L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays Page d'accueil du forum mondial sur l'éducation
   Mali
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7.5 - Formation à des compétences essentielles

Les progrès réalisés dans le domaine de la formation à des compétences essentielles se sont manifestés au Mali par :

- l’ouverture du centre de formation Aoua Keïta pour jeunes filles déscolarisées.

La progression du système de la microfinance a été remarquable.. Le système possède aujourd’hui 160 000 clients ou membres dans les zones urbaines et rurales. L’accès massif à des sources financières a été également permis aux femmes qui représentent parfois la moitié des membres et certains programmes leur sont exclusivement consacrés (cf le fonds d’appui aux activités des femmes « :Layidu »).

D’une manière générale, les ONG nationales et internationales ainsi que les Sociétés financières décentralisées dispensent des formations à des compétences essentielles à des groupes défavorisés comme les femmes et les jeunes en milieu rural et péri urbain.

Les ONG sont pour la plupart financées par les agences multilatérales et bilatérales de financement comme l'USAID, la Banque Mondiale, l'UNICEF, la GTZ, la Coopération Française, la Coopération Canadienne, la Coopération Suisse, l’Eglise Norvégienne , les Pays Bas, le PNUD, etc. Des formations ponctuelles allant de 3 semaines à 6 mois sont souvent dispensées par les ONG dans des domaines aussi variés que :

SITUATION DE LA FORMATION TECHNIQUE DES APPRENTIS DE 1990 à 1998 A.M.A.PRO./SWISSCONTACT

 Année

Ville

Mécanique Auto

Electricité Auto

Construction Mécanique

Menuiserie bois

 

Froid

Total Ville et

Année

Niv 1 Niv 2 Niv 3 Niv 4 Niv 1 Niv 2 Niv 1 Niv 2 Niv 3 Niv1 Niv2 Niv 3
1989-90 Bamako

21

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

21

1990-91 Bamako

16

-

-

-

-

-

12

-

-

-

-

-

-

28

1991-92 Bamako

20

-

-

-

15

-

19

-

-

-

-

-

-

54

1992-93 Bamako

19

-

-

-

11

-

15

-

-

-

-

-

-

45

1993-94 Bamako

27

8

-

-

7

6

13

intérronpu

-

8

-

-

-

69

1994-95 Bamako

49

10

-

-

24

 

10

2

-

10

-

-

-

105

1995-96

1995-96

Bamako

Ségou

52

29

29

-

12

-

12

-

9

-

12

-

124

12

6

-

-

-

5

9

8

-

-

-

-

-

157

50

1996-97

1996-97

1996-97

1996-97

Bamako

Ségou

Sikasso

Koutiala

36

25

24

15

25

20

-

-

16

-

-

-

16

-

-

-

5

6

-

8

3

-

-

-

11

9

20

29

8

-

-

-

-

-

-

-

8

5

-

-

-

8

-

-

-

-

-

-

11

-

-

-

132

73

44

52

1997-98

1997-98

1997-98

1997-98

Bamako

Ségou

Siikasso

Koutiala

73

26

38

13

51

25

17

13

30

20

-

-

17

-

-

-

16

16

-

-

-

-

-

-

54

14

54

34

20

10

17

24

13

-

-

-

19

10

-

10

8

-

-

-

-

8

-

-

-

8

-

-

301

137

126

92

Total par niveau 483 198 78 26 117 21 328

87

13

84 24

8

19

1486

 

SITUATION DE LA FORMATION TECHNIQUE DES « PATRONS » DE 1993 à 1998

Année

Ville

Mécanique Auto

Construction

métallique

Menuiserie

Bois

Reboi

sement

Foyer

amélioré

Mobiliers scolaires

Réparation

Moto

Froid et climatis

Total/Ville

et Année

1993

Bamako

10

-

-

-

-

-

-

-

10

1994

Bamako

8

-

7

-

-

-

-

-

15

1995

Bamako

19

-

-

-

-

-

-

-

19

1995

Ségou

14

-

-

-

-

-

-

-

14

1996

Bamako

14

-

2 (au Benin)

-

-

-

-

-

16

1996

Ségou

-

-

-

-

-

-

-

-

-

1997

Bamako

10

-

-

10

-

4

96

22

142

1997

Sikasso

26

12

-

-

-

-

-

-

38

1997

Koutiala

11

10

-

-

-

-

-

-

21

1997

Kayes

24

-

-

-

-

-

-

-

24

1997

Kita

-

12

-

-

6

-

-

-18

18

Total/corps de métier

136

34

9

10

6

4

96

22

317

 

SITUATION DE LA FORMATION TECHNIQUE DES FEMMES

Année Ville

Couture

Attache Teinture Bogolan

TOTAL

1995 Bamako

00

00

00

55

55

1996 Bamako

12

08

12

15

47

1997 Bamako

25

00

20

20

45

1997 Ségou

11

00

00

00

11

1998 Bamako

56

00

00

00

56

1998 Ségou

31

00

00

00

31

Total/Corps de métier

135

32

32

70

245

Des cours du soir sont également organisés par l’Office National de la Main d’œuvre (ONMOE) en destination des personnels de soutien dans les entreprises publiques, para-publiques et privées.

Par ailleurs, il convient de noter qu’en République du Mali, le Projet de consolidation de la Formation Professionnelle quoique récent constitue un axe majeur dans la politique de formation professionnelle du pays. Ce projet comprenant trois composantes essentiels à savoir : l’observatoire de l’emploi, la formation initiale et le fonds d’appui à la formation professionnelle et à l’apprentissage permettra Mali de relever substantiellement le défi du chômage dans les années à venir grâce à une politique d’adaptation constante de la formation aux besoins du marché de l’emploi.

7.6 – Education pour une vie meilleure

De 1990 à 1998, les médias d’Etat aussi bien que privés ont servi de canaux d’information, de sensibilisation et d’éducation des populations urbaines et rurales à une vie meilleure. Des émissions radiodiffusées et télévisées portent hebdomadairement et souvent journalièrement sur les comportements et attitudes à adopter dans le cadre de la lutte contre la désertification, la dégradation de l’environnement, les maladies sexuellement transmissibles comme le sida. Les populations sont également informées des techniques de vulgarisation agricole et des problèmes de population comme le planning familial, la protection de la santé maternelle et infantile, la prévention épidémiologique, etc….

Sur le plan social, le mois d’octobre a été consacré mois de lutte contre l’exclusion sociale. Chaque année, ce mois offre l’opportunité d’une plus grande agressivité des médias en matière de sensibilisation des populations dans la lutte contre l’exclusion sociale due à la pauvreté, la misère, la mendicité et à la maladie. Une émission spéciale sur le monde de l’éducation a été également créée au niveau de l’Office des Radio Télévision du Mali. Elle diffuse des informations hebdomadaires sur les problèmes relatifs à l’éducation au Mali. Des foires du livre sont également organisées dans le pays avec le concours des partenaires internationaux bilatéraux et multilatéraux. Comme la Fondation Friederich Ebert et l’Institut Panos.

Ces partenaires organisent souvent des séminaires de formation à l'intention des journalistes dans des domaines aussi variés que la déontologie et la promotion du journalisme de développement etc. Les agents exerçant au sein des radios rurales sont régulièrement formés en méthodes d'éducation de comportements pour une vie meilleure.

VIII – EFFICACITE DE LA STRATEGIE, DU PLAN ET DES PROGRAMMES D’EPT

L’efficacité de la stratégie, du plan et des programmes d’EPT se manifeste essentiellement à travers la mise en œuvre des projets de développement de l’éducation de Base (PDEB), du projet d’Ajustement Structurel du Secteur de l’Education (PASSE) et du Projet de Consolidation de la Formation Professionnelle. De 1990 à 1995, ces projets ont permis de :

Ces investissements pour ne citer que ceux-ci ont permis :

En outre, la mesure du rendement des élèves ainsi que l’adoption de la recherche action et de l’approche participative dans les projets et programmes de développement éducatif en éclairant les prises de décision de politiques éducatives ont entraîné une adhésion et une mobilisation sans faille des populations autour de l’école.

Sur le plan de la formation à des compétences essentielles, le projet de consolidation de la formation professionnelle a permis :

IX – PRINCIPAUX PROBLEMES RENCONTRES ET PREVUS

S’il est vrai que le Mali a enregistré des progrès notables dans le développement de son système éducatif au cours de la décennie, il n’en demeure pas moins vrai que de nombreuses contraintes ont entravé ce développement et certaines d'entre elles subsistent toujours.

Le Pays a d’abord souffert des conditionnalités de l’aide de certains partenaires techniques et financiers.

Dans le cadre du Projet de développement de l’Education de base (PDEB) et du Programme d’Ajustement Structurel du Secteur de l’Education de Base (PASSE) par exemple les décaissements en faveur du pays étaient liés à :

Si la pratique de la double vacation a favorisé l’augmentation du taux de scolarisation, elle a par ailleurs détérioré considérablement la qualité de l’enseignement à cause de la diminution des horaires journalières et hebdomadaires de cours.

En outre, sur le plan social, certaines conditionnalités ont constitué de véritables goulots d’étranglement. Les Syndicats d’enseignants, les Associations d’élèves et de parents d’élèves continuent de désapprouver des mesures comme la double vacation et la double division qui constituent à leurs yeux un enseignement au rabais.

Par ailleurs, en plus des conditionnalités sus-évoquées, d’autres contraintes ont gêné les efforts du gouvernement dans la poursuite des objectifs de l’éducation pour tous.

Sur le plan démographique, malgré les progrès réalisés dans le domaine de la croissance économique, cette croissance n'arrive pas à satisfaire les besoins de scolarisation de la population juvénile. En effet, l’évolution des effectifs demeure toujours plus rapide que l’évolution des infrastructures de base en raison du taux élevé de l’indice synthétique de fécondité (6,7) et de croissance démographique (3,7% par an).

Par rapport au recrutement du personnel enseignant, le pays reste toujours soumis à l’ajustement structurel ; ce qui limite ses possibilités de recrutement du personnel enseignant ;

A l’insuffisance des infrastructures et du personnel enseignant s’ajoute une insuffisance de mobiliers scolaires et de matériels didactiques malgré les progrès réalisés par le PDEB dans ce sens.

Enfin, des contraintes institutionnelles continuent d’entraver le développement de l’éducation de base. Elles ont pour noms forte concentration des écoles et forte centralisation des instances de décisions à Bamako. La politique de décentralisation tant prônée par le gouvernement semble marquer le pas.

X – SENSIBILISATION DU PUBLIC, VOLONTE POLITIQUE ET CAPACITES NATIONALES

Au Mali, les Associations de parents d’élèves (APE), les communautés, les comités locaux de développement (CLD) et les municipalités participent de façon active au financement de l’éducation de base.

Les Associations de parents d’élèves existent dans chaque village ou quartier urbain du Mali. Elles gèrent avec les autorités scolaires les problèmes relatifs à l’école. Les APE financent les écoles à travers les cotisations de leurs membres composés de l’ensemble des adultes de la communauté. Ces cotisations ont contribué, dans les années 90, avec le soutien du Fonds d’Appui à l’Enseignement Fondamental (FAEF) à financer la création d’écoles et à les équiper en matériels didactiques, en mobiliers et fournitures scolaires.

Il faut signaler que le FAEF a été mis en place avec le Projet de Développement de l’Education de Base (PDEB) autrement dénommé 4ème projet Education. Il est alimenté par les partenaires bi et multilatéraux du Mali.

Pour le financement d’une école, les décaissements exigent de la part de l’APE et de la communauté concernées une contribution de 25% contre 75% pour le FAEF. Cette stratégie a augmenté la demande sociale d’éducation tant en milieu urbain qu’en milieu rural. C’est ainsi que le FAEF a permis de Juillet 1992 à Avril 1993 de réaliser et de rénover plusieurs salles de classe dans la région de Koulikoro et dans le District de Bamako. D’importantes sommes ont été également décaissées par le FAEF et les APE pour la construction et la réhabilitation des salles de classe dans d’autres régions du Mali. Il s’agit notamment de l’expérience des écoles communautaires ou écoles du village des ONG américaines « Save the children » et « World Education » dans les régions de Sikasso, Ségou, Mopti, Kayes et Koulikoro.

En outre, au niveau de chaque région, le Fonds de Développement Régional et Local a permis aux Comités Locaux de développement de financer certains projets d’éducation initiés par les APE et approuvés par le Comité de Développement Régional.

En ce qui concerne les municipalités, elles participent également au financement de l’éducation .

Sur le plan du développement des capacités nationales, il faudra signaler l’existence d’une expertise nationale en matière de recherche, suivi et évaluation et de planification de l’éducation. L’IPN et la CPS réalisent souvent des travaux extraordinairement remarquables dans le domaine de l’évaluation des apprentissages et de l’animation pédagogique ainsi que dans le domaine de la diffusion de l’information statistique sur les écoles.

D’une manière générale, toutes ces actions ont été favorisées par les politiques de sensibilisation et l'espace partenarial initiés par le gouvernement au cours de la décennie.

Toutefois, il convient de signaler que si le cadre de concertation partenarial a remporté des succès, il n’en demeure pas moins vrai qu’il rencontre certaines difficultés relatives à l’absence de cadre juridique définissant clairement les rôles et responsabilités de chaque partenaire dans la prise en charge de l’école.

En outre, l’application de la Loi sur la décentralisation n’est pas encore effective dans le pays. Seules 25 municipalités dont six dans le District de Bamako sont effectivement décentralisées.


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