L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays Page d'accueil du forum mondial sur l'éducation
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II Partie: Section Analytique

III. Stratégies et indicateurs relatifs à L'E.P.T 90-98

III.1. l'Education Préscolaire

III-1 –1- Etat de lieu et évolution

En dépit de l’amélioration du taux de couverture dans les jardins d’enfants (7.09% en 1990 et 12.61% en 1998) nous constatons que ce taux reste encore faible puisque la majorité (87.39%)des enfants âgés de 3 à 6 ans ( estimés par l’I .N.S en 1998 à 600100 ) ne fréquentent pas les jardins d’enfants et ce, malgré les efforts fournis par la Tunisie en vue de promouvoir le secteur de l’éducation préscolaire (avantages prévus par le code unique d’incitation aux investissements , convention cadre signé entre le Ministère de la Jeunesse, de l‘Enfance et des Sports et certaines O.N.G – Union Tunisienne de Solidarité Sociale, Union Nationale de la Femme Tunisienne et l’Organisation Tunisienne pour l’Education et la Famille – dans le but de les aider à améliorer la qualité des services de leurs J.E et de créer d’autres institutions notamment dans les zones rurales et les cités populaires à forte densité de population) .

Nous notons aussi une baisse du nombre des jardins d’enfants municipaux (250 J.E en 1990 CONTRE 144 J.E en 1998 ) et une nette augmentation du nombre des J.E privés (262 J.E en1990 contre 856 en 1998 ) .Ceci est le résultat d’une politique tunisienne favorable à toute initiative privée et aux multiples encouragements et avantages prévus par la législation en vigueur en matière d’investissement. Il y a lieu de signaler que le nombre de J.E le plus élevé se trouve dans les gouvernorats de Sfax (174) Monastir (154) et Sousse (127) . Les gouvernorats de Siliana, Zaghouan, et Tozeur ont respectivement le nombre de J.E le plus bas (9-13 et 14).

Ces régions à dominance rurale ne semblent pas intéresser les promoteurs privés qui préfèrent installer leurs projets dans les grandes villes et les cités urbaines pour des raisons de rentabilité.

Nous constatons aussi que le pourcentage des animateurs non spécialisés dans le domaine de l’éducation préscolaire et exerçant dans les J .E est très élevé (78. 34% ) . Ainsi, vu l’importance de l’encadrement éducatif dans l’amélioration de la qualité des services des J.E , le Ministère de la Jeunesse, de l’Enfance et des Sports a élaboré un programme de formation minimale en matière de gestion pédagogique à l’intention de ces animateurs dont l’application démarrera en l’an 2000.

Ce programme repose sur trois axes : les fondements théoriques, la partie technique et l’aspect pratique et il est réparti en 9 unités ayant un rapport avec le travail pédagogique dans les jardins d’enfants tel que : l’organisation de l’espace, les activités éducatives, la répartition des enfants en petits groupes, le développement de l’autonomie, le rôle socio-éducatif de l’animateur…

III-1-2- Moyens d'action et stratégie adoptée

III-1-2-1- Le partenariat :

Le M.J.E a signé une convention cadre avec trois O.N.G (l'Union Tunisienne de Solidarité Sociale, l'Union Nationale de la Femme Tunisienne et l'Organisation Tunisienne de l'Education et de la Famille) dans le but de les aider à créer des jardins d'enfants notamment dans les zones rurales et les cités populaires à forte densité.

III-1-2-2- Le Code d'incitation aux investissements :

Le Code d'incitation aux investissements institué en vertu de la loi 93-120 du 27 Décembre 1993 a prévu un certain nombre d'encouragements en faveur des promoteurs privés dans le domaine du préscolaire à savoir :

  1. La détaxation douanière sur le matériel importé et non fabriqué en Tunisie.
  2. La suppression de la taxe sur la valeur ajoutée (T.V.A) relative au matériel socio-éducatif fabriqué en Tunisie .
  3. La possibilité d'obtention de crédits à faible intérêt pour la création de jardins d'enfants.
  4. Ces mesures ont largement contribué au développement quantitatif des jardins d'enfants aussi bien dans le secteur privé qu'associatif et ont permis d'atteindre un taux de couverture de 12.61%* en 1998.

    III-1-2-3- Evolution du secteur des jardins d'enfants (1990 -1998)*.

    Années

    Nombre des Jardins d'enfants

     

    N. d'enfants

    Taux de couverture

     

    Secteur Public

    Secteur associatif

    Secteur Privé

    Total

       

    1990

    250

    144

    262

    656

    43150

    7.09%

    1991

    251

    150

    288

    689

    45,000

    7,40%

    1992

    251

    164

    315

    730

    47475

    7.82%

    1993

    254

    168

    364

    786

    49125

    8.1%

    1994

    257

    182

    398

    837

    62654

    10,40%

    1995

    242

    236

    564

    1042

    64,490

    10,75%

    1996

    235

    242

    638

    1115

    68108

    11,42%

    1997

    201

    246

    753

    1200

    72316

    12,15%

    1998

    163

    264

    856

    1283

    75048

    12,61%

     

    Nombre global des jardins d'enfants en fonction des tutelles (1998)*

    Nombre global des J.E Secteur public Secteur associatif Secteur privé
    1283 163 264 856

     

    Nombre d'enfants inscrits aux J.E en fonction de l’âge (1998)*

    Nombre global des enfants aux J.E 3 Ans 4 ans 5 Ans
    75.048 17791 23622 33635

     

    Nombre d'enfants aux J.E selon le sexe (1998)*

    Nombre global des enfants aux J.E Masculin Féminin
    75.048 38.173 36875

    III-1-2-4- La mise à jour des programmes éducatifs appliqués dans les jardins d'enfants

    Dans le but d'aider les animateurs et animatrices des jardins d'enfants à mieux s'acquitter de leur tâche éducative, la révision des programmes éducatifs a été jugée nécessaire ; et c’est en 1994 qu’un programme pédagogique de l'animation socio-éducative en faveur de la petite enfance a été élaboré. Le contenu de ce document se résume comme suit :

les principes de l'animation socio-éducative.

le développement de l'enfant de la phase prénatale jusqu'à 6 ans.

les principes de la programmation et les caractéristiques de la pédagogie de l'animation socio-éducative.

les principales activités présentées aux jardins d'enfants.

le partenariat éducatif

    III-1-2-4- La formation des animateurs des jardins d'enfants:

    Dans le souci d'améliorer la qualité du travail des animateurs des jardins d'enfants n'ayant pas reçu une formation de base spécifique en matière d'éducation préscolaire, le Ministère de la Jeunesse, de l’Enfance et des Sports a mené une recherche/ action, en collaboration avec L'U.N.I.C.E.F ayant pour objectif principal la formation d'un groupe de formateurs dans le domaine du préscolaire de la production d'outils didactiques et d'un module de formation minimale en matière de gestion pédagogique qui serviront à la formation extensive des animateurs précités.

    III-1-2-5- L'amélioration de l'infrastructure et l'enrichissement du matériel:

    La convention cadre avec les trois ONG prévoit aussi la participation du M.J.E.S à l'amélioration de l'infrastructure et l'enrichissement du matériel éducatif pour assurer une meilleure qualité de services des institutions relevant de ces ONG, (91 jardins d'enfants ont été touchés par ce programme depuis 1995).

    Elle prévoit également la prise en charge par le M.J.E.S de la formation et du recyclage des cadres éducatifs exerçant dans ces institutions.

    III-1-2-6- Programme audio-visuel d'aide à l'éducation du jeune enfant.

    Ce programme a pour objectif de concevoir et de développer un système d'éducation basé sur l'audio-visuel en tenant compte des connaissances, des attitudes et des pratiques de la famille tunisienne selon les milieux et les niveaux d'instruction. Il cible les éducateurs travaillant dans les institutions préscolaires, le personnel appartenant à des associations nationales et non-gouvernementales et les institutions offrant des services, à la famille au niveau local, régional et central. Il se traduit par une production déterminée d'outils et de moyens didactiques, à savoir : 4 cassettes vidéo de 30 minutes chacune et 4 guides pour les parents et les animateurs. Chaque Vidéo et support écrit contient des informations de base sur le développement de l'enfant et les stratégies permettant de créer un environnement d'apprentissage efficace. Les tranches d'âge ciblées sont :

  1. de la grossesse à un an
  2. de 2 ans à 3 ans
  3. de 4 ans à 5 ans
  4. de 6 ans à 7 ans

La vulgarisation de ce programme repose sur deux stratégies :

Une stratégie communautaire :

Elle consiste à diffuser les vidéos à travers les institutions locales et régionales dans le cadre de séances d'animation conduites par des animateurs préalablement formés dans les techniques d'animation et sensibilisés sur le contenu de chaque vidéo.

Une stratégie médiatique:

Elle consiste à extraire des spots radiophoniques et télévisuels à partir du contenu des 4 cassettes et les diffuser dans le cadre d'une médiatisation plus large.

* La vidéo et les documents écrits relatifs à la tranche d'âge de la grossesse à un an ont été déjà réalisés, diffusés par les médias et expérimentés dans certaines régions par des animateurs formés à cet effet.

III-2- Education de base

III-2- I- Principaux indicateurs

Les tableaux du présent rapport sont puisés dans les recensements scolaires effectués annuellement par la Direction de la Prospective et de la Statistique.

Pour la description et la mesure longitudinale du système éducatif, ces tableaux constituent les meilleures données disponibles au niveau national. D'autre données se rapportant aux variables genre et répartition régionale ont été aussi utilisées.

Les tableaux suivants présentent plusieurs types de données se rapportant surtout à la scolarisation. Parmi ces paramètres il y a lieu de citer notamment les indicateurs suivants :

Indicateur 3 Taux brut d’admission **

1989/1990

1996/1997

Nouveaux élèves de première année de l’enseignement de base en pourcentage de la population ayant l’âge officiel d’admission dans cet enseignement (6 ans)

105.00

102.6

On soulignera que le système éducatif tunisien assure grâce à la scolarisation obligatoire, (depuis la réforme de 1991) l’accès de tous Ies élèves en âge de scolarisation à la première année de l’enseignement de base .

Ce pourcentage indique aussi que les possibilités d’accès dépassent en pourcentage la population ayant l’âge officiel d’admission à l’école de base.

En effet, les taux enregistrés qui dépassent 100% indiquent que des enfants, n’ayant pas atteint 6 ans, âge officiel d’accès à l’école, sont admis chaque année par mesure exceptionnelle. Les raisons profondes de cette situation sont à chercher au niveau de la politique de l’Etat en matière de santé et notamment le programme du planning familial. L’intégration complète des enfants en âge d’être scolarisés est assurée et une certaine disponibilité au niveau de l’institution scolaire, permet à un certain nombre d’enfants d’être scolarisés avant l’âge de 6 ans.

Indicateur 4 Taux net d’admission * 1989/1990 1997/1998
Nouveaux élèves de première année de l’enseignement de base ayant l’âge officiel d’admission dans cet enseignement en pourcentage de la population correspondante (6ans).   85.6

Le taux net d’admission est un des indicateurs scolaires les plus significatifs. En effet, parmi la population de l’enseignement de base ayant l’âge officiel d’entrer à l’école, la presque totalité des jeunes tunisiens jouissent du droit à la scolarité rendu possible par les textes de lois instituant la scolarisation obligatoire, et ce, depuis la réforme de 1991. Il est à signaler aussi que le taux net d’admission pour les filles en 1997-1998 a atteint 84.6%, chiffre qui se passe de tout commentaire si on est amené à l’apprécier en comparaison avec les taux réalisés par les pays en situation semblable à celle de la Tunisie.

Quant à la légère différence entre le TNA des filles et celui des garçons, elle peut être expliquée par des raisons sociales évidentes . Il est à signaler notamment que les données disponibles par région font apparaître que ces différences sont accentuées par des disparités régionales persistantes rattachées à des facteurs historiques propres à l’évolution de la société tunisienne après l’indépendance (1956). En effet, les gouvernorats des régions côtières semblent réaliser les meilleurs taux à comparer avec les régions de l’intérieur Nord-Ouest et Sud-Ouest .

Avec la loi de 1991 instituant la scolarisation obligatoire des enfants jusqu’à l’âge de 16 ans, la généralisation de l’enseignement primaire est devenue une réalité tangible. Les taux se rapportant à la scolarisation des enfants de 6 ans sont de l’ordre de 99,1%.

Le taux relatif au nombre total des inscriptions dans la première phase de l’enseignement de base est un autre motif de satisfaction quant aux résultats de scolarisation réalisés et à la capacité du système éducatif à intégrer la totalité des élèves en âge d’être scolarisés. La généralisation de l'enseignement de base est de ce fait une réalité concrète en Tunisie.

L’institution de la scolarité obligatoire, à 6 ans nous permet d’exclure de notre interprétation l’entrée massive d’enfants après l’âge d’être scolarisés. L’accès des enfants de moins de six ans à l’école primaire peut s’expliquer par la baisse notable de la mortalité infantile ce qui semble plus plausible pour expliquer ce taux dépassant la barre de 100%.

Cet état ne peut être expliqué - à notre avis – par un choix politique ou pédagogique mais plutôt par une pression sociale en faveur d’une scolarisation précoce, qui serait un véritable phénomène compensatoire de l’enseignement préscolaire encore déficitaire, surtout en milieu rural .

Cette tendance semble être équitablement partagée entre les régions . En effet on ne constate pas de différence significative entre les régions .

  1989/1990 1997/1998
Indicateur 5 Taux brut de scolarisation* 100,4 115.8
 
Indicateur 6 Taux net de scolarisation* 87,1 95,8

Le taux net de scolarisation qui a dépassé la barre de 90% signifie que la participation à l'enseignement de base est très proche du maximum et décrit l’amélioration réalisée à ce niveau.

Mais malgré la scolarité obligatoire, ce pourcentage se situe à 95.8 % . L’infime différence entre ce pourcentage et le maximum possible peut s’expliquer par la petite proportion des enfants qui sont obligés de fréquenter des institutions éducatives spécialisées et ce, malgré les efforts consentis en faveur des handicapés à l’école.

 

1989/1990

1997/1998

Indicateur 7*: Dépenses publiques ordinaires pour l’enseignement primaire :

a) en pourcentage du P.I.B

b) par élève, en pourcentage du P.I.B / tête

 

 

2.1

12.3

 

 

2.4

15.4

Indicateur 8*: Dépenses publiques ordinaires pour l'enseignement primaire : En pourcentage du total des dépenses publiques d'éducation

41.5

43.4

L’éducation étant un service public, l’Etat couvre l’essentiel des dépenses nécessaires à la marche de ce secteur ; la contribution des familles au coût réel de l’éducation est très faible.

Malgré des ressources financières limitées, l’Etat Tunisien, considérant l’éducation comme l’un des fondements du développement économique et social du pays, a consacré annuellement à ce secteur, depuis l’indépendance, environ 7% du P.I.B et près de 25 % du budget général , se classant ainsi parmi les pays dont la part des ressources destinées à l’éducation est des plus élevées dans le monde.

Cet effort a été intensifié au cours de la décennie 1991/2000 afin de permettre la réalisation des objectifs prévus par la Réforme, et d’améliorer le rendement interne du système éducatif.

Ainsi, les dépenses de fonctionnement du Ministère de l’éducation ont-elles évolué de 304,5 millions de dinars en 1986 à 1022MD en 1999, enregistrant un taux d’accroissement annuel moyen de 9,76 %.

Ces dépenses illustrées par les indicateurs 7 et 8 contribuent dans une très large mesure à expliquer les bonnes performances du système éducatif tunisien .

Les dépenses publiques ordinaires en % du P.N.B sont passés de 2,1 % en 1990 à 2,4 % en 1998 . Les dépenses publiques ordinaires par élève du primaire en % du P.N.B par habitant sont passées de 12.3 % en 1990 à 15.4 % en 1998.

Les données disponibles relatives aux dépenses publiques pour l’enseignement primaire par rapport aux dépenses publiques totales allouées à l’éducation font ressortir l’importance du cycle primaire au sein du système éducatif. Durant cette dernière décennie , les taux enregistrés à ce niveau augmentent progressivement. En 1998, ces taux se situaient à 43.4% du total des dépenses publiques ordinaires de l’enseignement.

 

1989/1990

1997/1998

Indicateur 9 *:Pourcentage d’enseignants ayant le titre académique requis.

 

93.3

Indicateur 10*: Pourcentage des enseignants des écoles primaires certifiés pour enseigner selon les normes nationales

92,0

99.2

La formation des enseignants destinés à exercer au niveau du cycle primaire a toujours associé formation académique et formation pédagogique .Dans le passé, les maîtres recrutés parmi les sortants des Ecoles Normales étaient certifiés pour enseigner . Leur niveau académique était comparable à celui du baccalauréat, à la fin de l’enseignement secondaire. A partir de 1990 , une nouvelle formule de formation des maîtres a été mise en place , celle des Instituts Supérieurs de Formation des Maîtres (ISFM) qui assurent une formation post- baccalauréat. Aujourd’hui ces Instituts spécialisés permettent de répondre aux besoins nationaux en enseignants.

A cela , on doit ajouter l’encadrement en cours de service grâce au service et à la formation continue assuré par les inspecteurs de l’enseignement primaire. Cet encadrement couvrent la quasi totalité des enseignants en exercice et a permis d’améliorer sensiblement leurs qualités professionnelles . En effet, le capital humain en matière d’enseignement ne cesse de s’améliorer surtout en qualité professionnelle grâce à des taux d’encadrement de plus en plus satisfaisants.

Cependant, dans les années 80 pour faire face à la demande croissante d’enseignants du primaire, un certain nombre d’enseignants non qualifiés au niveau de l’Enseignement Primaire. Il s’agissait d’étudiants recrutés directement sans passer par un stage pédagogique préalable.

 

1989/1990

1997/1998

Indicateur 11* : Nombre d'élèves par maître

29,7

24,2

L'indicateur 11 (nombre d'élèves par maître) retenu comme indicateur mesurant le niveau d'investissement humain dans un système éducatif donné a enregistré lui aussi une amélioration notable depuis la réforme du système éducatif, de 1991.

Il est à signaler à ce niveau que la Tunisie a entrepris surtout lors de la dernière décennie d’agir sur les conditions d’apprentissage comme facteurs influant . Des expériences visant l’amélioration du confort pédagogique et la qualité de la formation et mettant en œuvre de nouvelles approches en matière d’enseignement-apprentissage ont été mises sur pied. On peut citer à titre d’exemple l’instauration de l’approche par les compétences de base au niveau de l’enseignement fondamental .

Dans cette approche la réduction du nombre d'élèves par maître est un paramètre de qualité qui suppose un progrès vers l'individualisation du travail scolaire, car l'enseignant peut s'occuper davantage de chaque élève en vue d'améliorer les résultats de l'apprentissage.

Indicateur 12* : Taux de redoublement par année d'études  

1989/1990

1996/1997

  1 ère année

2ème année

3ème année

4ème année

5ème année

6ème année Total

8.8

16.7

19.7

17.3

22.9

37.5

20.3

14.0

15.8

18.0

16.7

21.7

31

19.7

 

 

1989/1990

1996/1997

Indicateur 13* : Taux de survie en cinquième année (pourcentage de la cohorte parvenant effectivement jusqu'à la cinquième).

85.3

91.6 %

Cependant, malgré les efforts consentis, les taux de redoublement restent élevés. Afin de les réduire, le Ministère a entrepris plusieurs actions au niveau du premier cycle de l'enseignement de base.

A ce titre, un vaste programme mis en place en 1995 pour améliorer les procédés d'évaluation et les pratiques d'apprentissage : ce programme C.B est passé du stade de l’expérimentation à celui de l’extension progressive.

Il y a lieu de noter que ce programme consiste en un système d’évaluation formative basé essentiellement sur le diagnostic des difficultés de l'apprentissage et la rémédiation avant l'accumulation des lacunes aboutissant au verdict d'échec.

Le pourcentage des élèves inscrits en première année de l'enseignement de base au cours d'une année scolaire donnée et qui parviennent jusqu'à la 5ème année revêt une importance primordiale puisque la survie jusqu'à la 5ème année est mondialement considérée comme le niveau minimal de l'alphabétisation retenu pour un élève scolarisé. L'achèvement des quatre années de scolarité est une condition préalable pour un niveau d'alphabétisation durable.

Sur décision de Monsieur le Président de la République, le Ministère de l’Education a mis en place depuis le mois de juillet 1998 une commission de réflexion sur l'abandon scolaire . Celle-ci se propose de mettre en évidence les dispositions et les procédures susceptibles de réduire le redoublement et l'abandon au niveau du premier cycle de l'enseignement de base et leur donner un caractère exceptionnel tout en préservant et en améliorant la qualité des apprentissages.

 

1989/1990

1996/1997

Indicateur 14*: Coefficient d'efficacité (nombre idéal des années de scolarité nécessaires pour qu'une cohorte achève le cycle primaire, exprimé en pourcentage du nombre effectif des années de scolarité).

-

65.5%

En dépit des nets progrès enregistrés à ce niveau entre 1990- et 1997, l'équité, l'efficacité et l'efficience du système éducatif sont devenues parmi les objectifs primordiaux du Ministère de l'Education. Les efforts de différentes instances se sont conjugués pour améliorer les indicateurs dont dépend le rendement interne de notre système. Il est certain, pense -t- on , que l'avenir du système éducatif dépendra de l'évolution favorable de ces paramètres.

Indicateur 15*: Pourcentage des élèves ayant atteint au moins la quatrième année de la scolarité primaire qui maîtrisent un ensemble de compétences de base définies à l'échelon national.

24.3 %

III-2-1-1- Synthèse des résultats de l’enquête menée dans le cadre du projet

" Suivi permanent des acquis scolaires"

Les multiples données cumulées à travers la passation de tests de connaissance et de compétences, l’administration de questionnaires adressés à la fois à l’élève, l’enseignant, le directeur de l’école et les parents et l’usage du logiciel SPSS pour le traitement statistique de l’étude ont permis de dégager certains aspects relatifs à la qualité des apprentissages chez les élèves et les variables qui ont l’impact le plus significatif sur ces apprentissages.

Une synthèse des conclusions partielles ayant achevé les différentes étapes de l’analyse permet de souligner les caractéristiques positives enregistrées au niveau des apprentissages réalisés par les élèves de l’échantillon en les ramenant aux variables des conditions d’apprentissage qui ont favorisé le plus la qualité de ces apprentissages . Elle permet également de mettre en exergue les faiblesses constatées et de définir des pistes de remédiation permettant ainsi d’armer les apprenants des compétences nécessaires à l’évolution scolaire et d’améliorer par là-même le rendement du système éducatif.

a- Analyse descriptive des résultats globaux aux tests

Les résultats montrent que les élèves de l’échantillon ont pu réaliser des scores assez élevés sur le plan global: 71,12 sur 100 montrant ainsi que l’élève tunisien maîtrise globalement les contenus des programmes scolaires.

L’analyse relative aux disciplines testées permet de constater ce qui suit:

- La lecture / écriture occupe la première place parmi les apprentissages faisant l’objet de l’étude avec un taux de 77,9 / 100.

- Il en est pratiquement de même pour les compétences de vie courante: 74,6 /100.

- Les résultats du test de mathématiques pivotent autour de la moyenne 60,6/100.

On peut donc faire le constat qu’une maîtrise globale des apprentissages est assurée dans le système éducatif tunisien donnant une qualité de rendement appréciable.

b- Les résultats au vu des variables considérées

b-1- Variable localisation

Il apparaît que le milieu dans lequel se trouve l’école (urbain, péri-urbain, rural) a un impact sur le rendement scolaire des élèves. Les résultats aux tests des élèves des écoles urbaines sont en effet supérieurs à ceux des élèves des écoles rurales (74,09/100 contre 65,1/100). Il faut noter cependant que les résultats enregistrés en milieu rural se situent tout de même bien au-dessus de la moyenne; Les écoles rurales ont en effet fait l’objet tout au long de la dernière décennie d’une attention particulière des autorités.

b-2- Variable sexe

Il ressort clairement des résultats enregistrés que la variable sexe n’a pas d’impact sur les résultats scolaires. Filles et garçons ont pratiquement le même score (71,03 / 100 chez les filles pour 77,7/100 pour les garçons). On peut donc tirer la conclusion que le système éducatif tunisien a bien évolué dans le sens de l’égalité des sexes, particulièrement en zone rurale.

b-3- Variable région

La comparaison des résultats des différentes régions concernées par l’étude permet de faire le constat suivant:

- Une différence relative est enregistrée entre les résultats de ces régions particulièrement en lecture/écriture et en mathématiques.

- Les scores enregistrés en mathématiques sont relativement bas par comparaison à ceux de la vie courante et de la lecture/écriture.

- Rapprochement des scores obtenus dans la vie courante dans toutes les régions.

- Il y a lieu de noter que les différences enregistrées dans le rendement scolaire des élèves ne soulèvent pas de véritables inquiétudes, et ce en raison:

  1. d’une part, de l’élévation, même dans les régions, au rendement le plus faible, des scores obtenus par comparaison à la moyenne mathématique.
  2. D’autre part, le rapprochement des résultats aux tests de lectures/écritures et de vie courante et l’élévation des scores (plus de 70/100) permet de dégager le rôle que joue l’institution scolaire -sans distinction entre les régions - dans la préparation de l’enfant tunisien à la vie courante et aux pratiques quotidiennes qui sont désormais considérées parmi les fonctions essentielles de l’école.

c- La correlation statistique entre les résultats des différents métiers

L’analyse des corrélations entre les différentes disciplines soumises aux tests permet de dégager les remarques suivantes:

- Il existe un coefficient de corrélation assez important (entre .818 et .889) entre le résultat global et le résultat relatif à chaque matière c’est ce qui dénote une maîtrise par les élèves de compétences générales qui favorisent leur évolution scolaire.

- la corrélation entre les matières se situe entre .574 et .597 laissant faire le constat que l’enseignement en Tunisie tend vers une complémentarité entre les matières, mais cette tendance mérite d’être accentuée.

- Une différence dans le coefficient de corrélation entre les différents domaines; c’est ce qui interpelle à la préparation des élèves à une meilleure opérationnalisation des compétences dans le sens d’une corrélation plus importante entre les domaines où elle est apparue faible, ainsi une complémentarité plus poussée pourraît se réaliser donnant aux apprentissages un aspect plus fonctionnel et plus harmonieux.

III-2-1-2- les conditions d’apprentissage

Il ressort des résultats des questionnaires adressés aux élèves, enseignants, directeurs d’écoles et parents qu’une série de facteurs, liés aux conditions d’apprentissage se réunissent pour donner un rendement scolaire appréciable chez les élèves de l’échantillon; les sujets de l’échantillon arrivent en 4ème année en accusant un retard de scolarité, mais qui reste tout à fait léger. le rapprochement des écoles du lieu de résidence, la prise du petit déjeuner, la possession du livre scolaire, sont autant de facteurs qui aident l’élève à bien mener son action scolaire.

Il y’a lieu de noter que la qualité des apprentissages est conséquente de l’impact qu’ont les différentes variables liées à l’élève, à l’enseignant, à l’école et à l’environnement scolaire.

a- Caractéristiques des élèves:

On note essentiellement:

- une scolarité régulière même si elle marque un léger retard, moins léger d’ailleurs chez les filles;

- une habitude de la prise du petit déjeuner chez la majorité des élèves;

- un bénéfice de l’encadrement familial presque généralisé;

- un rapprochement de l’école du domicile familial;

- une possession généralisée du livre scolaire;

- une faiblesse de l’encadrement pré-scolaire (50% seulement en bénéficient) surtout en milieu rural où 30 % seulement en bénéficient).

b- Caractéristiques de la classe

Des efforts louables ont été déployés pour mettre en place des conditions de travail convenables dans tous les milieux bien qu’un léger avantage soit remarqué dans les zones urbaines et peri-urbaines.

Et on note en particulier:

- l’étendue des écoles jusqu’aux zones les plus reculées;

- le nombre réduit des classes multi-grades;

- l’effectif normal dans la majorité des classes;

Il y’a lieu de signaler cependant la persistance de certaines insuffisances qui risquent d’avoir un impact négatif sur les apprentissages; il s’agit surtout :

- du nombre réduit des salles spécialisées, salles polyvalentes

- du nombre réduit d’espaces pour la réalisation de l’éducation physique

- de la rareté d’un équipement offrant un confort de vie scolaire

- de l’existence d’une proportion ,quoique réduite, d’écoles rurales dépourvues d’électricité et d’eau courante.

- de la rareté d’un équipement offrant un certain confort pédagogique (duplicateur - photocopieur - ordinateur - lecteur de cassettes...)

- de la disparité en matière d’équipement, et de confort entre milieu rural et milieu urbain.

- de la relative jeunesse du personnel enseignant des zones rurales.

c- Caractéristiques de l’environnement familial

Certaines caractéristiques socio-familiales ayant de l’impact sur les apprentissages peuvent être signalées dont essentiellement :

- le niveau d’instruction des parents: le tiers des parents est analphabète, il s’agit surtout des femmes et des zones rurales.

- une bonne proportion des familles ont des membres qui exercent des activités rémunérées.

- une bonne proportion des familles est propriétaire du logement.

d- Caractéristiques de l’école

On note à ce propos les constatations suivantes:

- répartition des écoles sur toutes les zones (le 1/3 des écoles de l’échantillon appartiennent au milieu rural).

- niveau de professionnalisation satisfaisant chez les directeurs.

- dispobilité satisfaisante des salles de classes

- disponibilité du matériel essentiel d’enseignement.

- conditions de  santé et de sécurité satisfaisantes

- financement des écoles assuré en complémentarité entre le Ministère de l’Education et l’environnement (association de l’action de développement, comité d’entretien et de maintenance des écoles...)

- gestion de  supervision des écoles assez bien assurée.

Mais certains facteurs qui risquent d’avoir un impact plutôt négatif sur le rendement scolaire méritent d’être signalés, il s’agit essentiellement de :

- une bonne proportion des écoles n’ont ni espace ni matériel pour pratiquer l’éducation physique.

- Un certain nombre d’écoles manquent d’eau , de dispositif sanitaire surtout pour les enseignants et ne sont pas régulièrement entretenues.

- Le financement reste insuffisant

  1. La formation continue des enseignants qui couvre toute les zones reste insuffisante.

Et mis à part le tableau et certains équipements de base qui sont généralisés, un manque de matériel assurant le confort pédagogique se fait sentir surtout en zone rurale.

III-2-2- L’ enseignement privé

Placé sous la tutelle du Ministère de l’Education, l’Enseignement de Base et l’Enseignement Secondaire Privé ont connu une évolution rapide depuis le réforme globale de 1991 .

La loi n°91/65 de Juillet 1991 relative au système éducatif a réservé un chapitre entier à l’enseignement privé en délimitant le cadre juridique nécessaire pour la mise en place, la gestion et le fonctionnement des établissements scolaires privés.

Au niveau du Ministère de l’Education, une Direction de l’Enseignement Privé est chargée de l’octroi des autorisations d’ouverture d’établissements privés, du contrôle administratif et de la supervision pédagogique à coté d’autres fonctions fixées dans le cahier des charges relatif à ces établissements.

Deux aspects importants caractérisent l’évolution de l’enseignement privé  en tant que composante essentielle du système éducatif .

Au niveau du premier cycle de l’enseignement de base on a assisté surtout lors de la dernière décennie à, l’apparition d’institutions privées accomplissant un rôle important surtout dans le milieu urbain. En effet , certaines écoles privées situées dans les grandes villes procèdent à l’accueil des enfants durant l’enseignement préscolaire, l’enseignement de base et l’enseignement secondaire .

La prise en charge de l’élève au niveau de ces institutions est totale. Bien que payant, cet enseignement gagne du terrain pour deux raisons :

- L’efficacité des apprentissages et les taux de réussites enregistrés par ces établissements.


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