L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays Page d'accueil du forum mondial sur l'éducation
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I Partie: Section Descriptive

1. Aperçu sur la Guinée

La République de Guinée couvre une superficie de 246.857 Km². Elle est située au Sud - Ouest de I'Afrique Occidentale entre les 7° et 12° de latitude Nord, les 8° et 15° de longitude Ouest. Elle est limitée à l'Ouest par l'Océan Atlantique sur plus de 300 Km, au Nord-Ouest par la Guinée-Bissau, au Nord par le Sénégal et le Mali, à l'Est par la Côte d'Ivoire et au Sud par le Libéria et la Sierra Leone.

La Guinée se subdivise en quatre régions naturelles assez distinctes les unes des autres et homogènes intérieurement: la Basse Guinée ou Guinée Maritime, la Moyenne Guinée, la Haute Guinée et la Guinée Forestière couvrant respectivement 18 % ; 20 % ; 40 % et 22 % du territoire national.

Le Territoire de la République de Guinée est découpé en huit régions administratives dont Conakry, la capitale, trente trois préfectures et trente huit commues dont cinq à Conakry.

La population guinéenne est estimée à 7.164.893 habitants en 1996, soit une densité de 30 habitants au km2.Le taux annuel de croissance démographique est de 2,8 %.

La population en âge d'aller à 1'école est estimée à 1 322 060 en 1997, soit 18% de la population totale. La répartition par sexe montre que 1'effectif des filles scolarisable est de 674 251. Le taux d'admission en 1ère année est de 40,31 % pour 1'ensemble, 33,80 pour les filles et 65,48% pour les garçons alors que le taux de scolarisation se situe au niveau 51,04% dont 36,94 % pour les filles et 65,70 % pour les garçons.

Au plan économique, l'option de la libre entreprise a été proclamée et des programmes d'ajustement structurel adoptés et mis en œuvre. La détérioration des termes de 1'échange, la faiblesse du PIB par habitant (500 US en 1996), le déficit de la balance commerciale placent la Guinée parmi les pays les moins avancés du Monde.

A I’avénement de la deuxième République en Avril 1984, le Gouvernement engagea de profondes réformes dont la réalisation avait pour préalable la valorisation et le développement des ressources humaines.

En effet, la faiblesse de 1'enseignement é1émentaire et l'absence d'une politique d'éducation de base avaient constitué un frein à 1'effort de développement économique et socioculturel du pays.

Face à cette réalité, le Gouvernement a organisé la Conférence Nationale de l'Education tenue en Mai 1985, et a adopté une déclaration de politique éducative en Septembre 1989. L'application de la lettre de politique de développement de 1'éducation de 1994, a exprimé avec force sa volonté politique de réforme dans le secteur de 1'éducation en opérant des changements profonds dans le système éducatif, notamment dans ses finalités, dans son contenu et dans ses structures.

Trois grands objectifs ont été assignés à savoir, la restructuration du système éducatif, l'amélioration de la qualité de 1'enseignement et de la formation et le renforcement des capacités de gestion, de planification et d'administration de 1'éducation.

Des résultats appréciables ont été obtenus dans le cadre de la mise en œuvre de ces réformes. 11 s'agit entre autres de l'amélioration du taux brut de scolarisation, du taux d'inscription en 1ère année de 1'école primaire, de la réduction progressive des disparités entre zones urbaines et rurales, entre filles et garçons dans un souci d'équité, de l'appui à 1'éducation non formelle, de la réalisation des infrastructures et équipements de 1'éducation, de la promotion et du développement de 1'enseignement privé et de la coopération internationale génératrice d'importants programmes éducatifs tels que le PASE pour 1'enseignement pré-universitaire, le PADES pour 1'enseignement supérieur et la recherche scientifique et le Projet d'Appui de la réforme de 1'enseignement technique et de la formation professionnelle.

De nos jours, le système éducatif est géré par trois Ministères, le Ministère de I'Enseignement Prè-Universitaire et de l’Education Civique (MEPU-EC), le Ministre de I'Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle (MET-FP) et le Ministre de I'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (MESRS).

Après plusieurs reformes depuis l’indépendance en 1958, le système éducatif guinéen peut être décrit comme suit en 1997 - 1998 :

Enseignement élémentaire

L'enseignement élémentaire d'une durée de 6 ans, est sanctionnée par 1'examen de fin de cycle donnant lieu au Certificat d'Etudes Primaires E1émentaires (CEPE).

L'âge officiel de recrutement en 1ére Année est de 7ans ; mais à cause des rentrées précoces et tardives, on peut trouver de ce niveau des enfants de plus ou moins de 7 ans.

Enseignement secondaire

L'enseignement secondaire a une durée de 7 ans et comprend deux cycles : le premier cycle secondaire ou collège d'une durée de 4 ans, de la 7éme A la 10éme Année et le deuxième cycle secondaire ou lycée de 3 ans, de la 11ème Année à la Terminale avec trois profils sciences sociales, sciences expérimentales et sciences mathématiques.

L’achèvement de ces deux cycles conduit respectivement au BEPC et au Baccalauréat 1ère Partie en 12ème Année et 2ème Partie en Terminale.

Enseignement technique et formation professionnelle

Cet enseignement est destiné à former la main d’œuvre qualifiée et des cadres techniques. Le recrutement se fait par voie de concours. La durée de formation est de 3 ans. La fin des études est sanctionnée par le Brevet d'Etudes Professionnelles (BEP) et le Brevet de Technicien Supérieur (BTS) respectivement pour les établissements de type A et B.

Enseignement Supérieur

L'enseignement supérieur recrute par voie de concours les élèves titulaires du Baccalauréat complet dans les Universités et les Instituts Supérieurs. La durée des études varie de 4 à 6 ans selon les facultés. Cinq types de diplômes sont délivrés au niveau des Institutions d'Enseignement Supérieur : le DEUG, la Licence, la Maîtrise, le Doctorat en Médecine et Pharmacie et le DEA.

Enseignement non formel (Centres d’alphabétisation et NAFA)

Dans le cadre de la mise en œuvre progressive du plan d'action national d’éducation pour tous, le département mène une lutte contre l’analphabétisme à travers une politique cohérente. Parallèlement, les centre "NAFA" ou école de la seconde chance sont ouverts pour les jeunes non scolarisés ou déscolarisés de 10 à 16 ans.

La politique éducative de la Guinée consiste en l'insertion de 1'éducation dans le dispositif de développement économique, social et culturel du pays en vue de son adéquation avec le marché du travail.

Dans le système éducatif guinéen la priorité est donnée à 1'enseignement élémentaire et de l’éducation non formelle en vue de permettre aux jeunes générations et adultes d’acquérir des connaissances nécessaires à leur auto-promotion et auto-développement.

Le système éducatif guinéen se fixe pour objectif de former des hommes et des femmes responsables, compétents et efficaces, vecteurs du développement fondé sur les solidarités naturelles et la libre entreprise, moteurs du progrès.

Première Partie :

La Guinée s’est engagée à partir de 1984 dans un vaste programme d’ajustement structurel dont la mise en œuvre touche l’ensemble des secteurs de la vie nationale. Ce programme qui cadre avec l’option libérale adoptée par la 2ème République vise notamment à :

L’exécution de ce programme a permis à la Guinée de faire des progrès importants dans la mise en place du système d’économie de marché.

A ce titre, un processus a été élaboré et exécuté pour réorganiser le système éducatif car, il est apparu évident que seule une éducation efficace au sens large du terme, peut fournir une réponse adéquate aux différents problèmes économiques et sociaux du pays.

Ainsi, le Gouvernement de la Deuxième République a pris très tôt conscience de la nécessité de valoriser les ressources humaines à travers un effort soutenu et dynamique d’amélioration du système éducatif.

Pour que les réformes engagées puissent aboutir à des résultats satisfaisants, il était impérieux que le secteur éducatif fasse l’objet de réformes importantes en vue de son adaptation aux mutations consécutives aux nouvelles exigences de l’option libérale prise par le gouvernement.

C’est dans cette perspective que se situe l’organisation de la première conférence nationale de l’éducation tenue en mai - juin 1984. Cette conférence a permis de faire un diagnostic exhaustif du système éducatif marqué par de graves lacunes à tous les niveaux de son dispositif politique, administratif et dans son fonctionnement. A cette occasion, 3 objectifs ont été assignés pour le développement de l’éducation en Guinée :

Un certain nombre de mesures ont été prises par le gouvernement en vue de l’atteinte de ces objectifs :

  1. Orientations de l’Education Pour Tous

Pour être conforme avec ses options fondamentales le Gouvernement a adopté en Septembre 1989 une déclaration de politique éducative. Celle-ci vise à réaliser progressivement l’insertion de l’éducation dans le dispositif d’une économie fondée sur l’épanouissement de la libre entreprise. L’éducation se trouve ainsi placée au cœur du développement économique du pays.

Deux objectifs sont visés :

Les domaines suivants seront touchés :

2 - Stratégies – Plans d’action de l’Education Pour Tous (E.P.T.)

 

Les orientations de la Déclaration de politique éducative de Guinée (1989) et les résultats de la conférence de Jomtien (1990) reflètent une convergence de points de vue et d’intérêt.

Dans ce cadre, en 1990, quelques mois après la conférence Jomtien, la Guinée a organisé les journées de réflexion sur l’Education pour tous en réunissant des cadres de l’Education nationale, des représentants de plusieurs autres départements ministériels et ceux des institutions partenaires. Cette importante rencontre a été le prélude au lancement du programme d’ajustement du secteur de l’Education (PASE), considéré comme l’instrument technique de mise en œuvre de la déclaration de politique éducative.

A cet effet, un plan d’action à long terme a été élaboré, couvrant la période 1991-1999 et dont l’exécution est prévue en trois phases de trois années chacune. La démarche suivie est progressive tenant compte des contraintes qui s’exercent sur l’ensemble des secteurs, d’activités. Le PASE dont la mise en œuvre touche l’ensemble des secteurs constitue un moyen important vers l’extension de l’éducation de base tant par ses objectifs que par les ressources mobilisées à cette fin. La première étape du plan d’action (1991-1993) a coïncidé avec l’exécution du PASE dans sa première phase.

L’ensemble des actions prévues par le PASE a été regroupé en quatre composantes constituant chacune un programme d’action (PAC).

Les composantes sont les suivantes :

1. Restructuration administrative et renforcement des capacités de gestion et d’encadrement.

  1. Valorisation des ressources humaines et rationalisation des formations initiale et continue.
  2. Amélioration des conditions de travail dans les classes, et accroissement des infrastructures et équipements.
  3. Révision des programmes et des moyens d’enseignement et adaptation et diffusion de moyens didactiques.

Deux lettres de politique de développement du secteur de l’Education ont été publiées en 1989 et 1996. Elles font état des réalisations au cours de la première période du PASE et proposent de nouvelles recommandations en vue de poursuivre les efforts d’amélioration des résultats obtenus pour la phase suivante.

Le PASE a agit sur l’offre éducative (infrastructure, curriculum, formation des cadres etc... ). Les questions liées à l’accessibilité et à l’équité n’ayant pas fait l’objet de programme, il est apparu nécessaire au gouvernement d’élaborer un programme national qui prendrait en compte les autres dimensions de l’E.P.T.

Dans ce cadre, un plan d’opération d’EPT 1997 – 2001 a été élaboré avec deux volets.

Le programme agira conformément aux six (6) axes stratégiques suivants : la consolidation et l’extension des services, le renforcement des capacités nationales, l’habilitation des familles et des communautés, le plaidoyer, les synergies et la mobilisation des ressources. Chacun de ces axes bénéficie à l’ensemble de la population.

Il s’agit d’appuyer :

La mise en œuvre des stratégies et plans d’action EPT est assurée par le Ministère de l’Enseignement Pré – Universitaire et de l’Education Civique en collaboration avec les différents partenaires nationaux (départements Ministériels) et la Coopération internationale.

3. Prise de décision et gestion de l’Education Pour Tous

Le Gouvernement assure globalement la supervision des activités relatives à la mise en œuvre de l’Education pour Tous, à travers des structures mises en place à cet effet. Le Ministère de l’Enseignement Pré–Universitaire de l’Education Civique est le principal responsable de l’EPT. Les actions sont coordonnées par un Comité de Pilotage qui, sous la direction du Secrétaire Général définit les grandes orientations et propose les stratégies correspondantes.

Il existe également un Comité National d’Education de base pour Tous (CONEBAT), qui est un organe consultatif interministériel (Education, décentralisation, communication) et qui met en œuvre les activités d’éducation de base dans le secteur non formel, à travers les centres NAFA.

Le centre NAFA est l’expression de la vision large de l’éducation de base, et offre aux jeunes, l’opportunité d’acquérir des connaissances instrumentales, une capacité de raisonnement, des savoir-faire et des valeurs utiles afin qu’ils se prennent en charge et participent activement au développement de leur communauté.

Il offre une passerelle du non formel au formel et favorise l’équité entre les zones et les sexes.

Le centre NAFA vise à :

Le Ministère de la promotion Féminine et de l’enfance gère tous les aspects se rapportant à la petite enfance.

Le Ministère de l’enseignement Technique et de la formation professionnelle supervise les actions de formation professionnelle des jeunes dans les secteurs formels et non formels.

4- Principaux événements et actions en faveur de l’EPT depuis 1990 :

Les événements marquant qui ont dominé la mise en œuvre de la politique nationale de l’Education de base pour tous (EPT) à partir de 1990 sont les suivants :

4.1- Elaboration et exécution d’un programme d’ajustement structurel du secteur de l’Education (PASE) en deux phases (1990 – 1993 et 1996 – 2000).

L’objectif du PASE est de donner au secteur de l’Education, les moyens d’assurer son développement quantitatif et qualitatif, en assurant l’équilibre entre les besoins et les possibilités nationales, conformément à la Déclaration de Politique Educative. Il est caractérisé par :

La mise en œuvre du PASE I a permis :

4.2- Lettres de Politique de développement du secteur de l’Education :

Deux lettres ont été élaborées par le Gouvernement pour préciser et soutenir les actions engagées dans le cadre de la reforme du système éducatif.

Tout en évoquant les succès tangibles enregistrés depuis 1984, la 1ère lettre expose les changements qui étaient envisagés au cours de la période 1990 – 1992.

Ces changements portent entre autres sur :

La 2ème lettre présente les importants acquis enregistrés par la mise en œuvre du PASE I et décrit les perspectives et priorités du PASE II :

4.3- Plan d’opération, Programme d’Education de base pour Tous (1997 – 2001)

Le Programme Education de Base appuiera les efforts du gouvernement et des partenaires dans la réalisation des objectifs d’universalisation d’un enseignement primaire de qualité aux jeunes de 7 à 12 ans et de 10 à 15 ans, mais aussi à développer une politique dynamique d’encadrement de la petite enfance de 3 à 6 ans, d’éducation parentale soutenue, surtout de la mère et d’alphabétisation fonctionnelle des femmes de 16 à 49 ans et professionnalisante des jeunes en situation d’apprentissage de métiers de 16 à 25 ans.

4.3- Loi d’orientation de l’éducation nationale :

Adoptée et promulguée en 1996, par l’Assemblée Nationale, la loi d’orientation définit les caractéristiques fondamentales de l’Education en République de Guinée dans les aspects suivants :

5. Coopération dans le cadre de l’EPT.

Depuis le lancement du PASE en 1990 comme instrument technique de mise en œuvre de la politique éducative et à la faveur de l’option démocratique et libérale du pays, le gouvernement à bénéficié de l’assistance de plusieurs partenaires dans le développement de l’éducation de base. C’est dans ce cadre

que se situent l’engouement des populations, caractérisé par une participation communautaire remarquable en faveur de l’école dont la matérialisation est la construction et l’équipement d’écoles et la mise en place d’associations de parents et amis de l’écoles (APEAE).

On relève aussi, l’existence de plusieurs ONG locales et d’associations communautaires bien structurées qui contribuent au développement de l’EPT.

Dans le cadre du PASE I, les principaux bailleurs de fonds qui ont assuré le financement de l’Education sont : l’IDA, le FAC, et l’USAID. Les contributions de l’IDA et de l’USAID sont venues en appui à la balance des paiements du gouvernement.

D’autres partenaires ont aussi apporté une contribution significative au secteur de l’éducation. Ce sont : l’UNICEF, la BAD, la JICA, la Communauté Européenne, la BID, le PNUD etc..

Les ONG suivantes apportent également une forte assistance au gouvernement sur les plans des infrastructures scolaires, de la scolarisation des jeunes filles et de la participation communautaire ; il s’agit de : Plan International Guinée, Aide et Action, World Education, Sauver les enfants, niveaux fondamentaux de qualité et d’équité (NFQE).

Les différentes contributions ont permis par exemples, une augmentation significative des infrastructures scolaires, des élèves et des enseignants entre 1990 et 1999.

 

 


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