| L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays | ||
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1.2.3.3. Les taux de redoublement et d’abandon.
De 1990 à 1997, le taux de redoublement tourne toujours autour de 30 % et ce malgré les objectifs de réduction qu'on s'était fixés dans le PNAE 1, ce qui justifie la reprise de l'effort de réduction du taux de redoublement dans le PNAE 2. Les principales raisons de cette stagnation pourraient être l'influence des aléas climatiques, l'inadéquation entre le calendrier cultural et le calendrier scolaire, l'insuffisance de manuels scolaires et des maîtres, les problèmes de nutrition ou encore la non prise en compte dans les programmes des spécificités régionales.
En 1996/1997, le taux moyen de redoublement au niveau primaire est de 35,6 % pour l'ensemble des deux sexes, (34,5 % pour les filles et 36,70 % pour les garçons). Des différences sont constatées entre les provinces. Si ce taux de redoublement est de 29,5 % dans la province d'Antananarivo, il est de 41,8 % dans celle d'Antsiranana.
Seules les provinces d'Antananarivo et de Mahajanga ont des taux inférieurs ou du même ordre que le taux national Les provinces de Toliara et d'Antsiranana connaissent des taux très élevés (généralement supérieurs à 39 %, notamment pour Antsiranana qui connaît aussi un ratio élèves par maître de l'ordre de 78 élèves par maître pour le secteur public ).
Au niveau du genre, les filles redoublent moins que les garçons, aussi bien au niveau national que dans celui de toutes les provinces. La différence entre le taux de redoublement des garçons et celui des filles n'est pas très importante mais reste sensiblement la même pour toutes les provinces.
Tableau 24 : Répartition du Taux de redoublement du primaire selon la province en 1996-1997.
|
Antananarivo |
Fianarantsoa |
Toamasina |
Mahajanga |
Toliara |
Antsiranana |
Madagascar |
|
|
Total |
29,5 |
37,5 |
37,5 |
35,4 |
39,7 |
41,8 |
35,6 |
|
Filles |
28,30 |
36,40 |
35,00 |
34,20 |
38,90 |
42,90 |
34,50 |
|
Garçons |
30,60 |
38,50 |
39,90 |
36,50 |
40,60 |
40,80 |
36,70 |
Graphique 20 : Répartition du Taux de redoublement du primaire selon la province en 1996/1997.

Source : Annexe B Tableau 7.
Ce fort taux de redoublement a un impact négatif dans le coefficient d'efficacité du primaire en allongeant la durée de la scolarité des élèves diplômés du primaire.
Au niveau de la disparité entre les zones, les zones urbaines connaissent de meilleurs taux de redoublement que les zones rurales. La différence entre les taux des zones rurales et ceux des zones urbaines est assez importante (22,4 % pour les zones urbaines et 37,0 % pour les zones rurales) en tenant compte de l'ensemble des deux sexes.
Tableau 25 : Répartition du taux de redoublement du primaire selon la zone en 1996-1997.
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Urbain |
Rural |
Madagascar |
|
|
Total |
22,4 |
37,0 |
35,6 |
|
Filles |
21,4 |
35,6 |
34,5 |
|
Garçons |
23,4 |
38,3 |
36,7 |
Graphe 21 : Répartition des taux de redoublement du primaire selon la Zone en 1996/1997.

Source : Annexe B Tableau 8.
Le coefficient d'efficacité des zones rurales se trouve affecté par son taux de redoublement très élevé.
Malgré les mesures prises par le MINESEB pour réduire le redoublement entre le passage automatique de la 11ème en 10ème, la plupart des élèves redoublants se trouvent dans la première année d’étude du primaire.
Graphique 22 : Répartition des redoublants par année d’étude (Année scolaire 96/97)
|
|
Source : DPE/MINESEB
Comme les élèves de la région sujette aux aléas climatiques sont obligés de manquer les classes un à deux mois en moyenne à cause des cyclones, il se trouve que la plupart des parents s’opposent fortement à cette idée de promotion automatique.
1.2.3.4. Les abandonnants.
La répartition des abandonnants par année d'étude montre que ce phénomène affecte plus les petites classes que les grandes. Le pourcentage le plus élevé d’abandon est enregistré durant les 3 premières années du primaire.
Graphique 23 : Répartition des abandonnants par année d’étude (Année scolaire 96/97)

Source : DPE/MINESEB
Faute de structures d'accueil au niveau non formel, ces abandonnants se trouvent livrés à eux-mêmes, en conséquence la plupart d'entre eux vont certainement grossir le rang des analphabètes. Les redoublements multiples sont en général les principales raisons d'abandon.
1.2.3.5. La survie scolaire par année d’étude
Le Taux de survie est plutôt bas à Madagascar. Sur 100 élèves inscrits en première année du primaire en 1991/92, 66 seulement atteignent la 2ème année d’étude et 39 atteignent la 5ème année d’étude après 6 années de scolarisation (c’est-à-dire redoublement inclus).
Les disparités entre les provinces sont assez importantes. Pour l'ensemble des deux sexes, le taux de survie en 5ème année du primaire passe de 29,8 % pour la province d'Antsiranana à 53,3 % pour la province d'Antananarivo.
Graphique 24 : Taux de survie scolaire des élèves du primaire par année d’études

Source : Données du MLA – Madagascar
Les provinces d'Antananarivo, Toamasina et Toliara ont des taux de survie en 5ème année supérieurs au taux moyen national.
Tableau 26 : Répartition du Taux de survie en 5ème année du primaire selon la province en 1996-1997
|
Antananarivo |
Fianarantsoa |
Toamasina |
Mahajanga |
Toliara |
Antsiranana |
Madagascar |
|
|
Total |
53,3 |
30,0 |
47,1 |
33,1 |
48,5 |
29,8 |
39,8 |
|
Filles |
54,1 |
29,8 |
33,3 |
30,0 |
43,4 |
30,9 |
39,6 |
|
Garçons |
52,4 |
30,2 |
65,1 |
36,3 |
54,6 |
28,5 |
40,0 |
Graphique 25 : Répartition du Taux de survie en 5ème année du primaire selon la province en 1996/1997.

Source : Annexe B Tableau 7.
Toutefois, une différence non négligeable existe entre élèves des zones urbaines et des zones rurales, à l’avantage des élèves de la zone urbaine. Si, pour l'ensemble des deux sexes, le taux de survie de la zone urbaine est de 84,1 %, il n'est que de 35,7 % pour la zone rurale.
Tableau 27 : Répartition du Taux de survie en 5ème année du primaire selon la zone en 1996-1997.
|
Urbain |
Rural |
Madagascar |
|
|
Total |
84,1 |
35,7 |
39,8 |
|
Filles |
76,5 |
33,4 |
39,6 |
|
Garçons |
92,0 |
38,0 |
40,0 |
Graphique 26 : Répartition des taux de survie en 5ème année du primaire selon la Zone en 1996/1997

Source : Annexe B Tableau 9.
Cette situation justifie l'action du gouvernement de mettre l'accent sur la nécessité de scolariser les filles dans les projets pratiquant l'approche communautaire.
1.2.3.6. Les résultats aux examens nationaux
D'une manière générale, le taux de réussite à l’examen national de l’enseignement primaire tend à s’accroître. Cependant, il est encore très bas (moins de 60% ).
Tableau 28 : Evolution du nombre des diplômés du CEPE du primaire de 1987/88 à 1997/98.
|
1987/88 |
1988/89 |
1989/90 |
1990/91 |
1991/92 |
1992/93 |
1993/94 |
1994/95 |
1995/96 |
1996/97 |
1997/98 |
|
|
Inscrits |
178 575 |
159 725 |
152 048 |
148 642 |
151 019 |
120 933 |
140 911 |
141 911 |
148 251 |
143 173 |
161 832 |
|
Admis |
56 543 |
36 261 |
72 482 |
62 025 |
55 877 |
38 586 |
61 714 |
52 041 |
76 134 |
59 578 |
70 800 |
|
Taux |
31,66% |
22,70% |
47,67% |
41,73% |
37,00% |
31,91% |
43,80% |
36,67% |
51,35% |
41,61% |
43,75% |

Graphique 27 : Taux de réussite au CEPE de 1987/88 à 1997/98.
Source : Annexe A
En 1996, le taux de réussite à l'examen du CEPE est de 41,6 % avec 143173 inscrits et 59578 admis. Ce taux de réussite varie de 28 % pour Antananarivo à 60 % pour Antsiranana.
Tableau 29 : Répartition des taux de réussite au CEPE du primaire selon la province en 1996-1997.
|
Antananarivo |
Fianarantsoa |
Toamasina |
Mahajanga |
Toliara |
Antsiranana |
Madagascar |
|
|
Taux |
27,67% |
50,08% |
58,77% |
48,00% |
46,12% |
60,22% |
41,61% |
Graphique 28 : Répartition du Taux de réussite au CEPE du primaire selon la province en 1996/1997.

Source : MINESEB Direction de l'Enseignement Primaire
Le nombre des diplômés du CEPE tend à augmenter d'année en année, et l'objectif du PNAE II qui est de 58 720 diplômés en 1998/1999 est déjà atteint.
1.2.3.7. Le coefficient d'efficacité.
Globalement, le coefficient d'efficacité du primaire au niveau national est faible ; il est de l'ordre de 25,90 %. Cette valeur cache toutefois une grande disparité entre les provinces. Si le coefficient d'efficacité est de 34,4 % à Antananarivo, elle n'est que de 18,8 % à Antsiranana. Les provinces d'Antsiranana, de Fianarantsoa et de Mahajanga ont les coefficients les plus faibles.
Tableau 30 : Répartition du Coefficient d'efficacité du primaire selon la province en 1996-1997.
|
Antananarivo |
Fianarantsoa |
Toamasina |
Mahajanga |
Toliara |
Antsiranana |
Madagascar |
|
|
Total |
34,4 |
21,4 |
26,1 |
21,0 |
28,1 |
18,8 |
25,9 |
|
Filles |
35,7 |
21,7 |
20,9 |
19,9 |
26,0 |
19,3 |
26,3 |
|
Garçons |
33,0 |
21,0 |
31,7 |
22,0 |
30,2 |
18,1 |
25,4 |
Graphique 29 : Répartition du Coefficient d'efficacité du primaire selon la province en 1996/97

Source : Annexe B Tableau 9.
Le coefficient d'efficacité est plus élevé pour les filles que pour les garçons au niveau national. Cette situation est vérifiée pour les provinces d'Antananarivo, de Fianarantsoa et d'Antsiranana. Elle est inversée pour les trois autres provinces. Toutefois, le coefficient d'efficacité des garçons est nettement plus élevé que celui des filles pour les provinces de Toamasina et de Toliara.
Tout comme le taux de survie en 5ème année du primaire, le coefficient d'efficacité est plus élevé en zone urbaine qu'en zone rurale. Pour la zone urbaine, le coefficient d'efficacité du primaire est de 72,1 % pour l'ensemble des deux sexes, contre 34,9 % pour la zone rurale. Au niveau de la zone urbaine, le coefficient d'efficacité des garçons est plus élevé que celui des filles.
Tableau 31. Coefficient d'efficacité par sexe et par zone
|
Urbain |
Rural |
Madagascar |
|
|
Total |
72,1 |
34,9 |
25,9 |
|
Filles |
69,2 |
33,9 |
26,3 |
|
Garçons |
74,6 |
35,7 |
25,4 |
Graphique 30 : Répartition du Coefficient d'efficacité du primaire selon la Zone en 1996/97

Source : Annexe B Tableau 9.
De ce fait l'effort du gouvernement actuel en faveur de la zone rurale se trouve justifiée : amélioration de l'accès solaire et amélioration de l'encadrement quantitatif et qualitatif.
1.2.4. Les acquis scolaires
Les objectifs
Au cours de l'année scolaire 98-99, une équipe nationale avait procédé à l'évaluation des acquis scolaires des élèves de l'école primaire à Madagascar afin de :
L'approche
Les tests pour mesurer les compétences et les questionnaires ont été administrés aux élèves de la 4e année d'études. Des informations complémentaires ont été aussi recueillies auprès des parents, des enseignants et des directeurs d'école. L'analyse de ces données a été effectuée par une équipe nationale sous l'égide de la direction de la planification de l'éducation.
L’échantillonnage
Cette évaluation des acquis scolaires des élèves de la 4e année d'étude du primaire avait touché un échantillon de 196 écoles choisies au hasard suivant un critère d'hétérogénéité de 0,3 (cf. : Ross). Cet échantillon a été ensuite stratifié suivant les provinces, les secteurs (public/privé) et ce proportionnellement au nombre d'élèves inscrits. Ainsi il a été choisi d'une manière aléatoire un échantillon de 3165 élèves.
Pour mieux appréhender les problèmes liés à des facteurs socio-économiques et culturels qui peuvent affecter la scolarisation des élèves ; il a été convenu d’utiliser la méthode Ross pour le tirage de l’échantillon d’écoles de taille 20 avec un degré d’homogénéité de 0,3. Attendu toutefois que, dans le contexte malagasy des fermetures d’écoles et des abandons précoces d’élèves peuvent avoir lieu en cours d’année scolaire, nous avons porté à 150 (au lieu de 134 )le nombre d’écoles prévu pour l’échantillonnage pour nous assurer d’un minimum de 2680 d’élèves à enquêter.
L’échantillon a été stratifié par province, suivant la localisation de l'école (urbain et rural) et aussi suivant le type d'école (public et privé) et ce de façon proportionnelle au nombre d’élèves scolarisés dans chaque strate.
Tableau 32. Echantillonnage des écoles à enquêter
|
Province |
Nombre d’élèves |
Echantillon d’écoles (théorique) |
Echantillon d’écoles (planifié) |
Nombre d’écoles enquêtées |
||||
|
|
Total |
Dont Privé |
Total |
Dont Privé |
Total |
Dont Privé |
Public |
Privé |
|
Antananarivo Antsiranana Fianarantsoa Mahajanga Toamasina Toliara Madagascar |
84037 20072 34964 22548 36774 17394 215789 |
34 583 3 773 7 731 4 180 7 840 4 581 62 688 |
52 12 22 14 23 11 134 |
21 2 5 3 5 3 39 |
57 12 25 16 26 14 150 |
24 3 6 2 6 3 44 |
41 9 30 20 27 14 141 |
31 3 10 2 6 3 55 |
Source : Rapport sur l'évaluation des acquis scolaires en 4ème année d'études à Madagascar
Le tableau ci- dessus donne les présentations théorique et planifiée de cette stratification.
Les domaines de connaissances de base
Les tests portent sur 4 domaines de connaissances de base décrits dans le tableau suivant :
Tableau 33. Les sous domaines des quatre disciplines du test d’évaluation
|
Discipline |
Sous-domaine 1 |
Sous-domaine 2 |
Sous-domaine 3 |
Sous-domaine 4 |
|
Vie courante |
Santé-nutrition |
Vie quotidienne |
Environnement |
|
|
Français |
Compréhension de l’écrit et vocabulaire |
Expression écrite |
Langue |
|
|
Malagasy |
Compréhension de l’écrit |
Expression écrite |
Vocabulaire |
Langue |
|
Calcul |
Résolution de problème |
Mesures |
Connaissance des nombres |
|
Source : Rapport sur l'évaluation des acquis scolaires en 4ème année d'études à Madagascar
A la différence des instruments d'évaluation des acquis scolaires conçus au niveau international, ceux de Madagascar intègrent dans le domaine de lecture-écriture à la fois le français et le malagasy.
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