| L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays | ||
| Mauritanie |
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II. Analyse quantitative et qualitative des indicateurs de lEducation pour tous
II.1 Progression vers les buts et objectifs
Le taux de préscolarisation dans les jardins denfants sous la tutelle du SECF est encore très faible. Les onze jardins denfants mis en place par lEtat naccueillent que 962 enfants de la tranche dâge 3-5 ans répartis dans 36 classes soit 0.3% (Source SECF 1996).
Le Secrétariat dEtat à lAlphabétisation et à lenseignement Originel recense à son tour 54009 enfants dans les mahadras exclusivement coraniques généralement fréquentées uniquement, à lopposé dautres types de mahadras, par des enfants en bas âge.
En Mauritanie, ce type de mahadra constitue une forme de préscolarisation de la petite enfance et parfois de scolarisation simultanément ou non avec lécole formelle. Sur cette base, on peut estimer que le taux de préscolarisation est réellement supérieur à ce chiffre
Cependant, en labsence de recensement démographique prenant en compte cet aspect et denquêtes spécifiques récentes, il ne sagit là que destimations pouvant donner un ordre de grandeur en attendant que les dispositions appropriées soient prises et notamment à loccasion du prochain recensement national prévu en avril 2000. Dores et déjà, le questionnaire élaboré pour lenquête statistique annuelle comporte désormais une question relative aux enfants nouvellement inscrits ayant déjà bénéficié dun programme déveil de la petite enfance.
En outre et pour appréhender le fonctionnement des structures informelles souvrant en particulier dans les grandes villes, une enquête a été réalisée récemment au niveau de 25 structures accueillant des enfants de 3-6/7 ans à Nouakchott. Lenquête est en cours de traitement et les premiers résultats seront disponibles avant la fin du mois de novembre 1999.
En labsence dindicateurs quantitatifs précisant le nombre denfants inscrits en 1ère année et ayant bénéficié des programmes de développement de la petite enfance, lon peut se contenter de citer les actions entreprises dans ce sens.
Laction des écoles coraniques en direction de la petite enfance dont le réseau sétend à travers tout le pays concourt à la protection de la petite enfance à travers ses programmes denseignement coranique et dinitiation à la vie communautaire suivant les préceptes de lIslam.
Le Programme Elargi de Vaccination (PEV) mis en place depuis quelques années a permis un net recul de certaines maladies comme la rougeole, la coqueluche, la poliomyélite... Grâce à la mise en place de lInitiative de Bamako (système de soins de santé primaire à base communautaire, à moindre coût et avec recouvrement des coûts), laccès aux structures sanitaires sest amélioré de façon considérable ces dernières années (33% en décembre 1992 à 70.9% en décembre 1995). Il reste maintenant à résoudre le problème de la qualité des services de santé et de léducation préventive qui demeurent de véritables lacunes.
L état nutritionnel de la mère et de lenfant continue à être au centre des préoccupations des autorités sanitaires. En effet, une malnutrition, essentiellement protéino-énergétique sévit de façon latente dans le pays. Les enquêtes réalisées au cours des dix dernières années, situent le taux de prévalence de la malnutrition autour de 40.7 %. Ces cas de malnutrition sont des cas graves ; ce qui va au dela des normes de lO.M.S. Entre 30 et 60% des nouveaux-nés, selon les zones, ont un faible poids à la naissance ; 16% des enfants de moins de cinq ans sont émaciés, avec un taux supérieur à 18% à Nouakchott et plus de 34% souffrent dun retard de croissance. La plus forte prévalence de cette malnutrition se situe entre les 3ème et 24ème mois. Cest pendant la période de sevrage quon observe le plus grand nombre cas de malnutrition protéino-énergétique. Les causes immédiates sont principalement liées à lignorance des mères en matière déducation nutritionnelle (introduction trop tardive des aliments). Les cas de malnutrition sont aggravés par la fréquence des épisodes diarrhéiques. Par contre lallaitement maternel est quasiment généralisé et se maintient au moins jusquau 22ème mois.
En effet, il ressort de lenquête permanente sur les conditions de vie des ménages que 96.6% des mères en moyenne nourrissent leur nouveau-né au sein. Lurbanisation croissante (52% de la population vit actuellement en ville) avec la mise à disposition sur le marché de nombreuses marques de lait en poudre fait cependant craindre une augmentation de lallaitement artificiel.
Pour prévenir les risques et pallier les insuffisances et lacunes observées, plusieurs programmes se rapportant aux soins et à la protection de la petite enfance ont été mis en place comme le montre le tableau n°1 :
Tableau n° 1 : Programme de soins et déducation de la petite enfance
| Programmes de soins | Objectifs |
|
Programme Elargi de Vaccination (PEV) |
Vacciner les enfants contre les six maladies suivantes : tuberculose, poliomyélite, rougeole, tétanos, diphtérie et coqueluche. En 1994 53% des enfants âgés de 0 à 5 ans ont été vaccinés contre ces maladies. En 1995, 91% des enfants ont été vaccinés contre la polio, 100% contre la rougeole et 87% ont reçu les capsules de vitamine A. |
| Promotion de lallaitement maternel : Initiative des Hôpitaux Amis des Bébés (IHAB) |
- Lutter contre les substituts
du lait maternel - Former du personnel en charge déduquer les mères sur lintérêt et la facilitation de lallaitement maternel |
| Promotion de lutilisation des aliments de sevrage |
Prendre en charge les enfants sur les plans préventif et curatif dans les centres de PMI en utilisant les produits locaux. |
| Programme national du bien-être familial |
Réduire la morbidité et la mortalité maternelle et infantile, améliorer la qualité des naissances (espacement) |
| Programme de lutte contre les maladies diarrhéiques |
Lutter contre les maladies diarrhéiques qui sont lune des principales causes de morbidité ou mortalité infantile (30% des hospitalisations sont des mères denfants malades) |
| Programme de surveillance nutritionnelle |
Assurer le suivi des enfants
et léducation des mères dans deux types de centres : - Centre dAlimentation Communautaire (CAC - Centre de Récupération et dEducation Nutritionnelle (CREN). |
| Education inter personnelle |
Conseiller les mères sur les pratiques de lhygiène et sur la santé des enfants. |
| Programme de lutte contre la malnutrition |
Initier les jeunes mères aux techniques de préparation et denrichissement des repas des enfants |
| Programme déducation pour la santé |
Diffuser des messages multi médias pour sensibiliser les parents et les mères en particulier |
Source: Ministère de la Santé et des Affaires Sociales
Quant à lenseignement fondamental, il a connu une croissance accélérée des effectifs qui sont passés de 166 036 élèves en 1990/91 à 346222 élèves en 1998/99, ce qui correspond à un taux daccroissement moyen annuel de 9.62 %. Contrairement à la précédente décennie où lon a assisté à la baisse du chiffre absolu (1989/90), laccroissement relatif des effectifs est demeuré positif entre 1990/91 et 1998/99, ainsi que le montre le tableau qui suit :
Tableau 2 : Evolution des effectifs par sexe
TOT.M |
TOT.F |
TOT.MF |
|
1985/86 |
84 509 |
56 362 |
140 871 |
1986/87 |
90 521 |
59 922 |
150 443 |
1987/88 |
92 821 |
64 520 |
157 341 |
1988/89 |
93 727 |
65 073 |
158 800 |
1989/90 |
90 296 |
64 820 |
155 116 |
1990/91 |
95 970 |
70 066 |
166 036 |
1991/92 |
106 573 |
80 629 |
187 202 |
1992/93 |
121 409 |
96 806 |
218 215 |
1993/94 |
136 990 |
111 058 |
248 048 |
1994/95 |
148 149 |
121 024 |
269 173 |
1995/96 |
157 262 |
132 683 |
289 945 |
1996/97 |
165 841 |
146 813 |
312 654 |
1997/98 |
172 502 |
157 697 |
330 199 |
1998/99 |
178 672 |
167 550 |
346 222 |
Source : Direction de la planification et de la Coopération / MEN
Cette nouvelle dynamique dans la croissance des effectifs, intervient au lendemain de la Conférence de Jomtien. La Mauritanie, à linstar des pays partie prenante à "la Déclaration Mondiale sur lEducation Pour Tous", a pris diverses mesures pour atteindre la scolarisation universelle en 2000. Les écarts entre garçons et filles se sont sensiblement réduits faisant passer le taux de participation des filles de 42% en 1990/91 à 48,4% en 1998/99 (cf. Graphique 2).

Graphique 2 : Evolution des effectifs - élèves de lEnseignement Fondamental par genre
Source : Direction de la Planification et de la Coopération/MEN
Après une période de tassement, les effectifs inscrits en 1ère année ont progressé de façon exponentielle à partir de 1990/91 multipliant ainsi par plus de 2.5 les effectifs observés en 1985/86. La croissance moyenne annuelle enregistrée entre 1990/91 et 1998/99 est près de 13.2 %, soit trois fois supérieure à la croissance naturelle de la population mauritanienne (cf. Graphique 2).
Louverture des cantines scolaires dans les régions à faible scolarité, la construction des salles de classe, le recrutement et la formation de quelques 600 enseignants par an et la pratique de la méthode du multigrade dans les classes à faibles effectifs et le double flux dans les classes à effectifs pléthoriques ont été à lorigine de ces progrès.
Graphique 3 : Evolution des effectifs inscrits en 1ère Année de lEnseignement Fondamental par sexe :

Source : Direction de la planification et de la Coopération / MEN
II.2 Efficacité de la stratégie, du plan et des programmes dEPT
La stratégie sinscrit dans le cadre dune politique globale intégrée de généralisation de léducation de base. Elle constitue une approche de développement de lenseignement fondamental qui donne la priorité aux groupes et zones défavorisés.
La stratégie mise en uvre et la gestion rationnelle des moyens mobilisés ont permis délargir les capacités daccueil et dobtenir des résultats satisfaisants.
Limportance des nouveaux inscrits en 1ère année de lenseignement fondamental au cours de ces dernières années, particulièrement à partir de 1990/91, a permis de faire passer le taux brut dadmission en cinq ans, de 56% à 86.2% en 1998/99, ce qui correspond à une croissance relative de 53.9%.
Sur le plan de la satisfaction de la demande déducation, le taux brut de scolarisation est passé de 46.8% en 1990/91 à 86% en 1998/99, soit un accroissement moyen annuel de 7.9%. Le taux net de scolarisation disponible seulement depuis lannée scolaire 1993/94 est passé à 63 % en 1998/99 contre 50.1% à lannée de base.
Concernant les disparités entre genres, lon peut noter que la scolarisation des filles a été beaucoup plus dynamique que celle des garçons au cours de la décennie 90.
Entre 1990/91 et 1998/99, le taux brut de scolarisation des filles enregistre une croissance moyenne de 9.3%, alors que celui des garçons nest que 6.6 %. Lécart entre le taux brut de scolarisation des garçons et des filles qui était de 12 points est passé à 4 points. En dautres termes pour 10 garçons scolarisés on avait 7 filles en 1990/91 contre 10 garçons pour 9 filles actuellement.
Ces résultats sexpliquent par la série de mesures suivantes mises en application pour renforcer la scolarisation des filles :
proximitéécole /famille ,
présence de plus en plus de femmes dans le personnel enseignant ,
politique de bourses en faveur des filles ,
augmentation du nombre des cantines scolaires.
Dautres mesures entrées en vigueur avec le Projet Education V ont contribué à la réussite du programme dexpansion de léducation de base en vue dune scolarisation universelle :
campagne dinformation, déducation et de communication (IEC) destinée à toutes les parties impliquées dans léducation des filles ,
organisation, au niveau de lécole, des cours de soutien au profit des filles pour favoriser leur réussite aux examens et concours ,
création dun Fonds dAppui à la scolarisation des Filles (FAF) en faveur denviron 600 écoles situées dans les régions accusant un retard dans léducation des filles.
Au niveau des disparités régionales, la scolarisation a fait des progrès énormes dans lensemble de toutes les régions du pays depuis 1990/91. Néanmoins, le niveau de développement de cette scolarisation varie dune région à lautre. Cinq régions se détachent du lot avec un taux daccroissement moyen annuel qui se situe entre 16% et 11% durant la période 1990/98.
Ce sont les régions suivantes :
Assaba (13.5%), Hodh Gharbi (11.6%) ; Guidimakha (11.1%) et Gorgol (11.05%).
Elles sont suivies par :
Hodh Charghi(10.8), Brakna (8.7%), Nouakchott (5.4%), Tagant (5.2%) ; Trarza (4.6%), et Adrar (4.6%).
Enfin quatre régions arrivent en dernière position avec un taux inférieur à 5% :
Nouadhibou (1.8%), Tiris-Zemmour (1.6%) et lInchiri qui enregistre un taux de croissance négatif. Cest une région minière qui se dépeuple depuis une vingtaine dannées à cause de la fermeture de ses principales industries extractives, ce qui doit relativiser ces taux.
En ce qui concerne la scolarisation des filles au niveau régional, huit régions sont en taux bruts en deçà de la moyenne nationale : lInchiri (58%), le Gorgol (74%), le Tagant (74%), le Hodh gharbi (74.8%), le Guidimakha (77%), le Hodh Charghi (78%) , le Brakna (80%) et l'Assaba(83.7)%.
Pour lalphabétisation des adultes, les inscrits dans les centres sont passés de 31 578 en 1987 à 185 194 en 1995 ; ceci correspond à une croissance moyenne annuelle de 24.7%. Le nombre des femmes sélève à 108 779 unités soit 58.7% de leffectif total. Le nombre des personnes effectivement alphabétisées est de 141 140 dont 76 372 femmes. Le taux defficacité globale est de 76.2%. Le pourcentage des femmes alphabétisées est 70.2%
Les femmes enregistrent les meilleures performances aussi bien au niveau des effectifs quau niveau de la réussite.
Par ailleurs le taux danalphabétisme est tombé de 61.8% en 1988 à 49.2% en 1995 confirmant ainsi limpact des campagnes dalphabétisation entreprises en direction des populations concernées.Le taux a atteindre en 2000(30%) n'est pas mesure a ce jour.
Pour ce qui est de lenseignement originel, la contribution de cet enseignement à leffort dalphabétisation est très importante. Labsence dune série chronologique de données ne permet pas de bien appréhender quantitativement lévolution de ce système denseignement. Lon peut cependant citer quelques chiffres.
Le recensement organisé en 1995 par le Département de lAlphabétisation et de lEnseignement Originel a permis didentifier 1728 mahadras réparties suivant la classification suivante :
Les effectifs recensés sélèvent à 88920 élèves répartis comme suit :
Les principales réussites de cette stratégie se situent à plusieurs niveaux :
II.3 Principaux problèmes rencontrés
En dépit dune volonté politique réelle et de la demande avérée déducation, les principaux obstacles ont été :
La conjugaison de ce facteur a pénalisé les efforts en vue de la généralisation de lEducation de base et a surtout amoindri les acquis au plan de la qualité. La prise de conscience de ces contraintes sexprime clairement dans la nouvelle réforme du système. Ce ci amorce déjà des perspectives plus favorables.
II.4 Sensibilisation du public, volonté politique et capacités nationales
Ladhésion massive des populations à la politique de généralisation de léducation de base sest traduite à travers leur participation dans la réalisation des infrastructures scolaires, la mise en place des associations des parents délèves et des comités de gestion des activités de lécole traduit le soutien des populations et leur implication dans le programme de lEPT. Lintérêt que les populations manifestent pour la scolarisation de leurs enfants conforte la politique qui se traduit par la priorité accordée à léducation de base et lallocation conséquente des ressources en faveur de cet ordre denseignement dont le budget na cessé de croître pour permettre le recrutement denseignants dans un contexte dajustement structurel.
Par ailleurs, le renforcement des capacités techniques des structures de pilotage, de planification et de gestion aux niveaux central, régional et local qui a démarré depuis quelques années sera généralisé dans le cadre dun prochain programme de développement du secteur de léducation et de la formation. Le processus de déconcentration de ladministration de léducation dans le but dalléger les procédures administratives, se poursuit également.
II.5 Formation à des compétences essentielles
La finalité de tout apprentissage cest de développer chez lindividu des connaissances et des compétences intellectuelles et physiques. Ces facultés lui permettent de sépanouir, de se comporter en harmonie avec son environnement, de sy adapter et de participer efficacement à son développement économique et social. Partant de ce constat, la Mauritanie sest attelée, bien avant la conférence de Jomtien, à mettre en place des structures de formation débouchant sur des qualifications en adéquation avec le marché de lemploi et répondant aux attentes des initiatives privées. Cest à ce titre que le projet Education IV exclusivement consacré à lenseignement technique et à la formation professionnelle prévoit le renforcement des structures daccueil, la création de nouvelles filières, lacquisition de nouveaux équipements et la réhabilitation des infrastructures existantes dans les divers établissements.
Dans la deuxième phase, le Gouvernement entend diversifier et déconcentrer les formations professionnelles par la création des trois nouveaux lycées denseignement professionnel à Rosso, Kiffa et Akjoujt. Les actions porteront sur lencadrement pédagogique en vue daméliorer le fonctionnement des structures et la pertinence de la formation. Les objectifs visent à permettre le remplacement des expatriés, qui constituent la majorité du corps professoral de lenseignement technique, par des cadres nationaux. Les programmes seront réactualisés en adéquation avec le marché de lemploi. Ces mesures porteront la capacité daccueil de 1 200 places actuellement à 2 300 à la fin du projet.
Plusieurs départements ministériels, en dehors du ministère de léducation, ont sous leur tutelle un ou plusieurs établissements de formation.
5.1. Le Ministère de lEducation Nationale
Ce Département gère les établissements relevant des trois principaux ordres denseignement que sont lenseignement fondamental, lenseignement secondaire et lenseignement supérieur.
Lenseignement secondaire compte 95 établissements dispensent un enseignement général réparti dans deux cycles de trois ans chacun et sanctionné respectivement par le Brevet dEtudes de Premier Cycle (BEPC) et le Baccalauréat qui comprend trois options : lettres, mathématiques et sciences. Ces diplômes ne conduisent pas directement à lemploi. En 1998/1999, le secondaire général accueille 60 069 élèves dont 41 % de filles.
Par contre les établissements denseignement professionnel et technique assurent la formation denseignants et techniciens directement injectés sur le marché de lemploi.
a. Lenseignement normal : Il assure la formation du personnel enseignant de lenseignement fondamental dans les deux ENI (écoles normales dinstituteurs) que compte le pays et situées à Nouakchott et à Aïoun (à lEst). De 1990 à 1999 les deux établissements ont formé plus de 6993 enseignants couvrant les besoins de remplacement et de recrutement des maîtres. La durée de la formation est dun an pour les titulaires du baccalauréat et de trois ans pour un niveau inférieur. Un programme visant à recruter des instituteurs adjoints de niveau BEPC plus un an de formation professionnelle vient dêtre lancé.
Lenseignement normal est entièrement pris en charge par léducation qui lui consacre un peu plus de 1.8% de son budget soit 92 millions douguiya pour lexercice 1999 contre 83 millions en 1990.
b. Lenseignement technique : Il est dispensé dans quatre établissements qui totalisaient, en 1998/99, 1677 élèves répartis dans les spécialités industrielles, navales, commerciales et assimilées. Laccroissement moyen des effectifs au cours de cinq dernières années est de 4.5%. La formation est de deux ans. Elle est sanctionnée par deux diplômes de niveaux différents : Brevet dEnseignement Professionnel (BEP) pour le cycle inférieur et Brevet Technique (BT) pour le cycle supérieur.
Le tableau ci-après présente les disciplines enseignées dans les établissements
Tableau 3 : Distribution des spécialités enseignées par centre de formation
| Centres de formation | Spécialités |
|
Lycée technique de Nouakchott |
Construction métallique Electricité bâtiments Génie civil - Travaux publics et bureaux détudes Génie électrique Génie mécanique Mécanique auto |
|
Lycée Commercial de Nouakchott
|
BT de comptabilité BT de secrétariat BEP de comptabilité BEP de secrétariat |
|
Collège Technique de Nouadhibou |
Froid industriel Maçonnerie Menuiserie Mécanique diesel Charpente marine |
Source: Direction de la Planification et de la Coopération/MEN
Un nouveau centre de formation agro-pastorale a ouvert ses portes cette année à Boghé. Il est destiné à combler le vide causé par larrêt de recrutement de nouvelles promotions à lEcole Nationale de Formation et de Vulgarisation Agricole de Kaédi qui se consacre actuellement à la formation continue.
Le budget de lenseignement technique représente un peu moins de 3% du budget de léducation soit 201 millions douguiya en 1998.
Quant à lenseignement supérieur, il est dispensé dans trois établissements (lUniversité de Nouakchott, lEcole Normale Supérieure et le Centre Supérieur de lEnseignement Technique) qui assurent la formation des cadres de haut niveau dont une partie est recrutée par ladministration publique. Leffectif total des étudiants nationaux se chiffre à 12912 dont 10473 sur le sol national et 2439 à létranger.
LUniversité de Nouakchott abrite depuis quelques années un projet de développement des nouvelles technologies de linformation et un centre de ressources informatiques (CRI). Le micro-ordinateur est aujourdhui utilisé couramment dans la quasi-totalité des services de ladministration publique et des entreprises privées. Le nombre dusagers de lInternet est estimé à prés de 1500 en 1999.Quatre etablissements et l'Eni sont en voie de connexion.
Il faut noter par ailleurs quil existe deux autres établissements denseignement supérieur sous la tutelle du Ministère de la Culture et de lOrientation Islamique et du Ministère de la Fonction Publique, du Travail, de la Jeunesse et des Sports. Il sagit respectivement de lInstitut Supérieur dEtudes et de Recherche Islamique (ISERI) et de lécole Nationale dAdministration (ENA).
Comme les autres ordres denseignement, les établissements denseignement supérieur sont intégralement financés par lEtat et jouissent dune autonomie financière. Le budget alloué à lenseignement supérieur (relevant du Ministère de lEducation Nationale) représente 20% du budget de lEducation, soit 1250 millions douguiya en 1999.
5.2. Les Ministères techniques disposant dune école de formation
5.2.1. Le Ministère de la Santé et des Affaires Sociales
- LEcole Nationale de la Santé Publique (ENSP) : Créée en 1967 sous le nom de lEcole Nationale des Infirmiers et Sages-Femmes avant dêtre rebaptisée en 1982, lENSP assure la formation des cadres moyens et subalternes du personnel médical et paramédical du ministère de la santé. Entre 1990 et 1995 les effectifs ont plus que doublé passant ainsi de 146 à 323 unités. Lencadrement est assuré à plus de 90% par des cadres nationaux. Le recrutement se fait par voie de concours direct et professionnel. La durée des études varie de deux à trois ans en fonction de la spécialité choisie.
Lécole ne jouit pas dautonomie financière. Son budget pour lannée 1996 sélève à 21,9 millions douguiya soit 1.3% du ministère de la santé.
5.2.2. Le Ministère de la Pêche et de lEconomie Maritime et de peche(ENEMP)
Cette ecole assure la formation des officiers de la marine marchande(Pont et machine).
Le recrutement se fait par concours et la durée du cycle est dune année scolaire. lécole recrute en moyenne 40 stagiaires/an.le personnel est constitué par des nationaux recrutés sur concours.
LENEMP jouit dune autonomie financière et dun conseil dadministration. Le budget est passé de 24 millions en 1989 à 154.6 millions douguiya en 1995.Le secteur prive membre du CA contribue a ce budget.
5.2.3. Le Ministère du Développement Rural et de lEnvironnement
a. Ecole Nationale de Formation et de Vulgarisation Agricole (ENFVA) : Créée en 1962 sous le nom de Centre dApprentissage, lENFVA a formé depuis plus dun millier de fonctionnaires destinés au secteur rural : agriculture, protection de la nature et élevage. Lécole dispense deux catégories de formation :
un cycle de deux ans qui donne accès au diplôme de moniteur de léconomie rurale ou dinfirmier délevage ;
un cycle de trois ans débouchant sur le grade de conducteur de léconomie rurale ou dassistant délevage. La spécialité de léconomie rurale comprend une option agriculture et une option protection de la nature.
LENFVA ne recrute plus mais se consacre plutôt au perfectionnement du personnel en service et du personnel privé exerçant des activités rurales. Une étude pour sa réorientation en adéquation avec le marché de lemploi attend dêtre approuvée.
Le budget de lécole est resté pratiquement au même niveau. Il est passé de 24.1 à 25.5 millions ouguiya au cours des cinq dernières années.
b. Centre de Formation Coopérative de Boghé (CFCB) : Le centre est ouvert en 1978 pour répondre aux besoins des coopératives rurales en matière de formation des producteurs de base. La formation couvre les domaines suivants :
techniques de transformation et de conservation des produits agricoles ;
suivi et maintenance des motopompes et dautres engins agricoles ;
gestion coopérative ;
formation des animateurs ruraux..
Le centre a formé depuis sa création près de 600 producteurs dont 75% de femmes. Le personnel formateur est composé de 22 enseignants de niveau supérieur.
Le budget, dun montant de 4 millions douguiya, est absorbé pour lessentiel par les salaires.
5.2.4. Le Ministère de lHydraulique et de lEnergie.
- LEcole des Métiers SONELEC (EMS) : Elle est créée en 1987 à la place du Centre de Formation Professionnelle pour assurer la formation initiale et continue des fonctionnaires et agents de la Société Nationale dEau et dElectricité (SONELEC). Elle a une capacité daccueil de 50 places et forme dans les disciplines suivantes :
distribution électrique ;
production délectricité ;
métiers de leau (canalisation, branchement...) ;
formation technico-commerciale (gestion de la clientèle).
Lencadrement est assuré par quatre formateurs nationaux issus des effectifs de la SONELEC pour un budget de 20 millions douguiya.
5.2.5. Le Ministère de lIntérieur, des Postes et Télécommunications
- lEcole de lOffice des Postes et Télécommunications (EOPT) : Elle remplace le Centre de Formation Professionnelle créé en 1981 pour répondre aux besoins de lOPT en matière de formation des cadres moyens et subalternes. Cette activité se poursuit actuellement mais sous forme de stages de courte durée demandés par les différents départements de lOPT qui définissent leurs propres programmes. Le personnel enseignant est constitué dingénieurs de lOPT.
5.2.6. Le Ministère de la Fonction Publique, du Travail, de la Jeunesse et des Sports
- Les Centres de Formation et Perfectionnent Professionnels (CFPP) : Répartis dans cinq régions du pays, ces centres, dune capacité daccueil de 800 places, dispensent une formation pour les besoins immédiats du secteur informel de lemploi. Les formateurs tous nationaux sont recrutés par voie de concours avec dix ans dexpérience et ont suivi deux ans de formation dans des instituts spécialisés à létranger.
Les spécialités ciaprès sont enseignées dans ces CFPP :
Entre 1990 et 1998, les CFPP ont formé et mis sur le marché de lemploi 5838 ouvriers qualifiés.
Dans le même cadre, lEtat a entrepris une politique de révision des programmes de lenseignement originel pour y inclure des formations spécialisées comme celles qui sont dispensées dans les CFPP. Cest à ce titre que la Banque Islamique de Développement a financé la construction et léquipement dun Centre de Formation et de Perfectionnement des Mahadras (CFPM) qui a déjà produit une promotion de 75 ouvriers spécialisés.
Des mahadras expérimentales sont également ouvertes dans les localités ne disposant pas décoles. Ces mahadras associent à lenseignement traditionnel, lenseignement des disciplines scientifiques et déveil dans la perspective dune insertion plus souple dans la vie active.
En dehors des institutions étatiques, plusieurs centres et ateliers de mécanique, de soudure, de tôlerie, délectricité, de peinture, de plomberie... financés par des initiatives privées existent dans la plupart des régions et dispensent des formations (enseignement non formel et formation sur le tas) diversifiées, parfois sur mesure pour satisfaire la demande de main-duvre locale.
Une étude plus approfondie permettrait de disposer de meilleures informations sur ces centres et de saisir le rôle important quils jouent pour la promotion du secteur informel de lemploi. Lenseignement technique et la formation professionnelle, axes prioritaires dans le cadre de la lutte contre le chômage et la pauvreté, commencent à se développer et à être organisés par les départements de tutelle. Les effectifs inscrits dans lenseignement technique et professionnel ne représentent en 1998/99 que 3% de lensemble des effectifs du secondaire.
II.6 Education pour une vie meilleure
Cette préoccupation est prise en compte de façon croissante comme si les mutations de la société, la mondialisation et la révolution dans le domaine de la communication et les effets pervers de ces différents phénomènes rendaient plus que jamais urgent de préparer la société dans son ensemble à pouvoir dune part tirer le meilleur parti des opportunités quoffre lavènement dun monde nouveau et dautre part, à prémunir de façon efficace et durable contre les dérapages multiformes qui pourraient en résulter.
Le Chef de lEtat lui-même a initié et lancé une campagne à travers tout le pays autour du thème le savoir pour tous.
Cette campagne cherche à sensibiliser les populations sur la nécessité de prendre conscience des changements liés à la mondialisation et des opportunités offertes par la maîtrise de la science et de la technologie qui constituent un patrimoine commun de lhumanité mis à la disposition de toutes sociétés animées de la volonté de le mettre à son service.
Dans ce cadre, il engage le pays à éradiquer lanalphabétisme, à lutter contre
les grandes endémies, à diffuser le savoir et le savoir-faire.
Les universitaires, les cadres, les leaders dopinion jouent un rôle actif dans la conduite de cette campagne.
Des prix nationaux ont été institués par le gouvernement en récompense aux meilleures productions intellectuelles, scientifiques et techniques.
Des équipes mobiles de formation professionnelle sillonnent villes et villages à travers tout le pays pour mettre en place des structures locales dappui au développement du savoir-faire tourné autour des besoins des populations en relation avec les changements sociaux et économiques qui sopèrent à la faveur des nouveaux programmes d investissements requérant des changements de comportement.
Cette initiative crée un contexte favorable aux programmes concourant à une vie meilleure.
Les programmes de vaccination, dont le lancement est régulièrement supervisé par le Chef de lEtat accusent dannée en année un record de couverture grâce à une large sensibilisation sur la participation.
La société civile, les médias et les Imams de mosquée se mobilisent dans les campagnes de lutte contre le SIDA, lusage de la Drogue, les méfaits de lanalphabétisme, pour la défense des droits de lhomme, la protection de lenfance, la scolarisation des filles ou la promotion des femmes.
Des programmes scolaires comportent de nombreux aspects liés à léducation pour une vie meilleure tels que léducation à la vie familiale, les problèmes de population, lenvironnement, la santé, la nutrition, linstruction civique etc..
Toutes ces activités reflètent la prise de conscience que laspiration à une vie meilleure est de plus en plus exigeante et que la satisfaction de cette aspiration requiert une large mobilisation.
Léducation est aujourdhui perçue comme le vecteur principal de cette mobilisation.
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