L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays Page d'accueil du forum mondial sur l'éducation
   Sénégal
Sommaire du rapport Page d'accueil des rapports des pays Rapports des pays en ordre alphabetique Rapports des pays par régions



Page suivant



Introduction

Le présent rapport s’inscrit dans le cadre de la revue globale des décisions prises et des actions menées par le Sénégal depuis la Conférence Mondiale sur l’Education pour Tous, à Jomtien 1990.
Il vise à dresser un tableau complet des progrès accomplis en direction des objectifs d’éducation pour tous. S’appuyant sur une vision élargie de l’éducation, il embrasse toutes les réalisations tendant vers l’universalisation de l’accès et la réduction des disparités éducatives entre les régions et selon le genre. Les résultats des apprentissages, vus sous l’angle d’acquisitions de connaissances, de compétences et de valeurs utiles ont été également examinées.
Globalement, les progrès enregistrés résultent d’efforts combinés des autorités nationales, régionales et locales, mais aussi des partenaires nationaux et internationaux, en particulier les organisations non gouvernementales dont la contribution fait l’objet d’un rapport annexé à ce document.

1. Objectifs et buts de l’EPT

A la suite de la conférence mondiale sur l’Education Pour Tous, le gouvernement du Sénégal a organisé en 1991 une table ronde nationale regroupant l’ensemble des acteurs et partenaires massés autour des objectifs de développement de l’éducation.

Les résultats des travaux d’atelier ont été synthétisés en un document intitulé « Cadre d’action pour l’Education Pour Tous » qui s’inspire des principes définis à Jomtien et revus lors de la sixième conférence des Ministres de l’éducation nationale et des Ministres chargés de la Planification économique des Etats membres d’Afrique (MINEDAF VI), rencontre qui a été l’occasion de définir de manière réaliste les objectifs de l’EPT en fonction du niveau d’avancement des systèmes éducatifs des différents pays africains.

Toutefois ce cadre d’action n’a pu être discuté au niveau gouvernemental à cause de mutations institutionnelles et/ou opérationnelles ayant marqué cette période.

Les objectifs sont fixés en fonction des groupes cibles, à savoir la petite enfance (0-6 ans), les élèves de l’école élémentaire (7 12 ans), les adolescents et adultes pris en charge dans le cadre de l’éducation non formelle.

La petite enfance (0-6 ans)

En utilisant les locaux existants, les infrastructures gérées par les autres ministères, les ONG, et les collectivités locales, les objectifs visaient, dans les phases 1 et 2, respectivement 1991-95 et 1996- 2000, à :

offrir d’ici l’an 2000, à 50% des enfants d’âge préscolaire la possibilité de recevoir une éducation physique, morale et esthétique et des apprentissages qui faciliteront leurs études à l’école élémentaire ;

inciter le secteur privé à accroître son effort de création de nouvelles structures en vue de contribuer avec l’Etat à la construction des 415 écoles maternelles supplémentaires nécessaires à la prise en charge des 50% des enfants d’âge préscolaire 

donner un appui pédagogique, logistique et institutionnel aux structures d’accueil de la petite enfance aux niveaux pré-maternel (0-2 ans) et préscolaire (3-6ans) en améliorant le statut des garderies et instituts assimilés, en encourageant la recherche dans une perspective qui permettrait d’adapter leurs actions éducatives à notre identité culturelle et de promouvoir un type architectural et un matériel didactique moins onéreux

former d’ici l’an 2000, 245 éducateurs, 20 éducatrices et 10 réeducateurs spécialisés pour répondre aux besoins définis et améliorer la qualité de l’encadrement des activités programmées.

Plus tard, en cours de processus, d’autres objectifs sont apparus comme une contribution des partenaires à l’évolution des prévisions initiales. Il s’agit notamment :

d’élargir l’accès en variant et en adaptant les structures de prise en charge de la petite enfance

d’élaborer un curriculum pour la petite enfance

d’expérimenter de nouvelles structures d’accueil de la petite enfance et d’innover dans le recrutement et la gestion du personnel enseignant

Universalisation de l’enseignement élémentaire

En vue d’apporter la scolarisation totale, dans une école nationale, démocratique, il s’agit

d’atteindre le taux brut de 65%, en 1995, 75% en l’an 2000 en vue d’arriver à l’universalisation de l’enseignement en l’an 2015 ;

d’assurer la construction et l’équipement d’un millier de salles de classe par an en conjuguant le programme de 320 salles annuelles autorisées par le gouvernement avec d’autres modalités de construction de locaux scolaires

de recruter au moins 700 maîtres par an

d’améliorer la qualité du personnel de l’enseignement public et privé, notamment de la catégorie des inspecteurs adjoints, en mettant au point un mécanisme de recyclage permanent et en associant l’enseignement privé aux projets de formation initiale et continue de personnels ;

de multiplier et de diversifier dans les stratégies éducatives, les occasions d’accroître les volets non formels afin de susciter chez les enfants plus d’intérêt pour le travail manuel et de leur donner qui les rendront capables de participer à la transformation de leur milieu

de contribuer à promouvoir les daaras en foyers et centres d’apprentissage ou de sauvegarde des enfants, en lieux appropriés pour l’acquisition de connaissances fondamentales et le développement des aptitudes et attitudes qui faciliteront plus tard l’exercice d’un métier

d’assurer pour l’encadrement des enfants handicapés la formation de dix rééducateurs spécialisés et de faciliter l’insertion de ces enfants dans des structures d’apprentissage formelle et non formelle ;

de poursuivre la politique de construction et d’équipement des inspections départementales(41) et des Inspections d’Académie (10), afin de doter les inspecteurs de l’enseignement élémentaire de moyens adéquats pour remplir leur rôle de conseillers pédagogiques, de régulateurs de l’innovation et d’évaluateurs des performances du système éducatif

d’impliquer les enseignants dans la mise en œuvre des programmes de santé publique, de renforcer le contrôle par les inspections médicales des écoles, du développement psychomoteur et de la santé des enfants, en concertation avec les familles ;

de poursuivre la réforme des programmes, méthodes et techniques d’enseignement en y introduisant la flexibilité nécessaire à son adaptation aux contextes régionaux, mais surtout en ne perdant de vue l’insertion future des enfants dans la vie sociale, économique et culturelle

de multiplier dans les stratégies éducatives, les occasions d’accroître les volets non formels afin de susciter chez les enfants plus d’intérêt pour le travail manuel et de leur donner des aptitudes qui les rendront capables de participer à la transformation de leur milieu.

Alphabétisation

L’analphabétisme étant considéré comme un handicap sérieux aussi bien pour l’individu que pour le pays, le gouvernement soucieux de l’éradiquer dans les meilleurs délais s’est fixé les objectifs suivants :

faciliter l’accès ou l’accessibilité de l’éducation de base (acquisition de connaissances instrumentales, éducation nutritionnelle et sanitaire, éducation à l’environnement, initiation aux technologies liées au travail productif, aptitude à participer à l’exécution de projets de développement communautaire) à toute la population jeune et adulte :

en créant des structures qui pendront en charge toute la population de 7-12 ans qui n’avait pas été admise dans le système éducatif formel

en améliorant, en modernisant ou en transformant les structures éducatives traditionnelles comme l’école coranique ou l’Enseignement moyen pratique

en luttant contre la mendicité chez les enfants et les jeunes

en renforçant les actions de sensibilisation à travers les médias,

en introduisant, en milieu rural, des actions d’éducation dans les petits projets ruraux, les projets d’assainissement, d’hydraulique pastorale, de santé publique

en alphabétisant les élus locaux et les notables,

en alphabétisant les femmes des associations féminines villageoises et en renforçant leur capacité à la production et la gestion,

en renforçant l’appui aux ONG et aux mouvements associatifs qui pratiquent l’alphabétisation et la formation pratique

améliorer les conditions de réussite de l’apprentissage :

en donnant un appui technique à la conception des stratégies de formation, l’équipement et à l’évaluation de l’impact des programmes

en impliquant dans la formation les structures d’embauche et les futurs employeurs

assurer la continuité de l’éducation de base

en privilégiant les mécanismes d’auto-apprentissage et les approches situationnelles qui préparent le sujet à s’adapter perpétuellement aux réalités changeantes

2. Stratégie de développement et/ou plan d’action

Les stratégies suivantes ont été adoptées pour satisfaire le droit à l’éducation des sénégalais

La petite enfance

Cette tranche d’âge n’étant pas considérée comme une priorité gouvernementale, il s’agissait :

d’atteindre un niveau d’intervention compatible avec la priorité accordée à l’enseignement élémentaire, de prendre en charge les tâches d’orientation du système, de formation du personnel, de couverture sanitaire, du paiement des salaires du corps de contrôle et d’une partie des éducateurs préscolaires;

de développer au maximum les capacités d’accueil des établissements construits et gérés par les intervenants autres que l’Etat,

de réduire les coûts de construction et de réguler les frais d’inscription de manière à faciliter l’accès au préscolaire des enfants provenant des milieux défavorisés ;

d’améliorer les conditions de réussite dans les apprentissages en agissant sur le profil de sortie des élèves –éducateurs et en organisant la formation des inspecteurs préscolaires

d’utiliser les ressources humaines disponibles dans le secteur formel (inspectrices et éducatrices) pour donner un appui pédagogique à l’encadrement des mères, des familles et des communautés environnantes

d’apprendre aux éducatrices et encadreurs non professionnels à dépister très tôt des handicaps, à renforcer l’éducation nutritionnelle et sanitaire en rapport avec les programmes existants

L’enseignement élémentaire

L’expansion de l’enseignement élémentaire est envisagée dans le cadre d’une politique rigoureuse de réduction des disparités entre les régions, entre garçons et filles et par l’amélioration de sa pertinence et de son rendement interne.

A cet effet, les stratégies suivantes ont été adaptées

cogestion de l’instruction scolaire et des structures non formelles d’éducation

participation des partenaires sociaux à la multiplication des infrastructures, à l’entretien préventif des locaux et des équipements, à la fabrication ou l’achat du matériel didactique ;

renforcement du volet de l’éducation nutritionnelle et sanitaire notamment par la restructuration et l’équipement des inspections médico-scolaires et par le renforcement des moyens et du fonctionnement des cantines scolaires ;

mise en place des mécanismes de dynamisation du travail productif ; de l’enseignement des langues nationales et de l’élaboration de manuels scolaires dans le cadre de la réforme du système éducatif

développement de la formation continue des enseignants

amélioration des modalités d’encadrement et d’assistance pédagogiques ;

mise en place de mécanismes de suivi et d’évaluation à caractère multidimensionnel ;

recrutement suffisant d’enseignants et revalorisation de la fonction enseignante

L’alphabétisation

Le Programme d’action national de l’EPT a été élaboré à l’issue de la Table Ronde sur l’Education Pour Tous, en Mai 1991.

Il a été exécuté à travers des initiatives qui ont couvert tous les sous-secteurs de l’éducation de base. Ainsi, afin de mettre en œuvre les modalités de pilotage de son département, le Ministère Délégué Chargé de l’Education de Base et des Langues Nationales a organisé un colloque en 1995 sur la politique générale du secteur de l’éducation de base, dont le document final a été opérationalisé en plan d’action. Ces efforts ont été complétés par la production du Plan d’action national pour l’Enfant, intervenue dans les m

En outre, à Saint Louis (1996), Fatick (1997) ont respectivement eu lieu le colloque sur l’Education de Base et le Forum sur la scolarisation des Filles.

Ces concertations stratégiques ont permis de configurer de manière plus précise la politique et les stratégies en matière de développement de l’Education Pour Tous. Programme d’action 1992-2002

Objectifs

Objectif quantitatif

Objectif qualitatif

Concevoir un prototype d’école plus adapté et moins onéreux

 

 

Réduire les disparités régionales

 

Partage des options avec les partenaires techniques et financiers

1ère phase :

1 an

Classes solides et adaptées à nos possibilités financières

MEN

Bailleurs de fonds

Etendre le réseau préscolaire en réduisant les disparités régionales

Construction de 415 écoles maternelles dont 312 en dehors de la capitale

 

Enfants de 3 à 6 ans

 

1ere et 2 me phase : 8 ans

 

MEN

Collectivités

ONG

APE

Bailleurs de fonds

Augmenter le personnel pédagogique en service dans le préscolaire, conformément au plan d’extension  

Formation de

165 éducateurs

10 rééducateurs (l’étranger)

10 inspecteurs préscolaires par an

   

1ère phase :

5 ans

 

MEN

Bailleurs de fonds

Objectif général n° 2 Développement de l’enseignement élémentaire


Sommaire Page suivant