| L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays | ||
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Education non formelle
Alphabétisation des adultes
I- LES OBJECTIFS FIXES PAR LE TOGO SUITE A LA CONFERENCE DE JOMTIEN
Avant de les répertorier, il sera question de faire un résumé succinct de la situation de lanalphabétisme au Togo avant la conférence.
1.1- Situation avant 1990
Lanalphabétisation et léducation des adultes ne sont pas nées quavec la conférence de Jomtien. Comme nous lavions souligné, déjà en 1970, le Togo a amorcé une politique en la matière à la suite dun constat à savoir : le taux élevé danalphabètes surtout des femmes (89%) constitue un handicap pour le développement économique. Des efforts ont été donc entrepris en vue déradiquer lanalphabétisme. La lutte a été orientée sur 2 fronts : relancer la scolarisation au niveau de lenseignement primaire. La réforme de lenseignement adoptée en 1975 participe à cet objectif. Lalphabétisation aussi bien des jeunes que des adultes constitue le second volet. Concernant ce volet, les activités ont porté sur trois programmes
Lalphabétisation fonctionnelle avec en son sein un volet féminin en raison des besoins spécifiques des femmes et des jeunes filles.
Le programme semi-fonctionnel intensif et rapide intégré aux projets de développement socio-économique.
Lalphabétisation traditionnelle ou de rattrapage scolaire .
Plus de 2000 centres ont contribué à ces programmes et plus de 70 000 adultes y ont bénéficié
En dépit de ces efforts, le nombre danalphabètes en chiffre absolu en a cessé de croître même si une légère diminution en termes de pourcentage est constatée. Si donc en 1985 le taux danalphabètes sélevait à 58,5 %, il est descendu en 1990 à 56,7 % Mais en zone rurale ce taux est très élevé et on peut recenser 2 personnes sur 3 ne sachant ni lire ni écrire.
Cest dans cette condition quest donc intervenue la conférence de Jomtien.
1.2- Plan dAction National
Les objectifs fixés par la conférence de Jomtien viennent remplacer la politique togolaise, sen matière de lalphabétisation et léducation des adultes. Mais ils resteront lettre morte si des devoir. Le programme daction national provient de deux principales sources : la première source est le séminaire national tenu à Béthania du 12 au 16 Août 1991 sous les auspices du Ministère de lEducation Nationale et de la Recherche Scientifique. Ce séminaire a élaboré un plan daction intitulé « Plan dAction National dEducation Pour Tous. »
La deuxième source est « les Etats Généraux de léducation, de la Formation et de la Recherche Scientifique et Technologie » tenus sous les auspices des Ministères de lEducation Nationale et de la Recherche, de lEnseignement Technique et de la Formation Social et de la Solidarité Nationale du 4 au 9 Mai 1992 à Lomé.
1.2.1. - Le Plan dAction National déducation Pour Tous
Ce plan comme il a été indiqué, est adopté lors du Séminaire de Béthania en vue de donner effet à la Conférence de Jomtien. Les objectifs généraux fixés vont dans le même sens que la politique pratiquée jusque-là :
- favoriser laccès au savoir et au savoir-faire par laugmentation du taux dalphabétisation en particulier chez les femmes en créant des centres lalphabétisation ;
- offrir à tous, nantis ou pauvres, hommes ou femmes, handicapés ou normaux une égalité de chance à léducation Familiariser la population avec des projets de développement
- créer des communautés rurales capables de répondre aux besoins de lévolution des techniques à lexploitation agricoles ou artisanales, etc
Des objectifs spécifiques et des stratégies prévus viennent renforcer les objectifs ci-dessus énoncés
1.2.1.1 Objectifs spécifiques
Il sagira :
- de renforcer les programmes dalphabétisation traditionnelle et fonctionnelle ;
- détendre la gamme des professions à atteindre
- de toucher dans une première étape 105 000personnes en zone rurale dont 30000personnes dont 70 000 femmes.
1.2.1.2 - Les stratégies
Il sera question dintensifier lalphabétisation et léducation des adultes dans les zones rurales et urbaines en accordant une attention particulière aux femmes, de favoriser la formation scolaire et professionnelle par des mesures en faveur des couches sociales défavorisées, de diversifier des filières de formation professionnelle en fonction des besoins du marché.
Aussi, est-il prévu des activités en vue datteindre ces objectifs :
- mobiliser les ressources humaines, matérielles et financières ;
- multiplier et renforcer les structures de recherche et de formation pédagogique ;
- équiper les centres en matériels didactiques appropriés ;
- former le personnel dencadrement.
Il sagira en outre de mettre en place des cinés-clubs, télé clubs, le créer de nouveaux centres de formation et de recyclage, dorganiser des festivals, des séminaires, etc
Ce sont là quelques unes des principales orientations retenues par le séminaire de Béthania. Mais comme le notent les participants à ce séminaire, « un plan daction, cest avant tout le calendrier de réalisation des activités définies selon des objectifs. Des stratégies et des moyens précis ». Conscients que les orientations retenues peuvent être perfectibles, ils ont laissé le soin aux « Etats Généraux » dont lorganisation a été décidée par la conférence de 1990 de les compléter et de les approfondir. Ce qui fut fait en 1992.
1.2.2. Les Etats Généraux de 1992
Daprès le rapport de ces Etat Généraux, si le Togo veut éliminer lanalphabétisme en 20 ans, il lui faudra un taux de réduction de lanalphabétisme de 15 % tous les 5 ans ; donc ouvrir tous les ans 2185 centres pour alphabétiser 43700 adultes. Vu lampleur de la tâche, il a été de ramener ce taux à 5 %.
Ainsi, de façon globale, il a été décidé de mettre laccent sur la généralisation de lenseignement primaire rénové et lintensification de lalphabétisation des jeunes et adultes. A cet effet, il a été prévu un plan quinquennal dactions concrètes. Il est prévu de 1992 à 1996 :
- dinstaller 3642 centres pour alphabétiser 72840 adultes ;
- former et recycler 7284 alphabétiseurs ;
- produire 323 333 exemplaires de documents traitant plus de 30 thèmes différents ;
- implanter 150 bibliothèques rurales ;
- initier lencadrement technique à la transcription des langues d alphabétisation ;
- intéresser les divers projets au volet alphabétisation.
Quatre catégories de centres doivent participer à ce programme :
- centres fonctionnels mixtes 32500 à alphabétiser
- centres fonctionnels féminins 8000 à alphabétiser
- centres traditionnels 32000 à alphabétiser
- centres dans les projets et entreprises 340 à alphabétiser.
Le programme ne se limite pas à lalphabétisation. Les néo-alphabètes doivent être suivis. Ainsi, est-il prévu un programme de post-alphabétisation qui devra prendre en compte la production de brochures, de 5 journaux différents et le développement dactivités créatrices dun environnement lettré.
Le programme des instituions spécialisées (Pouponnière, village denfants, SOS, Foyer Atelier de Kamina, le centre de Cacavelie, la Brigade pour mineurs, lEcole de sourds-muets, centres de formations pour aveugles etc ) doivent contribuer également à cette lutte
II REALISATIONS
Il sagit ici de répertorier les actions concrètes menées sur terrains par rapport au objectifs fixés par le Plan dAction Etats Généraux.
2.1- Nombre de centres créés
Daprès les statistiques de la Direction de lAlphabétisation ont été crées de 1989 à 1994 cest-à-dire en 6 ans. Ce qui donne une moyenne annuelle de 117 centres. En 5 ans cest-à-dire de 1990 1994, 585 centres auraient été créés. De 1998, 2056 centres ont été créés. Un récapitulatif, nous donne un total de 2641 centres créés de 1990 à 1998. Au 31 Décembre 1998 a créé 6042 centres (voir supra : tableau n° 1)
2.2- Nombre dauditeurs touchés
De 1989 à 1998, le nombre dauditeurs touchés par lalphabétisation sélève à 44 533 contre 62 682 jusquen 1988 ce qui donne un total de 107 215 auditeurs.(pour plus de détails, cf. le tableau ci-après).
Eléments |
Total des centres |
Moyenne de centres par an |
Nombre dauditeurs touchés |
||
Années |
Hommes |
Femmes |
Total |
||
1972 - 1988 |
3281 |
205 |
45000 |
17682 |
62682 |
1989 à 1994 |
705 |
141 |
12469 |
5914 |
18383 |
1995 |
852 |
852 |
4502 |
7830 |
12332 |
1996 |
423 |
423 |
3080 |
4922 |
8002 |
1997 |
557 |
557 |
2092 |
2044 |
4136 |
1998 |
224 |
224 |
509 |
1171 |
1680 |
Ensemble |
6042 |
- |
67652 |
39563 |
107215 |
Tableau 1 :Evolution des Auditeurs et des centres dAlphabétisation
Source : Direction de lAlphabétisation et de LEducation des Adultes
Taux dévolution de création de centres entre 1995 et 1998 : 73,70 %
Ecart de centres entre n1995 et 1998 : - 628 (852 et 224)
Ecart dauditeurs touchés entre 1995 et 1998 : - 10652.
Tableau 2 : La répartition du taux dalphabétisation par région de 1994 à 1997 sétablit de la façon suivante
| Année | 1994 | 1995 | 1996 | 1997 | ||||
| Régions | H | F | H | F | H | F | H | F |
| Lomé | 91,4 | 67,2 | 92 | 68,5 | 92,5 | 69,7 | 93,1 | 71 |
| Région Maritime | 76,6 | 44,4 | 77,5 | 43,4 | 78,4 | 44,4 | 79,4 | 45,4 |
| Plateaux | 49,2 | 72,2 | 51 | 73,5 | 52,8 | 74,9 | 54,6 | |
| Centrale | 64,1 | 42,4 | 65,6 | 44,2 | 67 | 46,1 | 68,5 | 47,9 |
| Kara | 60,4 | 37,9 | 61,9 | 39,5 | 63,4 | 41,2 | 65 | 2,8 |
| Savanes | 47,9 | 21,1 | 49,8 | 22,2 | 51,6 | 23,4 | 53,5 | 24,5 |
Source : Direction de lAlphabétisation et de lEducation des Adultes
De façon générale, le taux national dalphabétisation varie sensiblement dune source à une autre. Cest ainsi que ceux que nous allons utiliser ici sont ceux fournis par lUNESCO. En effet en 1990, le taux national danalphabétisme sélevait à 56,70% dont 44% pour les hommes et 69% pour les femmes. En 1995, ce taux est descendu à 48% dont 33% pour les hommes et 67% pour les femmes. Ce qui donne une progression annuelle de plus de 1%.
2-3 - La population cible
Le programme dalphabétisation est destiné aux adultes des deux sexes vivant en milieu urbain ou rural. Les bénéficiaires sont donc les personnes âgées de 15 ans au moins. Mais aujourdhui, la Direction de lAlphabétisation privilégie les membres des groupements. Une discrimination positive est aussi pratiquée au profit des femmes surtout à partir de 1995 (voir tableau 1) en vue de réduire la disparité entre les taux danalphabétisme masculin et féminin. Pour mettre en uvre cette politique des centres uniquement féminin sont créés .De même, il existe des centres tenus que par les femmes.
Laccent mis sur les membres des groupements se justifie par le fait quon vise à familiariser la population avec les projets de développement. Cest pourquoi les Etats Généraux ont mis laccent sur la création des centres fonctionnels (32500 centres mixtes et 8000 centres féminins contre 32000 centres traditionnels). Après la formation les néo-alphabètes peuvent occuper positions sociales après une formation complémentaire.
2-4 - Les résultats
Le taux dabandon des apprenants est estimé entre 20 et 25%. Mais on estime que ce taux est encore plus élevé chez les femmes. Toutefois le taux déchec à lévaluation est relativement faible : entre 1 et 5 %.
Trois options sont proposées aux apprenants :
Formation étalée (de 6 à 9 mois)
Formation semi-intensive (3 à 4 mois)
Formation intensive (45 à 60 jours)
Les séances de 2 à 3 fois par semaine ont lieu les soirs et durent 2 heures au maximum.
2-5 - Les langues dapprentissage
Outre le français, lalphabétisation se fait :
en Ewé dans les régions Maritime et des Plateaux,
en Tem dans la région Centrale,
en Kabyè dans la région de la Kara, une partie de la région centrale et dans la préfecture de lEst Mono,
en Ben dans la région des Savanes.
Cependant louverture sur dautres langues comme Ifè, Nawoloum, Ntcham, Konkomba, Anoufo, Gomma, Adja, Mina, Akposso est admise.
2-6- Les dépenses publiques consacrées à lalphabétisation des adultes
Les données fournies par la Direction de lAlphabétisation et de lEducation des Adultes en matière des dépenses publiques sont relatives aux années 1992 à 1998. Les dépenses publiques sélèvent à quelques cent dix millions de francs CFA (110.000.000 FCFA). Et se répartissent de la façon suivante :
Années |
Montant |
Sources de financement |
Exécution |
1992 |
25 000 000 |
BIE |
- |
1993 |
0 |
- |
- |
1994 |
30000000 |
IDA |
- |
1995 |
30000000 |
IDA |
- |
1996 |
25000000 |
IDA |
13000000 |
1997 |
0 |
- |
- |
1998 |
0 |
- |
- |
Total |
110000000 |
Source : Direction de lAlphabétisation et de lEducation des Adultes.
La participation financière des familles aux dépenses est très modique. Les apprenants participent à lacquisition des livrets dapprentissage pour des sommes allant de cent à mille francs CFA (100 à 1000 FCFA).
III EVALUATION
Lévaluation des activités menées par le Togo portera sur deux points : dabord lévaluation des textes et ensuite lévaluation des activités concrètement réalisées.
3-1 Les textes
Le programme national dactions, avions-nous signalé, provient de deux sources complémentaires : le Plan dActions National dEducation Pour Tous complété par les Etats Généraux. Sur le fond, ces textes et surtout les Etats Généraux dans leurs objectifs sont dune clarté irréprochable dans lensemble. Si les objectifs fixés étaient réalisés, ils auraient pu permettre de lutter contre ce mal qui anéantit les efforts de développement. En effet, il nétait pas question de faire seulement de lalphabétisation traditionnelle mais lalphabétisation permettant à la population de se prendre en charge et de sautogérer (alphabétisation fonctionnelle) était aussi prévue. Aussi, il était question non seulement de créer des centres mais il fallait aussi créer des centres spécifiquement féminins. La répartition annuelle des actions à mener de 1992 0 1996 avec une estimation de lenveloppe financière est à mettre au crédit du Plan daction.
Toutefois, il est à noter que sur le plan formel et procédural, ces textes nont jamais été lobjet dapprobation des Instances Politiques Nationales. Ce qui limite considérablement leur portée et leur mise en uvre. Ces textes auraient été approuvés par le Parlement ou auraient fait lobjet dun décret dapplication quil y aurait en une politique uniforme en matière dalphabétisation, du moins pour la période quils couvrent.
Aussi, si le Togo sest fixé un certain nombre dauditeurs à toucher, les textes sont silencieux sur le taux de réduction que représentent. Ces chiffres contrairement aux vux de la conférence. De plus, laccent nest pas suffisamment mis sur la lutte contre le taux élevé de lanalphabétisme des femmes en vue de réduire lécart des taux masculin et féminin.
Il est en outre déplorable de noter que le Togo na pu adopter un programme décennal comme la souhaité la conférence de Jomtien. Les Etats Généraux qui complèteraient le Plan dAction de Béthania nont théoriquement couvert quune période de 5 ans (1992 1996). En réalité, il y a en absence de décision politique en matière dalphabétisation des adultes. Cette défaillance est lune des causes des résultats globalement négatifs obtenus. On ne peut pas dire que le Togo ne mène pas une politique dalphabétisation des adultes. Mais on peut affirmer que la politique menée nest pas celle dictée par le Plan dActions de Béthania et les Etats Généraux qui ont été vite oubliés dans les tiroirs.
3.2 Les Résultats obtenus
3.2.1 Un résultat mitigé
Ceci est la conséquence de la politique menée ces dernières années en matière dalphabétisation. En dehors du fait que le Plan dAction et les Etats généraux nont jamais été appliqués, un autre constat simpose aujourdhui : lEtat ne fait plus ou ninvestit plus dans lalphabétisation des adultes : en témoigne les chiffres avancés dans le tableau 3. Il est déplorable de noter que durant ces deux dernières années (1997 et 1998), la Direction de lAlphabétisation et de lEducation des Adultes, Instance nationale chargée de lAlphabétisation nait reçu de crédit au titre de budget dinvestissement. Le constat simpose.
Pour lan 1993. Les locaux sont généralement offerts par les populations : écoles, églises, mosquées, case dhabitation, etc Certains centres ne disposent pas déquipements et parfois, ce sont les apprenants qui apportent leurs tabomets ou lampes à pétrole. Lagent alphabétiseur na pas de moyen de déplacement et cela lui complique la tâche sil doit aller dun centre à un autre. Bref, lEtat noffre plus de mobiliers ou les moyens daction.
Aujourdhui, les ONG, les Instituions para-étatiques et religieuses et les associations (care international AIDE ET ACTION PLAN INTERNATIONAL BORNFONDEN AVIDE SIL COPFEDES SOTOCO OTP Eglise Baptiste SOGEVERS RAFIA Mission Catholique Mission évangélique, etc ) interviennent dans lalphabétisation. A titre dexemple et daprès les informations fournies, lEtat, en 1998 na pas créé de centres dalphabétisation. Les 224 centres créés ont été luvre des ONG et autres institutions.
Des programmes daction sont souvent élaborés par la Direction de lAlphabétisation mais faute de moyens, ceux-ci restent inappliqués.
Cette attribution de lEtat, explique les résultats obtenus entre 1995 et 1998 surtout. En effet en 1998, à peine dépassés les 25 % le nombre dauditeurs touchés des centres créés en 1995. Il en est de même du nombre dauditeurs touchés (en 1998, le nombre dauditeurs touchés fait un peu plus de 12 % du nombre de 1995). Au niveau des centres créés, la différence est dà peu près 75 % tandis que le nombre dauditeurs touchés chute de 87 %
Face à ce constat, on peut dire que les objectifs fixés par le Togo ne sont pas atteints. A titre dexemples, les Etats Généraux quand bien même inappliqués avaient prévu la formation en 5 ans de 72840 adultes. Mais le constat qui simpose aujourdhui est que de 1989 à1998, (cest-à-dire en 10 ans) le Togo na pu former que 44533 personnes. En matière denveloppe financière, lestimation des dépenses de tous ordres sélève, pour la même période de 5 ans, à 648800000 F CFA. Mais, concrètement de 1992 1998, sans compter le budget des ONG intervenant dans lalphabétisation, la Direction de lAlphabétisation na reçu seulement que 110000000 F CFA cest-à-dire à peine un peu plus de 4 % de lenveloppe prévue.
Le manque dinvestissement en matière dalphabétisation est justifié ces dernières années par la crise socio-politique que connaît le Togo. Si on ne peut réfuter cet argument, on peut ajouter néanmoins quon a limpression que les dirigeants ne font pas de lalphabétisation des adultes une priorité La preuve cest quen 1993, 1997 et 1998 aucun crédit dinvestissement na été alloué à la Direction de lAlphabétisation. Ce qui est une grave erreur. De plus, on a limpression que l alphabétisation des adultes est une uvre sociale. Si on ne veut pas faire de la population togolaise dans les 10 ans ou 20 ans à venir, une population analphabète, il faut maintenir une politique soutenu dalphabétisation. Car chaque année le secteur formel rejette des déscolarisés.
Le secteur non formel doit être du secteur formel.
Que deviendrait dans 10 ou 20 ans un enfant qui abandonne lécole au cours Elémentaire 1ère année si le secteur non formel ne le prend pas en charge ?
3.2.2- Eléments positifs
Le principal élément positif est relatif à la sensibilisation de la population à la lutte contre lanalphabétisme. Selon la Direction de lAlphabétisation la sensibilisation a touché tous les coins du pays à tel point quaujourdhui elle narrive pas à faire face aux demandes de la populations. Aussi faut-il que noter que le nombre de femmes touchées ces dernières années (1995 1998) a été supérieur à celui des hommes (15967 femmes contre 10183 hommes) ce qui va dans le sens de la Conférence de Jomtien.
En outre lalphabétisation touche plus les groupes. Ce qui a lavantage de former les membres à se prendre en charge et à être plus indépendants et à sautogérer en fonction de leurs besoins. Pour ne prendre quun exemple, la société togolaise de coton (SOTOCO) fait de lalphabétisation fonctionnelle. Les membres des groupements sont formés à la pesées, à la gestion des stocks. au remplissage des fiches, etc
De façon générale, les projets font de lalphabétisation fonctionnelle alors que les ONG et Associations font lalphabétisation traditionnelle.
Aussi sur le plan organisationnel, on peut dire que lorganigramme tel quil se présente est acceptable. En effet, la supervision des centres dalphabétisation est faite à plusieurs niveaux :
- Pour une administration de promiscuité, lAgent de Promotion sociale, théoriquement, doit visiter les centres dalphabétisation de sa zone deux fois par mois suivant le nombre de centres.
- Au niveau préfectoral, cette tâche revient aux techniciens chargés de lalphabétisation et aux Directeurs préfectoraux. Si les premiers font une à deux visites par mois suivant le nombre de centres à visiter, les directeurs peuvent théoriquement faire une seule visite.
- A léchelon régional, la supervision est faite par le chef section Alphabétisation et le Directeur régional qui font des visites une fois par trimestre et chaque fois quil y a nécessité.
- Enfin au niveau national, cest à la Direction National de lAlphabétisation quincombe la tâche. Elle peut faire des visites une fois par an.
Cet organigramme ne souffre pas trop de lacunes. Il permet à lAdministration dêtre proche de la population et de bien cerner les problèmes du terrain. Parfaite théoriquement, cette organisation nest pas mise en pratique du fait du manque de moyens matériels et financiers .Lorsque les agents ne manquent pas, cest labsence de moyen qui ne leur permet pas de faire des visites. Ce qui fait que la supervision devient plus théorique que réelle.
Formation à des compétences de bases essentielles
ELEVES FORMEES A LECOOLE NATIONALE DE SAGES-FEMMES DETAT DU TOGO DE 1990 A 1998
ANNEE |
NOMBRE DELEVES INSCRITS EN 3èANNEE |
NOMBRE DELEVES DIPLOMEES |
1990 |
O |
0 |
1991 |
61 |
45 |
1992 |
15 |
15 |
1993 |
0 |
0 |
1994 |
31 |
26 |
1995 |
30 |
23 |
1996 |
33 |
33 |
1997 |
27 |
21 |
1998 |
6 |
6 |
TOTAL |
203 |
169 |
SITUATION DE FORMATION DES INFIRMIERS,LABORANTINS/NES,ASSISTANTS DHYGIENE,KINESITHERAPEUTES ET ORTHOPEDISTES DETAT ( ENAM-LOME)
ANNEES |
IDE |
LABO |
AHE |
KINE |
ORTH |
TOTAL |
1989-1992 |
67 |
0 |
o |
11 |
0 |
78 |
1989-1993 |
25 |
0 |
0 |
0 |
0 |
25 |
1991-1994 |
58 |
15 |
15 |
10 |
19 |
117 |
1992-1995 |
59 |
18 |
19 |
14 |
0 |
110 |
1993-1996 |
76 |
22 |
15 |
09 |
0 |
122 |
1994-1997 |
65 |
18 |
13 |
16 |
12 |
124 |
1996-1999 |
47 |
20 |
17 |
22 |
09 |
115 |
TOTAL |
397 |
93 |
79 |
82 |
40 |
691 |
SITUATION DE LA FORMATION DES INFIRMIERS ET ACCOUCHEUSES AUXILIAIRES DE 90 A 99ENAM-SOKODE
ANNEE |
IA |
AA |
TOTAL |
| 1989-1991 | 60 |
20 |
80 |
| 1991-1993 | 31 |
19 |
50 |
| 1992-1994 | 34 |
20 |
54 |
| 1993-1995 | 35 |
20 |
55 |
| 1994-1996 | 29 |
27 |
56 |
| 1996-1998 | 30 |
24 |
54 |
| 1997-1999 | 33 |
38 |
71 |
| TOTAL | 252 |
168 |
420 |
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