| L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays | ||
| Mauritanie |
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INTRODUCTION
La Mauritanie a pris part à la Conférence Mondiale sur lEducation tenue à Jomtien en mars 1990. La déclaration et le plan daction issus de cette Conférence sont venus conforter la politique éducative poursuivie en Mauritanie et notamment en ce qui concerne la priorité accordée à léducation de base.
Dans le prolongement de cette conférence, elle a participé également à la Conférence à mi- parcours dAmman et à différentes autres réunions de suivi sur le même théme organisées sur linitiative du forum de lEPT ou dagences multilatérales.
Dans le cadre des directives du Forum, elle a accordé une importance particulière à lélaboration du rapport à mi-parcours présenté à Amman et du rapport dévaluation faisant le bilan de l'Education de base sur la période 90/2000.
A ce propos, il y a lieu de rappeler que lEducation de Base en Mauritanie est dispensée par plusieurs départements ministériels en plus des activités sy rapportant menées de façon informelle ou non-formelle.
Cependant, le Ministére de lEducation Nationale étant le principal opérateur dans ce domaine a pris en main trés tôt lélaboration du rapport national en impliquant de façon progressive les autres intervenants
A cet effet, un arrêté du Ministre de lEducation Nationale a mis en place, aprs concertation avec les autres départements concernés et les agences partenaires de LEPT représentées à Nouakchott, un comité national chargé des Statistiques et Indicateurs de lEducation. Ce comité placé sous la responsabilité dun coordonnateur national qui est le directeur de la planification, est composé ainsi quil suit :
les directeurs des enseignements fondamental, secondaire, technique et superieur ,
deux représentants du ministère du plan ,
un représentant du ministère de la fonction publique ,
un représentant du Secrétariat dEtat à lAlphabétisation et à lEnseignement Originel ,
un représentant du Secrétariat dEtat à la condition féminine ,
le chef de service des statistiques scolaires à la direction de la planification, chargé du secrétariat technique du comité ,
les représentants des Agences de Coopération partenaires de lEPT.
Larrêté prévoit également que le comité pourra sadjoindre toute personne dont la présence sera jugée utile. En appui a ce comité national, un groupe technique composé des cadres des différentes structures susmentionnées et dun représentant de lOffice National des Statistiques a été mis en place.
Le comité a élaboré un programme dactions en vue déffectuer lévaluation conformément aux directives techniques du Forum. Ce programme prévoit notamment :
la création d antennes au niveau des ministères qui nen disposent pas ,
la formation, en cas de besoin, des cadres assurant la responsabilité de ces antennes ,
la communication par lensemble des départements concernés des statistiques relatives à léducation de base ,
la conduite denquêtes pour disponibiliser linformation quand elle nexiste pas.
Le Bureau de LUnicef a accompagné étroitement la mise en oeuvre de ce processus par son apport technique et financier. Il a permis en outre la participation de cadres nationaux impliqués dans le processus à différentes réunions de suivi et dévaluation tenues sur linitiative du Forum (Amman, Abidjan, Rabat et Hararé).
La mise en oeuvre du programme dactions du comité suit son cours normal et permettra de renforcer les capacités dévaluation du ministère dans la perspective de la prochaine conférence mondiale mais également au-delà de cette écheance qui marquera un nouveau tournant pour faire face aux défis que ne cesse de représenter le développement de léducation pour tous, une éducation qui soit adaptée aux exigences du troisième millénaire.
Il y a lieu de préciser que les données figurant dans ce rapport sont les plus récentes et de ce fait elles corrigent éventuellement les données antérieures qui seraient différentes. Elles émanent pour ce qui est des données démographiques de loffice national des statistiques sur la base des projections des résultats du recensement de 1988 ou denquêtes ponctuelles limitées intervenues depuis lors. Ces données démographiques nationales peuvent dans certains cas être différentes de celles fournies par dautres organismes pour des raisons probablement liées à des variations dans les méthodes de projection.
En ce qui concerne les données relatives aux effectifs scolaires des différents types denseignement, elles sont fournies par les départements ministèriels concernés. Cependant, il serait utile de rappeler que seul le ministère de léducation nationale bénéficie dune longue tradition de collecte et de traitement de linformation et dispose dune base de données actualisée annuellement et couvrant tous les ordres denseignement de son ressort ainsi que les etablissements prives qui fournissent les informations. Les données fournies par les autres départements restent les résultats denquêtes ponctuelles. Ces départements sont engagés actuellement dans un processus de mise en place dun systéme dinformation adapté à leurs spécificités.
Ceci étant, il y a lieu dapprécier cette situation par rapport aux informations différentes fournies éventuellement par les sources extérieures. Le cas échéant, la source nationale reste pour nous la première reférence dans lélaboration de ce rapport qui constitue lévaluation nationale de lEPT en Mauritanie au regard des objectifs fixés par la " Conférence de de Jomtien " en 1990.
Il y a lieu de rappeler que le système éducatif de la Mauritanie a la particularité de reposer sur deux types denseignement. Il s agit de lenseignement traditionnel qui existe depuis le 13èmesiècle et qui a accompagné lévolution de la société mauritanienne jusque dans sa configuration actuelle.
Lautre type denseignement est celui hérité de lécole coloniale qui sest implanté progressivement depuis le début du siécle. La coexistence de ces deux types denseignement, conflictuelle pendant longtemps a fini par trouver de fécondes interactions positives et de complémentarités enrichissantes. Une passerelle est aujourdhui observable entre les différents niveaux des deux types denseignement.
Cependant, le présent rapport traitera principalement de lenseignement formel et ne tiendra compte de lautre type denseignement que de façon trés indirecte. Lévaluation portera successivement sur la petite enfance, lenseignement fondamental, lalphabétisation des adultes, les résultats de lapprentissage, la formation professionnelle et l'éducation pour une vie meilleure.
Le rapport présentera à cet effet, les indicateurs relatifs à la couverture et à lefficacité du système ainsi que certains aspects liés à la qualité de léducation et aux moyens mobilisés pour son développement.
I. Politique et stratégie de généralisation de léducation de base en 2000
I.1 Buts généraux et objectifs intermédiaires de lEducation Pour Tous
Au niveau de léducation dune manière générale, la stratégie poursuit deux objectifs qui mettent laccent sur lenracinement dans les valeurs culturelles nationales et lacquisition des progrès scientifiques et technologiques en tant que patrimoine commun de lhumanité.
A cet effet, le système éducatif sattelera constamment à " la formation dhommes et de femmes qui, tout en étant enracinés dans leur milieu et attachés aux sources de lIslam, sont de leur siècle et possèdent une formation scientifique et technique indispensable à la maîtrise de lenvironnement ".
Au plan opérationnel, les actions mises en uvre ont consisté à :
développer les bases de lenseignement en donnant la priorité à lenseignement fondamental ,
rapprocher léducation des aspirations culturelles par une réforme des programmes, la promotion de lenseignement traditionnel et de lenseignement féminin ,
accroître lefficacité du système éducatif par la lutte contre les déperditions scolaires, par une meilleure utilisation des enseignants et par une adéquation entre les formations fournies par le système et les besoins des employeurs ,
réduire le coût par élève, grâce à une meilleure organisation administrative et pédagogique des institutions scolaires, à une utilisation des matériaux locaux dans les constructions et a une plus grande participation des parents au financement de léducation.
Dans ce souci, la priorité absolue accordée à lenseignement fondamental se devait de :
développer lécole traditionnelle en vue de sa participation à une formation de base ,
élargir le réseau scolaire des écoles primaires, principalement dans les zones rurales ,
augmenter le taux de scolarisation des filles ,
renforcer la capacité de formation des maîtres qualifiés et en nombre suffisant par la construction dune deuxième Ecole Normale dInstituteurs ,
faire passer le ratio maître/classe de 1,2 à 1.
Parallèlement à lexpansion du système, les préoccupations de qualité devaient se traduire par lamélioration de la formation continue du personnel pédagogique et dencadrement, la mise à disposition de manuels scolaires et le renforcement de la recherche pédagogique. La mise en uvre de cette politique est assurée par lInstitut Pédagogique National.
Dans ce cadre, les programmes de développement économique et social arrêtés depuis les années 90 ont placé la promotion des ressources humaines à la tête des priorités nationales et se sont fixés pour principal objectif, tout en consolidant les acquis substantiels obtenus depuis le milieu des années 80, daxer sur la généralisation de léducation de base en lan 2000 et lamélioration de sa qualité à travers :
une accélération du développement de lenseignement de base et lamélioration de sa pertinence ,
une amélioration de lefficacité interne de lenseignement par une diminution des déperditions ,
une amélioration des capacités dorganisation, de planification, de gestion et de contrôle des activités éducatives.
I.2 Stratégies et / ou plan dactions pour lEPT
Les stratégies et plans daction mis en place depuis 1990 ont tous permis de donner un coup daccélérateur au développement de lenseignement de base qui devient dorénavant une priorité nationale.
Les actions engagées avec lappui des partenaires au développement se proposaient, concernant lenseignement fondamental de :
faire accroître régulièrement le budget de lenseignement fondamental de 9% par an ,
assurer la formation annuelle de 10% du total du stock des enseignants en activité, soit un recrutement de lordre de 500 à 600 maîtres par an ,
promouvoir la pratique de lenseignement multigrade dans les zones rurales et du double flux en milieu urbain ,
développer des plans et des techniques susceptibles dengendrer la diminution du coût des salles de classe et dinciter, par la même occasion, les communautés et les Associations des Parents dElèves (APE) à participer à leffort déducation ,
améliorer la qualité de lenseignement par une meilleure adaptation de la formation des enseignants et par la production des supports didactiques adéquats ,
renforcer les capacités et techniques de planification par la mise en place dune carte scolaire régionalisée et des cellules mobiles chargées de développer les compétences pour la construction des infrastructures scolaires.
Le projet dappui à lenseignement général (1995-2001) qui intervient dans le prolongement des projets antérieurs et en vue de consolider et de développer les résultats et les acquis de ces programmes avec lappui de lIDA "vise - dans ses orientations générales - la poursuite de la mise en place dun système éducatif qui favorise lenracinement culturel, assure lémancipation sociale et permette lémergence dune expertise nationale de haut niveau tout en répondant aux spécificités du pays. Le développement de lenseignement fondamental demeure la plus haute priorité.
Il sera mis en uvre des mesures et programmes permettant dassurer la scolarisation de tous les enfants dâge scolaire (6-11 ans) dans lenseignement fondamental et de ceux âgés de plus de 15 ans à travers les campagnes dalphabétisation dici lan 2000. Les disparités régionales et celles entre garçons et filles seront résorbées, lutilisation des ressources disponibles aussi bien que lefficacité interne seront améliorées".
Le plan daction pour la mise en application de la stratégie consiste à :
construire et/ou à réhabiliter 4500 salles de classe avec la participation des collectivités locales à concurrence de 30% du coût de construction ,
recruter et former des enseignants en nombre suffisant ,
mettre en place une carte scolaire dans le but dune réduction des disparités et de rationaliser les mesures dintervention ,
mettre en place un programme pour renforcer la scolarisation des filles dans les zones où elles ont pris des retards significatifs ,
ramener et maintenir à 50, le ratio maître /élèves par lextension du système du multigrade en milieu rural et du double flux en zone urbaine.
Lamélioration de la qualité et de la pertinence de lenseignement sera réalisée à travers les mesures suivantes :
la modification des programmes scolaires en mettant laccent sur les matières de base (langues, mathématiques et sciences) ,
la modification des programmes de formation initiale tout en tenant compte des rénovations du contenu des programmes scolaires et en mettant laccent sur la pratique ,
la mise en place dun système de formation continue du personnel dencadrement (enseignants, conseillers, pédagogiques et inspecteurs) ,
lapprovisionnement en manuels scolaires de la majorité des élèves ,
la mise en place dun système dévaluation des compétences acquises par les élèves.
Au niveau de léducation des adultes, laction entreprise vise à lutter contre lanalphabétisme sur tous les plans :
mobilisation sociale et sensibilisation sur les méfaits de lanalphabétisme ,
diversification et pérennisation des campagnes dalphabétisation ;
production de supports didactiques ,
formation de personnels " alphabétiseurs " ,
ouverture de centres dalphabétisation permanents ,
création de centres dalphabétisation fonctionnelle.
Dautres mesures ont été mises à contribution pour donner un succès à la politique dalphabétisation :
production et diffusion démissions radiotélévisées aux heures de grande écoute ,
organisation des campagnes daffiches publicitaires et dautocollants ,
confection et installation de panneaux publicitaires dans les principaux centres du pays ,
organisation des meetings dinformation et de sensibilisation sur lutilité et limportance de linstruction.
La politique retenue pour le développement de lautre forme déducation de base quest lenseignement originel sarticule autour des axes suivants :
sensibilisation permanente de lopinion publique nationale sur le rôle des mahadras dans la lutte contre lanalphabétisme et lignorance ,
contribution au renforcement de la scolarisation de base ,
sauvegarde et développement de lenseignement originel et son adaptation aux exigences contextuelles ,
introduction dans lenseignement originel des disciplines scientifiques et techniques de base ,
identification des besoins de formations spécialisées en vue délaborer les programmes et modules adéquats.
Des plans de développement économique et social aux programmes dajustement sectoriel, la Mauritanie na cessé de mettre en uvre un ensemble de mesures pour le développement de léducation de base enregistrant ainsi des progrès notables depuis 1990.
I.3 Prise des décisions et gestion de lEPT
LEducation Pour Tous est un objectif prioritaire en termes de la volonté politique des Autorités Supérieures Mauritaniennes qui ont inscrit dans lensemble des programmes et plans daction (voir plus haut) léradication de lanalphabétisme et la généralisation de léducation de base en lan 2000.
Au plan opérationnel, le Ministère de lEducation Nationale (MEN) qui regroupe les différents ordres denseignement coordonne toutes les activités concernant lEPT, en concertation avec les autres départements ministériels contrôlant une structure de formation formelle ou non formelle : Ministère de la Fonction Publique, du Travail, de la Jeunesse et des Sports (MFPTJS), Ministère de la Culture et de lOrientation Islamique, Secrétariat dEtat à lAlphabétisation et à lEnseignement Originel (SEAEO), Secrétariat dEtat à la Condition Féminine (SECF).
Une équipe regroupant de hauts responsables (nommés par arrêté ministériel) des ministères cités est chargée du suivi de lEPT avec lappui du Bureau local de lUnicef. Cette équipe se réunit à loccasion de chaque échéance pour faire le point sur la situation de lEPT au niveau des structures de tutelle de léducation de base (formelle et non formelle). Les attributions des membres de cette équipe prévoient lévaluation des résultats au regard de la stratégie mise en uvre et des mesures daccompagnement pour la réalisation des objectifs retenus.
I.4 Principaux événements et mesures intéressant lEPT depuis 1990
La politique dEPT définie par lEtat dans le cadre des orientations générales incombe à lensemble des secteurs de léducation de base qui ont, chacun à son niveau, mis en place une série de mesures permettant dassurer le suivi de cette stratégie. Cest ainsi que depuis dix ans, le ministère de léducation nationale regroupe, à la veille de chaque rentrée scolaire, tous les responsables centraux et régionaux pour faire le bilan de lannée scolaire écoulée et fixer, à la lumière des ressources mobilisées, les objectifs à atteindre pour celle qui se prépare. Au niveau des autres départements, en loccurrence le SEAEO et le SECF, des campagnes dalphabétisation, dinformation, déducation et de communication sont organisées de façon permanente.
Dans le cadre du Programme de Coopération Gouvernement/Unicef, un comité de pilotage se réunit mensuellement pour faire le point sur létat davancement du programme, la prise de décision, la résolution des problèmes et la planification des activités futures. Ce comité qui regroupe les différents responsables des services centraux chargés de léducation de base et de leurs principaux collaborateurs impliqués dans ce programme, est composé comme suit :
Ministère de lEducation Nationale : Direction de la Planification et de la Coopération, Direction de lEnseignement Fondamental, Institut Pédagogique National ,
Secrétariat dEtat à lAlphabétisation et à lEnseignement Originel : Cellule dInformation et de Planification et Direction de lEnseignement Originel ,
I.5 Coopération dans le domaine de lEPT
Le Gouvernement est le principal initiateur de la politique de la généralisation de léducation à lhorizon 2000. De ce fait, il lui consacre les ressources humaines et matérielles ( budgets de fonctionnement, personnel enseignant, locaux et annexes denseignement et divers équipements nécessaires à son développement quantitatif et qualitatif) à la hauteur de ses moyens.
Dans le cadre de cet objectif de scolarisation universelle en lan 2000, la Mauritanie bénéficie, sur les plans bilatéral et multilatéral, du soutien et de lappui des agences multilatérales et bilatérales. On citera notamment lIDA, le PAM, lOPEP, lUNICEF, le FNUAP,la BAD,l'UNESCO,le PNUD,la CEE ainsi que, au titre de la coopération bilatérale : la France , le Japon, la Belgique et lAllemagne.
Ces partenaires contribuent au financement du développement institutionnel et dimportants programmes de constructions, déquipements scolaires (mobilier et édition scolaires) et cantines scolaires pour le renforcement de la capacité daccueil du système éducatif mauritanien.
A titre dexemple, lEtat, en collaboration avec lUNICEF, a initié un projet expérimental, intitulé "Ecoles Amies des Filles ". Pour assurer le suivi et lévaluation de cette expérience pilote, des "observatoires régionaux pour la scolarisation des filles " ont été mis en place au niveau de trois régions. Ces régions sont dotées de compétences et de moyens pour mener à bien ces activités.
Il sagit, avant tout, de donner prise aux communautés sur tous les aspects de léducation portée par les deux systèmes formel et traditionnel coranique. Ce dernier a lavantage de faire partie du patrimoine culturel national et de ce fait reçoit beaucoup denfants en âge scolaire.
Les régions choisies ont la particularité davoir de faibles taux de scolarisation par rapport à la moyenne nationale, notamment les taux de scolarisation des filles.
La stratégie consiste à établir des contrats locaux en faveur des écoles et des communautés en rapport avec les objectifs quelles se fixent.
Ce programme a initié " des mesures incitatives " pour les régions concernées. Ces mesures se traduisent par :
- la formation des membres de lassociation des parents et des responsables des administrations scolaires au suivi statistique de proximité et à des démarches damélioration des conditions et contenus détudes (écoles saines propres et vertes) ,
I.6 Investissements dans lEPT depuis 1990
La Mauritanie consacre en moyenne 4% de son PNB aux dépenses déducation. La part allouée au secteur de léducation et de la formation représente plus du ¼ des dépenses publiques de fonctionnement de lEtat en 1998. A lintérieur du budget de lEducation, la part affectée à lenseignement fondamental qui représente 49.6% actuellement ne cesse de croître de façon soutenue depuis 1990 (cf. graphique 1). Comme tous les budgets denseignement, les dépenses consacrées au personnel de léducation de base représentent plus de 84,5%, ne laissant quune infime partie pour les fournitures et équipements didactiques dont lessentiel du coût incombe aux parents délèves. Les coûts unitaires ont varié légèrement (de 7400 a 9600 UM) au cours des dix dernières années.
Cest à partir de 1990 que lEtat a décidé de faire accroître de 9% par an le budget alloué à lenseignement fondamental pour faire face aux besoins de recrutement de nouveaux enseignants, dans la perspective dune généralisation léducation de base en lan 2000.
Entre 1991 et 1998, les dépenses publiques de lenseignement fondamental ont enregistré un accroissement moyen annuel de 13.3%, contre 4.1% entre 1986 et 1990.
Graphique 1 : Evolution du Budget dEducation par type denseignement

Source : Direction de la Planification et de la Coopération/MEN
La Mauritanie compte 2 676 écoles en 1998 qui totalisent 7 576 classes contre 1 253 écoles et 3 356 classes en 1990/91 ; ceci correspond respectivement à une croissance relative de 113.6% et 125,7%.
La décennie 90 a vu le nombre de salles de classes enregistrer une croissance rapide grâce au programme dappui pour les constructions scolaires institué par le projet Education III et poursuivi par le projet V. Le programme a déjà construit et /ou réhabilité plus de 2000 salles de classe et programmé 2600 salles dici 2000. Le financement est assuré par lIDA et la Caisse française de développement (AFD). Le Gouvernement japonais finance un programme de réalisation et déquipement de 300 salles de classe dont lexécution est en cours. Le Royaume de Belgique intervient pour la confection de pupitres pour un montant de plus de 500 millions douguiya. Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) participe à lEPT par un apport substantiel de rations alimentaires destinées aux cantines scolaires. Son projet actuel qui a démarré en 1992 a contribué au renforcement constaté de leffectif des nouveaux inscrits en 1ère année fondamentale. Le nombre des rationnaires est passé de 15 000 au début du programme à 54 360 en 1998. Le volet génie civil de ce projet a réalisé des réfectoires, des forages, des réserves deau et des latrines contribuant ainsi à lamélioration des conditions détudes.
La participation des communautés et des familles a de tout temps été effective aux côtés de lEtat dans la réalisation des locaux scolaires. Cependant, la participation de ces comunautés méritait dêtre soutenue pour répondre davantage aux normes techniques et pédagogiques. Cest dans ce cadre que le Gouvernement, avec lappui de lIDA, a initié à partir de 1990, un programme dappui aux collectivités qui fait participer celles-ci à concurrence de 30% du coût de construction.
Cette participation nest pas obligatoirement financière. Elle peut être évaluée soit en main-duvre, soit par lapport de matériaux locaux nécessaires à la réalisation des salles. La deuxième partie de ce programme comprend un volet équipement dont lexécution est également confiée aux collectivités locales. La supervision et lencadrement sont assurés par une équipe de techniciens spécialisés en bâtiments et équipements scolaires.
Concernant les manuels scolaires, le renforcement de limprimerie scolaire de lIPN au début de 1990, a permis déditer, en plusieurs séries et en nombre croissant, les manuels scolaires adaptés au contexte national.
Des Instituts Pédagogiques Régionaux sont ouverts dans tous les chefs-lieux de régions pour assurer le ravitaillement des établissements denseignement en manuels scolaires et autres équipements didactiques vendus à des prix symboliques (100 ouguiyas lunité) aux parents délèves. Toutefois des insuffisances méritent dêtre signalées, en ce sens que le réseau de distribution ne couvre que les chefs-lieux de régions et de départements et que le nombre de manuels disponibles reste pour linstant largement en-deça des besoins.
La formation initiale et continue des enseignants ainsi que leurs émoluments sont pris en charge par lEtat qui assure également une partie des dépenses de fournitures. Lintervention du secteur privé dans léducation de base encore à ses débuts connaît un accroissement appréciable.
Une évaluation des acquis scolaires intervenue à la fin des années 80 a révélé que dans lensemble le niveau des éléves de la 6AF est satisfaisant en mathématiques et en première lange(Arabe pour la filière Arabe, Français pour la filière bilingue).
Cependant, lexpansion rapide des effectifs scolaires, réalisée depuis lors na pas été accompagnée des améliorations qualitatives nécessaires entrainant une dégradation des conditions détudes et probablement une déterioration de la qualité des apprentissages.
Une récente évaluation portant sur le niveau dacquisitions des programmes scolaires confirme cette hypothése puisque les taux de réussite aux épreuves en 5ème AF ne dépassent 40% dans aucune des disciplines testées.
| 5ème année | Math |
Etude du milieu |
Arabe |
Francais |
Filiere Arabe |
26 |
33.5 |
36.8 |
22.4 |
Filiere Bilingue |
27.7 |
26.6 |
8.3 |
24.6 |
Au demeurant, on sait que le taux de promotion de la 5af à la 6af est de 70.8 et que 35.3 % seulement des éléves qui terminent le fondamental accédent à la 1AS pour davantage des raisons liées à leurs propres performances quà la capacité daccueil de ce niveau denseignement.
Dailleurs, la baisse de niveau a été particulièrement indexée par le diagnostic qui sert de fondement à la nouvelle réforme du système éducatif.
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