L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays Page d'accueil du forum mondial sur l'éducation
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  1. Nombre d’années d’études pour arriver à la fin du cycle moyen (ou l’enseignement de base)
  2. Nous avons constaté, d’après l’enquête que nous avons menée (Cf. p. 25 de ce rapport) que le nombre moyen d’années d’études que met un élève pour arriver en classe de 3ème (dans le cas où il ne quitte pas l’école avant) est de 9,61 (au lieu de 9). Ce nombre tombe à 9,41 dans le privé et s’élève à 9,91 dans le public. Voici les détails relatés dans le tableau qui suit.

    Tableau 56: Répartition des élèves (en %) à la fin du cycle moyen, selon l’âge et le secteur, pour l’année 1998-?1999?

     

    1985

    1984

    (Age requis)

    1983

    1982

    1981

    et moins

    Total

    Privé

    8

    53

    26

    11

    2

    100 %

    Public

    6

    28

    30

    23

    13

    100 %

    Moyenne

    8

    43

    28

    15

    6

    100 %

    Source: Enquête auprès de 4135 élèves en fin du cycle moyen, décembre 1998

    61 % des élèves du privé arrivent sans retard à la fin du cycle moyen, contre 34 % du secteur public qui accueille souvent les redoublants du secteur privé ou les "âgés" du milieu rural, ce qui fait accumuler les retards dans ce secteur (ils sont 13 % à encaisser 3 ans de retard ou plus, contre 2 % dans le privé).

    Ces différences réelles, issues de l’enquête sur le terrain, confirment les résultats des études sur les cohortes théoriques. D’où la nécessité d’approfondir les analyses des causes du retard afin d’y trouver les solutions adéquates.

    Pour plus de détails, nous relatons, dans les tableaux suivants, les pourcentages des redoublants selon le secteur et le niveau d’instruction du père.

    Tableau 57: Pourcentage des élèves en fin du cycle moyen qui ont redoublé une classe ou plus, selon le secteur, pour l’année 1998-1999

     

    Secteur

    N’a pas

    Redoublé

    A redoublé

    une fois

    A redoublé

    deux fois

    A redoublé 3

    fois ou moins

    Total

    Privé

    66

    27

    6

    1

    100

    Public

    38

    38

    20

    4

    100

    Moyenne

    55

    31

    12

    2

    100

    Source: Enquête auprès de 4135 élèves en fin du cycle moyen, décembre 1998

    Tableau 58: Pourcentage des élèves en fin du cycle moyen, selon le secteur et le niveau d’instruction du père, pour l’année 1998-1999

     

    Primaire et moins

    Moyen

    Secondaire

    Universitaire

    Total

    Privé

    15

    30

    25

    30

    100

    Public

    30

    40

    20

    10

    100

    Moyenne

    21

    34

    23

    22

    100

    Source: Enquête auprès de 4135 élèves en fin du cycle moyen, décembre 1998

    La corrélation est claire entre le niveau d’instruction du père et le secteur d’enseignement, fréquenté par les enfants. Car on remarque bien que plus le niveau d’instruction du père est élevé, plus l’enfant fréquente le secteur privé et par conséquent il a plus de chance de réussir. Quant à l’élève dans le secteur public, il a à franchir plus qu’un obstacle pour arriver en classe de 3ème.

  3. Le niveau d’acquisition des élèves

Tableau 59: Le rendement éducatif des élèves de la quatrième année du cycle primaire selon le secteur, les régions, le sexe et le milieu (rural, urbain), pour l’année 1994-1995

    

Arabe

Français

Maths

Compétences de vie

Rendement global

 

Niveau/maîtrise

>50 %

>60 %

>50 %

>50 %

>55 %

Secteur

Public

56,0

32,1

46,9

92,4

51,4

Privé Gratuit

72,0

70,5

67,6

91,6

64,8

Privé Payant

82,0

94,6

70,2

93,5

77,1

             
 

Moyenne générale

71,4

65,4

60,6

93,0

65,7

Source: CRDP, Mesure de l’apprentissage au Liban, au niveau de la 4ème année primaire, pour l’année 1994-1995, Rapport général 1996, p. 153-160

Les écarts entre les secteurs sont tous en faveur du privé payant: +26 % en arabe, +62,5 % en français et +23,3 % en mathématiques.

Les faibles résultats du secteur public creusent encore le fossé qui sépare les catéogories sociales et privent celles qui étaient obligées de choisir l’enseignement public, des mêmes chances de réussite. Ils décident donc à l’avance de leur future position sociale et économique. L’enseignement pour tous exige avant tout une équité éducative qui passe par l’école primaire.

Autrement dit, pour assurer une bonne qualité d’enseignement à la portée de tout le monde, il faut améliorer le rendement de l’école publique, surtout dans les régions défavorisées. Les tableaux suivants donnent encore des détails sur les différents niveaux d’acquisition dans les trois secteurs éducatifs.

Tableau 60: Niveau d’acquisition (en %), des élèves de la quatrième année primaire, selon le secteur et les matières, pour l’année 1994-1995

Secteur >>

Public

Privé Gratuit

Privé Payant

 

Bas

Moy

Haut

Bas

Moy

Haut

Bas

Moy

Haut

Rendement général

10

56

34

8

41

51

5

31

64

Langue arabe

23

43

34

15

32

53

7

24

69

Langue française

37

31

32

12

16

72

2

5

93

Mathématiques

28

55

17

22

48

30

14

44

42

Source: CRDP, Mesure de l’apprentissage au Liban, au niveau de la 4ème année primaire, pour l’année 1994-1995, Rapport général 1996, p. 153-160

Les faibles rendements que nous observons au cycle primaire affecte environ 30 % des élèves du Liban (ou ceux qui fréquentent l’enseignement public à ce niveau) et 13 % du tous les inscrits pour l’année 1994-1995. Quelle serait la tendance à la fin du cycle primaire? Les tableaux suivants donnent quelques réponses.

Tableau 61: Le rendement éducatif des élèves de la quatrième année du cycle moyen selon le secteur, pour l’année 1995-1996

   

Arabe

Français

Maths

Compétences de vie

Rendement global

 

Niveau/maîtrise

>60 %

>55 %

>60 %

>60 %

>60 %

             

Secteur

Public

86,3

11,5

21,6

61,2

27,8

Privé Payant

91,6

56,5

58,3

60,7

77,8

 

Moyenne générale

89,7

41,9

44,8

60,9

55,6

Source: CRDP (en collaboration avec l’Unesco, l’Unicef, l’Inspection pédagogique, la Direction Générale du Ministère de l’Education et les Institutions d’enseignement publique et privé), Mesure de l’apprentissage au Liban, au niveau de la 4ème année du cycle moyen, pour l’année 1995-1996, Rapport général 1997, p. 174-180

Le niveau de réussite dans le secteur privé dépasse de loin celui du public: le rendement global est 3 fois plus important, avec une différence de 50 points et le niveau de langue française est 5 fois plus grand.

Ces résultats correspondent globalement à ceux de la quatrième année primaire. Et les différences se creusent encore en faveur du secteur privé. Ce qui prouve que le secteur public n’est pas encore arrivé à rattraper le retard qu’il a accusé au cycle primaire. Ces constats n’encouragent pas, même les plus optimistes, à espérer que "l’enseignement pour tous" pourra franchir, dans le futur proche, le seuil du cycle primaire.

Tableau 62: Le rendement global dans le secteur public à la fin du cycle moyen, selon les résultats réels au brevet (sans rachat) pour les années 95-96 et 97 (en %).

 

7

et moins

8-9

10-11

12-13

14

et plus

Total

Taux de réussite

1995

25

28

33

13

1

100

47 %

1996

35

33

25

6

1

100

32 %

1997

32

29

28

7

4

100

39 %

Source: Dépouillement d’un échantillon qui correspond à 5 % de l’ensemble des candidats au brevet, pour les années 1995, 1996 et 1997.

Tableau 63: Le rendement global dans le secteur privé à la fin du cycle moyen, selon les résultats réels au brevet (sans rachat) pour les années 95-96 et 97 (en %).

 

7

et moins

8-9

10-11

12-13

14

et plus

Total

Taux de réussite

1995

21

23

27

20

9

100

56 %

1996

22

29

25

15

9

100

49 %

1997

18

18

29

21

14

100

64 %

Source: Dépouillement d’un échantillon qui correspond à 5 % de l’ensemble des candidats au brevet, pour les années 1995, 1996 et 1997.

Le rapprochement des taux de réussite dans les deux secteurs, observé en 1995 ( avec 9 points seulement de différence) ne tarde pas à s’évanouir en 1996 (avec un écart de 17 points) et plus encore en 1997 (avec 25 points).

En outre, les bons résultats (avec une moyenne 12 et plus) qui étaient en 1995 deux fois plus importants dans le secteur privé (29 contre 14 %), sont devenus encore plus élevés en 1996 et 1997.

Ce développement n’est pas en faveur de l’enseignement pour tous, car les différences de réussite privent le tiers des écoliers du Liban du bon niveau dont jouit l’élève qui fréquente le secteur privé. Encore une fois nous remarquons que l’éducatif est une affaire sociale et politique qui demande des solutions démocratiques et radicales.

Dans les tableaux suivants nous relatons les résultats détaillés de 1997, issus du dépouillement des notes obtenues au brevet), selon le secteur et les matières, pour mieux cerner la nature des différences et les facteurs qui les déterminent.

Tableau 64: Niveau d’acquisition des élèves à la fin du cycle moyen, selon le secteur et les matières, pour l’année 1996-1997 (en %)

 

Arabe

Français

Maths

Physique

Sc. nat.

Hist/géo

Total

Public

68

13

56

43

20

62

44

Privé

62

40

62

63

42

60

55

Total

64

27

65

55

32

61

50

Source: Dépouillement d’un échantillon qui correspond à 5 % de l’ensemble des candidats au brevet, pour l’année 1996-1997.

Tableau 65: Niveau d’acquisition des élèves à la fin du cycle moyen, dans le secteur public, selon les régions et les matières, pour l’année 1996-1997 (en %)

 

Arabe

Français

Maths

Physique

Sc. nat.

Hist/géo

Total

Beyrouth

58

12

69

50

38

42

45

Mont-Liban

57

11

43

30

11

43

33

Nord

72

10

67

42

20

66

46

Békaa

72

22

28

37

12

66

41

Sud

75

15

60

60

27

82

53

Total

68

13

56

43

20

62

44

Source: Dépouillement d’un échantillon qui correspond à 5 % de l’ensemble des candidats au brevet, pour l’année 1996-1997.

Tableau 66: Niveau d’acquisition des élèves à la fin du cycle moyen, dans le secteur privé, selon les régions et les matières, pour l’année 1996-1997 (en %)

 

Arabe

Français

Maths

Physique

Sc. nat.

Hist/géo

Total

Beyrouth

69

42

73

71

44

68

61

Mont-Liban

50

34

65

60

40

49

50

Nord

80

44

87

69

56

59

66

Békaa

69

58

68

52

36

77

60

Sud

69

36

75

66

33

78

59

Total

62

40

62

63

42

60

55

Source: Dépouillement d’un échantillon qui correspond à 5 % de l’ensemble des candidats au brevet, pour l’année 1996-1997.

Nous remarquons que les résultats du secteur public en arabe et en histoire/géographie sont meilleurs que ceux du secteur privé, surtout au Sud. Mais ils sont nettement inférieurs dans les autres matières et surtout au Mont-Liban où ils enregistrent les scores les plus bas.

Tableau 67: Niveau d’acquisition des élèves à la fin du cycle moyen, selon le secteur et les matières pour les années 1996 et 1997 (en %)

 

Arabe

Français

Maths

Phys.

Sc.nat.

Hist/géo

Total

Année

96

97

96

97

96

97

96

97

96

97

96

97

96

97

Secteur

                           

Public

70

68

26

13

38

56

37

43

10

20

66

62

41

44

Privé

64

62

45

40

57

62

52

63

26

42

57

60

50

55

Total

66

64

39

27

51

65

47

55

21

32

60

61

48

50

Les résultats de la plupart des matières différent d’une année à l’autre, surtout dans le secteur public où on note une perte de 50 % en français, mais aussi un gain de 50 % en sciences naturelles. Dans le privé, il y a une stabilité relative où la différence ne dépasse pas 5 %, sauf en physique et sciences naturelles où elle atteint 11 et 16 %.

Cet examen détaillé de l’efficacité du système éducatif quant à la réalisation des objectifs de l’enseignement pour tous nous a montré qu’il existe encore plusieurs difficultés devant la réalisation de ces objectifs. Les pages qui suivent vont reprendre et dicuter les principaux résultats de cet examen, avec les difficultés majeures qui font obstacle à la réalisation de l’enseignement pour tous.

II- Evaluation des actions réalisées dans le domaine de l’enseignement pour tous

1-La scolarisation

La grande différence entre les taux bruts et les taux nets de scolarisation au cycle primaire (21,77 % en 1997/1998) montre que le niveau de déperdition est assez élevé. Il est dû à l’accumulation du retard et à l’abandon scolaire qui touchent le plus souvent les catégories défavorisées. C’est pourquoi il faut déployer plus d’effort pour améliorer les conditions de vie de ces catégories afin d’assurer une sorte d’égalité des chances devant l’école.

2- Les dépenses d’enseignement

Les dépenses publiques sur l’enseignement restent timides; et la régression, depuis 1992, de la part allouée à l’Education Nationale dans le Budget Général, freine son évolution dans le sens de l’enseignement pour tous. Surtout quand on sait que 91,7 % des dépenses du Ministère vont aux salaires et au fonctionnement du système (tel qu’il est signalé dans le rapport du Programme des Nations Unies pour le Développement, en 1997).

3- La qualification des enseignants

Il ressort des statistiques éducatives que la formation et l’entrainement des enseignants à l’exercice du métier restent insuffisants pour redresser le secteur éducatif afin d’atteindre les objectifs de l’enseignement pour tous.

4- Evolution des effectifs des élèves et des enseignants et la ratio élèves/maître

Entre 1996 et 1998, le secteur public a commencé à attirer plus d’élèves (14 % et 21%). Cette ruée vers le public est due à l’augmentation des taux de scolarisation dans le pays, puisque les pourcentages dans les autres secteurs n’ont pas bougé. Voilà un pas en avant vers l’enseignement pour tous.

Mais la baisse de la ratio élèves/maître dans le secteur public (au dessous de 10) ne va pas dans le sens d’un développement sain et équilibré de ce secteur. Les différents rapports des inspecteurs et des responsables éducatifs (de 1995 à 1999) parlent d’un surplus de 4000 à 5000 enseignants, pour un total qui ne dépasse pas les 30.000.

5- L’efficacité éducative

  1. Evolution du rendement général
  2. Malgré l’amélioration nette des taux de promotions, il y a encore 8,4 % des élèves qui abandonnent l’école, après la cinquième année, sans qualification suffisante pour affronter la vie. Ils viennent s’ajouter aux cohortes du même âge qui n’ont jamais intégré l’école (environ 2 %). De même, il y a près de la moitié des élèves (47,7 %) qui ont redoublé une classe ou plus durant leurs études primaires, en 1996-1997.

    Ces taux élevés montrent que "l’enseignement pour tous" doit surmonter encore beaucoup d’obstacles. C’est pourquoi il faut, d’un côté, modifier le système d’évaluation et de contrôle pour qu’il soit en congruence avec l’ouverture du système éducatif aux différentes catégories sociales (C’est l’un des projets entrepris au CRDP), et d’un autre côté, réorganiser le métier d’enseignant quant à l’amélioration du niveau de qualification et du rendement pédagogique et la modernisation de la gestion éducative, pour mieux répondre aux besoins du développement.

  3. Evolution du rendement selon le sexe
  4. Les taux de promotion relatifs à l’année 1996-1997 varient nettement entre garçons et filles à la faveur de ces dernières où la différence s’élève à 13,7 %.

    Nous ne possédons pas assez d’informations pour expliquer ce fait; mais l’hypothèse du travail des jeunes garçons après leur echec scolaire et vu les conditions misérables dans lesquelles ils vivent, reste la plus plausible. Là, il faut améliorer le niveau de vie de ces catégories sociales (de nouvelles opportunités de travail, bourses scolaires, aide matérielle et pédagogique…) et préparer des climats favorables pour l’apprentissage dans le but d’assurer un enseignement pour tous, juste et équitable.

  5. Evolution du rendement selon le secteur
  6. Les taux de promotion sans retard dans le secteur privé sont 4 fois plus élevés que ceux du secteur public (70,9 % contre 16,9 %). Et si 70,9 % des élèves qui fréquentent le premier secteur mettent 5 ans pour terminer le cycle primaire, ceux du secteur public en mettent onze.

    Cette situation pose deux problèmes: le premier concerne le gaspillage dans le secteur public vu sa faible productivité, et le second concerne les objectifs de l’enseignement pour tous, surtout le principe de l’égalité des chances où on remarque que l’élève qui fréquente l’école privée a 4 fois plus de chance de réussir que celui qui s’oriente, malgré lui, vers le public.

  7. Evolution du rendement selon les régions

Les disparités régionales restent importantes. Les taux de promotion à Beyrouth et au Mont-Liban sont deux fois élevés que ceux du Nord et de la Békaa (62,8 et 61,8 % contre 31,7 et 29,2 %). Dans le cas du redoublement, les rapports sont inversés. Le Sud occupe une position intermédiaire avec 44,7 % de promotion et 46,3 % de redoublement.

Pour atteindre les objectifs de l’enseignement pour tous, il faut trouver un "équilibre régional"au niveau du rendement pédagogique , surtout dans les écoles publiques dont la majorité (74,4%) sont plantées dans les régions périphériques, et oeuvrer pour le développement social et économique de ces régions défavorisées.

e- Niveau d’acquisition au cycle primaire

Les faibles résultats du secteur public creusent encore le fossé qui sépare les catéogories sociales et privent celles qui étaient obligées de choisir l’enseignement public, des mêmes chances de réussite. Ils décident donc à l’avance de leur future position sociale et économique. L’enseignement pour tous exige avant tout une équité éducative qui passe par l’école primaire.

  1. Niveau d’acquisition au cycle primaire selon le niveau d’instruction du père

Le niveau des acquisitions de l’élève au cycle primaire est étroitement lié au niveau d’instruction du père où les chances du fils d’un universitaire, de réussir avec un score élevé ou très élevé sont deux fois plus grandes que celle du fils d’un père illétré (71 contre 36 %). Ce lien montre clairement que le bon niveau d’instruction des parents est un facteur déterminant pour la réussite des enfants. Encore une fois, pour assurer l’enseignement pour tous il casser ce cercle vicieux.

6- L’alphabétisme des jeunes et des adultes

a- L’alphabétisme chez les jeunes de 15 à 24 aans

L’analphabétisme chez les jeunes tend à disparaître, ainsi que les différences entre hommes et femmes. Mais la difficulté réside encore dans la définition du contenu de l’alphabétisme et si ce contenu est suffisant pour permettre à ces jeunes de s’intégrer dans la société et de trouver un emploi.

b- L’alphabétisme de la population âgée de 15 ans et plus

Il y a encore 13 % de la population âgée de 15 ans et plus qui ne savent pas lire et écrire. Et la diférence entre les hommes et les femmes reste importante (10 %). Là, il est nécessaire de développer les programmes d’alphabétisation au Liban pour qu’ils touchent le plus grand nombre des adultes âgés de 40 ans et plus, et qui couvent encore un pourcentage élevé d’analphabètes, surtout parmi les femmes.

Les efforts déployés ces dix dernières années pour généraliser l’enseignement ont abouti, surtout auprès des plus jeunes (19 ans et moins). Mais, pour atteindre les plus âgés, il faut des programmes spéciaux et plus évolués pour leur permettre de s’intégrer complètement dans la société et d’injecter à l’économie une main d’oeuvre qualifiée.

III- Les principales difficultés

L’évolution du système éducatif dans le sens de d’enseignement pour tous connaît encore plusieurs difficultés qui l’empêchent d’atteindre parfaitement son objectif. Parmi ces difficultés, nous citons:

1-Absence d’un recensement général de la population. Ce qui rend aléatoires le calcul des taux de scolarisation pris en compte dans l’élaboration des plans de développement.

2-Le retard dans la mise en oeuvre de la carte scolaire, faute de resources humaines et financières.

3-Des disparités régionales reflétées par les différents indicateurs étudiés.

4-Manque de qualification du corps enseignant.

5-Rapports limités entre l’école et son milieu, surtout en ce qui concerne le rôle des comités des parents et des municipalités.

6-Manque de bâtiments scolaires

7-La centralisation de la décision administrative fait obstacle à la mise en oeuvre des projets de développement pédagogique.

8-La faible coordination entre les différents services administratifs et pédagogiques, qu’ils soient privés ou publics.

9-Absence de programmes d’informations pédagogiques et de sensibilisation du grand public aux questions éducatives.

10-Absence de ressources humaines et de fonds suffisants pour réaliser les projets de l’enseignement pour tous.

IV- La conscience publique, la volonté politique et les capacités nationales

Assurer des chances égales pour tous devant l’école requiert un grand intérêt, officiel et populaire. Et ceci se traduit dans les projets qui ont été réalisés jusqu’à présent avec l’appui des autorités libanaises, au plus haut niveau. C’est ainsi que le Parlement Libanais a promulgué, en 1998, la loi sur l’obligation scolaire, au niveau du cycle primaire. Et le Gouvernement, qui a approuvé les résolutions de la Conférence de Jomtien, a mis en oeuvre un Plan de redressement pédagogique et une nouvelle structure du système éducatif et des programmes d’enseignement. En même temps, il a poussé jusqu’à 13 ans l’âge légal du travail des enfants. Enfin, le secteur privé a contribué, avec les associations locales et les organisations internationales, à ces efforts, afin de réaliser ensemble les objectifs de l’enseignement pour tous.

V- Evaluation générale du progrès réalisé dans le domaine de l’enseignement pour tous

Il est encore très tôt pour porter un jugement général sur l’efficacité des plans d’actions adoptés pour assurer l’enseignement pour tous, car beaucoup de projets sont en cours de réalisation, d’autres sont en préparation dans le cadre de plans d’ensemble pour les années à venir. Mais d’ores et déjà, nous pouvons deviner quelques résulats qui concernent les grands domaines.

1-Dans le domaine de la première enfance, on note beaucoup de points positifs: d’abord, une plus grande capacité d’accueillir, dans les petites sections, les enfants de cet âge. Ensuite, de nouveaux programmes, adaptés à leur niveau, ont été élaborés dans le cadre des projets de collaboration entre le CRDP et l’Unicef. Enfin, une formation accélérée des éducatrices de la petite enfance (plus de 3000, dans les deux secteurs, privé et public, ont été entraînées cet été à l’emploi de nouvelles méthodes).

Mais ces efforts, trop récents, n’ont pas encore porté leurs fruits, pour pouvoir en juger des résultats. Toutefois, nous croyons qu’ils restent insuffisants, vu les faibles taux d’inscription aux programmes de développement de la petite enfance (soit dans les écoles ordinaires, soit dans les classes spécialisées qui sont complètement inexistantes).

2- Au niveau de l’enseignement primaire, les objectifs ont été clairement définis et les plans exécutés: les programmes d’enseignement et les manuels scolaires ont été changés et un groupe d’enseignants (16500) a suivi une première session de formation dans le cadre d’un plan de général qui s’étend sur trois ans, 1998/1999 – 2000/2001.

Mais ces plans sont très ambitieux et une période de trois ans nous paraît trop courte pour qu’ils puissent atteindre leurs objectifs, vu les conditions, matérielles et humaines, qu’il faut assurer en un peu de temps (telle l’insertion des nouvelles matières au sein du cursus de l’enseignement, le changement des méthodes pédagogiques et l’adoption des nouvelles orientations du système éducatif, auxquelles s’opposent encore une mentalité traditionnelle dans la société libanaise).

3-Dans le domaine de l’alphabétisation des adultes et l’acquisition des compétences de base pour l’intégration sociale et économique et pour une meilleure qualité de vie, il n’est pas facile de sonder les résultats à court terme, vu l’action lente de ces facteurs et leur interférence avec d’autres composantes qui entrent dans la formation de la personnalité humaine.

Mais malgré cette difficulté d’évaluation, nous remarquons, surtout chez le jeunes, une conscience plus grande des problèmes nationaux et une lutte plus forte pour une justice sociale et une meilleure qualité de vie.


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