| L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays | ||
| France |
II Partie: Section Analytique
2ème partie : laide de la France à léducation de base dans les pays en développement
Si la scolarisation de masse des populations pauvres et marginalisées constitue une préoccupation commune à tous les pays, elle devient un problème redoutable dans les pays en développement, surtout dans les moins avancés. Cest dans ces pays, qui cumulent souvent la pauvreté de masse, lanalphabétisme majoritaire, et les inégalités les plus grandes entre les groupes sociaux et les sexes, que lenjeu éducatif est le plus fort.
Cest aussi dans ces pays que la Déclaration de Jomtien a pu éveiller le plus despoir. On sait que le manque éducatif compromet le développement économique et social, la bonne gouvernance, lintégration dans les échanges internationaux, etc. Il est aussi prouvé que linvestissement éducatif détermine à long terme la viabilité des autres facteurs de développement, mais quil reste lui-même sous linfluence de ces facteurs (économiques, démographiques, culturels, politiques) et que tout le problème consiste à faire entrer le système éducatif dans une spirale vertueuse avec les systèmes économiques, sociaux, politiques. Cest lentrée dans cette spirale quon espérait, cest avec la volonté de lenclencher quon sest engagé à Jomtien sur lobjectif dEducation pour Tous. Dix ans après, il est clair que la réalité est très différente.
Certes lhistoire de la décennie na sans doute pas beaucoup ressemblé à ce que pouvaient espérer les signataires de Jomtien à lépoque optimiste de la fin de la guerre froide et dun retour espéré à la croissance mondiale. Le développement hyperbolique des technologies et lémergence dune société de la connaissance ont dabord bénéficié aux pays technologiquement les plus avancés. Les plans de rigueur économique, les crises financières régionales, le poids immense de la dette, la réduction de beaucoup de budgets daide au développement, ainsi que de nombreux conflits armés affectant dune manière sans précédent les populations civiles, ont rendu encore plus difficile la réalisation des objectifs de Jomtien.
Les efforts de coopération de beaucoup de pays, dont la France, se sont orientés dans la voie dessinée à Jomtien. Engagée depuis longtemps par dimportants moyens en personnel et en crédits avec de nombreux pays en développement, la coopération éducative de la France sest infléchie au cours des années 1990 pour se réinvestir prioritairement dans léducation de base. Non sans rencontrer de nombreux obstacles, à lintérieur comme à lextérieur des systèmes scolaires, et sans devoir tirer les leçons des difficultés rencontrées.
I. La politique daide éducative publique de la France
Evolutions de la politique daide éducative de la France
Parmi les traits marquants de la politique de coopération éducative de la France durant la dernière décennie, on peut en particulier noter les suivants :
Ces évolutions de fonds ont marqué lensemble de la politique daide éducative de la France au cours des dernières années. Elle a bien sûr été déclinée différemment selon quil sagisse dactivités bilatérales ou multilatérales, et selon quil sagisse des interventions directes des pouvoirs publics (lEtat, mais aussi davantage les Régions) ou de celles des milieux associatifs. Cest en fonction de ces différences que sont organisés les pages qui suivent, qui cherchent surtout à expliciter et à illustrer les orientations politiques rappelées ci-dessus.
1. Coopération bilatérale : le réinvestissement dans léducation de base
Lévolution de la coopération éducative française en Afrique francophone est particulièrement illustrative de la réorientation vers léducation de base. Un bref rappel historique permettra de mieux en saisir les racines.
Dans les années qui ont suivi les indépendances (surtout à partir de 1960), le principal souci de la coopération française a dabord consisté à faire émerger un enseignement primaire aussi performant que possible, et elle y a consacré des moyens humains et financiers considérables. Sur les 7900 coopérants qui travaillaient en 1970 dans les Etats africains francophones, près de 3200 étaient engagés dans léducation élémentaire ou dans la formation des formateurs pour ce niveau denseignement. Une préoccupation complémentaire consistait à appuyer le développement dune agriculture plus moderne et plus performante, dans des pays où la population était alors composée de 90 ou 95 % de ruraux, par des campagnes dalphabétisation fonctionnelles en direction du paysannat africain. Des actions similaires ont bien sûr aussi été soutenues par des organisations internationales (PNUD, BIT, UNICEF), par dautres coopérations bilatérales et par de nombreuses ONG. Il reste que par ces actions la coopération française a alors contribué au développement de léducation de base, telle que la définira 20 ans plus tard la Conférence de Jomtien.
Dans les années suivantes (couvrant en gros la décennie entre 1975 à 1985), on a estimé que la relève pouvait être prise dans le primaire, et la coopération française a progressivement concentré son appui sur dautres secteurs ou niveaux denseignement (principalement léducation secondaire, puis aussi lenseignement supérieur). Sur les 7900 coopérants dans la région en 1979, moins de 200 travaillaient dans le primaire. Le développement des lycées et des universités était aussi encouragé par le fait que la fonction publique africaine recrutait beaucoup, et que les Etats octroyaient de nombreuses bourses détudes. A cette époque, et sauf dans un petit nombre de pays, la coopération française ne sest plus occupée du primaire que pour la formation des formateurs.
Vers la fin des années 1980, les efforts importants et partagés pour la mise en place dun système éducatif de bonne tenue (même sil ne touchait encore quune partie des enfants scolarisables) se sont heurtés aux effets des politiques dajustement structurel (arrêt des recrutements de fonctionnaires, y compris denseignants, réduction des budgets publics, y compris ceux de léducation), et à des phénomènes de déscolarisation liés labsence de débouchés de lécole. Le blocage des systèmes éducatifs se traduit par une baisse des taux de scolarisation, dans un contexte de forte poussée démographique qui accroît les besoins. La crise est patente.
A partir de 1988 environ, léducation primaire redevient une priorité, comme en témoignent trois programmes initiés à cette époque.
Le retour de léducation de base dans la coopération avec lAfrique
GUINEE, 1990 : programme dappui sectoriel à léducation (PASE). La France y contribue pour 60 millions de francs dont les deux tiers destinés au renforcement des structures de gestion du ministère guinéen, aux écoles dinstituteurs (reconstitution de leur corps enseignant, recyclage et formation dinstituteurs, rénovation des programmes) et à lamélioration des conditions de scolarisation en zone rurale.
CÔTE DIVOIRE, 1992 : projet dappui à lécole primaire. 35 millions de francs. Six composantes :
MALI, 1995 : projet dappui à lenseignement fondamental. 17 millions de francs.
Principaux axes :
De fait, de très nombreux projets de ce type ont été mis en place dans les pays dAfrique francophone qui, sils ne sont pas toujours totalement consacrés au secteur de léducation de base, incluent toujours un important volet pour lenseignement primaire. Bien évidemment à cette époque il ne sagissait plus denvoyer des cohortes dinstituteurs français dans les écoles africaines, mais dapporter, au niveau central et au niveau déconcentré, un appui technique fort mis en oeuvre par des spécialistes (formateurs de maîtres, inspecteurs de lEducation Nationale).
Les budgets reflètent cette évolution en faveur de léducation de base. Sa part dans le budget du Fonds dAide et de Coopération (FAC) passe de 17 % en 1992 à 21 % en 1994 et à 27 % en 1996, alors que la part du supérieur passait de 20 % à 9 %.
Tous moyens confondus (bourses, FAC, assistance technique), le primaire représentait 140 millions de francs en 1995 et 150 millions en 1996 ; le supérieur général représentait 78 millions en 1995 et 56 millions en 1996.
Le pourcentage de laide française consacré à léducation de base en Afrique est ainsi passé de 13 % en 1995 à près de 15 % en 1996 ; cette progression a continué depuis et devrait se maintenir, sagissant dun secteur jugé prioritaire. Elle sest accompagnée dune réorientation croissante de laide vers lévaluation des systèmes et lencouragement de réformes structurelles destinées à promouvoir leur qualité et leur efficacité.
La coopération avec le Brésil, pour choisir un pays non francophone et non africain, fournit un autre exemple dans le domaine de la coopération en faveur de léducation de base. Afin de réaménager son système éducatif dans le cadre de ses engagements pris à Jomtien, le Brésil a fait appel en 1993 à la coopération française pour un appui à la formation des maîtres de lenseignement de base, particulièrement dans les domaines de lapprentissage de la lecture et la didactique des mathématiques. Trois projets ont été développés en ce sens : Pro Magister, Pro Leitura et Pro Matematica. Le projet concerne le niveau fédéral, des villes et des Etats.
2. Le cadre multilatéral : inciter les partenaires à privilégier léducation de base
Lorientation vers léducation de base, surtout sous forme daide à la préparation et à laccompagnement des réformes, est aussi nette dans le cadre de laction multilatérale de la France. Quelques exemples permettent de le montrer.
La France est active auprès de la CONFEMEN (Conférence des ministres de léducation ayant le français en partage) dont le secrétariat est à Dakar. Dans ce cadre, elle soutient depuis 1991 le vaste programme danalyse des systèmes éducatifs africains (PASEC), qui a pour objectifs daméliorer la couverture et le niveau scolaires par une série de mesures complémentaires :
Egalement dans le cadre de la CONFEMEN, la France a contribué à lélaboration et à la diffusion très large dun document intitulé « Léducation de base : vers une nouvelle école » qui affirme que « léducation de base concerne tous les élèves. Elle doit permettre et une insertion dans la vie active, et la poursuite détudes secondaires ». Elle a aussi appuyé une déclaration votée par la CONFEMEN en 1994 et reprise par le Sommet de la Francophonie au Bénin en 1995, affirmant la priorité de léducation de base dans le secteur éducatif.
Lappui de la France à la réforme des curricula de léducation de base dans les pays de lOuest-Africain est un programme mené avec le concours de la Banque Mondiale et de lUNICEF et lappui technique et financier dautres partenaires, dont lUNESCO. Il a démarré en 1999 avec 5 pays (Burkina Faso, Guinée, Mali, Sénégal, Tchad). Son objectif est une rénovation systémique et interactive centrée sur lélève, et non une révision des contenus et des programmes.
3. Lexpérience de coopération éducative publique française
Les coopérations linguistique et éducative, lorsquelles ne sont pas confondues, peuvent se stimuler lune lautre. Laide au développement du français peut faire mieux connaître les points forts du système éducatif français, et ainsi ouvrir de nouvelles possibilités de coopérations dans le secteur éducatif (comme ce fut le cas dans plusieurs pays dAmérique Latine). A linverse, la découverte du système éducatif français, notamment dans le domaine de léducation initiale ou technique, peut stimuler la demande dapprentissage du français (comme par exemple au Vietnam ou au Brésil).
Les expériences éducatives françaises les plus demandées sont souvent liées à léducation pour tous, dans le sens large. Cest le cas en particulier des dispositifs suivants :
A lissue dune décennie de coopération renforcée dans le domaine de léducation de base, ses enjeux considérables sont mieux connus. Cest un domaine sensible, où se jouent les influences culturelles, linguistiques et sociales, où se forgent les comportements des producteurs et des consommateurs, et où se prépare la responsabilité des parents et des citoyens.
Les thèmes qui retiennent actuellement lattention incluent en particulier :
Ces observations peuvent servir à baliser le chemin de la coopération éducative au cours de la décennie et du millénaire qui souvrent, pour éviter que lobjectif de Jomtien continue à se dérober en dépit des efforts faits par tous les partenaires.
II. Laide éducative non gouvernementale
Les acteurs non gouvernementaux français sont activement impliqués dans l'éducation de base et la formation dans les pays en voie de développement. Ils cherchent, avec leurs partenaires dans les pays concernés, à être novateurs, proposer et mettre en oeuvre des démarches nouvelles, nourries dune connaissance approfondie du terrain. Dans certains cas, cette démarche s'appuie sur une pratique solide de la recherche-action en partenariat avec les communautés locales, les pouvoirs publics, les coopérations bilatérales et multilatérales.
1. Diversité des acteurs non gouvernementaux dans l'éducation et la formation
Selon le répertoire 1997-98 des 540 associations qui déclarent participer à la solidarité internationale publié par la Commission Coopération Développement (CCD), leur action est géographiquement très diversifiée (30 pays d'Asie, 21 d'Amérique Latine et Antilles, 47 dAfrique et de lOcéan Indien).
Selon l'enquête périodique réalisée par la Commission Coopération Développement, elles mobilisent plus de trois milliards de francs annuels (3,3 milliards en 1997, dont 56% de ressources privées et 44% de ressources publiques). La part consacrée à léducation et à la formation nest pas connue, mais nest sans doute pas inférieure à 20% du montant total des programmes financés, sans compter que la plupart des programmes de développement social, économique ou sanitaire comportent un volet de formation de jeunes ou dadultes. Lenquête de la CCD souligne aussi une forte tendance à la concentration des ressources : en 1996, les 20 premières associations (soit 9% de l'échantillon) concentraient 78% des ressources.
Les acteurs non gouvernementaux interviennent dans tous les secteurs de léducation et de la formation, en particulier ceux de la formation aux métiers, la formation agricole, lalphabétisation et léducation de base. La tonalité dominante de leurs interventions est cependant plutôt rurale et plutôt africaine.
On peut tenter d'en établir une typologie sommaire et non exhaustive qui souligne la grande diversité des approches de léducation et de la formation professionnelle :
Villes, départements, régions :
La coopération décentralisée *
Une majorité de programmes de coopération décentralisée comporte un volet éducation-formation orienté vers les enfants, les jeunes ou les adultes. Les domaines d'intervention les plus fréquents sont l'enseignement de base (construction, réhabilitation d'édifices scolaires, mobilier scolaire, éclairage, eau potable, cantines scolaires), l'alphabétisation des adultes, l'éducation sanitaire, etc.
A titre d'exemples :
- la coopération décentralisée avec le Sénégal concerne en France 22 municipalités, 5 départements, 1 région.
- au Mali, les collectivités territoriales françaises en coopération sont également nombreuses: 2 départements, 30 municipalités, 4 régions.
* Selon des données recueillies par le secrétariat technique des commission mixtes auprès de Cités Unies France (CUF) et de l'Association des Présidents de Conseils Généraux (APCG).
2) Répondre à la crise des systèmes éducatifs
Sans cesse confrontés à des réalités difficiles sur le terrain, les acteurs non gouvernementaux s'adaptent et formulent des approches spécifiques pour tenter d'apporter des réponses pertinentes à des situations évolutives critiques : la grande pauvreté de larges franges de la population en Asie et en Afrique ; l'incapacité financière des Etats à généraliser la couverture des besoins en éducation de base ; la crise des systèmes éducatifs (en particulier africains) ; la croissante marginalisation des jeunes urbains ; la multiplication des conflits générant de durables déplacements de populations réfugiées.
Ainsi, dans le secteur éducatif, c'est l'accès à l'éducation de base et à la formation professionnelle qui a mobilisé la plus grande partie des acteurs non gouvernementaux, soit pour accroître les capacités d'accueil et améliorer l'offre éducative de l'enseignement formel (géographiquement et quantitativement), soit pour diversifier l'offre dans le cadre de l'éducation non formelle et l'adapter aux publics qui en étaient exclus.
Les interventions des acteurs non gouvernementaux sont généralement très décentralisées, réparties sur des zones où chacun cherche, pour des raisons logistiques évidentes, soit à concentrer son action sur des points de rayonnement, soit à regrouper ses interventions dans un nombre de localités d'une même circonscription administrative.
Les actions sont construites autour d'approches de plus en plus marquées par :
la priorité donnée aux populations les plus pauvres, exclues et marginalisées ;
Les modes de gestion ont beaucoup évolué :
En France, la concertation sest renforcée entre les pouvoirs publics et les acteurs non gouvernementaux, en particulier au sein de la Commission Coopération Développement (CCD), instance paritaire entre les pouvoirs publics et les acteurs non gouvernementaux créée en 1983. Les instances de dialogue sont notamment les groupes de travail, dont le groupe éducation/formation et le groupe jeunesse.
3. Une analyse sévère de la décennie Jomtien
Les actions des organisations non gouvernementales françaises touchent directement plusieurs millions d'enfants, de jeunes, d'adultes alphabétisés dans près d'une centaine de pays et dans les régions les plus pauvres du monde.
Mais en 1999, les taux nets de scolarisation restent faibles, particulièrement en Afrique francophone où la déperdition scolaire est très forte. Malgré d'indéniables efforts des Etats et de la coopération internationale, les objectifs de Jomtien n'ont pas été atteints : plus de 130 millions d'enfants restent privés d'éducation de base (dont près de 80 millions en Afrique) ; plus dun milliard dadultes sont encore analphabètes, dont deux tiers de femmes.
Il convient alors d'en rechercher les raisons profondes, qui tiennent au facteurs suivants :
A cela sajoutent des parents d'élèves inorganisés, pas assez consultés sur leur vision de la finalité de léducation ; une offre de formation professionnelle souvent inadéquate par insuffisance des relations avec le monde du travail local, et labsence fréquente de véritable concertation et de partenariats pour adapter les systèmes éducatifs.
Ces observations des acteurs non gouvernementaux français senracinent sur une connaissance approfondie des terrains les plus difficiles de léducation da base. Ils se sont intéressés plutôt aux enfants et aux millions de jeunes qui ne fréquentent pas lécole, et à ceux qui abandonnent en cours de scolarisation (plus de 50% dans certains pays). Ils sont décidés à continuer leur appui à l'éducation de base et la formation; mais ils ont conscience également des limites de leur action et des évolutions nécessaires dans la poursuite des objectifs de Jomtien. Dans cet esprit, ils souhaitent attirer l'attention des pouvoirs publics et les agences internationales sur les risques que présenterait un bilan officiel dautosatisfaction (alors que de nombreux échecs semblent remettre en cause les plans daction établis suite à Jomtien ou la manière dont ils ont été réalisés) ou trop statistique, qui ne laisserait pas assez de place à lappréciation qualitative du processus éducation pour tous.
III. Quelques pistes pour lavenir de la coopération en éducation de base
Lanalyse des pouvoirs publics et celle des acteurs non gouvernementaux converge sur plusieurs points essentiels concernant lévolution nécessaire des actions en faveur de léducation pour tous dans le cadre de la coopération internationale de la France.
Conclusion : DE JOMTIEN A DAKAR
Le bilan de la décennie qui sest écoulée depuis ladoption de la déclaration de Jomtien est un bilan modeste. Il ne signale pas une absence defforts, ni que les efforts entrepris lont été sans résultats : à tout le moins ont ils réussi à empêcher que les écarts se creusent encore davantage.
Ce bilan modeste sexplique en partie par une sous-estimation de la difficulté de ce qui reste à accomplir. Dans le relatif optimisme de fin de Guerre Froide de 1990, on na pas vraiment mesuré lécart qui sépare encore les pays développés dune éducation pour tous correspondant aux besoins de leurs sociétés, ni les nouveaux obstacles qui se dressent devant les pays en développement. Les efforts faits ont permis de progresser sur le chemin tracé à Jomtien, mais tout se passe comme si en même temps lhorizon reculait ou que la route se mettait à monter.
De nouvelles approches, plus globales, impliquant de façon plus complète et plus respectueuse lensemble des partenaires concernés, se sont développées. Elles ouvrent de nouvelles possibilités et portent de nouveaux espoirs. Lobjectif déducation pour tous doit sans nul doute être conservé et réaffirmé avec la plus grande détermination. Les efforts de tous ordres pour sen rapprocher doivent être développés. Mais pourrait-on de manière réaliste se montrer à Dakar en lan 2000 aussi confiant quon létait à Jomtien il y a dix ans ?
REFERENCES
Ce rapport sappuie en grande partie sur des notes de synthèse sur laction pour lEducation pour Tous préparées par les services compétents des principaux ministères concernés : Ministère de lEducation Nationale, de la Recherche et de la Technologie (MENRT), Ministère de lEmploi et de la Solidarité (MES), Ministère des Affaires Etrangères (MAE), Ministère de la jeunesse et des Sports (MJS), Ministère de lAgriculture, de la Pêche et de lAlimentation (MAPA) et par la Commission Coopération Développement (CCD). Ce rapport naurait pas pu être établi sans ces documents.
En outre, une série dautres références, rapports, notes, articles et ouvrages ont été consultés et utilisés. Certains sont cités dans le corps du texte, au moyen du numéro quils portent dans la liste ci-dessous.
ANNEXES STATISTIQUES
Statistiques utiles sur léducation et la formation en France
Evolution des effectifs délèves et détudiants
La dépense pour léducation
Niveaux de formation
Chiffres clés de la formation continue
Chiffres clés de laide française au développment
Indicateurs de base de léducation pour tous (EPT)
18 indicateurs définis par le Forum Education pour Tous
Evolution des effectifs délèves et détudiants (en milliers)La dépense pour léducation
Niveaux de formation
1980 1990 1995 1996 1997 1998
% dune génération accédant auniveau du BEP ou du CAP (niveau V)
80,4 92,5 92,5 91,2 91,8 93,4
% dune génération accédant auniveau du baccalauréat (niveau IV)
bac général 22,1 33,4 36,3 35,5 34,2 33,6
bac technologique 11,9 17,6 20,5 20,9 20,6 21,2
bac professionnel - 5,0 11,1 11,9 13,1 13,2
ensemble 34,0 56,0 67,9 68,3 67,9 68,0
Jeunes sortant de formation initialesans aucun diplôme (en milliers)
202 133 97 93 96
Jeunes sortant de formation initialesans qualification (niveaux VI et V bis) (en milliers) 83 56 60 57
Chiffres clés de la formation continue (1996)
En 1996, la dépense totale pour la formation professionnelle continue et lapprentissage représente 138,2 milliards de francs, soit 1,76 % du PIB.
Principales sources de financement
Etat et autres administrations 49,1 %
Collectivités territoriales (surtout Régions) 9,2 %
Entreprises 39,8 %
Ménages 1,9 %
Types de prestataires et part dans le chiffre daffaires
Etablissements publics et parapublics
(notamment GRETA) 11,8 %
AFPA 2,4 %
Organismes consulaires 5,0 %
Secteur privé (y compris individuels) 80,0 %
Chiffres clés de laide française au développement
xxxxxxxx
Indicateurs de base de léducation pour tous (EPT) :
indicateurs sur les programmes déveil de la petite enfance
Indicateur EPT 1 :
Taux brut de scolarisation dans les programmes déveil de la petite enfance
1980 ..1990 1995 1998
% des enfants âgés de 2 ans.. 35,7 35,3 35,4 35,4
3 ans 89,9 97,2 99,6 100
4 ans 100 100 100 100
5 ans 100 100 100 100
Ensemble 2 5 ans
(taux brut de scolarisation) 82,1 83,4 84,4 85,0
Indice de parité entre les sexes 1,0 1,0 1,0 1,0
Indicateur EPT 2 :
% des élèves entrant à lenseignement primaire ayant suivi un programme déveil de la petite enfance
Ce taux est de 100 % tout au long de la période.
Indicateurs de base de lEPT :
indicateurs sur lenseignement primaire
Indicateurs EPT 3 et 4 :
Taux brut et net dadmission dans lenseignement primaire
Le taux brut excède légèrement 100 % tout au long de la période en raison dun petit nombre denfants qui entrent à lécole primaire avant lâge officiel (6 ans). Pour la même raison, le taux net est légèrement inférieur à 100 % tout au long de la période.
Indicateurs EPT 5 et 6 :
Taux brut et net de scolarisation dans lenseignement primaire
1980 1990 1995 1998
Taux brut de scolarisation * (%) 111,1 108,5 106,1 103,6
Taux net de scolarisation (%) 100 100 100 100
* (la réduction du taux brut de scolarisation indique quun plus grand nombre délèves
termine lenseignement primaire « à temps »)
Indicateurs EPT 7 et 8 :
Dépenses publiques pour lenseignement primaire en % du PIB, par élève et en % de la dépense publique totale déducation
1980 / 1990/1995/1998
Part (%) du primaire dans la dépenses publique déducation
22,0 17,6 19,8 19,8
Dépenses publiques pour le primaire en % du PIB 1,02
0,89 1,09 1,09
Dépenses publiques par élève du
primaire en % du PIB/habitant 12,0 12,1 15,6 16,1
indicateur complémentaire :
Coût par élève du premier degré (pré-élémentaire et primaire)
en francs de 1998 16200 20200 23300 25300
Indicateurs de base de lEPT :
indicateurs sur les enseignants du primaire
Indicateurs EPT 9 et 10 :
% des enseignants des écoles primaires ayant les titres académiques requis, ou certifiés pour enseigner selon les normes nationales
Tous les enseignants du premier degré public (y compris lenseignement pré-élémentaire et lenseignement primaire) possèdent les titres requis et sont certifiés pour enseigner selon les normes nationales.
En 1998, leffectif total est de 302 750 enseignants, dont :
35 % appartiennent au corps des professeurs des écoles (nouvelle qualification créée en 1990) et 65 % au corps des instituteurs ;
Indicateur EPT 11 :
Nombre délèves par maître dans lenseignement de premier degré
1980 1990 1995 1998
Nombre délèves par maître
(pré-élémentaire et primaire ensemble) 21 20 18 18
Indicateur complémentaire : évolution de la taille des classes
1980 1990 1995 1998
écoles maternelles 30,0 27,9 27,1 25,5
écoles primaires 23,9 22,8 22,9 22,8
(lycées) 27,1 29,7 28,7 28,4
Indicateurs de base de lEPT :
indicateurs defficacité
Indicateur EPT 12 :
Taux de redoublement par année détudes
Cet indicateur nest pas directement applicable dans le système pré-élémentaire et primaire français, caractérisés par des cycles dapprentissage dont la durée peut varier et par la mise en place de classes et de dispositifs de transition pour les élèves qui risquent de « prendre du retard ».
Un indicateur de substitution est cependant disponible : il porte sur la proportion délèves qui sont « en retard » à lentrée de chaque classe de lenseignement primaire.
1985 1990 1995 1997
% délèves en retard à lentrée en :
CP 12,1 9,9 7,4 7,4
CE1 18,8 16,0 13,4. 13,2
CE2 22,4 19,4 15,6 15,9
CM1 30,5 23,1 17,8 17,4
CM2 36,5 25,4 20,6 20,0
Indicateur EPT 13:
Taux de survie en cinquième année
Ce taux est de pratiquement 100 % tout au long de la période: tous les élèves terminent lenseignement primaire, certains avec du retard (actuellement environ 20 %, comme le montre lindicateur EPT 12), ou dans le cadre de classes dinitiation et dadaptation (en 1998, ces classes ont accueilli 13500 élèves, soit 0,3 % de leffectif total de lenseignement primaire).
Indicateur EPT 14 :
Durée moyenne effective par rapport à la durée normale de la scolarité primaire
Cet indicateur nest pas disponible sous forme dun rapport entre la durée effective et la durée théorique de la scolarité. On peut cependant fournir une indication utile en se basant sur la répartition des élèves par âge (et par sexe) à leur entrée en classe de sixième, comparé à lâge « normal » (11 ans).
Evolution du pourcentage des élèves dâge théorique normal en sixième
1980 1990 1995 1998
% délèves de 11 ans en 6ème 54,1 60,6 65,5 67,9
Répartition des élèves de 6ème par âge et par sexe en 1997-98
garçons filles total
Effectif total 36 801 403 797 840 598
10 ans et moins 2,4 % 3,3 % 2,8 %
11 ans (âge normal) 64,0 % 72,1 % 67,9 %
12 ans 26,5 % 20,2 % 23,5 %
13 ans et plus 7,0 % 4,5 % 5,8 %
Indicateur EPT 15 :
% des élèves qui en 4ème année maîtrisent un ensemble de compétences de base
En France, il existe un indicateur de ce type non pas à lentrée en 4ème année de scolarité primaire (classe de CM1), mais à lentrée en 3ème année (classe de CE2). Il est basé sur des tests de niveau administrés régulièrement depuis 1989 aux élèves à cette étape de leur scolarité pour aider les enseignants à repérer les acquis et les difficultés de leurs élèves.
% de réussite aux items de français et de mathématiques à lentrée au CE2 (tests de septembre 1997)
garçons filles ensemble 10% les 10 % les
plus forts plus faibles
français 61,7 67,1 64,5 35,0 89,2
mathématiques 70,3 71,6 71,0 37,1 93,7
Indicateurs de base de lEPT :
indicateurs sur les taux dalphabétisme
Indicateur EPT 16 :
Taux dalphabétisme des sujets de 15 à 24 ans
Indicateur EPT 17 :
Taux dalphabétisme des adultes
Indicateur EPT 18 :
Indice de parité dalphabétisme entre les sexes
Il nexiste pas en France de séries chiffrées correspondant à ces trois indicateurs, notamment en raison des difficultés t des différences de définition des termes « alphabétisme », « analphabétisme » et « illettrisme ». Voir à ce sujet la section spéciale consacrée à lillettrisme (1ère partie du rapport, section V).
FIN