| L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays | ||
| Suisse |
1ère partie : Cadre général du système éducatif en
Suisse La complexité d’un Etat, de ses structures et de son
fonctionnement ne se mesure pas à sa taille ! La Suisse illustre bien ce
propos et c’est pourquoi il nous a paru indispensable, pour la compréhension
du contenu de ce rapport, de rappeler un certain nombre d’éléments. Ceux-ci
ont en effet une incidence directe sur le système éducatif, sur ses structures
et sur sa gestion particulièrement dans l’éducation de base (que nous
appelons « scolarité obligatoire ») et qui comprend 9 années dans
l’ensemble du pays. Depuis 1848, la Suisse est une Confédération d’Etats. Sa
structure politique comprend trois niveaux: la Confédération, les cantons et
les communes; chacun d’eux dispose, selon les domaines, de compétences plus
ou moins étendues. De manière générale, le système politique suisse - et
par conséquent son système éducatif - se caractérise par le fédéralisme
(souveraineté cantonale), la décentralisation des pouvoirs (importance des
communes), la subsidiarité des interventions étatiques et la démocratie
directe et semi-directe. Les cantons - qui sont des Etats et dont certains ont
conservé l’appellation de « république » - ont une organisation
politique et administrative fondamentalement semblable à celle de la
Confédération. Ils ont leur propre constitution ainsi que des autorités pour
les trois pouvoirs: législatif (Parlement), exécutif (Gouvernement) et
judiciaire (Tribunaux). Les cantons disposent aussi de l’autonomie financière
et fiscale. La Confédération compte 26 Etats souverains mais seulement 23
cantons, dont trois sont subdivisés en demi-cantons. Le respect de leur
indépendance est garanti par la Constitution fédérale (Art. 47). Du fait du système fédéraliste, la répartition des
compétences en matière d’éducation et de formation est relativement
complexe et se partage, à des degrés divers, entre les trois niveaux:
fédéral, cantonal, communal; cette répartition se caractérise en particulier
par une multiplicité d’organes décisionnels et exécutoires. La nouvelle
constitution fédérale (18 avril 1999) n’a rien changé de fondamental dans
cette répartition des compétences par rapport à celle de 1874. A ce titre, l’article
3 (dispositions générales) reste déterminant; il stipule que « les
cantons sont souverains en tant que leur souveraineté n’est pas limitée par
la Constitution fédérale et exercent tous les droits qui ne sont pas
délégués à la Confédération ». Or, en matière d’éducation et de
formation, la Constitution n’attribue à la Confédération qu’un nombre
limité de tâches spécifiques. La Constitution fédérale définit par ailleurs les droits
fondamentaux des citoyens et les buts sociaux de l’Etat et ces éléments ont
évidemment une incidence sur le système éducatif. L’article 19 précise que
« le droit à un enseignement de base suffisant et gratuit est
garanti ». L’article 41, §f et g, mentionne que « la
Confédération et les cantons s’engagent, en complément de la
responsabilité individuelle et de l’initiative privée, à ce que (f) les
enfants et les jeunes, ainsi que les personnes en âge de travailler puissent
bénéficier d’une formation initiale et d’une formation continue
correspondant à leurs aptitudes; (g) les enfants et les jeunes soient
encouragés à devenir des personnes indépendantes et socialement responsables
et soient soutenus dans leur intégration sociale, culturelle et
politique ». La Constitution, à l’article 43, précise que « les
cantons définissent les tâches qu’ils accomplissent dans le cadre de leurs
compétences » et, à l’article 47 que « la Confédération
respecte l’indépendance des cantons ». L’article 62 stipule que
« l’instruction publique est du ressort des cantons; les cantons
pourvoient à un enseignement de base suffisant ouvert à tous les enfants. Cet
enseignement est obligatoire et placé sous la direction ou la surveillance des
autorités publiques. Il est gratuit dans les écoles publiques. L’année
scolaire débute entre la mi-août et la mi-septembre ».
Les cantons sont donc souverains pour l’essentiel de l’organisation
scolaire, qu’ils réglementent par le biais de lois scolaires et de lois sur l’octroi
des bourses d’études; ces législations et réglementations concernent en
fait tous les niveaux de l’enseignement, du préscolaire au tertiaire
(universitaire et non universitaire). Les législations cantonales diffèrent
parfois notablement les unes des autres (raisons historiques, dimension des
cantons, moyens financiers, etc.) même si elles puisent aux mêmes sources
traditionnelles et si les cantons collaborent à plus d’un titre. La Suisse
compte en fait 26 régimes scolaires. De plus, dans un souci d’homogénéité,
certains domaines importants sont soumis à des dispositions fédérales
(reconnaissance des certificats de maturité, formation professionnelle). Mais
il n’existe pas de Ministère fédéral ou national de l’éducation. Lorsque
la compétence législative incombe à la Confédération, celle-ci édicte les
dispositions nécessaires et en confie l’exécution aux cantons ou,
exceptionnellement, à des privés. Les cantons sont donc également en grande
partie responsables des écoles qui ne relèvent pas directement de leur
souveraineté législative (formation professionnelle par exemple).Leur position
de force est encore accrue par le fait que la Confédération leur accorde un
droit de consultation sur les projets législatifs fédéraux (art. 45). Les
compétences cantonales en matière de culture mais surtout d’éducation et de
formation (souveraineté en matière scolaire) constituent le bastion le plus
important du fédéralisme helvétique. Un certain nombre de responsabilités et de tâches sont
confiées, par les constitutions et les lois cantonales, aux communes (création
et entretien de certains types d’écoles comme les jardins d’enfants
(écoles maternelles), les écoles enfantines (préscolaire) et les écoles de
la scolarité obligatoire (primaire et secondaire I). Les communes (ou
municipalités), - la Confédération en compte aujourd’hui 2942 - forment
autant de « petites républiques » car elles bénéficient souvent,
comme les cantons, d’une autonomie assez large; cette dernière est garantie
par la Constitution fédérale, dans les limites fixées par le droit cantonal
(Art. 50). Administration générale au niveau cantonal et local La direction et l'administration de l'enseignement cantonal
incombent au gouvernement du canton et, pour la grande majorité d’entre eux,
à son Département de l'instruction publique (ministère cantonal de
l'éducation). Dans certains cantons toutefois, le secteur de la formation
professionnelle dépend du Département de l’économie publique; celui - non
obligatoire - de l’école maternelle est parfois rattaché au Département de
la santé publique et des affaires sociales, tout comme le secteur de l’enseignement
spécialisé. Mais la tendance générale est, de plus en plus, de confier l’ensemble
des responsabilités de l’éducation et de la formation au seul département
de l’instruction publique. Le "ministre cantonal", directeur de
l'instruction publique, est un élu du peuple, soumis à réélection tous les
quatre ou cinq ans. Les cantons ont une administration scolaire plus ou moins
développée - et subdivisée en un nombre variable de services - selon leur
dimension et leur offre de formation (université). Les autorités politiques
ont mis en place, dans plusieurs cantons, un Conseil de l'éducation (Erziehungsrat),
qui a un rôle essentiellement consultatif. Presque tous les cantons
ont créé, dans les années 60, des services pédagogiques (centres cantonaux
de statistiques, de recherche et de documentation) chargés de veiller au bon
fonctionnement de l'école et, éventuellement, d'apporter leur contribution
scientifique aux travaux en la matière (amélioration de l'école,
développement des plans d'études, etc.). De manière générale, on constate
que, dans la plupart des cantons, les problèmes sont gérés jusque dans le
détail (taille des classes, plans d'études imposés, moyens d'enseignement
officiels, etc.) de manière relativement centralisée, spécialement au niveau
de la scolarité obligatoire; les établissements scolaires disposent donc
d'assez peu d'autonomie. Celle-ci est beaucoup plus importante au niveau du
secondaire II. Au niveau local - celui des communes ou municipalités -
l'administration scolaire est très variable, en fonction de la dimension, de la
structure d’ensemble de l’administration communale et des réalités
géographiques (communes urbaines ou rurales). Les autorités politiques y sont
assistées, en règle générale, de commissions scolaires dont peuvent faire
partie des élus locaux mais également de simples citoyens. Ces commissions
scolaires ont des compétences variables selon les cantons et peuvent aller de
la simple responsabilité des conditions matérielles mises à disposition de l’enseignement
(locaux, moyens d’enseignement, etc.) à un préavis - ou parfois même la
décision - pour la nomination des enseignants ou encore à des compétences
pédagogiques de contrôle et d’inspection. Etablissements d’enseignement, direction, gestion Au niveau de la scolarité obligatoire, les établissements
eux-mêmes disposent en général d’une marge de manœuvre assez restreinte. Néanmoins,
de nombreuses expériences d’autonomie totale ou partielle sont en cours,
depuis quelques années, mais elles touchent principalement le secondaire I et
surtout le secondaire II. Elles se mettent en place en liaison avec des formes
de nouvelle gestion publique (enveloppe financière) et des développements de
la pratique pédagogique (projets d’établissement). La direction d'école présente, elle aussi, de notables
différences d’un niveau à l’autre et d'une région à l'autre. La fonction
n'existe, de toute manière, que dans des écoles comptant un nombre important
de classes. On peut dire, de manière générale, qu'il n'existe pas à
proprement parler de "directeur d'école" en Suisse alémanique, au
niveau de la scolarité obligatoire ; lorsque c'est le cas, la fonction se
limite à des tâches d'organisation et de coordination. C'est un peu différent
en Suisse romande, où le rôle de la direction d'établissement est
sensiblement plus important (tâches de surveillance et d'animation
pédagogique). Au secondaire II, par contre, la fonction est importante dans
l'ensemble de la Suisse car il n'existe pas d'inspectorat pour la surveillance
des écoles de maturité; la Commission suisse de maturité examine si les
conditions nécessaires à la reconnaissance des certificats, selon la
réglementation, sont remplies. Les cantons disposent de leurs propres organes
de surveillance et la direction de l'établissement dispose de compétences
étendues en matière de contrôle pédagogique. Il n’est pas rare, d’ailleurs,
que les directeurs d’établissement continuent d’assumer une charge plus ou
moins importante d’enseignement. Contrôle et inspection administrative Dans la plupart des cantons, au niveau de la scolarité
obligatoire, ce sont des inspecteurs scolaires, fonctionnaires à plein temps,
qui sont chargés de la surveillance des écoles. Sauf exception, ce sont des
généralistes et non pas des spécialistes de branches et ils ont la
responsabilité d'une zone géographique (circonscription, arrondissement,
district) plus ou moins importante. Dans certains cantons, des inspecteurs
recrutés dans le corps enseignant assistent, à temps partiel, les inspecteurs
de district. Les cantons de Zurich et de St-Gall connaissent un régime
particulier: là, les inspecteurs - au sens étroit du terme - ne sont chargés
que de tâches strictement limitées - surtout administratives - et la
surveillance générale des écoles est confiée à des "profanes"
désignés par les commissions scolaires locales ou de district (Laieninspektorat). Dans le passé, on attendait en priorité des inspecteurs et
directeurs d'écoles qu'ils exercent des fonctions de contrôle (plans
d'études, contenus, méthodes pédagogiques, évaluation, promotion des
élèves, etc.) et qu'ils accompagnent les mesures d'innovation scolaire en en
vérifiant leur conformité aux normes cantonales. Si ces tâches n'ont pas
entièrement disparu, le rôle de l'inspection a évolué vers l'animation
pédagogique et le conseil, en collaboration avec d'autres experts. Dans l’ensemble
de la Suisse, la fonction de contrôle et d’inspection fait actuellement l’objet
de nombreuses remises en questions et évolue en fonction des mesures d’autonomisation
(souvent partielle) des établissements, des exigences de la nouvelle gestion
publique et de la rénovation pédagogique. Participation et consultation des différents acteurs de la
vie sociale La participation et la consultation font partie intégrante
de tous les aspects de la vie politique suisse, dans tous les domaines, où la
règle générale est le consensus. Le système éducatif fonctionne donc tout
naturellement selon le même principe. Sa mise en application, même si elle n’est
pas toujours évidente, est facilitée par la proximité du pouvoir et des
organes de décision ainsi que par une certaine « éthique de l’éducation »
que des experts de l’OCDE ont décelée à tous les niveaux du système. Dans la pratique, la participation et la concertation
prennent des formes diverses selon les cantons, les régions urbaines ou rurales
et les traditions d’organisation et de fonctionnement. Comme indiqué
ci-dessus, plusieurs cantons disposent d'un Conseil de l'éducation (Erziehungsrat).
Dans tous les cantons, le corps enseignant bénéficie - légalement et
pratiquement - d'un droit d'intervention. Celui-ci englobe non seulement le
droit de consultation, mais également, en Suisse alémanique surtout, un droit
de participation directe (membres du Conseil de l'éducation et des autorités
scolaires locales); les représentants des organisations syndicales d’enseignants
sont systématiquement associés, dès leur conception, à toutes les réformes
entreprises. Le droit d'intervention des parents, par contre, est moins
institutionnalisé, même s'ils sont largement représentés au sein des
commissions scolaires et si les associations de parents d’élèves ont
tendance à se développer. Au niveau communal, par exemple, en vertu du
système de la démocratie directe, l'ensemble des citoyens se prononce sur le
système scolaire, modérant par là même l'influence des parents, pourtant
directement concernés. Au plan cantonal, les Parlements (lois, crédits) et les
citoyens (référendum, initiative) ont, eux aussi, une influence non
négligeable sur l'organisation du système scolaire, de même que les communes
qui jouissent du droit d'intervention. Dans le domaine de la formation professionnelle, ce sont les
cantons qui sont chargés, en règle générale, de la mise en oeuvre de la
réglementation de la Confédération: organisation de l’enseignement
professionnel, approbation des contrats d’apprentissage, surveillance,
organisation des examens finaux, formation des maîtres d’apprentissage (en
collaboration avec les associations professionnelles) et orientation
professionnelle. Le secteur privé, notamment par les associations
professionnelles, joue un rôle plus actif dans le domaine de la formation
professionnelle que dans les autres domaines de l’éducation. Non seulement il
assure, dans la plupart des cas, la partie pratique de la formation
professionnelle mais il gère également des écoles ou participe au financement
de certaines écoles professionnelles. Les associations professionnelles sont
aussi impliquées dans la définition des professions, l’élaboration des
programmes de formation et l’organisation des examens. Dans le secteur de la
formation continue et du perfectionnement, elles organisent les examens
professionnels des degrés supérieurs, définissent les matières d’examen et
les adaptent à l’évolution technique et économique. Le secteur privé
participe également à la réforme du système en lançant des formations à de
nouvelles professions ou en modifiant les formations existantes. Le cadre général de la scolarité obligatoire est fixé de
manière contraignante pour tous les cantons concordataires par l’article 2 du
« Concordat sur la coordination scolaire » approuvé en 1970.
Celui-ci stipule que « l’âge d’entrée à l’école obligatoire est
fixé à six ans révolus au 30 juin » et que « les cantons
conservent la possibilité d’avancer ou de retarder la date limite de quatre
mois. La durée de la scolarité obligatoire est d’au moins neuf ans, pour
filles et garçons, à raison de trente-huit semaines d’école par an, au
minimum ». La scolarisation se fait à plein temps et le contrôle de la
fréquentation scolaire est assuré, selon les niveaux, par les enseignants et
les autorités scolaires compétentes (inspecteurs scolaires, communes,
cantons). Année scolaire La durée minimale de l’année scolaire est fixée à l’article
2 du Concordat sur la coordination scolaire de 1970: « au minimum 38
semaines par an », soit 190 jours. Ce cadre est appliqué, avec quelques
nuances, aussi bien au niveau préscolaire que durant la scolarité obligatoire
et au secondaire II. La répartition des vacances scolaires est de la
compétence des cantons et, pour la scolarité obligatoire, des communes. Il y
a, de ce fait, une très grande diversité en Suisse, parfois même à l’intérieur
d’un canton et selon le niveau scolaire (primaire/secondaire); une différence
importante se remarque entre la Suisse latine et la Suisse alémanique. Alors
que, dans les cantons latins, les élèves bénéficient de vacances
relativement longues en été, les cantons alémaniques, de manière générale,
ont des vacances courtes à cette même période; celles-ci sont compensées par
une pause plus importante en automne ainsi qu’en février. Horaire hebdomadaire et journalier au niveau préscolaire En Suisse alémanique, le « jardin d’enfants » (Kindergarten)
accueille les enfants de deux heures à deux heures et demie le matin et deux
heures l’après-midi. En Suisse romande, la périodicité est semblable. Il y
a entre 18 et 22 heures d’école enfantine par semaine. Au Tessin, par contre,
la scuola dell’infanzia est généralement ouverte sans interruption de
8 h 45 à 15 h 45. Horaire hebdomadaire et journalier au niveau de la scolarité
obligatoire En première année primaire, sur l’ensemble de la Suisse,
on obtient une moyenne de 3 h 3/4 d’enseignement par jour et environ 20
séquences d’enseignement par semaine, tandis qu’en 5e ou 67e primaire
(dernières années d’école primaire) on arrive à un total de 5 h 1/4 par
jour et une fréquence de 34 à 36 leçons hebdomadaires. L’enseignement est
dispensé le matin et l’après-midi et, en règle générale, les élèves
rentrent chez eux pour le repas de midi. Lorsque les distances ne le permettent
pas, les communes organisent la prise en charge des élèves (surveillance et
repas). Depuis quelques années, on s’efforce de développer, en milieu urbain
notamment, des systèmes de demi-pension et/ou de journée continue (Tagesschulen).
Selon les cantons, les élèves sont libres le samedi toute la journée, ou
le samedi après-midi et une autre demi-journée dans la semaine, ou encore le
samedi entier et une autre demi-journée dans la semaine. Le même cadre général s’applique au niveau secondaire I,
où l’on trouve en moyenne, de 30 à 35 leçons par semaine, sur 5 jours. Il reste qu’il existe des différences souvent importantes
entre les cantons. Ainsi, le temps global pour achever la scolarité obligatoire
varie par exemple entre 9’034 et 7’317 heures. Accessibilité géographique L’accessibilité géographique ne pose certains problèmes,
durant la scolarité primaire, que dans les régions à faible population (zones
rurales de plaine, vallées alpines). Diverses mesures ont été prises dans ce
domaine. Dans les cantons qui comptent de nombreuses petites communes rurales,
on a souvent procédé à des regroupements scolaires intercommunaux et l’on
organise les transports des élèves en conséquence; l’on a aussi maintenu
autant que possible les petites écoles, avec des effectifs d’élèves très
réduits, où l’on pratique un enseignement multigrade. Cette pratique est
beaucoup plus répandue au niveau primaire (21%) qu’au niveau secondaire I
(environ 4%). Le problème de l’accessibilité géographique se pose de
façon plus aiguë, dans ces mêmes régions, à partir du secondaire I. Les
élèves sont en effet obligés, la plupart du temps, de fréquenter un
établissement régional, ce qui implique transport et repas sur place. Mais,
dans la plupart des cantons, un grand effort a été fait pour décentraliser au
maximum les établissements du secondaire I afin que l’accessibilité
géographique soit assurée le mieux possible. Choix de l’école Mis à part au niveau préscolaire (école maternelle) et au
niveau tertiaire, le choix de l’école n’est pas libre en Suisse; il se fait
conformément aux dispositions législatives et réglementaires et à la carte
scolaire élaborée soit au niveau communal, soit intercommunal (cercles
scolaires intercommunaux ou associations de communes pour le primaire et/ou le
secondaire I par exemple), soit cantonal. Des dérogations pour la fréquentation d’un autre
établissement ou d’un autre cercle scolaire peuvent toutefois être
accordées par les autorités scolaires compétentes (inspecteur scolaire,
autorités locales, etc.). Enseignement privé La Constitution fédérale prévoit que l'enseignement de
base doit être placé sous la direction ou la surveillance des autorités
publiques et ce principe est adopté de façon générale par les cantons pour
l'ensemble de la scolarité obligatoire. Il existe bien à ce niveau des écoles
privées (environ 5% de la population scolaire) mais elles sont rarement
subventionnées; elles constituent par ailleurs souvent, pour des parents qui le
souhaitent, une alternative à la pédagogie de l’enseignement public (écoles
Montessori, Steiner, etc.). Les écoles du secondaire II sont le plus souvent cantonales
(ou communales dans certains cas); cependant, les écoles privées de ce niveau
(environ 10% de la population scolaire), autrefois souvent confessionnelles,
sont fréquemment reconnues et même subventionnées. La plupart des écoles professionnelles relèvent aussi des
cantons, alors que la formation continue - générale ou professionnelle -
dépend en grande partie du secteur privé, tout en bénéficiant de subventions
fédérales ou cantonales. Il existe au niveau supérieur un nombre relativement
important d’établissements privés, particulièrement dans les domaines du
management ou des nouvelles technologies. On trouve également plusieurs
« universités » étrangères plus ou moins sérieuses, délivrant
des titres et des diplômes dont la reconnaissance n’est pas toujours
assurée. De manière générale, la Constitution fédérale garantit
à chacun le droit d'ouvrir une école privée, en vertu du principe fondamental
de la liberté d'entreprise. Mais de telles écoles sont soumises aux
législations cantonales en vigueur (autorisation de création,
subventionnement, surveillance, reconnaissance des diplômes délivrés, etc.). En règle générale, les écoles privées ne sont pas
subventionnées en Suisse, exception faite de certains cantons ou de certaines
conditions (offre d’un service non assuré par l’enseignement public). En comparaison internationale, la Suisse possède un niveau
élevé de formation. En effet, 80% de la population a achevé une formation
postobligatoire. Cette proportion n’a cessé de croître au cours des quarante
dernières années. Les jeunes d’aujourd’hui sont mieux formés que leurs
parents. Quatre retraités sur dix avaient cessé de se former au terme de
la scolarité obligatoire. Ce n’est plus le cas que d’une personne sur huit
chez les jeunes adultes d’aujourd’hui. La moitié des personnes qui ont une
formation postobligatoire ne sont pas allées au-delà d’un apprentissage
professionnel et un quart détiennent en outre un diplôme de degré tertiaire.
La Suisse présente toutefois des lacunes au niveau de la formation
universitaire : elle fait partie des pays connaissant les plus faibles
proportions de diplômés universitaires (10%).
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