| L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays | ||
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III-5- L'EDUCATION SPECIALE
III-5-1- Population des handicapés
Selon le recensement général de la population et de l'habitat réalisé en 1994, le nombre des handicapés en Tunisie est de 107.282 dont 65.839 de sexe masculin (61.4%) et 41.443 de sexe féminin (38.6%). Cet effectif représente 1.2% de la population totale du pays.
Le Taux de prévalence du handicap* évolue en fonction de l'âge :
0 - 4 ans : 0.3%
5 - 9 ans : 0.7%
75 - 79 ans : 4.2 %
80 ans et plus : 5.3%
La population handicapée* est répartie, selon le type du handicap, comme suit :
40.74% handicap physique.
27.11% handicap mental.
15.78% handicap visuel.
14.43% handicap auditif.
1.94% polyhandicap.
III-5-2- Education des handicapés :
Le droit de lhandicapé à une éducation appropriée a été expressément reconnu par la loi n° 81-46 du 29 mai 1981 relative à la protection et à la promotion des handicapés telle que modifiée par la loi n° 89-52 du 14 mars 1989 qui stipule dans son article 6 que "Les handicapés ont le droit de bénéficier d'une éducation, d'une rééducation et d'une formation professionnelle appropriées".
Ce droit est confirmé par la loi n° 91-65 du 29 Juillet 1991 relative au système éducatif. Cette loi a fait de l'éducation des handicapés une partie intégrante du système général d'enseignement et a conforté l'exercice de ce droit par diverses mesures facilitant l'accès à l'instruction du plus grand nombre d handicapés.
III-5-2-1- objectifs
lintérêt porté aux personnes handicapées constitue, dans toutes ses composantes, « une responsabilité nationale », daprès la loi du 29 mai 1981 relative à la protection et à la promotion des handicapés modifiée et complétée par la loi du 14 mars 1989 .
Sappuyant sur une volonté politique résolue et un dispositif juridique développé, laction dans le domaine de lhandicap vise la réalisation des trois principaux objectifs suivants :
* Prévenir le handicap :
à ce niveau, laction est destinée à :
- renforcer les structures de santé ;
- promouvoir le diagnostic anténatal et sensibiliser à limportance du certificat prénuptial ;
- renforcer linformation de la population ;
- mettre en place un système national dobservation et de suivi (S.O.S ) .
*Assurer aux handicapés les moyens susceptibles de leur permettre de mener une vie aussi normale que possible .
*Garantir les conditions dune vie décente aux sujets dont les capacités intellectuelles et / ou physiques réduites limitent dune manière sensible leur autonomie et favorisent leur maintien dans le milieu familial .
III-5-2-2 : La stratégie
a- L'intégration
L'intégration de lhandicapé à la vie scolaire ordinaire avec le cas échéant un soutien particulier, est le principe de base qui régit l'éducation des handicapés.
a-1- L'intégration totale
L'intégration scolaire totale des handicapés dans les établissements ordinaires se fait d'une façon normale. Selon les statistiques émanant du Ministère de l'Education, le nombre des handicapés insérés dans les établissements ordinaires a atteint 8500 élèves pour l'année scolaire 1997/1998.*
a-2- L'intégration partielle
Elle consiste en la création de classes spécialisées dans les écoles ordinaires et concerne certaines catégories, les handicapés mentaux et les sourds, dont les capacités physiques et mentales nécessitent des programmes, des méthodes et des supports pédagogiques adaptés. Elle a concerné en 1997-1998 : 313 élèves.*
b - Programme des centres spécialisés dans l'éducation et la réadaptation des personnes handicapées.
Les personnes handicapées qui, par suite de la nature de lhandicap ou de sa gravité, ne peuvent suivre une scolarité ordinaire sont orientées vers des centres spécialisés dans l'éducation et la réadaptation des handicapés.
* Les établissements publics spécialisés :
L'Etat a créé 7 centres publics qui assurent la prise en charge de plus de 900 élèves présentant différents types de handicaps ( visuel, mental, moteur ).
* Les centres spécialisés dans l'éducation et la réadaptation des handicapés relevant des associations :
Il existe 27 associations uvrant dans les domaines des handicapés, et qui assurent le fonctionnement de 164 centres spécialisés accueillant plus de 10.000 élèves.*
Ces centres assurent la prise en charge globale qui associe les activités à caractère médical, éducatif et professionnel au profit des handicapés visant le développement de toutes leurs potentialités intellectuelles, affectives et physiques et l'acquisition d'un maximum d'autonomie dans les actes de la vie quotidienne en vue d'assurer leur intégration sociale.
L'action des centres d'éducation spécialisée relevant des associations est financée principalement par :
- Le budget du Ministère des Affaires Sociales
- Le Fonds National de la Solidarité Sociale Compte Spécial de Promotion des Handicapés).
- La contribution des caisses de sécurité sociale aux frais de prise en charge au titre des handicapés assurés sociaux.
Ces subventions sont destinées à la création, à l'aménagement, à l'équipement et à la couverture des frais de fonctionnement des centres.
c- L Institut de Promotion des Handicapés, créé en 1990, assure la formation de base et la formation continue au profit du personnel de l'éducation spéciale.
d- Les Unités Régionales de Réhabilitation (URR).
Dans le cadre du renforcement des actions de prévention secondaire, 18 unités régionales de réhabilitation ont été créés dans 17 gouvernorats. Ces unités assurent, au niveau de l'éducation, le suivi des élèves intégrés dans les écoles ordinaires ayant besoin dune assistance pédagogique et psychologique.
IV-La formation continue des enseignants
La formation continue des enseignants est lun des piliers de la stratégie tunisienne en matière déducation, du fait quelle vise essentiellement lamélioration du rendement interne du système éducatif et la qualité des apprentissages.
Il est certain que la formation initiale constitue la base indispensable de toute évolution de laction pédagogique des enseignants. Dans ce sens , un pas a été franchi avec la création des I.S.F.M, qui dispensent, durant deux années, un enseignement pédagogique et scientifique universitaire aux élèves-maîtres au terme duquel ces derniers acquièrent un nombre déterminé dunités de valeur certifiant leur aptitude à enseigner. Au niveau du secondaire, la maîtrise tend à devenir la qualification nécessaire à laccés au métier denseignant , en effet, 78 %* des enseignants du secondaire sont titulaires dune maîtrise en 1997.
Au niveau de la formation continue, des efforts louables ont été déployés après la grande réforme de 1991 . Cest ainsi quont été créés les Centres Régionaux de lEducation et de la Formation Continue CREFOC ( un centre par gouvernorat soit 23 CREFOC en tout )
En parallèle, une formation sur le tas sous forme de journées pédagogiques et de séminaires constitue le vecteur pédagogique de lencadrement local des enseignants . Durant les vacances dhiver, de printemps et dété , des stages sont organisés à lintention des enseignants et des encadreurs ainsi que du personnel administratif des institutions scolaires .
Le plan central de rénovation de la formation continue à pour objectif global de contribuer à lamélioration du rendement interne de lécole. Cet effort passe par lamélioration de la qualité de la formation continue afin de permettre au public cible dacquérir les compétences nécessaires à laccomplissement de sa mission. Trois axes principaux de rénovation on été retenus pour le plan 1998/2000:
1- rationaliser la politique de formation (conception et organisation ) en recourant aux principes et aux méthodes de lingénierie de la formation .
2- décentraliser la formation en dynamisant les CREFOC et en renforçant le service documentaire ( salle de ressources, Multimédia ) .
3- développer la formation à distance et lauto-formation.
Bien quoptimiste, le bilan de laction de formation entrepris à ce niveau, décrit des aspects positifs et des insuffisances .
Les aspects positifs .
On peut citer à ce niveau :
La décentralisation en cours et la tentative dimpliquer davantage les CREFOC dans lélaboration et la mise en uvre des projets pédagogiques régionaux et locaux .
Le développement de la formation des formateurs et la création de réseaux de formateurs.
Lélaboration de programmes de formation plus ciblés et mieux définis.
Les insuffisances :
Parmi les insuffisances on peut citer :
Labsence dun centre spécialisé dans la formation des formateurs .
Les méthodes dorganisation ne sont pas toujours adaptées à un public dadultes
Lévaluation des formations nest pas suffisamment fine pour être exploitée au niveau pédagogique.
Les formateurs (inspecteurs en particulier ) sont trop sollicités pour pouvoir agir en professionnels de la formation.
Dans ce contexte, les perspectives dune amélioration de la formation continue des enseignants sacheminent vers :
-La mise en place de conditions favorables au travail de groupe ou de réseau .
-Lutilisation plus étendue des NTIC dans la formation.
-Lélaboration de programmes de formation mieux ciblés en vue de répondre aux besoins réels des enseignants .
On doit aussi signaler dans ce contexte laction de formation entreprise par lInstitut Supérieur de lEducation et de la Formation Continue ( ISEFC) qui, dans le cadre dun programme visant lamélioration de la qualité de la formation scientifique et pédagogique des enseignants, dispense un enseignement sous forme dunités de valeur organisées en cours directs, en stages ou en formation à distance en vue de permettre aux instituteurs et aux professeurs du secondaire de compléter leur formation pédagogique et scientifique afin daccéder à la maîtrise et plus .
Formation continue et nouvelles technologies
La télématique
A lusage de plus en plus répandu des supports visuels dans les actions de formation continue, sajoute désormais la télématique.
En effet tous les CREFOC sont maintenant raccordés à Internet dont lutilisation va devenir possible en formation continue.
Le recours à la visio-conférence est expérimenté depuis septembre 1999. Au début de lannée 2000, quatre CREFROC seront équipés de manière permanente de ce système qui permettra de réduire les déplacements des enseignants et de faire intervenir plus fréquemment des spécialistes.
Le télé-enseignement
La première étape dans le développement de lusage de la TV scolaire pour la formation aussi bien des élèves que des enseignants a été franchie au 3e trimestre de lannée scolaire 1998-99 avec la réalisation et la diffusion de plus dune centaine de cours dans diverses disciplines.
La prochaine étape consistera à assurer une diffusion périodique sur des créneaux horaires adaptés.
Conclusion
Pour conclure, on doit signaler que le schéma traditionnel des points forts et des faiblesses persistantes ne suffit pas à rendre compte des caractéristiques du système éducatif tunisien car, malgré laspect exhaustif de la description, les perspectives davenir semblent de loin les plus imposantes.
Sans revenir aux principes fondamentaux de la réforme de notre système aux quels sajoutent ladhésion de notre pays aux valeurs universelles des droits de lhomme, le présent rapport sest limité aux dimensions essentielles de la réalité éducative tunisienne .
A lactif du système éducatif tunisien, on peut citer la gratuité de lenseignement et lobligation scolaire qui ont rendu possible la généralisation de lenseignement (la loi du 29 juillet 1991). Le droit à léducation est ainsi garanti sans discrimination aucune , lenseignement de base, " est obligatoire à partir de lâge de 6 ans jusquà lâge de 16 ans pour tout élève à même de poursuivre régulièrement ses études selon la réglementation en vigueur"( larticle 7 ). Ce principe a été confirmé par le code de protection de lenfant adopté en 1995 et qui considère que lenfant est en danger dès lors quil y a "manquement notoire et continu à léducation et à la protection " (article 20).
Au niveau des principes fondamentaux, la loi de 1991 a clairement énoncé les valeurs didentité, de citoyenneté et de tolérance sur lesquelles doit sédifier le processus de la construction de la personnalité du jeune tunisien . Loin de toute conception et réductrice, il nest pas à démontrer que ces principes tirent leur ligitimité de valeurs de référence universelle basée sur lidéal de faire de lécole tunisienne un espace déducation à la liberté et aux droits de lhomme .
La stratégie et les procédures adoptées ont favorisé déjà la concrétisation de résultats positifs qui se sont traduits par la scolarisation complète à 6 ans et à lamélioration du rendement scolaire, accompagnée dune diminution notable du taux dabandon .
Mais, malgré les efforts consentis au niveau de lenseignement de base, dautres efforts doivent être fournis pour améliorer et généraliser lenseignement préscolaire dispensé jusqualors au niveau de petites institutions privées situées surtout dans les grandes villes .
Des efforts se conjuguent actuellement pour permettre au système éducatif de réaliser des objectifs en matière de qualité et déquité, cest ainsi par exemple qu une approche intégrative supposant la réorganisation de lapprentissage scolaire autour des compétences de base nécessaires à la continuité de lapprentissage est en voie de généralisation.
Lamélioration du confort pédagogique comme moyen pour assurer les conditions optimales nécessaires à un enseignement de qualité permettra de réaliser laspiration à la réussite.
Cependant, certains défis se rapportant à la qualité des apprentissages restent à relever et ce malgré les résultats positifs obtenus grâce à la stratégie nationale dalphabétisation. Le nombre danalphabètes reste cependant en deça des aspirations dune nation qui a fait de léducation une condition primordiale pour un développement économique et social durable .
Orientations daction et défis à relever .
Les différents travaux de la Commission Nationale de reflexion sur lEcole de Demain, constituée en 1997 ont abouti à lanalyse de la situation éducative dans ses différentes dimensions.
Au niveau prospectif, les solutions à prévoir doivent être définies en fonction des défis que le système éducatif tunisien aura à affronter au début du troisième millénaire .
Dans cette perspective, il y a lieu de délimiter plusieurs niveaux d action :
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