| L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays | ||
| Tunisie |
V- Perspectives d'évolution du système éducatif tunisien V-1- limiter l'abandon scolaire précoce Lévaluation faite selon les indicateurs mentionnés
dans les directives, a permis de faire le constat que le système éducatif tunisien a
connu lors de la décennie écoulée, une évolution positive certaine : taux de
scolarisation élevé, équité assurée, taus de réussite en constante évolution
Cependant, bien quils régressent sensiblement dannée en
année, les taux de redoublement et dabandon restent relativement importants ce qui
pèse encore lourdement sur tout le système éducatif en terme d'efficacité interne. Plusieurs facteurs concourent à expliquer la situation actuelle. A cet
égard on peut citer la mentalité sélective de certains instituteurs qui considèrent à
tort la sélection comme un gage de qualité et une conception restrictive de
l'évaluation du travail de lélève qui aboutit généralement à alimenter les
taux de redoublement déjà lourds. D'autres facteurs liés aux conditions
d'apprentissages et aux pratiques pédagogiques rendent parfois l'échec très probable
pour certains élèves issus de milieux où la tâche scolaire n'est souvent pas
valorisée. L'année scolaire 1997-1998 a connu à ce niveau une action remarquable
dans la lutte contre l'abandon précoce. En effet, une commission élargie a été mise en
place pour essayer de concevoir et proposer aux décideurs les moyens appropriés
susceptibles de limiter substantiellement l'abandon et augmenter ainsi le rendement
interne et l'équité du système éducatif. Les travaux des commissions spécialisées
issues de la commission élargie ont permis lacheminement vers des prises de
décisions tendant à réorganiser la vie scolaire de façon à favoriser une culture de
l'évaluation formative et de la réussite ainsi que l'installation d'un système de
remédiation ayant comme point de départ des approches individualisées de
l'apprentissage dans le but d'amener la grande majorité des élèves à maîtriser un
niveau élevé de compétences soigneusement formulées et validées . V-2- Promouvoir l'approche par les compétences Dans le cadre des stratégies présentées, on peut citer
en exemple le «programme compétences de base» (C.B) ; il s'agit d'un vaste projet
de recherche, de formation et d'expérimentation qui vise, par des moyens pédagogiques
appropriés, à améliorer : - le rendement interne du système éducatif et son efficience - l'équité dans les institutions d'enseignement en vue d'éliminer
les disparités dégagées par l'évaluation * diminuant les échecs abusifs dus à une évaluation certificative
mal conçue. * consacrant plus de temps aux apprentissages fondamentaux, c'est à
dire à l'acquisition des compétences de base grâce auxquelles les élèves peuvent
poursuivre normalement leurs études dans les niveaux ou cycles suivants. * procédant régulièrement à des opérations de
diagnostic-remédiation qui visent à agir à temps sur les difficultés liées aux
apprentissages de base. * insérant régulièrement dans l'apprentissage des activités
d'intégration. On doit noter à ce niveau que le programme (C.B) repose au niveau des
pratiques de classe sur une nouvelle approche de l'apprentissage basée sur une pédagogie
de l'intégration qui doit être exercée au quotidien dans les classes. Ce projet a été accompagné par un effort d'allègement des curricula
pour permettre aux instituteurs de mettre l'accent sur un nombre limité de compétences
à maîtriser. Cette approche a l'avantage de limiter l'effet cumulatif de l'échec
dont souffre le modèle sommatif et de fournir des chances réelles à la réalisation des
curricula établis par le Ministère . V-3- Installer une organisation de la scolarité basée sur
les cycles. Lorganisation traditionnelle de la scolarité
primaire en un cycle unique de six années est fondée sur une approche linéaire et
cumulative de lapprentissage. Il est logique dès lors quà la fin de chaque
année du cycle , lon procède à un bilan à la lumière duquel on pourra
juger si la somme des connaissances acquises par lélève lui permet ou non de
passer à la classe supérieure. Lapproche par les compétences, qui est intégrative et non
cumulative ou sommative, implique la réorganisation du premier cycle de
lenseignement de Base en trois cycles biannuels , constituant chacun une unité
finalisée qui présente un itinéraire cohérent favorisant lacquisition, par les
élèves, dun ensemble intégré de compétences concourant, en fin de parcours, à
la réalisation de lobjectif terminal dintégration du cycle. Ce mode dorganisation permet aux élèves de parcourir chaque
cycle de deux années sans ruptures et à des vitesses différentes . Il présente le
grand avantage de faire du temps un allié dans le processus dacquisition en
adaptant les contraintes des apprentissages aux rythmes de travail différents dun
apprenant à lautre. Ce système de cycles appliqué depuis la rentrée 1999/2000 dans 63
écoles à titre expérimental, sera adopté progressivement dans tous les établissements
du 1er cycle de lenseignement de base. V-4- Définir les zones déducation prioritaire La réussite et léchec se jouent en partie en dehors
de lécole ; le rendement dun établissement scolaire étant lié aussi
au degré de développement socio-économique de la région où il est implanté. Dans le but de lutter contre léchec scolaire et de garantir
léquité, lEtat a mis en place une nouvelle politique consistant à
accorder un intérêt particulier aux zones déducation prioritaires.Il sagit
de fournir aux zones ou régions retenues : En outre, une organisation pédagogique plus souple et des actions
vigoureuses daide et de soutien aux élèves en difficulté ne manqueront pas
davoir un impact positif sur le rendement des écoles concernées. Une carte des zones d éducation prioritaire est en cours
délaboration et entrera en vigueur à partir de la rentrée 2000/2001 . Cette
innovation pédagogique constituera sûrement un acquis supplémentaire pour lécole
républicaine, une école pour tous offrant sa chance à chacun . V-5- Instauration des écoles des métiers. Sur la base des conclusions dégagées par les commissions de
réflexion sur lamélioration du rendement du système éducatif, un certain nombre
de mesures ont été arrêtées par le gouvernement tunisien . Ces mesures visent
fondamentalement à « lutter contre léchec scolaire et à réduire à un
strict minimum le nombre délèves ne pouvant suivre une scolarité normale ».
Parmi ces mesures on retiendra particulièrement la transformation des écoles de
qualification technique en écoles des métiers. Ces écoles constituent une filière
denseignement à part entière où est dispensée une formation à la fois technique
et générale ( linguistique, scientifique et sociale) permettant aux apprenants
dacquérir des compétences qui ouvrent devant eux des horizons soit pour rejoindre
le cursus denseignement secondaire menant vers le baccalauréat, soit
dintégrer le monde du travail. Ces établissements accueillent des élèves de
sixième ,septième, huitième et neuvième années de lenseignement de base
auxquels un diplôme sera décerné à la fin dun cycle détudes de trois ans
. Ainsi , les écoles des métiers constituent un outil de réinsertion scolaire et de
lutte contre labandon. V-6- Déterminer les fondements de l'école de demain L'évaluation du système éducatif conjuguée à une vision
clairvoyante de l'évolution technologique et civilisationnelle que vit le monde actuel ne
peuvent qu'inciter à une réflexion en profondeur sur le rôle de l'école face au défi
du nouveau contexte mondial. A cet effet, et par décision de Monsieur le Président de la
République une commission a été chargée au Ministère de l'Education d'examiner et
d'étudier les contours de l'école du 3ème millénaire et de proposer les scénarios de
sa réalisation. La démarche adoptée par cette commission consiste à réfléchir sur
les stratégies à mettre en uvre à court, à moyen et à long termes, ce qui
couvrira en terme temporel le 9ème, le 10ème et le 11ème plans qui s'étendent de 1997
à 2011. Les travaux de la commission pré-citée seront couronnés par une consultation
nationale sur l'école de demain. Au delà de la simple réflexion sur les questions techniques se
rapportant aux profils des différents intervenants, à la formation initiale et continue
des enseignants, aux problèmes d'évaluation et de rémédiation souvent déficitaires au
niveau de l'école actuelle, la commission est appelée à une réflexion de fond touchant
aux finalités mêmes du système éducatif (telles que la démocratie, le civisme et la
tolérance etc
) et à ajuster l'action de tout le secteur de l'éducation (toutes
composantes confondues) aux besoins du développement économique et social. Cela suppose évidemment une attention accrue à l'orientation à la
certification et au passage d'un cycle de formation à l'autre de manière à
limiter les accidents au niveau des deux pôles du produit du système scolaire
(lexclusion et les diplômes de l'enseignement supérieur) en élargissant le choix
des filières disponibles et en revalorisant la formation professionnelle aux yeux des
jeunes. V-7- Installer les nouvelles technologies à l'école tunisienne
Depuis 1992, certaines applications pédagogiques de lordinateur
(A.P.O) ont été développées et certains outils ont été acquis et exploités en
classe sous la supervision totale ou partielle des cadres pédagogiques . A partir de
1997, il a été envisagé au niveau du Ministère de créer des espaces multimédias pour
les professeurs. Les enseignants pourront y accéder pour préparer leurs travaux,
expérimenter des applications éducatives, communiquer éventuellement avec dautres
professeurs et pour accéder à Internet . Il sagit donc à ce niveau de : - mener des expériences pilotes et concluantes dans
lintégration des disciplines. - développer lusage des technologies de lInternet et de
lIntranet par les enseignants. - animer des services Internet au niveau local et national. - évoluer vers des pratiques pédagogiques paticipatives. - renforcer lassistance aux enseignants. La mise en place de lécole de demain dans un cadre garantissant
à long terme lévolution du S.E.T doit en outre passer par linnovation
pédagogique et lintroduction des NTIC. En effet, au cours de lannée 1999 les lycées ont été pourvus
de laboratoires dinformatique. A noter aussi que la commission spécialisée sur lécole de
demain et les nouvelles technologies, a mis laccent sur limportance de la
généralisation de la formation du personnel de lenseignement aux aspects
pédagogiques de lusage des NTIC dans les différentes disciplines. Le bilan de lintégration des technologies de linformation
et de la communication dans le système éducatif entrepris par la commission
sarticule autour des axes dintégration suivants : - La diffusion de la culture des technologies de linformation. - Lenseignement des NTIC dans les établissements scolaires - La pratique des NTIC dans les établissements - Lintégration des NTIC dans le processus de rénovation
pédagogique. - La connexion des établissements scolaires au réseau INTERNET. Il sagit donc, là aussi, de préparer les futures générations
à la société de demain en offrant des programmes scolaires intégrant de plus en plus
léveil au monde, à la technique et à la science ainsi que des programmes
daccompagnement et de soutien, qui utilisent de nouveaux médias et de nouvelles
pratiques pédagogiques. Les systèmes de formation multimédia semblent donc un phénomène
incontournable. Dans ce cadre, la formation professionnelle en Tunisie soriente à
présent vers lutilisation des NTIC en déployant des efforts pour mettre en place
des modules de formation à distance. Dautre part, la tendance est de généraliser
des savoir-être en utilisant le mode de formation en alternance avec les entreprises. V-8- Promouvoir laction de lutte contre lanalphabétisme Le Ministère des Affaires Sociales, qui porte un intérêt particulier
à lalphabétisation a mis en place une stratégie pour améliorer les conditions
dexercice et de fonctionnement des structures chargées de lalphabétisation
en développant des mécanismes et des mesures supplétifs favorisant : 1- La reconnaissance des acquis réalisés au niveau des centres de
lutte contre lanalphabétisme et de leur certification ; 2- Létablissement de passerelles assurant, le lien entre les
différents secteurs éducatifs ( formel, non-formel et informel) , lélimination de
tout genre de barrières, en veillant à ce que les analphabètes et / ou les nouveaux
apprenants aient la possibilité de poursuivre leurs études au-delà de leur formation
initiale ; 3- La mise au point de méthodes de reconnaissance des apprentissages
et des acquis en matière dalphabétisation et dhomologation de sa
certification ; 4- Ladoption dune législation, des politiques et des
mécanismes de coopération avec tous les partenaires concernés afin de rendre plus aisé
laccès à léducation de base pour adultes ; 5- Lintégration de lalphabétisation dans les projets de
développement économique et social ainsi que lacquisition des compétences
fondamentales liées à un « savoir faire utile » ( dont les adolescents et
les adultes ont besoin dans la vie quotidienne et dans leur travail, ainsi que pour
améliorer la qualité de vie). 6- Lamélioration de la qualité des programmes
dalphabétisation et de leur efficacité interne, et ce en :
FIN