L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays Page d'accueil du forum mondial sur l'éducation
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TROISIEME PARTIE

Perspectives de l’E P T

Le gouvernement guinéen a accompli des progrès considérables dans le développement de l’EPT, mais le pays demeure encore l’un des moins scolarisés. En effet, le TBS est de 53,53 % (1999). D’importants programmes d’investissement sont engagés dans les secteurs tels que : la communication, le tourisme, les routes, l’habitat etc. Aussi, l’électrification progressive du pays permettra à moyen terme le développement des petites et moyennes entreprises et des industries porteuses d’espoir pour l’ensemble des populations guinéennes. Dans ce cadre, l’éducation est un palier incontournable pour le progrès social, technique et économique souhaité.

A ce titre, le gouvernement, en collaboration avec des partenaires bilatéraux et multilatéraux a décidé de mettre en place et de développer un programme décennal d’Education Pour Tous (2000 – 2010).

  1. Objectifs Généraux

Trois objectifs généraux sont visés par le projet « Education Pour Tous ».

  1. L’accès à l’enseignement et aux institutions de formation : le développement de l’enseignement préscolaire, l’élémentaire, le collège, les centres d’apprentissages, les « écoles d’intégration des handicapés physiques et mentaux » et la formation post-primaire (centre NAFA, centre d’alphabétisation professionnalisante).
  2. L’amélioration de la qualité de l’enseignement et de la formation.
  3. L’efficacité du système éducatif.
  1. Objectifs spécifiques

Le volume du travail à accomplir pour passer du taux brut de scolarisation de 53,5% (1999) à 100% (2010). Les objectifs spécifiques viseront à satisfaire les besoins en personnel enseignant, en manuels, en infrastructures et en équipements. Ils sont définis par les indicateurs ci-dessous : 

Indications

1999

2003

2007

2010

1

Population Globale

7 733 886

8 563 446

9 481 987

10 234 990

2

Population de 7-12 ans

1 392 293

1 541 634

1 706 995

1 842 554

3

Taux Brut de Scolarisation

53,53

70,43

87,33

100,00

4

Effectifs des élèves

726 561

1 046 504

1 435 256

1 773 080

5

Besoins globaux en salles

De classe

16 446

22 795

31 357

38 799

- CONTRAINTES ET StratégieS

La contrainte majeure consiste à déployer beaucoup plus d'efforts. En effet, il s’agira de construire 2,62 fois plus de salles de classe et recruter 3,56 fois plus d'enseignants par rapport à la période de 1990 - 1998. Il en est ainsi pour toutes les variables. Ce qui doit se concrétiser en matière d'investissement.

A/ Stratégie générale

Il sera appliqué une politique de participation des partenaires (sociaux et financiers) en faveur des écoles publiques et privées de l'enseignement formel et non formel. Il faudra mettre en synergie à l'aide d'une planification stratégique toutes les forces positives en présence. Pour bien mener l'exécution des plans d'action qui en découlent.

Le premier axe d'intervention en matière de stratégie est la décentralisation totale de l'exécution de toutes les tâches. On la réalise par une délégation du pouvoir de décision en vue d'une application cohérente de la politique nationale en matière d'enseignement et de formation. Il est question de responsabiliser effectivement le chef de l'établissement, le directeur préfectoral ou communal et l'inspecteur régional de l'éducation. Cela doit se faire avec les mesures d'accompagnement nécessaires. Leur rapport avec l'environnement socio-économique doit être fondé sur un partenariat véritable.

Le résultat attendu à long terme de cette stratégie est une véritable ouverture de l'école afin que les communautés soient impliquées à toutes les phases : identification, préparation, décision, participation au financement, exécution, évaluation et suivi des projets d'éducation.

B/ Stratégies spécifiques

Pour le développement de chaque variable (personnel, infrastructures, manuels, administration, fournitures, matériels didactiques, financement, etc.), il y a un besoin de stratégie spécifique qui tient compte de l'environnement socio-économique. A titre d'exemples on peut citer:

1°/ Engagement politique :

Il se matérialise par des choix pertinents et courageux sur le plan national ; pour y parvenir, il y a lieu de préparer sérieusement les dossiers à l'aide de schémas, de simulations économiques et de propositions de variantes.

Aussi, le choix doit-il être accompagné par l'organisation de campagnes de sensibilisation au niveau des élèves, des parents d'élèves, des enseignants, des communautés, des décideurs et leaders d'opinions locaux et des partenaires financiers.

2°/ Les constructions scolaires

Un grand pourcentage du financement acquis doit être attribué à l'infrastructure et à l'équipement. Pour une bonne gestion il s'agit de :

- d'organiser les ONG locales, les entreprises nationales et internationales, et mettre en action toutes les forces vives pour les études, l'organisation du travail et la contribution au financement

- de  construire en moyenne 2 701 salles de classe par an soit réaliser 2,62 fois plus que pendant la période 1990 - 1998. C'est un véritable défi national quand on sait que l'allure était en moyenne de 1 031 salles de classe par an.

3°/ Le personnel

Il s’agit d’identifier dans les institutions de formation initiale et continue les insuffisances des enseignants pour les rendre performants.

La motivation professionnelle repose sur un mécanisme de valorisation de la profession enseignante, la question est plus importante avec les enseignants contractuels (formation, examens professionnels).

Ainsi, pour toutes les variables, il y a un choix de stratégie à faire pour réaliser le progrès souhaité. Les simulations sur l'évaluation économique sont des techniques recommandées. Le défi est important, mais avec la mobilisation de tous les acteurs de terrain et de tous les partenaires financiers , l'espoir est permis

C - Développement de l'enseignement privé

Il est important de mieux sensibiliser les promoteurs économiques dans le contexte de la forte demande de scolarisation.

La stratégie qui a un impact durable et important en la matière serait que l'effort de l'état soit appuyé par les partenaires financiers en ouvrant des lignes de crédit dans des banques de la place avec un taux favorable au profit du développement de l’école privée.

4- Description du ProGRAMME

L'exécution correcte des activités de la première phase conditionne le passage à la seconde, et ainsi de suite.

1ère phase : 4 ans

Elle débute par des études, des expérimentations, le choix des priorités avant de commencer toute extension et l'organisation des groupes de travail. Pour tous les niveaux d'enseignement et de formation, la priorité sera accordée à l'infrastructure et à l'équipement.

2ème phase : 4 ans

Elle permettra d'atteindre la vitesse de croisière en matière de construction et d'équipement et de production de manuels et de matériels didactiques. Elle accordera plus d'importance aux activités liées à la qualification du contenu de l'enseignement et du fonctionnement des structures administratives scolaires (écoles - DPE - IRE - services centraux).

3ème phase : 3 ans

Elle permettra d'atteindre tous les objectifs assignés sur tous les plans quantitatifs et qualitatifs :

  1. Résultats attendus
  1. Secteur de l'éducation

- scolarisation universelle des enfants de 7 à 12 ans

  1. Autres secteurs d'intervention de l’Etat appuyés par le programme :

c) Collaboration avec les autres départements.

- Soutien au développement de la petite enfance relevant du Ministère des Affaires Sociales, de la Promotion Féminine et de l'Enfance ;

- Centre de préparation des jeunes avant leur insertion dans la production;

- Possibilités d'améliorer les technologies endogènes par l'insertion des techniques appropriées en vue d'améliorer le rendement des artisans.

En définitive, l'éducation de base devient un facteur incontournable pour le

développement économique et social de la Guinée .

SIGLES ET ABREVIATIONS

EPT : Education pour Tous

PASE : Programme d’Ajustement du Secteur de l’Education

CONEBAT : Commission Nationale d’Education du Base pour Tous

APEAE : Association de Parents d’Elèves et Amis de l’Ecole

CFP : Centre de Formation Professionnelle

ENSS : Ecole Normale Secondaire de la Santé

ENS : Ecole Nationale de Secrétariat

DNES : Direction Nationale de l’Enseignement Secondaire

ENI : Ecole Nationale d’Instituteurs

ONFPP : Office National de la Formation et du Perfectionnement Professionnel

MEN : Ministère de l’Education Nationale

MEPU-EC : Ministère de l’Enseignement Pré-Universitaire et de l’Education Civique

DAAF : Division Affaires Administratives et Financières

CETA : Centre d’Education Technologique et Artisanale

NAFA : Terme utilisé pour désigner les écoles dites de la « Seconde chance »

DNEE : Direction Nationale de l’Enseignement Elémentaire

IRE : Inspection Régionale de l’Education

MEPU-FP : Ministère de l’Enseignement Pré-Universitaire et de la Formation Professionnelle

PPSE : Programme de Petites Subventions d’Ecoles

PRE : Projet de Rénovation Educative

CRE : Cellule de Rénovation Educative

UNICEF : Fonds des Nations Unies pour l’Enfance

RGPH : Recensement Général Population et Habitat

IDH : Indice de Développement Humain

BAD : Banque Africaine de Développement

JICA : Agence Japonaise de Coopération Internationale

NFQE : Niveaux Fondamentaux de Qualité et d’Equité

PNUD : Programme des Nations pour le Développement

FAC : Agence Française de Coopération

USAID : Agence des Etats Unis pour le Développement International

SSP : Service Statistique et de la Planification

BM : Banque Mondiale

PEN : Professeurs d’Ecole Normale

CPMF : Conseiller Pédagogique Maître Formateur

                                                                                                                                        FIN


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