L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays Page d'accueil du forum mondial sur l'éducation
   Mauritanie
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INTRODUCTION

 La Mauritanie a pris part à la Conférence Mondiale sur l’Education tenue à Jomtien en mars 1990. La déclaration et le plan d’action issus de cette Conférence sont venus conforter la politique éducative poursuivie en Mauritanie et notamment en ce qui concerne la priorité accordée à l’éducation de base.

 Dans le prolongement de cette conférence, elle a participé également à la Conférence à mi- parcours d’Amman et à différentes autres réunions de suivi sur le même théme organisées sur l’initiative du forum de l’EPT ou d’agences multilatérales.

 Dans le cadre des directives du Forum, elle a accordé une importance particulière à l’élaboration du rapport à mi-parcours présenté à Amman et du rapport d’évaluation faisant le bilan de l'Education de base sur la période 90/2000.

 A ce propos, il y’ a lieu de rappeler que l’Education de Base en Mauritanie est dispensée par plusieurs départements ministériels en plus des activités s’y rapportant menées de façon informelle ou non-formelle.

 Cependant, le Ministére de l’Education Nationale étant le principal opérateur dans ce domaine a pris en main trés tôt l’élaboration du rapport national en impliquant de façon progressive les autres intervenants

 A cet effet, un arrêté du Ministre de l’Education Nationale a mis en place, aprs concertation avec les autres départements concernés et les agences partenaires de L’EPT représentées à Nouakchott, un comité national chargé des Statistiques et Indicateurs de l’Education. Ce comité placé sous la responsabilité d’un coordonnateur national qui est le directeur de la planification, est composé ainsi qu’il suit :

 les directeurs des enseignements fondamental, secondaire, technique et superieur ,

 deux représentants du ministère du plan ,

 un représentant du ministère de la fonction publique ,

 un représentant du Secrétariat d’Etat à l’Alphabétisation et à l’Enseignement Originel ,

 un représentant du Secrétariat d’Etat à la condition féminine ,

 le chef de service des statistiques scolaires à la direction de la planification, chargé du secrétariat technique du comité ,

 les représentants des Agences de Coopération partenaires de l’EPT.

 L’arrêté prévoit également que le comité pourra s’adjoindre toute personne dont la présence sera jugée utile. En appui a ce comité national, un groupe technique composé des cadres des différentes structures susmentionnées et d’un représentant de l’Office National des Statistiques a été mis en place.

 Le comité a élaboré un programme d’actions en vue d’éffectuer l’évaluation conformément aux directives techniques du Forum. Ce programme prévoit notamment :

 la création d antennes au niveau des ministères qui n’en disposent pas ,

 la formation, en cas de besoin, des cadres assurant la responsabilité de ces antennes ,

 la communication par l’ensemble des départements concernés des statistiques relatives à l’éducation de base ,

 la conduite d’enquêtes pour disponibiliser l’information quand elle n’existe pas.

 Le Bureau de L’Unicef a accompagné étroitement la mise en oeuvre de ce processus par son apport technique et financier. Il a permis en outre la participation de cadres nationaux impliqués dans le processus à différentes réunions de suivi et d’évaluation tenues sur l’initiative du Forum (Amman, Abidjan, Rabat et Hararé).

 La mise en oeuvre du programme d’actions du comité suit son cours normal et permettra de renforcer les capacités d’évaluation du ministère dans la perspective de la prochaine conférence mondiale mais également au-delà de cette écheance qui marquera un nouveau tournant pour faire face aux défis que ne cesse de représenter le développement de l’éducation pour tous, une éducation qui soit adaptée aux exigences du troisième millénaire.

 Il y a lieu de préciser que les données figurant dans ce rapport sont les plus récentes et de ce fait elles corrigent éventuellement les données antérieures qui seraient différentes. Elles émanent pour ce qui est des données démographiques de l’office national des statistiques sur la base des projections des résultats du recensement de 1988 ou d’enquêtes ponctuelles limitées intervenues depuis lors. Ces données démographiques nationales peuvent dans certains cas être différentes de celles fournies par d’autres organismes pour des raisons probablement liées à des variations dans les méthodes de projection.

 En ce qui concerne les données relatives aux effectifs scolaires des différents types d’enseignement, elles sont fournies par les départements ministèriels concernés. Cependant, il serait utile de rappeler que seul le ministère de l’éducation nationale bénéficie d’une longue tradition de collecte et de traitement de l’information et dispose d’une base de données actualisée annuellement et couvrant tous les ordres d’enseignement de son ressort ainsi que les etablissements prives qui fournissent les informations. Les données fournies par les autres départements restent les résultats d’enquêtes ponctuelles. Ces départements sont engagés actuellement dans un processus de mise en place d’un systéme d’information adapté à leurs spécificités.

 Ceci étant, il y a lieu d’apprécier cette situation par rapport aux informations différentes fournies éventuellement par les sources extérieures. Le cas échéant, la source nationale reste pour nous la première reférence dans l’élaboration de ce rapport qui constitue l’évaluation nationale de l’EPT en Mauritanie au regard des objectifs fixés par la " Conférence de de Jomtien " en 1990.

 Il y a lieu de rappeler que le système éducatif de la Mauritanie a la particularité de reposer sur deux types d’enseignement. Il s ’agit de l’enseignement traditionnel qui existe depuis le 13èmesiècle et qui a accompagné l’évolution de la société mauritanienne jusque dans sa configuration actuelle.

 L’autre type d’enseignement est celui hérité de l’école coloniale qui s’est implanté progressivement depuis le début du siécle. La coexistence de ces deux types d’enseignement, conflictuelle pendant longtemps a fini par trouver de fécondes interactions positives et de complémentarités enrichissantes. Une passerelle est aujourd’hui observable entre les différents niveaux des deux types d’enseignement.

 Cependant, le présent rapport traitera principalement de l’enseignement formel et ne tiendra compte de l’autre type d’enseignement que de façon trés indirecte. L’évaluation portera successivement sur la petite enfance, l’enseignement fondamental, l’alphabétisation des adultes, les résultats de l’apprentissage, la formation professionnelle et l'éducation pour une vie meilleure.

 Le rapport présentera à cet effet, les indicateurs relatifs à la couverture et à l’efficacité du système ainsi que certains aspects liés à la qualité de l’éducation et aux moyens mobilisés pour son développement.

 I. Politique et stratégie de généralisation de l’éducation de base en 2000

 I.1 Buts généraux et objectifs intermédiaires de l’Education Pour Tous

 Au niveau de l’éducation d’une manière générale, la stratégie poursuit deux objectifs qui mettent l’accent sur l’enracinement dans les valeurs culturelles nationales et l’acquisition des progrès scientifiques et technologiques en tant que patrimoine commun de l’humanité.

 A cet effet, le système éducatif s’attelera constamment à " la formation d’hommes et de femmes qui, tout en étant enracinés dans leur milieu et attachés aux sources de l’Islam, sont de leur siècle et possèdent une formation scientifique et technique indispensable à la maîtrise de l’environnement ".

 Au plan opérationnel, les actions mises en œuvre ont consisté à :

 développer les bases de l’enseignement en donnant la priorité à l’enseignement fondamental ,

 rapprocher l’éducation des aspirations culturelles par une réforme des programmes, la promotion de l’enseignement traditionnel et de l’enseignement féminin ,

 accroître l’efficacité du système éducatif par la lutte contre les déperditions scolaires, par une meilleure utilisation des enseignants et par une adéquation entre les formations fournies par le système et les besoins des employeurs ,

 réduire le coût par élève, grâce à une meilleure organisation administrative et pédagogique des institutions scolaires, à une utilisation des matériaux locaux dans les constructions et a une plus grande participation des parents au financement de l’éducation.

 Dans ce souci, la priorité absolue accordée à l’enseignement fondamental se devait de :

 développer l’école traditionnelle en vue de sa participation à une formation de base ,

 élargir le réseau scolaire des écoles primaires, principalement dans les zones rurales ,

 augmenter le taux de scolarisation des filles ,

 renforcer la capacité de formation des maîtres qualifiés et en nombre suffisant par la construction d’une deuxième Ecole Normale d’Instituteurs ,

 faire passer le ratio maître/classe de 1,2 à 1.

 Parallèlement à l’expansion du système, les préoccupations de qualité devaient se traduire par l’amélioration de la formation continue du personnel pédagogique et d’encadrement, la mise à disposition de manuels scolaires et le renforcement de la recherche pédagogique. La mise en œuvre de cette politique est assurée par l’Institut Pédagogique National.

 Dans ce cadre, les programmes de développement économique et social arrêtés depuis les années 90 ont placé la promotion des ressources humaines à la tête des priorités nationales et se sont fixés pour principal objectif, tout en consolidant les acquis substantiels obtenus depuis le milieu des années 80, d’axer sur la généralisation de l’éducation de base en l’an 2000 et l’amélioration de sa qualité à travers :

 une accélération du développement de l’enseignement de base et l’amélioration de sa pertinence ,

 une amélioration de l’efficacité interne de l’enseignement par une diminution des déperditions ,

 une amélioration des capacités d’organisation, de planification, de gestion et de contrôle des activités éducatives.

 I.2 Stratégies et / ou plan d’actions pour l’EPT

 Les stratégies et plans d’action mis en place depuis 1990 ont tous permis de donner un coup d’accélérateur au développement de l’enseignement de base qui devient dorénavant une priorité nationale.

 Les actions engagées avec l’appui des partenaires au développement se proposaient, concernant l’enseignement fondamental de :

 faire accroître régulièrement le budget de l’enseignement fondamental de 9% par an ,

 assurer la formation annuelle de 10% du total du stock des enseignants en activité, soit un recrutement de l’ordre de 500 à 600 maîtres par an ,

 promouvoir la pratique de l’enseignement multigrade dans les zones rurales et du double flux en milieu urbain ,

 développer des plans et des techniques susceptibles d’engendrer la diminution du coût des salles de classe et d’inciter, par la même occasion, les communautés et les Associations des Parents d’Elèves (APE) à participer à l’effort d’éducation ,

 améliorer la qualité de l’enseignement par une meilleure adaptation de la formation des enseignants et par la production des supports didactiques adéquats ,

 renforcer les capacités et techniques de planification par la mise en place d’une carte scolaire régionalisée et des cellules mobiles chargées de développer les compétences pour la construction des infrastructures scolaires.

 Le projet d’appui à l’enseignement général (1995-2001) qui intervient dans le prolongement des projets antérieurs et en vue de consolider et de développer les résultats et les acquis de ces programmes avec l’appui de l’IDA "vise - dans ses orientations générales - la poursuite de la mise en place d’un système éducatif qui favorise l’enracinement culturel, assure l’émancipation sociale et permette l’émergence d’une expertise nationale de haut niveau tout en répondant aux spécificités du pays. Le développement de l’enseignement fondamental demeure la plus haute priorité.

 Il sera mis en œuvre des mesures et programmes permettant d’assurer la scolarisation de tous les enfants d’âge scolaire (6-11 ans) dans l’enseignement fondamental et de ceux âgés de plus de 15 ans à travers les campagnes d’alphabétisation d’ici l’an 2000. Les disparités régionales et celles entre garçons et filles seront résorbées, l’utilisation des ressources disponibles aussi bien que l’efficacité interne seront améliorées".

 Le plan d’action pour la mise en application de la stratégie consiste à :

 construire et/ou à réhabiliter 4500 salles de classe avec la participation des collectivités locales à concurrence de 30% du coût de construction ,

 recruter et former des enseignants en nombre suffisant ,

 mettre en place une carte scolaire dans le but d’une réduction des disparités et de rationaliser les mesures d’intervention ,

 mettre en place un programme pour renforcer la scolarisation des filles dans les zones où elles ont pris des retards significatifs ,

 ramener et maintenir à 50, le ratio maître /élèves par l’extension du système du multigrade en milieu rural et du double flux en zone urbaine.

 L’amélioration de la qualité et de la pertinence de l’enseignement sera réalisée à travers les mesures suivantes :

 la modification des programmes scolaires en mettant l’accent sur les matières de base (langues, mathématiques et sciences) ,

 la modification des programmes de formation initiale tout en tenant compte des rénovations du contenu des programmes scolaires et en mettant l’accent sur la pratique ,

 la mise en place d’un système de formation continue du personnel d’encadrement (enseignants, conseillers, pédagogiques et inspecteurs) ,

 l’approvisionnement en manuels scolaires de la majorité des élèves ,

  la mise en place d’un système d’évaluation des compétences acquises par les élèves.

 Au niveau de l’éducation des adultes, l’action entreprise vise à lutter contre l’analphabétisme sur tous les plans :

 mobilisation sociale et sensibilisation sur les méfaits de l’analphabétisme ,

 diversification et pérennisation des campagnes d’alphabétisation ;

 production de supports didactiques ,

 formation de personnels " alphabétiseurs " ,

 ouverture de centres d’alphabétisation permanents ,

 création de centres d’alphabétisation fonctionnelle.

 D’autres mesures ont été mises à contribution pour donner un succès à la politique d’alphabétisation :

 production et diffusion d’émissions radiotélévisées aux heures de grande écoute ,

 organisation des campagnes d’affiches publicitaires et d’autocollants ,

 confection et installation de panneaux publicitaires dans les principaux centres du pays ,

 organisation des meetings d’information et de sensibilisation sur l’utilité et l’importance de l’instruction.

  La politique retenue pour le développement de l’autre forme d’éducation de base qu’est l’enseignement originel s’articule autour des axes suivants :

 sensibilisation permanente de l’opinion publique nationale sur le rôle des mahadras dans la lutte contre l’analphabétisme et l’ignorance ,

 contribution au renforcement de la scolarisation de base ,

 sauvegarde et développement de l’enseignement originel et son adaptation aux exigences contextuelles ,

 introduction dans l’enseignement originel des disciplines scientifiques et techniques de base ,

 identification des besoins de formations spécialisées en vue d’élaborer les programmes et modules adéquats.

 Des plans de développement économique et social aux programmes d’ajustement sectoriel, la Mauritanie n’a cessé de mettre en œuvre un ensemble de mesures pour le développement de l’éducation de base enregistrant ainsi des progrès notables depuis 1990.

  I.3 Prise des décisions et gestion de l’EPT

 L’Education Pour Tous est un objectif prioritaire en termes de la volonté politique des Autorités Supérieures Mauritaniennes qui ont inscrit dans l’ensemble des programmes et plans d’action (voir plus haut) l’éradication de l’analphabétisme et la généralisation de l’éducation de base en l’an 2000.

 Au plan opérationnel, le Ministère de l’Education Nationale (MEN) qui regroupe les différents ordres d’enseignement coordonne toutes les activités concernant l’EPT, en concertation avec les autres départements ministériels contrôlant une structure de formation formelle ou non formelle : Ministère de la Fonction Publique, du Travail, de la Jeunesse et des Sports (MFPTJS), Ministère de la Culture et de l’Orientation Islamique, Secrétariat d’Etat à l’Alphabétisation et à l’Enseignement Originel (SEAEO), Secrétariat d’Etat à la Condition Féminine (SECF).

 Une équipe regroupant de hauts responsables (nommés par arrêté ministériel) des ministères cités est chargée du suivi de l’EPT avec l’appui du Bureau local de l’Unicef. Cette équipe se réunit à l’occasion de chaque échéance pour faire le point sur la situation de l’EPT au niveau des structures de tutelle de l’éducation de base (formelle et non formelle). Les attributions des membres de cette équipe prévoient l’évaluation des résultats au regard de la stratégie mise en œuvre et des mesures d’accompagnement pour la réalisation des objectifs retenus.

  I.4 Principaux événements et mesures intéressant l’EPT depuis 1990

 La politique d’EPT définie par l’Etat dans le cadre des orientations générales incombe à l’ensemble des secteurs de l’éducation de base qui ont, chacun à son niveau, mis en place une série de mesures permettant d’assurer le suivi de cette stratégie. C’est ainsi que depuis dix ans, le ministère de l’éducation nationale regroupe, à la veille de chaque rentrée scolaire, tous les responsables centraux et régionaux pour faire le bilan de l’année scolaire écoulée et fixer, à la lumière des ressources mobilisées, les objectifs à atteindre pour celle qui se prépare. Au niveau des autres départements, en l’occurrence le SEAEO et le SECF, des campagnes d’alphabétisation, d’information, d’éducation et de communication sont organisées de façon permanente.

 Dans le cadre du Programme de Coopération Gouvernement/Unicef, un comité de pilotage se réunit mensuellement pour faire le point sur l’état d’avancement du programme, la prise de décision, la résolution des problèmes et la planification des activités futures. Ce comité qui regroupe les différents responsables des services centraux chargés de l’éducation de base  et de leurs principaux collaborateurs impliqués dans ce programme, est composé comme suit :

 Ministère de l’Education Nationale : Direction de la Planification et de la Coopération, Direction de l’Enseignement Fondamental, Institut Pédagogique National , 

Secrétariat d’Etat à l’Alphabétisation et à l’Enseignement Originel : Cellule d’Information et de Planification et Direction de l’Enseignement Originel ,

I.5 Coopération dans le domaine de l’EPT

Le Gouvernement est le principal initiateur de la politique de la généralisation de l’éducation à l’horizon 2000. De ce fait, il lui consacre les ressources humaines et matérielles ( budgets de fonctionnement, personnel enseignant, locaux et annexes d’enseignement et divers équipements nécessaires à son développement quantitatif et qualitatif) à la hauteur de ses moyens.

Dans le cadre de cet objectif de scolarisation universelle en l’an 2000, la Mauritanie bénéficie, sur les plans bilatéral et multilatéral, du soutien et de l’appui des agences multilatérales et bilatérales. On citera notamment l’IDA, le PAM, l’OPEP, l’UNICEF, le FNUAP,la BAD,l'UNESCO,le PNUD,la CEE … ainsi que, au titre de la coopération bilatérale : la France , le Japon, la Belgique et l’Allemagne.

Ces partenaires contribuent au financement du développement institutionnel et d’importants programmes de constructions, d’équipements scolaires (mobilier et édition scolaires) et cantines scolaires pour le renforcement de la capacité d’accueil du système éducatif mauritanien.

A titre d’exemple, l’Etat, en collaboration avec l’UNICEF, a initié un projet expérimental, intitulé "Ecoles Amies des Filles ". Pour assurer le suivi et l’évaluation de cette expérience pilote, des "observatoires régionaux pour la scolarisation des filles " ont été mis en place au niveau de trois régions. Ces régions sont dotées de compétences et de moyens pour mener à bien ces activités.

Il s’agit, avant tout, de donner prise aux communautés sur tous les aspects de l’éducation portée par les deux systèmes formel et traditionnel coranique. Ce dernier a l’avantage de faire partie du patrimoine culturel national et de ce fait reçoit beaucoup d’enfants en âge scolaire.

Les régions choisies ont la particularité d’avoir de faibles taux de scolarisation par rapport à la moyenne nationale, notamment les taux de scolarisation des filles.

La stratégie consiste à établir des contrats locaux en faveur des écoles et des communautés en rapport avec les objectifs qu’elles se fixent. 

Ce programme a initié " des mesures incitatives " pour les régions concernées. Ces mesures se traduisent par :

- la formation des membres de l’association des parents et des responsables des administrations scolaires au suivi statistique de proximité et à des démarches d’amélioration des conditions et contenus d’études (écoles saines propres et vertes) ,

I.6 Investissements dans l’EPT depuis 1990

La Mauritanie consacre en moyenne 4% de son PNB aux dépenses d’éducation. La part allouée au secteur de l’éducation et de la formation représente plus du ¼ des dépenses publiques de fonctionnement de l’Etat en 1998. A l’intérieur du budget de l’Education, la part affectée à l’enseignement fondamental qui représente 49.6% actuellement ne cesse de croître de façon soutenue depuis 1990 (cf. graphique 1). Comme tous les budgets d’enseignement, les dépenses consacrées au personnel de l’éducation de base représentent plus de 84,5%, ne laissant qu’une infime partie pour les fournitures et équipements didactiques dont l’essentiel du coût incombe aux parents d’élèves. Les coûts unitaires ont varié légèrement (de 7400 a 9600 UM) au cours des dix dernières années.

C’est à partir de 1990 que l’Etat a décidé de faire accroître de 9% par an le budget alloué à l’enseignement fondamental pour faire face aux besoins de recrutement de nouveaux enseignants, dans la perspective d’une généralisation l’éducation de base en l’an 2000.

Entre 1991 et 1998, les dépenses publiques de l’enseignement fondamental ont enregistré un accroissement moyen annuel de 13.3%, contre 4.1% entre 1986 et 1990.

Graphique 1 : Evolution du Budget d’Education par type d’enseignement

 

Source : Direction de la Planification et de la Coopération/MEN

La Mauritanie compte 2 676 écoles en 1998 qui totalisent 7 576 classes contre 1 253 écoles et 3 356 classes en 1990/91 ; ceci correspond respectivement à une croissance relative de 113.6% et 125,7%.

 La décennie 90 a vu le nombre de salles de classes enregistrer une croissance rapide grâce au programme d’appui pour les constructions scolaires institué par le projet Education III et poursuivi par le projet V. Le programme a déjà construit et /ou réhabilité plus de 2000 salles de classe et programmé 2600 salles d’ici 2000. Le financement est assuré par l’IDA et la Caisse française de développement (AFD). Le Gouvernement japonais finance un programme de réalisation et d’équipement de 300 salles de classe dont l’exécution est en cours. Le Royaume de Belgique intervient pour la confection de pupitres pour un montant de plus de 500 millions d’ouguiya. Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) participe à l’EPT par un apport substantiel de rations alimentaires destinées aux cantines scolaires. Son projet actuel qui a démarré en 1992 a contribué au renforcement constaté de l’effectif des nouveaux inscrits en 1ère année fondamentale. Le nombre des rationnaires est passé de 15 000 au début du programme à 54 360 en 1998. Le volet génie civil de ce projet a réalisé des réfectoires, des forages, des réserves d’eau et des latrines contribuant ainsi à l’amélioration des conditions d’études.

 La participation des communautés et des familles a de tout temps été effective aux côtés de l’Etat dans la réalisation des locaux scolaires. Cependant, la participation de ces comunautés méritait d’être soutenue pour répondre davantage aux normes techniques et pédagogiques. C’est dans ce cadre que le Gouvernement, avec l’appui de l’IDA, a initié à partir de 1990, un programme d’appui aux collectivités qui fait participer celles-ci à concurrence de 30% du coût de construction.

Cette participation n’est pas obligatoirement financière. Elle peut être évaluée soit en main-d’œuvre, soit par l’apport de matériaux locaux nécessaires à la réalisation des salles. La deuxième partie de ce programme comprend un volet équipement dont l’exécution est également confiée aux collectivités locales. La supervision et l’encadrement sont assurés par une équipe de techniciens spécialisés en bâtiments et équipements scolaires.

Concernant les manuels scolaires, le renforcement de l’imprimerie scolaire de l’IPN au début de 1990, a permis d’éditer, en plusieurs séries et en nombre croissant, les manuels scolaires adaptés au contexte national.

Des Instituts Pédagogiques Régionaux sont ouverts dans tous les chefs-lieux de régions pour assurer le ravitaillement des établissements d’enseignement en manuels scolaires et autres équipements didactiques vendus à des prix symboliques (100 ouguiyas l’unité) aux parents d’élèves. Toutefois des insuffisances méritent d’être signalées, en ce sens que le réseau de distribution ne couvre que les chefs-lieux de régions et de départements et que le nombre de manuels disponibles reste pour l’instant largement en-deça des besoins.

La formation initiale et continue des enseignants ainsi que leurs émoluments sont pris en charge par l’Etat qui assure également une partie des dépenses de fournitures. L’intervention du secteur privé dans l’éducation de base encore à ses débuts connaît un accroissement appréciable.

Une évaluation des acquis scolaires intervenue à la fin des années 80 a révélé que dans l’ensemble le niveau des éléves de la 6AF est satisfaisant en mathématiques et en première lange(Arabe pour la filière Arabe, Français pour la filière bilingue).

Cependant, l’expansion rapide des effectifs scolaires, réalisée depuis lors n’a pas été accompagnée des améliorations qualitatives nécessaires entrainant une dégradation des conditions d’études et probablement une déterioration de la qualité des apprentissages.

Une récente évaluation portant sur le niveau d’acquisitions des programmes scolaires confirme cette hypothése puisque les taux de réussite aux épreuves en 5ème AF ne dépassent 40% dans aucune des disciplines testées.

5ème année

Math

Etude du milieu

Arabe

Francais

Filiere Arabe

26

33.5

36.8

22.4

Filiere Bilingue

27.7

26.6

8.3

24.6

Au demeurant, on sait que le taux de promotion de la 5af à la 6af est de 70.8 et que 35.3 % seulement des éléves qui terminent le fondamental accédent à la 1AS pour davantage des raisons liées à leurs propres performances qu’à la capacité d’accueil de ce niveau d’enseignement.

D’ailleurs, la baisse de niveau a été particulièrement indexée par le diagnostic qui sert de fondement à la nouvelle réforme du système éducatif.

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