L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays Page d'accueil du forum mondial sur l'éducation
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6- L’éducation pour une vie meilleure

Objectif: Augmenter les acquisitions des individus et des familles en matière d’informations, de compétences et de valeurs, nécessaires pour un niveau de vie meilleur et un bon développement, sain et profond.

Ces dernières années ont vu se développer plusieurs activités en direction des différentes catégories d’âge et surtout en faveur des jeunes. Nous en citons :

  1. Des programmes de sensibilisation en matière de santé à l’intention des jeunes pour une meilleure protection du Sida. Ont participé à ces programmes les médias et les associations privées dans toutes les régions.
  2. Des activités sportives, surtout après les jeux panarabes organisés à Beyrouth en 1997. Le Baskett ball est devenu le jeu national consacré par la victoire du Liban en Coupe d’Asie (1999).
  3. Des activités culturelles diverses à l’occasion de la proclamation de Beyrouth capitale culturelle du Monde arabe. Ont participé à ces activités des délégations arabes et européennes tout au long de l’année 1999.
  4. Des campagnes pour la protection de l’environnement, la préservation des droits de l’enfant et des personnes handicapées afin de sensibiliser l’opinion publique et éveiller la conscience nationale.

7- Etude comparative des deux secteurs éducatifs au Liban (le privé et le public) en matière d’enseignement pour tous

  1. Les dépenses d’enseignement

Nous comparons dans les tableaux suivant les dépenses d’enseignement des parents, dans les deux secteurs, privé et public.

Tableau 42: Dépenses d’enseignement des parents par élève, selon les secteurs et les régions, pour l’année 1997-1998 (en milliers de livres libanaises)

Secteur >>

Public

Privé Gratuit

Privé Payant

Beyrouth

367

690

2850

Mont-Liban

456

775

2435

Nord

346

644

2098

Sud

510

808

1942

Békaa

449

718

1780

Moyenne

435

734

2271

Source: CRDP, L’obligation scolaire au Liban, … Op. Cit., p. 83-84.

Les dépenses d’enseignement des parents varient selon les régions pour atteindre un maximum (60 %) entre Beyrouth et la Békaa où la différence s’élève à 1,070,000 L.L.. Ceci prouve que l’enseignement pour tous n’est pas encore dispensé avec la même qualité dans toutes les régions libanaises, car il existe un lien étroit entre la somme des dépenses dans la plupart des "bonnes" écoles (dans beyrouth et Mont-Liban) et la qualité de leur enseignement.

Tableau 43: Evolution des scolarités dans les écoles privées payantes, selon les cycles, de 1992/1993 à 1997/1998 (en milliers de L.L.)

Cycle >>

Pré-primaire

Primaire

Moyen

Secondaire

Moyenne

1992-1993 (1)

739

803

909

1084

846

1994-1995 (2)

981

1229

1335

2055

1264

1996-1997 (3)

1299

1328

1740

2379

1528

1997-1998 (4)

1410

1557

1812

2363

1676

  1. CRDP, Coût de l’enseignement et dépenses des parents dans les écoles privées payantes, pour l’année 1992-1993, p.74.
  2. CRDP, Coût de l’enseignement dans les secteurs, privé et publique, pour l’année 1994-1995, p.46.
  3. Direction Centrale des Statistiques, Conditions de vie des ménages…Op.cit., p.194.
  4. CRDP, L’obligation scolaire au Liban, … Op. Cit., p. 83.

Entre 1992/1993 et 1997/1998, on enregistre une augmentation continue des scolarités des écoles privées payantes, dans tous les cycles de l’enseignement général. Et le coût moyen de 1997/1998 est comparable à celui que paye l’Etat (1,643,000) dans ses écoles, pour scolariser un élève au cycle primaire (Cf. indicateur 7.2.).

Tableau 44: Evolution des dépenses totales sur l’enseignement dans les écoles privées payantes, selon les cycles, de 1992/1993 à 1997/1998 (en milliers de L.L.)

Cycle >>

Pré-primaire

Primaire

Moyen

Secondaire

Moyenne

1992-1993 (1)

1135

1411

1556

1854

1436

1994-1995 (2)

1402

1900

2108

2975

1924

1996-1997 (3)

1597

1709 *

2205

2939

1932

1997-1998 (4)

1539

1823

2140

2732

2271

* Y compris le privé gratuit ou subventionné

  1. CRDP, Coût de l’enseignement et dépenses des parents dans les écoles privées payantes, pour l’année 1992-1993, p.74.
  2. CRDP, Coût de l’enseignement dans les secteurs, privé et publique, pour l’année 1994-1995, p.46.
  3. Direction Centrale des Statistiques, Conditions de vie des ménages…Op.cit., p.194.
  4. CRDP, L’obligation scolaire au Liban, … Op. Cit., p. 83.

La grande différence (41 %) entre les dépenses totales sur l’enseignement et le coût des scolarités, observée en 1992/1993 se rétrécit d’une année à l’autre, pour atteindre 14 % en 1997/1998, comme le montre le tableau suivant:

 

92- 93

94- 95

96- 97

97- 98

La part de la scolarité dans les dépenses totales sur l’enseignement (en %)

59 %

66 %

79 %

86 %

On remarque que la scolarité absorbe de plus en plus la plus grande part des dépenses d’enseignement (86 % en 1997-1998). Et par conséquent, les autres dépenses complémentaires, nécessaires pour une meilleure productivité éducative, se trouvent reléguées au second plan. Or l’instruction scolaire ne peut pas, à elle seule (sans l’apport moral et matériel de la famille) assurer une bonne qualité d’enseignement, et en l’absence d’une haute qualification des enseignants.

b- La qualification des enseignants

Tableau 45: Répartition des enseignants en % selon la qualification et le secteur, pour l’année 1996-1997

Secteur >>

Qualification

Public

Privé

Gratuit

Privé Payant

Total

Hautes études

10

3

11

10

Licence

24

10

34

27

Diplôme de l’Ecole Normale

30

5

10

19

Baccalauréat et moins

36

82

45

44

Total

100

100

100

100

Source: CRDP, Statistiques élémentaires pour l’année 1996-1997

44 % des enseignants ne sont pas préparés pour exercer leur métier, que ce soit sur le plan scientifique ou pédagogique. La situation est très inquiétante dans le secteur privé gratuit où les non-qualifiés forment la majorité écrasante (82 %) Dans ce cas, le système éducatif libanais se trouve dans l’impossibilité d’assurer un enseignement de qualité et faire face aux futurs développements rapides. C’est pourquoi il est nécessaire de prendre des mesures radicales pour changer cette situation et réorganiser le métier d’enseignant quant à la formation et la productivité, et ceci dans les deux secteurs, privé et public.

Tableau 46: Nombre d’enseignants ayant suivi une session de formation au cours de leur histoire professionnelle, selon le secteur, pour l’année 1996-1997

 

Public

Privé

Gratuit

Privé Payant

Total

Ont suivi une session de formation

14903

1238

7999

24140

N’ont suivi aucune session

14602

3397

21140

39139

Total

29505

4635

29139

632279

Source: CRDP, Statistiques élémentaires pour l’année 1996-1997

Tableau 47: % ayant suivi une session de formation au cours de leur histoire professionnelle, selon le secteur, pour l’année 1996-1997

 

Public

Privé subventionné

Privé payant

Total

Ont suivi une session de formation

51

27

27

38

N’ont suivi aucune session

49

73

73

62

Total

100

100

100

100

Source: CRDP, Statistiques élémentaires pour l’année 1996-1997

38 % seulement des enseignants du Liban profitent d’une "formation continue", et dont la majorité (62 %) travaille dans le secteur public. Quant au secteur privé qui accueille 65 % des élèves se contente d’entraîner 27 % de ses enseigants.

  1. Ration élèves/maîtres

Tableau 48: Répartition des enseignants et des élèves en % selon le secteur, de 1991/1992 à 1997/1998

 

Public

Privé Gratuit

Privé Payant

Total

 

Elèves

Ensgnts

Elèves

Ensgnts

Elèves

Ensgnts

 

1991-1992

33

51

16

8

51

41

100 %

1992-1993

33

50

15

8

52

42

100 %

1993-1994

31

47

15

8

54

45

100 %

1994-1995

30

43

15

8

55

49

100 %

1995-1996

31

47

13

8

56

45

100 %

1996-1997

33

46

13

7

54

47

100 %

1997-1998

35

44

12

7

53

49

100 %

Source: CRDP, Statistiques élémentaires pour les années 1991/1992 – 1997/1998

Tableau 49: Indice d’évolution du nombre des enseignants selon le secteur, de 1991/1992 à 1997/1998

Secteur >>

Public

Privé Gratuit

Privé Payant

Total

1991-1992

100

100

100

100

1992-1993

106

95

112

108

1993-1994

103

99

123

111

1994-1995

104

107

145

121

1995-1996

106

104

127

114

1996-1997

108

106

136

119

1997-1998

116

114

160

134

Source: CRDP, Statistiques élémentaires pour les années 1991/1992 – 1997/1998

Tableau 50: Indice d’évolution du nombre d’élèves selon le secteur, de 1991/1992 à 1997/1998

Secteur >>PublicTotal

       

1991-1992

100

100

100

100

1992-1993

102

95

103

101

1993-1994

100

96

114

106

1994-1995

102

94

121

110

1995-1996

107

93

126

114

1996-1997

121

93

127

119

1997-1998

128

90

127

121

Source: CRDP, Statistiques élémentaires pour les années 1991/1992 – 1997/1998

Le secteur privé a augmenté les effectifs de ses enseignants de 60 % (contre 14 et 16 % pour les autres secteurs). Quant aux effectifs des élèves, ils ont enregistré presque les mêmes augmentations (27 et 28 %) dans les deux secteurs, public et privé payant.

En 1996-1997, le secteur public a commencé à attirer plus d’élèves (14 % et 21 % pour l’année suivante). Cette ruée vers le public est due à l’augmentation des taux de scolarisation dans le pays, puisque les pourcentages dans les autres secteurs n’ont pas bougé. Voilà un pas en avant vers l’enseignement pour tous.

Tableau 51: Ratio élèves/maître selon le secteur, de 1991/1992 à 1997/1998

Secteur >>

Public

Privé Gratuit

Privé Payant

Total

1991-1992

8,2

24,6

15,8

12,7

1992-1993

7,8

24,5

14,6

11,9

1993-1994

7,9

24,0

14,7

12,2

1994-1995

8,0

21,5

13,2

11,6

1995-1996

8,3

22,0

15,7

12,7

1996-1997

9,2

22,6

14,7

12,7

1997-1998

9,0

19,3

12,5

11,5

Source: CRDP, Statistiques élémentaires pour les années 1991/1992 – 1997/1998

La baisse de la ratio élèves/maître dans le secteur public (au dessous de 10) entraînera un déséquilibre, soit au niveau des dépenses d’enseignement, soit au niveau de la répartition des élèves sur les classes, qui affecte directemnt le rendement pédagogique de l’enseignant. Les différents rapports des inspecteurs et des responsables éducatifs (de 1995 à 1999) parlent d’un surplus de 4000 à 5000 enseignants, pour un total qui ne dépasse pas les 30.000.

Voici par la suite la ratio élèves/maître dans certaines écoles publiques, primaires et moyennes, que nous avons calculée à partir des chiffres du "guide des écoles de l’enseignement général pour l’année 1997-1998".

Tableau 52: Quelques caractéristiques des écoles publiques, primaires et moyennes, qui accueillent 100 élèves ou moins, pour l’année 1997-1998

 

Total écoles

Ecoles à 100 élèves ou moins

ces écoles en % du total

Total élèves

Total

ensgnts

Ratio élèves/ maître

Moyenne d’élèves par école

Bey +banlieue

129

14

11 %

875

373

2,35

62

Mont-Liban

163

77

47 %

3606

1107

3,26

47

Nord

377

147

39 %

6702

1658

4,04

46

Békaa

228

96

42 %

4147

930

4,54

43

Sud

242

70

29 %

3687

877

4,20

53

Total

1139

401

35 %

19017

4945

3,85

47

Source: CRDP, Guide des écoles de l’enseignement général pour l’année 1997-1998.

35 % des écoles publiques, primaires et moyennes, souffrent d’un double handicap: une taille très petite (47 % en moyenne) et une ratio élèves/maître très réduite (3,85). Ce sont les écoles du Mont-Liban (47 %) qui en souffrent le plus avec une ratio de 3,26 et quelques petites écoles de Beyrouth et de sa banlieue (11 %) avec une ratio de 2,35.

De pareilles situations doivent appeler des mesures rationnelles qui dépasseraient les considérations d’intérêts particuliers pour limiter le gaspillage des ressources financières et pallier à une productivité éducative insuffisante.

Le principe des années soixante: "Une école pour chaque commune", qui était adopté pour un développement éducatif équilibré, n’a pas été suivi d’un plan de redressement économique afin de maintenir les ruraux dans leur village. Et la carte scolaire (avec le projet de rassemblement des écoles) n’a pas été mise en oeuvre pour remédier aux failles du projet de l’école du village. Or depuis, la situation s’est dégradée (surtout avec le phénomène de la guerre) et exige maintenant des mesures radicales pour sortir de l’impasse: il faut renforcer l’école publique pour faire un pas réel vers l’enseignement pour tous.

c- L’efficacité éducative

  1. Taux de promotion, d’abandon et de redoublement

L’efficacité éducative varie sensiblement d’un secteur à l’autre, comme le montrent les tableaux suivants:

Tableau 53: Taux de promotion, d’abandon et de redoublement (0/00), selon le deux secteur, à la fin du cycle primaire, pour l’année 1996/1997

  

Promotion

Abandon

Redoublement

 

Privé

Public

Privé

Public

Privé

Public

Après 5 ans (requis pour arriver en 6ème année sans retard)

709

169

44

132

247

699

Après 6 ans (+1 an de retard)

910

378

50

210

40

412

Après 7 ans (+2 ans de retard)

944

536

51

251

5

213

Après 8 ans (+3 ans de retard)

949

629

51

270

0

101

Après 9 ans (+4 ans de retard)

 

677

 

278

 

45

Après 10 ans (+5 ans de retard)

 

700

 

281

 

19

Après 11 ans (+6 ans de retard)

 

709

 

283

 

8

Après 12 ans (+7 ans de retard)

 

714

 

283

 

3

Après 13 ans (+8 ans de retard)

 

716

 

283

 

1

Après 14 ans (+9 ans de retard)

 

717

 

283

 

0

Source: CRDP, L’obligation scolaire au Liban, Beyrouth, 1999.

Tableau 54: Taux cumulatifs (%) de promotion, d’abandon et de redoublement, d’un niveau à l’autre et selon le secteur, pour l’année 1996/97

 

Promotion

Abandon

Redoublement

Total

 

Privé

Public

Privé

Public

Privé

Public

 

Après la 1ère année

95,6

85,3

1,0

2,2

3,4

12,5

100 %

Après la 2ème année

90,4

60,0

2,1

6,6

7,5

33,4

100 %

Après la 3ème année

85,0

39,8

2,3

9,5

12,7

50,7

100 %

Après la 4ème année

77,4

24,8

2,9

11,8

19,7

63,4

100 %

Après la 5ème année

70,9

16,9

4,4

13,2

24,7

69,9

100 %

Source: CRDP, L’obligation scolaire au Liban, Beyrouth, 1999.

Tableau 55: Taux nets (%) de promotion, d’abandon et de redoublement, d’un niveau à l’autre et selon le secteur, pour l’année 1996/1997

  

Promotion

Abandon

Redoublement

Total

 

Privé

Public

Privé

Public

Privé

Public

 

Après la 1ère année

95,6

85,3

1,0

2,2

3,4

12,5

100 %

Après la 2ème année

94,6

70,3

1,1

5,2

4,3

24,5

100 %

Après la 3ème année

94,0

66,3

0,2

4,8

5,8

28,9

100 %

Après la 4ème année

91,1

62,3

0,7

5,8

8,2

31,9

100 %

Après la 5ème année

91,6

68,1

1,9

5,7

6,5

26,2

100 %

Source: CRDP, L’obligation scolaire au Liban, Beyrouth, 1999.

Les taux de promotion sans retard dans le secteur privé sont 4 fois plus élevés que ceux du secteur public (70,9 % contre 16,9 %). Et si 70,9 % des élèves qui fréquentent le premier secteur mettent 5 ans pour terminer le cycle primaire, ceux du secteur public en mettent onze.

Dans le cas de l’abandon, les rapports sont inversés: le secteur public enregistre des taux 3 fois plus élevés que ceux du privé (13,2 % contre 4,4 %). Ce rapport s’élève à plus de 5 fois après 8 ans (ou 3 ans de retard).

De même pour les redoublements où le cumul du retard scolaire est de 70 % dans le public, contre 25 % dans le privé. La différence est à son plus haut niveau après un an de retard où 40 (0/00) seulement redoublent leur classe dans le privé, contre 412 dans le public. D’où le coefficient d’effcacité du secteur privé (tel qu’il a été calculé auparavant) est 5 fois plus élevé que celui du public (68,1 % contre 13,6 %).

Cette situation pose deux problèmes: le premier concerne le gaspillage dans le secteur public vu sa faible productivité, et le second concerne les objectifs de l’enseignement pour tous, surtout le principe de l’égalité des chances où on remarque que l’élève qui fréquente l’école privée a 4 fois plus de chance de réussir que celui qui s’oriente, malgré lui, vers le public.

Pour remédier à cette situation il faut mettre en oeuvre un plan de redressement global (nous y reviendrons en troisième partie).


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