Les années 1960 ont été marquées par la très forte croissance des effectifs des collèges, devenus « collèges pour tous », ainsi que de lenseignement pré-élementaire. Dans le prolongement de la croissance des collèges, ce sont dabord les lycées qui ont vu leurs effectifs se multiplier (ils ont triplé avant de culminer en 1993), ceux de lenseignement supérieur ont doublé entre 1980 et 1997 avant de refluer légèrement depuis (voir annexe statistique, évolution des effectifs délèves et détudiants depuis 1960).
Louverture progressive de chacun des segments du système denseignement français au plus grand nombre ne sest pas traduite seulement par laugmentation spectaculaire des effectifs. Elle sest inscrite à chaque étape dans le cadre du service public de léducation, tel quil a été défini dans ses grandes lignes il y a plus dun siècle dans les lois fondatrices de Jules Ferry. Léducation, service public pour le bénéfice du plus grand nombre, constitue le coeur séculaire du projet républicain, politique et social, de la France.
Léducation, « première priorité nationale » depuis 1989
La Loi dOrientation sur lEducation de 1989, qui a précédé de peu la Déclaration de Jomtien, sinscrit dans la ligne des efforts précédents en vue daméliorer le niveau de formation de lensemble de la population française mais marque aussi une nouvelle étape historique dans le développement de la qualité et de léquité du système français déducation.
Elle énonce dans son article 1 quatre finalités de léducation, qui sont toutes directement en phase avec les principes de Jomtien :
En faisant explicitement de léducation la « première priorité nationale », la loi dorientation de 1989 veut placer les élèves et les étudiants au « centre » du système éducatif en reconnaissant leur diversité, et insiste particulièrement sur lobjectif dégalité effective des chances. En cela, elle conforte une évolution amorcée dès 1981, avec ladoption dun « principe de discrimination positive » qui vise à « donner davantage à ceux qui en ont le plus besoin ». Ce nouveau principe marque une inflexion importante dans la conception française du service public déducation, traditionnellement fondée surtout sur le principe de légalité des citoyens devant le service public. Désormais lobjectif déquité, ou dégalité réelle des chances, prime sur lobjectif dégalité formelle : il ne sagit plus seulement de proposer les mêmes possibilités au plus grand nombre de jeunes, mais de donner à chacune et à chacun le maximum de chances de réussir, en reconnaissant que tous ne partent pas avec les mêmes atouts.
Une autre innovation de la Loi de 1989 est quelle énonce pour la première fois en France une obligation de résultat, en fixant deux objectifs précis pour lan 2000 :
Les orientations et priorités posées par la Loi de 1989 ont été réaffirmées et concrétisées au cours des deux dernières années, par une série de mesures convergentes prises par le nouveau gouvernement :
La décennie qui sest écoulée depuis la Conférence de Jomtien coïncide donc en France avec la mise en oeuvre de la Loi dorientation de léducation de 1989 et de ses prolongements.
Afin de bien situer le bilan et lensemble des actions entreprises en France dans le cadre de lEducation pour Tous depuis 1990, il est aussi nécessaire de rappeler quelques unes des évolutions majeures qui ont influencé les politiques éducatives et sociales de la France pendant la dernière décennie.
Parmi ces évolutions majeures figurent :
De ces évolutions globales de la société et de léconomie au cours de la décennie découlent de nouvelles approches, fondées notamment sur :
Lensemble de ces mesures se traduit par un effort budgétaire important de la nation en faveur de son école (et plus généralement de son système éducatif) : la France a dépensé en 1998 plus de 607 milliards de francs, ce qui représente 7,2 % de son PIB (contre 6,2 % au début de la décennie).
Cest dans ce contexte général, caractérisé par lévolution rapide de la société et par une engagement politique renouvelé en faveur de léducation pour tous (tant au plan national quinternational) quil convient de comprendre les réformes et innovations adoptées par la France depuis le début de la décennie. Leffort de la nation pour son école (et plus globalement son système éducatif) Il nest bien sûr pas question de dresser ici un inventaire complet de tous les dispositifs mis en oeuvre par lensemble des acteurs concernés, mais plutôt de présenter les actions majeures visant à accroître et garantir le niveau général déducation et à réduire léchec scolaire et les sorties sans qualification.
Dans cette perspective, cinq thèmes principaux seront successivement analysés.
Les quatre premiers ressortissent entièrement ou principalement de la formation initiale :
Le cinquième thème concernant léducation pour tous porte sur lensemble des dispositifs déducation des adultes, y compris la formation continue, léducation populaire et plus généralement tout ce qui ressortit de léducation tout au long de la vie.
I. Leffort soutenu pour lenseignement précoce et élémentaire
Au cours de la période 1990 à 1998, les effectifs scolaires ont légèrement diminué en France dans les cycles préélémentaire et primaire (de 6,7 à 6,3 millions délèves), légèrement augmenté dans le secondaire (de 5,9 à 6 millions) et augmenté plus nettement dans le supérieur (de 1,7 à 2,1 millions détudiants). Au total, la proportion de la population de 2 à 22 ans engagée dans lenseignement est passée au cours de la période de 86 à 91% (cf. annexe statistique sur lévolution des effectifs).
Au cours de lannée scolaire 1997-98, le taux de scolarisation de la population âgée de 3 à 15 ans était en France de quasiment 100 %. Seules quelques rares exceptions échappent à la scolarité obligatoire dans cette tranche dâge.
Une caractéristique française est leffort exceptionnel pour la scolarisation précoce des jeunes enfants. Si la scolarité est depuis 1959 obligatoire de 6 à 16 ans, la quasi-totalité des enfants sont en fait scolarisés dès lâge de 3 ans depuis de début de la décennie :
Au plan international, la France est, avec la Belgique, le seul pays affichant un taux de scolarisation universelle pour les enfants de 3 ans.
Lenseignement préélémentaire en France nest pas un « jardin denfant », mais une école de plein exercice. Les enseignants (qui sont très majoritairement des femmes) doivent avoir le même niveau de qualification que pour lenseignement élémentaire. La créativité pédagogique, adaptée au jeune âge des enfants, est essentielle. Les programmes sont (surtout en dernière année) étroitement articulés avec ceux de lenseignement élémentaire (en particulier depuis la mise en place depuis 1989 de cycles pédagogiques pluriannuels adaptés au rythme de lenfant). On peut aussi noter quau cours de la décennie, le nombre moyen denfants par classe a baissé dans lenseignement préélémentaire (de 27,8 en 1990-91 à 25,7 en 1997-98) alors quil est resté stationnaire dans les écoles élémentaires et les établissements secondaires.
Le budget consacré par la France à lenseignement préélémentaire sest élevé en 1998 à 60 milliards de francs, soit 24 600 francs par élève. Cet effort exceptionnel consenti par la France pour la scolarisation des jeunes enfants est fondé sur plusieurs arguments :
Cette dernière observation est à mettre en relation avec leffort particulier réalisé au cours de la dernière décennie pour la scolarisation dès lâge de 2 ans en priorité des enfants de milieux défavorisés. Depuis 1989, ce sont environ 35 % des enfants de 2 ans qui sont scolarisés. En raison du coût financier de cette mesure, ce taux est resté globalement stable au cours de la décennie et na progressé que dans certaines régions, notamment dans les zones déducation prioritaires (ZEP), où il atteint 40 % en 1998.
Au total, la scolarisation précoce de masse est un facteur important defficacité et déquité. Leffort en faveur de lenseignement préélémentaire est un investissement dans un véritable « socle éducatif sur lequel sérigent les apprentissages plus systématiques de lécole élémentaire ». Consciente que ce socle est lune des clés pour la réalisation de lEducation pour Tous, et donc pour latteinte des objectifs de Jomtien, la France dispose dans ce domaine dune expérience, exceptionnelle dans le monde, susceptible dintéresser dautres pays confrontés aux mêmes défis.
Lécole maternelle,première étape de la réussite scolaire,école de tous les possibles *
« Lécole maternelle met laccent sur la maîtrise des langages comme enjeu prioritaire, (cest à dire sur ce qui) fait le lien et le fondement sur lequel sédifient tous les apprentissages ».
« Lécole maternelle favorise lépanouissement et le développement des capacités sensorielles, motrices, relationnelles et intellectuelles de tous les enfants quelle accueille. Certains enfants abordent le CP en situation déjà problématique et bien des élèves en difficulté au collège létaient déjà en maternelle. Cest donc là, dès les premières années, que lon doit dabord prévenir léchec précoce et la démobilisation scolaire qui en résulte souvent ».
« Cest dès la maternelle que doit se mettre en place une attitude scolairement positive, (cest à ce stade que) peuvent être prévenus bien des malentendus caractéristiques des élèves en difficulté (ultérieurement) ».
« En matière de prévention de léchec scolaire et de démocratisation de la réussite scolaire, la responsabilité de lécole maternelle est à la mesure de sa place éminente et fondatrice ».
« Les inégalités de la naissance et des conditions de vie rendent incontestablement complexe la tâche des enseignantes et enseignants, mais la volonté de les compenser et le refus de tout fatalisme doivent (les) mobiliser dès les premières années de la scolarité ».
« Des principes, des valeurs, quelques règles du jeu républicain ; cela commence en maternelle » (où il est ) « important dapprendre précocement des modes de régulation des conflits fondés sur le respect de lautre et sur le primat de la parole ».
A propos de la prévention de la maltraitance ; « Lécole maternelle est (aussi) un cadre où saffirment les droits de la personnalité enfantine, au premier rang desquels le droit à lintégrité et à la protection ». Les écoles maternelles ont à cet égard « un rôle déterminant dobservation, dalerte et de dialogue avec lenfant », car « ce qui est à vaincre en premier lieu, cest la loi du silence ».
* Numéro hors série du Bulletin Officiel de lEducation Nationale, 21 octobre 1999 :
Les langages, priorité de lécole maternelle
2. Lintégration maximale durant la scolarité obligatoire
Lobligation de scolarisation, qui sétend de 6 à 16 ans, est une réalité déjà bien ancienne en France. Mais par-delà les statistiques, qui confirment un taux de scolarisation de 100 % pour lensemble de cette tranche dâge et semblent donc indiquer que lobjectif duniversalisation de léducation a été atteint, il reste des exceptions et des différences de parcours qui méritent quon sy arrête. Deux types dactions ont marqué les années récentes, liées dune part à la lutte contre les exclusions, et dautre part à la volonté dintégration scolaire.
- Renforcement de lobligation de scolarisation.
Face à certaines situations et évolutions récentes une loi a été adoptée le 18 décembre 1998 pour renforcer le contrôle de lobligation scolaire pour tous les enfants. Son but est surtout de garantir que la liberté laissée aux familles dans les choix dinstruction ne soit pas utilisée pour dévoyer les principes fondamentaux de léducation due à tous les aux enfants. Le contenu de lenseignement requis pour les enfants instruits dans la famille ou dans des établissements non liés par contrat avec lEtat a été défini de façon plus précise. Il est périodiquement nécessaire de réaffirmer que lobligation scolaire exige que les enfants fréquentent tous les enseignements (y compris, par exemple, léducation physique dont certaines familles sont parfois tentées décarter les filles). Une circulaire récente a dû rappeler que lexclusion de certains enfants dactivités organisées par lécole, pour des motifs financiers, nétait pas acceptable (par exemple, les sorties scolaires avec participation financière des familles).
- Intégration des enfants en situation particulière ou difficile.
Une orientation fondamentale du système français, renforcée au cours des dernières années, consiste à mettre en place des mesures particulières visant à intégrer, maintenir ou réintégrer dans le système éducatif ordinaire certains publics particuliers. Ces mesures correspondent à la notion appelée « mainstreaming » en Anglais. Leur esprit est de norienter un élève vers une classe ou une école « spécialisée » (cest à dire ne regroupant que des enfants handicapés ou en situation déchec) quaprès avoir épuisé au préalable toutes les autres possibilités ; dans toute la mesure du possible, lélève sera maintenu dans une classe ordinaire, mais bénéficiera dun soutien scolaire intégré dans le cadre du projet décole, ou des aides spécifiques aux élèves en difficulté.
Parmi les principales pièces de ce dispositif, on peut citer :
Gens du voyage : Lécole au fil de la route *
La population des gens du voyage est estimée en France à 300 000 personnes, dont 45 % ont moins de 16 ans. Seule la moitié est scolarisée, et moins de 10 % le sont tout au long de lannée (85 % quand les parents sont sédentarisés). De plus en plus denfants fréquentent la maternelle, mais très peu atteignent le seuil du lycée. 150 enseignants en poste spécifique (équivalent plein temps) font la classe aux gens du voyage, dont 35 interviennent dans les camions écoles. Enfin, 2 500 enfants sont inscrits au Centre National dEducation à Distance (CNED).
Dans certains cas, la scolarisation des enfants seffectue une partie de lannée en école ordinaire et le reste du temps « sur la route ». LEcole de Gièvres (Loir-et-Cher) accueille des enfants du voyage, mais leur nombre varie considérablement et de manière peu prévisible selon lépoque de lannée. Le travail des enseignants qui les accueille nécessite une très grande adaptabilité. Le Centre pour la formation, linformation et la scolarisation des enfants des migrants (CEFISEM) sefforce de les y préparer et de les aider par une réflexion sur les méthodes pédagogiques :
Pour que lécole aille aux enfants qui ne vont pas à elle
* Article de Frédérique Basset, Le Monde de lEducation, n° 275, novembre 1999
II. Laide à la réussite durant la scolarité
En France, une des réalisations les plus importantes de la dernière décennie est que les jeunes qui achèvent leurs études sont de plus en plus nombreux et de mieux en mieux formés. Globalement, on constate depuis 1990 :
un allongement moyen de la durée de la scolarité (18,9 ans en 1997 contre 18,1 ans en 1990 et 16,7 ans en 1982), surtout pour les filles (19,1 ans en 1997 contre 18,2 ans en 1990 et 16,8 ans en 1982) ;
Ces chiffres sont les résultats de leffort considérable entrepris en France pour lenseignement de masse, lallongement de la durée de la scolarité et la lutte contre les sorties sans qualification. Les jeunes qui achèvent leurs études sont de plus en plus nombreux et de mieux en mieux formés, mais (comme dans dautres pays industrialisés) la réduction de léchec scolaire et des sorties sans qualification marque maintenant le pas.
Une faible minorité délèves, difficiles à comptabiliser statistiquement car la mesure du phénomène dépend des critères dévaluation, terminent leurs études à lécole élémentaire sans maîtriser suffisamment les « compétences de base » en lecture, écriture et calcul. On peut estimer à 10 % environ la proportion délèves commençant les études secondaires au collège (premier cycle de lenseignement secondaire) sans des compétences suffisantes pour progresser normalement.
Pourtant, tout un ensemble de mesures et de dispositifs ont été adoptés depuis 10 ans pour lutter contre léchec, et favoriser la réussite dans les différentes composantes du système éducatif. Outre la politique globale de « discrimination positive » mise en oeuvre dans le cadre des « zones déducation prioritaires » (voir section III ci-dessous) en partenariat avec dautres acteurs publics et privés, une série dinnovations visant spécifiquement à favoriser la réussite du plus grand nombre délèves (et donc lobjectif dEducation pour Tous) ont été introduites au cours des dix dernières années.
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