L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays Page d'accueil du forum mondial sur l'éducation
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6.2 ENSEIGNEMENT PRIMAIRE

Toutes les formes organisées d'enseignement primaire sont données sous la supervision de l'Etat aussi bien dans le secteur public que dans le secteur privé. L'éducation de base, au Niger, concerne, depuis toujours, l'enseignement primaire. Mais à partir de 1998, année de la promulgation de la loi d'orientation du système éducatif nigérien, l'enseignement de base englobe non seulement le primaire et le préscolaire mais aussi le premier cycle de l'enseignement secondaire.

L'évaluation que nous allons faire des progrès accomplis depuis 1990 porte essentiellement sur l'enseignement primaire.

6.2.1 Taux brut d’admission (indicateur 3):

Nouveaux élèves de première année de l’enseignement primaire en pourcentage de la population ayant l’âge officiel d’admission dans cet enseignement

Un taux brut d’admission élevé témoigne de la capacité du pays à accueillir dans son système éducatif un maximum d’enfants en âge d’aller à l’école. L’école étant un droit pour tout enfant nigérien, l’Etat s’attèle à satisfaire cet impératif, même si sa réalisation est intimement liée aux disponibilités en ressources conséquentes.

Tableau : Evolution de la population des enfants de 7 ans

1989/90

1990/91

1991/92

1992/93

1993/94

1994/95

1995/96

1996/97

1997/98 1998/99

MF

265 437

275 130

285 177

295 592

306 386

317 575

329 173

341 194

353 654

366 569

M

136 307

141 285

146 444

151 792

157 335

163 081

169 037

175 210

181 608

188 240

F

129 130

133 845

138 733

143 800

149 051

154 494

160 136

165 984

172 046

178 329

Tableau : Evolution des nouveaux inscrits au CI

1989/90

1990/91

1991/92

1992/93

1993/94

1994/95

1995/96

1996/97

1997/98 1998/99

MF

64 277

64 811

64 750

70 026

75 732

81 903

88 578

92 356

92 522

132 650

M

40 678

41 079

40 787

43 864

47 172

50 730

54 557

55 163

55 183

79 375

F

23 599

23 732

23 963

26 162

28 560

31 173

34 021

37 193

37 339

53 275

Le Niger a prévu d’atteindre en 2000 un taux brut d’admission en première année de l’enseignement primaire de 45 % avec une progression moyenne annuelle de 8 %.

Tableau N°: Evolution des taux bruts d’admission par sexe

1989/90

1990/91

1991/92

1992/93

1993/94

1994/95

1995/96

1996/97

1997/98 1998/99

MF

24,2%

23,6%

22,7%

23,7%

24,7%

25,8%

26,9%

27,1%

26,2%

36,2%

M

29,8%

29,1%

27,9%

28,9%

30,0%

31,1%

32,3%

31,5%

30,4%

42,2%

F

18,3%

17,7%

17,3%

18,2%

19,2%

20,2%

21,2%

22,4%

21,7%

29,9%

F/M

0,61

0,61

0,62

0,63

0,64

0,65

0,66

0,71

0,71

0,71

Graphique N° : Evolution des TBA par sexe

Les taux bruts d'admission en première année demeurent faibles depuis une dizaine d'années. De 23,6 % en 1990, le taux d'admission en première année est passé à 36,2 % en 1998 soit une progression annuelle moyenne de 5,5 %. Cette progression certes significative, reste tout de même en deçà de l’objectif de 8 % fixé en 1990. Le niveau d'accès à l'enseignement primaire reste donc très faible puisque les admis en 1ère année ne représentent qu'un peu plus du tiers du groupe d'âge. C'est dire que les 2/3 de ces enfants resteront sans instruction si rien n'est entrepris, soit pour les alphabétiser, soit pour au moins créer un circuit de formation dans lequel ils pourraient s'insérer.

Tableau : Evolution du TBA par région et par sexe

Année

1990/91

1998/99

Région

Taux brut d'admission au CI

Indice parité

Taux brut d'admission au CI

Indice parité

MF

M

F

F/M

MF

M

F

F/M

Agadez

29,5%

33,8%

25,0%

0,74

42,4%

46,8%

37,9%

0,81

Diffa

26,8%

29,8%

23,5%

0,79

33,5%

36,1%

30,8%

0,85

Dosso

21,4%

28,0%

14,4%

0,52

40,5%

48,4%

32,1%

0,66

Maradi

19,1%

27,8%

10,3%

0,37

36,0%

45,9%

25,9%

0,57

Niamey

63,2%

64,2%

62,1%

0,97

81,6%

82,6%

80,6%

0,97

Tahoua

22,5%

31,1%

13,1%

0,42

33,0%

41,7%

23,6%

0,57

Tillabéri

22,6%

25,0%

20,1%

0,80

32,4%

34,9%

29,8%

0,86

Zinder

17,7%

21,6%

13,5%

0,63

25,1%

29,4%

20,4%

0,70

TOTAL NATIONAL

23,6%

29,1%

17,7%

0,61

36,2%

42,2%

29,9%

0,71

Zone urbaine

73,7%

76,3%

70,8%

0,93

Zone rurale

28,9%

35,4%

22,1%

0,63

Les disparités interrégionales du point de vue de l’admission en 1ère année sont assez prononcées surtout lorsqu’on compare Niamey la capitale aux autres régions du pays. Aussi, les filles accèdent-elles à l’école beaucoup moins que les garçons (29,9 % contre 42,2 % en 1998), avec un écart particulièrement prononcé dans les régions de Tahoua, Zinder et Maradi. Cette disparité de scolarisation entre garçons et filles s’observe beaucoup plus en milieu rural (22,1 % de filles contre 35,4 % de garçons) qu’en milieu urbain où l’indice de parité est de 0,93.

6.2.2 Taux net d’admission (indicateur 4) :

Nouveaux élèves de première année de l’enseignement primaire ayant l’âge officiel d’admission dans cet enseignement en pourcentage de la population correspondante.

Les données relatives aussi bien aux nouveaux élèves qu’à la population utilisée pour le calcul de l’indicateur se réfèrent strictement à l’âge officiel d’entrer à l’école primaire (7 ans).

Le taux net d’admission (TNA) en première année renseigne mieux sur le niveau de scolarisation réelle du pays. Il indique en effet l’effort du pays à scolariser les enfants ayant l’âge légal d’entrer à l’école et fait ressortir les progrès à accomplir pour attteindre la scolarisation universelle.

Tableau N° : Evolution des taux nets d’admission par sexe

1989/90

1990/91

1991/92

1992/93

1993/94

1994/95

1995/96

1996/97

1997/98 1998-99

MF

18,1%

18,0%

13,7%

14,2%

14,8%

15,3%

15,9%

16,5%

16,6%

23,0%

M

22,4%

22,2%

16,9%

17,4%

17,9%

18,4%

18,9%

19,5%

19,6%

27,2%

F

13,6%

13,6%

10,4%

11,0%

11,5%

12,1%

12,7%

13,4%

13,3%

18,6%

F/M

0,61

0,61

0,62

0,63

0,64

0,66

0,67

0,69

0,68

0,68

Graphique N°: Evolution des TNS par sexe

Le TNA a régulièrement représenté moins de 20 % du groupe d’âge (7ans) et ce n’est qu’en 1998/99, au début de la mise en application du plan accéléré de la scolarisation primaire, qu’il a atteint 23 %, soit un peu moins du quart des enfants de 7 ans.

Tableau N° : Evolution des TNA par région et par sexe

Année

1990/91

1998/99

Région

Taux net d'admission au CI

Indice parité

Taux net d'admission au CI

Indice parité

MF

M

F

F/M

MF

M

F

F/M

Agadez

21,8%

24,7%

18,8%

0,76

23,4%

26,0%

20,7%

0,80

Diffa

19,4%

21,6%

17,1%

0,79

20,4%

22,0%

18,7%

0,85

Dosso

16,4%

21,2%

11,2%

0,53

26,7%

32,1%

21,0%

0,65

Maradi

14,5%

21,2%

7,8%

0,37

25,8%

33,4%

18,2%

0,55

Niamey

49,8%

49,7%

50,0%

1,01

30,3%

31,0%

29,7%

0,96

Tahoua

16,9%

23,4%

9,7%

0,42

22,1%

27,9%

15,8%

0,56

Tillabéri

17,4%

19,5%

15,3%

0,78

22,3%

24,0%

20,6%

0,86

Zinder

13,4%

16,6%

10,0%

0,60

17,2%

20,3%

13,9%

0,68

TOTAL NATIONAL

18,0%

22,2%

13,6%

0,61

23,0%

27,2%

18,6%

0,68

Zone urbaine

33,9%

35,6%

32,1%

0,90

Zone rurale

20,9%

25,6%

16,0%

0,63

A la faible performance de l’inscription en première année s’ajoute une importante disparité entre zone rurale et zone urbaine mais aussi entre garçons et filles. Les indices de parité rural/urbain et filles / garçons sont respectivement 0,62 et 0,63. Lorsqu’on se rappelle que la zone rurale représente un poids démographique important (plus de 80 % de la population) on peut mieux apprécier l’énorme effort à fournir en direction de ces zones pour réduire de telles disparités.

Tout comme le TBA, le TNA primaire n’a pas évolué de manière substantielle. En effet, il est passé de 18,0 % en 90/91 à 23,0 % en 1998/99, soit un gain annuel moyen de 0,6 points. C’est dire tout l’effort qui reste à fournir si le Niger veut scolariser l’ensemble de ses enfants surtout lorsque l’on sait que l'indice de parité Rural / Urbain n’est que de 0,62.

En outre, bien qu’on ait assisté à une amélioration de l’indice de parité filles/garçons au cours de la décennie 1990/99, la réduction des disparités entre genre demeure encore une préoccupation majeure. Hormis Niamey où il est de l'ordre de 0,96, l'indice de parité filles /garçons est relativement bas ; ceci est la preuve que beaucoup moins de filles que de garçons accèdent à l'enseignement primaire. En effet, du fait d'un coût d'opportunité qui leur paraît très élevé, les parents des zones rurales surtout, hésitent ou refusent d'inscrire leurs enfants à l'école. Et comme ils le disent assez souvent "l'école n'enfante que des sans emplois et des difficiles à employer’’. Aussi, depuis quelques années, le marché de l'emploi s'est-il rétréci, la sécurité de l'emploi par l'Etat a-t-elle disparu faisant progressivement place à la contractualisation et de moins en moins de déscolarisés retrouvent-ils les champs ou vergers de culture.

On relève, par ailleurs une amélioration de l’intensité d’admission en première année d’études primaires quelle que soit la région observée (excepté Niamey qui a connu un recul notable). Cependant on note une forte disparité interrégionale. En effet, si au niveau de la Communauté Urbaine de Niamey près d’un tiers des enfants accèdent en 1ère année, Zinder (région abritant la 2e ville du pays) ne scolarise qu’à peine le cinquième de la population de ses enfants âgés de 7 ans. La disparité entre genre à l’intérieur des régions demeure encore préoccupante et témoigne une fois de plus que la scolarisation des filles reste un lourd défi à relever.

Offre ou demande d’éducation : sur quoi mettre l’accent ?

Pour améliorer la proportion d'élèves du groupe d'âge à l'entrée en 1ère année et corriger la disparité entre filles et garçons, le Ministère de l'Education Nationale s'est engagé dans une vaste campagne de sensibilisation en direction de toutes les couches sociales. En effet, bien que l’accès en première année soit encore faible, cette campagne a contribué, en un (1) an, à améliorer substantiellement le taux net d’admission en première année d’études primaires (un gain de plus de 6,4 points par rapport à 1997/98) par un recrutement massif des nouveaux entrants en 1ère année et une stratégie de maintien des élèves durant le cycle. Cette amélioration entre 1997/98 et 1998/99 est beaucoup plus perceptible pour l’accès des filles dont le taux net d’admission a été multiplié par 1,40 sur cette période.

ECART ENTRE TBA ET TNA

L’écart entre les taux brut et net d’admission est un indicateur très intéressant en ce sens qu’il mesure l’incidence de l’accès des élèves n’ayant pas encore atteint l’âge officiel d’entrer en première année d’études primaires (7 ans) et de ceux qui l’ont dépassé.

Graphique N° : Evolution comparée des écarts entre TBA et TNA

L’écart très significatif observé au cours de la période 89-98 entre les taux brut et net d'admission en 1ère année au niveau national révèle l’importance de la scolarisation des enfants ayant dépassé ou n’ayant pas atteint 7 ans.


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