| L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays | ||
| Liban |
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Nous avons constaté, daprès lenquête que nous avons menée (Cf. p. 25 de ce rapport) que le nombre moyen dannées détudes que met un élève pour arriver en classe de 3ème (dans le cas où il ne quitte pas lécole avant) est de 9,61 (au lieu de 9). Ce nombre tombe à 9,41 dans le privé et sélève à 9,91 dans le public. Voici les détails relatés dans le tableau qui suit.
Tableau 56: Répartition des élèves (en %) à la fin du cycle moyen, selon lâge et le secteur, pour lannée 1998-?1999?
1985 |
1984 (Age requis) |
1983 |
1982 |
1981 et moins |
Total |
|
Privé |
8 |
53 |
26 |
11 |
2 |
100 % |
Public |
6 |
28 |
30 |
23 |
13 |
100 % |
Moyenne |
8 |
43 |
28 |
15 |
6 |
100 % |
Source: Enquête auprès de 4135 élèves en fin du cycle moyen, décembre 1998
61 % des élèves du privé arrivent sans retard à la fin du cycle moyen, contre 34 % du secteur public qui accueille souvent les redoublants du secteur privé ou les "âgés" du milieu rural, ce qui fait accumuler les retards dans ce secteur (ils sont 13 % à encaisser 3 ans de retard ou plus, contre 2 % dans le privé).
Ces différences réelles, issues de lenquête sur le terrain, confirment les résultats des études sur les cohortes théoriques. Doù la nécessité dapprofondir les analyses des causes du retard afin dy trouver les solutions adéquates.
Pour plus de détails, nous relatons, dans les tableaux suivants, les pourcentages des redoublants selon le secteur et le niveau dinstruction du père.
Tableau 57: Pourcentage des élèves en fin du cycle moyen qui ont redoublé une classe ou plus, selon le secteur, pour lannée 1998-1999
|
Secteur |
Na pas Redoublé |
A redoublé une fois |
A redoublé deux fois |
A redoublé 3 fois ou moins |
Total |
Privé |
66 |
27 |
6 |
1 |
100 |
Public |
38 |
38 |
20 |
4 |
100 |
Moyenne |
55 |
31 |
12 |
2 |
100 |
Source: Enquête auprès de 4135 élèves en fin du cycle moyen, décembre 1998
Tableau 58: Pourcentage des élèves en fin du cycle moyen, selon le secteur et le niveau dinstruction du père, pour lannée 1998-1999
Primaire et moins |
Moyen |
Secondaire |
Universitaire |
Total |
|
Privé |
15 |
30 |
25 |
30 |
100 |
Public |
30 |
40 |
20 |
10 |
100 |
Moyenne |
21 |
34 |
23 |
22 |
100 |
Source: Enquête auprès de 4135 élèves en fin du cycle moyen, décembre 1998
La corrélation est claire entre le niveau dinstruction du père et le secteur denseignement, fréquenté par les enfants. Car on remarque bien que plus le niveau dinstruction du père est élevé, plus lenfant fréquente le secteur privé et par conséquent il a plus de chance de réussir. Quant à lélève dans le secteur public, il a à franchir plus quun obstacle pour arriver en classe de 3ème.
Tableau 59: Le rendement éducatif des élèves de la quatrième année du cycle primaire selon le secteur, les régions, le sexe et le milieu (rural, urbain), pour lannée 1994-1995
Arabe |
Français |
Maths |
Compétences de vie |
Rendement global |
||
Niveau/maîtrise |
>50 % |
>60 % |
>50 % |
>50 % |
>55 % |
|
Secteur |
Public |
56,0 |
32,1 |
46,9 |
92,4 |
51,4 |
Privé Gratuit |
72,0 |
70,5 |
67,6 |
91,6 |
64,8 |
|
Privé Payant |
82,0 |
94,6 |
70,2 |
93,5 |
77,1 |
|
Moyenne générale |
71,4 |
65,4 |
60,6 |
93,0 |
65,7 |
Source: CRDP, Mesure de lapprentissage au Liban, au niveau de la 4ème année primaire, pour lannée 1994-1995, Rapport général 1996, p. 153-160
Les écarts entre les secteurs sont tous en faveur du privé payant: +26 % en arabe, +62,5 % en français et +23,3 % en mathématiques.
Les faibles résultats du secteur public creusent encore le fossé qui sépare les catéogories sociales et privent celles qui étaient obligées de choisir lenseignement public, des mêmes chances de réussite. Ils décident donc à lavance de leur future position sociale et économique. Lenseignement pour tous exige avant tout une équité éducative qui passe par lécole primaire.
Autrement dit, pour assurer une bonne qualité denseignement à la portée de tout le monde, il faut améliorer le rendement de lécole publique, surtout dans les régions défavorisées. Les tableaux suivants donnent encore des détails sur les différents niveaux dacquisition dans les trois secteurs éducatifs.
Tableau 60: Niveau dacquisition (en %), des élèves de la quatrième année primaire, selon le secteur et les matières, pour lannée 1994-1995
| Secteur >> | Public |
Privé Gratuit |
Privé Payant |
||||||
Bas |
Moy |
Haut |
Bas |
Moy |
Haut |
Bas |
Moy |
Haut |
|
Rendement général |
10 |
56 |
34 |
8 |
41 |
51 |
5 |
31 |
64 |
Langue arabe |
23 |
43 |
34 |
15 |
32 |
53 |
7 |
24 |
69 |
Langue française |
37 |
31 |
32 |
12 |
16 |
72 |
2 |
5 |
93 |
Mathématiques |
28 |
55 |
17 |
22 |
48 |
30 |
14 |
44 |
42 |
Source: CRDP, Mesure de lapprentissage au Liban, au niveau de la 4ème année primaire, pour lannée 1994-1995, Rapport général 1996, p. 153-160
Les faibles rendements que nous observons au cycle primaire affecte environ 30 % des élèves du Liban (ou ceux qui fréquentent lenseignement public à ce niveau) et 13 % du tous les inscrits pour lannée 1994-1995. Quelle serait la tendance à la fin du cycle primaire? Les tableaux suivants donnent quelques réponses.
Tableau 61: Le rendement éducatif des élèves de la quatrième année du cycle moyen selon le secteur, pour lannée 1995-1996
Arabe |
Français |
Maths |
Compétences de vie |
Rendement global |
||
Niveau/maîtrise |
>60 % |
>55 % |
>60 % |
>60 % |
>60 % |
|
Secteur |
Public |
86,3 |
11,5 |
21,6 |
61,2 |
27,8 |
Privé Payant |
91,6 |
56,5 |
58,3 |
60,7 |
77,8 |
|
Moyenne générale |
89,7 |
41,9 |
44,8 |
60,9 |
55,6 |
Source: CRDP (en collaboration avec lUnesco, lUnicef, lInspection pédagogique, la Direction Générale du Ministère de lEducation et les Institutions denseignement publique et privé), Mesure de lapprentissage au Liban, au niveau de la 4ème année du cycle moyen, pour lannée 1995-1996, Rapport général 1997, p. 174-180
Le niveau de réussite dans le secteur privé dépasse de loin celui du public: le rendement global est 3 fois plus important, avec une différence de 50 points et le niveau de langue française est 5 fois plus grand.
Ces résultats correspondent globalement à ceux de la quatrième année primaire. Et les différences se creusent encore en faveur du secteur privé. Ce qui prouve que le secteur public nest pas encore arrivé à rattraper le retard quil a accusé au cycle primaire. Ces constats nencouragent pas, même les plus optimistes, à espérer que "lenseignement pour tous" pourra franchir, dans le futur proche, le seuil du cycle primaire.
Tableau 62: Le rendement global dans le secteur public à la fin du cycle moyen, selon les résultats réels au brevet (sans rachat) pour les années 95-96 et 97 (en %).
7 et moins |
8-9 |
10-11 |
12-13 |
14 et plus |
Total |
Taux de réussite |
|
1995 |
25 |
28 |
33 |
13 |
1 |
100 |
47 % |
1996 |
35 |
33 |
25 |
6 |
1 |
100 |
32 % |
1997 |
32 |
29 |
28 |
7 |
4 |
100 |
39 % |
Source: Dépouillement dun échantillon qui correspond à 5 % de lensemble des candidats au brevet, pour les années 1995, 1996 et 1997.
Tableau 63: Le rendement global dans le secteur privé à la fin du cycle moyen, selon les résultats réels au brevet (sans rachat) pour les années 95-96 et 97 (en %).
7 et moins |
8-9 |
10-11 |
12-13 |
14 et plus |
Total |
Taux de réussite |
|
1995 |
21 |
23 |
27 |
20 |
9 |
100 |
56 % |
1996 |
22 |
29 |
25 |
15 |
9 |
100 |
49 % |
1997 |
18 |
18 |
29 |
21 |
14 |
100 |
64 % |
Source: Dépouillement dun échantillon qui correspond à 5 % de lensemble des candidats au brevet, pour les années 1995, 1996 et 1997.
Le rapprochement des taux de réussite dans les deux secteurs, observé en 1995 ( avec 9 points seulement de différence) ne tarde pas à sévanouir en 1996 (avec un écart de 17 points) et plus encore en 1997 (avec 25 points).
En outre, les bons résultats (avec une moyenne 12 et plus) qui étaient en 1995 deux fois plus importants dans le secteur privé (29 contre 14 %), sont devenus encore plus élevés en 1996 et 1997.
Ce développement nest pas en faveur de lenseignement pour tous, car les différences de réussite privent le tiers des écoliers du Liban du bon niveau dont jouit lélève qui fréquente le secteur privé. Encore une fois nous remarquons que léducatif est une affaire sociale et politique qui demande des solutions démocratiques et radicales.
Dans les tableaux suivants nous relatons les résultats détaillés de 1997, issus du dépouillement des notes obtenues au brevet), selon le secteur et les matières, pour mieux cerner la nature des différences et les facteurs qui les déterminent.
Tableau 64: Niveau dacquisition des élèves à la fin du cycle moyen, selon le secteur et les matières, pour lannée 1996-1997 (en %)
Arabe |
Français |
Maths |
Physique |
Sc. nat. |
Hist/géo |
Total |
|
Public |
68 |
13 |
56 |
43 |
20 |
62 |
44 |
Privé |
62 |
40 |
62 |
63 |
42 |
60 |
55 |
Total |
64 |
27 |
65 |
55 |
32 |
61 |
50 |
Source: Dépouillement dun échantillon qui correspond à 5 % de lensemble des candidats au brevet, pour lannée 1996-1997.
Tableau 65: Niveau dacquisition des élèves à la fin du cycle moyen, dans le secteur public, selon les régions et les matières, pour lannée 1996-1997 (en %)
Arabe |
Français |
Maths |
Physique |
Sc. nat. |
Hist/géo |
Total |
|
Beyrouth |
58 |
12 |
69 |
50 |
38 |
42 |
45 |
Mont-Liban |
57 |
11 |
43 |
30 |
11 |
43 |
33 |
Nord |
72 |
10 |
67 |
42 |
20 |
66 |
46 |
Békaa |
72 |
22 |
28 |
37 |
12 |
66 |
41 |
Sud |
75 |
15 |
60 |
60 |
27 |
82 |
53 |
Total |
68 |
13 |
56 |
43 |
20 |
62 |
44 |
Source: Dépouillement dun échantillon qui correspond à 5 % de lensemble des candidats au brevet, pour lannée 1996-1997.
Tableau 66: Niveau dacquisition des élèves à la fin du cycle moyen, dans le secteur privé, selon les régions et les matières, pour lannée 1996-1997 (en %)
Arabe |
Français |
Maths |
Physique |
Sc. nat. |
Hist/géo |
Total |
|
Beyrouth |
69 |
42 |
73 |
71 |
44 |
68 |
61 |
Mont-Liban |
50 |
34 |
65 |
60 |
40 |
49 |
50 |
Nord |
80 |
44 |
87 |
69 |
56 |
59 |
66 |
Békaa |
69 |
58 |
68 |
52 |
36 |
77 |
60 |
Sud |
69 |
36 |
75 |
66 |
33 |
78 |
59 |
Total |
62 |
40 |
62 |
63 |
42 |
60 |
55 |
Source: Dépouillement dun échantillon qui correspond à 5 % de lensemble des candidats au brevet, pour lannée 1996-1997.
Nous remarquons que les résultats du secteur public en arabe et en histoire/géographie sont meilleurs que ceux du secteur privé, surtout au Sud. Mais ils sont nettement inférieurs dans les autres matières et surtout au Mont-Liban où ils enregistrent les scores les plus bas.
Tableau 67: Niveau dacquisition des élèves à la fin du cycle moyen, selon le secteur et les matières pour les années 1996 et 1997 (en %)
Arabe |
Français |
Maths |
Phys. |
Sc.nat. |
Hist/géo |
Total |
||||||||
Année |
96 |
97 |
96 |
97 |
96 |
97 |
96 |
97 |
96 |
97 |
96 |
97 |
96 |
97 |
Secteur |
||||||||||||||
Public |
70 |
68 |
26 |
13 |
38 |
56 |
37 |
43 |
10 |
20 |
66 |
62 |
41 |
44 |
Privé |
64 |
62 |
45 |
40 |
57 |
62 |
52 |
63 |
26 |
42 |
57 |
60 |
50 |
55 |
Total |
66 |
64 |
39 |
27 |
51 |
65 |
47 |
55 |
21 |
32 |
60 |
61 |
48 |
50 |
Les résultats de la plupart des matières différent dune année à lautre, surtout dans le secteur public où on note une perte de 50 % en français, mais aussi un gain de 50 % en sciences naturelles. Dans le privé, il y a une stabilité relative où la différence ne dépasse pas 5 %, sauf en physique et sciences naturelles où elle atteint 11 et 16 %.
Cet examen détaillé de lefficacité du système éducatif quant à la réalisation des objectifs de lenseignement pour tous nous a montré quil existe encore plusieurs difficultés devant la réalisation de ces objectifs. Les pages qui suivent vont reprendre et dicuter les principaux résultats de cet examen, avec les difficultés majeures qui font obstacle à la réalisation de lenseignement pour tous.
II- Evaluation des actions réalisées dans le domaine de lenseignement pour tous
1-La scolarisation
La grande différence entre les taux bruts et les taux nets de scolarisation au cycle primaire (21,77 % en 1997/1998) montre que le niveau de déperdition est assez élevé. Il est dû à laccumulation du retard et à labandon scolaire qui touchent le plus souvent les catégories défavorisées. Cest pourquoi il faut déployer plus deffort pour améliorer les conditions de vie de ces catégories afin dassurer une sorte dégalité des chances devant lécole.
2- Les dépenses denseignement
Les dépenses publiques sur lenseignement restent timides; et la régression, depuis 1992, de la part allouée à lEducation Nationale dans le Budget Général, freine son évolution dans le sens de lenseignement pour tous. Surtout quand on sait que 91,7 % des dépenses du Ministère vont aux salaires et au fonctionnement du système (tel quil est signalé dans le rapport du Programme des Nations Unies pour le Développement, en 1997).
3- La qualification des enseignants
Il ressort des statistiques éducatives que la formation et lentrainement des enseignants à lexercice du métier restent insuffisants pour redresser le secteur éducatif afin datteindre les objectifs de lenseignement pour tous.
4- Evolution des effectifs des élèves et des enseignants et la ratio élèves/maître
Entre 1996 et 1998, le secteur public a commencé à attirer plus délèves (14 % et 21%). Cette ruée vers le public est due à laugmentation des taux de scolarisation dans le pays, puisque les pourcentages dans les autres secteurs nont pas bougé. Voilà un pas en avant vers lenseignement pour tous.
Mais la baisse de la ratio élèves/maître dans le secteur public (au dessous de 10) ne va pas dans le sens dun développement sain et équilibré de ce secteur. Les différents rapports des inspecteurs et des responsables éducatifs (de 1995 à 1999) parlent dun surplus de 4000 à 5000 enseignants, pour un total qui ne dépasse pas les 30.000.
5- Lefficacité éducative
Malgré lamélioration nette des taux de promotions, il y a encore 8,4 % des élèves qui abandonnent lécole, après la cinquième année, sans qualification suffisante pour affronter la vie. Ils viennent sajouter aux cohortes du même âge qui nont jamais intégré lécole (environ 2 %). De même, il y a près de la moitié des élèves (47,7 %) qui ont redoublé une classe ou plus durant leurs études primaires, en 1996-1997.
Ces taux élevés montrent que "lenseignement pour tous" doit surmonter encore beaucoup dobstacles. Cest pourquoi il faut, dun côté, modifier le système dévaluation et de contrôle pour quil soit en congruence avec louverture du système éducatif aux différentes catégories sociales (Cest lun des projets entrepris au CRDP), et dun autre côté, réorganiser le métier denseignant quant à lamélioration du niveau de qualification et du rendement pédagogique et la modernisation de la gestion éducative, pour mieux répondre aux besoins du développement.
Les taux de promotion relatifs à lannée 1996-1997 varient nettement entre garçons et filles à la faveur de ces dernières où la différence sélève à 13,7 %.
Nous ne possédons pas assez dinformations pour expliquer ce fait; mais lhypothèse du travail des jeunes garçons après leur echec scolaire et vu les conditions misérables dans lesquelles ils vivent, reste la plus plausible. Là, il faut améliorer le niveau de vie de ces catégories sociales (de nouvelles opportunités de travail, bourses scolaires, aide matérielle et pédagogique ) et préparer des climats favorables pour lapprentissage dans le but dassurer un enseignement pour tous, juste et équitable.
Les taux de promotion sans retard dans le secteur privé sont 4 fois plus élevés que ceux du secteur public (70,9 % contre 16,9 %). Et si 70,9 % des élèves qui fréquentent le premier secteur mettent 5 ans pour terminer le cycle primaire, ceux du secteur public en mettent onze.
Cette situation pose deux problèmes: le premier concerne le gaspillage dans le secteur public vu sa faible productivité, et le second concerne les objectifs de lenseignement pour tous, surtout le principe de légalité des chances où on remarque que lélève qui fréquente lécole privée a 4 fois plus de chance de réussir que celui qui soriente, malgré lui, vers le public.
Les disparités régionales restent importantes. Les taux de promotion à Beyrouth et au Mont-Liban sont deux fois élevés que ceux du Nord et de la Békaa (62,8 et 61,8 % contre 31,7 et 29,2 %). Dans le cas du redoublement, les rapports sont inversés. Le Sud occupe une position intermédiaire avec 44,7 % de promotion et 46,3 % de redoublement.
Pour atteindre les objectifs de lenseignement pour tous, il faut trouver un "équilibre régional"au niveau du rendement pédagogique , surtout dans les écoles publiques dont la majorité (74,4%) sont plantées dans les régions périphériques, et oeuvrer pour le développement social et économique de ces régions défavorisées.
e- Niveau dacquisition au cycle primaire
Les faibles résultats du secteur public creusent encore le fossé qui sépare les catéogories sociales et privent celles qui étaient obligées de choisir lenseignement public, des mêmes chances de réussite. Ils décident donc à lavance de leur future position sociale et économique. Lenseignement pour tous exige avant tout une équité éducative qui passe par lécole primaire.
Le niveau des acquisitions de lélève au cycle primaire est étroitement lié au niveau dinstruction du père où les chances du fils dun universitaire, de réussir avec un score élevé ou très élevé sont deux fois plus grandes que celle du fils dun père illétré (71 contre 36 %). Ce lien montre clairement que le bon niveau dinstruction des parents est un facteur déterminant pour la réussite des enfants. Encore une fois, pour assurer lenseignement pour tous il casser ce cercle vicieux.
6- Lalphabétisme des jeunes et des adultes
a- Lalphabétisme chez les jeunes de 15 à 24 aans
Lanalphabétisme chez les jeunes tend à disparaître, ainsi que les différences entre hommes et femmes. Mais la difficulté réside encore dans la définition du contenu de lalphabétisme et si ce contenu est suffisant pour permettre à ces jeunes de sintégrer dans la société et de trouver un emploi.
b- Lalphabétisme de la population âgée de 15 ans et plus
Il y a encore 13 % de la population âgée de 15 ans et plus qui ne savent pas lire et écrire. Et la diférence entre les hommes et les femmes reste importante (10 %). Là, il est nécessaire de développer les programmes dalphabétisation au Liban pour quils touchent le plus grand nombre des adultes âgés de 40 ans et plus, et qui couvent encore un pourcentage élevé danalphabètes, surtout parmi les femmes.
Les efforts déployés ces dix dernières années pour généraliser lenseignement ont abouti, surtout auprès des plus jeunes (19 ans et moins). Mais, pour atteindre les plus âgés, il faut des programmes spéciaux et plus évolués pour leur permettre de sintégrer complètement dans la société et dinjecter à léconomie une main doeuvre qualifiée.
III- Les principales difficultés
Lévolution du système éducatif dans le sens de denseignement pour tous connaît encore plusieurs difficultés qui lempêchent datteindre parfaitement son objectif. Parmi ces difficultés, nous citons:
1-Absence dun recensement général de la population. Ce qui rend aléatoires le calcul des taux de scolarisation pris en compte dans lélaboration des plans de développement.
2-Le retard dans la mise en oeuvre de la carte scolaire, faute de resources humaines et financières.
3-Des disparités régionales reflétées par les différents indicateurs étudiés.
4-Manque de qualification du corps enseignant.
5-Rapports limités entre lécole et son milieu, surtout en ce qui concerne le rôle des comités des parents et des municipalités.
6-Manque de bâtiments scolaires
7-La centralisation de la décision administrative fait obstacle à la mise en oeuvre des projets de développement pédagogique.
8-La faible coordination entre les différents services administratifs et pédagogiques, quils soient privés ou publics.
9-Absence de programmes dinformations pédagogiques et de sensibilisation du grand public aux questions éducatives.
10-Absence de ressources humaines et de fonds suffisants pour réaliser les projets de lenseignement pour tous.
IV- La conscience publique, la volonté politique et les capacités nationales
Assurer des chances égales pour tous devant lécole requiert un grand intérêt, officiel et populaire. Et ceci se traduit dans les projets qui ont été réalisés jusquà présent avec lappui des autorités libanaises, au plus haut niveau. Cest ainsi que le Parlement Libanais a promulgué, en 1998, la loi sur lobligation scolaire, au niveau du cycle primaire. Et le Gouvernement, qui a approuvé les résolutions de la Conférence de Jomtien, a mis en oeuvre un Plan de redressement pédagogique et une nouvelle structure du système éducatif et des programmes denseignement. En même temps, il a poussé jusquà 13 ans lâge légal du travail des enfants. Enfin, le secteur privé a contribué, avec les associations locales et les organisations internationales, à ces efforts, afin de réaliser ensemble les objectifs de lenseignement pour tous.
V- Evaluation générale du progrès réalisé dans le domaine de lenseignement pour tous
Il est encore très tôt pour porter un jugement général sur lefficacité des plans dactions adoptés pour assurer lenseignement pour tous, car beaucoup de projets sont en cours de réalisation, dautres sont en préparation dans le cadre de plans densemble pour les années à venir. Mais dores et déjà, nous pouvons deviner quelques résulats qui concernent les grands domaines.
1-Dans le domaine de la première enfance, on note beaucoup de points positifs: dabord, une plus grande capacité daccueillir, dans les petites sections, les enfants de cet âge. Ensuite, de nouveaux programmes, adaptés à leur niveau, ont été élaborés dans le cadre des projets de collaboration entre le CRDP et lUnicef. Enfin, une formation accélérée des éducatrices de la petite enfance (plus de 3000, dans les deux secteurs, privé et public, ont été entraînées cet été à lemploi de nouvelles méthodes).
Mais ces efforts, trop récents, nont pas encore porté leurs fruits, pour pouvoir en juger des résultats. Toutefois, nous croyons quils restent insuffisants, vu les faibles taux dinscription aux programmes de développement de la petite enfance (soit dans les écoles ordinaires, soit dans les classes spécialisées qui sont complètement inexistantes).
2- Au niveau de lenseignement primaire, les objectifs ont été clairement définis et les plans exécutés: les programmes denseignement et les manuels scolaires ont été changés et un groupe denseignants (16500) a suivi une première session de formation dans le cadre dun plan de général qui sétend sur trois ans, 1998/1999 2000/2001.
Mais ces plans sont très ambitieux et une période de trois ans nous paraît trop courte pour quils puissent atteindre leurs objectifs, vu les conditions, matérielles et humaines, quil faut assurer en un peu de temps (telle linsertion des nouvelles matières au sein du cursus de lenseignement, le changement des méthodes pédagogiques et ladoption des nouvelles orientations du système éducatif, auxquelles sopposent encore une mentalité traditionnelle dans la société libanaise).
3-Dans le domaine de lalphabétisation des adultes et lacquisition des compétences de base pour lintégration sociale et économique et pour une meilleure qualité de vie, il nest pas facile de sonder les résultats à court terme, vu laction lente de ces facteurs et leur interférence avec dautres composantes qui entrent dans la formation de la personnalité humaine.
Mais malgré cette difficulté dévaluation, nous remarquons, surtout chez le jeunes, une conscience plus grande des problèmes nationaux et une lutte plus forte pour une justice sociale et une meilleure qualité de vie.
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