L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays Page d'accueil du forum mondial sur l'éducation
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I Partie: Section Descriptive

Processus d’élaboration du Bilan

Le présent rapport bilan est le fruit d’une intense collaboration entre la Commission nationale malienne chargée du suivi des recommandations de la déclaration universelle de jomtien sur l’éducation pour tous et le Bureau UNICEF du Mali . Ce bureau n’a ménagé aucun effort pour faciliter l’élaboration de ce bilan.

Conformément aux termes de référence de l’étude élaborés par le Forum Consultatif International, la commission nationale du Mali présidé par le Secrétaire Général du Ministère de l’Education de Base a mis en place une équipe technique inter- ministérielle chargée de la rédaction du Bilan. Cette équipe était composée de :

 M.Mountaga Lam, Coordonnateur de l’équipe IPN Ministère de l’Education de Base

- M. Diola Konaté CM Ministère de la Communication

- M. Kassoum Konaté CM Ministère de Développement Rural et de l’Eau

- M. Mamadou Traoré CT Ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille

- Mme Fatoumata Mary Traoré ESS /Ministère de la Santé, des Personnes Agées et de la Solidarité

A L’issue de nombreuses séances de travail en groupes, le rapport a fait l’objet d’un atelier technique de finalisation suivi d’un Atelier National de Validation. Toutes les données fournies dans le rapport proviennent des services spécialisés des différents Départements ministériels.

INTRODUCTION

En 1962, dans l’enthousiasme de l’indépendance nouvellement acquise, les Autorités de la République du Mali entreprirent une profonde réforme de l’éducation en rupture avec le système éducatif colonial.

Si au cours des années 60, la réforme a connu des succès dans les domaines escomptés de l’offre et de la qualité, elle a très vite été confrontée à de multiples difficultés d’ordre politique, économique, social et culturel au cours des années 70 et 80 qui ont ralenti sa croissance et détérioré sa qualité en dépit des résolutions des différents forums, tables rondes, séminaires, états généraux et débats initiés par les Gouvernements successifs. Au cours de cette période on a constaté que :

- Sur le plan quantitatif, une grande majorité d’enfants n’ont pas pu bénéficier de l’éducation de base. De grandes disparités ont existé entre zones rurales et zones urbaines et entre filles et garçons. Le taux de scolarisation est longtemps resté de l’ordre de 25% soit 35% pour les garçons contre 15% pour les filles.

- Au plan qualitatif, l’efficacité interne du système est également demeurée faible pendant de longues années avec des taux élevés de redoublement et de déperdition. A l’époque, 40% seulement des admis en 1ère année de l’enseignement fondamental atteignaient la 6ème année de ce cycle de scolarisation. Cette situation générale était due en partie au fait que le taux d’accroissement de la population scolarisable était de loin plus élevé que celui des infrastructures scolaires. L’inadaptation des programmes d’enseignement et de la formation initiale et continue des maîtres associée à celle des méthodes pédagogiques ainsi qu’à l’insuffisance et à la mauvaise qualité du matériel didactique ne permettaient pas aux enfants du pays d’acquérir les compétences de base de la vie courante et celles nécessaires au processus de production.

En raison de ce tableau assez sombre et conscient du rôle capital que le système éducatif joue dans le développement socio-culturel, économique et politique d’un pays, le gouvernement du Mali a dès 1990 adhéré à la déclaration universelle de Jomtien sur l’éducation pour tous.

Le présent document s’inscrit dans le cadre de l’évaluation en fin de décennie du bilan de l’éducation pour tous au Mali. Il comprend deux grandes parties. La première partie est composée de 6 sections descriptives et la deuxième partie de 5 sections analytiques relatives à ce bilan.

Les deux parties sont relatives aux progrès réalisés par le Mali au cours de la présente décennie dans les domaines de :

PREMIERE PARTIE : SECTIONS DESCRIPTIVES

I – Buts Généraux et Objectifs Intermédiaires de l’Education pour Tous AU MALI (E.P.T.)

1.1. Protection et éveil de la Petite Enfance

Le taux de préscolarisation au début des années 90 était très insignifiant. Il était à peine de l’ordre de 0,25% eu égard à l’insuffisance des infrastructures et à leur concentration quasi totale à Bamako. En vue de relever le défi de la protection et de l’éveil de la petite enfance, le gouvernement s’est fixé en début de décennie des buts et des objectifs à atteindre avant l’an 2000. Les buts et objectifs fixés visaient à :

1.2. Universalisation de l’Enseignement Primaire

Les objectifs fixés en 1990 pour l’an 2000 étaient les suivants :

1.3. Acquis et résultats de l’apprentissage

Les objectifs fixés visaient à :

- suivre et évaluer régulièrement les facteurs scolaires et extrascolaires pouvant influencer

les apprentissages ;

1.4. Alphabétisation des adultes

Les objectifs fixés en 1990 étaient les suivants :

1.5. La formation à des compétences essentielles

Les objectifs visés consistaient à :

en vue d’un développement durable ;

1.6. Education pour une vie meilleure

Les objectifs fixés s’articulent autour de deux grands axes. Le premier axe concerne la santé-nutrition et le deuxième la lutte contre la pauvreté.

Dans le domaine de la santé-nutrition, les objectifs retenus en 1990 pour l’An 2000 visaient à :

En ce qui concerne la lutte contre la pauvreté, les objectifs fixés visaient à :

II - STRATEGIE ET/OU PLAN D’ACTION POUR L’E.P.T.

2.1. Protection et Eveil de la Petite Enfance

Les stratégies développées ont consisté à :

Dans le cadre de la mise en œuvre de cette politique une Direction Nationale chargée de l’enseignement préscolaire et spécial a vu le jour en 199 3 ainsi qu’un Ministère chargé de la Promotion de la Famille, de la Femme et de l’Enfant en 1997.

2.2. Universalisation de l’Enseignement Primaire

Les stratégies arrêtées ont consisté à :

La construction, la réhabilitation et l’équipement des salles de classe ont permis d’améliorer l’offre d’éducation. Cela s’est traduit par une évolution conséquente du taux de scolarisation qui est passé de 26,0% en 1990 à 50,3% en 1998 ;

Initié en 1992 pour faire face au manque de maîtres, le système de vacatariat a permis de recruter sur la base de contrats périodiques, plus de 1 500 jeunes diplômés au niveau de l'éducation de base, avec l'appui des partenaires techniques et financiers et sur les ressources budgétaires nationales et locales.

Le rythme annuel de recrutement de ces jeunes contractuels est d’environ 300 à 350. Ils constituent près de 10% des effectifs des enseignants. Le coût de recrutement de ces jeunes a évolué de 244 665 000 F CFA en 1993 à 695 000 000 F CFA en 1996. Pour ne pas être complètement en porte à faux avec le Programme d’Ajustement Structurel auquel le pays est soumis, le gouvernement a mis en place une politique de volontariat dans l’enseignement en 1998. Cette politique doit permettre dans les années à venir à chaque citoyen d’exercer ce droit inscrit dans notre Loi fondamentale qu’est le droit à l’éducation ;

D’une manière générale, toutes ces actions conjuguées ont permis une augmentation du taux de scolarisation qui est passé de 26% en 1990 à 50% en 1998. Autrement dit, le taux de scolarisation a presque doublé au cours de la décennie.

2.3. Amélioration des acquis de l’apprentissage

Les stratégies suivantes ont été mises en œuvre :

2.4. Alphabétisation des adultes

Les stratégies suivantes ont vu le jour :

2.5. Formation à des compétences essentielles

Les stratégies retenues ont été les suivantes :

2.6. Education pour une vie meilleure

Les stratégies ont consisté à :

III – PRISE DES DECISIONS ET GESTION DE L’EPT

Les mesures relatives à l’EPT sont gérées et coordonnées par la Commission Nationale Malienne chargée du suivi de l’application des recommandations de la déclaration de Jomtien . Cette commission couvre tous les départements ministériels directement et/ou indirectement impliqués dans les questions d’éducation et de formation. Cette commission opère dans la poursuite des objectifs fixés dans le cadre d’action tracé à Jomtien pour répondre aux besoins éducatifs fondamentaux.

IV –PRINCIPAUX EVENEMENTS ET MESURES INTERESSANT l’EPT DEPUIS 1990

Dans le cadre de la poursuite des objectifs de l’éducation pour tous, le gouvernement du Mali à travers le département de l’éducation de Base a organisé de 1990 à nos jours plusieurs forums et adopté plusieurs mesures d’envergure nationale et internationale. On peut citer entre autres :

Cet Observatoire comprend une dimension politique assurée par un Comité Interministériel à présidence tournante dont la première a été confiée au Mali en 1996 et une dimension technique assurée par le ROCARE (Réseau Ouest et Centre Africain de Recherche en Education).

V – COOPERATION DANS LE DOMAINE DE L’E.P.T.

Les grandes questions de politique générale relatives à l’EPT font l’objet de consultations au sein du Gouvernement et entre le Ministère de l’Education de Base et les Institutions de la République (Assemblée Nationale, Conseil Economique et Social) d’une part et d’autre part entre le Ministère de l’Education de Base et d’autres structures gouvernementales, agences du système des Nations Unies (UNICEF, UNESCO, PNUD, FNUAP), Organisations financières internationales (Banque Mondiale, FMI, BAD/ FAD, etc..), ONG internationales, nationales et locales et autres partenaires techniques et financiers comme l’USAID, l’ACDI, la Coopération Française, etc..

Les troubles qui ont secoué l’école malienne suite aux événements de Mars 1991 ont amené les Autorités de la troisième République à créer un espace de concertation et de dialogue où règne la confiance et où les différents partenaires, dans le respect de l’identité de chacun, travaillent ensemble pour identifier les problèmes et leur trouver des solutions. Cet espace de concertation créé et formalisé en Décembre 1993, à travers des rencontres bilatérales où les problèmes spécifiques à chaque partenaire ont été abordés et multilatérales au cours desquelles ont été évoquées les grandes questions de l’école, a permis grâce au dialogue et à la concertation qu’en constituent les outils essentiels de débattre de nombreuses questions sensibles et de sauver l’école et la société malienne de la catastrophe d’une violence meurtrière en Janvier et Février 1994.

Par ailleurs, la dynamique tissée autour de l’école a donné naissance à un nouveau concept de partenariat au Mali. Ainsi les institutions bilatérales et multilatérales ne sont plus perçues comme de simples bailleurs de fonds mais plutôt comme des partenaires techniques et financiers (PTF) capables d’accompagner même sur le plan technique les efforts déployés par le Gouvernement en direction de l’éducation de base et de la formation professionnelle. C’est ainsi que de 1993 à nos jours les PTF ont participé de façon active à toutes les phases de développement de projets et de programmes éducatifs dès leur conception jusqu’à leur évalution en passant par leur mise en œuvre.

Aujourd’hui, un cadre juridique pour la consolidation de ce nouveau type de partenariat est en cours d’élaboration. Il définira les rôles et les responsabilités que devra jouer chaque partenaire dans la poursuite des objectifs de l’éducation pour tous.

VI – INVESTISSEMENTS DANS L’EPT DEPUIS 1990

Le Gouvernement du Mali a déployé au cours de la décennie de gros efforts en faveur de l’éducation. Ces efforts se sont traduits en termes absolus par une évolution sensible des investissements dans ce secteur. Les dépenses consacrées à l'éducation sont ainsi passées de 19 milliards 646 millions de Francs CFA en 1992 à plus de 50 milliards en 1998. Autrement dit, ces dépenses ont doublé en l’espace de 7 ans. Ils traduisent la volonté du Gouvernement de faire de l’éducation de base une priorité

Dépenses consacrées à l’éducation (tous ordres confondus) durant les sept dernières années en milliards de F CFA

Dépenses

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

Budget de l’Etat

89,3

 

99,334

113,415

120,492

123

193,194

223,370

Budget de l’Education

19646

 

19,67

22819

25595

27964

44434

51376

Pourcentage

Education/Budget Etat

22,0%

 

19,9%

20,1%

21,2%

22,7%

23,10%

23,92%

PIB

713.858

 

70773

978.198

1.166.403

125.738

1378

-

Pourcentage

Education/PIB

2,8%

2,8%

2,3%

2,2%

2,2%

-

-

Le financement de l’Education de Base a été, ces dernières années, l’objet d’une attention particulière de la part de l’Etat malien et de ses partenaires techniques et financiers au détriment de l’enseignement supérieur. Ce changement de stratégies vise à scolariser un plus grand nombre d’enfants issus de familles défavorisées.

En effet, l’Education de Base reçoit 59% des allocations budgétaires allouées à l’éducation, le secondaire général 16%, le secondaire technique et professionnel 10% et le supérieur 15%.

En outre, il convient de signaler qu’au Mali, ce sont l’Etat, les Associations de Parents d’Elèves, les Communautés, les Comités locaux de développement, les Municipalités et les promoteurs privés qui constituent les principales sources intérieures de financement de l’éducation.

Les sources extérieures participent également à ce financement. 50% de l’aide accordée au Mali dans le secteur de l’éducation et de la formation proviennent de la coopération bilatérale. La part de l’aide multilatérale représente 35,8%. Le reste de l’aide, soit 6,2% est fourni par les ONG.

Au plan bilatéral, les aides les plus récentes proviennent de la France, du Canada, de l’USAID, de la Norvège et du Japon.

Dans le cadre multilatéral, parmi les institutions qui financent l’éducation au Mali, il faut citer l’IDA (Banque Mondiale), la BID, le PNUD, l’UNICEF, le FAD le FED ,l’UNESCO.

Le montant total de l’aide extérieure accordée au Mali dans le secteur de l’éducation de 1993 à 1997 s’élève à 138 milliards 300 millions de Francs CFA.


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