L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays Page d'accueil du forum mondial sur l'éducation
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PREMIERE PARTIE

CONTEXTE ET FONDEMENTS DE L’EVALUATION EPT.

INTRODUCTION

En Mars 1990, s'est tenue à Jomtien (Thaïlande) la conférence Mondiale sur l'Education pour tous, organisée conjointement par le Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (l'UNICEF), le Programme des Nations Unies pour le Développement (le PNUD), l'Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture (l'UNESCO), la Banque Mondiale et le Fonds des Nations Unies pour la Population (le FNUAP). Le Gabon, par sa participation marquait non seulement l'intérêt qu'il accorde à l'Education mais aussi et surtout son engagement à mettre en œuvre les résolutions issues de cet important forum.

Il y a dix ans à Jomtien, les promoteurs avaient recommandés l'établissement d'un bilan dont les objectifs sont ainsi définis pour tous les pays :

Le bilan actuel établit l'état d'exécution des mesures ou initiatives prises tant par les acteurs publics que privés, à l'école surtout et dans une moindre mesure en dehors de l'école, en faveur de l'Education de base pour tous (enfants, jeunes, adultes) ainsi que l'impact des différentes mesures ou initiatives sur le terrain. Le présent rapport s'inscrit donc dans le cadre de l'actualisation des principales décisions prises et des actions menées par le Gabon depuis la conférence mondiale sur l'Education Pour Tous tenue à Jomtien en Mars 1990.

1. OBJECTIFS ET BUTS DE L'EPT.

La scolarisation et la formation des cadres ont constitué la préoccupation fondamentale de la politique éducative des autorités gabonaises. En effet, dès l'indépendance, la Constitution de la République gabonaise dispose que l'Etat garanti l'égal accès de l'enfant et de l'adulte à l'instruction, à la formation professionnelle et à la culture. Par ailleurs, en ce qui concerne l'enseignement, la loi n° 16/ 66 du 09 Août 1966 organise le service public de l'éducation sur la base de " l'égal accès de l'enfant et de l'adulte à l'instruction, la gratuité de l'école de six à seize ans, l'égalité des chances entre les sexes…".

Comme on peut le constater à la lecture des objectifs et buts ci-dessus rappelés, la politique éducative des autorités gabonaises a très tôt intégré les six aspects de l'Education pour tous de la conférence de Jomtien (Thaïlande Mars 1990). Il s'agit de :

    1. L'expansion des activités de protection et d'éveil de la petite enfance ;
    2. L'universalisation de l'enseignement primaire ;
    3. L'amélioration des résultats de l'apprentissage ;
    4. La réduction du taux d'analphabétisme des adultes ;
    5. L'expansion des services d'éducation de base et des formations à d'autres compétences essentielles destinées aux adolescents et aux adultes ;
    6. L'acquisition accrue par les individus et les familles, grâce au concours de tous les canaux d'éducation y compris les médias, les autres formes de communication modernes et traditionnelles et l'action sociale ; des connaissances, compétences et valeurs nécessaires à une vie meilleure.

Dès lors, l'objectif global poursuivi est l'amélioration de la qualité de l'éducation et de la formation en cherchant à satisfaire au moindre coût et dans les moindres délais les besoins de développement humain. C'est pourquoi il est apparu opportun aux autorités gabonaises de poursuivre le processus de réflexion autour des trois questions essentielles que sont : Où aller ? Comment y parvenir ? Quel est le meilleur chemin à emprunter ?

2. STRATEGIES ET/OU PLAN D'ACTION EPT.

Après Jomtien, les différents Départements Ministériels concernés se sont attelés à la réalisation des objectifs de l'EPT. Ainsi on note :

Par ailleurs, les besoins éducatifs fondamentaux définis et identifiés portent sur les outils essentiels d'apprentissage : (lecture, écriture, expression orale, calcul, résolution des problèmes) et contenus éducatifs fondamentaux : (connaissances intellectuelles, aptitudes, valeurs, attitudes), nécessaires au développement de toutes les facultés de l'homme; à sa pleine participation au processus de développement de la société, à l'amélioration de ses conditions de vie et à son intégration. Il s'adresse principalement aux groupes cibles suivants :

    1. Les élèves du pré - primaire ;
    2. Les élèves du primaire ;
    3. Les enfants de la rue, les adultes analphabètes et les handicapés sensoriels.

Les insuffisances constatées dans la mise en œuvre de la stratégie pour l'EPT ont conduit le Gouvernement à recentrer sa politique en la matière. C'est pourquoi le Gouvernement a pris en conseil des Ministres du 4 Août 1999 les mesures suivantes :

3. PRISE DE DECISION ET GESTION DE L'EPT.

En l'absence d'une structure spéciale EPT au niveau national, plusieurs départements Ministériels concourent de par leurs attributions respectives, à la prise de décision et à la gestion de l'EPT. Il s'agit de :

Ministère de l'Education Nationale : Enseignements Pré-primaire, Primaire, Secondaire, Technique et Professionnel ;

Ministère de la Solidarité Nationale et des Affaires Sociales : enseignement préscolaire protection et promotion sociales des jeunes handicapés et défavorisés

Ministère de la Culture, des Arts et de l'Education Populaire : alphabétisation ;

Ministère du Travail, de l'Emploi et de la Formation Professionnelle : formation aux compétences essentielles, utiles à l'insertion sociale ;

Ministère de la Jeunesse, de la Culture civique, des Sports et des Loisirs ;

Ministère de la Santé Publique et de la Population : assurer le meilleur état physique, mental et social des individus ;

Ministère de la Communication, des Postes et des Technologies de l'Information.

Pour l'essentiel, les décisions d'intervention en faveur de l'éducation non formelle, dans toutes ces dimensions, relèvent majoritairement de l'initiative des ONG.

Il apparaît donc, à la lumière de ce qui précède, qu'il s'agit d'une répartition implicite des responsabilités et des rôles en matière de prise de décision et de pilotage des actions E.P.T. En raison de la mise en place tardive de la structure autonome devant gérer particulièrement le dossier EPT, le suivi était assuré par les différents Ministères à travers certaines directions et services.

A cet effet, les membres désignés sont les suivants :

Jusqu'à présent le pilotage des actions EPT relevait d'une action conjuguée de tous les partenaires impliqués dans la politique EPT. Toutefois un décret, en cours de signature, mettra en place un observatoire autonome.

4. PRINCIPAUX EVENEMENTS ET ACTIONS EN FAVEUR DE L'EPT DEPUIS 1990.

En application des recommandations des états généraux de l'éducation de 1983 et faisant suite aux résolutions de Jomtien, les autorités gabonaises ont inscrit dans l'agenda politique leur volonté de parvenir à réaliser les objectifs de l'EPT. C'est la raison pour laquelle les activités ci-dessous ont été menées :

Exemples de quelques principaux événements et actions en faveur de l'EPT depuis 1996.

ANNEE

 

NATURE

DE L'INITIATIVE

PUBLIC CIBLE

VISE

RESULTATS

ATTENDUS

1996 - 1997

  • Programme d'alphabétisation des adultes ;
  • Campagne de collecte des informations.

Jusqu'à 45 ans.

Eradication progressive de l'ignorance et de l'analphabétisme.

1998 - 1999

  • Renforcement de l'éducation de base ;
  • Vulgarisation d'éducation pré-primaire ;
  • Education en faveur des jeunes défavorisés ou sortis par abandon de la structure scolaire.

Enfants de 3 à 5 ans.

16 - 21 ans et plus.

Maximisation du taux de rendement scolaire au Primaire.

Eradication de certains fléaux telles que l'oisiveté et la délinquance juvénile.

5. COOPERATION DANS LE DOMAINE DE L'EPT.

Le contexte mondial actuel commande en effet que les différents acteurs d'une société soient associés à la prise de décision dans la recherche de l'amélioration de la qualité des projets de développement et singulièrement des projets éducatifs.

L'ambition du système éducatif gabonais dans ce domaine est de s'ouvrir à tous les partenaires de l'école de façon à introduire des facteurs de redynamisation dans la gestion des projets éducatifs.

C'est ainsi que les syndicats d'enseignants, les associations des parents d'élèves, les bureaux des coopératives et mutuelles scolaires, les communautés religieuses et laïques participent à l'EPT. Cependant il est bon d'indiquer que les collectivités locales coopèrent étroitement avec les services gouvernementaux. A ce titre elles sont tenues de contribuer à hauteur de 10% de leur budget au développement de l'éducation de base.

Tels sont la nature et l'état de la coopération au niveau local.

Au niveau étatique, la concertation est de règle entre diverses structures d'éducation contrôlée par l'Etat, en tenant compte du rôle spécifique de chacune d'elles et des possibilités de complémentarité offertes. Cette concertation s'est toujours faite autour du Premier Ministre et placée sous l'autorité du Président de la République Chef de l'Etat. A cet effet, le partenariat entre le Ministère de l'Education Nationale et d'autres départements ministériels offrant des formations (Santé Publique et Population, Enseignement Supérieur, Eaux et Forêts, Agriculture, Travail, Formation Professionnelle et Emploi, Culture, Arts et Education Populaire, Jeunesse et Sports, Affaires Sociales) s'est toujours réalisé chaque fois que l'opportunité s'est présentée aux fins de renforcer et de mettre en commun les moyens et les structures de l'élaboration multisectorielle des contenus et des programmes et d'organisation conjointe concertée des établissements en fonction des types de formations recherchées, des spécificités des publics à accueillir.

Au niveau international, les accords bilatéraux et multilatéraux caractérisent la politique éducative gabonaise en matière de coopération, en vue de rechercher les appuis techniques et financiers pour la réalisation des objectifs visés par le système éducatif.

Dans le même ordre d'idées la mission française de coopération à été sollicitée pour procéder à une évaluation en vue de la réforme du système éducatif gabonais. C'est le projet administration et développement de l'éducation gabonaise (PADEG) cité plus haut.

Un projet UNICEF / Ministère de l'Education Nationale a été mis en place et concerne l'éducation des filles. Il consiste à créer des centres démonstratifs d'éducation de base non formelle pour la "récupération" des jeunes filles déscolarisées.

Un partenariat est également établi avec une O.N.G. Africaine dénommée le FAWE. Son antenne nationale : l'Association des Femmes Educatrices du Gabon (AFEG) travaille avec l'UNICEF et le Ministère de l'Education Nationale sur la protection de la scolarité des filles.

Par ailleurs, en vue de renforcer et de développer les structures d'accueil, et de remédier aux problèmes des effectifs pléthoriques, le budget de l'Etat a bénéficié des financements extérieurs provenant des bailleurs de fonds tels que : la Banque Africaine de Développement (BAD), la Banque Islamique de Développement (BID) ; l'Union Européenne (EU) et l'Agence Française de Développement (AFD).

Notons enfin que sur le plan bilatéral la coopération avec le Peace Corps américain est très ancienne et traduit la solidité des rapports que le Ministère entretient avec ses partenaires extérieurs.

6. INVESTISSEMENTS DANS L'EPT DEPUIS 1990.

 

Salles de classe 88/89

Salles de classe 94/95

Salles de classe 96/97

Total

Public

Privé

Total

Public

Privé

Total

Public

Privé

ationale

3907

2465

1442

5121

3461

1660

5873

3880

1993

Estuaire

179

116

63

247

171

76

320

236

84

Libreville Communes

511

391

120

1422

1093

329

1632

1126

506

Haut-Ogooué

530

412

118

564

472

92

760

612

148

Moyen-Ogooué

202

109

93

204

126

78

278

182

96

Ngounié

536

304

232

610

370

240

639

383

256

Nyanga

290

173

117

291

180

111

329

218

111

Ogooué-Ivindo

284

190

94

349

243

106

318

211

107

Ogooué-Lolo

239

146

93

253

179

74

299

213

86

Ogooué-Maritime

306

217

89

428

248

180

512

316

196

Woleu-Ntem

830

407

423

753

379

374

786

383

403

Source : Direction de la Planification, de la Programmation et des Investissements.

Les crédits alloués par les lois des Finances depuis une décennie permettent de mesurer l'effort du Gouvernement gabonais dans ce domaine.

Il est bon d'indiquer qu'une partie du budget est consacrée aux équipements, à la réhabilitation de quelques écoles et à la construction de nouvelles écoles primaires.

Tous ces efforts consentis par l'Etat lui ont permis de réaliser entre 1991 et 1998 plus de 1200 salles de classes reparties sur l'ensemble du Territoire National avec un accent particulier sur le primaire. Grâce à sa politique de coopération, le Gabon a pu bénéficier du concours de l'Union Européenne et du Conseil Général des Hauts-de-Seine pour la construction respective de cent soixante et quatre vingt dix salles de classes supplémentaires.

Parallèlement à ces efforts d'équipements et d'investissement, d'autres actions ont été entreprises et ont permis le recrutement de plus de 3000 enseignants depuis 1990, la formation initiale et/ou continue des personnels d'encadrement (Inspecteurs, Conseillers Pédagogiques, Evaluateurs, Analystes en besoins de formation) et des personnels enseignants.

C'est de cette façon que les autorités gabonaises entendent améliorer le système éducatif et poursuivre l'effort d'accueil des élèves dans des structures adaptées et modernes. Mais la conjoncture économique difficile que traverse le pays ne lui permet plus de continuer avec les grands investissements. C'est pourquoi, il devient plus que nécessaire que la coopération bilatérale et multilatérale soutiennent les actions à entreprendre dans un domaine aussi sensible que celui de l'éducation pour tous.


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