| L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays | ||
| Sénégal |
| Page précédent | Page suivant |
4. Principaux événements et actions en faveur de lEPT depuis 1990
Année |
Nature de linitiative |
Public cible visé |
Résultats obtenus |
Février 1991 |
Loi dorientation de lEducation nationale n° 91-22 du 16 fev 1991 |
La nation |
Définition des finalités assignées à lEducation nationale. |
du 22 au 25 juin 1991 |
Table ronde nationale organisé a Saly Portudal |
Elaboration du document intitulé « Cadre daction pour léducation pour tous au Sénégal » |
|
19 et 21 juillet 1993 |
Séminaire-atelier à Gorée |
Ebauche des documents de politique générale, du Plan daction et du Cadre de référence |
|
Du 4 au 8 sept 1993 |
Collogue de Kolda sur lalphabétisation |
Organismes de coopération bilatérale, représentants des Ministères, ONG , Association et sociétés de développement, partis politiques, mouvements féminins, syndicats, délégués des régions, la presse |
Consensus autour des objectifs, des stratégies et des moyens daction de la politique dalphabétisation, déducation de base et de promotion des langues nationales |
1994 |
Programme de Développement des Ressources Humaines (PDRH2) | Elargir laccès à léducation tout en luttant contre les disparités et renforcer la qualité et lefficacité des apprentissages |
|
1994 |
Campagnes de mobilisation en faveur de scolarisation des filles | ||
1995 |
Forum de Fatick |
Plan daction du gouvernement en faveur de la scolarisation des filles |
|
Colloque de St-Louis sur léducation de base |
Décideurs, Acteurs de terrain, Agences dappui au développement, représentants des départements ministériels, assemblée nationale, partis politiques, société civile, partenaires sociaux |
Production dun document consensuel de politique générale dans le secteur de léducation de base et un plan daction Elaboration dun plan décennal pour léducation de base formelle et non formelle |
|
Création de projets dappui en matière dalphabétisation : PAIS ,PAPF , PAPA, |
|||
Création dun comité national délimination de lanalphabétisme (C.N.E.A) avec ses démembrements aux niveaux régional, départemental, local et villageoise et sa branche technique la cellule nationale de concertation et dappui technique (CCNCAT) |
Tous les secteurs de la société civile |
||
1996 |
Evaluation des EGEF |
||
1998 |
Rencontre de Bambey |
||
| Mise en place du Comité national de pilotage de lélaboration des curricula de léducation de base | Elaboration du nouveau curruculum de léducation de base |
||
Réformes éducatives : PFIE EVF/EMP Modèles alternatives déducation de base |
|||
1999 |
Elaboration de la Lettre de politique générale du secteur de lEducation et de la Formation |
Les partenaires sociaux, techniques et financiers, la société civile, les collectivités locales, les Autorités académiques et scolaires |
Document de référence en matière de politique et doptions stratégiques dans le domaine de lEducation et de la Formation |
1999 |
Elaboration du Programme décennal de lEducation et de la Formation (PDEF) |
Les partenaires sociaux, techniques et financiers, la société civile, les collectivités locales les Autorités académiques et scolaires |
Document de planification du développement de lEducation et de Formation |
5. Coopération dans le cadre de lEPT
Type dorganisme |
Structures |
Type dappui |
Sous-secteur de léducation concerné |
Agences des Nations-Unis (UNICEF, PNUD, PAM) |
|||
Banque mondiale |
|||
Banque Africaine de Développement |
|||
Coopération française |
|||
IDA |
|||
OPEP |
|||
ACDI |
|||
JICA |
|||
KFW |
|||
Aide-Action |
|||
Enda tiers-monde |
|||
APE |
|||
Collectivités locales |
|||
RTS |
|||
Radios privées nationales et régionales |
6. Investissements dans lEPT
6.1 Les flux financiers dans le système éducatif public
Les dépenses totales d'éducation se composent des contributions des différentes sources de financement de l'effort d'éducation. On y distingue les dépenses d'investissement et les dépenses de fonctionnement. Par dépense d'investissement, on entend les dépenses servant à financer les constructions et l'acquisition d'équipements scolaires. Les dépenses de fonctionnement ou dépenses courantes concernent les salaires du personnel(enseignant ou non enseignant), l'acquisition de manuels, de fournitures et d'autres matériels, l'entretien des équipements et les transferts( bourses et subventions)
Après avoir étudié les contributions des différents acteurs au financement du système éducatif public, nous analyserons successivement la répartition fonctionnelle des dépenses d'investissement et celle des dépenses de fonctionnement. Ces dernières feront en outre l'objet d'une analyse de leur composition économique.
Evolution des ressources totales en faveur de l'éducation
Entre 1992 et 1998, les dépenses totales d'éducation ont augmentées en passant de 85,7 Milliards de francs CFA à 109,6 Milliards. Mais cette évolution n'a pas été régulière puisqu'à l'augmentation record de 1994, a succédé une baisse en 1995, immédiatement suivie d'une légère hausse en 1996. Cette évolution irrégulière a résulté d'un taux de croissance des dépenses totales d'éducation de 7% en moyenne annuelle. Mais ces données doivent être analysées en tenant compte du changement de parité intervenue en 1994 et qui a substantiellement renchéri les inputs (à la fois locaux et importés) nécessaires au maintien de la qualité et du taux de scolarisation. Il apparaît alors en valeur réelle, les dépenses d'éducation ont au total diminué de 13 % entre 1992 et 1998, ce qui correspond à une baisse de 2,7 % en moyenne par an.
On constate une baisse similaire de l'effort en faveur de l'éducation publique quand on rapporte les dépenses totales d'éducation au PIB : elles passent de 5 % en 1992 à 4 % en 1998. Il est difficile d'estimer la proportion optimale du PIB à consacrer à l'éducation compte tenu de l'insuffisance quantitative et qualitative des statistiques internationales sur le financement global de l'éducation. Mais si l'on se réfère au pays à fort taux de scolarisation, on constate que ces derniers ne consacrent pas moins de 7 % de leur PIB aux dépenses publiques d'éducation. Comparé à cette norme, on peut donc dire que l'effort en faveur de l'enseignement est non seulement insuffisant mais décroissant au Sénégal.
L'évolution des dépenses publiques d'éducation n'a pas été la même pour les différents sous secteurs de l'enseignement public. En passant de 19,4 Milliards en 1992 à 25,1 Milliards en 1998, les ressources allouées à l'enseignement supérieur ont, dans la période, enregistré le taux de croissance le plus élevé : il s'établit pour la période à 29,6 %, soit une moyenne annuelle de 6,9 %. L'enseignement supérieur est suivi du niveau primaire qui se voit allouer des ressources totales de 41,8 Milliards de francs CFA en 1996 contre 34,3 Milliards en 1992, enregistrant ainsi une augmentation de 21,8 % en quatre ans.
Les autres niveaux d'enseignement ont également connu des taux de croissance annuels positifs de leurs dépenses, à l'exception du sous secteur de l'enseignement technique et de la formation professionnelle pour lequel la baisse relative moyenne est de 2 % par an. Quand aux dépenses totales de l'enseignement moyen et secondaire général, elles n'ont augmenté que très faiblement, en passant de 19,4 Milliards en 1992 à 21,7 Milliards en 1996.
On constate que, malgré la priorité accordée à l'enseignement technique et à la formation professionnelle dans les objectifs de politique éducative de l'état, ce sous secteur ne cesse de voir ses ressources décliner en terme tant absolu que relatif. Celles-ci sont en effet tombées de 8,3 Milliards de francs CFA en 1992 à 7,3 Milliards en 1996, soit une chute de 12,2 % en valeur absolue et un recul de la part du sous secteur dans les dépenses totales d'éducation de 10,1 % à 7,6 %.
Un montant de 92,2 Milliards de francs, soit 96,3 % des ressources totales allouées à l'éducation, est dépensé chaque année en moyenne pour financer le fonctionnement des différents niveaux d'enseignement, contre seulement 3,9 Milliards de francs CFA pour les dépenses d'investissement (3,7 % du total). Sur la période 1992-1998, l'enseignement public a bénéficié d'un investissement total cumulé de 28,8 Milliards de francs CFA, ce qui, compte tenu des énormes besoins d'infrastructures scolaires, s'avère nettement insuffisant.
Les sources de financement du secteur public de l'éducation
Le financement du système éducatif public au Sénégal ne repose pas uniquement sur les seuls efforts de l'état. Les ménages, les Organisations Non Gouvernementales (ONG), les collectivités locales et l'Aide Publique au Développement (APD) participent de plus en plus également.
a. Le financement public de l'éducation
Comme attendu, l'état est le principal bailleur de fonds de l'enseignement public au Sénégal, en ce qui concerne tant les dépenses de fonctionnement que les dépenses d'investissement. Durant la période considérée, la part de l'état dans les dépenses totales d'éducation s'élève à 78 % en moyenne : ce qui correspond à un financement public moyen de 79,3 Milliards de francs CFA par an se répartissant entre les différents sous secteurs à raison de 29 Milliards pour l'alphabétisation, 15,8 Milliards pour le Moyen et Secondaire Général, 3,4 Milliards pour l'Enseignement Secondaire Technique et la Formation Professionnelle et 20,4 Milliards pour le Supérieur. Les 10,7 Milliards restant sont consacrés au financement de l'administration centrale chargée de la gestion du système éducatif.
De 69,2 Milliards de francs en 1992, la contribution de l'état au financement de l'éducation est passée à 94,4 Milliards en 1998. L'effort total de l'état s'est donc accru de 25 % entre ces deux années, ce qui correspond à un rythme moyen de 6,5 % par an. Cet accroissement ne s'est cependant pas fait de façon monotone puisque, après avoir régulièrement crû jusqu'en 1994, les dépenses publiques d'éducation ont enregistré une baisse (2,2 %) en 1995, suivi d'un accroissement de 8,6 % en 1996. Mais, exprimé en terme réel, les ressources allouées à l'éducation ont plutôt diminué : de l'ordre de 16 % entre 1992 et 1995. Il en va de même de la part des dépenses publiques dans le PIB, tombé de 4 % en 1992 à 3 % en 1996.
Mais, même si cet effort supplémentaire de l'état en faveur de l'éducation a été ruiné par l'inflation consécutive à la dévaluation du franc CFA, on perçoit un début de changement de l'ordre de priorité dans le financement accordé jusqu'ici aux différents ordres d'enseignement. Ce renversement, à partir de 1995 en particulier, s'opère en faveur de l'enseignement technique et professionnel d'un côté, de l'enseignement élémentaire de l'autre. Après une augmentation régulière de 10,2 % entre 1992 et 1995, les ressources publiques allouées au sous secteur de l'enseignement technique et de la formation professionnelle se sont accrues de 17,5 % en un an. Quand aux ressources publiques allouées à l'enseignement élémentaire, après avoir diminué de 5 % entre 1992 et 1995, elles se sont aussi brutalement accrues de 12 % en 1996.
L'évolution des dépenses publiques dans l'enseignement supérieur se déroule dans un sens inverse à celle de l'enseignement élémentaire : en effet, après avoir enregistré une hausse de 22,3 % dans la période 1992-1995, les ressources publiques allouées à l'enseignement supérieur ont pour la première fois, subi une baisse de 3,5 % en 1996. On constate que ce sous secteur est d'ailleurs le seul qui enregistre une baisse dans les dépenses publiques totales ente 1995 et 1996.
Dans l'Enseignement Moyen et Secondaire Général enfin, les dépenses publiques totales sont passées de 15,8 Milliards de francs CFA en 1992 à 17,4 Milliards en 1998, soit un accroissement de 9,9 %.
Le resserrement des contraintes budgétaires et la forte inflation, qui a suivi la dévaluation du franc CFA, ont ainsi considérablement réduit les ressources réelles mises à la disposition du système éducatif par l'état. Cette situation conduit à envisager plus sérieusement les possibilités de faire supporter une plus grande part des dépenses d'éducation par les autres intervenants.
b. Evolution de la contribution des ménages aux dépenses d'éducation
Les ménages sont des acteurs importants du système éducatif sénégalais. Même s'ils participent occasionnellement aux financements des constructions et équipements scolaires, les ménages financent essentiellement les dépenses de fonctionnement dans l'éducation (droits d'inscription, frais scolaires et de transport, achat de manuels et de fournitures scolaires, entretien). La contribution des ménages aux dépenses d'éducation connaît une croissance continue mais irrégulière. Estimée à 5,8 Milliards de francs CFA en 1992, elle est passée à 8,9 Milliards de francs en 1998, soit une augmentation totale de 53,4 % et une croissance moyenne annuelle de 13,4 %. La part des dépenses d'éducation financée par les ménages s'élèvent d'autant plus rapidement que les dépenses publiques d'éducation se ralentissent, leur faisant ainsi jouer un rôle à la fois complémentaire et de substitut à celui de l'état. Pour toute la période considérée, la proportion des dépenses totales financées par les ménages, s'élève en moyenne à 7,2 %.
Evolution de la contribution des collectivités locales aux dépenses d'éducation
Les collectivités locales participent au financement des dépenses d'éducation de façon modeste. Cette contribution s'oriente de préférence vers l'enseignement élémentaire, suivi des niveau moyen et secondaire général. Quoique de façon encore plus marginale, les communes financent même l'enseignement supérieur à travers l'octroi de bourses aux étudiants (Communauté Urbaine de Dakar). L'effort global des collectivités locales dans le financement de l'éducation a diminué de 1,2 Milliards de francs CFA en 1992 à 1,1 Milliards en 1998. Cela représente pour la période considérée une proportion moyenne de 1,1 % seulement des dépenses totales d'éducation.
Cependant, depuis 1998, dans le cadre de la politique de régionalisation, l'état a transféré aux collectivités locales la gestion d'une bonne partie des ressources publiques destinées à l'éducation.
Evolution de la contribution de l'Aide Publique au Développement
L'APD pour le financement de l'éducation a, au cours du temps, connu une évolution irrégulière. Après avoir enregistré sa plus faible valeur en 1992, avec 9,9 Milliards de francs CFA, l'APD a atteint sa valeur maximale en 1994, année de la dévaluation, avec une participation au financement de l'éducation d'environ 22,3 Milliards de francs CFA. Pour l'ensemble de la période 1992 - 1998, le financement extérieur de l'éducation a progressé au taux moyen de 8,8 % par an.
Avec une part représentant en moyenne 14,4 % dans le financement de l'enseignement public au Sénégal, l'Aide Publique au Développement est d'un niveau nettement supérieur à ce qu'elle est dans la moyenne des pays d'Afrique Subsahariens qui en sont à 10 % environ. Un tel financement est pour l'essentiel (81,7 %) destiné aux dépenses de fonctionnement (salaires des coopérants et bourses). Mais l'APD est aussi, après l'état, la première source de financement des dépenses d'investissement, auxquelles, elle consacre 18,3 % en moyenne de son volume global.
Comme pour les ménages, la part de l'APD dans le financement de l'éducation tend à augmenter quand celle des dépenses publiques qui étaient en baisse sur la période 1992/1996 ont repris la croissance avec les fonds générés par la privatisation de certaines entreprises publiques. En 1994 par exemple, où la part de l'état dans le financement de l'éducation est, pour la première fois, tombée en deçà de 75 % (81 % à 73 %), celle de l'APD a atteint le niveau de 20 %, grâce à une augmentation substantielle des investissements qui ont représenté cette année-là 37 % des ressources extérieures à destination de l'éducation.
6.2 Les investissements publics dans l'éducation
Entre 1992 et 1998, les investissements totaux réalisés dans le système éducatif par les différentes sources de financement s'élèvent (en valeurs cumulées) à 28,8 Milliards de francs CFA. Ces dépenses se répartissent de manière très irrégulière dans le temps et entre les différents niveaux d'éducation. L'EPT ne concernant que l'Education de Base, ce bilan ne prendra en compte que les données de l'ELEMENTAIRE.
Les contraintes financières auxquelles le Sénégal est confronté depuis deux décennies font que les dépenses d'investissement dans le système éducatif évolue de manière très irrégulière. Ainsi, alors que la part des investissements dans les dépenses totales d'éducation ne s'élève qu'à 1 % en 1992, elle atteint 9 % en 1994 et tombe à 1,3 % en 1996 pour remonter à 6,7% en 1998.
Comme nous l'avons déjà vu, les dépenses d'investissement dans l'éducation sont essentiellement financées par l'état, l'APD et les collectivités locales, tandis que les ménages n'y contribuent que modestement et occasionnellement à travers la construction d'écoles élémentaire ou le financement d'équipement dans les communautés rurales.
6.3 Evolution de la structure des investissements dans l'enseignement public
Année |
1992 |
1993 |
1994 |
1995 |
1996 |
1997 |
1998 |
Cumul |
Dépenses d'investissement en millions |
870 |
2 015 |
9 625 |
5 674 |
1 410 |
2 912 |
6 328 |
28 834 |
| Part des investissements dans les dépenses | 1,0 % |
2,3% |
8,6% |
5,4% |
1,3% |
3,2% |
6,7% |
6.4 Le financement des investissements publics par l'état et l'APD
Sur le montant cumulé de 28,8 milliards d'investissement réalisé dans l'éducation, la part de l'état s'élève à 14,9 milliards, soit environ 50% de ce montant. Les dépenses d'investissement se répartissent par ordre d'importance décroissante, entre le niveau élémentaire (12,5 milliards) l'enseignement moyen et secondaire général (1,3 milliards), l'enseignement supérieur (826 millions), l'enseignement technique et la formation professionnelle (163 millions). Il apparaît donc ici que le respect de la priorité accordée à l'élémentaire.
L'APD a, pour sa part, contribuer pour 13,9 milliards de francs dans les dépenses d'investissement réalisés dans l'éducation au cours des années 1992 - 1998. Cela représente une proportion de 48,3 % du montant cumulé des investissements réalisés dans la période. Comme nous l'avons déjà vu, l'enseignement élémentaire est le grand bénéficiaire des investissements réalisés sur ressources extérieures, ce sous secteur ayant à lui seul absorbé, dans la période, jusqu'à 12,9 milliards de francs soit 92,8% du total de ces investissements.
On constate que l'enseignement élémentaire est le seul sous secteur où les efforts d'investissement de l'APD sont restés quasi ininterrompus durant la période. On remarque par contre, que le sous secteur de l'Enseignement Moyen et Secondaire Général constitue le domaine d'investissement prioritaire et quasi exclusif des collectivités locales qui lui ont consacré 64,2 % en moyenne de leur dépense d'investissement.
Au total, avec un montant cumulé de 28,8 milliards de francs des investissements totaux réalisés dans l'éducation au cours de la période 1992 - 1998, l'enseignement élémentaire en absorbe les 70,1 % et comme indiqué plus haut, l'APD (48,3 %) et l'état (48,8%) constituent les principales sources de financement, suivis des collectivités locales (2,2 %)
6.5 Les dépenses publiques de fonctionnement du système
Les dépenses de fonctionnement comprennent les dépenses de personnel, de matériel, d'entretien et de transferts. Elles constituent la composante majeure des dépenses d'éducation (96,3% en moyenne pour la période considérée).
6.6 Evolution des dépenses de fonctionnement
Les tendances des dépenses d'éducation sont largement déterminées par l'évolution des dépenses de fonctionnement. De 84,8 Milliards de francs CFA en 1992, celles- ci ont atteint 108,2 Milliards en 1998, soit une augmentation de 27,6 % et une progression annuelle moyenne de 6,9 %.
Comme pour les dépenses totales d'éducation, l'évolution des dépenses courantes se caractérise par une certaine irrégularité, même si la tendance est globalement à la hausse. On ne peut cependant pas considérer cette hausse tendancielle des dépenses de fonctionnement comme une amélioration de la dotation en inputs du système. Deux raisons s'opposent à cette interprétation : l'inflation et l'augmentation continue des effectifs scolaires. L'année 1994 qui a pour la est aussi celle qui a connu un taux d'inflation record de 32 %. L'évolution des dépenses réelles donne une meilleure idée de l'évolution de la dotation en inputs du secteur.
En moyenne, les ressources réelles ont baissé de 3,4 % par an. On observe la même tendance baissière lorsque l'on rapporte les dépenses récurrentes au PIB, le ratio passe de 5,3% en 1992 à 4,2 % en 1996. Le relâchement de l'effort réel de financement du système n'est pas le fait de l'état uniquement, il concerne aussi, d'une manière inégale certes, toutes les sources de financement de l'éducation
6.7 Sources de financement des dépenses de fonctionnement
La contribution des ménages
Sur les 108,2 milliards de francs CFA de ressources allouées au fonctionnement du système public en 1996, seulement 8,9 milliards, soit 8,2%, proviennent des ménages. Comparé à son niveau de 1992 (5,8 milliards de francs) et à celle des autres sources de financement, une telle contribution a pourtant connu la plus forte croissance en valeur nominale (55,2 %) et la seule augmentation en valeur réelle (4,7 %). Les ménages ne financent pas de manière égale les dépenses courantes des différents sous secteurs du système public. Les parts varient de 77,4% pour l'élémentaire, à 1% pour le secondaire technique et la formation professionnelle, en passant par, 12,3%pour l'enseignement moyen, 5,1% pour le secondaire général et 3,6% pour l'enseignement supérieur. Dans l'enseignement élémentaire, les ménages ont pris progressivement le relais de l'état pour le financement de la quasi totalité des dépenses non salariales comme l'acquisition de manuels, les fournitures et l'entretien.
La contribution des collectivités locales
Les collectivités apportent une contribution non seulement dérisoire, mais aussi décroissante aux dépenses de fonctionnement. Cette contribution est en effet, tombée de :
926 000 000 F en 1992 à 892 000 000 F en 1996, soit une diminution de 3,7 % en valeur nominale mais de 35 % en valeur réelle. Comme pour les ménages, les dépenses de fonctionnement financées par les collectivités sont en majeure partie, concentrées au niveau l'élémentaire qui en absorbe 74 % en 1996, contre 18,4% dans l'Enseignement Moyen et 7,6 % dans le secondaire. Il apparaît par conséquent que les ressources allouées par les collectivités locales à l'enseignement public viennent plus en appoint aux investissements publics (dont elles assurent 13,4 % des flux) qu'aux dépenses courantes. On trouve là, sans doute, une explication des grandes difficultés des collectivités locales à assurer un approvisionnement correct et régulier des établissements scolaires en eau et électricité.
L'Aide Publique au Développement (APD)
L'APD est, comme pour le financement des dépenses d'investissement, d'un apport substantiels aux dépenses de fonctionnement du système public. Avec une contribution en moyenne de 13,5 milliards en 1998, correspondant à 12,4% des dépenses courantes totales de cette année-là, l'APD vient aussi au second rang des sources de financement de cette catégorie de dépenses. En terme d'évolution, les ressources allouées par l'APD au fonctionnement du système public, ont, en valeur nominale, cru de 36,5% entre 1992 et 1998. Elles ont en revanche diminué de 7,8% en terme réel.
Les dépenses de fonctionnement financées par l'APD font l'objet d'une répartition moins déséquilibrée entre les différents niveaux d'enseignement que celles des autres sources de financement. Toutefois, avec 31 % des dépenses récurrentes de l'APD, l'Enseignement Supérieur occupe le premier rang. Il est suivi de l'Enseignement Elémentaire, 27,7% et de l'Enseignement Secondaire Général 17,7%. L'Enseignement Technique et la Formation Professionnelle ne sont pas en reste puisqu'ils bénéficient respectivement de 11,4% et de 12,2% des dépenses récurrentes assurées par l'APD.
L'évolution des ressources publiques de fonctionnement
Malgré le ralentissement de son effort, l'état couvre encore prés des 4/5 (79,3%) des dépenses de fonctionnement de l'enseignement public. En valeur nominale, les ressources publiques allouées aux dépenses courantes sont passées de 68,3 milliards de francs environ en 1992 à 88,1milliards en 1998. Ce qui, au total, correspond à une augmentation de 24,3%. Cependant, si on les exprime en termes réels, on constate qu'elles ont baissé de 16,1% dans la période. De même, en comparant l'évolution de ces dépenses à celle du budget et du PIB, on ne peut pas dire que l'état a accru son effort en faveur du secteur : il passe respectivement de 29,3% en 1992 à 24,6% en 1996 et de 4,2% à 3,3%. Si le Sénégal continue donc à allouer à l'éducation une proportion de ses ressources publiques ordinaires totales supérieure à celle de la moyenne des pays d'Afrique Subsaharienne, la part de son PIB qu'il consacre à l'éducation est passée en dessous de celle de la région. Ceci reflète la baisse de l'effort fiscal du Sénégal en faveur du secteur éducatif.
L'enseignement élémentaire est le sous secteur le plus pénalisé par la contraction des dépenses publiques de fonctionnement, sa part dans celle-ci étant tombée de plus de 10% rien qu'entre 1992 et 1993, tandis qu'au même moment, la part de l'Enseignement Supérieur augmentait de 7,9%. Il faut cependant noter que, depuis 1995, s'amorce un reversement de tendance qui a vu la part du niveau de l'élémentaire s'accroître dans les dépenses publiques au détriment de l'Enseignement Supérieur.
6.8 Evolution de la structure des dépenses publiques consacrées à l'Education
Structure du budget du MEN de 1990 à 1998 en millions de francs CFA
| Année Budget. | 1991-92 |
1993 |
1994 |
1995 |
1996 |
1997 |
1998 |
1999 |
Personnel |
53 586 043 |
44 833 258 |
49 976 790 |
52 009 016 |
58 123 927 |
60 241 963 |
61 314 773 |
63 873 568 |
% personnel |
58 |
71 |
67 |
68 |
69 |
69 |
65 |
64 |
Matériel |
14 664 333 |
2 290 725 |
1 957 575 |
2 000 525 |
4 425 676 |
5 422 346 |
4 970 917 |
6 332 663 |
% Matériel |
16 |
4 |
3 |
3 |
5 |
6 |
5 |
6 |
Transfert |
23 978 334 |
15 785 556 |
22 492 475 |
22 492 475 |
21 487 068 |
21 357 068 |
21 279 888 |
22 026 793 |
% Transfert |
26 |
25 |
30 |
29 |
25 |
24 |
23 |
22 |
Investissement |
534 000 |
931 000 |
1 095 000 |
914 000 |
1 237 000 |
2 912 000 |
6 328 000 |
7 499 000 |
Fonds propres |
92 463 265 |
63 840 539 |
75 521 790 |
77 416 016 |
85 273 571 |
89 933 372 |
94 393 533 |
99 732 024 |
On évaluera d'abord le budget qui aurait permis au gouvernement d'atteindre les objectifs de politique éducative pour chacune des années 1992- 1996
6.9 Budget optimal des politiques éducatives des années 1992- 1996La démarche adoptée ici étant rétrospective, on n'a pas d'hypothèses sur les de croissance du PIB, du budget et sur la répartition intersectorielle des ressources publiques d'éducation . Les valeurs prises par ces variables au cours des années 1992- 1996 ont été utilisées.
Si le gouvernement avait appliqué la totalité des mesures lui permettant d'atteindre les objectifs qu'il s'est fixés au cours de chacune des années 1992-1996, alors il aurait substantiellement réduit la dépense moyenne par élève. Celle- ci aurait diminué de 9. 1%, 8. 5%, 6.5%; 12.6%et 10.4% respectivement en 1992, 1993, 1994, 1995 et 1996. Ces diminutions proviendraient essentiellement des économies réalisées avec la réduction du coût par élève d'un instituteur. En fait c'est la seule source d'économie de coût qu'il représente près de 97% du coût unitaire public. Il convient de souligner que ces baisses du coût unitaire auraient été réalisées de l'objectif de taux brut de scolarisation. On aurait respecté aussi le nombre d'enseignants par inspecteur, fixé à 50 alors qu'il a atteint 67 au cours des années 1992-19996.
6.9 Evaluation du coût des dépenses d'éducation dans l'enseignement élémentaire 1992-1996
| 1992 | 1993 | 1994 | 1995 | 1996 | |
| Dépenses publiques effectives dans l'élémentaire | 28 412 617 263 | 230 098 55 641 | 26 844 966 136 | 26 457 859 597 | 29 642 715 198 |
| Dépenses publiques optimales dans l'élémentaire | 26 321 160 826 | 21 838 223 081 | 26 239 997 998 | 24 389 746 926 | 28 124 576 572 |
| Gain d'efficience en valeur courante | -2 091 456 436 | -1 171 632 560 | -604 968 138 | -2 068 112 672 | -1 518 138 625 |
| Gain d'efficience en % des dép. publ dans l'élémentaire | -7. 36% | -5. 09% | -2. 25% | -7. 82% | -5. 12% |
| Gain d'efficience en termes de taux brut de scolarisation | 4. 95% | 4. 28% | 13. 64% | 16. 10% | 11. 90% |
Source : Simulation à partir du modèle d'évaluation des coûts des politiques éducatives.
L'évolution des ressources publiques de fonctionnement
6.10 Evolution de la structure des dépenses publiques consacrées à l'Education
Structure du budget du MEN de 1990 à 1998 en millions de francs CFA
| Année Budget. | 1991-92 |
1993 |
1994 |
1995 |
1996 |
1997 |
1998 |
1999 |
Personnel |
53 586 043 |
44 833 258 |
49 976 790 |
52 009 016 |
58 123 927 |
60 241 963 |
61 314 773 |
63 873 568 |
% personnel |
58 |
71 |
67 |
68 |
69 |
69 |
65 |
64 |
Matériel |
14 664 333 |
2 290 725 |
1 957 575 |
2 000 525 |
4 425 676 |
5 422 346 |
4 970 917 |
6 332 663 |
% Matériel |
16 |
4 |
3 |
3 |
5 |
6 |
5 |
6 |
Transfert |
23 978 334 |
15 785 556 |
22 492 475 |
22 492 475 |
21 487 068 |
21 357 068 |
21 279 888 |
22 026 793 |
% Transfert |
26 |
25 |
30 |
29 |
25 |
24 |
23 |
22 |
Investissement |
534 000 |
931 000 |
1 095 000 |
914 000 |
1 237 000 |
2 912 000 |
6 328 000 |
7 499 000 |
Fonds propres |
92 463 265 |
63 840 539 |
75 521 790 |
77 416 016 |
85 273 571 |
89 933 372 |
94 393 533 |
99 732 024 |
On évaluera d'abord le budget qui aurait permis au gouvernement d'atteindre les objectifs de politique éducative pour chacune des années 1992- 1996
6.11 Budget optimal des politiques éducatives des années 1992- 1996La démarche adoptée ici étant rétrospective, on n'a pas d'hypothèses sur les de croissance du PIB, du budget et sur la répartition intersectorielle des ressources publiques d'éducation . Les valeurs prises par ces variables au cours des années 1992- 1996 ont été utilisées.
Si le gouvernement avait appliqué la totalité des mesures lui permettant d'atteindre les objectifs qu'il s'est fixés au cours de chacune des années 1992-1996, alors il aurait substantiellement réduit la dépense moyenne par élève. Celle- ci aurait diminué de 9. 1%, 8. 5%, 6.5%; 12.6%et 10.4% respectivement en 1992, 1993, 1994, 1995 et 1996. Ces diminutions proviendraient essentiellement des économies réalisées avec la réduction du coût par élève d'un instituteur. En fait c'est la seule source d'économie de coût qu'il représente près de 97% du coût unitaire public. Il convient de souligner que ces baisses du coût unitaire auraient été réalisées de l'objectif de taux brut de scolarisation. On aurait respecté aussi le nombre d'enseignants par inspecteur, fixé à 50 alors qu'il a atteint 67 au cours des années 1992-19996.
6.12 Evaluation du coût des dépenses d'éducation dans l'enseignement élémentaire 1992-1996
| 1992 | 1993 | 1994 | 1995 | 1996 | |
| Dépenses publiques effectives dans l'élémentaire | 28 412 617 263 | 230 098 55 641 | 26 844 966 136 | 26 457 859 597 | 29 642 715 198 |
| Dépenses publiques optimales dans l'élémentaire | 26 321 160 826 | 21 838 223 081 | 26 239 997 998 | 24 389 746 926 | 28 124 576 572 |
| Gain d'efficience en valeur courante | -2 091 456 436 | -1 171 632 560 | -604 968 138 | -2 068 112 672 | -1 518 138 625 |
| Gain d'efficience en % des dépenses publiques dans l'élémentaire | -7. 36% | -5. 09% | -2. 25% | -7. 82% | -5. 12% |
| Gain d'efficience en termes de taux brut de scolarisation | 4. 95% | 4. 28% | 13. 64% | 16. 10% | 11. 90% |
Source : Simulation à partir du modèle d'évaluation des coûts des politiques éducatives.
6.13 Les investissements de la société civile dans léducation
Les investissements consentis par la société civile, les ONGs notamment, au cours de la décennie 1990/2OOO concernent tous les sous secteurs de léducation de base mais principalement léducation non formelle des enfants et des adultes.
Lintervention des ONGs AIDE et ACTION, ENDA Tiers Monde, TOSTAN, (pour ne citer que celles-ci, dont les données sont disponibles au moment de lévaluation ) se présentent respectivement comme suit :
Investissement de lONG internationale AIDE et ACTION dans le domaine de lélargissement de laccès au cours de la décennie 1990/2000.
| CUMUL DES CLASSES NEUVES ET TABLE - BANCS REALISES DEPUIS 1990 | |||||||||||||||||||
CLASSES NEUVES |
TABLES- BANCS |
||||||||||||||||||
Quantité |
Coût unitaire |
Coût total |
Quantité |
Coût unitaire |
Coût total |
TOTAL |
|||||||||||||
| Cumul | 355 |
701 797 000 |
10 038 |
24 832 |
284 014 200 |
985 811 200 |
|||||||||||||
Intervention de lONG Enda Tiers Monde :
Pour un coup global de 59.797.88O FCFA, Enda a réalisé 18 formation en perfectionnement ; 258 en continue ; 120 formations de coins de rue et dautres initiatives populaires telles que lappui matériel aux ateliers de formation delécopole ouest africaine. En outre elle a appuyé lélaboration didactique daccompagnement en alphabétisation, post- alphabétisation, enseignement pré-technique
Un investissement total de 99.936.000 Fcfa a été consenti au profit de lappui scio éducatif des fillettes de quartier populaire ; limpression et la diffusion de bandes dessinées ; lutilisation et lappropriation des technologies de linformation et de la communication.
LONG Tostan a réalisé des livrets guides de formation de formateurs, de formation de facilitateurs et des livrets daccompagnement pour les participants villageois sur les apprentissages fondamentaux. Outre ces investissements TOTSAN a formé 46 formateurs et 597 facilitateurs et encadré 738 membres de 246 comités villageois au sein desquels travaillent plus de 30.OOO membres.
Les détails de linvestissement des autres partenaires de la société civile sont consignées dans le rapport dévaluation des ONGs sur lEPT, document annexé au présent rapport.
| Page précédent | Page suivant |