| L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays | ||
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II.7. Evaluation générale des progrès et Perspectives
a) Evaluation
Léducation de base formelle et non formelle ainsi que la formation à des compétences essentielles ont connu un développement remarquable au cours des dix dernières années.
Dans le domaine de léducation de base formelle, la situation en terme daccès et doffre, en 1998/99 est la suivante :
les taux brut et net de scolarisation dans lenseignement fondamental ont atteint respectivement 86 % et 63% ;
Dans le domaine de léducation non formelle et de la formation à des compétences essentielles, les efforts déployés ont permis dobtenir des résultats encourageants :
Léducation et la formation des filles et des femmes ont été renforcées dans le cadre dune politique globale de promotion féminine dont la mise en uvre a été confiée à un Secrétariat dEtat à la Condition Féminine créé en 1992.
Léducation pour une vie meilleure bénéficie de plus en plus dattention à travers les campagnes officielles impliquant les plus hautes autorités de lEtat, les leaders dopinions, la société civile.
Des programmes spécifiques interviennent sur le terrain pour améliorer les conditions de vie de nos populations. Des média sassocient à ces efforts. Il ressort de ce bilan, que des progrès significatifs ont été enregistrés en ce qui concerne le développement de lEducation de base depuis la Conférence de Jomtien.
Ces progrès concernent notamment :
Cependant, le système éducatif reste marqué par un certain nombre dinsuffisances et de dysfonctionnements, tant sur le plan de laccessibilité aux différents cycles denseignement que sur le plan qualitatif et organisationnel.
La généralisation de lenseignement fondamental nest pas encore réalisée.
En effet, les taux nets dadmission et de scolarisation ne sont que de 30% et 63% en 98/99 et les disparités entre genres et régions, restent non négligeables.
Les opportunités daccès à lenseignement secondaire sont encore faibles. Le nombre délèves ayant accédé au secondaire en 1998/99 a atteint 14701, soit un taux de transition de lordre 35.3%.
Les modalités de transition du Fondamental au Secondaire posent un problème déquité et defficacité. Un quota fixé uniformément pour toutes les régions conduit, selon le cas, soit à refuser ladmission délèves aptes à poursuivre des études secondaires (score supérieur à la moyenne), soit à admettre des élèves dont les performances sont en deçà de la moyenne exigée.
Le personnel enseignant demeure sous-utilisé à cause de la dualité du système (larabe et le français étant enseignés séparément) et limportance des écoles à structures incomplètes (43% des écoles sont à classe unique, contre seulement 16% des écoles à structure complète. Même si la qualification des maîtres a fait lobjet dimportantes mesures, leur impact nest pas encore visible si lon en juge par lappréciation négative que se fait lopinion publique du niveau des éléves qui ne cessent de baisser. En plus le recrutement dune proportion de plus en plus importante dinstituteurs adjoints est probablement un autre facteur qui contribuera davantage à la détérioration de la qualité de lenseignement. Le choix de cette option, du point de vue de la demande ne se justifie pas dans la mesure où lon observe une surproduction de diplômés post baccalauréat à la quête dun emploi. Ils pourraient être recrutés sur poste si les ressources budgétaires le permettaient.
La qualité de lenseignement souffre également des déficiences de lencadrement pédagogique et administratif qui se situent au niveau des modalités de recrutement de ce personnel (ancienneté). Il y a lieu également de signaler linsuffisance des moyens alloués à laccomplissement des missions de suivi et de contrôle rapproché des établissements et des enseignants.
Le budget de lenseignement fondamental dont la part représente 49.6% du budget de léducation consacre très peu de dépenses (3% ) aux fournitures scolaires et équipements pédagogiques. La formation dun personnel qualifié enseignant est une mesure nécessaire mais pas suffisante pour assurer un enseignement de qualité. Un renforcement de ce budget devrait accorder une part plus importante aux équipements pédagogiques et matériels didactiques à distribuer aux élèves et aux enseignants. Les dépenses dinvestissements financées et affectées à léducation se caractérisent par leur dépendance.
Laide extérieure qui prend en charge la quasi-totalité de ce volet ne peut constituer une solution durable
En matière de lutte contre lanalphabétisme, malgré les efforts déployés, ce fléau est loin dêtre éradiqué ; globalement une personne sur deux et plus de deux femmes sur trois restent encore analphabètes. La qualité des programmes dalphabétisation souffre également dun manque de personnel dencadrement qualifié et doutils pédagogiques.
Dans le domaine de la promotion féminine, lanalyse de la situation des filles et des femmes montre quil existe encore une forte inégalité des chances qui limite leur participation au développement économique et social, notamment en matière dinstruction, de travail et de revenu.
Lefficacité externe du système de formation est faible et ne contribue pas suffisamment à linsertion des sortants dans la vie active, ce qui dénote un manque de pertinence des programmes en vigueur dans les différents types denseignement.
b. Perspectives de développement du système éducatif
Les perspectives seront envisagées à la lumière de la nouvelle réforme du systéme éducatif national adoptée en avril 1999.
Cette réforme a dressé un diagnostic lucide du système mettant laccent sur les insuffisances et les points faibles qui le caractérisent à savoir :
Partant de ce constat. La nouvelle réforme se propose de :
A cet effet, les stratégies et programmes daction viseront :
Lélaboration dun programme de développement décennal du système reflétant une vision à long terme devant se traduire par la mise en place et lexécution du programme daction annuel offrira de meilleures conditions pour la mise en oeuvre de cette stratégie à travers la mobilisation à son profit de lensemble des partenaires.
Conclusion
La Décennie qui sachève aura été une une période riche en événements concernant léducation de base.
La Conférence de Jomtien aura été incontestablement un puissant catalyseur.
Dans de nombreux pays africains des progrès ont été réalisés, souvent plus quantitatifs que qualitatifs, il est vrai.
Dans dautres pays ou les progrés ont été moindres, la prise de conscience des insuffisances est aujourdhui plus aiguë et la recherche dalternatives plus active.
En Mauritanie, la Décennie a été marquée par une expansion sans précèdent de léducation de base et sachève sur une prise de conscience salutaire des faiblesses du système, notamment au plan de la qualité et de la pertinence.
La nouvelle réforme du système éducatif national entrée en vigueur à la rentrée scolaire 1999-2000, se propose justement de hisser notre enseignement à la hauteur des défis quannonce le troisième millénaire.
La volonté politique est déjà acquise. Le fait que le Premier Ministre préside un comité interministériel chargé du suivi de la réforme est une confirmation.
Jomtien aura donc été pour lAfrique loccasion de se remettre en cause à travers de nombreux débats sur léducation de base, dêtre à lécoute dexpériences porteuses, à la recherche dalternatives plus prometteuses pour lémergence dune école pour tous, une école de qualité.
Le début de la prochaine décennie sera loccasion à Dakar, sur le sol africain, disoler le bon grain de livraie pour apprécier à leur juste valeur les acquis de Jomtien et bâtir sur cette base une nouvelle dynamique pour réaliser au cours de la décennie qui commence ce que la décennie précédente, malgré des efforts louables na pas pu réaliser : léducation pour tous à lhorizon 2000.
Là également la volonté politique semble acquise, la solidarité internationale sera t-elle, cette fois, au rendez-vous ? .
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