L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays Page d'accueil du forum mondial sur l'éducation
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DEUXIEME PARTIE : IMPACT DE LA DECENNIE EPT

6 Progrès vers les objectifs et les buts

Les objectifs fixés par le Niger après Jomtien étaient nobles, peut être pas assez ambitieux mais suffisamment réalistes pour qu’ils puissent être atteints si les moyens de mise en œuvre avaient suivi.

6.1 Protection et éveil de la petite enfance (PEE)

Le but poursuivi par le plan est de porter le taux d’encadrement de la petite enfance de 0,7 % en 1990 à 7,5 % en 2000.

6.1.1 Structures de prise en charge de la PEE

Il existe plusieurs filières (ou programme) formelles ou non formelles prenant en charge la protection et l'éveil de la petite enfance.

6.1.1.1 Dans le cadre formel, deux Ministères s'occupent de l'organisation et de la gestion des structures d'accueil de la petite enfance :

Aussi bien dans les établissements d'enseignement préscolaires que dans les centres d'accueil et de protection des enfants en difficultés sociales, le public est composé d'enfants de 3 à 6 ans qui bénéficient des services de maîtresses ou de marraines pour leur éducation. Les enfants apprennent à lire, à écrire et à s'exprimer par le désir dans un cadre où les activités ludiques sont très développées.

Le constat dans ce secteur est que les effectifs des élèves des établissements n’évoluent pratiquement pas depuis une dizaine d'années et la proportion des enfants bénéficiaires de ce cadre n'a pas encore atteint 1 % du groupe d'âge (3 - 6 ans). C’est dire que l’objectif de 7,5% de taux d’inscription à atteindre en l’an 2000 reste compromis tant l’écart paraît énorme à combler.

6.1.1.2 Dans un cadre non formel mais bien structuré, d'autres enfants sont pris en charge par des marabouts (éducateurs au niveau des écoles coraniques). Les écoles coraniques sont un cadre dans lequel l'enfant, placé sous la responsabilité du marabout, apprend à réciter et à lire des versets du coran. Cela le prédispose à un apprentissage ultérieur. Les parents y placent leurs enfants pour qu'ils reçoivent une éducation islamique mais surtout pour les préparer à mieux s'insérer dans la vie active.

A partir de 3 ans, l'enfant est souvent confié au marabout pour une longue période. Cette forme d'éducation aide beaucoup d'enfants à mieux affronter le système scolaire classique. L'enfant est, en effet, préparé aux exigences de la fréquentation scolaire mais surtout est familiarisé aux techniques d'apprentissage.

Un recensement de ces écoles coraniques, fait sur l'ensemble du territoire national, a permis d’en dénombrer 40.000 avec un effectif moyen de 20 élèves par école, soit quelques 800.000 élèves fréquentant ces types de structures, ce qui représente près de 51 % du groupe d'âge 3 - 6 ans.

Ces structures n'étant pas prises en compte dans le recensement scolaire du Ministère de l’éducation nationale ni même dans celui du Ministère du développement social, les enfants qui les fréquentent ne sont donc pas comptabilisés dans les effectifs des structures d’éveil et de protection de la petite enfance de l'Etat et, conséquemment dans les statistiques scolaires officielles.

Mais fort de l’engouement que suscitent ces structures d'encadrement de la jeunesse, le Ministère de l'Education Nationale avec l'appui de la BID envisage une réorganisation de ces "écoles" pour en faire des "tremplins" à l'enseignement primaire. Cette idée découle de l'examen de la capacité actuelle très limitée de l'Etat à développer les structures formelles d'encadrement de la petite enfance, surtout à cause de la cherté du secteur due elle - même à la spécificité du matériel pédagogique.

6.1.2 Que s’est - il passé depuis Jomtien dans ce secteur ?

Après Jomtien, le Plan d’Action National a prévu d’atteindre un taux d’encadrement de 7,5 % à l’an 2000, soit 200 000 enfants de la tranche d’âge 3 – 6 ans par :

Tableau N° : Récapitulatif des prévisions et réalisations en matière de PEE

Prévisions pour 2000 Réalisations en 1998/99 Taux de réalisation Gap à combler
Jardins d’enfants et garderies communautaires Ecoles

519

133

25,62%

386

classes

2 238

440

19,66 %

1 798

Classes maternelles Ecoles

358

0

0 %

358

classes

1 433

0

0 %

1 433

Enseignants

2 262

533

23,56 %

1 729

Inspecteurs

12

3

25 %

9

Unités de fabrication de matériels didactiques

8

0

0 %

8

Taux de scolarisation

7,5 %

1 %

13,33 %

6,5 points

Il ressort de l’examen du tableau ci-dessus que les objectifs assignés n’ont pas été atteints. En effet, on relève une réalisation de 25,62 % au maximum quel que soit l’objectif concerné. Certains objectifs, pourtant essentiels à la promotion de ce secteur, n’ont même pas connu un début de réalisation notamment les unités de production de matériels didactiques.

Tableau : Evolution de la population scolarisable dans les PEE

1989/90

1990/91

1991/92

1992/93

1993/94

1994/95

1995/96

1996/97

1997/98

1998/99

MF

1 238 676

1 278 314

1 319 220

1 361 435

1 405 001

1 449 961

1 496 360

1 544 243

1 593 659

1 644 656

M

622 559

642 481

663 040

684 257

706 153

728 750

752 070

776 137

800 973

826 604

F

616 118

635 833

656 180

677 178

698 847

721 211

744 289

768 107

792 686

818 052

Pendant la décennie 1990/99, la population scolarisable du groupe d’âge 3 – 6 ans a considérablement augmenté du fait, certainement, d’un fort croît démographique. En effet, en plus de son importance numérique (17 % de la population), la population de la tranche 3-6 ans augmente à un rythme moyen annuel de plus de 3,6 %. Cela appelle naturellement un effort énorme de scolarisation pour espérer atteindre 7,5 % de TBS en 1999 à partir du taux initial de 0,7 % en 1990. En termes absolus, ce taux correspondrait à l’encadrement de 127.750 enfants, soit dix fois plus que l’effort actuellement fait.

Tableau N°: Evolution des effectifs élèves du préscolaire par sexe

1989/90

1990/91

1991/92

1992/93

1993/94

1994/95

1995/96

1996/97

1997/98

1998/99

MF

10900

9 376

13 177

14034

11 653

9 939

9 203

10 638

11 764

11 564

M

5 753

4 880

6 815

7203

5 898

5 106

4 736

5 446

5 845

5 785

F

5 237

4 496

6 362

6782

5 755

4 833

4 467

5 192

5 919

5 779

F/M

0,91

0,92

0,93

0,94

0,98

0,95

0,94

0,95

1,01

1,00

Graphique N° : Evolution comparée des effectifs d’élèves et de la population scolarisable

L’examen du tableau ci-dessus montre que les effectifs du préscolaire ont connu une évolution relativement très lente (2,66 % d’accroissement annuel moyen) et en dents de scie. Cette progression des effectifs en deçà de celle de la population scolarisable ne permet guère d’atteindre les objectifs escomptés en matière de scolarisation de la petite enfance. En effet, le taux de réalisation des prévisions n’est que de 9,4 % (seulement 11 564 enfants ont été scolarisés sur les 123 349 attendus en fin de décennie). S’il est certain que le pays inscrit l’éveil et la protection de la petite enfance parmi les priorités de sa politique d’éducation, il reste cependant que la mise en œuvre du Plan d’Action élaboré en 1992 n’a pas été effective. En effet, non seulement le plan visait des objectifs assez ambitieux et peu réalistes compte tenu de la cherté du secteur mais aucune des stratégies prévues de mobilisation de ressources pour ce secteur n'a été opérationnalisée.

Tableau : Evolution des effectifs élèves du préscolaire par région et par statut de l’établissement

Année

1990/91

1998/99

?/an

Région

Effectifs Pu + Pr

Effectifs Pu + Pr

Effectifs Pu + Pr

Agadez

955

1438

5,25%

Diffa

111

147

3,57%

Dosso

606

906

5,16%

Maradi

786

1251

5,98%

Niamey

5037

5532

1,18%

Tahoua

649

766

2,09%

Tillabéri

413

501

2,44%

Zinder

819

1023

2,82%

TOTAL NATIONAL

9376

11564

2,66%

Zone rurale

-

-

-

Zone urbaine

9 376

11 564

2,66%

L’enseignement préscolaire au Niger a la particularité d’être essentiellement implanté en zone urbaine (100 % des effectifs) et d’être partout payant, dans le privé tout comme dans le public. C’est le seul type d’enseignement où le privé est très développé. En effet, le privé représente 45,4 % des effectifs d’élèves et progresse à un rythme de 3,08 % tandis - que le public n’avance qu’à peine 1 % en moyenne par an.

On observe, en outre, une forte disparité régionale. En effet, la seule ville de Niamey (capitale du pays) enregistre près de la moitié des effectifs d’élèves et trois des régions ne sont pas dotées de structures d’accueil dans le préscolaire formel.

Enfin on ne relève pas de disparités en matière de scolarisation entre genre. En effet, l’indice de parité fille/garçon est proche de 1 (0,94 en moyenne au cours de la décennie 90). Cette situation d’équité apparente entre sexe peut s’expliquer par le fait qu’à ce niveau de scolarisation les parents d’élèves, qui sont dans leur grande majorité des fonctionnaires ou d’un niveau de vie élevé, n’ont pas de préférence de sexe quant à la scolarisation de leurs enfants.

Tableau : Evolution du Taux Brut de Scolarisation dans le préscolaire (Indicateur 1)

1989/90

1990/91

1991/92

1992/93

1993/94

1994/95

1995/96

1996/97

1997/98

1998/99

MF

0,9%

0,7%

1,0%

1,0%

0,8%

0,7%

0,6%

0,7%

0,7%

0,7%

M

0,9%

0,8%

1,0%

1,0%

0,8%

0,7%

0,6%

0,7%

0,7%

0,7%

F

0,9%

0,7%

1,0%

1,0%

0,8%

0,7%

0,6%

0,7%

0,7%

0,7%

On relève un très faible niveau de participation de l’enseignement préscolaire au Niger (à peine 1 % de TBS). Sur un plan général, on peut dire que la quasi stagnation des taux bruts de scolarisation constatée dénote non seulement du croît démographique du pays (3,2 % d’accroissement annuel de la population) mais surtout du manque de politique affirmée par l’Etat pour une mobilisation des ressources en faveur de ce secteur.

En matière de protection et d'éveil de la petite enfance, le Niger doit élaborer et mettre en œuvre une politique claire et incitative de protection et d'éveil de la petite enfance en ce sens que le développement de ce secteur contribuerait à améliorer les résultats scolaires des élèves devant accéder au primaire.

Indicateur 2 : Pourcentage des nouveaux élèves de première année de l’enseignement primaire ayant suivi un type quelconque de programme organisé d’éveil de la petite enfance.

Tableau N° : Evolution des nouveaux entrants au CI ayant fréquenté un jardin d’enfants ou classes maternelles.

Années scolaires

Enfants PEE (6 ans et +)

Nouveaux entrants CI (NECI )

% des PEE dans NECI

Total

filles

Total

filles

Total

filles

1996/97

2 115

1 001

92 356

37 193

-

-

1997/98

2 291

1 102

92 522

37 339

2,3%

2,7%

1998/99

2 051

989

132 650

53 275

1,7%

2,1%

Très peu d'enfants nigériens admis en 1ère année d’études primaires bénéficient d'un programme organisé d'éveil de la petite enfance. En effet, même si tous ceux qui sont inscrits en "grande maternelle" venaient à être inscrits en 1ère année du primaire l'année d'après, la proportion de cette catégorie d’enfants ne dépassera guère les 3 % des nouvelles admissions.


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